‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 171 sur 200 · SA · texte numérisé non relu

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et de Saint-Clément, mais ils firent de mauvaises affaires et furent bientôt obligés de se séparer. Pour la direction de Saint-Clément, Charles Loyal, qui en était resté propriétaire, prit comme associés Mique qui devint plus tard intendant des bâtiments de la couronne et alla habiter Versailles, et le sculpteur Cyfflé, mais cette association dura peu, et de nouvelles sociétés durent se former pour conserver un semblant d’existence à cette manufacture qui devint, en 1824, la propriété d’un homme intelligent, M. Germain Thomas, dont les descendants l’exploitèrent longtemps encore avec succès.

Comme Lunéville, Saint-Clément a fabriqué des faïences en terre blanche, non émaillées généralement, connues sous le nom de terres de Lorraine , et d’excellentes faïences à émail stannifère, ainsi que des faïences fines (terre de pipe), de formes élégantes et variées et décorées en couleurs, dans le genre de Strasbourg, ou, le plus souvent, simplement en bleu ou en or. Les imitations modernes des anciennes faïences de Saint-Clément sont seules marquées ; les anciennes ne portaient aucunes marques; du moins 11’en avons-nous jamais rencontrées.

Parmi les groupes et statuettes fabriqués à Saint-Clément, nous citerons plus particulièrement le Savetier qui siffle son sansonnet , Henri IV et Sully , V Agréable Leçon, V Oiseau mort, le Pot cassé , et toute une série de Cris de Paris, comprenant des marchands ou marchandes de volailles, poissons, fruits, vieux habits, joueurs de violon, de vielle, etc. Tous ces sujets sont l’œuvre de Cyfflé. Ils étaient exécutés en biscuit blanc et très fin; quelques-uns, mais on les rencontre rarement, ont été cependant peints sur émail.

SAINT-CLOUD (Seine-et-Oise). L a manufacture de Saint-Cloud, fondée dans la dernière moitié du xvne siècle par Chicaneau (ou Chicoineaujet ses fils, prit bientôt une grande importance, surtout lorsque l’intelligent potier eut ajouté à la fabrication des faïences celle des porcelaines tendres, dont il avait eu vraisemblablement le secret de Louis Poterat, de Rouen. On commença par y faire des imitations des décors bleus rouennais, à lambrequins et à bordures, mais en les cernant d’un trait noir; puis on y ajouta des motifs originaux qui consistaient surtout en rinceaux de fleurs ornemanisées, d’un style élégant, peints en camaïeu bleu, parfois un peu ardoisé et légèrement modelés : les beaux vases conservés dans la pharmacie de l’hôpital de Versailles, fondé par Louis XIV à la fin du xvne siècle, peuvent être considérés comme types des décors originaux de Saint-Cloud. C’est dans cette fabrique également qu’étaient faites les faïences destinées au service des résidences royales; on en rencontre fréquemment des spécimens qui portent, dans un cartouche surmonté de la couronne de France, la

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lettre initiale du château auquel elles étaient destinées. C’était, paraît-il, une sorte de réputation acquise à la manufacture de Saint-Cloud de fabriquer des faïences sur commande, car on lit dans le Livre commode des adresses d’Abraham de Pradel, publié en 1690, la mention suivante : « Il y a une fayencerie à Saint-Cloud 011 Ton peut faire exécuter tels modèles que l’on veut ». Les faïences de Saint-Cloud sont rarement marquées: cependant sur quelques pièces, aussi bien sur celles d’une exécution soignée que sur des faïences très grossières à pâte lourde, épaisse, à émail gris craquelé, mais toujours décorées des rinceaux caractéristiques de Saint-Cloud, on trouve la marque de Trou, successeur de Chicaneau, avec les lettres initiales de Saint-Cloud :

La seconde marque est également celle dont il se servit pour la porcelaine tendre.

SAINT-DENIS-SUR-SARTHON (Orneb Cette faïencerie, fondée en i/5o par Jean Ruel, fut dirigée dans les premières années par Pierre Pellevé, autrefois directeur de la manufacture de Sinceny, qui y resta pendant quelques années et y fît venir son fils et quelques-uns de ses anciens ouvriers. Aussi la décoration des faïences de la première période de l’existence de cette manufacture se ressent-elle de l’influence de Sinceny, tout en étant plus commune. Dans la seconde période, on a créé à Saint-Denis-sur-Sarthon un type de décor assez particulier se composant de deux feuilles étalées d’où partent des tiges d’œillets alternés. On y a souvent fabriqué des assiettes et des pots à boire le cidre (moques), portant souvent le nom du propriétaire en lettres noires : « ie suis a Fran-

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