‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 169 sur 614 · GAY-LUSSAC · texte numérisé non relu

GAY-LUSSAC

la fui-lune : on ne manquerait pas de dire que vous avez démontré votre découverte au péril de votre vie, outre que vous feriez certainement dam le» hautes régions de l'atmosphère des constatations singulières sur U chaleur et la pesanteur île I air, sur I électricité, mit le magnétisme terrestre, etc . Ce voyage-là vaudrait bien celui des Argonautes; il aurait pins «l'utilité et autant de retentissement. » Tentés par d'aussi magnifiques promesses, Gay-Lussac et Biot se décidèrent à entreprendre ce voyage aérien , espèce de croisade scientifique prcebée par le physicien Charles , et que Lapiace et Cbapta) encouragèrent , ce dernier étant alors ministre de l'intérieur : on était en 1804.

Le 6 fructidor an m, a dix heores du matin, Biot et Gay-Lutoac, placés dans la même nacelle, s'élevèrent en ballon , prenant pour point de départ le Conservatoire des Arts et Métiers : l'en pé rien ce eut lieu dan* lejanlin de cet établissement. Les deux jeunes physiciens (Gay-Lussac avait alors vingt-six ans ) parvinrent bientôt vers la première région des nuages , environ k 1 ,223 mètres d'élévation , après quoi , continuant leur ascension , ils arrivèrent k une élévation de 3,»77 mètres au-dessus de la Seine. Alors on les perd de vue. Ils ont emporté avec eux des montres, des thermomètres, des baromètres, des hygromètres, des boussoles, des crayons et dn papier ; les voilà faisant des expérience* comme s'ils étaient tranquillement établis dans le laboratoire du Collège de France ou du collège du Ptossis. Voici maintenant ce qu'ils observèrent , ou plutôt ce qu'observa Gav- Lussoc, car M. Biot éprouva un étourdissement , d'ailleurs fort explicable. Gay-Lussac trouva donc que l'influence magnétique agissait sur la boussole à peu près comme k terre. 11 vit aussi que l'électricité atmosphérique , croissant toujours à mesure qu'on s'élève, avait paru constamment négative; l'hygromètre montra une sécheresse de plus en phn grande , comme on avait pu s'y attendre ; et la température, qui était de 14 degrés Réaumur k terre, n'était plu* alors que de » degrés 1/3. Mais, ne s'étant pas précautionné de loua les Instruments nécessaires aux investigations par eux projetées, et d'ailleurs M. Biot se trouvant un peu malade d'émotion, ces messieurs se décidèrent à revenir à terre , aAn de porter ensuite leur* explorations beaucoup plus loin. Malheureusement personne ne se trouva là lors de leur descente pour recevoir le ballon ; et le gaz hydrogène ayant do se perdre, il fallut remettre a des temps plus éloignés une ascension nouvelle. Nos deux savants prirent terre k 1» lieues de Paris, h Mérévllle, village du Loiret.

Ce|iendant, vingt-trois jour* plus tard, Gay-Lussac tenta une nouvelle ascension , emportant cette fois avec lui d'excellents instrument* ; mais, privé de la société de son ami Biot, il «'éleva dans cette deuxième expérience k 6,077 mètres audessus de Paris : le thermomètre marquait prés de 6 degrés au-dessous de o (il était alors trois heures onze minutes). Le ballon se trouvant en partie dégonflé et privé de son lest , Gay-Lussac dut se préparer à descendre : ce voyage de haut en bas dura trente-quatre minutes, et notre physicien mit pied k terre à Saint-Gourgon , hameau situé k sept lieues de Rouen. L'ascension ayant eu lieu k neuf heures et demie du matin , Gay-Lussac put ainsi consacrer près de six heures k ses diverses observations , qui furent nombreuses. Il eut également soin de rapporter plusieurs échantillon* de l'air de» hautes régions qu'il avait visitées, et l'analyse de cet air le montra si parfaitement semblable k celui que nous respirons, que ce résultat imprévu parut convaincre la chimie d'impuissance. La gène de la respiration et un froid excessif furent les seules souffrances qu'eut à éprouver l'observateur durant se* exploration* quasi célestes. Il résulta de plus de vingt observations tbennométriques, effectuées par notre physicien k diverses hauteurs, que Pair perd environ un tîcgré de chaleur par chaque élévation de 174 mètres. Mais ce qui doit paraître singulier, c'est que ces résultats curieux , dont toul le monde alors s'occupa , ne vinrent point jusqu'aux oreilles des prince* français, alors exilés à Hait-

well. Ver» 1820

. visitant

l'École Polytechnique, alors militairement gouvernée sous le patronage de ce prince, eut la pensée d'entretenir Gay- Lussac , qui terminait une leçon , de son ascension mémorable de 1*04 1 « Mon Dieu , monsieur, loi dit le dauphin , que voua dotes être incommodé par la chaleur? — Certainement, mon prince, dit Gay-Lussac, qui ne savait que répoudre : cependant... — Allons! interrompit le prince, ne me caches point que vous dotes endurer une chaleur excessive; si près dn soleil !... » Le i on voit, avait bravement pris le contre-pied des ( de ce genre. Toutefois , dans cette même entrevue, l'intrépide naïveté du prince prit sa revanche sur le savant : ■ Monsieur, lui dit-il , quand je suis arrivé, vous parties du cinabre; veuilles donc m'apprend re pourquoi le cinabre est d'un si beau rouge ! — J'aurai l'honneur de dire A votre altesse, répondit Gsy , que cela tient à f arrangement de» molécules. — J'aurais dO m'en douter, répliqua le due. > Tant de science unie k tant de courage valut k Gay-Lossar des places, des titres, des honneurs, d'illustres intimités. 11 rencontra Alexandre de Humboldt dans cette célèbre société d'Arc ueil, instituée en l soi par La place et Berthollet, lesquels utilisèrent ainsi, pour le progrès des sciences , le voisinage tout k fait eontigu de leurs retraites. HnmboldtetGay, tantôt séparément, tantôt en commun, insérèrent plusieurs travaux dans les Mémoires de cette société, féconde académie , qui ne se composait d'atiord que de neuf membres, auxquels plus tard s'adjoignit Malus, celui par qui fut découverte la polarisation de U lumière. Mais ceux des travaux de Gay-Lussac qui attirèrent surtout l'attention des savants eurent pour objet la pile de Volta et la décomposition des acides et des alcalis. (Juarxl Bonaparte sut la découverte de Vo I ta , il eut haie de fonder k l'Institut un prix magnifique dont devaient être récompensées les pins importantes découvertes auxquelles aurait servi la pile voltaîque. Il espérait que ce prix serait adjugé à quelqu' un de l'Ecole Polytechnique; mais ce présage de pur patriotisme, l'événement ne le confirma point Hizenger et Bersélius ayant déjà décompose , au moyen de la pile , des acides et des oxydes, ces deux savants s'étaient aperçus que tout l'oxygène se portait vers le pète positif, tandis que le radical allait au pôle négatif. Davy, le célèbre cliiroiste anglais à qui ce premier fait était connu , soumit à l'action de la i pile voltaîque de la potasse et de la sonde, < alcalis, et il vit avec surprise que ces corps , repui qu'alors élémentaires, se décomposaient k la manière des oxydes. Cette découverte capitale du potassium et du sodium mérita k ce chimiste le prix de M>,000 francs, fondé par Napoléon et décerné en son nom par l'Institut de France.

L'empereur, s'étant fait rendre compte de la découverte de Davy, demanda avec impatience pourquoi les membres de l'Institut se résignaient ainsi k décerner des couronne» sans prendre soin d'en mériter. Il loi fut répondu que l'on ne possédait point en France de pile assez puissante pour en obtenir de grands résultats. Aussitôt Napoléon donna l'ordre de construire une pile voltaîque colossale, pour laquelle on no devait épargner ni l'argent ni la main-d'Auvre : il voulut en outre que ce bel instrument fût placé à l'École Poly technique , et que l'Institut chargeât nne commission Je* expériences auxquelles cette pile devait être consacrée. Gay- Lussac et Thénard furent désignés k cet effet. Leurs expériences furent commencées le 7 mars 1809, et c'est en 181 1 qu'ils en publièrent les résultats, dans un ouvrage en deux volumes, intitulé : Recherches physico-chimiques sur la pile, sur les alcalis, sur les acides, l'analyse végétale et animale, e\c. Les deux chimiste* consignèrent beaucoup de découvertes dans ce livre , sur lequel BerthoUet fit un rapport des plu* honorable*. Ils isolèrent le bore de l'acide Ixiracique, et l'obtinrent à un plus grand état de pureté que ne l'avait obtenu Davy. Il* trouvèrent aussi un excellent mode d'analyse pour les corps organiques, en calcinant ces coriM aumoven du chlorate de polasse, ou perle deuto&yde

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