GAZETTE
du dix-septième siècle. On ne salirait douter de la vérité de cotte étjmologie; U convient donc de l'adopter, car il wrait tro|> beau de la tirer do latin 902a, qui signifie un trésor, et trop impertinent de la faire dériver de l'italien gasza, qui veut dire pie. En mai 1631 parut le premier numéro de la Gazette de France, de Tbéopbraste Renaudot, laquelle existe encore. Loret, poète courtisan , publia en I6fc2 la Gazette burlesque, ou Muse historique, pitoyable recueil, qui s'étend de lôio à 1656 exclusivement. Vint ensuite la Gazette éTUtrecht, rédigée en français, laquelle, en 1782, fut arrêtée k la frontière et sévèrement prohibée. Son héritage se vit recueilli en grande (partie par la Gazette ecclésiastique ci la Gasette littéraire. La cemtuie sévère a laquelle était oouiuue la feuille de Renaudot avait fait imaginer, dès le règne de Louis XIV, k» gouttes à la main, qui s'expédiaient de Paris dans les provinces, et se trouvaient, dit Ménage, remplies de faussetés. On sait que, dans le dix-huitième siècle, la société de M"" Doublet continua et perfectionna l'usage de ces gazettes manuscrites, grand sujet d'inquiétude pour le gouvernement. Plus tard encore, Franklin disait : « Les gazettes ministérielles, de même que la plume et la paille, emportées par le vent, indiquent comme eues d'où U souffle ■
Parmi les journaux qui portent encore avec distinction le titre de Gazette, il faut citer en Allemagne la Gazette d'Augsbourg,eik Paris la Gasette des Tribunaux et la Gazette des Hôpitaux.
GAZETTE DE FRANCE. C'est la plus ancienne feuille publique de France. Son premier nnméro remonte au mois de mai 1631. Voici comment on raconte son origine : Le célèbre généalogiste d' H ozier, que ses fonctions obligeaient k entretenir une correspondance fort active, tant avec l'intérieur du royaume qu'avec les pays étrangers, en communiquait les nouvelles à son ami Théophraste Renaudot, médecin de Loudun, établi depuis 1623 k Paris, qui après en avoir longtemps amusé ses malades dans ses visites, imagina d'y trouver un objet de spéculation en les faisant imprimer et les vendant à ceux qui se portaient bien. Il parla de son projet au cardinal de Richelieu , qui appréciait le mérite de l'Esculape, son compatriote, et lui demanda l'autorisation nécessaire pour le mettre k exécution. Déjà il devait à l*Éminence le titre de conseiller-médecin du roi, la direction d'un mont-de-piété, où il prêtait sur nantissement, les fonctions de commissaire général des pauvres et celles de maître général des bureaux d'adresses et de consultations gratuites. Il avait la vogue , et gagnait beaucoup d'argent. Sur la proposition de Richelieu , Louis XIII lui accorda pour sa feuille un privilège, qui fut confirmé par Louis XIV. Il obtint en outre, comme gazetier, le titre po:i»pcvi d'historiographe de France.
Le cardinal avait compris de quelle importance serait pour le gouvernement une feuille racontant les événements nous sa dictée et dans le sens du pouvoir. Il en fit un instrument de sa politique : il y rédigeait des articles et y faisait insérer des relations de sièges et de batailles, des traités de paix, des dépêches diplomatiques, quand leur publicité en Europe pouvait servir ses vues. Louis XIII y envoyait luim-' me des articles de sa -façon. Dans la suite, Renaudot alla plus avant encore dans la faveur de Mazarin que dans celle de Richelieu. Sa feuille ne fut longtemps connue que sous le titre singulier de Bureau d'adresses, ou d'Extraordinaire, quand elle donnait des nouvelles de l'étranger. Elle paraissait tous les huit jours, en très-petit format in-4\ de huit à douze pages.
Peu touchés de la difficulté et de l'importance des nomlissions que leur confrère s'était imposées, les mé- 1 jaloux l'accusèrent de trafic et d'usure, et, à la suite d'un long procès, la faculté obtint du parlement un arrêt rendu par Molé, sur les conclusions de Talon, prononcé en mbea rouges, après cinq audiences, lequel, supprimant les privilèges accordés k la philanthropie de Renaudot, le réduisait à l'exploitation de celui de la gazelle.