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REYGENS (Augestijn), maître faïencier à Delft en 1 663 ; on lui doit des faïences à riche ornementation polychrome, d’une exécution admirable, en même temps que des pièces assez ordinaires marquées :
marque que l’on a voulu attribuer, sans aucune raison valable, à Claude Révérend.
RHODES (Ile de). — Voir Lindos.
RIMINI (Italie). Piccolpasso mentionne plusieurs fabriques qui existaient dans cette ville vers 1 5q8, mais on ne sait rien sur leur histoire et on ne connaît qu’un très petit nombre de pièces qui puissent leur être attribuées avec certitude : tels sont un plat du Musée de Cluny représentant Adam et Eve chassés du Paradis et portant la marque :
i535. — De Adam e d’Eva in Rimino
un autre du British Muséum sur lequel est peinte la chute de Phaéton :
lu Arimin
Ces plats offrent des caractères d’exécution tellement accusés, notamment un travail de hachures jaune roux dans les ombres, blanc dans les lumières, un soin si particulier donné aux paysages et, surtout, une glaçure si belle et si limpide, que M. Darcel a cru pouvoir attribuer à cette manufacture un certain nombre de pièces du Musée du Louvre dont la provenance était inconnue.
ROANNE (Loire) a produit au siècle dernier des faïences qui, à en juger par les deux spécimens que possède le Musée de Sèvres, devaient être des plus communes, et d’après lesquelles nous ne croyons pas pouvoir accepter les conclusions de M. le Dr Noëlas, auteur d’une Histoire des faïences Roanno -Lyonnais es (in-8°, 1 883), qui cédant un peu trop volontiers peut-être à un amour local exagéré, a attribué aux fabriques de Roanne toutes les faïences trouvées dans la région, depuis les carreaux du château de La Bâtie jusqu’à des faïences de Delft portant les marques si connues d’Augestijn Reygens, celle des Trois Cloches , etc., etc.
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ROBBIAXes Délia), qui pendant plus d’un siècle pratiquèrent l’art de la terre et qui passent pour être les premiers qui, en Europe, ont appliqué l'émail d’étain aux sculptures décoratives (voir Y Introduction), occupent à juste titre une place des plus considérables dans l’histoire de la céramique.
Le chef de la famille, Luca di Simone di Marco délia Robbia , naquit à Florence en i 399 ou en iqoo. Très habile dans l’art de la sculpture, il fut, tout jeune encore, chargé à Rimini de travaux qui le firent connaître et lui valurent à son retour à Florence la commande d’œuvres importantes parmi lesquelles nous citerons particulièrement les admirables bas-reliefs de la tribune de l’orgue de l’église Santa Maria del Fiore, les portes de bronze de la sacristie de la même église et le tabernacle de la chapelle de Saint-Luc à l’hôpital de Santa Maria Nuova qui rendirent son nom célèbre dans toute l’Italie. Peu satisfait cependant, si on en croit Vasari, des résultats pécuniaires qu’il obtenait et irrité des obstacles que la lenteur de l’exécution en marbre apportait à son ardeur de produire, il s’appliqua à .trouver le moyen de donner à ses œuvres en terre une durée indéfinie en les recouvrant d’un émail blanc qui devait leur donner l’éclat et la solidité du marbre. Il n’inventa certes pas cet émail connu depuis longtemps en Europe par les poteries hispano- moresques et les faïences orientales, mais il eut au moins le mérite de l’employer de façon à créer un art absolument nouveau. D’après Vasari, son premier ouvrage en terre émaillée serait le beau bas-relief de la Résurrection dans l’église Santa Maria del Fiore qui date de 1443, où les figures se détachent en blanc sur un fond bleu lapis; puis vinrent successivement les Evangélistes de la coupole de la chapelle des Pazzi à Santa Croce, où paraît dans les détails la première application des couleurs (vert, violet et jaune), et le bas-relief de V Ascension qu’il exécuta en 1446. Il décora ensuite un grand nombre d’églises et de chapelles de la Toscane d’œuvres qui, alors comme aujourd’hui, excitèrent l'admiration générale. Dans ses compositions toujours simples, les figures sont en petit nombre, l’expression calme, les attitudes nobles et naturelles. Les encadrements sont formés de peu de moulures décorées sobrement d’ornements empruntés à l’art grec auxquels il ajouta parfois un tore de feuillages ou de fleurs en relief peu saillant. L’émail est très pur, d’un ton doux qui participe à la fois du marbre et de l’ivoire un peu jaunis; le bleu des fonds est doux et harmonieux.
Il mourut en 1482, laissant son atelier à son neveu Andrea, né à Florence le 28 octobre iq35, qu’il avait associé depuis longtemps à ses travaux. Sous la direction d’Andrea, l’atelier se transforma en fabrique, tout en conservant néanmoins un grand caractère d’art. On y fit surtout des pièces sans destination définie à l’avance, médailles, tableaux d’autels,
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tabernacles, etc., facilement reconnaissables à leurs encadrements composés de lourdes guirlandes de fruits et de feuillages admirablement modelés et d’une coloration forte et soutenue, mais qui écrasent parfois le sujet principal.
Andrea, qui mourut le 4 août 1 5 2 5 , à l’âge de quatre-vingt-dix ans, eut sept fils dont cinq au moins l’aidèrent dans ses travaux. Plus tard, deux se firent dominicains.
Des trois qui restèrent, l’aîné, Giovanni, né le 8 mai 1469, demeura à Florence. C'était un artiste d'un talent très inégal et dont les œuvres, d'une composition lourde et confuse, d’une exécution froide malgré les surcharges de couleurs qui les distinguent, marquent une décadence très accentuée. On lui attribue cependant les beaux bas-reliefs représentant les Œuvres de Miséricorde qui décorent la façade de l’hôpital du Ceppo, à Pistoïe.
Le second, Luca, se rendit à Rome où, à la demande de Raphaël, il peignit et émailla les pavages en terre cuite des Loges du Vatican. On croit qu’il établit également à Rome une fabrique de poteries d’où seraient sortis ces vases, qui se trouvent figurés quelquefois sur les œuvres des Délia Robbia, à émail stannifère bleu lapis, décorés en léger relief d’imbrications et d’entrelacs et dont les anses sont formées par deux dauphins.
Le dernier, Girolamo, né le 9 mars 1488, fut appelé en France vers 027 ou 1 5 28 pour travailler à la construction et à la décoration du château de Madrid au Bois de Boulogne, château que Philibert Delorme appelait ironiquement le Château de faïence 1 et qui empruntait presque toute sa décoration extérieure aux arts du feu. Forcé, après la mort de François Ier, d’abandonner son œuvre par suite de la jalousie de Philibert Delorme, envieux du succès des artistes italiens, il retourna en Italie en 1 5 5 3 , pour en revenir en 1 5 5 7 , rappelé par l’influence du Primatice; il reprit alors ses travaux et les termina avant sa mort, survenue à Paris, à l’hôtel de Nesles, le 4 août 1 5 66. Il travailla également à Fontainebleau et à Orléans et eut à exécuter plusieurs travaux de sculpture en pierre et en marbre.
Si l’on examine les œuvres des Délia Robbia, surtout celles de Luca et d’Andrea, au point de vue purement céramique, on est étonné de la perfection des procédés techniques dont elles témoignent. L’émail en est bien glacé, très pur et sans aucune gerçure; la terre est bien cuite et les retraits en ont été si habilement calculés que toutes les pièces qui composent l’ensemble des bas-reliefs et des statues de grande dimension
1. Le Musée de Sèvres possède trois fragments en terre cuite émaillée provenant de la décoration du château de Madrid : fragment de corniche (émail blanc), et deux fragments de rosaces (émail blanc et violet).