‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 139 sur 200 · ST. ANTONY’S SEWELL & DONKIN · texte numérisé non relu

ST. ANTONY’S SEWELL & DONKIN

NIEBERWXLLER. La manufacture de Niederwiller, petite localité située aux environs de Sarrebourg, fut fondée en 1754 par Jean-Louis de Beyerlé, conseiller du Roi et directeur de la monnaie de Strasbourg, qui après y avoir attaché, dès le début, un grand nombre d’artistes et d'ouvriers choisis parmi les meilleurs dans les deux fabriques de faïences des Hannong, leur adjoignit plus tard des peintres sur porcelaine qu’il fit venir de Meissen. La nouvelle entreprise grandit alors rapidement et acquit bientôt une réputation justement méritée, grâce surtout à la direction artistique que sut lui imprimer Mme de Beyerlé , femme douée d’un goût exquis et qui non seulement donnait la plupart des modèles de formes et de décoration, mais encore peignait souvent elle-même les pièces qu’elle destinait à ses parents ou à ses amis. « Parmi les différentes manufactures de faïance actuellement existantes en Europe, dit V Avant-Coureur de 1772, on peut citer celle qui est établie à Niederwiller, près de Strasbourg, dans la généralité de Metz. On y fabrique tout ce que l’art a pu imaginer dans ce genre, depuis les vases les plus précieux jusqu’à ceux qui sont les plus communs. Les personnes

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opulentes , comme les moins riches trouveront à y satisfaire leurs goûts et leurs besoins... Comme le Directeur de cette Manufacture n’a rien négligé pour se procurer les meilleurs peintres et les plus habiles sculpteurs et qu’il est artiste lui-même, nous pouvons assurer qu’il n’est aucun ouvrage de faïance qu’il ne puisse entreprendre. Ceux qui désireront tenir de la première main sont priés d’écrire à M. Martin , chargé de la correspondance de ladite manufacture... On fabrique dans cette manufacture : i° de la faïance superfine peinte sur émail, avec des couleurs dont la préparation est particulière au Directeur de la Manufacture. Il y en a de rehaussée d’or et à bord d’or ou sans bordure dorée; 20 de la faïance dans le goût du Japon de différentes qualités; c’est-à-dire de trois degrés différents de perfection ; 3° du beau commun, dit en bleu , et du blanc fin, dit de Niederwiller , étant particulière à cette manufacture; 40 de gros commun au plus bas prix. »

En 1774, la manufacture passa entre les mains du général comte de Custine qui en confia la direction à François Lanfrey, un des industriels les plus remarquables de l’époque, et introduisit à Niederviller, sans négliger cependant la fabrication de la faïence, celle de la faïence anglaise, ou terre de pipe, et surtout celle de la porcelaine. Après la mort tragique du général de Custine, en 1793, Lanfrey devint propriétaire de la fabrique qui perdit peu à peu son caractère artistique.

Les faïences de Niederwiller, fabriquées avec soin et recouvertes d’un bel émail blanc laiteux, sont décorées le plus souvent de bouquets de fleurs peintes avec art et disposées avec un goût parfait. Un genre de décor qui paraît avoir été particulier à Niederwiller et qui devait avoir un certain succès si on en juge par les pièces assez nombreuses qui sont parvenues jusqu’à nous, est celui qui consiste dans l’imitation d’un bois veiné recouvrant entièrement la pièce et sur lequel on aurait fixé un paysage 1 finement peint en camaïeu rose sur une feuille de papier à grandes marges simulant une gravure fixée au moyen d’une épingle. (PL 10 b.) Parmi les pièces les plus remarquables sorties des fours de

1. D’après le recueil que nous avons cité plus haut, on aurait peint à Niederwilier d'autres paysages que ceux dont nous parlons ici. Nous lisons, en effet, dans V Avant-Coureur de la même année 1772 : « On a imaginé depuis peu de peindre à Niederwiller des paysages en differentes couleurs sur des plaques de faïence émaillée. Le succès a surpassé l’attente. On croirait voir de superbes paysages en émail qui feraient le désespoir des émailleurs vu leur grandeur. On peut donner à ces plaques de faïence jusqu’à 18 pouces de long sur 12 de large. On remédie à leur fragilité en mettant une bordure de bronze doré à ces nouveaux tableaux, qui réunissent la fraîcheur de l’émail à la vivacité des couleurs. Cette nouvelle découverte mérite l’accueil et l’encouragement des connaisseurs. On ne saurait en assigner le prix juste puisqu’il est relatif à la grandeur des paysages et au nombre des figures qui égaient la scène. »

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