GÉANT
et profanes , rien ne serait mieux prouvé que l'existence ancienne des géants. La Bilile le* cite, et des Pères de PEglue les ont crus produits par l'union des anges avec les tilles des hommes. Og, roi de Basan, avait un lit de neuf coudées de long ou de plus de cinq mètres ( Deutéron., ni, 1) ; Goliath était haut de six coudées et une palme ,(/îoù, i, c. 17, v. 4) : c'était environ 3 mètres. M). On pourrait rappeler les histoires fabuleuse* des Titans, le prétendu ' squelette d'Oresle, haut de sept coudées, celui du roi Tcutoboehus, décrit en 1613 par Nicolas flabicot, chirurgien, ou le géant- Ferragut, haut de douze coudées, plus robuste que quarante Espagnols, et qui lut tué, suivant nos chroniques , par le fameux Roland, neveu de Charlemagnc. Nous rangerons tous ces contes avec ceux de Gargantua Cependant, il y a des individus de taille gigantesque en assez grand nombre cités par les auteurs , et qu'il serait trop long d'énumérer. Mais en remontant aux causes générales, on a dit : la terre, autrefois plus fertile et plus jeune, portait des animaux plus puissants ; ces espèces colossales, dont les ossements fossiles énormes nous étonnent dans les écrits de Cuvicr, de Buckland , de Conybeare ; ces megat/ierium , ces megalosaunu, ces palxothehum , et jusqu'à ces débris d'ours, de cerfs gigantesques des cavernes de nos pays. Voyons-nous encore des squales avec les dents aussi grosses que celles desglossopètres, des baleines de cinquante mètres, comme il est avéré qu'il en existait jadis? Il faut convenir que ces colosses ont disparu, H i|oenos plus vastes espèces actuelles ne présentent plus les dimensions de ces grands ossements dont parlait déjà Virgile :
Graruliique tffouis mirabitur o«u lepullia. Ce n'est point d'aujourd'hui qu'on se plaint du décroîsseuieut des hommes et de toutes les productions du globe. Il est facile cependant de prouver que le genre humain, s'il a pu décroître en quelques Ages et sous certains climats, ou par une corruption de mœurs trop grande , n'a pas sensiblement dégénéré depuis quarante siècles. Les sarcophages des anciens Egyptiens, dans la plus haute des pyramides, celle de Cbéops, n'annoncent nullement une taille plus élevée que la notre. Il en est de même de la généralité des momies mesurées dans les catacombes et les hypogées de l'Egypte. Homère , parlant de la taille d'un bel homme bien proportionné , ne lui donne que quatre coudées de liaut et une de large. Or, la coudée grecque et latine était «l'un demimelre. Vitruve établit que la stature ordinaire du soldat le plus beau est de six pieds romains ( & pieds fi pouces de France ). Enfin , il nnns reste des armures , des casques , des cuirasses, des anneaux des anciens qui prouvent que leur taille ne différait pas de la nôtre. Riolan, dans sa Gigantomachie , prouve aussi que les doses des médicaments , purgatifs et antres, donnés par les anciens médecins, équivalaient à nos doses actuelles, ce qui prouve l'identité intérieure des organismes. Enfin, les héros antiques n'étaient point de taille supérieure. Alexandre était petit de stature , comme Napoléon ; at Charlemagnc, d'après sou secrétaire Eginhard, n'avait que la taille commune. Les ossements humains les plus antiques , ceux qu'on a trouvés dans un agglomérat calcaire littoral à la Guadeloupe , avaient des dimensions vulgaires. De tous ces faits , on peut conclure que l'espèce humaine n'a pas dégénéré sensiblement depuis plusieurs milliers d'années; que l'existence des races de géants est au inoins problématique ; qu'il a pu exister des nations d'une élevée, comme on voit apparaître encore, de en temps, des individus très-allongés; enfin, que la stature de la majorité du genre humain se tient entre cinq et six pieds, excepté près des pôles, où elle n'est que de quatre à cinq. J.-J. YlMY.
Les géants étaient regardes par les Hellènes comme les enfants de la terre , cette génératrice des êtres , dont ils avaient fait , avec le ciel , leur première divinité. Us avaient puisé ce mythe dans la Phénicie, contrée féconde en hommes d'une haute taille. L'Écriture Sainte donne à ces colosses les noms effrayants de XèphiUm, ceux qui terrassent ; de Ré-
pham, ceux devant lesquels nom
ifÊmim, le* terribles; de Ghibborlm, les forts. Les Néphilim vivaient avant le déluge. Les Emims, anciens habitants du pays de Moab, avaient tous des proportions démesurées ; ils faisaient partie intégrante des Répbaim, les premiers possesseurs connus de la terre de Canaan. Les Enakim ou les lus d'Enak, dans la Palestine, étaient d'une taille si effrayante, que les éclaireurs de l'armée de Josué rapportèrent « qu'ils avaient vu un peuple devant lequel ils u'étaient que comme des sauterelles ». En faisant ici la part de l'exagération des terreurs paniques, il semble, d'après le témoignage de I Ecriture et des historiens, que cette race d'hommes particuliers appartenait presque exclusivement à la Palestine, où naquirent Og, fils d'Enak, roi de Basan, dont le lit avait plus de cinq mètres, et Goliat h, haut de six coudées et une palme. Voici à ce sujet le verset précis du Livre des Rois : « En ce temps-là il y avait des géants sur la terre, et aussi depuis que les enfants de Dieu s'allièrent avec les filles des hommes. » il est des Pères de l'Eglise qui , dans leurs visions ascétiques, et trompés qu'ils furent par le livre d'Enoch, se sont imaginé que les géants avaient été la production du mariage des anges avec les fil es des hommes.
Parmi les géants de l'Écriture , Ne m rod , qui fonda Ninivc et Babylone, est le plus illustre, après Og; les plus remarquables furent les fondateurs de la ville d'Hébron , surnommée la cité des géants, et les hommes de guerre Achiman, Sisai, Tholmaï. Il nous faut réduire à cela notre croyance aux géants de l'Ecriture, et telle est l'opinion des Pères de l'Eglise les plus éclairés, entre autres, de saint Chrysostôme. Toutefois, . un érudit n'a pas craint, dans un tableau spécial, dressé par dates et générations, d'assigner à Adam iOro,20, età Éve 3sm,60, d'où il établit une règle de proportion entre la taille des hommes et celle des femmes, à raison de 25 à 24. Cette taille démesurée ferait allée, selon lui , toujours en dégénérant : Noé aurait eu déjà 6m,J»o de moin:
qu'Adam; Abraham n'en aurait eu plus que 9m,10; Moïse, 4, 20; Hercule , s,25 ; et ainsi de suite, jusqu'à Jésus-Christ, époque où, Iteureusetnent pour nous et pour notre postérité, s'arrêta cet appauvrissement de l'espèce humaine.
Ce qui fortifiait cette opinion , ce fut sans doute ces monstrueuses images d'hommes , ces statues colossales de rois qui dominaient, comme des montagnes, les avenues des temples de Memphis et de Thèbes : telle était celle d'Osymandyas, dont un pied seul avait sept coudées de longueur. Cependant, ces hommes-colosses, ces phénomènes si communs dans la Phénicie, dont rendaient témoignage les chroniques des Hébreux, frappèrent vivement l'imagination des Grecs, qui n'étaient point assez voisins de cette contrée pour qu'ils ne mêlassent pas impunément le mensonge à la vérité. Us dounèrent bien vite place aux géants dans leurs mythes. Ces êtres monstrueux sont au premier plan dans l'histoire de leurs dieux. Ils les font enfants du Ciel et de la Terre ; et, ce qui revient à peu près au même, leur poète théologue, Hésiode , les fait naître du sang qui jaillit de la blessure d'Cranus, le Ciel dans leur idiome. Comme les géants de la Bible, ils sont injustes, violents, cruels ; comme les géants de la Bible, après leur mort, ils ont pour demeure l'Lnfer. Le Tartare, que quelques mythologues , quelques poètes, leur donnent pour père, justifie cette imitation biblique. Mais bientôt les convulsions géologiques, qui entouraient les colonies d'Agénor, de Cadmus , de Cécrops, de Dauaas, les monts orageux Incessamment foudroyés, les Iles labourées par les volcans , les autres pullulant de reptiles éclos des fanges d'un déluge, toutes ces terribles images fermentèrent dans les cerveaux helléniques, et les voilà personnifiant jusqu'aux roches inorganiques. Ils assignèrent à plusieurs d'entre elles un être monstrueux dans la nature , malfaisant et furieux. Des pierres, ce peuple de poêles fit leurs os; des exhalaisons, des flammes souterraines, des vents embrases, leur haleine; «les forêts, leur chevelure; des torrents, leurs cent bras, et des dragons rampants, leurs jambes. Pallèue, péninsule sur les cotes de la MaccWefl,
i»o GÉANT -
retraite de Protée et de ses phoque», les champs phlégrécns, ce sol de feu, les plaines de la The* salie, furent, dans leurs bons jours, leurs demeures de prédilection ; c'est delà qu'ils se ruèrent sur le mont Olympe, où ils assiégèrent Jupiter, Tenu récemment de Crète prendre possession de ces sommets flamboyants. Leurs armes à eux étaient des roches qu'ils détachaient, des arbres qu'ils déracinaient des monts Oasa et l'élion. Celle de Jupiter était la foudre. L'artillerie étherée ne prévalut pas; les dieux prirent la fuite et se cachèrent en Egypte sous la figure d'animaux.
Ces divinité» n'étaient que de faibles chefs que ce roi-dieu avait sons ses ordres ; mais bientôt il appela Hercule- Alcide (le chef fort) à son secours ; et les géants défaits furent ensevelis sous ces rocs mêmes qu'ils avaient lancés :Encelade, sous le» laves coulantes de l'Etna ; T y p h o n, sous les noirs blocs d'Ischion. Edos pour la plupart do cerveau d'Hésiode, d'Homère et des poètes théologues , on comptait dix-sept géant» : les principaux furent Encelade , Polybotès, Alcyonéc, Pophyrion, les deux Aloïdes, Ephialle, Othus , Eurytus, Clytlus, Tityua, Palla», Ilippolytus, Agrius, Thaon et Typhon, le plus redoutable. Le berger Polyphème, dans VOdyssée, est un diminutif des géant» thessaliens. Polyphème est le type de nos ogres. Orion, Antée, Hercule, Hyllus, son fil*, Cécrops,Ajax, Eryx , Ores te , Pallas , fils d'Evandre , Géryon de Gadès, les Cyclones , dont le» monstrueuses constructions, découvert os de nos jour», sont appelées, de leur nom, cyclopétnnes , passaient, après les incommensurables assaillants de l'Olympe, pour les hommes delà plus haute taille dans l'antiquité.
L'Orient dn moyen âge eut aussi ses géants : c'étaient les Djinns chex les Arabe», et les Dives chez les Persans ; leurs femmes étaient les Péris , comme eux d'une taille prodigieuse, mais d'une beauté sans pareille. Ainsi que les géants de la Grèce , les Dives gisaient sons d'affreuses montagnes, mais lies et garrottés par Dtv-bcnd ( le lieurde Dives), Tbahamurah, troisième monarque de Perse, qui les vainquit. Les roches terribles de ces montagne» forment une chaîne appelée Caf par les Orientaux. Ils prétendent qu'elle est la ceinture de la terre. Demrusch est encore un géant des Indes ; il demeure solitaire au milieu de ses trésors, dont il est l'unique gardien. Notre moyen âge eut aussi ses géant». 11 les opposait aux nains , ainsi que la Grèce avait opposé les siens aux Pygmées. Chez nous, ils habitaient des tours noires et isolées , ou des palais merveilleux , peuplés de jeunes et belles femmes captives. Le type de ces géants, à l'âme paisible et bénigne, est Gargantua, cette sublime création de Rabelais. Ses proportions sont appréciables ; car lorsqu'il prenait des bains de pieds, et c'était ordinairement dans la Seine, Il s'asseyait sur une des tours de Notre-Dame.
Denne-Baiion.
GEANTS ( Chaussée des ). Poyes Chaussée nés Géants.
GÉANTS ( Combat des ), nom sous lequel est souvent désignée la célèbre bataille de Marignan, gagnée, en 151!», par François 1er sur les Suisse» et le duc de Milan.
GÉANTS ( Montagne des ). Voyez Riesencebirce.
G É V.NTS ( Palaisdes ). Voyez Druidiques ( Monuments).
GÉBEUN ( Antoine COURT de). Voyez Court.
GEBEH ou GIABER ( Abou-Moussau-Djafak-al-Sofi) se fit un nom célèbre parmi les Arabes en cultivant l'a 1 ch imie et en écrivant plusieurs traités sur cet art. Suivant l'historien Aboulféda, il était de Hauran, en Mésopotamie, et vivait dans le huitième siècle. Cardan, partageant l'enthousiasme de» adeptes pour Geber, a contribué à lui faire attribuer l'invention de l'algèbre; le nom de cette science dériverait même de celui de l'alchimiste arabe. Cependant rien n'est venu corroborer cette opinion , et les livres qui nous restent de Geber sont exclusivement consacrés à l'alchimie, a la médeciue empirique et à quelques notions d'astronomie.
GECKO ( onomatopée rappelant imparfaitement le cri de quelques espèces), genre de reptiles sauriens dont on
GEDIMIN
connaît une soixantaine d'espèces, qui habitent les régie chaudes des diverses parties d n globe. Leur taille se rapproche généralement de celle de notre lézard commun. Leur corps déprimé est recouvert sur toutes se» parties d'ecailles grenues, parsemées de tubercules plus gros, qui lui donnent un aspect chagriné et assez repoussant. En même temps leurs allures pouvant se comparer à celles des salamandres et même des crapauds, les préjugés populaires ont fait de» geckos un objet d'Iwrrrar, ainsi que le rappelle le nom de père de la lèpre que leur avaient imposé le» Égyptiens, persuadés que leur contact suffisait pour souiller tout ce qu'ils touchaient. De graves écrivains ont même attribué des propriétés vénimeuses à leur morsure, à leur urine, à leur salive , etc. Cependant Cocteau a établi l'innocence de ces animaux timides, incapables de nuire par leur morsure ou l'action de leurs ongles, vivant d'insectes, qu'ils poursuivent surtout la nuit et que quelques espères viennent chasser dans les maisons, qu'elle» débarrassent ainsi d'botes incommodes. D'autres, plus sauvages, préfèrent les lieux déserte et sablonneux ; d'autres, enfin, se tiennent sur les arbres , et atteignent leur proie en sautant lestement de branche en branehe. Dans leurs diverses manœuvres , les geckos sont favorisés par leurs doigte présentant inférieurement une série de lames articulées et crénelées au moyen desquelles ils (ont le vide et se maintiennent sur des corps assez lisse». Leurs ongle», ordinairement crochus et rétractiles de diverses manières, les aident aussi beaucoup dans leur mode de locomotion.
GED ( William), orfèvre écossais, dirigea son attention vers l'art typographique, et arriva l'un des premiers à la découverte des véritable* principes delà stéréotypée. En 1775, Ged parvint à mouler des page*, et sur le relier qui! obtint, il put imprimer en 1739 un Salluste, dont il donna en 1744 un second tirage. C'est un in-18 de l&O page»; il est d'un aspect fort peu agréable. Malgré sa laideur, le Salluste de Ged est recherché de» bibliophiles; il est d'ailleurs d'une grande rareté. L'invention <Je l'orfèvre d'Edimbourg ne lui profita guère ; il tomba dans la détresse, et mourut fort misérable ; ses presses, ses pages de plomb, tout fut vendu au poids du métal. On a publié en 1781, à Londres, sa vie en un volume in-&°. Son procédé, encore uu|»arfait, (ut abandonné après sa mort. G. Brombt.
GEDDA. Voyez Djedda.
GÉDÉON, ju^e d'Israël, fil» de Joaa, chef de la famille d'Ezri, était occupé, un jour, à moudre du grain, quand un ange lui apparut, et lui dit qu'il délivrerait Israël du joug des Madianites. Puis il lui ordonna de détruire Pautel de Baal : Gédéon, craignant les hommes de sa tribu, exécuta de nuit celte mission ; ce qui loi valut le nom de Jérobaal , ou vainqueur de Baal. A la tête de 300 Israélites , il envahit le camp ennemi, à un signal convenu ; 300 trompettes éclatent avec accompagnement de vases brisés. Les Madianites, éveillés en sursaut et saisis d'une terreur panique, s'entretuenl au nombre de 120,000 , à ce que dit l'Écriture. Les 15,000 qui échappent à cette boucherie sont poursuivis par la tribu de Manassès; et Gédéon, s'empoiaut d'Orcb et de Zcb, princes de Madian, les fait mourir.
Les Israélites affranchis offrent le sceptre a Gédéon, qui se contente, de 134» à 1300 avaut J.-C. , du titre de juge. Il mourut très-âgé , laissant soixante-dix enfante : ils lurent tous, à PcxcepUonde Jonathan, tués par Abinjelech, leur frère naturel , qui succéda à Gédéon.
GEDIMIN ou G1EDYMIN, grand-duc de Lithuanie, vivait de 131» à 1340. Il déclara la guerre aux chevaliers de l'ordre Teutonique, et dirigea ensuite ses armes contre les principautés russes du sud. Après la déroute et la mort de Wladimir, prince de Wolhynie, Gédimin s'empara de toute la partie snd-ouesl de la Russie, sur la rive droite du Dnieper, et même de Kiew, qu'il unit à la Lithuanie. Il fonda ensuite la ville de Wilna, qui devint la capitale de ses États, et ravagea plusieurs fois le Brandebourg jusqu'à l'Oder. B périt dans une bataille livrée aux chevaliers de l'ordre
GED1MIN — GEUER
Tcutonique. Tous les oflorts du pape Jean XXII pour le convertir au christianisme demeurèrent inutile». Jagellon (ut petit-fils.
GEEF8 (Gnixisum), le plu» distingue des sculpteurs belges aujourd'hui vivants, et d'ailleurs l'un des artiste contemporains te plus remarquables par leurlaleut, est né en 1806, à Anvers, où «on père exerçait une profession manuelle. Apres avoir étudié te cléments de son art dans sa ville natale, et s'être ensuite perfectionné à Paris, il revint eu IV ki'jue, et s'établit à Bru i elles. Ses principaux ouvrages sont le monument du comte Frédéric de Mérode, dans la catltédralc de Bruxelles; le monument du général Belliard; le grand ntonuinent élevé à la mémoire des victimes des journées de septembre 1830, qui orne la place des Martyrs à Bruxelles ; la statue de Riiben* en bronze, à AnTers, haute de trois mètres ; une chaire dans la cathédrale de Saint-Paul, à Liège; la belle statue en pied de l'empereur Chartemagne, dans l'église Saml-Servaas , à M a es trie ht ; enfin la statue colossale en marbre du roi Léopold 1", pour le grand vestibule du palais national. L'artiste a su s'approprier toute les qualités de l'école française, et en même temps se préserver de •«défauts. Sa manière est tout à la fois pleine de noblesse et d'originalité ; dans sa statue de l'Amour, dan» sa Françoise de Kimini, dans son Lion amoureux ( 18&I ), on admire un sentiment vif et profond joint à une indicible douceur «fex prussien. Sa femme, Fanny Gicti, née Corr, s'est fait aussi un non» comme portraitiste et comme peintre de genre.
GKKI-9 ( Joski h), frère cadet du précédent et artiste non moins distingué, habile Anvers. Un prix d'encouragement qu'il remporta lui permit d'aller compléter ses études a Rome. Son uwvre la plus connue est son Démon; il a réprésenté le mauvais esprit sous la forme d'un homme physiquement beau, mais dont toute la figure exprime la plus profonde perversité. Cette statue ornait à l'origine la chaire exécutée par son frère pour l'église de Saint-Paul, à Liège; mais on l'en enleva pins tard, parce qu'elle scandalisait les fidèles.
GEEFS (Alors), frère puîné des précédents, né en 1816, annonçait on talent de premier ordre. Dès l'âge de douze lins il remporta le prix de sculpture à Anvers ; à dix-sept ans, il en gagna un autre à Brunei les. A l'exposition qui eut lien en 1837 à Anvers, son Épaminondas mourant lui valut un premier prix, et il en obtint encore d'autres chaque année. On a de lui up beau buste de la Béatrice du Dante; et c'est lui qui a exécuté te bas-reliefs de la statue de Rubens de son (rère atné. Malheureusement 11 mourut dès Tannée 1841 à Paris. A ses moments de loisir, il faisait aussi de la peinture.
GEER (Lotis De), d'une ancienne famille hollandaise, vint s'établir en Suède, sous le règne de Gustave- Adolphe. 11 introduisit dans ce pays te meilleures méthodes pour la fabrication du fer, et y établit des fonderies de canons et une manufacture d'armes. En même temps il y réorganisa l'instruction publique. Sous le lègne de Christine, une flotte équipée par De Geer contribua a la défense des cotes.
GEER ( Charles, baron De), hou de la même famille que le précédent, naquit à Stockholm, en 1720. Cet entomologiste célèbre a été surnommé le Réaumur suédois. Il dut ce titre à ses Mémoires pour servir à l'histoire des insectes (Stockholm, 1753-78, 7 vol. in-48), qu'il publia en français. M'-itibre de l'Académie de Stockholm , maréchal de la cour de Suède et commandeur de l'ordre de Wasa, le baron De Geer fut enlevé an\ sciences le 8 mars 1 778.
GEES ou G1HZ ( Langue de ). foyes Éthiopiennes ( Écriture, Langue, Littérature).
GEESTLAIVD. On appelle ainsi, dans le duché de Holstein,en opposition a la Marche, la région élevée, sèche et peu fertile, qui forme la crête de ce pays.
6EFJON , nom d'une divinité Scandinave dont l'essence a beaucoup de rapport avec celles de Prig g a et de F rey a, surtout en raison de la bienfaisante influence qu'elle exerce sur la mise en culture du sol. Protectrice rpécialc
des vierges, elle recueille auprès d'elle celte qui viennent
à mourir. Une vieille tradition rapporte que Gofjon enleva un jour une certaine étendue de terre que Gylfi, le souverain de Suithiod , lui avait donnée à labourer avec quatre bœufs en un jour et une nuit , et qu'elle la plongea alors dans la mer. Telle fut l'origine du lac Ma'lar, eu Suède , et do l'Ile de SeeJand, en Danemark.
Une frégate danoise, du nom de Qefion, portant 46 canons et «90 hommes d'équipage, tombeau pouvoir des Schtewigllolsteinois, lors du combat livré le 5 avril 1849 dans la baie d'Eekernterde. Il fut décidé alors que ce bâtiment ferait partie de la fameua*/?of te allemand* que le pouvoir central devait créer; et plus tard le gouvernement prussien en lit l'acquisition.
GEFLE» ville commerçante de Suède, chef-lieu du tuulliage de Gefle ou Gefleborg, et en particulier de la contrée appelée GrstrHlaud, bâtie sur plusieurs Iles, à I embouchure du large et rapide Gefie-Au, dans le golfe de Bothnie, est le siège d'un tribunal supérieur, et possède 8,000 habitants, un gymnase, une bibliotltèque assea riclie , un des plus beaux hôtels de ville qu'il y ait en Suède , et un port. Cette ville renferme des manufactures de toile à voile, de cuir et de tal bac, des raffineries de sucre, etc. Centre d'une active naviga- I tion, c'est.après Stockholm et Gothenbourg, la cité la plus commerçante de la Suède , et il s'y fait des affaires considérables, surtout en fers, en grains et en bois.
Gefle est la ville la plus ancienne du Nordland suédois, et était jadis en possession exclusive de tout son commerce. Un incendie détruisit en 1727 le vieux chôlcau de Gejleborij, i construit au seizième siècle par le roi Jean III. Au mois de ' février 1791, le roi Gustave 111 vint habiter le chaleau neuf pendant la diète tenue dans cette ville, et il y échappa à une tentative d'assassinat, renouvelée A quelque temps do là A Stockholm.
Le bailliage de Gefleborg, divisé en Gaeetrikland et Hetsingland, compte 1 1 1 ,000 habitants, sur une superficie de W myriamètres carrés.
GÉUENNE i Gehenna ) , terme de l'Écriture Sainte, qui a fourni longtemps matière aux investigations des commentateurs, et que les auteurs de la Vuigate ont latinisé, vient des deux mots hébreux, Gui Bannon, la vuilée des enfants d'Hannon , ou la vallée d'Hannon. Là te Cananéens et , après eux , les Israélites sacrifiaient des enfants à Moloch, en les faisant brûler sur son sutel. On appelait aussi ce lieu Tophet, ou Topheth, horreur, et l'on y battait le tambour pendant le sacrifice, pour qu'on n'entendtt pas les cris des malheureux enfants. Josias, roi de Juda, renveisa l'antel de Moloch, que sous Manassès, successeur d'Éxèchias, te Hébreux avaient lelevé, et il voulut que la vallée de Tophetb, on d'Hannon, devint l'horrible réceptacle on seraient déposées et brûlées les immondices de la ville. Les Juifs prirent depuis cette vallée en si grande aversion, qu'ils en firent le lieu où, dans la vie future, seraient punis les méchants et les ennemis de Dieu. Les Arabes et te Mahnraétans ont pris d'eux cette dénomination. Elle est passée aussi chez te chrétiens comme l'image la plus vive du lieu de supplice destiné aux réprouvés ( voyei Enfer ). Chaupacnac.
GEUER (Éms-GusTsvE), célèbre historien suédois, né le 12 janvier 1783 en Wermland, mort à Stockholm, le 13 avril 1847, était le fils d'un maître de forges, et fit ses études à Upsal, où il obtint, en 1806, le titre de docteur en philosophie. Comme étudiant, il avait remporté dès 1803 le grand prix d'éloquence à l'Académie royale de Stockholm. Le sujet proposé était l'éloge de Steen-Sture, administrateur du royaume à l'une des époques te plus critiques de l'histoire de la Suède. Professeur agrégé d'histoire à Dpsal à partir de 1810 , il fut nommé en 1815 professeur suppléant, ; et biontôt après, en 1817 , professeur titulaire. Il siégea k : deux reprises a la diète, en qualité de représentant de l'université d'Upsal, à savoir dans les sessions de 1828 à 1830 et de IBiO à 1841. Bien qu'il ne fût ni ecclésiastique ni
10) GEIJER
surtout théologien , le clergé de deux diocèses le proposa à deux reprises au choix du roi pour évêque ; mais iJ se déroba à cet honneur, afin de pouvoir poursuivre en toute liberté ses travaux historiques.
Parmi ses nombreux ouvrages , nous citerons d'abord sa Svea riches Hatfd ar '(Histoire primitive de la Suède), dont il n'a paru qu'nn volume ( 1825 ). Commencée sur un plan trop vaste, cette histoire est plutot.une large et poétique peinture de la péninsule Scandinave, qu'une judicieuse appréciation de ses anciennes choniqnes et de ses premiers monuments historiques. Si l'auteur avait dû continuer ce travail jusqu'à nos jours dans les mômes propositions qu'à son début, il eût fait au moins vingt volumes. En 1835, il recommença la tâche qu'il s'était proposée, et adopta cette fois un plan beaucoup plus restreint pour sa Svenska Folkets Historia (Histoire du peuple suédois), dont trois volumes seulement ont paru (1836-1842), et qu'il a laissée également inachevée, car elle s'arrête au règne de Christine, mais qui n'en demeure pas moins, tout incomplète qu'elle est, uu des ouvrages historiques les plus remarquables de notre siècle , où l'on admire un grand talent de style «ni à une grande profondeur d'aperçus et à une rare élévation de pensées. Nous devons encore mentionner son Histoire de la situation de la Suède, de 17 18 à 1772 ( 1839 ) ; sa Vie de Charles-Jean XIV ( Bernadotle), et ses Mélanges de politique, d'esthétique, de philosophie, de théologie et de pédagogie, intitulés : Valda smrrre skrijtcr ( 3 vol., 1841-42). En dernier lieu il publia h» Écrits laissés par Gustave III, et restés pendant cinquante ans sous les scellés (2 vol., 1843). En politique, Geijer avait longtemps appartenu au parti conservateur ; il le déserta dans les dernières années de sa vie , et cette éclatante défection eut un immense retentissement. En effet )'i>omme qui jusqu'alors avait soutenu les principes de l'autorité et du despotisme arborait le drapeau de l'indépendance et proclamait les principes du libéralisme le plus avancé. Ce n'est pas en Suéde seulement qu'on a eu de nos jours l'exemple de pareilles transformations.
Geijer n'était pas seulement historien et homme politique, il avait aussi cultivé les beaux-arts et la poésie. 11 était tout à la fois poète et musicien ; et plusieurs de ses citants sont devenus nationaux en Suède, tant pour les paroles que pour ■la musique. H les publia dans VIduna, journal littéraire, et dans les Skaldestgcken, recueil poétique (Upsal, 1835).
GEILER DE KAISERSRERG ( Jeatv ), fameux prédicateur allemand, né en 1445, à Schaflhouse, fut, après la mort prématurée de son («ère, élevé par son aïeul, à Kaisersberg, en Alsace, et mourut en 1510 a Strasbourg. On dit que c'est en son honneur, et pour rappeler le succès prodigieux de ses sermons, que fut construite la chaire magnifique qui orne la cathédrale de celte ville. Ses sermons (qui furent prononcés en allemand, mais qu'il a rédiges en latin ) témoignent des peines infinies que se donnait l'orateur pour impressionner vivement son auditoire ; afin d'atteindre ce but , il ne dédaignait ni les pointes ni les plaisanteries, pas même la moquerie. Ses sermons sont autant de tableaux de la vie réelle, pleins de chaleur et de coloris ; mais son xèie le pousse souvent à employer une satire amère, qui ne saurait se concilier avec les idées que nous nous i aujourd'hui de la dignité qui doit caractériser Vélosacrée. Son style est vigoureux, animé , mais quellibre jusqu'à ta licence; aussi Geiler peut-il être, à plusicuia égards, considéré comme le p récuseu r d'Abraham a Sa n et a C 1 ara. Parmi ses écrits, devenus très-rares aujourd'hui, nous citerons : te iïavlrcdes Fous (Das Narreuschiff , fiuvicula, sive spéculum fatuorum), ouvrage composé de 1 42 sermons (Strasbom g, 1 5 1 0 ), et auquel il donnait le même titre que celui d'un ouvrage alors en vogue, de Séb. Itrandt, U navire de la Pénitence ( Augsbourg, 1511); Pèlerinage cÂrétienà Véterntlle patrie (Baie, 1512).
(•E1LXAU) petit village situé près de l'a chi ngen , dans le duché de Hassan, est renommé par ses eaux miné-
— GEISMAR
raies, qui appartiennent à la classe des eaux acides et ferrugineuses. Comme on n'a encore construit à Geilnau aucun établissement propre à recevoir des baigneurs, ses eaux ne se boivent guère qu'au loin, où on les expédie en bouteilles. On les emploie plus particulièrement contre les faiblesses des organes de la génération , contre les affections de la peau , des glandes lymphatiques, et du système vasculaire, et surtout contre les maladies des reins et les maladies véskulaires , contre la pierre, la gravelle et les engorgements.
GEISER ou GEYSER, vieux mot islandais, dont la signification est tourbillon. C'est le nom donné en Islande à de grandes sources d'eaux jaillissantes et thermales, dont les plus renommées sont le grand et le nouveau Geiser; toutes deux sont situées au nord du mont Hécla, dans une vallée unie, percée d'une multitude de sources thermales, entounée de toutes parts de montagnes roclteusea , et située à environ 3 myriamètres de Skalholt. Les Geiser appartiennent au genre de sources dites intermittentes, c'est-à-dire ne lançant de l'eau que de temps à autre; mais contrairement à ce que l'on observe pour cette espèce de sources, ils n'ont rien de bien régulier en ce qui touche la quantité et la durée de leur» éruptions ainsi que l'époque on elles ont lieu. Au sommet de petits monticules hauts de 10 mètres environ et formés par le gravier que dépose l'eau bouillante des sources, ils jaillissent de grands bassins circulaires de 20 à 25 mètres de diamètre, au fond desquels se trouve un canal de conduite, et d'où s'écliappent continuellement d'épais nuages de vapeur. A rapproche de l'orifice des sources, on aperçoit d'abord l'étroit bassin , rempli à peu près jusqu'à moitié d'une eau aussi transparente que lè cristal , cependant en constante ébullition, et s'élevant insensiblement jusqu'au bord. Quand elle arrive à ce point, et quelquefois plus tût, on entend un bruissement souterrain et semblable à celui du canon, qui fait trembler le sol, le soulève et menace de le faire entr'ouvrir. En même temps la masse d'eau se gonfle, puis elle est rejetée hors du bassin avec une force énorme, tandis qu'un immense nuage de vapeurs se développe dans les airs. Les jets d'eau ont de deux à trois mètres de diamètre; ils sont entremêlés de graviers et de pierres, et enveloppés d'une vapeur épaisse qui reste longtemps stationnaire. Ils s'élèvent perpendiculairement , d'abord à quatre et cinq mètres de hauteur, puis, aux éruptions qui se succèdent ensuite rapidement, atteignent une élévation de quinze et même quelquefois de plus de trente mètres. Les reflets du soleil et de la lune sur cette masse nébuleuse produisent les accidenta de lumière les plus variés et offrent souvent un spectacle vraiment magique. Les éruptions se succèdent tant que le bassin n'est pas complètement vide; alors survient une période de repos et de silence, jusqu'à ce que le phénomène se produise de nouveau.
Le grand Geiser est de la plus haute antiquité ; le Slrockr ou nouveau Geiser, situé à peu de distance, ne date que de 1784, et fut produit alors par un tremblement de terre. Si le nouveau Geiser est inférieur à l'ancien sous le rapport de la force et du volume de l'eau, il l'emporte souvent pour la magnificence et la beauté des effets. On explique ce phénomène, sans contredit l'un des plus curieux du globe, puisque c'est là une espèce de volcan d'eau, par la force expansive de la vapeur. L'eau renfermée dans les cavités d'où jaillissent les sources est tellement échauffée par un feu brûlant à l'intérieur, qu'elle se transforme en vapeur. Comprimée d'abord par la masse liquide ainsi que par tes parois étroites des conduits d'échappement, cette vapeur s'accumule rapidement, finit par se frayer de vive foice un passade, et alors soulève l'eau avec une puissance qui produit d'admirables effets hydrauliques, surpassant mille fois un beauté et en magnificence tout ce que l'art humain pourra jamais imaginer et créer.
GEISMAR (Kbédkric, baron oc), général russe, né en 17S3, aux environs d'Ahlen, dans le ci-devant évêchc «tq
GEÎSMAR -
Munster, fit dès 1799 la campagne d'Italie comme cadet dans l'année autrichienne. Il renaît d'obtenir les épaulette* de lieutenant en 1804 , lorsqu'il quitta le service autrichien arec l'intention d'aller servir l'Angleterre dans les grandes Indes. Déjà il était arrivé à Corfou, se dirigeant vers Cevlan, quand il accepta les offre* qui lui furent faites pour entrer au service de Russie. Nommé enseigne dans le régiment des grenadiers de Sibérie, alors en garnison à Corfou, il fit arec ce corps la campagne de 180& contre Naples. La bataille d'Austerbtx ajant contraint les Russes à évacuer l'Italie et bientôt après Corfou, Geismar suivit son régiment en Podolie, puis, en 1806, quand éclata la guerre contre les Tores , en Mol» (tarie et en Valachie. Peudant cette guerre, il eat occasion de se signaler par diverses actions brillantes. Découragé, à ce qu'il paraît, de n'aToir pas obtenu la récompense qu'il jugeait due à ses services, il donna sa démission en 181 1, pour se retirer dans un petit domaine situé aux environs de Bucharest , qu'il avait pris à ferme. Mais quand la guerre éclata entre la Russie et la France, Geismar accourut à Saint- Pétersbourg , où il fut placé en qualité d'aide de camp aupré» tlu général Bachtneliei. Blessé grièvement A l'affaire d'Ostrowno, il ne pot rejoindre Parroéequ'en 1813, à Kalisch. Les nombreux et signalés services qu'il rendit pendant les campagnes de 1813 et de 1814 ne lai valurent d'antre récompense que le grade de colonel et force décorations; ce ne fut qu'en 1820 qnll obtint les épaulettes de général. A l'époque de la guerre de 1828 contre les Turcs, il fut chargé du commandement de Pavant-garde du 6" corps aux ordres du générai Roth. Détaché dans la petite Valachie, il surprit, le 39 septembre 1838, le pacha de Widdio, qui l'avait attaqué deux jours auparavant, et le mit complètement en déroute. La campagne de 1829 lui fournit l'occasion d'exécuter encore avec succès d'autres expéditions sur le territoire tnre ; au mois de juin il s'empara de la forteresse de Rachowa , et par la rapidité de ses mouvements, ainsi que par la vigueur de son attaque , il déjoua le projet de tomber sur les •lerrières de l'armée russe conçu, après la signature du traité «FAndrinople, par le pacha de Scutari. L'insurrection de la Pologne en 1830 fournit au général Geismar de nouvelles occasions de se signaler. 11 commanda alors un corps de cavalerie légère ; mais ce corps , après avoir dû fuir le 19 lévrier 1831 devant les forces aux ordres de Dwernicki, lut presque complètement anéanti le 31 mars suivant à la suite (fane attaque tentée la nuit contre le camp russe par le pèserai Bkrzynecki. Le général Geismar demanda et obtint son congé en 1839; mais il reprit dn service au moment où l'empereur de Russie .se décida à faire envahir par un corps d'armée la Hongrie à l'effet d'y comprimer l'insurrection. Il mourut à Saint-Pétersboorg , en 1860.
GELA, colonie commune des Rhodiens et des Cretois, sur la cote méridionale de là Sicile, et sur les bords du fleuve du même nom, non loin de l'endroit appelé aujourd'hui Terra Nuova, fut fondée vers l'an 690 avant J.-C. Dès l'an m, une colonie nouvelle, partie oe Géla, fondait la ville d' Agngente ; l'époque de sa plus grande prospérité fut le temps oo, après que Cléandre s'y fut déjà emparé du pouvoir souverain vers l'an 50!», elle obéissait aux lois de son frère Hippocrate, lequel soumit presque toute la Sicile jusqu'à Sjracuse. G é I o n, successeur d'H ippocrate, s'empara de cette dernière ville, et y établit le siège de son gouvernement, abandonnant à son frère Hiéron l'administration de Géla , qui tomba tout à fait en décadence sous la prépondérante influence (fAgrigente et de Syracuse, surtout lorsque Pliinlias, tyran d'Agrigente, eut fondé et peuplé la ville de Phintiade avec des habitants de Géla.
GÉLASE 1", pape, lut élevé sur la chaire pontificale en 493, après la mort de Félix II. Ce pontife joignit à une vie sainte et austère un profond savoir et une prudente fermeté pour le maintien de la discipline ecclésiastique. Son tèle s'exerça tour à tour contre les eutychiens, les péJagiens, les ariens, tes manichéens, qu'il attaqua dans différents ouvrages. Dana un concile qu'il tint à Rome en 494, il fit régler
DlCT. l>6 L\ C0MVEK8. — T. X.
GELATINE 193
le catalogue des livres de l'Écriture, pour les purger des apocryphes. Il mourut en novembre 49«, après un pontilicat de quatre ans, huit mois et dix-huit jours*. Il est compté au nombre des saints. Ce pape a écrit plusieurs ouvrages estimés, entre autre* des hymnes qui ne sont pas venues jusqu'à nous, n reste de lui : i°des Lettres; 2*un traité du Liende l'Anathème, contre Euphemlus de Coiutantinople ; 3* un Traité contre Andromaque , pour empêcher les déhanches extravagantes des Lupercales, qu'un sénateur de ce nom voulait rétablir ; 4° on Traité contre tes Pitaçiens; 6" un livre Des deux Natures en Jésus-Christ, contre les hérésies de Nestorius et d*Eutychèa; 6* un SacramentaUre , sorte de rituel, qui contient un recueil de plusieurs messes et l'ordre de* cérémonies pour l'administration des sacrements.
GÉLASE II, appelé auparavant Jean de Gatte, du lieu do sa naissance, fut le successeur de Pascal II. Religieux de Saint-Benoit, puis cardinal de la création d'Urbain 11, il n'était pas encore prêtre lorsqu'il fut élu pape, en 1118. Un intrigant, qui s'était opposé a sou élection, lui suscita des troubles, et le força de se retirer dans sa ville natale, où il reçut la prêtrise et Pépiscopat. De retour à Rome, peu de temps après, il se vit encore chassé par l'empereur Henri V, qui poursuivait la querelle des investitures, et qui lui oo/ posa un prétendu pontife sous le nom de Grégoire VIII. Gélase se réfugia en France, et tint à Vienne un concile contre les fauteurs du schisme. Il mourut à l'ahbave de Cluni, le 39 janvier 1119, après un an de pontificat.
L'abbé C. Bjucdkvillb.
GÉL ATI NE.Ce.mot, dérivé du latin gelu, gelée, désigne une des substances qui existent dans les matières solides des diverses parties des animaux. La gélatine est, suivant M. Dumas, ainsi composée : Carbone 50,99, hydrogène 7,07, azote 18,72, oxygène 23,22. On l'extrait des matières dont elle est te principe immédiat, en les traitant par l'eau bouillante; elle prend alors la forme d'une gelée demi-transparente, incolore, inodore, insipide, plus pesante que l'eau, d'une dureté cl d'une consistance variables. La gélatine solidifiée n'éprouve aucune altération par l'air; elle est insoluble dans l'alcool, dans Péther et les huiles, mais l'eau chaude la dissout parlaitement. L'extraction de la gélatino des os a été l'objet de l'attention de plusieurs chimistes : Proust est le premier qui ait trouvé le moyen de la solidifier et d'en faire des tablettes. On avait d'abord tenté l'extraction de la gélatine des os en broyant ceux-ci avant de les soumettre kl'ébullition ou à l'action du digesteur ou marmite de Papin. Darcet fils essaya de l'obtenir en séparant le tissu gélatineux des os des matières salines qui entrent dans leur composition, à l'aide de l'acide muriatique, qui a la propriété de détruire ces sels osseux sans attaquer le tissu. Ce procédé a eu un succès complet, et l'on a vu des tètes de bœuf, traitées de cette manière, parfaitement conservées, et formant un squelette entièrement gélatineux. Le tissu gélatineux ainsi préparé se conserve pendant plusieurs années quand on a eu soin de le préserver complètement d'humidité. Cent parties d'os en laissent à nu trente de tissu gélatineux. La gélatine a été préconisée par Darcet comme propre à faire d«s bouillons économiques. Cependant si l'on veut employer la gélatine à cet usage, on doit ajouter à ce bouillon une partie de viande. Différents observateurs ont prouvé, particulièrement G an na 1 et après lui M. Donné, et l'Institut a finalement reconnu et fait savoir que la gélatine dont on composait des bouillons économiques pour les malades des hôpitaux et les prisonniers n'est aucunement nutritive ; en sorte que de tels bouillons gélatineux n'avaient eu pour effet que de rendre la diète plus expresse. Cela n'Ote pas à la gélatine ses autres propriétés, dont les arts et l'industrie ont su tirer parti. Elle sert à coller et clarifier les vins blancs, à faire une colle forte et une colle à bouche de qualité su périenre, des pains à cacheter, à clarifier le café. La solution aluraineuse de gélatine est employée pour coller lo papier. Combinée avec le lannin, la gélatine convertit les peaux
194 GELATINE
d'animaux en cuirs imputrescibles. L'art du mouleur lui- I même a su tirer parti de Mite matière qui permet d'obtenir des épreuve! sans couture».
GELATINE DE WARTHON. Voyez Cojuhmiou- J
B1MCAL.
GELÉE (de ftlu, ùvkl ). Lorsque la température ' qui maintient certaines su bAtancc a l'état liquide vient à baisser d'une quantité suffisante, ces substances se durcissent et passent à l'état solide Pour expeimer ce changement d'é- • tat, on dit alors que oe* matières gèlttU : l'eau, par exemple, gèle lorsque I* thermomètre centigrade indique ud degré de froid au-dessous de zéro de r échelle de l'instrument ; , les eaux stagnantes gèlent plu* tôt que les eau x courantes; les huUea, en gAtiéral, gèlent par un degré de froid moindre que la température qui fait passer les eaux à l'état de glace ; loi liqueurs spiritueuses, telles que les vins, les eanx-de-vie, l'étlicr, etc., ne gèlent que par un degré de froid tiès-elevé ;
pérature de iO degrés au-dessous de zéro.
Les gelées sont plus ou moins funestes aux végétaux et \ aux animaux ; mais leurs effet* sur les végétaux sont les plus désastreux lorsqu'elles ont lien immédiatement a près u n d é gei, ae&piuics, une lonie ao neiges, c csi-a-fiire lorsque les plantes sont le plus imbibées d'eau, par la raison que ce liquide, ayant la propriété d'augmenter de volume en passant à l'état de glace, l'organisation de la plante ae trouve dé- { truite en tout ou en partie par les glaçons interposés entre ses I éléments, et qui en ont aHéré le centexturc. On explique de I la même manière la promptitude avec laquelle des fruits gelcs entrent en dissolution sitôt qu'ils sont exposés dans j un lieu dont la température est élevée.
Les corps des animaux ayant une organisation à celle des végétaux, une (orte gelée peut, en solidifiant les liquides qu'ils contiennent, détruire la contexture du leurs fibres, les parais des canaux des vésicules, etc., dans lesquels circulent ou se réunissent ces liquides : aussi un membre est-il perdu pour toujours si, lorsque étant exposé à un très-liaut degré de froid, on le laisse se geler sans y apporter d'obstacle ni do remède {voyez Congélation [Pathologie]). Teyssèmie.
GKI.KK ( A rt culinaire et Pharmaceutique). On comprend sous ce nom diverses compositions d'office et de phar-
isr-
! , qui ont une certaine analogie avec l'eau devenue solide par le froid (gelée ). Ce sont des liquides qui conservent leur fluidité tant qu'ils sont chauds, et qui acquièrent de la consistance aussitôt qu'il sont, refroidis : le bouillon de viande très-rapproché fournit un exemple commun de ces sortes de préparations.
Liât gelées sont formées exclusivement de substances animales, ou de substances végétales, ou de mélange des unes etdes autres La base des premières est la gélatine, et surtout celle fournie par la colle de poisson ou ta corne de cerf râpée. La solution de ces corps gélatineux procure un liquide qui se prend aisément en pelée transparente ; les pieds de veau sont communément employés pour l'obtenir : on les (ait bouillir plus ou moins de temps avec des viandes-blanches, telles que celles de veau ou de poulet , et quelquefois de poisson , ainsi qu'avec des légumes doux et sucrés : après avoir suffisamment rapproché le bouillon, on le clarine avec un blanc d'œuf ; bientôt il acquiert la consistance de gelée, et prend la forme des vases dans lesquels on le verse. Ces préparations , qui ne sont sapides qu'en raison des sucs de viande qu'on ajoute è la gélatine , offrent sous un petit volume une quantité considérable de matière alibile : c'est pourquoi elles sont d'un usage fréquentdans la convalescence, dans diverses maladies chroniques, notamment dans les affections des intestins, surtout la dianiiée chronique.
Les gelée* végétales sont plus variées que les précédentes, et ont des avantages certains qui les recommandent, soit pour les malades, soit pour les personnes valides. On les prépare avec différents fruits : les groseilles rouges et blani , les coings , les pommes , l'épine- vinelle , le raisin , etc.
( voyez CowmuaE). Le suc de groseilles est presque le seul qu'on puisse faire passer sans feu à l'état de gelée avec le sucre , parce qu'il contient beaucoup de matière muqueuse. On est obligé d'ajouter de la colle de poisson , c'est-à-dire de U gélatine, pour laire prendre les autres : elle est indispensable pour le suc de cerises. Toutes ces gelées végétales sont exemptes d'inconvénients, et on les appète plus ou moins \i veulent: elles sont d'une grande ressource dans la convalescence des malades, cl elles figurent très-convenablement dans tous les desserts. On prépare aussi pour les convalescents une gelée avec la mie de pain , ou avec IVmulsion d'amandes douces, qu'on appelle b (an c manger: l'un et l'autre ont beaucoup d'analogie avec le crème de riz, qui est même préférable, en ce qu'elle est promptemeut et facilement pré|*rée. On fait bouillir ta mie de pain einiettée dans de Tenu en ajoutant uu peu de cannelle , du sucre ou d u bois de réglisse. On obtient ainsi une sorte de bouillie claire, qu'on passe et qu'où condense avec de la colle de poisson. C'est aussi avec cette dernière substance qu'on fait prendre en gelée le Uit d'amandes. La gelée de choux rouges, que plusieurs personnes considèrent, malheureusemeut à tort , comme un moyen efficace dans les maladies de poitrine, s'obtient par un procédé semblable : on tait bouillir les choux, on rapproche ta bouillon; on y ajoute du sucre, et ensuite de ta colle de poisson ou toute autre gélatine. Le bouillon de mou de veau et de navets peut être condensé de inérne. Une préparation pharmaceutique qui était Iréquem tuent employée U y a quelques années est la gelée de lichen d'Islande : elle fut réputée comme étant très-efficace dans les maladies de poitrine j mais l'expérience n'a pas justifié cette npulation, comme celle de tant d'autres uedicamcub. La de Corse fournit une gelée dont on tait usage pour
ces préparations de lichen d'Islande et de mousse de Corse sont diriiciiement tolérée* |«r l'estomac cliex plusieurs individus : aussi ne doit-on en faire usage qu'avec réserve.
Dr Chauonmbh.
GELKE (Ciaudh), plus connu sous le nom de Claude le Lorrain, paysagiste justement célèbre, naquit en l'an liioo, au château de Champagne, près de Toul en Lorraine, de parents au service dn seigneur de l'endroit, ot qui h) laissèrent orphelin de bonne heure. Son intelligence, dans les premières années de sa vie, resta longtemps si épaisse et si lourde, qu'il n'apprit absolument rien S l'école où on l avait placé, qu'il parvint tout au plus à savoir signer son nom, et
rudintentaires. En desespoir de cause, ses parents le mirent en apprentissage cher, un itftissier, ou il ne lit Ruère preuve de plus de dispositions. Resté seul et sans appui à l'âge de douze ans, il s'achemina à pied vers ta ville deFribourg, où son frère exerçait la profession de graveur sur bois. Celuici lui donna sans succès quelques leçons de dessin. Plus tard, un de ses parents l'emmena a Rome ; suivant une autre version , a; serait comme vagabond et en errant de granité route en grande route avec d'autres jeunes aventuriers de son âge, qu'il serait arrivé dans ta ville étemelle. Quoi qu'il en soit de l'exactitude de ce détail, il est facile de concevoir qu'étranger, ignorant la langue et ne sachant absolument rien foire , il dut bientôt s'y trouver dans le plus embarras pour subvenir à ses premiers besoins. Sa étoile voulut que dans cette situation critique il fut i tré un beau jour par un peintre paysagiste , élève de Paul Bril, appelé Âgosttno Tasn, qui le prit è son service pour broyer ses couleurs, apprêter ses repas, panser son cheval et s'acquitter de tous les autres soi us de sou ménage En sus de ses gages, il lui donnait quelques leçons de dessin
tique.
d'abord toutes les peines du inonde a profiter lie ces leçons : cependant, il finit par y prendre goât. Vers cette époque, quelques paysages envoyés de Naples à Rome p*r
GELÉE — GELLEBT
Wals, élève de Tmii, achevèrent de lui dessiller les yeux et de loi fréter sa vocation. 11 sollicita la faveur d'être admit su nombre des élèves de Wal» , resta longtemps dans son atelier, puis rentra dans celui de son premier malUne. Plus tard, il se rendit à flapies, puis en Lombardie et à Venise , eè il étudia les paysage» du Giorgione et du Titien, s'approprunt le faire et le coloris de ces grand* maîtres. A force de patience et de travail, il était parvenu à connaître tout les secret* de l'art, et à l'Âge de vingt-cinq ans il brillait déjà parmi les grands peintre». Après un rapide voyage (ait en France pour revoir une dernière fois les lieux où il était né, il revint en Italie, et s'établit, eu 1637, à Rome, où il jouit constamment , jusqu'à sa mort, arrivée en 1683, à la suit*- d'une attaque de goutte, d'une grande aisance, par suite du prix de ohis en plus élevé donné des productions de son pinceau par tes admira leurs de son talent.
Les grandes galeries d'Italie, de France, d'Angleterre , ri 'Ks pagne et d'Allemagne contiennent beaucoup de tableaux préetenx de mi. Quatre de ses plus belles toiles, les quatre |u>saj;es qui oni eie graves par Haiiienvvang sous le litre de Le Matin ,Le Midi, Le Soir, et Le Crépuscule , ornent aujourd'hui la galerie impériale de Sainl-l'étersliourg. Dans l'origine , ns faisaient partie do la galerie de Cassel. Les Français s'en emparèrent, et les emportèrent à Pari», où on tes fit servir à orner la Malmaison , domaine appartenant à rimpératrtee Joséphine. L'empereur Alexandre en lit l'acquisition en 1814. On ne les estime pas moins de 600,000 franc*. Doux antres paysages admirables de Claude le Lorrain ornent la galerie de Dresde; et M y en a aussi dans la galerie Doria, à Rome, deux non moins remarquables, parmi l<squel* celui dit Le Moulin est regardé comme l'un des [ihis parfaits de son œuvre. Notre galerie du Louvre possède seize tableaux de ce maître, tous de la plus grande beauté. Lorsqu'il s'en présente dans les ventes publiques, ils sont to«t aussitôt couverts d'or, et le prix en va toujours croissant. De toute son œuvre, le tableau que Claude Gelée estimait le plus est relui qui représente un petit bois de la villa Madama. Le pape Clément Xi en offrit une somme immense à l'artiste ; mais celui-ci préféra garder un paysage qui Ini servait comme étude, copié qu'il était d'après la
A une richesse immense d'invention, qui lui permit de varier a l'Infini la composition de ses sujets, Claude le Lorrain réunissait une étude sérieuse et approfondie de son art. Pour la vérité avec laquelle il savait rendre les effets du soleil aux différentes heures de la journée, la légèreté, des nuages, l'humidité dé la rosée, les va|teurs d'une atmosphère embrasée, on ne peut lui comparer que Gaspard D ughet, qui le surpasse peut-être sous lo rapport de la beauté et de disposition des masses dans tes paysages, mais qui reste bien loin derrière lui pour co qui est de son incomparable
lointains admirables qui semblent être la nature elle*mén>e. Il avait routume de fondre ses touches et de les noyer dans on glacis qui couvre ses tableaux; art dan» lequel il est resté sans rival. Une seule chose est à déplorer dans ses paysages, c'est la laiblesse des ligures, quand elles sont «le sa main; car la plupart de celles qu'on voit dans ses Ubleaux sont de Laurl et de Francesco Allegrini, qu'il avait le bon esprit d'appeler à son aide. Les sujet» qu'il aimait le mieux à traiter étaient les points de vue sans limites, dan» le vague lointain desquels l'œil se perd. Il aimait a orner ses paysages de monuments d'archilecture, et aussi aies animer par le représentation de scènes empruntées à la mythologie, à rhistoire ou à la vie champêtre. Il avait appelé lÀbri de Venta les collections des dessins faits par lui pour se» tableaux , et on y retrouve la même entente de couleurs et d'effets que dans ses tableaux. Elles forment six volume». Deux de ces volumes, contenant 200 dessins qui ont été gravés et publié» en Angleterre par Boydell, sous le titre de Liber Terttatis (Londres, 1777), sont aujourd'hui la propriété du doc de DBTomWre; lord ifoiland en possède un renfer-
mant 130 dessins. On dit que les trois autres se trouvent en Espagne.
GELEE RLAXCIIE.Au commencement du printemps ou vers la fin de l'automne , il arrive, même par des nuits sereines, et quoique la température de l'air soit au-dessus de xéro, que la surface du sol se couvre d'une couche de petits glaçons très-rapprochés les uns de» autres r c'est ce qu'on est convenu d'appeler gelée blanche. Cest une sorte de givre, ou, pour mieux dire, c'est de la rosée qui s'est déposée par un plus grand degré de froid.
G É LIMER, appelé aussi Cilimer, se laissa entraîner par une ambition qui devint funeste au royaume des Vandal eset à lui. Descendant de G c n s é r ic, et destiné par sa naissance à remplacer ilildéric, qui n'avait pas d'enfants, il se montra impatient de régner, et eu 530 précipita du trône le conliant Ilildéric. Justinten, empereur de Constanlinople, voulut venger son allié, ou plutôt il saisit ce prétexte pour attaquer les Vandales, dout il était jaloux. Hé lis aire, son général , à la téle des légions qui avaient combattu les Perses, s'empare de Carthage, met en fuite Gélimer à la sanglante bataille de Tricaméron et le fait prisonnier sur une montagne où il s'était fortifié. Le dernier roi des Vandale* orna le triomphe de Bélisalre. Sa valeur et son habileté dans les combats, sa fermeté et sa résignation dans la défaite, lui attirèrent les égards du vainqueur. Quoique usurpateur, il fut traité en roi. Juslinien lui donna, dans la Galatie, un domaine considérable. Le royaume des Vandalts devint une province de l'empire romain; il avait subsiste 134 aus depuis sa fondation par Gcnséric.
GELINOTTE, nom donné à plusieurs oiseaux de l'ordre des gallinacés, compris dans les genres tétras, pferoclex et perdrix. Les gelinottes ont beaucoup de rapports avec, nos perdrix communes, pour la grandeur , le plumage et ta pose. Les principales espèces sont ta gélinotte, poule des coudriers ( tétras bonasia ), un peu plus grosse que la perdrix grise, d'un plumage agréablement varié de brun , de blanc, de gris et de roux, portant une bande noire transversale près du bout de la queue, et une huppe sur la tête : la gorge des mâles est noire ; ta gélinotte noire d'Amérique (tétras tanadensis), d'un brun assez foncé et nuancé de roux; la gélinotte des Pyrénées (pterocles setarlus), plus allongée et plus forte que ta perdrix, à plumage écaillé de fauve et do brun, ta queue en pointe très -longue, par le prolongement des deux pennes du milieu ; elle habite le midi de la France. Ces espèces, ainsi que plusieurs autres (tétras fasianeUus, senegalus, arenarius, perdis aragonica), sont un gibier d'un goût exquis. P. Gaibert.
GELLE (Avuj). Voyez Auia-Gmxe.
GELLERT (CimwmAK-TmtoTint) , naquit en 1715, à Ilaynichen, dans VErzgebirge, où son père remplissait les fonction» de pasteur et n'avait pas médiocrement de peine à nourrir ses treize enfanta. Aussidès l'âge de onze ans, le jeune Christian Gellert dut-il par un travail de copiste contribuer à alléger le» charges de sa lamille. Son éducation , son goût pour la poésie et les lettres, le portèrent à choisir la carrière de l'enseignement, après une tentative malheureuse pour aborder la chaire évangélique. Il donna d'abord ses soins à l'éducation de deux jeunes gentilshommes danois ; puis il ouvrit à Leipzig un cours public de littérature et de mo- I raie , qui obtint le plus grand succès. Font en donnant des leçons particulières, il se livrait au travail de la composition littéraire et s'efforçait de doter son pays d'une gloire qui lui fût propre; et on peut dire que la bonté , la candeur , l'honnêteté de son âme, inspirèrent toujours sa muse. Le recueil de ses Fable» rendit bientôt son nom populaire. Pleins de naturel et de bonhomie, comme ceut de notre grand fabuliste, d'ailleurs si supérieur à Gellert en génie, les apologues de ce dernier, aisément lus et compris de toutes les classes du peuple, leur faisaient en même temps comprendre et aimer toutes les vertus sociales, et les attachaient à l'auteur ; ainsi qu'en témoignent bon nombre de traita nails. Gellert publia ensuite des conlcfî,des comédies,
ls.
196 GÉLLERT
et son roman intitulé La Comtesse suédoise de C***. Ces publications furent toutes très-bien accueillies du public. Son roman était la première œuvre de ce genre qui eût para en Allemagne. Il donna aussi à son pays le premier modèle du style épistolairc, en publiant le recueil de ses lettres arec une dissertation sur ce genre de style. Ses hymnes et ses odes sacrées suivirent cette pnblication.
La faiblesse de sa santé, ses habitudes mélancoliques et sa modestie le détournèrent de renseignement académique. Mais la cour de Saxe, pleine d'estime pour son mérite, le nomma professeur extraordinaire de philosophie. Son cours public sur la poésie et l'éloquence , et par la suite la lecture de son tours de morale, attirèrent constamment une grande affluence d'auditeurs. Les officiers y accouraient comme auprès de leur général. Goethe, qui faisait son premier cours universitaire a Leipzig, fut l'un de ses disciples. Mais le génie qui a pris si souvent Méphistophélès pour interprète ne pouvait guère s'accommoder de la pure et douce morale professée parGellert. Aussi la trouvaitil molle, efféminée, et bonne seulement à former des dupes. C'est ainsi qu'il s'en exprime dans ses mémoires, en citant ce mot comme d'un Français, que l'on pourrait fort bien prendre , sans courir grand risque de se tromper , pour un frère jumeau de l'auteur original du Temple de Cnide. Quoi qu'il en soit, la morale de Gellert devrait être celle de tout le monde, et restera toujours celle des cœurs que le monde n'aura pas corrompus.
Les travaux de Gellert augmentaient ses souffrances. Souvent, malgré lui , sa mélancolie dégénérait en tristesse et en abattement. Mais jamais ses maux ne furent à charge à ses amis ni à se* élèves. Le prince Henri de Prusse, frère du grand Frédéric, aimait à s'entretenir avec le bon professeur. Frédéric lui-même lui témoignait de l'estime. Plusieurs grands personnages s'empressèrent d'augmenter par des préi et des pensions le médiocre revenu de l'excellent pror, que sa bienfaisance était toujours prêt à partager avec les malheureux. Ses besoins étaient très-bornés; il s'était habitué à vivre de peu. Il vit approcher avec joie la fin de ses longues souffrances , disant qu'il n'aurait pas cru qu'il fût si difficile de mourir. Sa mort, arrivée le 14 décembre 17G9, causa un deuil universel. Peu d'homme* célèbres ont excité des regrets plus vifs et plus sincères. Une reine respectée pour ses vertus, Elisabeth, épouse du grand Frédéric, honora l'estimable écrivain, et s'honora elle-même, en traduisant en français ses Poésies sacrées et son Cours de Morale (Berlin, 1789). Ce cours avait déjà été traduit par M. Pajon (Utrecht et Leipzig, 1772). Il existe trois traductions de ses fables , de ses contes et de La Comtesse suédoise. Ses lettres ont été traduites par Huber et M»« de la Fite (Utrecht, 1775). Ses comédies, La Fausse Dévote, les Tendres Saurs, Le Lot gagné , ont eu également les honneurs de la traduction. Acbkrt de Vrrav.
GÉLON, roi de Syracuse, fils de Dinomène, naquit à Géla, en Sicile, vers 535 avant J.-C. Il se distingua dans les guerres qu'Hippocrate, tyran de sa patrie, eut à soutenir contre ses voisins, qu'il subjugua presque tous ; peu s'en fallut même que Syracuse ne tombât alors en son pouvoir. Après la mort d'Hippocrate, Gélon s'empara de sa puissance, et sous prétexte de défendre les droits des enfants du tyran,
— GEMEAUX
il prit parti contre les citoyens. Quelque temps après, vers l'an 500 avant J.-C, il s'empara de Syracuse au moyen de quelques bannis qu'il y avait fait entrer, et qui décidèrent le peuple à lui en ouvrir les portes , abandonna Géla a Hiéron, son frère, agrandit, fortifia Syracuse et son territoire, et se créa des forces considérables : plusieurs victoires avaient déjà illustré son nom, et il possédait une marine redoutable, lorsque les Grecs, attaqués par Xerxès, implorèrent son secours : Gélon le promit , à condition qu'il serait général en chef de toutes les forces réunies ; les Grecs refusèrent par orgueil. L'habileté de Gélon fut bientôt nécessaire à son pays. Les Carthaginois, voulant faire la conquête de la Sicile, envoyèrenlune nombreuse armée, qui assiégea Hl-
mère; Gélon la défit, et imposa aux vaincus l'c de ne plus immoler de victimes humaines : c'était la première fois que dans nn traité de paix on s'occupât des intérêts de l'humanité. Gélon voulut abdiquer; mais ses sujets le supplièrent de rester à leur tête ; il travailla sans cesse à leur bonheur, et sa mort, arrivée l'an 477 avant J.-C., rat une calamité publique. Son frère Hiéron lui succéda. Plus de cent trente ans après, Timoléon , ayant rétabli la liberté à Syracuse, fit vendre toutes les statues des anciens rois, après avoir fait a chacune son procès, et avoir fait entendre de nombreux témoins. Celle de Gélon fut seule préservée par la reconnaissance publique. F. Hâte t.
GÉMARE oiiGHRMARA. Voyez Talmbd.
GEMHLOUX ou GEMBLOURS, petite ville wallonne, dans la partie septentrionale de ta province de Namur ( Belgique), dépendant autrefois de la province de Brabant , compte environ 2,300 habitants, est célèbre par la victoire qu'y remporta sur les Flamands le gouverneur espagnol don Juan d'Autriche, et plus encore par les restes grandioses de la magnifique abbaye de bénédictins qu'elle possédait jadis. Fondée, l'an 922, par saint Gilbert, descendant des rois francs, restée soumise à l'autorité immédiate du saintsiége jusqu'en 1503, époque oa elle passa sous la juridiction du chapitre de Bursfeld , et dotée de privilèges importants, elle parvint bientôt à une telle splendeur, que, sous le titre de comté, eUe prenait le premier rang parmi les états du Brabant Cet éclat temporel de l'abbaye de Gembloux n'empêcha point les membres de l'ordre d'acquérir un grand et juste renom de savoir : et c'est leur compagnie qui, vers le commencement du douzième siècle, rédigea la chronique connue sous le nom de Chronique de Sigebert de Gembloux, l'une des sources les plus précieuses pour l'étude de l'histoire du moyen âge.
GÉMEAUX. Cette constellation occupe, selon l'ordre des signes septentrionaux, la troisième place dans le zodiaque. Cet astérismeest ainsi figuré dans nos almanachs). (Son nom, chez les Latins était Gemini, et chez les Grecs oiSupot, deux mots qui l'un et l'autre signifient doubles ou gémeaux. Cette constellation était l'amie des navigateurs dans l'antiquité; c'était sous son invocation qne les vaisseaux étaient mis à la mer. Les Grecs et les Romains l'appelaient généralement Castor et Pollux, Tyndarïdes, DVoseures. L'existence de ces deu x frères inséparables coïncida merveilleusement avec le phénomène de cet astérisme, dont les deux belles étoiles qui formulent la tête de chacun sont disposées de manière qne l'une se lève quand l'autre se couche. En effet, les Gémeaux paraissent se tenir embrassés et descendre les pieds droits; ils semblent au contraire inclinés et couchés en se levant. Toutefois , Manilius nomme ce signe Apollon et Hercule Égyptien ; mais Uorus et Harpocraic, divinités que ne séparaient jamais les prêtres de Memphis, étaient plus généralement son appellation chez le peuple égyptien. Chez les Grecs, cet astérisme était le symbole de l'amitié; aussi l'appelaient-ils encore Triptolème et Jasion, ou Amphlon et Zétus, et quelquefois Thésée et Pirithoiis.
Selon le catalogue de Flamsteed, les Gémeaux sont formulés par un groupe de qnatre- vingt -cinq étoiles, dont la plupart ne sont point visibles à l'œil nu. Six d'entre elles seulement brillent d'un éclat plus ou moins remarquable : deux de la seconde grandeur, d'une belle lumière, et près du zénith » sont, l'une à la tête du Gémeau occidental, et l'autre à la tête du Gémeau oriental; à chacun de leurs pieds luisent, mais d'un plus faibje éclat, deux autres étoiles placées de même et parallèles aux deux plus grandes ; deux autres, indiquant les genoux, sont semblables à ras dernières. En réunissant avec des lignes les têtes et les pieds des Gémeaux, on a un parallélogramme. Les têtes des Gémeaux sontdirigées vers la grande Ourse et les pieds vers le magnifique astérisme d'Orion. Ils occupent l'espace du ciel qui est entre ces deux constellations ; enfin , une ligne tirée de la grande Ourse aux Gémeaux, étant prolongée an delà leurs pieds, aboutirait à l'épaule orientale d'Orion, c'est-à-dire a l'étoile la