SEP
SÉV
SEPTFONTAINES (Luxembourg). Les frères Boch, faïenciers à Audun-le-Tige, sollicitèrent le 25 juin 1765 du gouvernement des Pays- Bas l’autorisation, qui leur fut accordée l’année suivante, d’établir une fabrique de faïence aux environs de la ville de Luxembourg, à Septfontaines, où ils se fixèrent en 1767; en 1795 Pierre-Joseph Boch resta seul propriétaire de la manufacture que ses descendants exploitent encore aujourd'hui. On y fabriqua surtout des vases et des pièces de service de formes élégantes, en excellente fa ence fine à pâte très blanche et à couverte très pure, décorées simplement de fleurettes, de tiges d’un type assez particulier imité de Chantilly (fig. cicontre), et de filets tracés en beau bleu de cobalt, portant en bleu la marque suivante :
accompagnée souvent d’initiales ou de sigles de décorateurs.
Un très beau porte-huilier en forme de bateau, rehaussé de bleu, au Musée de Douai, est marqué :
Au commencement du siècle, cette marque fut imprimée en creux dans la pâte : B L (Boch-Luxembourg). — Un artiste nommé Dalle y peignit vers 1784, sur des plaques de faïence formant de véritables petits tableaux, des vues de villas et des sujets variés qu’il copiait sur des gravures. On connaît également des statuettes et des groupes qui offrent plus d’un point de ressemblance avec les biscuits en pâte tendre de Sèvres et qui sont probablement dus à des ouvriers italiens : ces biscuits, fort rares, paraissent être des essais d’une fabrication à laquelle il ne fut pas donné suite. — La manufacture de Septfontaines est renommée aujourd’hui par ses carrelages.
SÉVILLE (Espagne). Quelques auteurs attribuent à la manufacture
SÉV
SÉV
de Séville, mentionnée par De Laborde dans son Voyage en Espagne, et plus tard par Davillier, les faïences à décor de guirlandes, de ruines et de ligures en motifs isolés, dessinées d’un trait noir accentué, rehaussé de couleurs où le jaune orangé et le brun dominent, et qui sont également données à Savone, portant la marque :
Nous ne prouvons nous prononcer sur cette question, mais par contre, nous croyons pouvoir attribuer à Séville la marque suivante :
qui se trouve sur un plateau rectangulaire porté sur quatie pieds en griffes avec encadrement en relief, décoré en camaïeu bleu dans le style de Savone, de rochers avec arbustes et d’un riche écusson à lambrequins. Le poisson de Séville a, du reste, été signalé plusieurs fois sur des pièces que nous ne connaissons pas, appartenant à M. Arosa et à d’autres collectionneurs espagnols.
SÈV
SIN
SÈVRES (Seine-et-Oise). Il exista à Sèvres, de 1785 à 1790, une manufacture de faïences fines fondée par un nommé Lambert, sur laquelle on a peu de renseignements. Le Musée céramique possède un vase de bon style et à colorations douces, que M. Riocreuxlui attribuait,. Pendant un certain temps, vers 1 86 5 , on a fait à la manufacture nationale de Sèvres des vases et quelques plats en faïence, mais cette fabrication fut assez promptement abandonnée. Ces faïences portaient la marque habituelle de la manufacture.
SIENNE (Italie'). Le South Kensington Muséum possède une série assez nombreuse de carreaux provenant du palais Pétrucci, à Sienne, datant du commencement du xvie siècle, et décorés de chimères, d’oiseaux, de dragons, etc., peints en couleurs sur fond blanc, que l’on attribue, mais sans autre certitude que leur provenance, à la fabrication de cette ville. En réalité, on ne connaît de Sienne, à cette époque, qu’un plat creux ou écuelle d’un excellent dessin et d’une exécution très soignée, faisant également partie des collections du Musée de Kensington et représentant Saint Jérome dans le désert ; il porte en dessous la marque suivante :
fat a î si e na da m° benede tto
Au xvme siècle on retrouve à Sienne des manufactures en pleine activité, mais elles ne produisirent que des œuvres assez médiocres. Parmi les peintres dont les noms se trouvent sur les faïences de cette seconde période nous citerons Bartolomeo Terenfo, en 172 7; Bartolomeo Terchi , Ferdinando- Maria Campani, surnommé, paraît-il, le Raphaël de la majolique , dont un plat daté de ip33 et représentant Dieu créant les étoiles , d’après Raphaël, se trouve au British Muséum.
SINGENY (Aisne). Parmi les nombreuses fabriques qui procèdent de Rouen, il faut citer en première ligne celle de Sinceny dont les produits furent pendant bien longtemps confondus avec les faïences rouennaises qu’ils égalent dans bien des cas.
Cette manufacture fut fondée vers 1733 par M. de Fayard, seigneur de Sinceny, qui en confia la direction à Pierre Pellevé, de Rouen; celui-ci amena avec lui des ouvriers et des artistes rouennais qui apportèrent au nouvel établissement les procédés de fabrication et de décoration des faïenceries normandes. Aussi la similitude entre les produits de Sinceny et ceux de Rouen, à cette époque, est telle qu’on ne peut les
SIN
SIN
distinguer qu’à certains caractères assez fugitifs, l’émail un peu bleuté et le rouge qui est légèrement glacé à Sinceny, tandis qu’à Rouen il reste presque toujours mat et bouillonne souvent. Mais bientôt, et probablement sous l’influence de Dominique Pellevé, fils ou tout au moins parent de Pierre Pellevé, dont on trouve la signature en toutes lettres sous une piè:e du Musée de Sèvres:
fA
,Vi '
la décoration se transforme et prend un caractère original; on imite bien à Sinceny le décor pseudo-chinois de Guillebaud, mais en y ajoutant des personnages aux robes éclatantes d’un beau jaune citron franc et pur qui est comme la note bien particulière des faïences de Sinceny de la deuxième période et que l’on retrouve également sur les statuettes de personnages — généralement des Chinois dans le goût de l’époque — destinés à concourir à l’ornementation des tables pendant les repas. Puis, vers 1775, sous la direction de Chambon qui appela à Sinceny des peintres lorrains, la fabrication se transforme de nouveau et on imite non sans grand succès les décors peints sur émail au feu de moufle, que Strasbourg avait mis à la mode; les faïences de cette troisième période sont assez difficiles à reconnaître, tant l’imitation est souvent parfaite.
Les faïences de Sinceny portent souvent un S assez grossièrement tracé en bleu ou le nom de la ville en abrégé :
Un vase du Musée de Reims, à émail enlevé par places, décoré de deux médaillons ovoïdes sur lesquels sont peints, en camaïeu bleu, d’un côté Louis XI et, de l’autre, Mirabeau, porte, dans deux cartouches réservés en émail, les inscriptions suivantes :