‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 180 sur 614 · GENCIVE 19T · texte numérisé non relu

GENCIVE 19T

ni des boutures, et qu'on désigne usuellement sous le nom de bourgeons (voyez Boubceonxemknt) .

GEMME. Voyez Pierres irsciedses.

GEMME (Sel). Voyez Sel.

GEMMES ORIENTALES. Voyez Conwnon.

G EM M 1 P A MTÉ. Voyez GemIutio!».

GÉMONIES (GcmonixtcaUe), lieu où l'on suppliciait ordinairement les malfaiteurs , à Rome. C'était un endroit creux, une espèce de puits dans lequel on avait disposé des marches faites de telle manière, que les coupables une fois lancés roulaient sans pouvoir s'arrêter sur ces échelons rapides, se brisaient inévitablement avant d'arriver au fond du précipice et y trouvaient une mort horrible. Les Gémonies étaient situées dans la treizième région, ob se trouvait placé le temple de Junon Reine. L'an de Rome 35», Camille les destina à exposer les corps des criminels h la vue du peuple; des soldats veillaient a ce que l'on n'enlevât pas les cadavres pour leur donner la sépulture, et les traînaient dans le Tibre avec un croc, lorsqu'ils tombaient en putréfaction. Ces horribles précautions inspiraient tant de terreur, que la superstitieuse populace de Rome croyait que les Gémonies étaient hantées la nuit par des esprits malfaisants. Elle jugea plus d'une fois du degré de culpabilité par la corruption plus ou moins rapide des restes des suppliciés.

GEMSCIIID. Voyez DJEHScnm.

GENCIVE. Ce mot, dérivé du substantif latin gingiva, sert à désigner un tissu rougeatre et très-serré qui entoure les dents, les maintient en place et les affermit : à cet effet, il adhère fortement d'une part aux bords alvéolaires des mâchoires, et se continue avec h membrane dont l'intérieur de la bouche est revêtu. C'est sur les gencives que se manifestent les premières maladies dont l'homme est affligé. Elles accompagnent plus ou moins le douloureux travail de la d en t i t ion ; a cette époque chanceuse de la vie des enfants, les gencives se tuméfient, rougissent, s'enflent et deviennent le théâtre d'une phlcgmasie qui, retentissant au cerveau, cause souvent des convulsions, le délire, etc. Longtemps avant de voir apparaître les denb, les enfants tiennent leurs doigts dans la bouche en raison du prurit et du l'irritation légère qui s'accroît à mesure que l'époque dentaire se rapproche. Il faut dans les cas difficiles recourir h la chirurgie; car il est quelquefois nécessaire d'inciser crucialemcnt les gencives pour favoriser la sortie des dents ; dans d'autres cas, il convient de soustraire du sang sur ce tissu enflammé, soit par des scarifications, soit par des sangsues.

Chez les enfants, les gencives, comme la membrane muqueuse,' se couvrent souvent d'ap h th es. Ces inflammations, toutes superficielles et bornées qu'elles soient, mettent assez fréquemment la vie en danger par leur confluence et par la fièvre qui les accompagne. C'est principalement dans les saisons froides et humides, dans les pays marécageux, qu'on rencontre cette irruption confluente d'aphthes; elles sont aussi causées par une alimentation vicieuse ou insuffisante ; mais comme cette affection se manifeste sur une surface beaucoup plus étendue que celle des gencives, on la traitera plus tard au mot Mucorr. Chez l'homme adulte, les affections des gencives sont encore communes et variées. On sait comment elles s'amollisent, palissent, se rétractent ou se gonflent et s'ulcèrent dans le scorbut. La tuméfaction et l'ulcération des gencives sont même considérées À Ufrt par le vulgaire comme constituant cette maladie : elles sont le plus ordinairement des accidents inflammatoires, et elles cèdent plus facilement à une diète adoucissante et à des boissons rafraîchissantes qu'à la tisane et aux sirops antiscorbutiques. L'usage du mercure cause ordinairement un gonflement considérable des gencives, souvent suivi de la destruction de ce tissu et de la chute des dents : c'est un inconvénient très-grave qu'on ne peut quelquefois pas empêcher avec toute la prudence requise. Les gencives sont encore le siège de l'affecUon appelée épufie, qui débute par une tumeur isolée, et dont les terminai-

sons sont variables : tantôt elle demeure dura et indolente, tantôt elle s'abcède et devient un loyer saaieux, d'autres fois fongueux. La tuméfaction et l'ulcération des gencives, accompagnées d'une chaleur brûlante «Ions la bouche et de puanteur de l'haleine, sont souvent Mes à une maladie de l'estomac, et c'est l'affection de ce viscère qu'il faut combattre pour guérir la bouche. !>' Cbabbowsie*.

GENDARME , mot qui s'est d'abord écrit gens d'armr.i, et qui a été une corruption du terme très-ancien la gent (Cannes (gens armata), c'est-à-dire la partie armée de la nation. Nous ne connaissons jusque ici aucune définition satisfaisante de ce terme, parce que, comme tous les mots fort anciens, moitié latins, moitié patois, celui-ci a changé tuaintes fois do signification. Les écrivains qui ont essayé de le traduire n'ont parlé que du tempe où ila vivaient ; ils n'ont donné qu'un chapitre de l'histoire du mot} ils ont laissé confus et presque inintelligible l'ensemble. En parlant de gens d'armes, s'agit-il des cavaliers (eaballarii), au temps où ta France ne parlait que latin , gens d'armes, armures, lances, feudataires, ou nobles, étaient alors même chose. S'agit-il des gens d'armes, nommés kevaliers, queraliers, quand le patois commence à se franciser , ces gens d'armes étaient ce que, par un terme fort confus lui-meme, les modernes ont appelé chevaliers. S'agit-il de ces gens d'armes combattant aux croisades, comme soldats à cheval, des troupes où les chevaliers étaient officiers ou chevetains, c'était le premier essai d'une cavalerie moins mal constituée que celle qui jusque là no se composait que de gendarmes, ou de chevaliers. S'agit-il de ces gens d'armes devenant gendarmes, s'appelantindiflérctnmout hommes d'armes, et servant dans les compagnies d'ordonnance, non plus sous des chevaliers, mais sous des capitaines, et continuant à être armés de fer ; s'agit-il des gendarmes chefs de lance g a r n i e, ou de ceux qui, le terme étant tombé en désuétude depuis un siècle, et l'armure ayant disparu pièce à pièce, devenaient cavalerie privilégiée dans la garde du souverain , c'étaient «le* troupes caractérisées par une dénomination disant le contraire de ce qu'elle voulait dire, puisque ces gendarmes n'étaient plus vêtus que de buffle ou de drap, et que rigoureusement gens armata signifiait race habillée de fer. S'agit-il de ces gendarmes dont le titre, succédant, en 1791, à une appellation effacée du vocabulaire depuis 1786, n'avait aucun des caractères dea gendarmes de toutes or» différentes périodes? Combien n'esWl pas à regretter que, dans l'armée française, quand une institution nouvelle voyait le jour, il ne fût jamais créé un mot qui en accusât la spécialité ; c'est une des causes, c'est la principale cause des erreurs grossières où tonuVnt ceux même qui étudient, et de l'ignorance profonde où restent ceux qui n'étudieot pas.

Le ministre Saint-Germain ayant licencié les gendarmes de la maison militaire de Louis XVI , et son successeur presque immédiat ayant réformé ceux de Luné vil le, dits petite gendarmerie, il n'y avait plus de gendarmes sur pied en 1 784 . Mais l'Assemblée constituante donna ce nom aux cavaliers «le la maréchaussée, ou de la police royale, sans réfléchir qu'elle) faisait revivre improprement une qualification qui avait été pendant des siècles uniquement féodale et synonyme de soldat noble, ou lancier armé de toutes pièces.

En môme temps que ces gendarmes, il en existait d'autres, intrépidesaventuriers, brillants déserteurs. Ceux-là combinèrent une troupe à pied, dont le certificat de vie était un arrêt de mort, puisque le décret d'institution défendait qu'ils se recruta Ment ; ils étonnèrent l'année de Sambre et Meuse perdes prodiges de valeur; mais Ils étaient tellement l'opposé des anciens gendarmes gentilshommes, que l'esprit républicain, en présidant à leur création, avait voulu que tous leurs officiers fussent an choix des soldats, et redevinssent annuellement simples soldats. C'était le chef-d'œuvre de la déraison et le triomphe du chaos.

11 nous est resté de l'organisation de 1791 la gendarmerie chargée de la notice de l'empire, cette gendarmerie tour a tour départementale, impériale et royale, puis encore de

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