GARNIES-PAGES
I preuve d'une grande science et de beaucoup de sagacité, mais comme historien, on pourrait lui reprocher le manque de plusieurs qualités essentielles. Cependant, a h mort de Villaret, continuateur de Vetly, il fut choisi (*mr achever Y Histoire de France, qu'avaient déjà eoa&idt o biement avancée ces deux auteurs. 11 fit la moitié du règne de Louis XI, ceux de Charles VIII, Louis XII, Franco^ r, Henri II, François II, et s'arrêta S la moitié de celai de Charles IX. Garnier avait publié en outre un oovrage atant pour titre L'Homme de lettres ; un 7roifé de Hdwiitm civile: L'Origine du Gouvernement français, I7<&,ia-i»; des Éclaircissements sur le Collège de France, in-ii, 1789. II mourut le 21 février 1805.
G ARMER DE SAINTES (Jean), avocat an prestdial de Saintes avant la révolution, fut nommé député à h Convention nationale. En 1792, il vota la mort Louis XVI sans appel et sans sursis. Lors de la trahison de Dubmmriez, il proposa à la Convention de réunir tous ses pouvoir* dans un comité de douze membres, attendu, disatt-tl, que jusque alors il n'avait vu que des ministres traîtres. Il fit successivement envoyé en mission dans les département» de la Manche, de la Sartbe, de la Vendée et de la Gironde, et se fit remarquer partout par son énergie. Il se pnnoBfi contre Danton, qu'il signalait comme l'un des prioàpuu chefs d'une conspiration contre-révolutionnaire ayant de nombreux complices dans les départements dePooest. H avait proposé A la Convention de déclarer, par une loi mlennelle, Pitt ennemi du genre humain , et dé le désigner ta fer vengeur de tous les amis de la liberté et de l'hunnaité. Après le 9 thermidor il s'était d'abord associé spontanément à tons les actes des réactionnaires; mais il recoins! bientôt son erreur : il était trop tard. Ses elTorK pour éclairer la Convention sur les persécutions exercées coolre les républicains fidèles à leur serment, à leurs principes, furent inutiles. La réaction marchait hardiment a ton but. La centre-révolution prenait chaque jour d'effrayants développements , et ne doutait plu* du succès de ses manœuvre».
Garnier, rappelé à la députaUon après la promnlgalioo de la Constitution de l'an 111 , et élu membre du conseil de» I Cinq Cents, accepta plus tard de Napoléon la place de pre- ' si dent du tribunal criminel de Saintes avec la croix d'Honneur, et lit partie de la chambre des représentants en tsii. Compris dès lors dans l'ordonnance de |>roscriptioa do 28 juillet 1815, il resta quelque temps dans les Pay*-B»s, d'où il se rendit aux Etats-Unis avec son fils. Us y périrent tous deux misérablement dans l'Ohio, presque aussitôt spn-* leur arrivée. Duruv (dcl'rowif).
G ARMER-PAGES (Éttexne-Joswb - Locts), longtemps l'un des chef* du parti démocratique en France, et 400 représentant le plus énergique dans la chambre élective, sous Louis-Philippe, né en 1802, au midi de la France, taisait partie du barreau de Paris au moment où éclata b révolution de Juillet Inoccupé, comme le sont la plupart de* jeunes avocats, il s'était fait affilier, dans le courant de à la fameuse société Aide-toi, le ciel t'aidera! pour avoir ainsi des rapports avec les hommes influents do paru libéral, et dans l'espoir de se lancer, avec leur appui et leur recommandation, dans la politique. Quand la coterie jésuite eut fait son va-tout des ordonnances du 25 juillet, et perdu la couronne qui lui servait d'enjeu, les doctrinaires firent bien vite élire roi Louis- Philippe par les députés présents à Paris, puisse partagèrent les portefeuilles et toutes les places les plus importantes ; alors, trouvant qu'il y avait assez de révolution comme cela, ils déclarèrent que la société Aide-toi, le ciel Caidera, ayant atteint *» bot, cessait d'exister. Garnier-Pagès, qui s'était fait renw quer dans les journées de Juillet par son exaltation, et qu avait obtenu, avec cinq ou six mille antres, la fameuse dé coration de Juillet, comprit qu'il y avait 14 un rOle Unportant à saisir pour un homme encore obscur et inconnu mais à qui ne manquaient ni l'énergie ni la volonté. Ilréor
GARMER -PAGES — GARNISON
Ca appartement Inné par lui, an deuxième étage d'une mii-'O de la rue Montmartre, située près du passage du reçut les bureau i de la société ressuscité*, qui taroia aussitôt force circulaires dans les départements.
considérables de propagande faites alors furent couTertes par les nombreuses adhésions qu'on oMmt, d'abord parmi les hommes sincèrement patriotes, qui croyaient que la révolution ne devait pas avoir été faite uniquement dans l'intérêt de la famille d'Orléans et art fallait aussi que la liberté y gagnât quelque chose ; en second lieu, parmi les ambitieux de bas étage, toujours si oMobreux en France a la suite des changements de gouremratenl , qu'ils veulent exploiter à leur profit. Grâce à I mpulsion que lui donna Garnier-Pages, la société Aide-toi pot tout de suite un caractère franchement républicain ; aussi, lorsqu'en 1831 son fondateur réussit à se faire élire <k;<uté, Casimir Périer employa-t-il , mais inutilement, tonus les ressources dont il dispoaJt comme chef du cabinet pour faire casser une élection qui équivalait à une déclaration de guerre ouverte faite à la monarchie par une fraction 4e l'opinion publique.
Garnier-Pagès apporta à la chambre une éloquence calme, une dialectique pleine de force et de finesse ; et, obligé de lutter presque seul pour la défense des idées avancées dont e était le représentant le plus franc, il déploya dans la lutte qui t'engagea tout aussitôt entre lui et une majorité conv purtr et passionnée une énergie peu commune jointe à une • habileté pour provoquer ou éviter, suivant l'occa- , les escarmouches parlementaires , qui font quelquefois pour le triomphe d'une opinion plus que de grandes batailles. Malgré ses principes essentiellement cnlipathiques à i la majorité, il finit par conquérir l'estime personnelle de *es adversaires eux-mêmes, qui ne pouvaient s'cm|>éclier de rendre hommage à sa tenue pleine de dignité et toujours conforme aux plus scrupuleuses convenance». Le Compterendu qu'il signa au commencement de 1 832 , avec quarante autres députés de l'extrême gauche, fut le premier acle de a carrière parlementaire qui.le mit en relief. L'insurrection de i juin 1832 ayant été comprimée, le pouvoir résolut de le comprendre dans les poursuites qu'il dirigea à cette occasion contre les principaux chefs du parti républicain. Réduit a se cacher tant que dura l'état de siège à Paris, GaruWr-Pae*s comparut devant la justice régulière aussitôt que la cour d< cassation eut contraint le pouvoir à rentrer dam la kjutité; et un verdict du jury le renvoya de l'accus^tioo dont il était l'objet.
Quand édata l'insurrection de Lyon, sa position dans la dkambre fat des pins délicates; mais sans désavouer ses amis politiques, sans faire aucun sacrifice à ses opinions, il soutint avec autant de courage que d'habileté le choc des ministériels qui se ruaient constamment sur lui , pourfendre le parti républicain dans la personne de son représentant. On n'oubliera pas de longtemps une séance où, à l'occasion des incessantes accusations élevées contre les sociétés secrètes , il fit remarquer, avec autant d'esprit que d'à -propos, que M. Guizot lui-même ••vait fait partie d'une de ces sociétés, objet de tant d'attaques, de la société Aide-toi, te ciel t'aidera! et que le garde des sceaux , Barthe, chargé de présenter aux chambres les mesures législatives proposées pour les réprimer, fait partie , sous la Restauration , d'une vente de car- En toute occasion aussi, Gantier- Pages fut dans le sein de la chambre Pavocat non-seulement de la réforme éiettorale. mais encore du suffrage universel. Attaqué depuis longtemps d'une maladie de poitrine, il mourut à Paris, le 73 juin 1 84 1 , et ses obsèques fournirent tout naturelau parti républicain l'occasion de passer une revue de ses forces dtsitoniblcs dans la capitale. Son frère, ancien courtier de commerce à Paris, et qui tx journées de Juillet s'était signalé par son ardeur à à l'insurrection la population ouvrière du quartier ivoye, qu'il habitait alors, recueillit sa wicccssion po-
litique, et ne tarda point à faire la chambre élective. Membre du gouvernement provisoire, il dirigea le ministère des finances pendant les jours les plus orageux de 18*8. Républicain convaincu et honnête, il a emporté dans la retraite à laquelle l'ont condamné les événements l'estime de ceux-là même qui ne pouvaient sympathiser politiquement avec lui.
G A H M SA I R E. On appelait ainsi autrefois k gardien d'une saisie. Le mot garnisaire n'est plus applique qu'en matière de contributions. C'est la personne établie chez le contribuable en relard. Les lois fixent son salaire, qui doit être payé par le contribuable ; ce qui contraint celui-ci à s'acquitter de ses impositions dans la crainte de frais considérables. Sous la République et l'Empire, des soldats garnisaire» étaient établis au domicile des parents des conscrits qui n'avaient pas répondu à l'appel de la loi, ou des déserteurs, qui avaient abandonné leur drapeau. Ces soldats devaient être logés et nourris par les parents des ré/ractaires , qui en outre étaient obligés de leur payer par jour une somme déterminée. Des garnisaire* ont été imposés dans d'autres circonstances et pour d'autres causes, surtout à l'époque du séquestre des biens d'émigrés, et de la loi des suspects. Dorer (de l'Yonne ) .
GAILMSOX. Voilà un de ces mots dont la définition fait le désespoir des esprits méthodiques ; s'agit-il d'expliquer le contenant ou le contenu , de dépeindre i troupe qui réside ou bien le lieu de la résidence de cette troupe? L'élasticité du terme rappelle l'expression hâte : habitant qui reçoit et passant qui est reçu. Le mot garnison dérive du teuton; il se trouve dans le bas latin garni' sio; il a eu d'abord pour synonyme warnesture, ou attirail qui garnit. Un poste était warni , quand il était fortifié, quand il avait ses munitions', ses défenseurs: telle était l'acception à la naissance de la langue française. Une armée aussi avait sa garnison ou ses garnitures; Guillaume de Nangis dit : « Chassés du champ de bataille , ils perdirent non -seulement leur garnison (garnisionem , c'est-à-dire leurs vivres) , mais toutes leurs machines de guerre. » Au quinzième siècle, le terme garnison a commencé à avoir quelque chose de son acception actuelle, et à être synonyme de establie, ou lieu d'établissement. Le connétable était roi des establies ou établies. M. de Barante a traduit cette lecution par la qualification: mattre des garnisons ; ainsi s'intitulait Budée en 1413. Les garni* sons considérées comme un personnel ne se sont formées d'abord que par la volonté des seigneurs fieffés. Le fief dominant avait droit de toarnir le caslel du seigneur dépendant ou relevant ; ce droit s'appelait rendabletté. Il y avait peu ou point de villes fermées; il n'y avait de garnisons que dans les châteaux. Quand les villes et les communes s'émancipèrent, quand elles purent traiter d'égal à égal avec les castels , avec les personnages puissants, qui jusque là s'étaient uniquement réservé le droit de s'incasteller, les troupe» de Rampons passèrent sous les ordres dos chefs des conjurés, c'est-à-dire des mayeurs, des fonctionnaires municipaux. La commune était-elle puissante, elle se donnait garnison, mais se refusait à recevoir garnison, si ce n'est en temps de guerre, ou quand elle ne pouvait l'éviter. Toutefois, en temps de paix elle se gardait elle-même, soit par une corvée civique, soit en entretenant des stipendiaires. Le maire ou le chef de la communauté avait seul le droit de monstre, c'est-à-dire que le roi lui-même n'eût pu passer revue que du consentement des citoyens.
Des vestiges de ces droits reparurent quand Metz , consentant à devenir ville française, y mit pour condition qu'elle se garderait elle-même. Charles VII accoutuma peu à peu les villes à admettre de petites garnisons royales, même en temps de paix ; mais les communes , en consentant à entretenir de leurs deniers ces troupes , au moyen de l'impôt nommé taille de gendarmes , stipulèrent que ces garnisons n'outrc-passeraient pas une trentaine de soldes compagnies d'ordonnances. Qucqucs ville* ne
GARNISON - 6AR0FALO
souffrirent pas que leur monstre , c'est-à-dire le droit de passer revue de ces détachements de Tannée royale, fût confiée à d'autres qu'au maire lui seul. Par là les bourgeois avaient en vue de se soustraire aux exigences, aux extorsions que les hommes de guerre ne sont et n'étaient, surtout alors, que trop disposas à se permettre. Louis XI fit, dans son intérêt et dans celni de la royauté, mieux que son père ; il réussit à imposer de grosses garnisons aux villes puissantes. Louis XII parvint à enraciner ces coutumes, et ses successeurs commencèrent à déléguer des commissaires pour passer monstre da garnisons. C'était la reconnaissance et l'accomplissement des principes de la centralisation : le pays échangeait de la liberté, mais aussi de l'anarchie, contre une forme plus puissante et meilleure de gouvernement.
« Quand on ne craint pas de guerres , dit Machiavel ( Tableau de la France ), les garnisons ( c'est-à-dire le personnel armé et royal ) sont d'ordinaire au nombre de quatre, savoir : en Guienne , en Picardie , en Rourgogne , en Provence; elles sont augmentées ou échangées d'un lieu à l'autre, suivant les circonstances. Cependant, les habitants, toujours jaloux d'une ombre d'indépendance, faisaient généralement, dit le même écrivain, fondre À leur compte des canons, pour imposer aux militaires qui se seraient montrés enclins à abuser de leurs armes. <> Cette peinture des usages français que trace Machiavel témoigne que le nom garnison donnait plutôt alors ridée d'une division territoriale , d'une grande circonscription politique, qu'elle ne représentait une tronpe chargée spécialement de la garde d'une ville. Depuis les guerres de religion et sons Henri IV , au contraire, ce qu'on appelait les garnisons étaient les corps de troupes non constitués en régiment, et occupant, sous forme de compagnies , d'enseignes ou de bandes royales, les villes on les contrées oh il ne se trouvait pas de régiments. Les régiments étaient les garnisons portant le nom du pays gardé : ainsi, le régiment de Picardie était primitivement l'armée permanente de Picardie. Les garnisons proprement dites étaient des troupes temporaires, différant par là des régiments ; elles portaient le nom do leur chef, et n'étaient pas attachées de préférence à un lien plutôt qu'à un autre. Un genre différent de garnisons était les mortes-payes, dernière trace de l'anarchie militaire , dont la puissance de Louis XIV a fait raison. (Tétaient des ramas de vieux soldats que les gouverneurs de villes et de prorinces achetaient et sortaient aux frais de leiiT gouvernement, et qui étaient comme les gardes du corps, les esta fiers de leurs chefs, dont ils épousaient et défendaient les Intérêts, fût-ce même en se mettant ouvertement en lutte contre le trône.
Garnison se dit encore d'un ou de plusieurs hommes qu'on établit en quelque maison pour contraindre un débiteur à payer cl pour y demeurer à ses frais jusqu'à ce qu'il paye , ou pour veiller à la conservation des meubles saisis chez lui (voyez GtftwisAinr.). G"' B*nntv
Dans son acception principale, garnison signifie aujourd'hui à la fois et les troupes de toutes armes casernées, cantonnées on logées dans une ville, ou dans une place de guerre, et la ville ou fa place occupée par ces troupes. Chez nous, les troupes en garnison dans l'intérieur sont sons les ordres des généraux de division et de brigade , commandant les divisions et subdivisions militaires territoriales. La vie de garnison convient peu an caractère français; la répétition monotoce des mêmes exercices, des mêmes devoirs, fatigue et ennnic le soldat, rétrécit et amortit Pesprit, l'imagination et les facultés de l'officier. Celui-ci, trop abandonné à lui-même, ne sait que faire de son temps : il fume, il bâille, il boit du café, de leau-de-vie , de la bière, il joue aux dominos et an piquet dans les estaminets et les cafés. On a cherché en haut lien à utiliser ces loisirs inutiles , on n'a pu y réussir jusque ici. Lorsqu'une nation est en progrès, son armée cependant ne saurait être stationnait* et oisive dans ses garnisons. Du temps du système représentatif, la promesse d'une garnison enlevait souvent bien des suffrages
GARNITURE. Voilà un mot dont les acceptions mol. tiples indiquent, suivant les circonstances, des choses fort éloignées les unes des autres : l'architecte l'applique a tont ce qui lui sert à garnir un toit ; pour lui les ardoi«es, 1« tuiles, le plomb, les lattes, sont des garnitures ; l'artificier le réserve pour les substances dont il remplit ses divene* pièces ; dans la marine, c'est la réunion des manœuvres otite pour mettre une mâture en état de porter la voile; lefocrbis&eur appelle garniture la garde, le pommeau, la branche et la poignée d'une épée; dans les imprimeries, les paroi. tures sont de petites règles carrées pluâ ou moins épaisses, ou autrement dit des parallélépipèdes, de longuet» et de largeur indéfinies en bois ou en alliage d'imprimerie. Cet règles sont pleines, ou le plus souvent aujourd'hui creuse*, afin de les rendre plus économiques, et de là est venu km nom de garnitures à jour. Par ce mot dej garniture, le tapissier exprime les meubles d'une chambre, et plus socialement l'intérieur et l'entourage d'un lit, tels que mattte, lit de plume, sommier ou paillasse, traversin, oreillm, ouvertures et rideaux. Le bijoutier nomme garn i ture la cage, par exemple, d'une ta batière, et plus particulièrement toute fera» ture garnie de sa charnière. Ix?s lapidaires et les joailliers font à ce mot beaucoup plus d'honneur. Chez eux, il n'etptnsr plus une chose secondaire, il forme l'ensemble de ce qo 'm femme désire chaque jour, et envie le plus au monde, qu* que jolie qu'elle soit, en un mot, d'un écrin complet compas plus ou moins richement. Chez la marchande de modes « la couturière, ce mot ne tient pas un rang si brilUat. Cependant il est pour elles la pierre de touche du bongoot en effet, telle marchande fort habile à la coupe n'obtiendra pas la vogue si elle ne sait point faire avec goût une garniture, c'est-à-dire jeter avec grâce un rorud, une plume, not fleur sur un chapeau ou sur une robe, et découper ou chilfonner, au gré du jour, les étoffes qui les ornent. Les garniture» sont donc dans ces deux états tout à fait secoeflajK . et pourtant elles sont tellement essentielles qu'il serait difScile de calculer le nombre de migraines et de maui de nerfs que peut produire dans une année, surtout à Paris, IloOnest* des garnitures de modes. Mais c'est en termes de c*w« que ce mot, prononcé par un gourmet, prend une grave mportance ; ainsi, enlevez à un ragoût de godiveau sa facture, autrement dit ses champignons, ses trnflei, se* iosd» d'artichauts, ses ailerons, crêtes et rognons de coq, lei** ne sera plus présentable. Malheureusement, ces ref^rtfde l'art culinaire ne se vendent guère publiqutnenl qui Paris ou dans les grandes villes ; et tel cuisinier célèbre, enV en province, se verra forcé, pour sauver sa répulatioBi *" finir comme Valel, faute de pouvoir trouver à temp* 1» garnitures dont il aura besoin. J.OooLurr-Drsii»
GAROFALOou GAROFOLO (Benvenitio, dit Ul.
dont le véritable nom était Bcnvenuto Tisio da Garofalo,ttlèbre peintre d'histoire de l'école italienne, né en Uàl,»f,J rofolo, près de Ferrare, étudia les principes de l'art dans » ville natale, sous la direction de Dotnenico Panetti, et, ' partir de 149», à Crémone, dans l'atelier de Boccaccit» B«cacci. Plus tard, il se rendit à Rome, et s'y perfcclioaMI* l'étude des cenvres des meilleurs maîtres. Après avoir $tjourné ensuite pendant quelque temps à Manjoue, il N™1 de nouveau à Rome, où il s'attacha tout à fait à Ra^phae'. qui se lit souvent aider p
sition <k *'*
. , . lui dans la compos.^
grandes toiles. Chargé avec d'autres artistes par Alpbo^ l de Ferrare de l'exécution de nombreux travaux daas V château de ce prince, ce ne fut que dans les deraiero innées de sa vie qu'il se retira dans la ville qui l'avait 1 naître, et où il mourut, le 6 septembre 1&&9, quelque» année* après avoir perdu la vue. Ses toiles témoignent »ie r» Ooence de toute» les écoles qu'il avait suivies, notamment « l'école Lombarde et surtout de celle de Raphaël, sur wn talent. On ne saurait toutefois y méconnaître la manière particulière à l'école de Ferrare, c'est-à-dire son style larg* f son coloris vif et lumineux. Garofalo a emprunté i IU| |iac une certaine clarté, une expression de douceur et « W
GAROFALO
A> béantéqni, joint* à ses qualité particulières, donnent ta grand prix à ses reuvres. C'est à Rome que ae trouvent la plus grande partie des toiles laissiez par ce peintre ; cepredant les galeries de Berlin, de Dresde et de Vienne en ont au**i quelques-unes. Notre Musée du Louvre possède de M plusieurs Saintes Familles, la Circoncision , le Mystère de la Passion ; ces deux derniers tableaux ont longtemps été attribut à Doso. Parmi les ebefs-d'eruvrede Garo- (ok>, on cite Le, Mas s acre des Innocents, La Résurrection de Loutre et La Prise de Jéricho, qu'il peignit de 1519 à I5J4 dans Pégiise de Ferrare ; une Samaritaine, un Martyre de saint Pierre Dominicain, peint en concurrence avec le célèbre tableau dn Titien, et qui, au dire de Vasari, pourrait consoler de la perte de ce chef-d'œuvre du grand peintre vénitien, si jamais il venait à être anéanti.
GAROXXE, l'un des plus grands fleuves de la France, prend sa source au fond de la vallée d'Aran, qui appartient i l'r>psgne, à environ 8 kilomètres de nos frontières. Après avoir disparu au toro de Venasque, ses eaux sourdissent de nouveau au plan de Goueou, d'où, gros»' par les mille torrents de la vallée, il s'avance vers le territoire français, qnH atteint au Pont-du-Roi , au-dessus de Fos et de la petite viùe de Saint-Béat. Près de là se trouve le Pic de Gar, qui s'élève à 1,812 mètres de hauteur absolue, et qui adonné son nom a ce vaste cours d'eau. La Garonne passe successi venant par Muret, Toulouse, Grenade, le Mas de Verdun, Agen, Tonnins, Marmande, La Réole, Langon; elle a son confluent avec la Dordogne, au Bec - d'Ambès , et de là jusqu'à la mer prend le nom de Gironde. C'est sous ceuom <}u>Be arrose Bordeaux, Blaye, etc. Son cours est de 570 kilomètres, dont 75 flottables, des environs de Pont-du- Boi jusqu'à Cazères. De là le fleuve est navigable sur 428 kilomètres. Ses principaux affluents sont à droite, le Salât, la Riae, l'Ariége, le Grand-Lcrs, le Tarn, le Lot et la Dordopie; à gauche, la Piqué ou POnne, l'Ourse, la Ncste, le Gers, la Bayse. La largeur moy enne de la Garonne à Toulouse est de 200 mètres ; elle est de 205 vers Agen, de 48C à Bordeaux, près des culées du pont ; de 3,873 à BUye. Du Bec d'Ambès jusqu'à son embouchure, elle peut cire considérée cominé un bras de mer. La marée monte jusque vers Langon. La partie inférieure de la Garonne est bordée des deux cotés par des marais, dont le sol est plu* <m moins au-dessous des hautes marées. Par sa jonction avec k canal du Midi, sous les murs de Toulouse, la Garonne établit une communication entre l'Océanet la Méàitermmr pour le transport des marchandises.
Alexandre oi Mtct.
G ABONNE (Département de la HAUTE). Situé au sud-ouest et à l'extrémité de la France, sur la frontière de 1> Espagne, ce département est formé d'un démembrement de l'ancien Languedoc, du Nébousan presque entier, et do comté de Commi ngc s. Il a pour bornes au nord le <tep«irt«iKnt de Tarn-et-Garonne ; au nord-est, celui du Tarn; à l'est, celui de l'Aude ; au sud-est, celui de l'Ariége; auiud, l'Espagne; à l'ouest, les départements des Hautes- Pyrénées et du Gers. Divisé en 4 arrondissements , dont les chef-lieux sont Toulouse, Muret, Saint -Gaudens et Villefranctie, 3?. cantons, 585 communes, il compte 480,794 habitants. Il envoie quatre députés au Corps Législatif. Il est compris dans la douzième division militaire, forme le diocèse de Toulouse et le ressort de la cour d'appel de la même ville. Il fait partie de l'académie de son chef-lieu ; on y compte 1 lycée , 1 collège , 2 institutions, 25 pensions, 3 écoles secondaires ecclésiastiques et 899 écoles primaires.
Sa superficie est de 6 1 8,55 1 hectares, dont 4 52,4 1 8 en terres labourables ; 87,140 en bois; 48,908 en vignes ; 46,194 en landes, pâtis, bruyères, etc. ; 39,637 en prés; 5,567 en vergers, pépinières et jardins ; 3,723 en propriétés bâties; «,175 en cultures diverses; 460 en étangs, abreuvoirs, mares, eanan\ d'irrigation ; 39 en oseraies, aunaieset saussaies; 14,339 en forets , domaines non productifs ; 12,355 en routes chemins , places publiques, rues, etc. ; 4,677 en rivières,
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lacs, ruisseaux; 158 en cimetières, églises, presbytères, bâtiments publies. Il paye 2,291,642 francs d'impôt foncier.
Le pays est très-élevé an sud du département, où il est appuyé à la partie culminante du faite des Pyrénées ; il est même couvert en partie des contreforts de cette chaîne. Le point culminant du département est la Maladetta, ou Pic Nethou, dont le sommet appartient à l'Espagne , et qui a 3,404 mètres de hauteur. Les cours d'eau qui arrosent ce département sont la Garonne, le Gers, le Salât, la Rize, l'Ariége , le Lers , le Tarn , la Neste, et quelques autres rivières, dont les lits sont souvent à sec. Les ours et les isards habitent les montagnes de la partie méridionale du département; les loups et les renards se rencontrent dans les bois. Le gros et le menu gibier sont abondants , les eaux généralement poissonneuses ; le sol recèle beaucoup de richesses minérales : fer, cuivre, plomb, antimoine, bismuth, liouille et marbre. Ou y trouve aussi un grand nombre de sources thermales, entre autres celles de Bagnè res de Ludion et d'En c a us se. L'agriculture y est avancée, et ses principaux produits sont les céréales, le mais, le lin et les vins, surtout les vins rouges d'ordinaire. L'élève du bétail estla principale industrie des habitants des montagnes. On récolte aussi beaucoup de truffes.
L'industrie est très-active et très-variée ; le travail du fer et de l'acier pour la fabrication des râpes, limes, faux et faucilles en est la branche principale. Viennent ensuite les cuivres laminés, les cuirs, les maroquins, les Gis, et les tissus de lin et de coton, la porcelaine, la faïence, les chapeaux de paille, etc.
Le commerce consiste surtout en grains farines, vins et bois, mulets, volailles grasses et conserves de volailles, produits manufacturés. Il s'y fait aussi un commerce très-actif de transit avec l'Espagne.
Huit roules impériales, 30 roules départementales, 6,594 chemins vicinaux, 2 canaux, le canal du Midi et le canal Saint-Pierre, traversent ce département, dont le chef-lieu est Toulouse. Les villes et endroits principaux sont en outre : Saint-Gaudens, près de la rive gauche de la Garonne, avec 5,059 habitants, des tribunaux d'arrondissement et de commerce, un collège, des fabriques de porcelaine et de latence, de rubans de lil, de draps communs, lainages, des moulins à farine, à huile , à foulon, des tuileries, des tanneries, des verreries, 2 typographies'; Muret, V ill tjr anche, Bagnèresde Luchon, Grenade, sur la rive droite de la Save, avec 4,63 habitants et un commerce de grains; Yillemur-sur-Tarn, Saint-Bertrand de Comminges, etc.
GAROU, substance épispastiquo. C'est l'écorce du d ap h ne gnidium. On peut s'en servir sous deux états, soit en ramollissant par une immersion plus ou mou» prolongée dans l'eau, et non dans le vinaigre, la petite plaque d'écorce qui doit former l'exutoire, soit en l'employant sèche ou pulvérisée : dans ce cas, l'humidité de la peau suffit pour opérer le même effet que l'immersion, qui nuit toujours plus ou moins à l'activité et à l'énergie du médicament ; on renouvelle plusieurs fois la petite plaque, jusqu'à ce que levésicatoire soit bien formé.
On fait encore une pommade au garou , qui a aussi une propriété vêsicante. On employait autrefois le garou en décoction contre les hydropisies et la syphilis, mais l'usage en est maintenant abandonné.
GARR1CK (Davm), l'un des plus grands comédiens dont l'histoire du théâtre fasse mention, né le 20 février 1716, dans un cabaret du comté de Hereford ( Angleterre), où son père, capitaine dans l'armée anglaise, se trouvai! en ce moment pour affaires de recrutement. Sa famille, originaire de la Normandie, et dont le nom primitif était Jm Carriqw, était venue se réfugier en Angleterre à l'époque de la révocation de l'Edit de Nantes. Dès l'âge douze ans, Garrick déploya un remarquable talent de mime en repré« sentant avec ses condisciples une comédie de Farquhart, L'Ojfieier recruteur. Plus tard il fut employé comme com-