‹ Dictionnaire de la céramique; faïences--grès--poteriesChapitre 54 sur 200 · CUL · texte numérisé non relu

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le xvie siècle, aurait possédé une manufacture de faïences fondée par un Flamand, Gérard Demigennes, et dirigée plus tard, vers 1627, par un Italien, Horatio Borniola, des pièces assez lourdes et assez communes,

— que Ton donne également à Anvers ou à Nantes, — blanches, presque toujours godronnées, et décorées de rinceaux et de fleurs en bleu et jaune citron.

GROSA (P. A.). — Voir Candiana.

CULS-NOIRS. Le ministre Silhouette, ne sachant plus comment faire face aux embarras du Trésor, avait exhorté ceux qui possédaient de la vaisselle d’argent à la porter à la Monnaie, oit elle devait être convertie en espèces applicables aux besoins de l’Etat. Louis XV y ayant envoyé sa vaisselle, son exemple fut suivi par Mlle Hus, actrice de la Comédie- Française, par quelques communautés religieuses, par un petit nombre de membres du Parlement et par quinze cents autres citoyens1. On se servit surtout alors, à Paris, d’une vaisselle de faïence très commune, dont le fond extérieur était recouvert d’un vernis brun foncé ou noir, et les plats et les assiettes de cette espèce furent appelés culs-noirs par les plaisants de la capitale. «J’ai peur, dit Voltaire2, qu’il ne soit ridicule de parler de comédie dans ce temps qu’il n’est question que de culs-noirs , de bourses vides, de flottes dispersées et de malheurs en

1. On lit dans le Journal de Barbier (nov. 175g) : « Il y a déjà du temps qu’on a parlé de faire porter la vaisselle d’argent des particuliers à la Monnaie, ce qui a effrayé le public, un pareil expédient étant ordinairement la dernière ressource dans les calamités de l’Etat... Les personnes qui n’ont pas un rang distingué ou ne pensent pas de même sont dans l’incertitude si elles la porteront ou si elles la cacheront. Mais il n’est guère possible de se servir de sa vaisselle d’argent, surtout en assiettes, quand les princes, les plus gros seigneurs et les gens en dignité sont réduits à manger sur de la vaisselle de faïence.

« Cette aventure va ruiner tout le corps des orfèvres et ôter le pain à tous les ouvriers et artistes qui en dépendent, et, en même temps, va enrichir toutes les manufactures de faïences et de porcelaine.

« Il y a depuis dix ou douze jours un grand concours de carrosses à un grand magasin de faïence plus ou moins recherchée sur le quai de la Porte Saint-Bernard

— [aujourd’hui quai de la Tournelle] — au-dessus des Miramionnes — [l’ancienne maison des Dames Miramionnes est occupée actuellement par la pharmacie centrale des Hôpitaux, qui y a installé dans une salle un petit musée où ont été transportés les vases et pots des anciennes pharmacies des Hôpitaux, Hospices et bureaux de bienfaisance de Paris]. — J’y allai le 3o octobre acheter des plats, assiettes et jattes comme les autres. Le Ministre de Paris (le comte de Saint-Florentin) y était avec M. Bertin de Jumillac, frère de M. le lieutenant général de police et, tous les jours, à toute heure, c’est la même chose. »

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