GÉNÉRATION - GÊNES
temps modernes s'est enrichie d'un grand nombre de faits nouveau* et qu'elle est parvenue a soulever un coin du voile qui cache le mystère de la reproduction des êtres; mais on est loin de l'avoir dévoilé tout entier, et jamais sans doute
plus impénétrable. IV Isidore Bout don.
Par extension, génération signifie la chose engendrée, la postérité, les descendants : La génération de Noé; ou cliaque filiation ou descendance de père à (ils : Hugues Cspet jusqu'à Louis IX., il y a buit La chronologie n'a quelquefois pas d'autres guide* pour établir les dates des faits anciens ; les auteurs grecs qui comptent par générations font varier la valeur de cette unité de vingt-sept à trente-trois ans ( voyez Cvclf). Gèneration se dit aussi de la réunion ,de la collection de tous las individus du même âge , vivant dans k> même temps : La gmération présente, les générations futures.
GÉNÉRATION DES IDÉES. On nomme ainsi en psychologie un phénomène intellectuel , consistant en ce qu'une idée en procrée, en engendre une autre, sans que cette transmission opérée la première conserve aucune relation avec la seconde , laquelle, à son tour, peut en engeo-
mèmea conditions; ainsi de suite, autant que la pensée hautaine peut s'étendre sans s'affaiblir. La génération des idées diflère de l'association des idées en coque, cette dernière opération de l'esprit, les idées, loin de endantes, leur révolution accomplie, ainsi que dans la -première , s'unissent, au contraire, de telle sorte, qu'elles se présentent ensuite toujours ensemble à l'esprit, comme û elles ne tonnaient qu'une seule et même idée.
GÉNÉRATIONS SPONTANÉES. 81 le mot génération doit se prendre, ainsi que l'enseigne l'Académie, pour ■ l'acte d'engendrer ou de procréer son semblable >• , génération spontané*, c'est-à-dire sans acte copulateur préalable , impliquerait contradiction ou serait ' un non-sens ;
, cette locution est maintenant adoptée dans les naturelles pour designer soit qu'on en conteste, soit qu'on en soutienne l'évidence, la production fortuite
créature organisée que d'autres créatures pareilles et n'auraient point engendrée. Les générations spontanées étaient considérées comme incontestables chez les anciens , qui à ce sujet poussaient la crédulité jusqu'à l'absurde, d'après leur principe que la corruption d'une chose est la génération d'une autre. » Ainsi , Aristntc avance
limon de la mer, ce «Vint osait cependant douter Rondelet. Hérodote fait naître les rats qui infestent l'Ëgyptedu limon de ce même NU d'où Moïse avait fait naître des grenouilles et des moudierons. Plutarque nous conte, dans la vie de Cléomène, « comment des boeufs , quand ils viennent à se pourrir, engendrent des abeilles; des chevaux , des mouche*- guêpes ; et, semblablement , dos ânes, qnand ils viennent aussi à putréfaction , des esr.i roots : ainsi , les corps des hommes , quand la liqueur de la moêlte rient à se fondre et à se figer ensemble au dedans , produisent des serpents. » <iui ne connaît l'histoire d'Aristée avec son tanreau pourri , auquel Virgile fait produire aussi des abeilles. Le vulgaire croit encore que les vers naissent de la pourriture, et qu'un champignon sort de la terre ou du fumier par hasard.
Je ne saurais cependant m'étonner que quelques bons esprits nient la possibilité de tonte création de ce genre, en songeant à la manière dont on les admit jusqu'il l'instant où le microscope, interrogeant ls nature , dans les limites où elle touche pour ainsi dire au néant, découvrit dans le sein de notre mère commune un nouvel univers animé. Cet instrument révélateur fournit au philosophe les moyens de sonder un abîme. Pour ceux qui surent y pénétrer, éclaires par le flambeau <ju raisonnement, les générations spontanées devinrent évidentes ; mais tous les raisonneurs et philosophes.
Parmi les savants qui ont soutenu la génération spontanée des êtres vivants, les uns ont agi par système, et ceux-là se sont beaucoup moins préoccupés des preuves avérées de leur opinion que de ses conséquences philosophiques quant à la création. Les autres , adoptant cette doctrine sans calcul délibéré, ont curieusement recherché sur quels faits elle se fondait. Ces bits , pour qui les examine sans prévention , n'inspirent que de l'incrédulité.
Ces corpuscules innombrables que Lcuvrenhoèk, aidé d'un microscope, a vus dans des infusions organiques, pour tout signe de vie n'ont que le mouvement : or, combien de corps se meuvent qui ne «ont pas vivants ! Le mouvement a d'autres causes que la vie : la chaleur, l'électricité, ce qu'on nomme l'attraction. Ces êtres infinis pour le nombre et la petitesse diffèrent peu les uns des autres; c'est avec peine que O. Fr. Mullcrapu en former quelques groupes contrastants. Cependant, ils devraient d'autant plus différer que la production en serait spontanée ; car là où tout*- parenté disparaît , la constante ressemblance des individus n'est plus possible. Spallanrani , qui croit sincèrement à l'existence des êtres infusoires et même à leur reitirrfc<ion , aflirme les avoir rus se reproduire, les uns comme vivipares, d'autres comme onparea. le ne serait mine plus une reproduction :-|ioiitaiiêe. Du (Ton, qui avait un peu regardé au microscope du crédule Needham, ne pensa point comme cet Anglais que le premier homme ait pu naître de l'aggrégation de quelques iniu&oires; il ne vit dans ces petits corps mouvants que de simples molécules organiques tout a fait inertes ; et très-vraisemblablement il arait raison. l)r Isidore Bot n do*. GÉNÉRAUX ( Ktats). Fbyes États cfruhuirx. GÉNÉROSITÉ, sentiment qui consiste à s'oublier soisonger qu'ans autres. U est vrai que dans le on n'entend par générosité que l'action do donner souvent et beaucoup; mais ce n'est là qu'une des acceptions les plus restreintes de ce mot. La générosité d'un général, comme d'un homme politique, consiste dans le pardon complet des injures : ainsi, César, soit lors de la conquête des Gaules, soit lorsqu'il exerça le pouvoir souverain à Rome, ne chercha jamais, même nu détriment do se* propres intérêts, qu'à faire do bien à ce ni qui lui avaient tait du mal; d'un autre coté, jamais homme ne répandit l'argent avec plus de facilité. Aussi est-Il resté le caractère le pins généreux de l'antiquité; on peut même dire qull tranche avec ceux qnl l'ont précédé , comme avec ceux qui pendant plusieurs siècles l'ont suivi. C'est le christianisme qui a infusé au monde moderne cette masse de générosité qui lui assurera une place à part : d'un coté, il prescrit qu'on donne à tous ceux qui ont besoin ; d'un autre, il ordonne la remise des Injures : c'est non-seulement une société toute nouvelle qui succède à une autre, mais une société qui est encore meilleure. En effet, la générosité a pénétré non-seulement dans les rapports de la famille, mais même dans fêtât de guerre; aujourd'hui, on traite les prisonniers comme des gens de cceur malheureux ; autrefois, on en taisait des esclaves, il arrive à certains personnages, qui d'ailleurs sont incapables de plaindre on de soulager ceux qui souffrent , de jeter l'argent à pleines mains dans quelques circonstances d'éclat : alors, le* regards sont tournés sur eux. Ces circonstances , dues à leur position, se renouvellent-elles souvent, ils passent pour être pleins de générosité, mais ils n'ont que le luxe de cette qualité, sans en posséder les vertus. SAiirr-Pnosrrji.
GENES (en italien Gtnova, au moyen âge Janua), capitale de l'ancienne république du même nom , aujourd'hui chef-lieu du duché de Gênes , l'une des provinces dont se compose la monarchie sarde.
Le navigateur qui dans la Méditerrannée cingle droit au nord , en côtoyant les Iles de Sardaigne et de Corse , voit la chaîne des Apennins se recourber vers l'intérieur du continent , et renfermer dans une enceinte demi-circulaire le vaste golfe ligorien appelé aussi Golfe de Gènes. A mesure qu'il approche, l'immense amphithéâtre formé parles flancs de
i08 GÊNES
In montagne se dessine pins nettement à ses regards. Ce sont des collines, des vallons charmants, des rochers changés en terre par la puissance de l'art. De brillants édifices, entremêles de bosquets et de jardins élégants, descendent de terrasse en terrasse Jusqu'au bas de la montagne, et semblent se presser les uns sur les autres, en s'approebant des rivages de la mer. Au fond du gol/e, et entre deux petites rivières, on voit comme sortir des flots une forêt d'aiguilles étincelantes : c'est là que se trouve la Cité des Palaks. C'est Genova la Superba, Gènes la Superbe, la Riche ; elle est fière encore de son antiquité, de ses victoires et de l'empire qu'elle exerça autrefois sur les mers. Les inarbres précieux de ses milliers de colonnes, de ses frontispices, de ses portiques élevés, ses riches églises, suffiraient pour attester qu'elle fut l'un des gouffres de la fortune du monde. Rivale de Venise par la richesse de se« constructions, eue Test de Naples par la beauté de son site. Il y a dans les constructions de Gènes du goût , de la noblesse et de l'élégance. Sortie presque tout entière des écoles de Michel- Ange et de Berrrino, elle n'ofTre aucune de ces conceptions bizarres qui se trouvent fréquemment dans les villes d'Italie.
La ville est reufermée dans une double enceinte de remparts. La première , qui a sis milles de circuit , contient la ville proprement dite, et la seconde, qui en a huit, s'élève de rocher en rocher jusqu'au sommet de la montagne. L'espace qui sépare ces deux lignes «le défense est couvert de campagnes élégantes, de jardins délicieux , de riches églises, de points de vue admirables. Ses remparts, ses forts nombreux et bien placés , en font une ville forte , qui a toujours été regardée comme la clef de l'Italie.
Avant que la révolution française y eut désorganisé les institutions de bienfaisance et englouti une partie considérable de la fortune des pauvres, tous les malheureux étaient assurés de trouver à Gènes des secours dans les revers aussi bien que dans les infirmités de la vieillesse. Pas un genre de besoin n'avait été oublié. Il y avait un magistrat qui était l'avocat, le juge des veuves, des orphelins, des pupilles; un magistrat de la miséricorde , charge de veiller à ce que les revenus des pauvres ne fussent jamais détournés de leur véritable destination ; un magistrat des pauvres, qui pourvoyait de nourriture etd habillements tous ceux qui en manquaient; un magistrat des artisans, chargé de procurer des j cendies et de guerres civiles.
matières premières aux ouvriers qui n'avaient pas le moyen j Les gibelins, qui combattaient pour les « Ur,
d'en acheter ; un magistrat du Mont-de-Piété, pour avancer j étaient représentés dans la république de Gènes par les de l'argent à ceux qui en avaient besoin ; un magistrat Doria et les Spinola ; les guelfes, qui étaient partisans pour présider au rachat des esclaves ; un magistrat chargé du pouvoir pontilical, étaient soutenus par les familles de de faire payer le salaire des ouvriers ; un magistrat conser- ; F i e sq u e et Griraaldi. Les autres familles influentes se ranvateur de la paix, chargé d'apaiser les rixes, d'arranger les geaient ensuite du coté qui convenait le mieux à leurs iatéprocès, de réconcilier les ennemis et de faire régner la paix | rèts ou à leurs affections. Les intrigues , les divisions , les dans les ramilles.
Jusqu'aux envahissements de la république française, et ensuite de l'Empire , Gènes avait été capitale et souveraine • dès l'an 1241 à l'ensanglanter. La première victoire fut
t pour les guelfes; alors trois membres de la famille Doria, un j Spinola et plusieurs de leurs partisans furent envoyés en | exil. Ils ne perdirent pas pour cela leur temps ; comme le i font d'ordinaire les proscrits, ils intriguèrent an dehors, tandis que leurs amis intriguaient au -dedans. C'est à ce ! moment que les deux Oberdi , l'un Doriajet l'autre Spinola, | s'emparent de l'autorité et gouvernent avec le titre de eapi- ! taines de la liberté. A leur four , les chefs du parti guelfe S sont exilés, et vont chercher la protection de Charles ; d'Anjou , devenu roi de Naples et l'allié de Rome. Ces deux j partis maintinrent la république dans un état de guerre à > peu près perpétuel. Les vaincus ne traitaient que dans l'espérance de gagner du temps, pour se préparer à la guerre. Dans l'espace d'un demi-siècle , la guerre cinq fois arrêtée par des traités de paix, qui dans le fait n'étaient que des trêves, recommença cinq fois à dévaster ce malheureux pays, depuis 1317 jusqu'en 1338. A la funeste rivalité des guelfes et des gibelins vint se joindre la haine du peuple contre la noblesse, qui depuis longtemps jouissait de tout le pouvoir. C'est à ces deux sources de discorde qu il
des Français sous celle des empereurs d'Allemagne, il que Gènes profita, pour se rendre indépendante, des troubles qui régnaient dans toute l'Italie pendant le onzième siècle. Ce n'est qu'en t089 que l'histoire la montre gouvernée démocratiquement par des consuls. Alors Gènes était encore pauvre, peu étendue, simple dans ses mœurs ; le gouvernement populaire pouvait lui convenir: elle le garda près d'un siècle. Avec la fortune naquit l'ambition, et avec l'ambition, les intrigues pour arriver au pouvoir ; chaque citoyen voulait devenir consul. Pour arrêter ce mal , on résolut de se faire gouverner par des étrangers. On choisit donc chez une autre nation une espèce de dictateur a qui l'on remit le soin de gouverner l'État. Il était aidé par un conseil de huit citoyens. Cette bizarre constitution eut d'heureux résultats, et dura jusqu'en 1270.
cenaires le nom de podestà.
Pendant cet espace de temps, les Génois ne restèrent pas inactifs. Ils battent les Sarrasins, s'emparent de l'Ile de Corse et d'une partie de [la Sardaigne, soutiennent les croisés, prennent d'assaut les villes d'Almeria et de Tortose sur les Maures d'Espagne , tiennent tète à l'empereur Frédéric Ier et ensuite à Frédéric II, volent au secours du saint-siège, imposent à Pise des traités humiliants, se vengent de Venise, et jettent les fondements de leurs colonies d'Asie et de la mer Noire. Quand on songe qui! n'y avait pas deux siècles que Gènes avait conquis sou indépendance, on est forcé d'admirer la rapidité avec laquelle elle marche à l'empire de la Méditerranée.
En 1270, deux hommes remarquables par leur courage et leurs talents s'emparèrent de l'autorité, et gouvernèrent l>endant vingt-et-un ans avec le titre de capitaines de la liberté. En se resserrant sur deux tètes, la puissance de Gènes devient plus redoutable pour ses rivaux. Ces monarques contiennent le peuple par une espèce de tribun qui a le titre d'abbé du peuple, répriment les factions intérieures , et au dehors remportent des victoires qui élèvent la république à l'apogée de sa puissance. Cependant, une époque de malheurs va succéder à cette époque de gloire. La république et la ville de Gènes vont être en proie aux plus funestes <lissensions. On va voir se retracer dans un cercle plus étroit toutes les discordes qui couvrent l'Italie <"
i haines de familles, les ambitions immodérées, eutrèrent i dans la république avec ces partis, et commencèrent ! dès l'an 1241 a l'ensanglanter. La
d'un pcUt Etat, qui s'étendait le long de la Méditerranée, depuis le Var juqu'à la Magrc. U était connu sous le nom de République ou Rivière de Gènes. Quand, en 1797, eue fut asservie à la république française, on lui donna le nom de République ligurienne, parce que son territoire tasait partie du pays habité par les anciens Liguriens.
L'histoire de Gènes, comme beaucoup d'autres, commence par des récits fabuleux , et présente beaucoup d'incertitude. Ce qu'il y a de plus sûr, c'est qu'après avoir fait partie des conquêtes de Rome, ainsi que le restant de l'Italie, ehe passa sous l'empire des Lombards, qui plus tard occupèrent toute la Gaule cisalpine. Dès le commencement du septième siècle, l'Italie, presque abandonnée par les faibles empereurs d'Orient à la fureur des barbares qui l'infestaient, sentit la nécessité de cl>ercl>er d'autres protecteurs : c'est aux Français que les pontifes romains s'adressèrent. Pépin le Bref et ensuite Charlemagne défirent les Lombards, et en récompense devinrent empereurs d'Occident. Gènes et les pays qui l'environnent furent soumis à leur puissance, et gouvernés par un comte. Après avoir passé de la domination
faut remonter pour comprendre tout ce que l'histoire de cette ville contient de discordes, de guerres civiles , d'exils et de crimes public* et particuliers.
Il fallait que l'on fat bien malheureux pour consentir k choisir on moyen de gouvernement dont aucune antre nation ne fournit d'exemple, et qui parait même aui véritable patriotisme contenir quelque chose de Pour arrêter cette ambition , qui changeait chaque jour la république en un foyer d'intrigues , pour arracher à quelle pouvoir dont elles se servaient le parti qui leur était opposé , on résolut de choisir hors du pays ceux qni devaient le gouverner. Les eaptfaines étrangers qu'on introduisit dans la république devaient appartenir à un pays éloigné d'au moins 100 milles de Gênes. Malgré ces précautions étranges , qui suffiraient pour donner une juste idée de la Jalousie et de l'ambition qui fermentaient dans la république, le gouvernement ne cessa pas d'être au pouvoir des lactions. On essaya de tout : après les capitaines on eut le gouvernement des don», puis des vingt-quatre, puis la domination d'un empereur, celle de Robert, roi de Nantes, et enfla celle du pape Jean XXII. Comme cela arrive toujours, les partis se servaient du ]>euple pour arriver au pouvoir. Ils le flattaient tour k tour et lui promettaient de la liberté contre la puissance dont ils avaient besoin. Mais à force de servir d'instrument aux ambitieux, le peuple devint ambitieux lui-même , et voulut essayer de ce pouvoir qu'il avait ju>que la donné à quelques familles puissantes, qui se le disputaient. En 1319 il créa un magistrat auquel il donna le nom de doge, et les nobles furent exclus de cette dignité. Le doge était nommé pour toute sa vie ; mais les (tassions populaires , qui n'eurent jamais de respect pour les lois, firent et délirent les doges toutes les lois que cela leur convinL On en voit parraltre jusquà quatre dans la même année. 11 en est même dont l'autorilé cessa le jour même qui la vit naître. Pendant les deux siècles que dura rette institution, la république fut le théâtre d'un combat perpétuel. Ce ne sont plus les Fiescbi , les GrimaUli , les Doria, les Spinola, qui agitent l'Etat, c'est l'ambition de quatre familles populaires oui s'arrachent l'autorité. Les guelfe-s et les gibelins sont remplaces par les Ado ru i , les Fregose, tes Guarca et tes Montalda. Pour se soustraire aux calamités qu'enfantaient leurs divisions, la république fut encore obligée de se réfugier, comme autrefois, sous l'autorité des ducs de Milan et des rois de France ( 1396- 1409).
Un gouvernement populaire , quel qu'il soit , n'existe qu'en attendant un homme fort qui s'en empare. Pour Gènes, cet homme fut André D or ia. Il ne voulut être que le restaurateur et le législateur de sa patrie; mais il n'eût tenu qu'à luid'en être le roi. Cet homme d'un génie extraordinaire, après s'être distingué sur terre comme militaire, devint encore te plot grand amiral de son siècle. Il vendit successivement ses services à Clément VII, à Chartes- Quint et a François 1". Couvert d'honneurs et de richesses , ayant è lui une flotte de 11 galères, il était compté au nombre des puissances maritimes. Son nom serait resté pur de toute tache, s'il n'avait pas prêté sa puissance pour aider tes Français a conquérir la ville qui lui avait donné te jour. Mais le génie qui suffît pour les grandes choses ne donne pas toujours la vertu. Cependant, en apprenant que François l*' voulait faire de Savone une Tille importante et rivale de Gênes, André Doria sentit le patriotisme revivre dans son ftme , se détacha de la France , seconda le mouvement de ses compatriotes, débarqua dans Gènes et en chassa les Français, te 1 1 septembre 1528. Le lendemain te conquérant sa transforma en législateur, et donna à sa patrie une constitution qui lui valut plus de deux siècles de prospérité. Son premier soin fut d'exclure le peuple de toute participation au pouvoir, parce qull était persuadé que te peuple, qui ne gouverne jamais et qui ne gouverna nulle part, ne peut être , quand il a le droit de gouoict. r>a la corrvsns. — t. x.
verner, que l'Instrument de ceux qui ambitionnent te pouvoir. Un coup d'cril perçant lui fit comprendre qne les interminables querelles qui n'avaient pas cessé d'exister entre la noblesse et le peuple ne descendaient pas jusqu'à celui-d, mais se bornaient k cette classe intermédiaire , séparée du peuple par sa fortune , ses talents, son éducation , ou par des services rendus k l'État , mais qui veut paraître y tenir encore toutes les fois qu'elle a besoin de la force du peuple contre ceux dont elle envie les prérogatives. Espérant donc couper le mal k la racine, André Doria réunit en un seul corps de noblesse toutes les familles marquantes de Gênes, quelle que rot la classe k laquelle elles appartinssent, et leur confia te droit de gouverner la république, en nommant des •loges dont le pouvoir ne dorerait que deux ans. On résolut de transmettre à la postérité le souvenir de cette époque mémorable en établissant une fête nationale qui sa renouvellerait toutes tes années, sous te nom de YUnion.
Celte union cependant ne fut pas complète ; la suite prouva que Doria ne s'était pas trompé en regardant te peuple comme parfaitement étranger aux dissensions qui troublaient la république; elles tentèrent de se renouveler, et cette fois ce n'était plus entre les nobles et le peuple, mais entre tes nobles anciens et les nobles nouveaux, entra les nobles du Portique Saint-Cyr et ceux du portique Saint-Pierre, comme qui dirait entre la Bourse et te faubourg Saint-Germain. Cette fusion que l'on avait espérée ne s'opéra pas ; et après un demi-siècle, tes deux partis, encore en présence avec les mêmes jalousies, faillirent plonger la république dans de nouvelles guerres civiles, tant il est vrai que les lois sont impuissantes pour détruire des institutions qui sont dans les mœurs 1 Cependant te règne de l'aristocratie génoise dora jusqu'à l'instant où tes généraux et les commissaires de la république française vinrent l'anéantir sous te nom de République Ligurienne (1797). Trois ans plus tard, la ville de Gènes, réduite k n'être plus que te chef-lieu d'un département, fit partie de l'empire français, et en 1815 elle fut réunie an Piémont.
La position de Gènes en fit une puissance maritime, et la nécessité en fit une nation commerçante. Placée au bord de la mer, sur des rochers stériles , elle fut réduite k demander à l'art ce que lui relu sait la nature. Elle n'ont pas à délibérer sur sa vocation : la mer était le seul chemin qui lui rot ouvert pour s'approvisionner et s'enrichir. Elle fil des vaisseaux. Les Génois turent donc des marins et des marchands. Les premiers qui se furent enrichis formèrent l'ancienne noblesse, ou notabilité, et les derniers parvenus formèrent la nouvelle noblesse , qui eut longtemps autant de peine à pardonner k la première son ancienneté que celle-ci en eut à pardonner sa nouveauté k sa rivale. Les Génois ont prouvé que te courage et la valeur pouvaient s'allier avec l'esprit mercantile. Obligés de trafiquer sur des mers infestées par la piraterie, parcourues par des milliers de petites puissances rivales, il fallait ou renoncer à la fortune, et même à la vie, on se résoudre à tenir sa pacotille d'une main et de l'autre une épée : c'est ce dernier parti que prirent tes Génois, et, on peut te dire , arec un succès étonnant. Leurs galères chargées de marchandises ne marchaient que sous la protection d'autres galères chargées de soldats. Les guerres des Génois ont un caractère particulier, qui ne se retrouve nulle part. Le commerce en fut toujours la cause ou le but. Après leurs victoires, les conquérante veulent garder des provinces; les guerriers de Cènes se contentaient d'un comptoir, de la libre entrée dans un port, de la diminution d'un droit sur leurs marchandises , ou d'un impôt frappant les vaisseaux étrangers; souvent même ils se contentaient de grosses sommes d'argent. Ils se distinguèrent dans les croisades ; ils s'emparèrent seuls de plusieurs villes importantes, et pour tous ces exploits reçurent du roi de Jérusalem des tributs levés sur les villes qu'ils avaient conquises, et des établissements de commerce k Jérusalem et k Joppé. Ils obtinrent des privilèges semblables des rois d'Arménie, des empereurs de Cons-
tantinoplect de plusieurs autres prince» chrétiens. Us princes sarrasins eux-mêmes durent leur ouvrir iesports et les établissements de commerce qu'ils possédaient à ta fin du douzième siècle, et qui s'étendaient depuis le détroit de Gibraltar, en suivant les cotes d'Afrique, jusqu'à Bagdad, capitale do la Turquie d'Asie. Déjà possesseurs des lies de la Corse et de Cabri et de l'Ile Gorgone, ils obtinrent oncurc des faibles empereurs grecs la ville de Smyrne et le bourg de Péra , aux portes mêmes de Conslantinople. Ils exploitaient presque seuls le littoral de la mer Noire, et pénétraient jusque dans les Indes orientales, par la mer Bouge et le golfe Pcrsique Ce peuple avait le génie du trafic, et, en pourvoyant à »«* besoins, le trafic était lui-même devenu le premier de ses besoins. A Gènes , on continuait à trafiquer mémo après avoir acquis la fortune, l'opulence, la noblesse et tous les tanneurs que pouvait donner la république.
Les trois parties de l'ancien monde , séparées par la Méditerranée , avaient un lien commun, et ce lien était uniquement dans les flottes de Gênes , de Pise, de Venise. Ces trois nations étaient un canal par lequel les produits de l'Europe s'écoulaient en Afrique et en Asie, et par où les riclieases de l'Asie et de l'Afrique venaient eu Europe. Jusqu'à la découverte de la boussole, Gênes ne partagea qu'avec les Vénitiens et les Pisans le monopole du commerce universel; mais quand cette aiguille mystérieuse eut conduit la cupidité humaine dans le Nouveau-Monde et pardelà le cap de Bonne- Espéren ce, l'Espagne , le Portugal , la Hollande, devinrent des nations commerçantes, et ne tardèrent pas à l'emporter sur les républiques italiennes. Dès lors Gènes n'est plus qu'un entrepôt secondaire, réduite à puiser dans les magasins de Lisbonne ou d'Amsterdam les articles qu'elle achetait naguère sur les cotes de Malabar. Habituée à borner ses courses dans les limites de la Méditerranée , qu'elle put longtemps regarder comme une partie de son domaine, on dirait qu'elle hésite à lancer ses vaisseaux sur l'Océan. Mais depuis que cette ville a vu son commerce placé sous le pavillon sarde, elle a franchi sans crainte le détroit de Gibraltar pour aller elle-même s'approvisionner sur les rivages du Nouveau Monde et jusque dans les lies les plus reculées de la mer du Sud. Sans doute ses bénéfices étaient plus considérables au temps du monopole ; mais son commerce ne fut jamais aussi étendu qu'il l'est de nos jours. Avec ses elle parcourt tontes les mers , vwi rapporte à l'Italie, à la Suisse, a la Savoie , les productions de tous les climats.
Gênes avait pour rivale dans le commerce du monde les villes dePiseetdeVenise;et comme elle ne fit jamais la guerre que dans l'intérêt de son commerce, il est tout naturel de la retrouver souvent aux prises avec ces deux républiques. On dirait que chacune de ces villes, jalouse de posséder seule l'empire de la mer, ne visait qu'à la destruction des deux autres. Chaque guerre n'est sé|>arée d'une guerre nouvelle que par le temps nécessaire pour en taire les préparatifs. Quand un intérêt commun semble unir les Vénitiens et les Pisans contre la république de Cènes, on voit que ces deux peuples voudraient se détruire mutuellement en détruisant leur ennemi. Le même intérêt qui les unit contre les Génois les divise entre eux. Gênes en profite truirc Pise, humilier et rabaisser Venise.
La jaioaaie commerciale fut la cause de ses guerres contre Venise, comme elle l'avait été de ses guerres contre Pise. Dès je mmmeniemeni au ireirieme siecic les vénitiens avaient fait de tels progrès en Orient que le doge de Venise se regardait comme possédant un quart de la souveraineté de l'empire grec. Depuis Venise jusqu'au Pont-Euxin , ils possédaient une ligne non interrompue de villes , d'Iles, de comptoirs, de factoreries. Ils étalent maîtres d'nne partie considérable de Constantinople et de toute 111e de Crète. Il n'en fallait pas tant pour enflammer la jalousie des Génois, et leur faire trouver des prétextes pour faire la guerre. Ils se lignèrent avec les empereurs d'Orient, bien inoins dans
nombreux vaisseaux, , visite toutes les régions et
l'intention de les soutenir que dans l'espérance de i Vénitiens, et ne lurent pas déçus de cette espérance, car en
peu d'années ils parvinrent à posséder en Orient des avantages qui balançaient la prépondérance vénitienne. I)s se croyaient tranquilles possesseurs de,s nombreux i-tablis&ements que leur avait cédés Michel Palcologuc , quand tout à coup ils apprirent que les généraux de Venise avaient surpria, incendié, ruiné tous leur» établissements de C'oustantmople et des tles de l'Archipel. A Gènes, celle nouvelle fut un appel aux aimes; une armée de 4a,0uo combattants, portée par une flotte de deux cents galères, se mit en mer pour aller dans les murs de Venise venger l'honneur et lïntérêt liguriens. Ce ne fut pourtant que deux ans plus tard que Loraba Doria défit ta flotte de Venise, commandée par André Dandolo, qui se donna la mort pour échapper à l'humiliation d'être conduit dans les prisons de Gênes. Par une des conditions du traité de paix qui suivit cette bataille, les Vénitiens furent chassés de la mer Noire (1)99).
En 1346 les hostilités recommencèrent. La paix qui suivit cette troisième guerre des deux républiques marchandes dura dix-sept ans; après quoi elle recommença, pour la l>otseasion de 111e de Ténedos, qui est comme la porte des Dardanelles. Ce coin de terre fut pour les deux républiques comme un mauvais procès < qui ruine également les deux parties. Les Génois, soutenus par de nombreux allié*, luttent leurs adversaires sur terre et sur mer, s'emparent du port de Chioggia, qui touche à Venise, et, au lieu de profiter de la victoire pour conclure une paix avantageuse, ils rendent du courage à leurs ennemis en les poussant an désespoir par des propositions honteuses. Dans cette crise, qui semblait ne laisser que la mort nu le déshonneur nu choix de l'orgueilleuse reine de l'Adriatique, le patriotisme dos Vénitiens se montra sous l'aspect le phis beau et te pins touchant. Si la fortune ne favorise sur leurs efforts, ils sont décidés à abandonner Venise à leflrs ennemis, et à aller avec leurs foi urnes et leurs en fonts se bftfrr une autre cité dans l'Ile de Candie. Pour eux, c'eût été transporter la patrie, plutôt que l'abandonner- Aujourd'hui que les peuples ont échangé te sentiment de la patrie contre l'intérêt du pa**t je doute qu'iie soient à même d'apprécier la résolution des Vénitiens. Aprta des combats sanglants, des villes pillées, incendiées, des victoires et des revers, les deux républiques rivales se soumirent à ta médiation du duc de Savoie, Amédée VI, que sa sagesse, aussi bien que sa valeur, faisait regarder comme l'arbitre de toute Italie. C'est en 1381 qu'il dicta des cou di lions de paix, qui furent bien reçues de chaque partie. Depuis cette époque, la puissance navale de Gênes alla toujours en déclinant Les deux dernières victoires qu'elle rem porte snr mer sont celles de Ponaa, en 143&, et celle do Salerne, en 1528; mais alors ses flottes n'étaient déjà plus que rombre de certes qu'André Doria conduisait à la victoire.
Dès le milieu du seânème siècle , cette république cessa d'être comptée parmi tes puissances maritimes, et tes corsaires purent impunément exercer leurs brigandages dan? une mer qu'elle regardait pourtant encore comme sa propriété. Son port n'a repris de la vie que quand il a tu
L'abbé Ko nu, évéque d'Annecy.
Après la chute de Napoléon, en 1814, et lorsque la garnison française demeurée à Gènes eut été contrainte de capituler aux mains d'un corps d'armée anglais, lord Ben tinck, qui le commandait, consentit à ce qu'on remit en vigueur l'ancienne constitution républicaine de Gênes. Mais en 181 i le congres de Vienne réunit la ville et le territoire de l'ancienne république, sous le nom de duché de G4nes, aux États du roi de Sardaigne. En 1821 Gênes ne se rattacha que temporairement a la révolution. Pendant les dernières agitations révolutionnaires dont l'Italie a été le théâtre à te suite de notre révolution de Février, Gênes resta asset tranquille jusqu'au moment où l'on y reçut la nouvelle de l'armistice conclu entre l'Autriche et la Sardaigne et de la dte-
solution de la chambre des dépotés à Turin, vert la fin de mars 1849. L'agitation populaire y alla dès lors tonjours croissant. Le peuple uni à la garde nationale s'empara des ouvrages de défense qui entourent la «Rie, que la garni-
swi sartie lui rrtiuiie a c»acuer.
Le 2 avril on établit un gouvernement provisoire composé du général Avezziana et des citoyens Davide Marchlo i l Constanttno Reta, dont lu premier acte fut de proclamer de nouveau l'indépendance de la république de Gênes. Mais dés te 4 du même mois le général de la Mannorà arriva sous les murs de la ville â la téte de forces Imposantes; et a la suite de divers engagements sanglants, interrompus par des armistices, il reprit possession des forts et des points les plus Importants de ta tille. Les négociations entamées pendant ce temps-là à Turin , par une députation spéciale des habitants de la ville , eurent pour résultat de déterminer le roi â proclamer nne amnistie générale, dont furent seuls exceptés les Individus les plu - gravement compromis dans I insurrection. En conséquence, le 10 avril Gènes (It sa soumission complète ; la population lut désarmée, et depuis lors la tranquillité n'y a plus été troublée. Mais dans In présente année till le choléra est venu exercer d'affreux ravages parmi une population quïl semblait avoir jusque là oubliée dans ses rigueurs.
Bien que ce soit la cité des palais, la tille de marbre, Cènes n'est point à vrai dire une belle ville. En raison de l'exiguïté de l'espace qu'elle occupe et de sa situation sur le flanc. «Tune montagne, la plupart de ses rues sont étroite-!, sombres, et généralement sf escarpées qu'il n'y en a qu'un fort petit nombre dans lesquelles on puisse se sevir de chevaux et de Toitures. Aussi l'usage des chaises i porteur, vulgairement appelées en France des vinaigrettes, s'y conservera-t-il trèslongtemps encore. Cependant (t existe à Gènes un certain nombre de nies larges, droites et unies, qui peuvent soutenir avantageusement la comparaison avec celles des plus belles villes de l'Europe, par exemple : la strada Ralbi, la magnifique slrada Xuota, là ttrada Novlssima , (a strada Cartn-Felice et la strada Giulia, toutes ornées d'un grand nombre de palais. En fait de promenades publiques, on peut cfler celles de la piazza deW Acqua-Verde , d'/lcgua-So?a et «lu Rempart. Parmi les nombreux palais qui ont rendu Gènes si justement célèbre, on remarque surtout le patazzo Ducale, ancien palais des doges, aujourd'hui siège du sénat , avec sa grande salle du conseil , décorée autrefois des statues des hommes les plus célèbres auxquels la république avait donné le jour, mais qui furent brisées lors de la révolottou de 1797 ; le palais Brignole - Sale, ordinairement appelé il palazzo Rosso, à cause du marbre rouge dont il est recouvert, où se trouve une riche galerie; les palais d'Andrae et de Tursî Doria (ce dernier sert aujourd'hui de collège aux jésuites), Pallavicfni, Pilippo et Marcello burxtzu (aujourd'hui Palazzo reale), Serrai, Carego, Negroni, G rilTo Cataneo , Massiruo Spinola, Cainbiaso, di Negro, etc. , etc. Mentionnons encore les bâtiments du port franc, ( arsenal, ancien couvent, l'arsenal de la Marine (luDarsena, où Fiesq u e se noya), la Monnaie et la Boggia di Lanchi, construite par Galeazzo AÎessi , fun des architectes qui ont le plus contribué a enrichir Gènes de leurs œuvres. Un gigantesque aqueduc fournit à ta ville f eau potable dont elle a besoin, et alimente un grand nombre de fontaines jaillissantes; non vaste port, l'un des plus importants de la Méditerrannée, et qui recuit dés navires de toutes grandeurs, est entouré par la ville en demi- cercle et protégé" par deux moles. Malheureusement, il n'est point à l abri du Vent du sud-ouest, qui j commet parfois de grands dégâts. Un port franc y est
Gènes ne contient pas moins de cent églises, en y comprenant celles qui servent de chapelles à des couvents. Les plus remarquables sont : la oaUiédrale. San-Lorenzo, construite à partir du douzième siècle, I l'époque U plus brilla république, dans le style germano-lombard, dans
rieuses, un sàint Gréai ; ensuite, les églises de San-Siro, ancienne cathédrale de la ville, on avaient lieu les assemblées du peuple et les élections de doges, reconstruite au dixseptième siècle. Santa-Maria dl Carignano, bâtie par Alésai, sur le plan du Saint- Pierre de Michel-Ange ; San-Sebastian<» ; L'Annunziata et San-Stefano.
En fait d'établissements publics , qui presque tous datent des temps de la république, on remarque surtout le grand hôpital de Paraniatone, l'tm des plus vastes et des plus magnifiques qui existent en Europe, recevant en moyenne mille malades par jour, et orné d'une foule de statues représentant les bienfaiteurs de l'Institution , et qui avant d'être spolié par le gouvernement français, possédait 600,000 liv.de rente; ensuite l' Abergo dei Povert, l'un des plus grands et des plus beaux tiApitanx de l'Italie, construit an dix-septième siècle, et où sont logés 2,500 pauvres; le Fieschine, institution ponr 600 jeunes filles pauvres, qn'on y emploie* la fabrication des fleurs artificielles : l'Institut des Sourds-Muets et l'hospice degli Incurublll. La Banqur de Saint-Georges, fondée a Gènes dès le quinzième siècle, a servi de modèle aux tontines , caisses d'épargne et de prévoyance, qui n'ont été Connues que si tard dans d'autres pay s. C'était tout à la fois une banque de prêt, une banque de dépâts et une banque nationale. Elle fut supprimée lors de l'incorporation de Gènes à la France , qui s'empara de son actif, représentant une valeur de plus de 150 millions de francs et solda sou passif en inscriptions sur le grand livre de la dette publique.
Gènes compte aujourd'hui (20,000 habitants; elle est le siège d'un archevêque, des autorités civiles et militaires supérieures, et d'une université, qui occupe un superbe édifice et possède une bibliotèqne de 45,000 volumes. Ses différents palais renferment de précieuses collections de tableaux et de sculptures. La ville possède aussi une Académie des Beaux- Arts. Parmi ses théâtres , celui de Carlo-Felice occupe le premier rang; c'est aussi l'un des plus beaux qu'il y ait en Italie. San-Agostino et Delle-Vigne ne sont que des scènes secondaires. En février de la présente année 1854 a eu lieu l'ouverture du chemin de fer qui unit désormais Gènes à Alexandrie et à Turin. Les travaux d'art qu'il a fallu exécuter pour frayer passage à la voie ferrée à travers les rochers de l'Apennin sont au nombre des plus beaux et de* plus difficiles auxquels la construction d'un chemin de fer ait pu encore donner lieu, en quelque pays que ce soit- Gênes est toujours lé centre d'un commerce immense, quoi* qu'il soft bien déchu de ce qu'il était jadis, alors que cette ville formait un État Indépendant. Les huiles d'olive et les fruits secs en forment la brandie la plus importante-
On y trouve aussi beaucoup Je fabriques considérables de soieries, notamment d'étoffes noires, de velours, de et de bas de soie, d'articles de bijouterie et de rie, de papiers, de draps, de bas de coton, do fleurs artificielles, de chapeaux, de macaroni, de fruits confits, de chocolat, de céruse, etc. La soie employée par les manufac tures provient en partie de la sériciculture locale et en partie du reste de Pltalie, notamment de la Calabre et de la Sicile, ainsi que de la Syrie et de l'Ile de Chypre.
Le duché de Gènes, ou la ci-devant république de ce nom, compte sur une superficie de 77 myriamètres carrés, une population de 655,500 habitants, répartie en 20 villes et 725 bourg ou village*. Il confine à l'ouest et au nord à la Savoie, au Piémont et à la Lombardie ; à l'est au duché de Lacques et au grand-duché de Toscane; au sud à la Méditerranée. Son territoire est divisé en deux parties , l'une S Test, appelée Riviera di Levante, l'autre i l'ouest, dite Riviera di Ponente. A la première appartiennent Gênes, Sestri di Levante, etc. ; à la seconde Savone, Finale, Onegïïa, San-Remo, Vintimigha, etc. Les Apennins s'étendent le long de toute la partie septentrionale, et se prolongent même par quelques ramifications jusqu'à la côte : mais en dépit de le nature montagneuse de son sol, toute cette contrée est «Tune admirable fertilité. Les classes populaires s'y distinguent p«
leurs habitudes laborieuses et par leur courage ; les classes élevées, par leur instruction et par l'élégante politesse de leurs mcpurs.
GÊNES (Siège de). En 1800, la cour de Vienne, espérant pouvoir proliter de la situation critique de l'armée d'Italie |>our conquérir Gênes, résolut de porter ses forces sur le Var, d'entrer en Provence, de combiner leurs opérations avec celles de 1 5,000 anglais débarqués à Manon et de 20,000 Napolitains, puis de soulever en faveur des Bour- ' bons les populations du midi. Bonaparte confia à Masséua le soin de déjouer ces projets à la tête de. 37,000 nommes. Il avait, en outre, sous ses ordres, Soult, Gazan, Thurreau et Oudinot. Arrivé dans la place le la février, il la trouva livrée à une désorganisation complète : il y institua aussitôt une administration ferme et amie des Français; les campagnes environnantes étaient soulevées : il les fit rentrer dans le devoir. On annonçait de France 22 bataillons ; il en reçut mille officiers sans troupes. Cependant, il lui fallait défendre toutes les avenues du Dauphiné et de la Provence, < depuis le roont-Cenis jusqu'à Gènes. Pour surcroît de malheur, la disette commençait à se faire sentir, quand la Tille ' fut bloqué» : l'armée n'avait pas de pain pour vingt-quatre : heures et Ton attendait trots demi-brigades d'infanterie, I trois régiments de cavalerie. On annonçait aussi, il est vrai, ' 18,000 quintaux de blé.
Les Autrichiens enlevèrent aux assiégés cette dernière es- j pérance en attaquant la place le 5 avril : Mêlas avait réuni 10,000 hommes devant Bohbio, aulant devant Tortone, 30,000 à Acqui et Alexandrie , et il se présentait devant la , ville , bissant en Piémont toute sa cavalerie, une artillerie ; magnifique , et 20,000 fantassins. En ce moment , Masséna n'avait que 15,320 hommes, exténués par la maladie. Il ne J lui restait qu'un parti à prendre : masser ses forces pour les précipiter sur des groupes d'ennemis épais; et les montagnes qui environuent Gêqes favorisaient singulièrement ce genre de défense. Dès le second jour de l'attaque, son aile droite, qu'il commandait en personne, se trouvait isolée et chargée seule de protéger la place, le reste devant couvrir les avant-postes, qui n'embrassaient pas moins de eu milles d'étendue. Au moment de l'apparition des Autrichiens une flotte anglaise, coupant toutes les commun»- ( cations par mer, interrompit les arrivages de vivres ; l'en- j nemi occupait le lendemain Monte-Cornua , Torriglia , Scoffera, Cadibona et Monto-Moro ; beaucoup de combattants étaient tombés de part et d'autre dans ces rencontres, à coups de fusil , de pierres et de baïonnette. En outre , les vaisseaux britanniques lançaient force bombes et boulets sur la place.
M asséna, las de cette position, reprit le lendemain l'offensive, culbuta les assiégeants sur tous les points, et leur (it 1,500 prisonniers. Le 8 avril, l'armée française ayant été partagée en deux corps, le premier resta chargé de la défense de Gènes sous les ordres de Miollis, le second forma deux divisions, commandées, l'une par Soult et Gazan, l'autre par Gardanne et le général en chef. Cette division avait pour but de débloquer Savone et de rétablir les communications de la place avec Suchet. Elle s'accomplit heureusement, en (ace d'un ennemi cinq ou six fois plus nombreux ; mais le 30 avril, à deux heures du matin , 25,000 Autrichiens attaquèrent la place, tandis que la flotte anglaise, rasant la cote , cherchait à exciter la population à la révolte. Après plusieurs combats acharnés, par une pluie battante, où la lutte eut presque toujours lieu à coups de pierres et de crosses de fusil, les assiégeants furent obligés de battre en retraite, avec une perte de 4,000 hommes, dont 1,600 prisonniers.
Mêlas, voulant essayer de repousser notre armée de réserve qui s'avançait triomphante, céda la direction du siège au général Ott, qui ne tarda pas » être attaqué dès le 1 1 mai. L'adjudant général Gautier lui enleva son camp de Baverie; mais Miollis, ayant échoué Rur le Monte-Saccio, fut rejeté $ur la Slurla. Toutefois, Soult exécuta avec succès son mou-
vement, culbutant tons les postes autrichiens et forçant leur camp de Monte-Cretto. Plus de 800 de leurs soldats restèrent dans les abîmes, et le double au moins fut pris dans les retranchements , tandis que le général Darnaud s'emparait de Nervi. Restait à prendre le Monte Cretto luimême- Le début de la journée du 12 était déjà marqué par des succès, lorsqu'un violent orage fondit sur les combattants. On ne s'apercevait plus qu'à la lueur des éclairs, et Soult resta au pouvoir de l'ennemi, nos soldats , exténués de fatigue, n'ayant pu l'arracher de ses mains.
A la suite de cette malheureuse affaire, qui fit perdreaux assiégés tout espoir de rom pre la ligne de blocus, 4 ,000 Génoises s'ameutèrent sur les places de la ville, avec des sonnettes à la main , demandant du pain et la fin de leurs maux. On réussit à dissiper cet attroupement au moyen de quelque argent distribué à propos.
Au milieu de la nuit du 17, les Anglais et les clialoupes napolitaines bombardèrent le quartier de la marine , et le peuple recommença à murmurer. Enfin, le 20, une dépêche de Bonaparte annonça que le 30, on serait débloqué. ttoo.000 francs arrivèrent ;©n fit face aux besoins les plus urgents. Mais le bombardement ne discontinuait pas , la misère augmentait, les rues étaient jonchées de morts et de mourants ; on se disputait les chevaux tombés de maladie, les animaux domestiques en putréfaction ; on mangeait des serins, des rats , de l'herbe , des souliers, des havre-sacs et 'les gibernes. Le 21 mai, il n'existait plus que de quoi faire pour deux jours de mauvais pain pour la troupe. Masaena ordonna qu'on ramassât dans la ville tout c« qui restait d'amandes, de graine de lin, d'amidon, de aon, d'avoine sauvage , de cacao et qu'on en confectionnât un mastic nuir, pesant, et qui n'était pas susceptible de cuisson.
Le 28 on annonça un mouvement rétrograde des Autrichiens , puis on parla d'une grande victoire remportée par Bonaparte ; mais le découragement succédait à ces trompeuses espérances. Le 30 les généraux Keith, Ott et Saint- Julien firent demander une entrevue à Masséna. Ils lui offraient la capitulation la plus honorable. Le général français rejeta d'abord cette ouverture; mais le terme où Bonaparte avait promis de débloquer la place était passé; au 4 juin il ne devait plus rester par homme qu'une ration de l'horrible mortier noir; il fallait sauver fi, 000 malades ou blessés; les Anglais recommençaient chaque nuit le bombardement ; nos soldats étaient hors d'état de supporter le poids tic leur fusil. On ne reçut aucune nouvelle du dehors les 1" et 2 juin; alors le peuple en masse se souleva, et il fallut pour l'apaiser lui promettre de négocier si dans les vingt-quatre heures il n'arrivait pas du secours.
Ce délai expiré, Masséna se décida enfin à traiter. Lord Keith consentait à ce que l'armée assiégée rentrât en France, pourvu que son chef, qui valait, disait-il, 20,000 hommes, restât prisonnier. Masséna refusait de se prêter à toute négociation où le mot capitulation serait employé. Enfin , il fut décidé que les Français prendraient la route de leur patrie avec leur artillerie et leurs munitions, aux dépens de l'Angleterre, et que la liberté des Italiens nos alliés serait assurée. Masséna signa ces conventions le 5 juin à sept heures. du soir. Quelques jours après Bonaparte, vainqueur àMarengo, stipulait l'évacuation de Gênes par les Autrichiens, et Suchet y faisait son entrée solennelle le 24 du même mois.
GENÈSE, le premier des livres de Moïse et de la Bible, est nommée parles Juifs Bemith, c'est-à-dire Au commencement , d'après leur méthode de citer les livres du Pcntateuque par les premiers mots. Le nom de Genèse ( du grec yévtaxç, naissance ) a été donné à ce livre par les Grecs, parce que Moïse y fait remonter l'histoire à la naissance du monde. Les autres livres de Moïse sont regardés comme une sorte de journal , écrit au temps et sur les lieux des événements qu'il raconte; mais pour la Genèse, histoire des temps qui ont précédé la naissance de l'auteur, rien n'en fait connaître la date. Des critiques prétendent
qu'elle fut écrit? dans le pays de Madiao , dans les quarante '
ans que Moïse y passa au service de Jélliro, son beau-père; ! d'autres veulent qu'elle ait «té composée dans le désert, j après la promulgation de la loi.
La Genèse , en 50 chapitres , renferme l'histoire des premiers siècles, depuis la création du monde jusqu'à la mort du patriarche Joseph, c'est-à-dire une période de 7370 ans. On y trouve donc l'histoire des patriarches, l'histoire du déluge, de la tour de Babel, de la ruine de Sodome, etc.
Il se trouve dans les différents textes de la Genèse des variantes chronologiques qui ont beaucoup occupé les savants, et qui ont même fourni aux incrédules des objections contre la vérité du récit de Moise ( comme si Moïse devait répondre des erreurs de ceux qui le copient! ). Le texte hébreu , suivi par la Vulgate, compte 1654 ans depuis la création jusqu'au déluge, et 295 du déluge à la naissance d'Abraham; les Septante mettent le déluge à l'an 2242 du monde, et donnent 942 ans entre le déluge et Abraham; ce qui ajouterait 1236 ans à l'antiquité du monde. Le Pentateuque samaritain ne trouve que 1307 ans avant le déluge ; mais il est d'accord avec les Septante , sur le nombre d'années écoulées depuis cette éjwquc jusqu'à Abraham. Quelques interprètes, par respect pour les livres saiuts, ont cherché à concilier toutes ces dates, ce qui (Mirait assez difficile; les autres, sans s'écarter du respect dû à l'Écriture, n'ont pas hésité à déclarer que des erreurs s'étaient glissées dans les copies. Mais quels sont les textes fautifs? Où est la véritable chronologie de Moïse? L'Église, en adoptant la Vulgate, s'est prononcée pour le calcul des Hébreux , sans pour cela condamner les autres.
L'abbé C. Bakdevillf..
GENESIUS (Joseph), historien du Bas-Empire, qui flonssait vers le milieu du dixième siècle. Le Hvtc qui porte son nom fut entrepris par ordre de Constantin Porphyrogénèle; il ne doit pas être confondu avec la chronique imprimée dans les Script ores post Theophanem ; Paris, 1685. L'Histoire de V Empire Grec, de Genesius, qui commence en 813, comprend les règnes de Léon l'Arménien, Michel le Bègue, son fils Théophile et Basile le Macédonien, mort en 866. L'Histoire de Genesius fut publiée pour la première fois en 1733, à Venise.
GENESTROLLE. Voyez Genêt.
GENET. On désigne ainsi une espèce particulière de chevaux d'Espagne, généralement petits et très-bien conformés. Il y a aussi des genêts de Sardaigne, de Portugal, et de quelques autres provinces d'Europe. Quelques personnes font venir ce mot du grec evrtvT); (en latin benc notus ), comme pour désigner les belles proportions de l'animal qui porte ce nom. On en retrouverait plus vraisemblabUment l'étymologie dans le mot espagnol ginette, qui veut dire cavalier, homme de cheval.
GENET, genre d'arbrisseaux de la famille des papilio- ■acées, portant des feuilles alternes, simples pour la plupart, et des (leurs offrant une carène tombante, qui laisse en partie à découvert les étamines et le pistil. Le fruit est une gousse oMongue renfermant une ou plusieurs semences.
Les nombreuses variétés de ce genre se ressemblent presque entièrement. Parmi les plus remarquables, on distingue lé genêt d'Espagne ( genista juncea), qui s'élève en buisson à la hauteur de trots à quatre mètres; ses fleurs exhalent une légère odeur de fleurs d'oranger : en leur attribue des propriétés diurétiques. Dans les Ccvennes , aux environs de Lodève, on cultive le genêt d'Espagne pour en retirer la filasse, en lui faisant' subir une sorte de rouissage; les paysans de cette contrée en (ont de la toile qui rivaliserait avec celle faile avec le chanvre, si le travail en était conié à des mains plus habiles. Les jeunes rameaux peuvent servir à des objets de vannerie, comme l'osier. Les moutons et les chèvres en font leur principale nourriture pendant l'iuver; le genêt produit quelquefois chez, ces ani-
GENETTE 213 maux, et surtout lorsqu'ils mangent les semences de la plante, des inflammations des voies urinaires, que l'on guérit à l'aide de boissons rafraîchissantes. Cette espèce de genêt croit abondamment en Espagne, en Italie, et dans le midi de la France : elle se plaît dans les terres légères et bien labourées.
Vient ensuite le genêt commun ( genista scoparia ). Cet arbrisseau , qui s'élève à une hauteur de 1",J0 à 1",60, a des rameaux grêles, verdâtres et très-Uexibtes. Il croit en Europe, dans les terrains secs et arides, et fleurit au mois de mai; ses fleurs jaunes, disposées une à une le long des tiges, produisent un très-bel effet. Dans la Belgique, on en fait confire les boutons dans le sel et le vinaigre pour les servir sur les tables, comme les câpres. Par le rouissage des jeunes rameaux, on peut en retirer une filasse, dont on fait des cordes et de la grosse toile. 1) peut aussi servir d'aliment aux bestiaux : dans quelques pays, on l'emploie au tannage des cuirs; mais le principal usage que l'on en lait, c'est pour la fabrication des balais grossiers; aussi lui donne-t-on vulgairement le nom de genit à balais.
Le genêt des teinturiers, ou genestrolle ( genista finctoria, Linné ) , est un petit arbuste, commun dans les bois, les haies et les champs de toute l'Europe, où il fleurit dans les mois de juin et de juillet. Il ne s'élève qu'à nne hauteur de 0™ ,60 à 1 mètre; ses fleurs jaunes croissent au sommet de la tige et de ses ramifications sous forme d'épis clairs. La genestrolle fournit une couleur jaune moins belle que celle de la gaude, mais plus solide quand on la fixe par l'alun : les teinturiers la nomment herbe à jaunir. Ses fleurs sont légèrement purgatives.
Il y a encore d'autres variétés de genêt dont les unes ne diirèrent des précédentes que par la disposition et la couleur de leurs fleurs : les unes sont blanches, comme dans le genêt de Portugal; les autre i violettes, comme dans le genêt effilé. Il n'y a que ces deux espèces qui présentent des fleurs de couleur différente ; toutes les autres oui des fleurs jaunes, mais varient par leur port et la disposition de leurs feuilles. C. Favrot.
GENÊT ÉPI X EUX. Voyes, Ajonc.
GE.XÉTHLIAQUE. Ce nom , emprunté à la langue grecque et dérivé de revétoïi, naissance, désigne un poème composé à l'occasion de la naissance d'un enfant , comme c'était l'usage chez les Grecs d'abord, et plus tard chez les Romains. Le chef-d'œuvre des poèmes genélhliaques est 1*4glogue de Virgile adressée à PoUion : Sicelides Musx. Dans les Sylves de Stace, il y en a aussi un fort remarquable, dont Lucain est le héros. On appelait encore ainsi , chez les anciens, l'astrologue qui tirait l'horoscope d'uu nouveauné , en interrogeant tes astres , ainsi que le pratiquaient les ChaWéens. Il y a dans Aulu-Gelle un beau discours de Favorinus, contre les genéthliaqoes et l'astrologie judiciaire.
GENETRIX, surnom donné à Vénus, comme souche du peuple romain , et en particulier de la famille Julia par Énée. Pour accomplir un vœu qu'il avait fait pendant la bataille de Pharsale , César lui éleva un temple dans son propre forum. On l'adorait aussi comme la déesse de l'amour conjugal et légitime , basé sur le désir d'avoir des enfants. Les artistes représentaient Vénus Genetrix touto vêtue ; elle ne porte cependant d'ordinaire qu'un mince tAiton couvrant imparfaitement son corps. Comme mère des Romains, on lui donne souvent la pomme, et quelquefois aussi une lance.
GENETTE, tribu d'animaux du genre ci vette , particulièrement caractérisés par leurs ongles rélractiies, par leur pupille verticale, et par la simplicité do leur fente périnéale, qui conduit à un enfoncement léger formé par la saillie des glandes et presque 'sans excrétion sensible.
Nous citerons comme type de cette tribu la Genette commune (viverra genetta). Son pelage gris est tacheté de noir et de blanc ; la queue, aussi longue que le corps, est annelée des mêmes couleurs ; un museau noirâtre , des taches blanclies aux sourcils, sur la joue et de cliaque côté du bout
GEINETTE —
du nez, complétant les caractères dt ce pelage, qui forme un article de pelleterie assez important. On chasse donc cette espèce le long des ruisseaux, où elle vit ordinairement, dans les parties méridionales de l'Europe, et particulièrement en France, dans le département de la Gironde, où elle est très-commune.
< . l \ i \ 1 , l'un des cantons de la Suisse, à l'extrémité sud-ouest de ce pays, cn(re le canton de Vaud, le départe-
français de l'Ain et le territoire sarde , comprend une superficie d'environ 4 myriamètres carrés; son sol montagneux, médiocrement fertile, est admirablement cultivé par ses industrieux habitants. D'après |e recensement de 1850, la population se compose de 64,764 habitants, dont 29,704 professait la religion catholique et 170 appartiennent à la religion juive. Dans la majorité réformée, les momiers ou méthodistes forment une secte particulière. L'agriculture, l'éducation du bétail et la pêche, mais pins particulièrement le commerce et l'industrie, notamment la fabrication des montres et des articles de bijouterie, bien que diminuée dans ces derniers temps, constituent les principales ressources de cette population. Le budget avait été fixé pour l'exercice 1851 à 1,392,000 (r.; et l'excédant des recettes sur le cbilïrc des dépenses était évalué à 17,000 fr. Le droit français, modifié par quelques lois particulières ultérieurement rendues, y est en vigueur. Le canton a pour chef-lieu la ville de Genève (voyez ci-après ). Il est arrosé par le Rhône, qui sort du lac Léman, traverse la ville de Genève , coule vers le couchant et se dirige vers la France ; par l'Arve, torrent qui sort des Alpes de Savoie et se jette dans le Rhône, près de Genève; et par plusieurs petites rivières, qui viennent du Jura ou de la Savoie, et im se jettent dans le lac , dans le Rhône ou dans l'Arve. Son territoire est divisé en 3» communes, dont 13 entre l'Arve cl le Rhône, 12 entre le lac et le Rhône, et 13 entre le lac et l'Arve. De ces trente-huit communes, qu'inné appartenaient à l'ancienne république. On trouve à 20 minutes do Genève la petite ville de Carouge, située sur la rive gauche de l'Arve. C'est une ville neuve, régulière, et qui s'embellit de Jour en jour. En 17W) ce n'étai| encore qu'un chétif village, quand le roi de Sardalgne en fit le chef lieu d'une nouvelle subdivision territoriale du duché de Savoie. Elle communique avec Genève par un beau pont, en pierre.
A l'époque des luttes entre les Ilclvétiens et les Romains, r.enèvc appartenait aux Allohrogcs ; et déjà César en avait fait une de ses places d'armes. Plus tard, elle appartint à la province romaine appelée Provincia Mnxima Sequanorum. Elle lit partie de l'empire pendaut plus de cinq siècles, et lut le centre d'une province considérable ; e» 426 elle passa sous la domination «les Bourguignons , qui eu tirent «me des capitales de leur royaume; les Ostrogot!», qui s'en empâtèrent au siècle suivant, la gardèrent pendant quinte ans et la cédèrent en au* Francs. Ceux-ci y dominèrent pendant trois siècles et demi , jusqu'au partage de l'empire, qui eut lieu sous les successeurs 4c Charlcmagne. Genève dépendit successivement du royaume d'Arles et dn second royaume de Bourgogne. Au commencement du onzième siècle, elle se trouvait sou* la domination d'un évéque et d'un comte, qui se députaient ta suprématie dans ses murs , et qui l'emportaient tour à tour l'un sur l'autre. Dans le treizième siècle, les comtes de Savoie ayant acquis dps possessions considérables aux environs de Genève, finirent par devenir redoutables aux évêques et aux comtes de cette ville et les habitants surent profiter u>5 embarras de leurs seigneurs pour acquérir certains privilèges, devenus plus tard la base même de leur indépendance. Ces privilèges furent confirmés , eu 1387 , par l'évéque Adbémar Fabri , qui en forma un recueil désigné sous le titre de franchises.
En 1401 le comté du Genevois fut réuni au comté de Savoie , et dès lors les princes de ta maison de Savoie exercèrent dans Genève une autorité prépondérante , et ne respectèrent que bien faiblement les droits de* habitants. Pen-