‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 46 sur 200 · FEC1T- HOC TITUS • PON PEI * M • D • XVI · texte numérisé non relu

FEC1T- HOC TITUS • PON PEI * M • D • XVI

A dater du xvne siècle et surtout pendant le xvme, Castelli devint un des centres les plus importants de la production des faïences; en 1743, elle ne comptait pas moins de trente-cinq fabriques qui inondèrent l’Italie de faïences usuelles et, en particulier, de coupes et de plaques décorées le plus souvent de paysages d’une exécution soignée et d’une coloration harmonieuse, remarquables par un beau violet foncé et un vert très doux et très lumineux. On y peignit aussi des quantités d'assiettes et de plats ornés de chasses, de scènes rustiques, de fleurs et même de caricatures et de grotesques.

Mais à côté de ces faïences courantes, Castelli a également produit quelques belles œuvres, entre autres des plats à sujets de figures, d’un bon dessin, d’une exécution très soignée et parfois rehaussés d’or, surtout sur les marlis ornés le plus souvent de trophées militaires peints en camaïeu brun sépia.

On ne sait rien de positif sur l’histoire de la fabrication de Castelli qui, du reste, comme celle de Strasbourg avec les Hannong, semble se résumer dans une seule famille, celle des Grue qui compte de nombreux artistes, dont quelques-uns étaient véritablement des hommes de talent.

Le premier paraît avoir été Francesco, né le 1 5 février 1 5 94, dont l’église paroissiale de Castelli possède un tableau composé de plusieurs plaques représentant la Casa de Lorette, signé :

F. G. de Cha P 1647

On ne connaît pas la date de sa mort, mais il dut atteindre un âge très avancé, si comme on le croit généralement c’est à lui qu’il faut attribuer un Ange gardien du Musée de Minicis, à Fermo, signé :

F. A. Grue eseplai 1677

Son fils, Carlantonio, né le 20 août i655, décora avec beaucoup de

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talent de sujets de ligures un grand nombre de faïences qu’il marquait de ses initiales :

Il mourut le e3 septembre 1723, laissant quatre fils dont le plus célèbre fut Francesco Antonio, né le 7 mars 1686 et mort le 24 août 1 746; c’était non seulement un artiste de mérite, mais encore un savant théologien, docteur en philosophie, qui prit part aux luttes politiques de son pays et passa en prison, à Naples, huit années pendant lesquelles, pour tromper les ennuis de sa captivité, il travailla à la peinture des faïences, ainsi que l’attestent plusieurs pièces, entre autres un tondino décoré d’un paysage et signé :

Doctor Franc . Ant. Grue F. Neap. Anno 1718

Les autres fils de Carlantonio sont:

Anastasio, qui peignait surtout des paysages, mais dont on ne connaît pas la signature ;

Aurelio, peintre de scènes rustiques et d’animaux qui, lui non plus, ne signait pas ses œuvres ; et

Liborio, dont les plats, ornés de figures d’une rare délicatesse et d’un excellent dessin, sont souvent rehaussés d’or; il signait :

Liborius Grue P*

Francesco Antonio eut un fils, Saverio, qui naquit à Naples en 1 7 3 1 , et qui, tout jeune encore, signait de son nom un plat ovale décoré d’un paysage :

Saverio Grue fece in Castelli 1747

Céramiste des plus habiles, il fut appelé par Ferdinand IV pour venir prêter son concours à la manufacture de porcelaines de Capo di Monte, fondée en 1736 par Charles III; après avoir séjourné en Allemagne, en France et en Angleterre, où il étudia tous les procédés de fabrication de la porcelaine, il retourna à Naples et devint directeur de la manufacture royale, à la tête de laquelle il resta jusqu’en 1806; il mourut quelque temps après. On trouve fréquemment sa signature avec l’S et le G enlacés :

i/Sd §frL^e f

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Francesco Saverio, né le 12 mai 1720, appartient à une autre branche de la famille; après avoir étudié la peinture à Rome, il revint à Castelli où il peignit surtout des scènes historiques ou familiales, dans lesquelles il faisait un emploi un peu exagéré du jaune; il mourut à peine âgé de trente-cinq ans.

En dehors des membres de la famille des Grue, nous citerons parmi les autres artistes de Castelli :

Cappelletti Candeloro, né le 2 février 1 68g ; tout jeune encore il fut confié aux soins de Carlantonio Grue, puis se fit soldat et revint enfin se fixer à Castelli, où il peignit avec beaucoup de talent et de franchise d’exécution d’excellents paysages. Il mourut le 25 juin 1772.

Gentile Carminé, peintre de figures, né le 16 juillet 1678; ses faïences souvent rehaussées d’or sont signées en toutes lettres :

GENTILI • P • ou gentile p.

Gentile Giacomo, fils du précédent, né le 5 février 1717, excellent peintre de paysages et de figures; il signait souvent ses œuvres. Il eut un fils :

Gentile Bernardino (sept. 1727 *j* 6 janvier 1 8 1 3 ) , qui chercha avant tout à produire beaucoup sans trop se soucier de la qualité de ses œuvres.

Il y eut à Castelli un grand nombre d’autres peintres dont on a conservé les noms, mais dont les œuvres sont inconnues. On ne sait rien non plus sur Antonio Lolli, indiqué à tort par certains auteurs comme vivant au xve siècle, et dont on connaît au Musée de San Martino, à Naples, un plat doré représentant le Jugement de Paris , portant la mention :

Antonius Lollus a Castellis inventor

Nous ne connaissons pas ce plat, mais si nous nous en rapportons aux savants italiens, il daterait du commencement du xvne siècle ou tout au plus de la fin du xvie.

Cf. Concezio Roza, Notifie storiche dette majoliche di Castelli , Naples, i85y, in-8°. — Vincenzo Bendi, Le Majoliche di Castelli , 2e édit., Naples, 1 883, in-8°. — Cherubinj, De Grue e délia pittur a ceramica in Castelli , 20 édit., Naples, 1878. — F. Barnabei, Dette maioliche di Castelli nelV Abruyyo (publié dans la Nuova Antologia, t. II), Florence, 1876, et D. Bonghi, Intorno aile majoliche di Castelli, Naples, 1756, in-40.

CASTELLO (ou CITTA di C ASTELLO 1 , près de Gubbio

(Italie). C’ est principalement dans cette ville qu’a été pratiqué du xve au xvme siècle le genre de décor que les Italiens nomment sgraffio et qui

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rappelle le procédé de décoration par engobage usité en France dès le xve siècle.

Les faïences, ou, pour être plus exact, les terres vernissées de Citta di Castello, dont le décor a toujours un caractère un peu archaïque et qui devaient représenter l’art populaire en Italie au commencement du xvie siècle, sont assez rares dans les collections françaises : un des plus beaux spécimens que nous connaissions est la grande coupe basse du Louvre (G 708), représentant un jeune homme jouant de la mandoline entre deux femmes dont l’une joue du tambour de basque; cette belle coupe qui date de la fin du xve siècle est portée sur un pied évasé, orné de moulures, dont la tige est accostée de trois lions assis qui supportent le fond de la coupe avec leurs têtes. La terre est rouge, recouverte d’une engobe en terre blanche sur laquelle le dessin a été tracé par enlevage, de façon que la terre apparaît pour former le dessin au trait modelé de hachures; le tout est recouvert d’un vernis plombeux. Le Musée de Sèvres possède également quelques intéressants spécimens de ces poteries vernissées, dont le décor, suivant Piccolpasso, était désigné en Italie sous le nom de décor Alla Castellana L Ce genre de décoration a été employé également à Padoue, à Pavie, surtout à La Fratta, petite ville voisine de Citta di Castello.

GASTILHON (Gard). On y fabriqua à la fin du siècle dernier des faïences qui imitaient celles de Moustiers. Un plat à figure grotesque avec guirlandes et bouquets en camaïeu jaune verdâtre dessiné de manganèse, de la collection de feu M. Ed. Pascal, est marqué en toutes lettres :

Ccistilhon.

CASTLEFORD, près Leeds (Angleterre). David Dunderdale y établit vers 1790 une manufacture où il fit surtout des faïences fines, quelquefois décorées de bordures et de filets peints en brun ou en bleu, imitant celles que Wedgwood fabriquait sous le nom de Queen’s vare, et des poteries noires de style pseudo-égyptien marquées :

CASTLEFORD

POTTERY.

CATJS3Y (Pierre-Paul), maître faïencier établi à Rouen, en 1720,

1. C’est par erreur, croyons-nous, que M. Chaffers (Marks and monograms on pottery and porcelain) applique ce terme aux faïences peintes en couleurs dans la manière de Castelli.

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