‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 134 sur 614 · GARDE NATIONALE · texte numérisé non relu

GARDE NATIONALE

I national, vit avec douleur le gouvernement provisoire supprimer les compagnies d'élite de grenadiers et de voltigeurs, et il en résulta, le 18 mars, une ridicule et impuissante manifestation , dite des bonnets à poil. Ce premier obstacle franchi, il y eut plus d'homogénéité dans les rangs de la milice parisienne, dont il fallut pourtant dissoudre plusieurs légions. Le restant demeura fidèle à la cause de l'ordre, et se signala particulièrement dans les journées de mai et de juin.

Le 26 juin 1851 l'Assemblée nationale promulgua uneloiqui organisa la garde nationale dans toute la France, par communes dans les départements, par arrondissements municip.ui à Paris ; tes compagnies communales d'un canton ne pouvant être formées en bataillons cantonaux et en légions que par décret du pouvoir exécutif, ni, dans aucun cas, être rtrgam sées par département et arrondissement de soos-préfccurrt , disposition qui n'était pas applicable au département de la Seine. Le droit de suspension et de dissolution restait acquis au président de la république. La garde nationale se composait de l'universalité des citoyens, à partir de l'Age de vingt ans, sauf les ministres des divers cultes, les militaires, les préposés des douanes , les agents de justice et de police , les infirmes et les individus privés de l'exercice de leurs droits civils politiques.

Jusque là, depuis la révolution de février, les officiers, sous-officiers et caporaux de la garde nationale avaient lot» été nommés, sans exception, dans la latitude la plus extrême du suffrage universel. On en revint dès lors à on maie d'élection qui se rapprochait de celui du règne de Louis Philippe. Les gardes nationaux nommèrent bien encore leurs officiers, sous-officiers et caporaux ; mais les chefs de bataillon et les porte-drapeau furent élus par tous les officiers de leur bataillon et par un nombre égal de délégués nomme* dans chaque compagnie, et les chefs de légion et les lieutenants-colonels par tous les officiers de la légion réunis soi délégués susdits. Aucun officier supérieur ne fut valablement élu qu'autant que plus de la moitié des électeurs concouraient à l'élection et qu'il réunissait plus de la moitié des suffrages exprimés.

Cette loi reste en vigueur jusqu'au décret du président de la république, en date du il janvier 1852, promulgué le 22, et dont les considérants sont basés sur ce que l'ordre est l'unique source du travail, et ne s'établit qu'en raison directe de la force et de l'autorité du gouvernement, sur ce que la garde nationale doit être non une garantie contre te pouvoir, mais une garantie coutre le désordre et l'insurrection, sur ce que l'armement de tout le monde indistinctement n'est qu'une préparation à la guerre civile, sur ce qu'enfin une composition de la garde nationale faite avec discernement assure seule l'ordre public et le salut du pays, prévient toute nouvelle tentative de désordre, de pillage, et qu'une récente expérience a prouvé qu'une seule compagnie de bons citoyens, armés pour la défense de leurs foyers, suffisait pour mettre en tuitc des bandes de malfaiteurs.

En conséquence de ce décret, les gardes nationales furent dissoutes dans toute l'étendue du terri toi ro français, et réorganisées sur les bases nouvelles, dan* les localités où l«Jr concours était jugé nécessaire à la défense de l'ordre puthe. Dans te département de la Seine, le général commandait supérieur fut chargé de celte réorganisation , qui eut lieu par bataillon. La création des corps spéciaux de cavalerie , artillerie et génie ne put être autorisée désormais que par le ministre de l'intérieur. Sur sa présentation , le chef de l'État nomme maintenant les officiers de tous grades d'après les propositions du commandant supérieur dans le département de la Seine , et d'après celles des préfets dans les autres départements. Les adjudants sous-officiers sont choisis par les cltefs de bataillon, qui nomment également A tous les emplois de sous-officiers' et «le caporaux sur la présentation des commandants de compagnie. La prend le rang sur les corps soldés.

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