GENERAL
pourra it appeler hors ligne , puisqu'ils n'appartenaient plu» à l'organisation nationale de l'armée en légions : chacun do ces corps eut pour chef un officier général romain , ou étranger, Lee officiers généraux commencèrent à être choisis dans la domesticité du palais, soit parmi les gardes du corps, soit parmi les écuyers, notaire*, trésoriers ou chambellaus du maître. Un très-petit nombre , parmi lesquels il ne faut pas oublier le grand-ehamliellan Narsès, le vainqueur des Goths , justifièrent l'anomalie; les autres ne firent que lia ter la décadence de l'empire. A cette même époque se rapporte la création d'un nouvel ordre d'officiers généraux : ce furent les généraux d'infanterie (magistri pedttum), ceux de cavalerie (magistri equitum ) , les généraux en chef (magistri mttitum, ou utriusque militUe); les préfets du pré. toire, autrefois commandant ia garde impériale, furent portés au nombre de quatre, et leurs fonctions devinrent celles de nos ministres de la guerre.
Après la destruction de l'empire romain, on trouve des chef» de corps et des commandants d'armées, mais aucun officier général proprement dit, jusqu'à l'époque où les armées recommencèrent à prendre une organisation régulière ou a peu pré*, époque qui ne remonte pas plus haut que la 6n du dousième siècle. On rencontre bien au dixième siècle ( 987 ) un grand-sénéchal , commandant des armées ; mais ce n'était dans le lait qu'un office de palais, ainsi que l'indique son titre (sinist-skalk, magister domesticorum ). Cest à partir du règne de Philippe-Auguste que furent créés les officiers généraux, qu'on vit ensuite à la tète des troupes : ce sont les ma réel taux ( 1 185), les gran ds-maltrcs des arbalétriers (1270) et de l'artillerie (1479), les capitaines généraux ( 1303), les lieutenants généraux (1430) , les colonels généraux (1&44), les mestres de camp généraux, et les maréchaux de camp ( 1 652 ). Les fonctions et l'étendue du comtnandementde ces officiers généraux n'avaient rien de fixeetde dépendant dcl'organisation des armées, qui était elle me.ine un chaos. Ce ne fut qu'an commencement de la révolution ( 1793) que cette organisation reçut la forme régulière qu'elle a encore conservée de nos jours : alors les officiers généraux prirent des dénominations correspondantes à leurs fonctions et à leur commandement, qui devint fixe; alors aussi cessa le chaos de la composition capricieuse des étatsmajors, avec toutes les petites rivalités et les petites intrigues qu'on n'avait que trop vues jusque là. Le nombre des grades d'officier général fut réduit à deux, général de brigade et général de division. Celui de général en chef ne fut plus qu'une commission temporaire donnée par le gouvernement, celui de lieutenant général une autre commission du général en chef, pour le commandement d une partie de l'armée. Lorsque l'empire vint avec ses besoins monarchiques, on vit reparaître les connétables , les maréchaux , les colonels généraux. En vain chercherait-on dans notre histoire militaire le bien qu'a produit cette nouvelle complication; on y voit bien plutôt ses inconvénients. A la contrerévolution de 1814, revinrent les titres de maréchal de eam p et de lieutenant général.
Ce serait ici le lieu d'indiquer et de développer les connaissances et les qualités nécessaires à un officier général; mais il faudrait pour cela un traité spécial. Nous nous contenterons d'en rapporter la nomenclature que M. de Cessac a consignée dans V Encyclopédie militait* : « 1° Connaissance de soi-même , des hommes de la nation, de ses subordonnés, de la nation qu'il doit combattre, et des généraux ses adversaires; 2° connaissance de l'art de la guerre, des langues, de l'histoire, de la géographie, de la physique, des mathématiques et du dessin, de la politique, de la législation et du droit public ; 3° vertus civiques et morales à un degré éminent, justice tempérée par nne humanité bienveillante, courage allié à la prudence, perspicacité des vues, activité dans l'exécution, bonne foi , et probité la plus désintéressée et la plus scrupuleuse. » Telle n'est pas l'idée que s'en font bien des gens. A qui la faute? Il ne faut cependant pas croire que l'homme dont M. de Ces*ac a tracé le
portrait soit on être de raison : nous en avons vu des échantillons : les Hoche, les Marceau , les Brune, les Championnet, les Joubert, les Gouvion Saint- C y r , etc. ; auraient pu s'y reconnaître.
Ce serait une grande erreur que d'attacher toujours une idée belliqueuse au généralat; il y a eu effectivement, et il y encore en Italie, des généraux dont la mission est plus pacifique et moins périlleuse , sans être pour cela moins pénible : ce sont les généraux de certains ordres religieux, (es chefs de tous les couvents établis sous la même règle. Les ordres deCIteaux, deSaint-Maur , des Feuillants, des Cha rtreux, des Pères de l'Oratoire , de Saint-Rufde Valence , de Saint-Antoine de Vienne, de Prémontré, de Grammont, des M a t burins et do la Congrégation de la Mission en France, etc., avaient leurs généraux particuliers. Il en était de même des Franciscains, des Jésuites, desDominicains, etc. L'origine du généralat ecclésiastique vient, selon le père Tbomassin, des privilèges donnés par les patriarches aux monastères de leur circonscription en échange d'une soumission directe. Ces monastères, à leur fondation, arboraient la croix patriarcale, et s'exemptaient ainsi de la juridiction de l'evéque diocésain.
Anciennement, on appelait également généraux des officiers appelés à surveiller la levée et l'administration des finances. Ils étaient nommés par les trois états du royaume et coullrroés par le roi. Depuis , les rois seuls les nommèrent ; ils en portèrent arbitrairement le nombre à 4, à 5, à 8, et leur attribuèrent le droit de rendre la justice en matière de finances. Cette institution fit plus tard place à la cour des aides.
Le mot général s'ajoutait encore autrefois à certains noms de charge, d'olfice , de dignité, comme à celles de lieutenant général de province, contrôleur général des finances, trésorier général. Les trésoriers généraux s'appelaient aussi généraux des finances , de même que les conseillers aux cours des monnaies portaient le titre de généraux des monnaies. Il en est de même aujourd'hui : nous avons nos procureurs généraux, nos avocats généraux , etc. ; l'Espagne a encore des capitaines généraux. En nous rapprochant de l'acception de l'adjectif général, nous avons appelé direefeu™ généraux les chefs de plusieurs branches d'administration : cette dénomination est plus rationnelle que celles dont nous venons de parler, et qui s'appliquent h des fonctions dont le ressort est vraiment trop circonscrit.
GÉNÉRAL (Conseil). Voyex Cousu l cém^au GÉNÉRALE, batterie d'alarme, servant désignai aux troupes en cas d'alerte : c'est le tocsin de l'armée. Lorsque l'on bat la générale , tous les tambours doivent La répéter à l'instant, et parcourir les rues, accompagnés de deux uornmts armés. Le jour de leur arrivée dans une place forte, hs troupes sont informées par un ordre du jour des postes qu'elles doivent occuper en cas d'alarme. Elles prennent les armes au bruit de la générale, ci se rendent aux lieux indiqués par le commandant supérieur deja place ; les gardes forment la baie, chaque régiment se dirige vers le point qui lui a été assigné, et y attend les ordres ultérieurs de l'autorité militaire. La générale ne doit être battue que dans les cas d'incendie ou de révolte : clic se fait également entendre lorsque l'ennemi s'approche d'une ville de guerre et menace de l'investir ou de l'ai taquer inopinément. Les commandants de place peuvent faire battre la générale à l'im pro v iste, soit de jou r, soit de nnit, pour juger de l'exécution plue ou moins prompte des dispositions ordonnées; cependant, ce moyen est rarement employé aujourd'hui. Dans les camps, cette batterie est presque toujours le signal d'une attaque nocturne de l'ennemi, et le commandant en chef a seul le droit de l'ordonner : elle est aussitôt répétée snr toute la ligne du front de bandière. Des peines graves sont prononcées contre les militaires qui ne se trouveraient pas à leur oostc quand ia générale se fait
GÉNÉRALE - GÉÎSKRALISAT10N
entendre. Void comment s'exprime à ce sujet le Code Pénal de l'année : « Tout militaire, ou autre individu employé au service de Tannée, qui, lorsque la générale aura été battue, oe se sera pas rendu a son poste , sera pour la première fois puni d'un mois de prison; pour la deuxième, de trots mou, et destitué de son grade ou emploi. Le simple soldat , dans ce second cas, sera puni de six mois de prison ; dans le cas d'une seconde récidive , il sera puni de deux ans de fer. ■ Des peines également très-sévères sont réserrées aux individus qui feraient battre ta générale sans y être aulo n'e§.
GÉNÉRALISATION, GÉNÉRALITÉ. Ces termes, qui émanent du mot genre, en latin genus, du grec rrmw, expriment une sorte de génération Intellectuelle. C'est donc id que commence véritablement le travail de la pensée humaine, laquelle nous distingue de la simple animalité. En effet, Tanimal, quelque Intelligent qu'on le reconnaisse , le chien, l'éléphant , le singe, non- seulement ressentent comme nous , par leurs organes des sens, des impressions, ou les images des objets extérieurs ; maisils en ont des souvenirs, ils se représentent des idées, même en l'absence des corps qni tes ont produites. Cependant, rien ne prouve qu'ils sachent en abstraire des généralités. Ils peuvent bien, par exemple, avoir connaissance de tels ou tels hommes comme individus , mais non pas s'élever à la conception abstraite de l'humanité, a la généralisation de la nature de l'homme. Ils ne sortent jamais de l'ordre physique ou matériel; ils ne créent point ainsi des essences génériques, parce quHs ne montrent nullement la faculté de coordonner les rapports d'analogie entre les diverses qualités des êtres. Les idiots, les enfants en bas âge sont réduits encore à cet état d'animalité qui ne leur permet de saisir que des individualités ou de simples faits , sans les comprendre sous un principe commun.
Les véritables généralisations ne sont point des opérations si communes de l'esprit humain , et elles n'appartiennent qu'à un certain ordre d'intelligences réfléchies et méditatives. Rarement les hommes dans les usages de la vie •'occupent de généraliser et de systématiser leurs connaissances sous des principes larges qui les embrassent d'après leurs analogies plus ou moins étroites. Il faut, pour atteindre ce but élevé, avoir longuement comparé les objets les plus divers et observé les liens par lesquels ils s'entretiennent ou se rattachent. Un exemple, le plus illustre de tous peutêtre, fera comprendre toute la portée de la véritable généralisation. Certes, un paysan peut voir, comme Newton , une pomme tomber d'un arbre. Ce simple résultat de la pesanteur des corps vers le centre de notre sphère terrestre n'est qu'un fait vulgaire, auquel le commun des hommes ne prête aucune attention. Pour Isaac Newton, c'est l'origine de la pins vaste des généralisations. Il en tire la loi de lagra vita tion uni venelle.
On comprend donc que toutes les découvertes dans les sciences et la philosophie dérivent souvent de ces généralisations, ou d'applications d'un fait à d'autres analogues. Ainsi, James Watt a su tirer parti de la force de la vapeur de la marmite de Papin en l'appliquant à une multitude d'autres opérations. Déjà Camerarius et Vaillant avaient remarqué des sexes dans les plantes, mais il appartenait à rrsprit perspicace de L i nn é de généraliser ce tait dans tout le règne végétal, par sa dissertation Sponsatia plantarum et par son ingénieux système sexuel. C'est donc par la comparaison attentive des faits analogues qu'on parvient à découvrir le tien secret qui les associe, l'harmonie qui les fait jouer de concert. Mats si ces faits rapprochés entre eux ne se trouvent rattachés que par une méthode factice, on par des apparences mal fondées , on n'arrive , à l'aide de ces généralisations forcées, qu'à construire une hypothèse fragile, que le moindre effort de raisonnement renverse, ou que brisent des observations plus véridiques. Le moyen intermédiaire des généralisations consiste donc dans l'analogie. Tout gît séparé, ou plutôt épars et désordonné, lorgne l'esprit
n'entrevoit pas la liaison des effets à leurs causes el la concaténation des vérités à leur plus haute origine dans le grand univers. Mais cette généralisation vaste ne s'acquiert qu'à Taule d'observations longues et multipliées par la force de la méditation. C'est par celle-ci que l'intelligence humaine s'est exhaussée jusqu'au trône de la Divinité.
Les esprits centralisateurs sont les plus profonds, parce qu'il cherchent les causes des choses': sapientia est per causas scire. Lors même qu'Us ne peuvent les trouver ou qu'elles sont supérieures à rentendeinent humain , ils aspirent toujours vers ce but; ils ne rencontrent partois que des vues partielles, des fragments précieux d'une loi inconnue, et comme des rayons de l'immortelle Divinité qui les illumine. Mais dans ces généralisations il y a les germes des découvertes les plus magnifique* delà nature, parce que nature c>i * onsequenie dans ses o'uvres el le proouit d'une suprême intelligence. Généraliser est alors entrer dans les voies de la Divinité; c'est s'imprégner en quelque manière de sa sagesse et du vrai génie, toutes les fois qu'on écoute ses inspirations pures et native*. Cependant, 0 n'y faut mêler ni ces opinions basses de l'animalité, ni ces vues étroites de l'égoisme , qui te rattachent à des particularités périssables. F.lles constituent dès lors ces systèmes faux , ces tliéories sans base solide qu'ont élevés les philosophes. De là résulte aussi le discrédit de ces généralités vagues, incomplètes, incohérentes, que souvent chacun débite, faute de notions exactes, précises, approfondies , et qui semblent tout dire en n'apprenant rien. Néanmoins la tendance à généraliser est l'apanage de la raison humaine, une propriété philosophique appartenant à l'être supérieur, au roi de la création sur ce globe. Il contemple les choses de plus haut que les brutes. Dans la philosophie et les hautes sriences, il laut que l'esprit s'élance vers des considérations générales, universelles. 11 rapproche les faits et les compare, afin d'étreindre les causes, de saisir l'ensemble d'un coup d'cril , de s'élever jusqu'aux cieux snr cette mystérieuse échelle de Jacob. Telles sont aussi les inspirations que les poètes reçoivent au sommet de POlympc, puisqu'on ne saurait généraliser les idées ni agrandir le tableau de l'imagination , sans embrasser un champ plus vaste et dérober à cette source sacrée le feu céleste. L'homme alors n'est, par son intelligence, qu'un rayon émané de l'essence divine. Par cette lumière de vérité qui lui fait dévoiler les harmonies de tous les êtres, il participe à la puissance créatrice; il pénétre dans les secrets de la majesté infinie qui préside à cet univers.
Mais, puisque Dieu même est la source primordiale des êtres, puisqu'il déposa sur notre front cette éclatante auréole du génie, ne peut-on pas dire, avec Platon, que l'intelligence humaine, infusée dans nos corps , possède essentiellement en réalité toutes les vérités communes, dont nos études spéciales ne sont que des particularités. Knsuitc, celles-ci tendent à s'ouvrir, à se développer, parce qu'elles trouvent dans l'âme humaine les linéaments originaux de ces conceptions générales qui y gisaient enfouies , comme des germes. N'est-il pas vrai d'affirmer que tontes les vérités générales sont ainsi recelées dans notre nature intellectuelle, et qu'il ne faut que des circonstances favorables pour les en faire sortir? Donc , ce n'est point le travail de la combinaison et de la volonté humaine qui crée arbitrairement les vérités générales; elles existaient, soit dans la réalité des choses du monde, soit dans la constitution de notre esprit Il existe deux sortes d'esprits, les diviseurs et les con centra leurs. Les premiers s'attachent constamment à saisir les différences entre tous les objets; ils en signalent les spécialités caractéristiques ; ils écartent, ils dissocient , ils analysent, ils dissèquent les parties. Autant ils gagnent en science de détail, autant ils perdent en vues d'ensemble. Au contraire, les esprits généralisateurs peuvent avoir le défaut de négliger les faits d'observation, pour construire en l'air des théories brillantes : ces deux extrêmes devien-
lAsn uns abu-
-.04 GÉNÉRALISATION
sent do la synthèse comme le* autre» dissolvent trop par l'analyse; c'est pourquoi il faut employer les deux méthode* et contrôler l'une par l'autre. L'analyse chimique, qui décompose les matières organiques sans pouvoir les reconstituer, et l'analyse morale qui éteint par ses subtiles arguties les plus nobles sentiments du eœur humain, aéraient des armes pernicieuses si la nature réparatrice no venait pas reconstruire, dans la source inépuisable de la vie, les êtres physiques et moraux. L'homme isole et Dieu rassemble; il procrée, lorsque nous détruisons : aussi, nous marchons vers la mort, tandis qu'il est l'éternelle source des existences. J.-J. Vibet.
GÉXÉRALITÉS, grandes divi sions territoriales de l'ancienne France, adoptées pour l'administration générale des impôts. On n'en comptait que quatre vers le milieu du quatorzième siècle : 1" la Langue d'Oc; 2° la Langue d'Oil ; 3° la Normandie; 4" le pays d'outre Seine. Les généralités, telles qu'elles existaient avant 1789, furent organisées en 1651. La forme d'administration resta la même. U n'y eut plus de changements que dans le nombre, qui s'accrut avec le royaume. Les généralités se distinguaient en pays d'élafret en pays d'élections. Le nombre des généralités pays d'états était de sept, celles deapwjs délections de vingt, celles des pays conquis , y compris l'Ile de Corse, de sept ; en tout, vingt-quatre. Chaque généralité se subdivisait en élections. Quelques province* classées dans la dénomination de pays conquis avaient conservé leurs états. Les généralité* pays d'élections établies les premières, en 1551, sous le règne d'Henri H, étaient celles de Paris, Chàlonssur-Marne, Amiens, Rouen , Caen , Grenoble , Bourges , Tours, Poitiers, Riom, Lyon et Bordeaux. Sous Charles IX, en septembre 1573, furent établies les généralités d'Orléans et de Limoges; sous Henri III, en septembre 1587, celles de Moulins; celle de Soissons sous Henri IV, en 1595. La généralité établie à Grenoble, en 1551, et supprimée depuis, fut rétablie sous Louis XIII en 1027 ; Alençon, en mai 1636; Montauban, en 1635; Metz, en 1661; Lille, en septembre 1691; La Rochelle, en 1694; Besançon, en février 1696 ; Auch, sous Louis XV, en 1716. Les généralités pays d'états étaient Toulouse, Montpellier, Au, Rennes, Pau, Dijon et 111e de Corse ; les généralités pays conquis, les trois évéchés ( Metx, Toul et Verdun), l'Alsace, le Roussillon, l'Artois, la Flandre et la Franche-Comté. Dt rst de ( I' Yoddc ).
GÉXKHATEUR, GÉNÉRATRICE, celui, celle qui engendre. On appelle principe générateur celui d'où découlent un grand nombre de vérités , de conséquences importantes. En géométrie, générateur se dit de ce qui par son mouvement engendre quelque ligne, quelque surlace, quelque solide : Point générateur «Tune ligne; ligne génératrice d'une surface ; sur/ace génératrice d'un solide.
Fjnployé substantivement, générateur te dit de la partie d'une chaudière à vapeur, oit se forme la vapeur.
GEXÉRA.TION. On entend par génération la faculté que possède un être vivant de produire d'autres êtres semblables a lui ; on donne aussi ce nom à l'acte en vertu duquel a lieu cette reproduction. Cette faculté n'appartient qu'aux être* organisés, eux dont la vie est plus ou moins indépendante de* lois générales de la matière. Ces êtres sont divisés en une multitude presque innombrable de types distincts , et ce sont ces types primitifs et inaltérables qui se reproduisent Indéfiniment au moyen de la génération. L'individu périt et l'espèce se perpétue, la vie individuelle n'a qu'un temps, celle de l'espèce n'a pas de limites. Pour chaque espèce, la vie éprouve un nombre incalculable do transmissions successives, sans cesser un seul instant d'exister; et c'est au moyen de la génération que se succèdent des familles différentes, composées d'individus toujours semblables. C'est là un phénomène plus réel et tout aussi merveilleux que celui du phénix qui renaît de ses cendres. La nature semble avoir attaché peu d'importance à l'existence des individus, l'espèce seule importait à ses vues; c'est à la conservation de l'es-
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pce* qu'elle a donné tons ses soins; le* être* animés ne semblent avoir reçu la vie que pour la transmettre à d'autres êtres; et plus leur vie est active, plus ils sentent le besoin de la communiquer. La vie ressemble au mouvement qu'un corps mu transmet aux corps qui rapprochent; et comme le mouvement aussi , la vie s'use en se communiquant. U fallait donc que la nature incitât les êtres à ta reproduction de leur espèce par un attrait bien puissant, par une force bien irrésistible , pour les porter à s'engendre.- au détriment de leur propre existence. Cette force irrésistible , cette passion par excellence, c'est l'amour, l'amour pris dans l'acception la plus large de ce mot, l'amour inspiré par Dieu même à toutes les créatures douées de vie, quaud il leur commanda à l'origine du monde de croître et démultiplier; l'amour, cause toujours agissante, et que les anciens, ces grands observateurs de la nature, regardaient comme la manifestation la plus évidente et la plus admirable de Dieu , comme le principe et la fin de l'univers.
Dans ce sens , l'amour est commun à tous les êtres organisés; c'est le principe même de la vie, qui tend sans cesse à animer de nouveaux êtres. Chez les êtres organisés, privés même de l'instinct, comme les végétaux et quelques animaux intérieurs et équivoques, la vie engendre par sa seule et propre force : dès qu'elle est plus que suffisante pour l'achèvement de l'individu, elle tend à produire des êtres nouveaux , en tout semblables à celui-ci. Chez les êtres d'un ordre plus élevé, chez la plupart des animaux, il devient nécessaire que l'individu contribue à la génération par un acte spontané. Bien plus, lu concours de deux individus est presque toujours indispensable à la production d'un nouvel être. Chacun de ces individus contribue d'une manière différente à la génération ; et tel est le motif final de la différence des sexes. Quand les sexes sont séparé*, la femelle contient le germe du nouvel être, mais ce germe ne se développe que quand le mâle l'a fécondé. Voilà la cause et les conditions les plus générales de la génération ; mais ensuite les moyens et les circonstances de ce grand ptiénomène varient à l'inûni dans chaque espèce.
Chez la plupart des animaux et même des végétaux , il existe de* organes particuliers nécessaires à la génération; mais chez quelques-uns ces organes sexuels n'existent pas. Chez d'autre* , un grand nombre de végétaux par exemple, bien qu'il existe des organes reproducteurs, la reproduction peut s'accomplir sans leur concours. Ainsi , des plantes , quoique pourvues de fleurs, peuvent se reproduire au moyen de boutures : de simples fragments, détachés de la plante, se transforment en une autre plante identique à la première. Le même phénomène a lieu pour quelques animaux. Les plantes acotylédones n'ont pas d'organe de la génération, et ne se reproduisent pas non plus par boutures. Ces espèces de végétaux se perpétuent par de* g e r m e s ou rudiments dont la forme varie pour chacun, et auxquels on a donné les noms de propagines (pour les mousses ), de
j conides (pour les lichens), etc. On peut considérer ces germes comme des plantes en miniature qui n'ont plus qu'à se
I développer.
. Parmi le* animaux, les polypes n'ont pas non plus ! d'organes particuliers de reproduction ; ils perpétuent leur ; espèce de deux manières différentes. D'abord , ils ont des ! gemmes , espèce de germes qui , développes dans l'intérieur i de leurs membranes , (ont saillie au dehors et au dedans de ! leur corps ; et lorsque ces gemmes sont parvenus à une j certaine grosseur, ils se détachent de l'animal pour former i autant de polypes nouveaux. L'autre manière dont ces ! êtres se reproduisent, c'est par boutures, par divisions spontanées ou artificiellement opérées : il pousse de la surface de leur corps des espèces de bourgeons qui quelquefois s'en détachent pour donner lieu à de nouveaux polypes semblables au polype principal. Même chose arrive lorsqu'on les ' coupe par fragments, petits ou gros; chaque tronçon devient | un animal entier, et bientôt il naît de nouveaux animaux [ de chacun des bourgeons dont Us se recouvrent.
GÉNÉRATION
Ton» lea autres êtres organiste m reproduisent par l'intervention d'organes scvuels, maies et femelles, soit réunis dans un même individu , soit répartis chez deux êtres différents. Les plantes, à l'exception des cryptogames , sont pourvues d'organes sexuels, absolument comme les animaux (eoyes Ftasrovno*) , la plupart sont hermaphrodites. Chez les animaux , les moyens de reproduction et la manière dont ce phénomène s'accomplit offrent encore plus de diversité que dans les plantes. Parmi les vers et les animaux radiaires, les uns sont unisevuels, et d'autres hermaphrodites; quelques-uns sont amlrogynes, c'est-à-dire qu'un même individu réunit les organes des deux sexes comme les hermaphrodites, mais a besoin, pour être fécondé, d'un accouplement réciproque. Les lombrics, ou vers de terre, sont de ce dernier genre ainsi que les sangsue*. Plusieurs espèces de vers intestinaux ont individuellement des sexes distincts. Les araignées ont séparés. Les crustacés sont unisexuels, mais les sexuels extérieurs sont doubles chez chaque individu. Les femelles de ces animaux collent leurs œufs, quand ils sont pondus, aux membranes dont le dessous de leur queue est garni , comme on a occasion de le constater sur les écreTisses. Le» huîtres , parmi les mollusques , n'ont d'évidents que les organes du sexo femelle, et elle* se fécondent sans accouplement, de sorte qu'une seule huître suffirait pour perpétuer l'espèce entière : leurs œufs sont rejetés sous forme de frai ou d'une sorte de fluide blanc, assez semblable à une goutte de suif; c'est au milien de cette liqueur qu'on aperçoit, au microscope, une quantité innombrable de petites huîtres. Les poissons ont des sexes séparés-, ils sont ovipares, c'est-à-dire que le produit de la génération se détache de la femelle à l'état d'oeuf, et cet œuf éclôt au dehors. La plupart engendrent sans accouplement : la femelle, chargée d'une masse d'œufs souvent énorme, les dépose dans la vase ou sur le ri rage
des eaux ; le mâle, p(
• par un utile instinct , vient ensuite
répandre sur eux l'humeur <lc la laite : ces uni fi se trouvent ainsi lécoodes, et des petits en naissent dans l'espace de quelques jours. Quelques poissons , cependant (comme les raies , les squales , les requins), font des petits vivants ; par conséquent, leurs œufs ne peuvent être fécondés que dans le corps de la femelle ,',et ces poissons doivent s'accoupler.
Chez les reptiles, les sexes sont séparés , et l'accouplement pour eux est nécessaire. Les serpents s'accouplent en s'entrelaçant. Leurs œufs sont encroûtés , et la chaleur du soleil suffit, chez un grand nombre d'espèces, pour les faire éclore sans incubation. Quelques espèces , cependant , comme les vi pères, ne pondent pas leurs œuf*', mais elles les conservent dans leurs entrailles jusqu'à ce que les petits soient éclos. Les serpents pitbons et les couleuvres couvent leurs teufa, comme les oiseaux. L'accouplement des grenouille s et celui des crapauds of Ire des phénomènes curieux. Les oiseaux ont toujours des sexes séparés ; ils sont ovipares. La fécondation s'opère par accouplement , mais chez la plupart sans intromission. Les femelles n'ont qu'un seul ovaire, le gauche, où sont renfermés tous les œufs qu'elles doivent pondre en plusieurs années : ces œufs sont de différentes grosseurs. Ceux qui sont le plus près de sortir sont beaucoup plus gros que les autres , et déjà jaunâtres , et ils «ont seuls susceptibles d'être actuellement fécondés par le mile. Fécondés ou non, les œufs des oiseaux se revêtent d'une enveloppe calcaire et sont pondus au dehors; mais ceux qui ont reçu l'influence du mâle peuvent seuls se développer par l'incubation, et donner naissance à un nouvel animal.
Chez les mammi /ères , les organes génitaux de la femelle se composent de deux ovaires et de la matrice ; les ovaires se rattachent à la matrice par deux trompes ou canaux de commuakation , dont le pavillon libre peut s'allonger jusquà eux. La matrice communique au dehors par un seul conduit, eommé vagin : h l'extrémité de celui-ci , plusieurs orpnes accessoires constituent la vulve. La matrice est bi-
petits, toujours simple chez ceux qui n'en portent qu'un à la fois. Les organes essentiels du mâle sont deux glandes qui sécrètent l'humeur destinée à la fécondation, et un organe extérieur proéminent destiné à féconder la femelle dans l'acte de l'accouplement. Comme celui des autres animaux et des plantes, l'ovaire de la femelle des mammifères renferme un certain nombre de petits globules, ou rudiments d'œufs. Ces germes d'œufs, invisibles dans les premiers temps de la viei, n'apparaissent et ne se développent que vers l'époque de la puberté ; leur volume varie suivant l'espèce des mammifères , et suivant l'Age et l'état de santé de l'individu. Il n'y a rien de constant dans leur nombre : par exemple , dans l'ovaire de la femme , on en • compté depuis detfx seulement jusqu'à cinquante. Le nombre de ces petits corps diminue dans les femelles qui ont eu des petits , non-seulement parce que plusieurs de ces œufs ont été employés aux fécondations précédentes , mais aussi parce que les autres se rapetissent et s'effacent même jusqu'à disparaître entièrement. Il est certain qu'il ne se forme jamais de nouveaux globules dans l'ovaire. Lorsqu'on examine les ovaires de vieilles femelles , on n'y trouve que des grains miliaires solides , sans fluide intérieur, souvent même ils sont endurcis et comme cartilagineux. Peu de temps après la fécondation , une ou plu sieurs vésicules de l'ovaire; se gonflent et finissent par né détacher. 11 s'en échappe un ou plusieurs germes qui descendent par les trompes jusque dans la cavité de la matrice et se fixent à ses parois. Si on examine alors ce nouveau corps dans la matrice, on trouve qull a la plus grande analogie avec l'œuf des oiseaux. Il en diffère cependant en un point essentiel : l'œuf des oiseaux , avant même de se détacher du corps de la femelle, en est complètement isolé ; il renferme tout ce qui doit suffire aux besoins de l'embryon, lequel ne conserve avec sa mère aucune attache. 11 n'en est pas de même pour l'œuf des mammifères -. celui-ci, renfermé dans la matrice jusqu'au dernier moment de son expulsion au dehors, communique avec sa mère au moyen d'un corps charnu composé d'un grand nombre de vaisseaux pleins de sang, et qui prend les noms de placenta ou de cotylédon. Cette sorte d'œuf n'éclôt jamais au dcliors ; mais le fœtus parvenu au terme de son existence intra-utérine traverse ses enveloppes , et sort vivant du sein de sa mère. Voilà pourquoi les mammifères ont été surnommés vivipares.
Ce que nous venons de dire de la génération des mammifères, peut presqu'en Ioub points s'appliquer à 1 homme en particulier. Cependant l'espèce humaine présente sous ce rapport quelques phénomènes qui lui sont propres. L'homme est pubère vers sa quinzième année, et la femme un peu plus tôt : citez tous deux à cette époque les organes sexuels prennent un développement marqué; et toute l'économie subit une profonde modification. La femme peut concevoir dès que le flux menstruel est établi d'une manière régulière ; mais ce n'est ordinairement que vers sa vingtième année que l'homme est capable d'engendrer. Cette faculté cesse chez les femmes avec la menstruation ; citez l'homme elle se conserve beaucoup plus longtemps, jusqu'à soixante ans à peu près pour la plupart ; et il n'est pas rare de voir des hommes plus que septuagénaires encore capables d'engendrer. On cite même quelques exemples de paternité non douteuse d'hommes âgés de cent ans et plus. Thomas Parre, cet Anglais qui vécut un siècle et demi, se maria à cent vingt ans, et s'exposa jusqu'à cent quarante ans aux risques d'une tardive paternité. Les animaux en général ne sont portés à l'acte de la reproduction qu'à une certaine époque de l'année ; il n'en est pas de même pour l'homme ; sa puissance génératrice est bien plus étendue que celle des autres êtres organisés, et il peut l'exercer en tout temps pendant plus de quarante ans de sa vie. La femme ne conçoit ordinairement qu'un enfant à la fois, quelquefois deux, et très-rarement jusqu'à quatre ou cinq, iamais davantage. On ne croit pas que la superfétation soit
furquée ou double dans les animaux qui portent plusieurs | possible, c'est-à-dire qu'un enfant puisse être conçu quand
GÉNÉRATION
déjà un autre existe dans la mairie*. On cite cependant l'exemple de celte femme qui reçut le même jour dans sa couche son mari, homme de race blanche comme elle, et un nègre son esclave, et qui neuf mois après accoucha de deux enfants, l'un blanc et l'autre noir. On sait qu'il n'en est pas de la femme comme des femelles des animaux qui repoussent le mâle aussitôt qu'elles ont conçu. En ces derniers temps deux physiologistes ont paru prouver que les femmes étaient soumises à une sorte de ponte régulière, à la suite de chaque époque menstruelle temps marqué en effet par une fécondité plus expresse.
Ce n'était pas assez que la nature eût fixé à leur origine la limite des espèces pour tous les êtres organisés , il fallait encore qu'elle les empêchât de se mêler et de se confondre par des accouplements contraires a ses Ons. Elle y a pourvu par une loi générale : c'est que deux êtres d'espèces différentes ne peuvent jamais engendrer ensemble, bien qu'ils soientde sexes différents et féconds l'un et l'autre. C'est même là ce qui établit la règle la plus certaine pour la distinction des espèces. Aussi jamais, dans l'état de nature, des animaux d'espèces différentes ne cherchant à s'unir entre eux ; ce n'est que chez les animaux réduits en captivité que l'on est parvenu à apparier des êtres qui naturellement ne produisent Jamais ensemble ; et encore n'a-t-on réussi que dans les cas où les espèces n'étaient pas trop différentes. C'est ainsi qu'on a réuni la louve et le chien, l'ânesse et le cheval, etc. Mais les animaux métis nés de ces unions adultérines sont inféconds, sont impropres à perpétuer leur espèce bâtarde. Il en est de même pour les végétaux : les graines provenant du croisement de deux espèces, ou ne mûrissent point, ou sont improductives.
Mais si la volonté de l'homme ne peut pas renverser cette loi naturelle en créant de nouvelles espèces, son industrie est parvenue à suppléer la nature dans l'acte de la fécondation. On sait qu'il est possible de féconder le» plantes en répandant sur une fleur femelle la poussière des examines d'une plante de même espèce; des expériences ont prouvé que la même fécondation artificielle pouvait être produite citez plusieurs espèces d'animaux. Spallanxani et après lui d'autres naturalistes sont ainsi parvenus à féconder artificiellement des grenouilles, des crapauds et jusqu'à des chiens. Le même phénomène peut aisément se produire chez les poissons; on a pu repeupler des étangs et des viviers en y jetant les œufs ainsi fécondés, qu'on avait péchés et détruits.
Il nous reste à parler des différents s] pour expliquer le mystère de la génération ; s'est pas borné à connaître les lois de la nature, il a voulu eu découvrir le principe et la fin. Ceux qui ont prévalu dans l'antiquité, et même dans les temps modernes jusqu'au dixseptième siècle, sont les systèmes d'H i p p o c r a t e et d'A r i stotc. Suivant le premier, il existe une humeur fécondante chez la femelle comme citez le mâle; cette humeur provient de toutes les parties du corps, se concentre vers le cerveau et descend de là, par l'épine du dos et les lombes, jnsquedans les organes sexuels ; ces semences, par leur mélange, donnent naissance au nouvel être. D'après Arislote, la femelle fournit le principe matériel de la génération, et c'est le sang de la matrice qui constitue ce principe. Quant au mâle, il ne fournit rien de matériel au nouvel être; ce qui émane de lui n'est qu'une sorte d'esprit aussi peu matériel que la lumière des étoiles, et c'est cet éther qui donne la vie et le mouvement à la trame du foetus. Ainsi, la femelle donne la matière, et le mâle la forme ; la femelle fournit le bloc de marbre ou la toile, le mâle fait l'office de sculpteur ou de peintre, et le (élus est ou le tableau ou la statue produit de ce commun travail. Vers le commencement du dix-septième siècle, Harvey, l'illustre observateur de la circulation du sang, proposa aussi un nouveau système de la génération : ce médecin pensait que la liqueur fécondante du mâle laisse exhaler un principe subtil, qui se répand par une sorte d'im-
un atome de fluide variolique inoculé au bras d'un communique la variole à la personne entière; sot île ment, dans celte contagion séminale et universelle de I l'économie, la matrice seule reçoit la faculté de concevoir un nouvel être; et c'est là que l'embryon apparaît et se développe.
Depuis lors, et par suite des travaux de H a 1 1 er, de Swammerdam, de Spal lanzani et d'un grand nombre d'autres observateur*, ou a reconnu que la plupart des êtres organisés , plantes et animaux , ont un œuf pour origine, omne rirons ex ovo. On est à peu près d'accord sur ce point; il ne reste plus qu'à déterminer queue est la part du mâle et delà femelle dans la formation elle développement de cet i eu f. Or , il est certain que l'ovaire des femelles renferme les œufs , ou du moins leur principe; mais l'embryon ou le germe d'un nouvel être préexiste-t-il dans ces œufs? C'est ce que l'on croit assez généralement aujourd'hui ; et dans cette hypothèse , 4a semence do mâle ne sert qu'à déterminer le développement de l'embryon. Mais d'autres naturalistes n'admettent oas cette opinion : ils rtensenl bien aussi uue i nul est le point de départ et le berceau de tout l'être organisé ; mais ils croient que le germe de cet être préexiste dans la semence du mâle, et est apporté par celui-ci dans l'acte de la reproduction. Ce système est celui de Leuweoboek ; il est fondé sur une découverte de ce naturaliste. A l'aide du microscope, Leuwenhœk aperçut dans l'humeur lécondante des mâles un nombre prodigieux de petits animaux; il en vint même a supputer que la laite d'un seul poisson, par exemple, renferme un nombre plus grand de ces animalcules qu'il n'existe d'hommes sur la surface de la terre. De cette découverte singulière , il conclut que ces petite corps animés sont les germes d'êtres semblable à celui qui les contient , et qui» dans l'acte de la reproduction un ou plusieurs de ces germes vont se loger dans l'ovaire de la femelle, où ils prennent ensuite leurs accroissements. La plupart des partisans de ce système croient que l'embryon n'existe d'abord qu'à l'étal le plus simple d'organisation ; qu il se transforme ensuite et s'ac croit jusqu'à ce qu'il ait revêtu la forme qu'il doit conserver pendant la vie. Mais quelques naturahstesontétépliislorn : ils ont cru reconnaître que ces animalcules avaient déjà la forme et l'organisation de l'espèce a laquelle ils appartiennent ; ils ont cru découvrir là de petits hommes en miniature, auxquels il n'aurait manqué qu'un peu de volume et d'embonpoint; ajoutons que cette opinion bizarre a trouvé peu de partisans.
Reste un dernier système, qui a du surtout sa fortune à l'immense réputation et au talent de son auteur; c'est le système des molécules organiques de Bnffon. Ce grand naturaliste observa que dans toutes les humeurs ou |>arties lluides des êtres organisés, il existait des globules mouvants ; que si l'on mettait mJuser dans un liquide des organes d'animaux , ou des portions de plantes , on r? trouvait encore ces globules ; il en conclut qu'il existe dans la nature une immensité de ces globules animés, qui composent tantôt des plantes, et tantôt des animaux; que cette matière première des corps organisés passe ainsi d'un de ces corps à un autre sans s'altérer ; et il leur donna le nom de molécule* organiques. Tant qu'un corps vivant continue de s'accroître, les molécules organiques ne sont employées qu'à leur accroissement ; mais quand te corps est accru, les molécules nouvelles fournies par les aliments sont mises en réserve pour servir à la production d'êtres nouveaux. Dans l'acte de la reproduction , le mâle et la femelle, selon Billion, fournissent chacun leur contingent de molécules organiques, qui en se combinant donnent naissance à l'être nouveau. Ces molécules proviennent de toutes les parties du corps , cl les parties similaires du mâle et de la femelle «e réunissent et se combinent ensemble : par exemple , les molécules provenant de l'œil du père se combinent avec des molécules venues de l'œil de la mère , et de même pour tous les autres organes non sexuels. (Voir nos Éléments de Physiologie [ I vol. in-8")).
de la génération , on a pu voir que la