GENEVIÈVE
et de m femme C lotilde , qui avait fondé auprès de cette églr>e une abbaje dont les chanoine* réguliers s'appelèrent çénové/ains , furent déposés dans la crypte où était celui de Geneviève , que Ton en retita pour l'enfermer dans une citasse en argent, œuvre, dit-on, de saint Éloi. 11 ne reste plus maintenant des anciennes constructions qu'une haute tour carrée , bâtie en Ml sous Clovis, qui se trouve engagée dans les bâtiments de l'abbaye, maintenant lycée Napoléon. La rue de Clovis occupe aujourd'hui remplacement de l'ancienne église. En 1112 la chasse de saint Êloi fut remplacée par une autre, beaucoup plus riche, en vermeille. On employa 193 marcs d'argent et 8 marcs et demi d'or pour la dorer. Les princes se plurent à l'orner de pierres précieuses ; Marie de Médicis y ajouta un bouquet en forme de couronne, monté en diamants.
Cette cuisse était derrière le maître autel , soutenue par quatre statues de vierges plus grandes que nature ; et elle était placée si haut, que ce n'était qu'au moyen d'une longue perche qu'on pouvait l'atteindre pour y faire toucher les objets présentes par les fidèles. C'étaient le plus souvent des bagues, des chapelets , ou des chemises , des draps destine* à couvrir les malades, dont on espérait ainsi obtenir la guerwrti. Lorsqu'un péril menaçait, ou pendant la maladie d'un prince, on découvrait une partie de la chasse; si le danger augmentait, elle était découverte en entier, et dans les grandes calamités elle était promenée par la ville. Cette procession assez rare n'avait guèie lieu que tous les vingt ans. Les autres châsses des diverses églises raccompagnaient, suivies d'un grand nombre de fidèles, dont quelques-uns n'étaient vêtu» que de leurs chemises, auxquelles étaient attachées des pierres , soit par pudeur, soit pour rendre la pénitence plus forte. On peut évaluer à cent le nombre de sorties de la chasse. On la promena pour le succès de nos armes contre les Anglais, souvent aussi dans nos guerres de religion; quelquefois pour obtenir de la pluie, mais plus souvent pour avoir du beau temps; elle était considérée enfin comme le talisman de la capitale : les génovéfains ne la remettaient aux écliev ius et magistrats de la ville que contre des otages.
Au commencement du douzième siècle , devant Notre- Dame, sur remplacement occupé aujourd'hui par l'admiuistration des hospices et où avait été la demeure de Geneviève, on érigea une seconde église à la sainte. Elle fut nommée d'abord Sainte-Gcneviève-la-Pctite, et plus tard Sainte-Geneviève des Ardents ; ce fut à l'occasion d'un miracle. Paris était en proie a une maladie cruelle et contagieuse que l'on apjH.-lait le /eu des Ardents. Tout secours humain était impuissant ; alors on invoqua la protection du ciel , et la chasse de sainte Geneviève fut descendue de l'autel et portée en procession. La nef et le parvis Notre-Dame étaient remplis de malades. Tous ceux qui approchèrent de la patronne de Paris furent guéris instantanément , à l'exception de trois incrédules. Au mois de décembre 1206 eut lieu une inondation plus forte que toutes, celles de mémoire dltomme ; des villages entiers avaient été submergés , les arbres emportes, et ce n'était qu'en bateau qu'on |touvait aller dans les rues de Paris. Toutes les églises et leurs chasses se réuniront à .Sainte-Geneviève , et de la, escortant la chasse de la patronne , se rendirent en procession à Notre- Dame. H fallait traverser le Petit-Pont, dont les arclies étaient ébranlées, quoique construites en pierre : rassurés par la présence de la chasse, les fidèles affrontèrent le danger, ib passèrent le pont, pour l'aller et le retour; aucun accident n'eut lieu. Une demi -heure après la rentrée de la chasse , trois arches du pont s'écroulèrent et entraînèrent les maisons qui étaient dessus. C'est à la protection de la sainte que fon attribua que personne n'eût péri dans cet accident ; ta pluie cessa et les eaux commencèrent à décroître, ce qui redoubla la confiance dans les mérites de la vierge de Nan terre.
La basilique de Sainte-Geneviève tombait en ruines : en 1757 on commença, sur les devins de Soufflot, un nouvel
édifice à l'occident de l'ancienne église; les frais en furent prélevés sur les billets de la loterie qu'a cette occasion on de va de vingt sous à vingt-quatre ; sous le ddine de ce monument devaient être placées les reliques de la vierge de Nanterre. L'édifice n'était pas achevé lorsque éclata la révolution de 1788. En novembre 1793, la chasse fut retirée à l'église et portée à la Monnaie. Le Moniteur du temps contient le procès-verbal de l'ouverture qui en fut faite par les commissaires delà commune. Le* ossements de la sainte avaient-iU échappé aux profanations des Normands? les moines de Sainte-Geneviève, donnant un démenti à plusieurs historiens , ont prétendu avoir à chaque danger emporté avec eux dans la Cité leurs précieuses reliques; ce qui est certain, c'est que le 1" frimaire an n ( 23 novembre 1703 ) , elles furent brûlées en place de Grève, en présence de tout le peuple et devant la troupe rangée en bataille. On lit dans l'arrêté qui ordonne cette exécution : « Le conseil de la commune eutend la lecture du procès-verbal de dépouillement de la cliésse de sainte Geneviève, et arrête que ce procès-verbal sera envoyé à toutes les sections, ainsi qu'au pape. Arrête en outre que les ossements et les guenilles qui se sont trouvés dans cette boite seront brûlés sur-le-cliamp en place de Grève, pour y expier le crime d'avoir servi à propager l'erreur et à entretenir le luxe de tant de fainéant*. La dépouille de celle citasse a produit 23,830 livres. Sur l'observation d'un membre que ce produit lui parait bien médiocre, attendu que l'on pouvait a peine supporter l'éclat du brillant de cette chasse, le rapporteur répond que tous les objets qui l'ornaient sont encore en nature à la Monnaie; que la plupart des diamants sont faux, et notamment le fameux bouquet, dont le prix serait inestimable s'il était en | «erres fines. >
Une partie des cendres fut-elle sauvée par une pieuse fraude, comme quelques-uns l'ont dit? Les commissaires de la commune constatèrent que tous les ossements du corps ne se trouvaient pas dans la citasse. Si Pon songe qu'il y avait Sainte-Geneviève la Petite, et plus tard Sainte-Geneviève des Ardents, qui relevait de l'abbaye Sainte-Geneviève, on comprendra très-bien qu'on ait pu donner à cette autre église une faible partie des reliques de la sainte, et qu'après la destruction de cette basilique ces reliques aient été en la possession de Notre-Dame. Ainsi s'explique l'absence possible d'une portion des reliques venant de la métropole. Il est vrai qu'en 1793 les reliques furent fort peu respectées dans le temple de la Raison. L'église de Saint-Étienne du Mont n'a jamais possédé la citasse de sainte Geneviève. La citasse qu'on voit au-dessus du maître autel est celle de saint Pierre et saint Paul, patrons de cet ancien monument.
En t ft03 , ainsi que le constate une inscription placée sur un pilier, ou retrouva dans les caveaux de l'ancienne église Sainlc-Geneviève la pierre provenant du sépulcre delà sainte. On réédifia son tombeau dans celle de Saint-Etienne du Mont. Là le pape Pie VII vint prier quand il se rendit à Paris pour sacrer Napoléon. Devant la chapelle, sous une voûte ogivale, basse et très-enlumée, est ce tombeau vide, sans ornements, consistant en une simple pierre entourée d'une grille massive en fer avec un fort grillage. Sur cette grille il y a deux cents piquets destinés à recevoir les cierges qu'on y brûle. Une porte pratiquée à l'une des extrémités de cette grille permet de poser sur la pierre les couronnes blancltes et les bouquets que les fidèles y apportent en grand nombre, ou de faire toucher la pierre du tombeau aux objets qu'on veut sanctifier. Un prêtre est toujours près du tombeau, auquel Il fait toucher les objets qu'on lui présente , et il récite l'évangile de sainte Geneviève en étendant son étole sur la tête des fidèles agenouilles. Les murs de celte chapelle sont couverts d'un grand nombre de tableaux , d'ex-voto, de cannes ou de béquilles déposées par les inlirmes qu'a guéris l'intercession de la sainte. Une chapelle dédiée à Geneviève à Nanterre, lieu de sa naissance , contient encore un bien plus grand nombre de tableaux et d'inscriptions établissant les gnérisons et les miracles opérés par la sainte. Pendant la neuvainc de la sainte, qui commence le 3 jan-