GARDIEN
GARDIEN (Ange). La foi catholique nous montre l'homme placé entre deux esprits, qui s'attachent constamment à ses pas : l'un , ange ténébreux , qui l'obsède pour le porter au mal, et qui, selon saint Pierre, tourne sans cesse autour de lui comme un lion rugissant pour le dévorer ; l'autre , esprit céleste, chargé de le conduire à la vertu par ses conseils, de l'éloigner du vice par des remords, de l'éclairer par ses lumières, de le protéger par ses secours. Cest ce mentor céleste que nous nommons ange gardien. Il faudrait n'avoir jamais lu les Mvres saints pour n'y avoir pas rencontré les preuves de l'existence de ces anges tutélaires. Et ce n'est pas la, comme on Ta dit, un emprunt (ait par les Juifs aux Chaldéens et aux Perses pendant la captivité iJe Babylone , puisqu'on trouve l'indication d'anges protecteurs dans les livres de Moïse. Non, elle ne vient pas des ténèbres de la superstition, cette doctrine si consolante, qui nous montre dans l'ange gardien un tuteur dévoué, prêt en toute occasion à prendre nos intérêts et notre défense. L'homme natt : un ange veille auprès de son berceau pour en écarter les périls ; Dieu lui a confié cet enfant pour le garder dans toutes ses voies ; il le porte dans ses bras, de peur que son pied ne heurte contre la pierre ( Ps. 90) ; il veille sur son innocence. Oh ! prenez garde d'y porter atteinte : l'ange de cet enfant voit dans le ciel la (ace de Dieu (Matth., 18), et lui demande vengeance contre ceux qui voudraient lui enlever ce jeone agneau confié a sa garde. L'homme croit ; les passions grandissent arec lui, et vont bientôt le tyranniser : heureux celui qui , docile aux leçons qu'il reçoit de son guide , a su fermer son cœur anx attraits du plaisir, aux illusions des sens I Qu'il s'épargne de regrets pour l'avenir ! « Écoute donc, mon fils, avec on religieux respect, la voix de cet ange tutélaire, et garde-toi de le mépriser : c'est au nom de Dieu qu'il te parte ; il ne t'épargnerait pas si tu venais à pécher (Exod.,1i). » Le pauvre travaille et souffre, l'affligé pleure et gémit, l'homme vertueux prie et fait le bien : prières, larmes , sueurs , tout est recueilli par l'ange qui en est le témoin, pour être offert au Seigneur ( 7b*.,l2). Le Juste va mourir : l'ange se tient auprès de son Ut de douleur, pour adoucir ses derniers moments; il attend son âme au passage, pour la saisir, et la porte comme Lazare dans le sein d'Abraham (Lue, 1S). L'abbé C. Bakdetille.
GARDIEN JUDICIAIRE, celui qui est préposé, au nom de la justice, à la garde d'objets saisis, séquestrés, mis sous les scellés ou confiés de toute autre manière, pour être représentés à qui de droit. Les femmes peuvent être gardiennes, excepté en matière criminelle et correctionnelle. Le gardien répond de la chose qui a été détruite, perdue, endommagée , à moins qu'il ne prouve le cas fortuit. La contrainte par corps peut avoir lieu contre lui . Il reçoit pour la garde des frais fixés par la loi. I<a peine infligée au gardien coupable de négligence varie suivant la nature des choses mises sous scellé; mais s'il commet le crime prémédité de b r i s de scellés, il est puni de deux à cinq ans d'emprisonnement , et quelquefois de peines beaucoup plus fortes. GARDIEXS DE PARIS. Voyez Sehcrkts de ville. GARDIXER (ÉTttsx&), évêque de Winchester et chancelier d'Angleterre, né en 1483, à Saint- Edmundsbury, daas le comté de Suffolk, était tils naturel de l'évêque deSalisbury, 'Lionel Wood ville, et fut élevé a Cambridge, oh il se livre avec succès à l'étude des sciences théologiques et politiques. Doué d'une grande aptitude au travail et d'une rare souplesse d'esprit, il obtint toute la faveur du cardinal W o I sey , dont il était devenu le secrétaire, et qui le recommanda nu roi. Quand Henri VIII poursuivit son divorce d'avec Catherine d'Aragon , Gardiner fut envoyé par lui à Rome, an 1528, comme négociateur, et l'année suivante il était nommé membre du conseil d'État, quoiqu'il eût échoué dans cette mission. En récompense de la complaisance extrême dont il fit preuve dans le procès de divorce et lors de l'établissement de la suprématie de la couronne en matières ecclésiastiques, Henri VIII le nomma, en 1544, évêque de ' r. Un écrit dirigé contre le pape et intitulé De vera