GARIBALDI
te distinguer d'une manière toute particulière au sud du Tyrol. Lorsque la république fut proclamée à Rome en W49, Garibaldi fut admis à défendre lé nouvel État avec le grade de général de division ; et c'est à lui que fut due la brillante victoire remportée sous les murs de Rome, le 30 avril 1849, par les patriotes sur les troupes françaises. Avec son corps fort de 2,300 hommes, dont la légion Italienne qu'il avait formée constituait la partie la plus importante, il força les Français à battre en retraite après avoir essuyé une perte considérable. Ensuite, le 9 mai, près de Palestrina, à la tète de 3,000 hommes, il mit en complète déroute un corps de 5,000 Napolitains. A la belle affaire qui eut lieu le 19 du même mots à Velletri, c'est, il est vrai, Roselli qui commandait en cbcl ; mais ce fut Garibaldi qui engagea le combat et qui décida de la victoire.
Dans cette journée, comme dans beaucoup d'autres occasions, il s'exposa personnellement aux plus grands dangers, et (ut blessé. Lors de l'attaque tentée à l'improviste le 3 juin contre Rome par les troupes françaises , Garibaldi dut encore soutenir les engagements les plus vifs. S'il lui fut impossible de déloger l'ennemi de la position qu'il avait réussi a prendre , il l'empêcha du moins de pousser plus avant, et le contraignit à entreprendre un siège régulier. Fendant la durée de ce siège, Garibaldi fut chargé de défendre le front de la place ; et si Rome résista pendant trente jours, c'est uniquement à son énergie et à son courage que les patriotes romains durent ce beau résultat. Garibaldi proposa alois au triumvirat d'évacuer la ville avec la garnison et d'aller continuer la guerre dans d'autres parties de l'Italie ; mais son avis fut rejeté. Lui-même il quitta Rome, à la tétc de 2,500 hommes dlufanterle et de 400 cavaliers, et se faisant jour à travers les lignes françaises et autrichiennes, il effectua sa mémorable retraite de Rome à San-Marino, où il arriva le 31 juillet. La, force lui tut de laisser se débander ses troupes, exténuées et désormais hors d'état de résister à un ennemi de beaucoup supérieur en forces. Avec 200 hommes qui s'attachèrent volontairement à sa fortune, il réussit à gagner les côtes de la Méditerranée et à s'y embarquer pour Gènes, d'oU il se rendit aux États-Unis.
Après un assez long séjour a New- York, il passa en Californie, d'où en 1852 il partit pour la Chine comme capitaine d'un navire péruvien. Dans l'été de la même année, il était de retour au Pérou, où un l'investit du commandement en chef de l'armée pémvienue. En 1654 11 revint à Gènes, et écrivit une lettre aux patriotes italiens pour les engager à rester tranquilles pendant les événement» qui se préparaient. Les ennemi» de Gaiihaldi eux-mêmes ne contestent ni sa rare énergie ui ses talents militaires , non plus que le soin qu'il apporta toujours à faire observer aux hommes placés sous ses ordres la plus sévère discipline.
GARIGLIANO, le Uris des anciens, neuve qui prend sa source dans les Apennins, et qui, après avoir arrosé la province du royaume de Naples qu'on appelle Terre de Labour, vient ae jeter dans le golfe de Gaète. Ses eaux bourbeuses coulent avec une lenteur extrême; mais elles sont très-poissonneuses, et abondent particulièrement en anguilles. Ce fut au milieu de ses roseaux , non loin de la ville de Minturnes, que Mar i us chercha un refuge contre les poursuites de ses ennemis. Notre illustre chevalier sans peur et sans reproche, Bayard, défendit longtemps contre les forces, de beaucoup supérieures, des Génois et des Vénitiens le pont du Garigliano sur lequel passe la grande route de Rome à Naples, et ce fut ce trait d'héroïque bravoure qui seul rendit possible le salut de l'armée française.
GARIZIM. Cest le nom que l'Ancien Testament doone à l'un des sommets du mont Epliraim, en Palestine, et il dérive probablement des Guérissiles, tribu qui l'habitait. Au temps de Néhémie , sous le règne du roi de Perse Darius-Mothus, les Samaritains élevèrent sur le Carijiin leur sanctuaire national, construction qui mit le comble au schisme' religieux existant entre eux et les Juifs. Mana>sé, Wsdu grand-prêtre Jaddou. avant été excommunié el chassé
r GARNERIN
f à cause de son mariage avec la fille de Saneballat, oliant j perse de Samarie, fut le promoteur de cette entreprit* u î temple qu'il construisit sur le Carmin fut détruit l'an m I avant J.-C., par Jean Hyrcan ; mais la montagne n'en conserva pas moins toujours un caractère sacré aux yeuide* Samaritains, qui ne l'appelaient que le Mont du Bén( dictions.
GARLANDE ( Jkaj» ne ) , poète et grammairien du commencement du onzième siècle, né en Angleterre, selon Moréri et Du Cauge, mais qu'il est plus rationnel de considéra, avec Depping , comme Français , soit qu'il fût issu de h noble famille de ce nom , soit qu'il eût vu le jour au village de Garlande, dans la Brie. Ceux qui le font naître en AngW terre conviennent même qu'il avait fait ses études en France, tandis que ceux qui professent l'opinion contraire pensent qu'après la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Bilan), il passa dans ce royaume, comme beaucoup d'autres savants français, et qu'avec la protection de ce prince il y ouvrit une école , qui devint célèbre. Las enfin d'un long séjour mt k terre étrangère, il serait, à les en croire , reveau, ver* li fin du onxièroe siècle , habiter sa patrie , où il avait des propriétés, et y serait mort, selon les uns, en 1081, suivant d'autres , en 1099.
Un de ses ouvrages les plus curieux est un vOCabnlam; c«»dictionnairelatin(Li6e/fiu deverborum composition}. donnant des notions quelquefois incomplètes, mais souvent très-intéressantes , sur la rhétorique, la médecine, U navigation, l'architecture, l'industrie, le vêtement, laooer riture. Depping l'a publié à la suite de son Paris sons PAi lippe le Bel( Documents inédits sur Hiistoire de France, 1837). Ona encore de lui un poème De Triumphis Ealestr, dédié à Foulques , évéque de Londres : on y volt que le onzième siècle, quand il s'avisait d'être pédant, ae Triait pas moins que celui de la Renaissance , et que les poêles de la première époque , quand ils se piquaient de btlk latinité, faisaient entrer aisément Bacchus dans le sacrement de l'Eucharistie : c'est ce que démontre , avec une éruJita* fort spirituelle , M. Le Clerc dans la notice qu'il a coasan* à Jean de Garlande, dans les tomes XXI et XXII de TBIstun littéraire de la France, publiée par l'Académie des Iascrntons et Belles-Lettres , en 1&&3.
Ce poète grammairien a laissé de plus un recueil >lt distiques sur les devoirs de l'homme , intitulé Facttm, un livre sur les Miracles de la Vierge ; un poème latin sur le Mépris du monde et un choix de cenlons intitulé Ftorttus on Liber Floreti, réimprimé dix fois en moins de tingt ans : ces deux derniers ouvrages sont fréquemment attribués* saint Bernard ; Metricus de Verbis deponentialtbvs Librtlus; Disticha htxametra moralia ; Opus Sj/Honymoru*, De Orthographia; Compendium Alchgmix.
GARXERAY (AnaaoïsK-Lot»), peintre de marin», a été célèbre un moment, vers 1830. II s'était depuis longtemps fait connaître aux expositions du Louvre; en M' on avait vu de lui quatre tableaux , et il produisait asst une grande facilité. Sa fécondité et peut-être aussi quelque* louanges exagérées lui valurent une notoriété qui ne <hf» pas; sa gloire avorta en naissant, et pour la général'» nouvelle M. Garneray n'est que l'auteur de nombre»» lithographies et de marines plus nombreuses encore et ni* moins insignifiantes. Il peignit en fs.1l la BolatUt A Navarin, et en 1836 le Combat naval oTAugusta, <* toiles sont aujourd'hui dans les galeries de Versailles. aW quelques autres qu'on a peu remarquées. A coté de* la bey et des Gudin même les moins forts , les tabitaui A M. Garneray ne font qu'un effet médiocre. M. Garner a> fa nommé en 1832 conservateur du musée de Rouen C'a lui qui , en 1837 , a publié le catalogue de cette intére- J* collection. Depuis cette époque it n'a pas cessé de travailler mais nous sommes forcé de dire qu'il a peint un peu, es* me saint Jean parlait , c'est-à-dire dans le désert.
GARA'ERIEV ( AKnité-J*cores ), célèbre aéronauto qu'on peut regarder comme l'inventeur du para est o te
GARNKR1N
né a Paru, le 31 janvier 1709, fit ses premières ascensions aérustauqoes dans de» montgolfière* , au jardin Huggieri, Jus le courant de Pansée 1790. Dèa 17M , il proposait u comité de salut public l'application des aérostats au sërtk* de l'année, et il appuyait son projet d'nne ascension ballon à gaz hydrogène, retenu captil , et qu'on i l'intérieur dn jardin du Luxembourg.
public une coouuisaion hasardeuse , celle d'aller iuspecter le rurps d'armée du général Ransonnet , et de rendre compte an comité de l'esprit de l'année et de celui des habitants de no* frontière» do nord , alors envahies par l'ennemi. 11 se reniil an rarnp de Marchiennea, fit une proclamation, passa te» troupe.* en revue : on se battait le lendemain , et dans re <uuibat, de peu d'importance, Garnerin fut fait prisonnier |.»r les Anglais, qui lelivrèrent aux Autrichiens. Ces derniers r«T»ïèrenta Bude, en Hongrie, dans une forteresse où il ■.ubit, coinme prisonnier d'Ltat, une captivité rigoureuse- de •in-buit mois.
De retour en France à la suite d'un échange de prisonnier*, il se livra tout entier à son génie pour t'aéruftatim. U ne vit toutefois dans cet art qu'une source ite spectork poinpeu* , un moyen de rrapper vivement 1 imagination de la multitude. Mêlant ses périlleuses aseiuusua aux tètes brillantes du parc de Monceaux et dldane, U entreprit plus de soixante ascensions, dont ji*4nies-ane* durèrent tout un jour et toute use nuit ; a plusieurs reprises, il alla descendre de Paris à Aix- U-Chapelie , de Paris an Mont-Tonnerre, franchissant ainsi j-u la route des airs une distance de plus de cent lieues.
illumine. Lue expérience vraiment remarquable lut celle i> U première descente exécutée au parc de Monceaux, le n octobre 1797. Dans un écrit intitulé: Voyage et capttfHé dm citoyen Garnerin, ex~com*nusaire de la république, prisonnier d' Élat en Autriche, e\c., écritqu il desboait a se ju>ti!ier de quelques imputations calomnieuses, ivunrnn raconte que I kiee de la descente en parachute U vint dans les tacbots de Bude. L'amour de la liberté, », toi inspirait souvent les idées les à surprendre des sentinelles, * briser des portes bardées de fer, à percer des murs de d»\ pieds d'épaisseur, à se précipiter du haut d'un rempart on d'une tour , telles étaient ses occupations de t le* suants. Ce fut en y réfléchissant que lui vint 1j pmsee doue descente on parachute. L'idée précédemment émise par divers physiciens, et que itlancliard arart pratiquée déjà, de présenter de grandes surfaces à lair pour neutraliser, par sa résistance, l'accélération la cbnte des corps , lui servit de point et de base. Après avoir déterminé les dbnensajos d'un parachute , pour se précipiter d'un rempart on d'une montagne escarpée, il s'éleva, par une pro- *rea»ioo naturelle, jusqu'aux proportions que devrait avoir le parachute destiné a un voyageur aérien , dont le ballon ferait explosion à l.ooo ou !,M0 toises. L'expérience eut un plein succès Garnerin coupa courageusement 1» qui le tenait suspendu au ballon, et il descendit à Le parachute, dans cette preexpèrienec , oscillait considérablement. On reconnut que cela tenait à ce que l'air , refoule dans la descente , était obligé, en s'écbappant , de soulever les bords du ); on n'eut donc, pour compléter l'instrument, à son sommet, altn de laisser passage à la colonne d'air , et de lui donner une surface plus con- □déiabie que celle qui avait d'abord été jugée nécessaire. Ui grand nombre de descentes en parachute ont été exc-
ct toujours
Jtous
arrivons au moment
Garnerin
trouva en
nelles les têtes que la ville de Paris offrit en cette occasion. Garnerin avait été mandé à Paris ; il prépara un ballon gigantesque, auquel était suspendue une couronne éclairée par 3,000 verres de couleur ; et quelques instants avant la fin du feu d'artifice, ce ballon, cette couronne, s'élevèrent majestueusement de la place du Parvis Notre- Dame, montèrent dans les deux aux acclamations de la multitude , et au bruit répète eu échos par les deux rives, de 60,000 lusées sillonnant l'air en tous sens. Le ballon cheminait dans les airs, et le lendemain les habitants de Rome voyaient poindre à l'horizon un globe radieux qui, toujours baissant, s avançait a leur rencontre. Il plana bientôt au-dessus de la coupole Saint-Pierre et du Vatican, veufs du descendant de saint Pierre ; puis, s'af laissant tout à coup, il marqua |>ar des débris son passage dans la campagne de Rome, et vint s'abîmer dans les eaux du lac Braciaoo. Alors on put savoir ce qu'annonçait ce messager céleste. On le tira de l'eau; et l'inscription suivante fut imprimée, publiée , lue partoute.litalie ; Pari», a& frimaire an xm, Couronnement de l empereur ISapoléon par S. s. Pie Vil.
Une circonstance, fort indifférente en ene-méme d'ailleurs , vint donner aux yeux de Najtoléon une haute importance et même une tournure politique (le croirait-on?) au voyage de ce ballon perdu. Le ballon, en rasant la terre , avait rencontré dans les environs de Hume le toml)eau de Néron; il s'y était accroché, et pendant quelques minutes ou put croire qu'il avait terminé sa coutae; mais bientôt, poussé par le vent, il avait continué si»
miment une partie de la couronne. Les journaux italiens , qui n'étaient pas soumis a une censure aussi rigoureuse que les feuilles françaises, racontèrent innocemment la chose. Certains y ajoutèrent pourtant des
cwlact avec Napoléon. Ce fui lors du couronnement,
aux oreilles du maître ; on alla jusqu'à en parler un jour devant lui, à l'un de ses levers; Napoléon témoigna hautement son mécontentement, et demanda avec humeur qu'il ne fil plus question du ballon de Garnerin.
Cette expériencedu ballon du couronnement, bien conçue, parfaitement exécutée d'ailleurs, comme presque toutes celles qu'entreprit Garnerin , avait été malheureuse pour son au tenr sous plus d'un rapport. Déjà , au départ du ballon de la place du Parvis, le 1 6 décembre 1 804 à onze heures du soir, au moment oh la couronne dépassa en s'élevant la hauteur des tours Notre-Dame, le vent avait éteint une partie des verres de couleur qui l'éclairaienL On comptait sur un spectacle magnifique, et le ballon ne produisit aucun efieL Puis cette chute sur un tombeau détruisit tout l'effet du miraculeux voyage de Paris à Rome accompli en si peu d'heures. Napoléon, en d'autres temps , avait applaudi au courage de Coutelle, chef des aérostiers militaires ; il avait apprécié et récompensé tes efforts de Monge et de Mcusnier pour arriver an perfectionnement des aérostats considérés comme machines de guerre ; Napoléon , qui avait tait élever des ballons en Égypte par Conté, ne déilaignant pas ce moyen de montrer aux Arabes la supériorité des arts de l'Europe sur les
se laissa influencer par le rapprochement de cette couronne enlevée dans les airs, et qui va se briser sur l'angle du tombeau de Néron , le jour où hù-meme, empereur des Français , en plaçait une sur son front.... De ce jour date son indifférence pour l'art aérostatique. L'école de Meudon , ainsi que les essais et les dépenses faites à ce sujet furent abandonnés. Garnerin cessa d'être employé par le gouvernement; M" Blanchard le remplaça dans la confiance dont il avait joui jusque alors, et fut chargée de toutes les ascensions qui eurent lieu depuis dans les fêtes publiques.
Garnerin mourut à Paris , le 18 août 1823 , des suites d une attaque d apoplexie foudroyante dont il fut saisi dans le jardin <>e* Montagnes Françaises,' au moment même ou il se
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rait à faire, avec Blanche Garnerin, sa fille adoptive et son élève , une nouvelle expérience aérostatique.
Durais- Dslcoubt.
GARNI. Voyti Chambrb et Hôtex garni.
GARMER (Robert), auteur dramatique, né en 1634, à La F ertè- Bernard, dans le Maine, remporta le prix de 1*6giantine aux Jeux floraux, à Toulouse, où il étudiait le droM. De retour dans sa ville natale, il y obtint la charge de lieutenant général du bailliage du Mans. La gravité de ses fonctions ne lui fit point abandonner la littérature théâtrale. Il arr.it pris pour modèle Sénèque, dont il eut les défauts et les qualités. Moins fécond que Hardi et Jodelle, il les surpassa tous deux. « La tradition , dit Fauteur de YHistoire du Théâtre fronçai* , assure qu'il était savant et bon orateur. Il harangua les rois Charles IX et Henri III, qui lui proposèrent d'entrer à leur service. Il refusa, sous prétexte dt la faiblesse de sa santé. » Hardi et Jodelle n'avaient imité les poètes tragiques de Ut Grèce et de Rome qu'avec une grossière maladresse. Leur poésie sans rbythme, sans énergie, était diffuse et ampoulée. Et cependant, la Cléopdire de Hardi était applaudie comme une merveille. Garnier s'attacha surtout à suivre scrupuleusement la règle des trois unités, et à peindre ses héros tels que les présente la tradition historique- Son style est plus correct, plus cadencé ; on lui doit la coupe régulière des rimes masculines et féminines. Sa Bradamantc est son œuvre la plus remarquable ; c'est la première pièce qui ait été intitulée tragi-comédie. 11 donna successivement Porcie, en 1668; Bippolyte, en 1673; Cornélie, en 1674; Marc-Antoine, en 167»; La Troade, dans la même année; Antigone, ou la piété, en 1579; Bradamante, en' 1580; Sédécias, ou les Juives, la même année. Ces neuf tragédies ont été imprimées en 1580, h Paris.
Ses travaux littéraires ne l'empêchèrent point de remplir avec la plus scrupuleuse exactitude ses devoirs de magistrat, «t contribuèrent à son avancement. Il fut élevé par Henri IV au rang de conseiller au grand conseil, et faillit devenir luimême la victime d'une épouvantable tragédie : • La trahison de ses domestiques, dit Scévole de Sainte-Marthe, fut telle , et leur méchanceté parvint à un si haut point, qu'ils conclurent malheureusement entre eux d'émoi ponner Garnier, sa femme et tous leurs enfants, pour piller leur maison, et s'enrichir ainsi lâchement de leurs dépouilles; et ce qui facilitait d'autant plus ce damnaWe dessein était la peste générale qui courait alors, parce que c'était à sa fureur qu'ils voulaient imputer les effets de leur funeste poison. Mais la justice du ciel en voulut ordonner autrement; car à peine la femme de nostre Garnier eut-elle innocemment pris un breuvage mortel qu'ils lui présentèrent en lui donnant à Ixiire, que les signes du poison parurent d'abord en elle par des pâmoisons et des syncopes qui la saisirent incontinent. » Les coupables furent livrés à la justice et punis de mort. Garnier mourut longtemps après ce tragique événement, en l !>»0 . Dupev ( de I'Yodo* ). < GARAI ER (Jeam-Jaoqvss , abbé), né à Goroo, bourg du Maine, le 28 mars 1729, «Tune famille pauvre, vint de bonne heure à Paris, où il rat d'abord employé au collège d'Harcourt. Dans cette position, qu'il n'avait pas espérée, il travailla avec ardeur, et parvint en quelques années à acquérir une connaissance approfondie de la langue hébraïque ; le ministre Saint-Florentin, 'qui le protégeait, lui fit obtenu la chaire d'hébreu au Collège de France. Quelque temps après , il joignit à cette charge les fonctions d'inspecteur du Collège de France; fonctions qu'il exerça jusqu'en 1790. A cette époque, il refusa de prêter serment à la constitution civile du clergé, et quitta l'établissement, dont il avait relevé l'antique splendeur. Lalande, qui était son ami, le protégea dans la tourmente révolutionnaire, et loi fit obtenir une pension de 1,200 livres dans un moment de profonde détresse. Plus tard, il fut appelé à l'Institut, et sa position s'améliora. Garnier était un savant tiès-versé dans les langues anciennes, et aimant par-dessus tout les philosophe* de la Grèce. Dans ses ouvrages d'érudition, il fit