‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 33 sur 200 · BOI · texte numérisé non relu

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de certains plats, sur le rebord des plateaux d’aiguières et sur les moulures des vases, des rinceaux délicats, ou des arabesques fines et élégantes dont la note douce et légère se marie harmonieusement avec l’ensemble de l’ornementation. (PL i5 a.) Ce genre de décoration, employé en Italie au xvie siècle, fut imité en France au xvme, mais avec moins de délicatesse, dans la manufacture de Saint-Amand-les-Eaux. (PL i i3'7.)

BIOT (Jehan, dit Mercure) fut avec Jehan Chipault un des continuateurs et, peut-être, un élève de Bernard Palissy, mais on ne sait rien de particulier sur sa vie, et nous ne connaissons pas d’œuvres qui puissent lui être attribuées avec certitude.

BOCCAROS ou RÎJCCAROS. On appelle ainsi des poteries de grès à pâte fine, dense et serrée, habituellement d’un beau brun rouge. Les Chinois ont fabriqué ainsi des théières sur lesquelles sont gravées en creux ou reproduites en relief des légendes faisant l’éloge du thé et quelquefois aussi de l’ivresse. Ces théières affectent des formes extrêmement variées et souvent bizarres. Les boccaros sont mats ou recouverts d’un vernis brun ou noir, et quelquefois décorés de dragons et de feuillages en relief ou peints avec des émaux colorés. Quelques-uns des grès à pâte rouge fabriqués par Bœtiger (voir ce nom) ressemblent à s’y méprendre aux boccaros chinois qu’ils copiaient, du reste.

BOGH (Les), faïenciers. — Voir Audun-le-Tiche et Sept-Fontaines.

BOENDER (Mathijs), maître faïencier, établi à Delft en 1713, à l’enseigne des Quatre Héros de Rome . Ses produits assez rares sont généralement décorés en camaïeu bleu foncé ; il marquait :

BOGAERT (Matheus van den), maître faïencier, établi à Delft en 1714, d’abord à l’enseigne du Pot de fleurs , plus tard à celles des Deux Sauvages et du Cerf. Ses œuvres qui, à part quelques exceptions, n’offrent rien de particulier, portent son monogramme :

BOIS-D’EPENSE (Le). Petit village du département de la Marne. — Voir Les Islettes.

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BORDEAUX (Gironde). La première manufacture de faïences fut établie à Bordeaux, en 1711, par Jacques Gautier, associé bientôt avec Hustin, de Lille, qui en resta seul propriétaire en 1712, et qui la dirigea jusqu’à sa mort, arrivée en 1749; elle passa alors entre les mains de son fils, Ferdinand-Denis, mais les privilèges qui avaient été accordés au père dès 1714, et qui avaient été renouvelés plusieurs fois, ayant été abolis, d’autres manufactures moins importantes furent fondées, entre autres celles de Barbot, de Desbats, de Magnan, de Rougé, etc. Ferdinand Hustin étant mort (de 1765 à 1770), la fabrique resta la propriété de sa veuve, sous la direction d’un contre-maitre, nommé Monsau, qui, plus tard, en continua seul l’exploitation.

Les faïences de Bordeaux n’ont pas, à proprement parler, de style bien particulier; leur décor procède de Rouen, de Nevers, et surtout de Moustiers. « Le plus souvent, dit le Dr Azam, c’est Moustiers qui sert de thème, surtout pour les objets usuels. Seulement, Bordeaux fait un grand emploi des draperies en forme de guirlandes, de bouquets, de fruits, et surtout de raisins, d’anges, d’amours ou de bustes de femmes qui tous ont ce caractère frappant : une grosse tête inclinée... » (PI. 9 h.) Le bleu, toujours mal appliqué ou de mauvaise qualité, est noirâtre ou lavé, et, dans les décors polychromes, le rouge manque, comme à Nevers L A en juger par certaines pièces de dimensions exceptionnelles, les ouvriers de Bordeaux étaient d’une habileté peu commune : l’ancien cadran (qui existe encore) de l’horloge de la Bourse de Bordeaux, portant l’inscription : Fait à la Manufacture royale de M. Hustin E. iy5o A., et divisé en dix secteurs réunis, ne mesure pas moins de 4m,86 de circonférence; un bain-de-pieds , genre Moustiers, a plus de 4 pieds de circonférence, et un vase de pharmacie, daté de 1750 et aux armes des Carmes, a im,2o de circonférence et om,8o de haut. On a fait à Bordeaux des soupières ou légumiers en forme de canards peints au naturel, modelés avec beaucoup d’adresse, et des brocs en forme de personnages assis.

A l’exception de quelques pièces signées de Monsau : Fait par Monsau iy83 — F. P. MONSAU, les faïences de Bordeaux ne sont généralement pas marquées. Plusieurs pièces (entre autres un seau à rafraîchir, du Musée de Sèvres), fabriquées pour la Chartreuse de Bordeaux, portent l’inscription : Cartus. Burdig. [Cartusia Burdigalensis]'1 2.

Cf. Les Anciennes Faïences de Bordeaux , par un collectionneur [Dr Azam], in-8°, fïg. , 1880.

1. Cependant une assiette de style rouennais, du Musée de Sèvres (n° 5g 1 5), aux armes du président Molé, donnée par Benj. Fillon, et attribuée à la manufacture de Hustin, montre, comme dans certaines faïences de Rouen, du rouge de fer non glacé.

2. Nous n’avons pas besoin de relever l’erreur de quelques auteurs qui ont donné à Bordeaux un faïencier nommé Cartus.

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