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A dater de 1748, les documents sont plus précis et nous savons qu’à cette époque un Italien, Jean Forasassi, dit Barbarino , qui arrivait de Florence, établit à Rennes une manufacture à laquelle on attribue avec quelque certitude des statuettes de Vierge, de saint Yves et d’autres saints que l’on rencontre en grand nombre dans toute la Bretagne, mais qui, à part quelques exceptions qui remontent probablement aux premières années de la fabrication, ne sont que d’informes et grossières ébauches. Une fabrique plus importante fut fondée quelques années plus tard dans la rue Hue où elle existe encore aujourd'hui. On y a fabriqué de très belles faïences, dont les formes, à reliefs de rocailles, paraissent avoir été moulées sur des pièces d’orfèvrerie et qui sont décorées d’ornements ou de fleurs d’apparence un peu uniforme par suite de l’abus que les peintres rennais ont fait du violet de manganèse foncé ou du vert rappelant celui de Marseille, mais sali et assombri par l’addition du noir et du violet. Les faïences de Rennes sont rarement marquées. Nous citerons cependant une pièce de la collection de feu M. Ed. Pascal qui porte la mention :
Fait à Rennes , rue Hüe 1770
et l’encrier à tiroir de Bourgouin que nous avons déjà mentionné et sur lequel on lit l’inscription suivante :
Fecitte • P A RENNES
Bourgouin ce • * / 2 • 8bre
RÉVÉREND (Claude), marchand faïencier à Paris. On a attribué à Révérend des assiettes et des plats décorés au centre de figures isolées accompagnées d’inscriptions françaises, la Comédienne, le Marchand ambulant , VOJficier , etc., ainsi que deux plats du Musée de Sèvres dont l’un est aux armes de France et dont l’autre porte l’écu de Colbert, mais ces pièces sont de fabrication hollandaise, ainsi que le prouve, du reste, la marque bien connue (voir ci-après) d’Augestijn Reygens, maître faïencier à Delft en 1 663 , que l’on voit sous la plupart de ces pièces. Révérend avait demandé en 1664 l’autorisation de « faire de la faïence et de contrefaire la porcelaine, en même temps qu’à introduire en France des marchandises déjà fabriquées en Hollande... », mais rien ne prouve qu’il ait mis à exécution la première partie de son projet; par contre, on trouve aux Archives nationales son nom sur plusieurs mentions de fournitures de faïences faites aux résidences royales.