GAY-LUSSAC — GAZ
de suivre : ce dernier moyen est de Gay-Lussac , qui depuis physico chimiques n'a plus rien publié conavec Théuard. Un de» résultats les plus curieux dei expériences que «es deux chimistes firent en cotnroun. c'est que le sucre, ramidun et le bois contiennent I peu près les mêmes proportions d'hydrogène et d'oxygène que Peau ; fait qui démontre nettement qu'il y aurait folie à ne juger des corps que d'après les éléments dont la chimie le» trouve composas.
La science doit encore à Gay-Lussac d'importantes recherches sur la force d'expansion de la vapeur, sur Phygronu-lrie, sur la capillarité, sur le cyanogène et l'acide prusttque, sur Hode principalement, sur la dilatation des gaz, sur le chlore, sur la distinction capitale des oxydes et des hydrarides; à lui seul est due la découverte des acides hydronllurique et oxy-chtorique. Ses mémoires sur l'iode et sur le cyanogène sont des chefs-d'eauvre unanimement admirés. Lui pourtant, qui a publié près de cent mémoires, d n'a pas composé un seul ouvrage : le talent d'enchaînement est le moins évident de ses mérites. Toutefois, on a pubhe en deux volumes son cours de chimie delaSorbonne, rédaction sténographiée, dont M. Gaultier de Claubry a vérifié l'exactitude.
Remarquons, en finissant, que Gay-Lussac a plus d'une fuit rencontré Dalton sur sa route, à peu près comme Lavoister rencontra Priestley; plus d'une fois il s'établit de ÙU débats entre lui et Davy, comme plus tard entre Biot et Aragn. Il s'est montré parfois d'une grande sévérité dans ses jugements, principalement quand il eut a caractériser les paratonnerres végétaux de Lapostolle et la nitrifleation aauireUe de Longchamp, savant profond, mais trop peu maaiable et trop abstrait pour cire populaire. On reproche aussi » Gay-Lussac d'avoir emprunté à Bunten l'idée d'un baromètre transportable , comme de s'être quelquefois montré «tsreptihle on partial envers Benélius. 11 est bien vrai que r"fl a incontestablement plus de fécondité et plus de hardiesse que Fouricr et Dtilong, il n'a pas toujours eu autant de saleté qu'eux, ni surtout autant d'exactitude et de rigoureuse précision. J'ajoiiterni que le cercle de ses idées a toujours rte trop restreint pour que le rejaillis»en>ent s'en tasse sentir au-delà de sa science ou de son siècle. Toutefois, Gay- Lussac a mérité ta vive estime des savants contemporains et la reconnaissance de sa patrie. Cette patrie elle-même ne s'est pas montrée ingrate envers lui, poisqu'à l'âge de amante ans Gay-Lussac était membre de l'Académie des Sciences, professeur honoraire de physique a laSorboane et professeur de chimie an Jardin dv Roi, membre du conseil de perfectionnement des poudres et des salpê très, membre du ermite consultatif des arts et des manufactures, membre do r Académie de Médecine et de la Société d'Encouragé meut , chimiste de la direction des tabacs , vérificateur, a la Monnaie, des ouvrages d'or et d'argent; rédacteur, avec Arago, des Annales de Physique et de Chimie, et enfin pair de France. Gay-Lussac cumulait de la sorte pour plus de iû,<>00 francs de fonctions diverses, places ou entreprises, outre que l'État avait remplace4 le splendide logement qu'il avait longtemps occupé a l'Arsenal par un.de* jolis manoirs du Jardin des Plantes. W Isidore Bourdon.
liAY-LUSSITE ou PfATROCALOTE, carbonate de soude et de chaux hydraté. La gay-lussite a été ainsi nommée en fbonneur du savant Gay-Lussac; son antre nom rappeBe sa composition. Elle a été trouvée par M- Boussingaull, eu cristaux disséminés dans Targue qui recouvre la couche de Trôna de Lagumllla en Colombie. Ces cristaux sont des '•rtaedres obliques rhomboidaux; ils sont transparente, quand ils n'ont point subi l'action de l'air; mais à la longue
GAZ [Chimie, Physique). Parmi les fluides élastiques , Il en est plusieurs qui conservent toujours cet état, quels que soient le refroidissement et la compression auxquels on les soumette. L'air atmosphérique jouit de cette propriété. D'autres, au contraire, par tu
on une faible compression se réduisent à Tétât liquide. Quand on chauffe de l'eau , elle se transforme à la température de 100" en un fluide élastique transparent et incolore; mais par un faible refroidissement ce fluide élastique repasse à l'état liquide. On donne plus particulièrement le nom simple de gai aux fluides élastiques qui jouissent de la première propriété ; les autres sont connus sous le nom de vapeurs. Quelquefois les premiers sont désignés sous le nom de gaz permanents, ou bien ils sont encore appelés fluides compressibles, à cause du cliaugement considérable oui s'opère dans leur volume par la compression ; fluides élastiques, h cause de la force dê ressort en vertu de laquelle ils tendent toujours à augmenter de volume ;fliùdvs aéri/ormes, à cause de leurs analogies physiques avec l'air. La dénomination de gaz dérive du mot hollandais ghoast, qui signifie esprit.
Entre lus fluides élastiques qui ne peuvent jamais être liquéfiés et ceux qui le sont par les forces les plus légères , il en est d'autres , tels que le chlore , l'acide sulfureux, l'acide carbonique , qui sont ramenés à l'état liquide par une pression et un refroidissement un peu considérables ; quelquesuns même sont susceptibles d'être solidifiés par l'emploi «lu ces moyens. Cependant, on applique encore À ces fluides la dénomination de gaz, parce qu'ils sont, dans i'etat habituel, éloignés de leur point de liquéfaction. Il est très-probable qu'une pressiou et un froid suffisant liquéfieraient tous les gaz : sous ce poiut de vue, les fluides élastiques seraient tous des vapeurs de liquides.
L'existence do l'élasticité dans les gaz et la pression qui en résulte sur les parois des vases qui les renferment se démontrent en plaçant sous le récipient de la machine pneumatique une vessie fermée, contenant un peu d'un gaz quelconque : à mesure qu'on fait le vide autour de la vessie , la force (Mastique du gaz intérieur n'est plus équilibrée par la pression atmoaphérisque ; le volume de ce gaz s'accroît , et finit par remplir tout le récipient , si la vessie est assez grande.
Les gaz sent , comme tous les corps , soumis à l'action de la pesanteur. La découverte de ce principe est due à T oricelli, disciple de Gali lée. Il reconnut, en 1643, que la sus|>ension du mercure dans le baromètre et l'ascension de l'eau dans les pompes sont ducs a la pression exercée sur la surtaxe de la terre par le poids de l'atmosphère. Pour prouver directement la pesanteur de l'air, on pèse un ballon de verre plein de ce gaz, puis on le pèse de nouveau, après y avoir fait le vide an moyen de la machine pneumatique. Le poids est plus considérable dans le premier cas que dans le second. On peut même , si Pon connaît le volume intérieur du ballon, déduire de la différence des poids fournis par les deux pesées le poids d'un litre d'air. On trouve qu'à la température de 0°, et sous une pression barométrique égale à 70 centimètres de mercure, un litre d'air pèse !«', 7991. Le même procédé sert à reconnaître la pesanteur de tous les gaz.
La force élastique <Tun gaz en repos placé à la surface de la terre fait équilibre à la pression qui provient du poids do l'atmosphère; le baromètre donne, comme on le sait, la mesure de cette pression, et par conséquent il peut également servir à évaluer la force élastique des gaz. lorsque la pression barométrique est de 76 centimètres de mercure, Pair possède une force élastique capable de produire sur une surface équivalant à un centimètre carré une pression éjuleau poids de 76 centimètres cubes de mercure; cela fait un poids d'environ 1 kilogramme. Lorsqu'en employant la machine a compression , on condense un gaz dans un espace inevtensible, si l'on fait, par le moyen d'un tube de verre, communiquer te récipient avec une cuvette remplie de mereuro , on juge par la hauteur de la colonne de mercure qui s'élève dan» le tube de la lorce élastique du ga/. comprimé. Elle est égale à la hauteur de cette colonne de mercure augmentée (te la force élastique de l'atmosphère. Suppo>oiis au contraire, qu'au moyen de la machine pneumatique on ra-
cupera à la pression p' sera donné par la formule v = v—,
180 GAZ
relie un gai ; si Ton fait communiquer le récipient avec la cuvette «l'un baromètre , on jugera , par les hauteurs successives de la colonne de mercure, de l'élasticité du gaz restant : et lorsque cette hauteur passera successivement de Om,76à om,38 ou 0n>,19, on en conclura que l'élasticité du gaz sera devenue deux fois ou quatre fois moins grande. On remarque , en faisant cette expérience, que la colonne de mercure, arrivée à la hauteur d'un ou de deux millimètres, cesse de baisser, en sotte qu'il est impossible de priver complètement de gaz un espace au moyen de la machine pneumatique. Cela tient à ce que le gaz restant, se répandant toujours uniformément dans le récipient , chaque coup de pompe n'en enlève qu'une fraction. Le vide absolu n'existe que dans la chambre du baromètre.
Les gaz transmettent également en tous sens la pression qui est appliqué* en un de leurs points : ce principe n'est cependant vrai qu'autant que le fluide est en repos; les gaz doués d'un mouvement rapide produisent sur les parois latérales des tuyaux qui les conduisent une pression moindre que celle qu'ils exercent dans le sens de leur mouvement. Le principe d'hydrostatique découvert par Archimède, qu'un corps plongé dans un liquide perd de son poids une quantité égale au poids du liquide qu'il déplace, est encore applicable aux fluides élastiques. Celle perte de poids explique l'ascension des aérostats, dont la densité moyenne est moindre que celle de l'air.
La loi de M ar iotte consiste en ce qu'une même masse de gaz soumise à différentes pressions occupe des volumes successifs qui sont en raison inverse de ces pressions. Ou déduit de cette loi que ni l'on désigne par t> le volume occupé par un gaz à la pression p le volume V qu'il oc-
Ce résultat est d'un usage continuel dans toutes les circonstances où l'on a des volumes de gaz a considérer. La pression atmosphérique variant sans cesse , on ne peut comparer les résultats entre eux qu'après les avoir ramenés à une pression commune. La formule de Mariette peut encore servir à calculer jusqu'à quel point on doit remplir un aérostat pour qu'il ne soit pas déchiré par l'expansion du gaz hydrogène lorsqu'il arrive dans des régions élevées , où la pression est beaucoup moindre qu'à la surface de la terre.
Lorsqu'on mêle entre eux des liquides de densités différentes, et qui n'ont l'un pour l'autre aucuue affinité chimi. que, Us se séparent bientôt, les plus denses vont se réunir à la partie inférieure. Les gaz, an contraire, sans qu'on se donne la peine de les agiter, se mêlent parfaitement et donnent un tout homogène, quelles que soient leurs différentes densités. Vissons l'un sur l'autre deux ballons, le premier rempli de gaz hydrogène, et le second plein de gaz acide carbonique, dont la densité est vingt-deux fois plus considérable que celle de l'hydrogène. Bien que le gaz le plus léger occupe la partie supérieure , et que les deux ballons ne communiquent que par une petite ouverture, le mélange des deux gaz sera parfait au bout de quelque temps; on s'en assurera par l'analyse chimique du mélange coutenu dans chacun des deux ballons. Celte propriété des gaz est due à la grande mobilité de leurs particules; elle montre la fausseté des explication* qu'on avait données de quelques phénomènes météorologiques, en admettant l'existence de l'hydrogène dan3 les hautes régions atmosphériques. L'atmosphère est un tout homogène; et comme elle ne contient pas d'hydrogène à la surface de la terre, elle n'en renferme pas non plus dans les régions supérieures.
Les gaz peuvent, en vertu de leur force élastique , s'introduire physiquement entre les molécules des liquides lors même qu'ils n'ont point pour eux d'affinité chimique Les eaux qui ont eu le contact de l'air en contiennent toujours une certaine quantité interposée cntie leurs particules. Lors
mule v' = v
r,?£'.'î ? sous ,e "^«««l d« la machine pneu-
maUque et qu'on fait le vide, on voit une multitude de petites bulles degazs'cn déga^r dès qu'elles ne sont plus matai»-
nues en dissolution par la pression. Ce phénomène i encore lorsqu'on lait bouillir de l'eau ; elle laisse échapper le gaz à la température de l'ebullition. On peut, en recueillant le gaz dégagé dans cette dernière expérience , reconnaître que l'eau à la température de lo° et sous la pression V°,76 dissout la 2fc# partie d'un volume d'air égal an sien. Cette pro|iortion augmente avec la pression. L'air retiré do l'eau est plus riche en oxygène que l'air atmosphérique. Il contient 22 parties d'oxygène sur 100 d'air, tandis que l'air ordinaire n'en contient que 2t.
Les gaz, ainsi que tous les corps élastiques, transmettent le son. La lumière est réfractée par les gaz lorsqu'elle ne les pénètre pas normalement à leur surface. L'indice de réfraction est variable d'un gaz à l'autre, et pour un même gaz il augmente avec la densité. La chaleur se répand avec rapidité dans les gaz, à cause de la grande mobilité de leurs particules. Mais lorsqu'on gène leurs mouvements par l'interposition de certains corps, Us deviennent de mauvais conducteurs du calorique. La laine, le duvet, par exemple, se laissent difficilement traverser par l'air : aussi les emploiet-on avec avantage dans la confection des vêtements d'hiver. Les gaz sont en général mauvais conducteurs du fluide électrique. Cela nous explique comment les nuages, qui ne communiquent avec la terre que par l'air atmosphérique, peuvent se charger d'électricité. L'humidité donne aux gaz un pouvoir conducteur assez considérable.
Le volume d'une même masse de gaz augmente par l'effet de la chaleur, et diminue par le refroidissement. La loi de cette variation est la même pour tous les gaz, simples ou composés. Leur coefficient de dilatation est égal à 0,00375. En désignant par v le volume d'un gaz à la température t, volume v' à la température t' sera donné par la for-
même temps, il faudrait en tenir compte par la formule donnée ci-dessus. La cohésion étant nulle dans les gaz, leur dilatation s'effectue d'une manière très-régulière ù toutes les températures. Les thermomèt res à gaz seraient pour cette raison préférés aux tliermomètres à mercure, s'ils n'étaient pas soumis à l'influence de la pression atmosphérique, qui en rend l'emploi difficile. Les caloriques spécifiques des gaz simples, sous pression constante, sont égaux. Cette loi ne s'applique point aux gaz composés.
La constitution physique des gaz est due à une certaine quantité de calorique interposée entre leurs molécules, et qui, ne produisant |«s d'effet sur le thermomètre, a reçu le nom de calorique latent. La chaleur latente nécessaire à l'existence d'un gaz augmente quand la densité de ce fluide diminue ; ellediminue, au contraire, quand la densité du gaz augmente. De là l'explication de la grande quantité de chaleur qui se développe lorsqu'on comprime uu gaz, soit au moyen de la machine à compression, soit dans un briquet pneumatique, ou enfin dans le réservoir d'un fusil à vent.
Lorsque la pression h laquelle est soumise un fluide élastique vient à clianger, la densité de ce fluide change également : les densités d'un même gaz à différentes pressions sont proportionnelles à ces pressions. Les densités successives d'une même masse degaz qui occupe des volumes différents sont en raison inverse de ces volumes. L'hydrogène est de tous les gaz le moins dense ; sa densité n'est que la quinzième partie environ de celle de l'air; ce qui le fait employer dans la construction des aérostats. Le gaz acide iodhydrique est le plus lourd de tous : il pèse k fois et demie plus que l'air, et 63 lois plus que l'hydrogène. Connaissant le poids (l«r, 2991) d'un litre d'air i 0° et sous la pression 0"\7G , il suffira de le multiplier par ta densité d'un gaz pour trouver le poids d'un pareil volume de ce gaz. On reconnaît ainsi qu'un litre de gaz hydrogène pèse 06r,0894, qu'un litre de gaz acide iodhydrique pèse 5«r,7719.
Pour recueillir un gaz, on adapte à l'appareil qui le fourmt un tube recourbé dont l'extrémité plonge sous l'eau.
GAZ
Au-dessus de cette extrémité, on place une cloche renversée et pleine d'eau ; ce liquide y est maintenu par la pression de l'atmosphère. Le développement du fluide dans l'intérieur de l'appareil y occasionne bientôt un excès de pression, et if n.\t est forcé de sortir par ''extrémité du tube ; il va , à cause de sa légèreté spécifique, se loger dans le haut de la doehe. Lorsque le gaz est sohible dans l'eau, on remplace ee bqutde par du mercure. Les appareils dans lesquels se <fc»ek>ppent des gaz sont habituellement tirants de tubes dits de sWreté.
Les gaz simple* sont an nombre de quatre, l'oxygène, rbydrogène, le chloreet l'azote. Parmi les gaz corn* posés , les plus remarquables sont : les hydrogènes carbonés, le* hydrogènes phosphores, l'hydrogène arséniqué; foxyde de carbone, l'oxyde de chlore, les oxydes d'azote, le cyanogène; les acides carbonique, sulfureux, Huo-silicique, eh lorhydri que, iod hydrique, s ulfhydriqne (hydrogène sulfuré); enfin, l'ammoniaque, connu sous le nom à'alcaH volatil.
Les différents gaz peuvent, en se combinant entre eux , d'inner naissance à des corps gazeux, liquides ou solides. La simplicité constante des rapports qui existent entre les voluaes des gaz qui entrent dans une combinaison est tin des cléments qui ont conduit à la belle théorie chimique des xomorr* proportionnels. Les gaz simples ou composes se combinent en volume dans des rapports simples, et de telle manière que leur contraction est aussi en rapport simple avec le volume primitif. Cette loi est rendue manifeste par le tibleau suivant :
10 hydrogène pins 10 chlore donnent 20 acide chlorhydrique.
10 id.
10 id.
10 id.
10 id.
id. -
10 azote & oxygène —
id. — id. — id. -
10 ac. eblorhy. — lOac.carbon. —
20 ammoniaque.
10 protoxyde d'azote.
20 deutoxyde d'azote.
acide azoteux.
acide hypo-azoUq.
id. —
— un sel solide, un sel solide.
Indépendamment de la loi énoncée ci-dessus, les eomlMaanons de l'azote avec l'oxygène montrent que si deux gaz s'unissent en diverses proportions et que la quantité 10 de I un gott constante, tes quantités 5, 10, 15, 20, 25 de l'autre, seront des multiples par des nombres entiers de la plus petite d'entre elles. Cette dernière loi est connue en chimie sous le nom de loi des multiples ; elle est générale, et s'applique aux combinaisons des corps solides. '
Lf. VfjuuRR, de l'Ar»deinie des Scieaces. GAZ ( Éclairage). Le fait de la combustion de plusieurs gaz était connu depuis longtemps, lorsque, vers 1785, Lehon, ingénieur français, eut l'idée d'appliquer cette propriété à des auges économiques. Il employait les gaz provenant de la ilublbliou du bois. Un peu plus lard, il iudiqua la bouille comme pouvant remplacer avantageusement le bots. Cependant l'éclairage au gaz n'eut aU ts aucun succès en France, et ce fut l 'Angleterre qui fit les premières grandes applications en ce genre. Taylor en rapporta les procédés en France. La principale matière employée aujourd'hui à la fabrication du gaz d'éclairage est encore la bouille; mais on en retire aussi de l'huile, de la résine, de l'eau, etc. Dans tous les cas, c'est l'hyd rogène qui prédomine dans la composition de ces différents gaz bicarbonés. Exposons d'abord le mode de fabrication du gaz de la houille.
Ce gaz se prépare dans des fourneaux construits en briques, dont la plus grande partie doivent être très-réfraclatres ; car elles ont à'supporter une température fort élevée» celles surtout qui composent la voûte sous les vases distillatoires. Quatre foyers chauffent quatre ou cinq cornues ; dans ce dernier cas, les cornues sont sur deux rangs superpesés. La voûle du fourneau est construite a demeure, de manière que l'on peut enlever les cylindres qu'elle renferme
la devanture du fourneau.
quand il est nécessaire seulement de les retourner, afin qu'ils s'usent uniformément, soit lorsqu'il faut les remplacer, parce qu'ils sont altérés par le feu, ou que l'on veut i la voûte. La cheminée de ce fourneau doit être a tous les fourneaux semblables qni sont réunis dans i balle de l'établissement. 11 suffit pour qu'elle puisse servir à tous que le passage dans sa partie la plus étroite soit au moins égal à la somme des passages de tous les conduits de la fumée, particuliers à chaque fourneau.
On nomme cornues, relortes on cylindres, les vases dans lesquels la distillation ou plutôt la décomposition des substances qui peuvent donner le gaz d'éclairage est opérée. Ces vases sont en fonte. Leur forme a varié bien des fois depuis l'origine de la fabrication du gaz : on a essayé des cornues rectangulaires aplaties ; d'autres cylindriques*, posées sur la base du cylindre, et mobiles; d'autres encore en forme elliptique, dont l'axe était placé horizontalement. Ces dernières réussissent assez bien ; on les emploie en France aujourd'hui. Quant à ceux de ce* vasw dont une surface plane est exposée au feu, ils sont sujets à casser dans les changements de température ; et ceux dont le diamètre «st partout égal n'offrant pas assez de surface k l'action du feu, la décomposition est ralentie. On donne en Angleterre la préférence à la forme de cylindre dont une partie de la paroi est rentrée en dedans : celle-ci réunit les avantages de présenter à la flamme et an charbon à distiller une surface plus étendue que dans les autres formes , et de pouvoir se dilater et se contracter facilement dans les changements de température ; par conséquent d'être moins fragile au feu. L'embouchure de ces cylindres est fermée exactement par un obturateur tourné : cette partie de la cornue est la plus coûteuse de façon ; elle porte l'ajutage en fonte qui oflre une issue au gaz, et afin d'éviter qu'elle ne périsse avec le corps de la cornue, elle en est isolée, et s'y adapte à l'aide d'une bride serrée par des bottions, et dans laquelle est interposé un lut de limaille de fer. Les tuyaux qui conduisent le gaz des cornues au premier condensateur ou barillet, et de celui-ci aux laveurs et aux gazomètres, sont en fonte. Le barillet lui-même est en fonte, et quelquefois en tôle.
Le gaz provenant de la distillation des houilles est toujours plus ou moins souillé de gaz acide carbonique et d'hydrogène sulfuré. On élimine ceux-ci par le moyen de la chaux, qui les absorbe. Cette- absorption se fait dans de vastes réservoirs cylindriques en fonle. La chaux éteinte y est interposée dans du foin humide ou dans de la mousse; on s'assure que le gaz est dépouillé d'hydrogène sulfuré quand il ne noircit plus un papier imprégné d'une solution d'acétate de plomb. De la le gaz se rend dans un ou plusieurs gazomètres, à la partie supérieure de l'un desquels *r. trouve le tuyau qui prend le gaz pour le conduire aux luyaux de distribution. Aux premiers embranchements de distribution , les tuyaux principaux peuvent être, en fonle ou étiré* en plomb. Ceux qui conduisent le gaz dans les maisons sont presque toujours en plomb étiré ; on les contourne avec la plus grande facilité pour leur faire suivre toutes les sinuosités. Arrivé au lieu de la consommation, le gaz va se rendre dans un bec, tantôt simple, tantôt analogue à celui de la lampe d'Argant. Dans le premier cas, le tube a gaz est terminé par une pointe mousse, percée d'un trou qui livre passage au gaz. A peu de distance de la pointe doit se trouver un robinet, qu'on ouvre quand on veut enflammer le gaz. Quelquefois on remplace le trou par une fenlc, qui présente l'avantage de produire une flamme plus large. Ces dispositions ne sont guère employées que pour l'éclairage des rues; pour éclairer les maisons, il convient de rendre la flamme plus fixe, et le bec dont on se sert alors est celui de la lampe d'Argant. Le tube qui conduit le gaz est terminé par un anneau dont la face supérieure est formée par d'acier pertée de trous d'un très-petit diamètre
U houille que l'on emploie pour charger les cornue»
GAZ
doit être le plus bitumineux possible ; le choix est ici très- Important, puisque avec le même (eu, les mêmes ouvriers et les mêmes frais de toute nature, on obtient de différents charbons de terre des quantités de gaz fort différentes. Oa doit aussi tenir compte, dans le choix de la houille, de la quantité et qualité du coke qu'elle peut fournir. Pour que le coke soit bon, il tant surtout qu'il contienne le moins possible «le matières terreuses : on en apprécie aisément la proportion par le résidu qu'il laisse en brûlant Quelle que soit la bouille qu'on emploie, la proportion de gaz d'éclairage que l'on j>e«it obtenir dépend du degré de température auquel on la décompose ■' à une température trop basse ou élevée trrq» lentement, une partie de l'huile bitumineuse se volatilise mns disposition, et ae condense ilaus le premier réfrigérant sans produire de gai } on obtient de l'acétate d'ammoniaque <-t «lu gaz hydrogène |>eti carboné, de l'eau, etc. Si la température était trop élevée,le gai hydrogène carbone déposerait une partie <te son carbone en touchant les |«rois trop éctiauflées , et deviendrait moins Makranl ; on courrait d'ailleurs le risque d'altérer promptement les retortes en fonte. L'expérience a démontré que le degré de température le pins convenable pour obtenir la plus grande quantité possible de gaz hydrogène le plus chargé de carbone est cette qu'indique le muge cerise; il faut qu'elle soit U) plus égale possible dans toutes les parties de la cornue.
De quelque manière que l'opération ait été conduite, il y a toujours un peu de c'"'' carboné qui se décompose, et il passe une certaine quantité d'hurlé bitumineuse la distillation, environ 1 à 2 kiknrrainmes par hectolitre de houille cai bonifiée; on en emploie une partie pour préparer dea mastics bittitmnenx, dont on a commencé à se servir imnr couvrir des terrasses en y mêlant environ le* deux tiers du poids d'un corps dur en poudre; et on vernis qui sert à enduire les bois, le fer, et rrâdpalenient la tons des gazomètres. Il reste aussi dans la retorte, près du tuyau par lequel le gaz se dégage, une certaine quantité de goudron solide ; cehii-ci peut être employé pour une seconde opération. Il suffit pour cela de le concasser et de le mélanger au rhartion de terre avant de charger les retortes. On peut aussi s'en servir comme du goudron liquide mêlé au coke, pour chauffer les cornues.
Toutes les parties de l'appareil étant connues, nous indiquerons 1a inarche de l'opération. Si nous supposons, pour prendre les choses dès leur origine , que l'appareil vient d'être monté et le fourneau construit , on fera sécher cekuiri lentement, en entretenant un peu de feu allumé dans rhwrue foyer. Lorsque la maçonnerie sera suffisamment sèche et écliauffée, on chargcin h» cornues avec du charban de terre, et afin d'oblcnir une production de gaz à peu près con-tmite, et de répartir le travail également dans la journée , on poussera la distillation seulement dans le sixième du nombre total des vases distillatoires : de cette manière, les ouvriers attachés aux fourneaux auront k décharger et recharger quatre fois par jour un sixième du nombre total des cornues montées dans une halle. Chaque cylindre, dans les dimensions de t",65 de lougnenr et um, to de diamètre , contient aux deux tiers de sa capacité 100 kilogrammes de charbon de terre. La place laissée vide dans ces vases distillatoires est nécessaire à cause du gonflement du charbon, on hectolitre mesure rase de houille pioduiiont environ 140 litres de coke mesure comble.
Dès que la température est élevée jusqu'au ronge, la décomposition commence a avoir lieu, et les produits gazeux que nous avons énomérés plus haut se dégagent Ils se rendent . par les tuyaux adaptés aux cornues, dans le barillet \a plus grande partie de feau, du goudron, du sou-»- carbonate d'ammoniaque , se condense. Chaque tuyau adapté à l'un des cylindres plongeant de cinq centimètres environ dans le liquide du barillet, la communication se trouve interceptée entre les diverses parues de l'appareil et l'intérieur des cornues , ce qui est indispensable poor le temps pendant
lequel on vide et Ton charge celles-ci, l'air communiquant
alors avec l'intérieur de ces vases. Un tuyau ada;*te à la partie inférieure du barillet sert k faire écouler l'excédant des produits liquéfiés. Ce tuyau, dit vide-trop-pieia , est disposé de manière kne vider le liquide que jusqu'à la moitié du larillet , afin que les tuyaux des cornues plongent constamment de la même quantité. Un tuyau unique adapté au barillet conduit tous les produits gazeux non condense* au premier épurateur ; celui u contient de la chaux hydratée, sous forme pulvérulente, allégée par du foin ou de ta m«jsse.i;«e portion plus ou ruoiob cou&iileraMe de l'acide sul (hydrique est retenue, et le gai hydrogène carboné se rend par un tnyan dans la partie supérieure du gazomètre : ce dernier k ce moment doit être entièrement enfoncé dans la la cuve et rempli d'eau. La légère pression que le gaz lui fait éprouver l'élève au fur et a mesure que ce gaz arrive; et lorsqu'il en est presque entièrement rempli, on ferme le rein net de communication avec rappareil d'o* vient le gaz et l'on ouvre un autre robinet qu> l««-** passer le gaz de l'appareil de production dans nu second gazomètre. l>es que le premier gazomètre est plein, et le robinet d'arrivée du gaz lermè, on peut, en ouvrant un robinet, établir la communication entre l'iatériear de ce gazomètre et les fuyant de dépens* dans lesquels le gaz passe pour arriver chez les consommateur*.
On doit .s'assurer de temps à autre s'il y a quelque fuite de gaz dans les diverses parties de l'appirait ; on s'en aper cevrail «bfhciiement a l'odeur, parce que d'une part to«„ les ateliers doivent être tellement aérés, que le gaz ne puisse jamais d'y accumuler , et que d'autre |mrt l'eau des gazomètres, le gaz qui s'échappe dans la manoeuvre des cylindres, etc. , répandent déjà une odeur assez forte dans les ateliers. On reconnaît les endroits qui perdent en approchant une lumière des joints , des cloures et de toutes les parties où l'en peut soupçonner quelque fuite. Partout où le gaz aura nne petite issue, il s'enflammera k l'approche de la lumière. Cette inflammation ne présente aucun danger, puisque l'air des appareils aura été expulsé par le gaz, et que celui-ci , éprouvant partout une certaine pression , ne pourra donner accès k l'air atmosphérique, et que sa combustion ne pourra par conséquent se propager k l'intérieur ; elle n'aura lieu qu'au dehors et à rendrait de chaque issue. On se haleta de bouclier lu issues qu'on aura découverte*, soit en Mirant les boulons, si elles ne trouvent entre deux brides, soit en posant un peu de lut en tout autre endroit.
Lorsque la décomposition de la houille est achevée, il s'agit de décharger les cylindres et de les recharger : pour cela , on commence par desserrer la vis qui comprime l'obturateur , et l'on enlevé la traverse , et poor éviter la petite explosion qui a lien lorsque le gaz resté dans la cornue et dans le bout du tuyau jusqu'au barillet s'enflamme spontanément, un frappe un coup léger sur l'obturateur; une tissure se détermine tout autour, le gaz eu sort; on I allume avec on bout de mèche; on ôto l'obturateur , on tire le coke dans une brouette dont le coflre est k bascule, que l'on fait rouler d'un cylindre à I autre; ou la vide sur un sot carrelé. Le coke étale en couches minces s éteint spontanément. On étend la couche de charbon dans le cylindre; on Inte avec de la terre à four , dite terre franche, les bonis de l'obturateur; on se hâte de l'appliquer sur l'embonchoie du vase dislillatoire , de poser la barre transversale et de serrer la vis. Cette manœuvre, exécutée par des hommes qui en ont l'habitude, dure seulement deux ou trois minutes.
Les circonstances de la production du prix de l'huile sont à peu près les mêmes que celles de la production du gaz de la houille, et la plupart des ustensiles sont semblables. Le fourneau est construit de la même manière; les cornues en fonte ont la même forme. La qualité de la tonte est la même ; mais elle s'altère moins, parce que la température est un |«\u moins élevée ; elle excède k peine le rouge Laissant (600 degrés centigrades). D'ailleurs, les matières grasses, ne contenant point d'azote, ne peuvent donner lieu a
GAZ -
U formation de l'ammoniaque, qui rend le fer cassant. Le premier réfrigérant et les deux épurateurs nécessaires dans U distillation de la liouille sont remplacé» ici par un seul cuodensateur, dus lequel le gaz introduit traverse l'uuile mime qui doit alimenter la ^composition dans les cornue». (I j dépote l'huile qu'il a entraînée en vapeur, et ne contient pies, en sortant de là pour se rendre au gazomètre, que de l'hydrogène carlwné et de l'acide carbonique. Ce dernier gai nuit, k te venté, au pouvoir éclairent de In flamme, puisqu'il en augmente le volume sans servir à la combustion ; mais il n'est pas indispensable cependant de le séparer. Taytnr a donc cru devoir éviter la complication de l'apparaL Le gazomètre «st entièrement semblable k celui du gaz de ut bouille; usais sa capacité doit être moindre, puisque suit le même volume ce gaz éclaire trois fois plus; ou, ce qui revient nu même, avec un volume trois fois moindre, et la capacité par conséquent trois fois moins grande du gazomètre, on obtient la même quantité de lumière.
Voici la marche de l'opération dans la préparation du gaz de Iliade, On charge les cornues avec du coke en fragn* nts d'une grosseur moyenne, égale a peu près au volume rf'ceufs de poule. Cette substance est nécessaire pour multiplier les pointa de contact entre la vapeur luiiloune et un corps a la tem|K-rature utile à sa décomposition. A défaut de coke, on pourrait y substituer des fragments de briques, des rognures de lote , etc. Lorsque les cylindre* ont été rharsé», lutés et chauffés graduellement jusqu'au rouge vibreur, on y laisse couler, on un |»etit lilet, I buil <i<ins le condensateur; on l'aperçoit coulée au moyen d'un r*bt globe en verre, et on peut en régler la quantité; eiie est introduite dans la cornue à l'aide d'un petit tuyau; elle y arrive par l'extrémité opposée à celle où s'opère le déga- {Muent du gas, afin que, dans le trajet qu'elle a k peroourir. il y ait plus de points de contact entre les surfaces échaultees et rtuiile réduite en vapeur, et que la décomposition de <v Ile-ci soit pins prés d'eue complète. Dans cette opération, il tant éviter que te température soit trop basse on trop éiev^ : dans le premier cas, il se volatiliserait une plusgraale quantité d'huile non décomposée, qui ne peut lairc jurlie dn gaz d'éclairage, el il se produirait , en outre , de l'acide ao-ûque, dont les principes seraient employés en pure perte, et qui d'ailleurs pourrait corroder tes appareils; dans le second cas, le gaz hydrogène carboné laisserait une partie de son carbone sur les surfaces trop fortement chauffées, ce qui diminuerait considérablement ton pouvoir éclairant. Cette opération marche d'une rnanière continue pendant au moins quinze jours; ce n'est qu'an bout de ce temps qu'il devient nécessaire de remplacer les fragments de coke ou d'antre matière contenus dans les cornues, et dont les interstices commencent a s'obstruer. Le coke ainsi souille retiré des cornues peut servir comme combustible. Les autres soins que l'on donnes la conduite de cette opération se bornent a alimenter constamment le condensateur avec l'huile qui est néce-ssaire pour renijilacor jusqu'à la même hauteur celle qui se décompose dans les cylindres, et à s'a*-
La résine, transformée en bulle, se traite de la même manière. PsLovm père.
La production du gaz d'éclairage au moyen de Veau n'est pas une découverte récente : il suffit de faire passer lenq* de l'eau et une certaine quantité d'une huile que an travers d'un tube incandescent, pour obtenir on hydrogène carboné tiés-éclairant. Cependant cette découverte t'est appliquée en grand que depuis avril 1864. La ville de Madrid a substitué le gai de l'eau n celui de la houille. Des essais récents ont été laits à l'hôtel des Invalides, à Paris. Opendant, un nouveau traité a été conclu entre la ville de Paris et les six compagnies génères fusionnées, qui tirent leur gaz de la houille.
Aux termes des conventions nouvelles, le bail de 1846 est prorogé de trente-deux ans , qui ont commencé à courir le 1" janvier 1864 ponr expirer le 31 décembre 1885. Les