‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 158 sur 614 · GATES · texte numérisé non relu

GATES

•ou* 10 pnnc« Ferdinand, depuis duc de Bronswick. De retour dans ses foyers, il partit pour l'Amérique, arec le grade de capitaine d'infanterie dan* le corps du général Braddock, et revint dam sa patrie après la paix de 1763. Mais, aimant le séjour du Nouveau Monde , il vendit son brevet pour y retourner, et acheta dans la Virginie une plantation, sur laquelle il vivait tranquille, quand la révolution éclata. Regardant l'Amérique comme sa patrie d'adoption, il prit les armes en faveur de l'indépendance, et parvint bientôt aux premiers grades militaires de l'Union. En 1777 il fut appelé an commandement en chef de l'armée américaine du Nord, réussit par d'habiles manœuvres i cerner le général anglais Burgoyne, son ancien compagnon d'armes des guerres d'Allemagne, et le contraignit à capituler le 13 octobre. Ce fut le premier succès éclatant des patriotes. La générosité de Gates envers ses prisonniers rehausse encore le triomphe des républicains, et contraste singulièrement avec l'inhumanité des Anglais, mettant tout à feu et à sang, et brûlant jusqu'à la dernière maison de la petite ville de Kingston, après une victoire du général Vaughan en Virginie.

Gates, toujours attaché à son pays natal, et voulant forcer le ministère britannique à mettre un terme à ces atrocités, adressa une lettre au comte de Thanet, pair d'Angleterre, son ancien ami, et en chargea le général Burgoyne. Mais les passions étaient trop exaltées dans le cabinet de Saint- James ; la guerre continua avec un nouvel acharnement Le 25 juillet 1780, le congrès nomma Gates général en chef de l'armée du midi. Là il essuya un grand échec dans la Caroline septentrionale : à la tète de 6,000 hommes de milices américaines, mal disciplinées et peu aguerries ; il fut complètement battu par lord Cornwallis, qui n'avait sous ses ordres que 1,400 soldats de la ligne et 5 à 600 miliciens. Sans se laisser décourager par ce revers, Gates faisait toutes ses dispositions pour le réparer, quand le congrès lui retira brutalement le commandement suprême. Il n'avait eu d'autres torts que de trop compter sur ses troupes et d'être originaire d'Angleterre. La nouvelle de la mort de son fils unique, jeune homme de grandes espérances, vint encore aggraver ses chagrins. Il se retira dans sa plantation du comté de Berkley, et y mourut, le 1S mars 1800, a l'âge de soixante-dix-huit ans.

GATH, l'une des cinq capitales du pays des Philistins, dont il est souvent fait mention dans l'Ancien Testament. Goliath était originaire de cette ville, où David vint chercher un refuge contre les persécutions de Sanl. Quoique les Israélites se fussent à diverses reprises, et notamment nous le règne de David, emparée de Gath, ils ne purent jamais la conserver que passagèrement.

11 y avait une ville du même nom dans la tribu de 8ebulon : le prophète Jonas y était né. On en comptait aussi une dans la tribu de Duo.

G ATI. VAIS, ancien pays de France, qui tirait son nom de gastine, vieux mot par lequel no désignait l'endroit d'une lorêt on le bois avait été abattu. Ce pays s'étendait en partie dans l'Ile-de-France, et en partie dans l'Orléanais, ce qui avait donné lieu à sa division en GAtinais français et Gdtinais Orléanais. Le premier, qui avait pour capitale Nemours, forme aujourd'hui la partie sud-ouest du dépar'. tement de Seine-et-Marne; Montargis était la capitale du second, actuellement compris dans la partie orientale du département du Loiret, sauf quelques parcelles englobées dans ceux de la Nièm et de l'Yonne. An onzième siècle, le GAtinais avait ses comtes particuliers. Geoffroi le Barbu, fils de Geoffroi Férole, comte du GAtinais, ayant succédé à son oncle Geoffroi Martel, comte d'Anjou, les deux pays furent réunis. Mais Foulques le Réchln , second fiU de Geoffroi Férole, après avoir dépouillé son père de ses possédions, le fit mourir en prison. Ce crime ayant attiré sur lui la colère de Philippe V , roi de France, il ne ▼it d'autre moyen d'apaiser ce prince qne de loi céder une part* de ses possessions, acquises au prix do sang. C'est

GATTILIER

ainsi que le Gatmato fut réuni à la couronne, a laquelle il est toujours resté annexé depuis. O. Mac-Cjuitht.

GATSCHI\A, ville «le Russie, dans le gouvernement de Saint-Pétersbourg, à environ 40 kilomètres de cette capitale , située d'une façon ravissante au pied des monta Duderhofsch et sur les bords d'un lac formé par rischora, est régulièrement construite et compte 0,000 habitants. On y trouve un hospice d'orphelins, un collège et une école d'arboriculture; mais elle est surtout remarquable par sou beau château impérial, édifice d'un style noble et simple, contenant six cent pièces à feu et entouré d'un des plus magnifiques jardins qu'il y ait ea Europe. U fut construit par le prince Grégoire Orloff, et à sa mort, acheté par l'impératrice Catherine II. En 1784, cette princesse en fil présent au grand-duc Paul, qui en fit ftou séjour favori et qui, en 1797, accorda les droits et les privilèges de ville au bourg qui s'était insensiblement formé près du château. Un traite d'alliance et de garantie fut signé le 29 octobre 1799 à Gats china entre la Suède et la Russie.

GATTEAUX ( JACotits-ÉoouAM») , né à Paria, le 4 septembre 17 88, eut pour maîtres son père, Nicolas-Marie G»t- T«fttrx,habilegraveurcn médailles et mécanicien ingénieux, et lesculptcur Guillaume Moitié. En 1809 il remporta le grand prix de gravure en médailles, et alla se perfectionner à Rome. Revenu en France en 1813, il exécuta les médailles de Puçet, d'Edelinck,de Varia, de Rameau,eide Philibert Delormt , pour les grands prix de sculpture, de gravure en taille douce ; d'architecture, de gravure en médailles et de musique, dece nus annuellement par l'Académie des Beaux-Arts. De 1816 à 1825, il fournit à la Galerie numismatique des grandi hotn mes français, dont il était l'un des fondateurs, les médailles de Pierre Corneille, La Fontaine, Montaigne, Rabelais, Buffon, M"* de Staël, Saint Vincent de Paul, Cassini, V abbé Barthélémy, Monge, Masséna, etc. En 1817, il fit celle du duc d'Enghien pour la collection de M. Durand, et celle de La Paix de 1814 pour la suite des me dailles de la Restauration. Le gouvernement de Louis XVTI1 le chargea également de trois autres médailles : La Sainte- Alliance, L'établissement du pont de Bordeaux, Le Rétablissement delà statue de Louis XIII à la place Royale En même temps M. Galteaux exécutait le buste en marbre de Rabelais, aujourd'hui a Versailles, et ceux de Michel- Ange et de Sébastien del Piombo pour le Louvre. Depuicette époque son burin s'est trouvé associé à un grand nombre d'événements de notre histoire contemporaine.

Quoique plusieurs critiques préfèrent ses médailles a se» statues, M. Gatteaux a eu quelques beaux succès dans la grande sculpture. On peut citer ses statues en brome du chevalier d'Assas (1827 ), et de l'enseigne de vaisseau Bisson (1832 ), élevées par souscription , l'une au Vigan , l'autre à Lorient. En 1831 on avait remarqué au salon son Triptoleme, exécuté depuis en inarbre. Mais l'œuvre préléréc de l'artiste e*l une Minerve après le jugement de Pdris (1836), ou il a su s'inspirer des plus belles traditions de l'art antique. Il a été moins Heureux dans l'exécution d'une statue en marna d'Anne de Beaujeu, pour le jardin du Luxembourg ( 1847 ).

Nommé en 1831 chevalier de la Légion d'Honneur, élu en 1834 membre du conseil municipal de Paris et du conseil général do la Seine, dont il n'a pas cesse de faire partie , M. Gatteaux a été appelé en 1846 à succéder è Galle dans la section de gravure de l'Académie des Beaux-Arts.

GATTILIER, genre d'arbrisseaux de la famille des verbéaacées, ayant pour caractères essentiels : Calice court, à cinq dents ; corolle a tube grêle et allongé, à limbe plan, partagé en cinq ou six lobes inégaux et disposés en deux lèvres; stigmate bifide; drupe contenant un osselet quadnlo culaire et tétrasperme. Ce genre, renfermant environ vingt espèces, à pour type le gattilier d'Europe (vitex agnus castus, Linné), plus connu sous le mmd'agnus cas tus, agneau chaste , nom qui rappelle les propriétés antiaphiodisiaque* que lui attribuaient l'antiquité et le moyen Age. La percussion où l'on était que ses diverses parties pouvaient amortir

GATTILLIKR - GAUCHK

lés désirs charnels avait fait imaginer au\ prêtresses de Ceris, pour *e conserver pures, de former leur couche avec le* rameaux de cette plante , et d'en joncher les temple» de la déesse. « Les dames d'Athènes, dit Brantôme, d'après Pline, pendant le* fêtes des Thesmophories en l'honneur de Cérès , wmthaifttf sur de* paillasses faites de feuilles à'agnut cas tus, poar x reirohlir et 6ter tout appétit rhaud, et parce qu'elles voulaient célébrer cette lête en plus grande chasteté ». Dans des trtup- plus rapprochés de nous, ses semences introduites dan» iec aliments des religieux , son bois porté par eux en auniere d'amulette, devaient les mettre à l'abri des feux dévorante de l'amour. Il n'y a pas longtemps encore que I on trouvait dans toutes les pharmacies , sous le nom d'agni cash semtna, les fruits du gattilier d'Europe, dont on préparait un sirop appelé sirop de chasteté. Et cependant ces frwte, d une saveur acre et prononcée, contiennent mu- huile essentielle que l'on sait aujourd'hui douée de propriétés stimulantes. Leur odeur leur avait déjà fait donner les noms de pettt poivre, poivre sauvage, poivre de* moines. Complètemenl uhan<lonnéparlAthérapeutii|t)e, le gattilier d'Europe, qni croit ilans les lieux secs et arides du midi de la France, a des rameaux grêles et blanchâtres, des feuilles péliolées, opposées , riigitées, cotonneuses en dessous; les fleura sont violettes , purpurines ou blanches; elles paraissent vers la fin Je Tété , disposées en épis verticillés.

(aAU? en langue gothique Oavi, dans l'ancien haut-allemand Konwi, au moyen âge Gœuwe, mot d'origine incertaine, qu'on traduit ordinairement en latin parla mot pagus un bien encore par ceux de reyio ou provincia. C'est la dénomination donnée en Allemagne, et aussi par les Francs fjao» les provinces Slaves qu'ils soumirent, à certaines cirrt>o» option» dans lesquelles était divisé le territoire sous la rapport de l'administration civile et Judiciaire, et aussi sous rdui de l'organisation militaire. Il en est (ait mention dans Histoire dès le septième siècle, et il en existe encore aujourd'hui de nombreux vestiges dans les noms particuliers restés à certaines localités , comme Brisgau , Thurgau , sundgau, Argau, Rhelngau, etc. Les gaus eurent naturellement pour délimitations des montagnes, des vallées, des rivières et des forêts. Ce ne fut qu'à une époque de beaucoup postérieure, en Allemagne surtout, que la politique intervint dans la démarcation de leurs frontières. L'administration des gaus était confiée , sous l'autorité royale , à un ou plusieurs comtes appelés Oaugrqfen , et en latin comités, «Tou le mot comltatus employé dans cette langue comme synonyme de gau. Dès le douzième siècle, lorsque les féodal aires de la couronne eurent réussi à rendre leurs fiefs héréditaires, l'institution des gaus tomba en désuétude; aussi serait-il aujourd'hui d'une difficulté extrême, pour ne pas dire impossible, «le préciser la ligne de démarcation exacte de certains gaus dont il est lait mention dans les chroniques , attendu que dans les grands il arrive souvent d'en rencontrer de moindres qui s'y trouvent englobés.

On peut croire qu'à certains égards le mot gau eut à une époque donnée et dans quelques localités les mots bant par exemple Brabant ) et titba (par exemple Wettereiba, «fou on a uiltplus tard ^etterau [ Wettéravie]) pour synonymes.

GAU (CuaaL,es-Fa*!«ç0is) , célèbre par ses voyages et ses explorations en Nubie, né à Cologne, le 15 juin 1790, lit ses études à l'École des Beaux-Arts de Paris. C'est à Rome, où il s'était rendu en 1617, qu'il prit la résolution de compléter par un voyage en Nubie les travaux de l'Institut d'Egypte. Après avoir supporté les plus grandes fatigues et les plus grandes privations, il lui fut enfin donné d'apercevoir les Pyramides.

Au Caire, de mesquines rivalités cherchèrent à contrarier rexécotion de ses plans. Mais, grâce à la protection du consul de France Drovetti, il obtint enfin le hfman indispensable pour pousser son voyage plus avant ; et après trente-trois jours de navigation sur le Nil, il atteignit enfin Thèbes. Là iliput M procurer des Arabes pour l'accompagner, une barque, des

provisions pour son voyage, quatre matelots et uo ancien mamelouck de la gardo impériale pour lui servir d'interprète; et avec des vents favorables , il ne tarda pas à atteindre le but de ses efforts. Maître de sa barque, il dépendait de lui de s'arrêter où bon lui semblait , de dessiner et de mesurer à loisir. Il trouva entre la seconde cataracte et Pldlœ vingt-un monuments qui jusque alors étaient restés complètement inconnus ; le choix qu'il en lit, les descriptions qu'il en donna , furent partout approuvés. La vérité et la fidélité de ses dessins, qui n'ont rien perdu à la gravure , l'exactitude de ses mesures et d'autres qualités ont valu à ses Antiquités de la Subie (13 livraisons. Paris, 1871-1828) les suffrages unanimes de la critique. Ce fut Niebuhr qui se chargea en grande partie de la rédaction dn texte joint aux planches.

Naturalisé français en 1821», Gau fut nommé l'un îles architectes de la ville de Paris, qui lui est redevable de la restauration de Saint-Julien le-Pauvre et de la prison de la rue de la Roquette; c'est sur ses dessin* que s'éleva l'église gothique de Sainte-Clotilde, projetee| sur les anciens terrains Belle-Chasse. Malheureusement il dépassa de beaucoup ses devis , et n'arriva qu'a des résultats mesquins , ce qni lui fit retirer la direction des travaux de cette église. Cet artiste estimable mourut à Paris en janvier 18.V4.

GAUCHK, GAUCHER, terme/ que l'on fait dériver du grec yokmo;, qui signifie oblique ou de travers, comme on se sert du verbe gauchir pour biaiser. Pourquoi signalet-on la gauche romme maladroite, faible, Inhabile ou mallteureuse? Pourquoi dit -on d'un individu qui parait ridicule dans sa tournure ou dans ses actions qu'il est gauche ? Cependant, il y a des gauchers pins adroits que les droitiers et que les ambidextres. C'est que la nature ou la coutume a donné la supériorité de force et d'habileté anx membres du c 6 1 é d r o i t Les physiologistes qui prétendent que l'homme était primitivement formé avec des membres égaux en vigueur et en toutes les aptitudes de leurs actions soutiennent que nous ne devons l'infériorité de la main gauche qu'à l'habitude contractée dès l'enfance de faire emploi toujours de prédilection de la main droite. Ils remarquent que les Jambes sont communément de force pareille, et peut-être même que le soldat, qu'on fait toujours jwrtir du pied gauche et tendre le jarret, acquiert plus de vigeur dans cette extrémité. Il est évident que l'accoutumance renforce le membre qui est le plus exercé, fut-il originairement le plus débile.

Mais les naturalistes , étudiant la pondération primitive des forces dans les corps vivants, ont remarqué des inégalités naturelles de l'organisme, soit chez l'espèce humaine, soit parmi d'autres genres d'animanx. Prenons l'homme sur tout le globe : par quelle cause les nations les plus diverses se sont-elles accordées à préférer la main droite? Guillaume Dampier, qui fit l'un des premiers le tour do monde, s'étonnait de voir partout chez les sauvages , les nègres , etc. , la main gauche moins employée et plus faible, romme chez nous. Presque partout chez les anciens le coté gauche était sinistre, la partie débile, celle du cosnr. Le guerrier plaçait au bras gauche le bouclier ; aujourd'hui , Cépée , le poignard , sont situés à gauche ,' afin que la main droite soit plus à portée de lesisaisir. Le côté sénestre est donc celui qu'on protège, tandis que la dextre est forte et agressive. Quand on veut faire honneur à quelqu'un, jadis comme aujourd'hui , on le place à sa droite : Dixlt Dominus Domino meo : Sedc a d ex tri s meis. Si les anciens Perses attribuaient à cet égard la préférence au coté gauche, ils en donnaient pour motif que c'était la région du cesor et une marque de confiance de livrer ainsi la partie la plus vulnérable à leurs meilleurs amis.

De même, dans nos luttes politiques, le parti qui se présente comme le plus éminemment patriotique ou libéral occupe la gaucho des assemblées, tandis que le coté droit est préféré par les amis de l'autorité et du pouvoir monarchique.

Personne n'ignore combien les nresages obtenus à gau-

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