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GEOFFROY SA1NT-H1LAIRE

admet donc qu'une espèce petit toujours se déduire charnellement, matériellement , d'une espèce voisine, et il établit, par conséquent, le rapport matériel de toutes les opece» entre elles. Telle fut aussi la pensée de Buffon dans ses Époques de la Nature, de Lamarck dans son Hydroçéoloyie, de Maillet dan» son Telliamed, œuvre parfaitement kxoque dans la conception qui nous occupe , mais que racole renie , parce que les conséquences de sa doctrine y sont poussées jusqu'à l'absurdité évidente.

Cuvier, au contraire, affirmait, et tous ses admirable» travaux ont eu pour but de démontrer, • que la nature avait pris un soin extrême d'empêcher l'altération des espèces , de maintenir fixes les formes dans les corps organisés , de telle manière que les espèces actuelles ne pussent jamais être des modthcat ions des espèces détruites. «Cette proposition peut évidemment être généralisée ainsi : « Une espèce ne peut jamais être déduite matériellement ( c'est-a-dire par voie de générât >.») d'une espèce voisine»; et, par conséquent les rapports qui existent entre les diverses espèces animales n'existent qu'au point de vue de l'esprit. Ainsi, Ctivier et Geoffroy Saint-Hilaire admettaient tous les deux Vunité t y proie, mais l'un l'admettait comme une conception syndique de l'esprit , et l'autre comme un fait existant matériellement dans la chair. Cest là , suivant nous, l'erreur fondamentale de Geoffroy, et ce fut là aussi la cause de ces graves dissidences qui éclataient si souvent, et avec tant de violence, entre ces deux antagonistes dans le sein de l'Académie des Sciences. On comprendra la fréquence de ces dis eussions , si l'on fait réflexion que les règlements de l'Académie ne permettaient pas la discussion formelle des princif>es, el que par conséquent cette discussion devait nécessairement se reproduire à propos de chaque petite proposition de détail, puisque cette proposition, qu'elle fût émise par Cuvier ou par Geoffroy Saint-Hilaire, était toujours une conséquence du principe général où chacun d'eux était placé.

On comprendra aussi l'aigreur de ces disputes si l'on fait réflexion que dans clucune d'elles il s'agissait de nier ou d'accepter la base de toute science, de toute philosophie, de toute morale, puisqu'il s'agissait en principe île l'existence même de Dieu. En effet, si les espèces animales ne peuvent pas être déduites Tune de l'autre, puisqu'il est démontré qu'il a paru dans la succession des Ages géologiques des espèces animales nouvelles, il (aut nécessairement admettre que ces espèces nouvelles ont été créées : donc l'activité créatrice (Dieu) est intervenue directement et successivement dans la formation de noire globe, et il a manifesté son intervention d'une manière irrécusable par la création de formes organiques nouvelles : donc Dieu existe. Si, au contraire, toutes les espèces existantes peuvent être déduites général ivement d'une espèce primitive, il serait absurde d'admettre l'intervention de la puissance créatrice dans la succession des époques géologiques, puisque cette intervention eut été complètement inutile; c'est aussi ce qu'affirme positivement Geoflroy Saint-Hilaire. Mais il va plus loin encore, en adoptant avec Lamarck et toute l'école du progrès continu, l'hypothèse émue par Pascal, « que les êtres animés étaient au principe des individus informes et ambigus • ; ce qui revient à dire qu'il existait dès le principe de la matière organisée et de la matière inorganique ; enfin, Geoffroy affirme en dernier lieu que ces deux formes de la matière sont co~éierncllcs avec Dieu; donc Dieu n'a pas créé la matière brute, puisqu'elle lui est co-éternelle; donc Dieu n'a pas créé la matière organisée, puisqu'elle est coéternelle à la matière brute; donc Dieu n'a pas créé les formes organiques qui ont successivement paru à la surface du globe, puisque ces formes sont déduites de la matière organisée primitive; donc Dieu, l'activité créatrice, n'a ritn créé; donc Dieu n'existe pas.

Nous donnons cette argumentation comme inexorable, et nous disons positivement que la conclusion que nous venais de formuler dans toute sa netteté est virtuellement

; renfermée dans les travaux de Lamarck, de Geoffroy Saint- Hilaire, Pierre Leroux, etc., et de tous les philosophes de cette école : non pas que nous prétendions aûïrmer que Geoffroy ait lui-même déduit la conclusion de ses prémisses : car sa vie tout entière, laborieuse, chrétienne, et dévouée

] aux meilleurs intérêts de la science, prouve surabondamment le contraire ; mais nous voulons affirmer que si les prémisses

I sont exactes, la conclusion est forcée, et qu'une logique plus inexorable que celle de Geoffroy Saint-Hilaire, la logique humaine, la déduira inévitablement. C'est pour cela qu'il importe d'apporter toute l'attention possible a la discussion des prémisses elles-mêmes. Mous disons donc, en résumé, que lorsque les philosophes qui admettent la théorie générale du progrès continu affirment l'existence de Dieu, Us affirment un être auquel logiquement ils ne doivent pas croire, puisqu'ils admettent une existence qu'ils démontrent être inutile. Nos lecteurs possèdent maintenant la véritable clef des discussions qui du vivant du grand. Cuvier faisaient retentir l'Académie des Sciences ; ils possèdent aussi une indication qui doit leur suffire pour lire avec fruit tous les travaux de Geoffroy Saint-Hilaire, et pour distinguer ce qu'U faut admettre de ce qu'il faut rejeter. Bclfikl»- Lsri vbe.

GEOFFROY SAINT-HILAIRE (Isinonc), fils du précédent, a personnellement montre assex d'aptitude et travaillé avec assez de aèle pour se faire un nom, s'il n'eût pas hérité d'un nom tout fait. Jeune encore, il fut nommé, en 1803 , membre de l'Académie des Sciences, où il succéda à Lalrcille. Comme son père, il est professeur de zoologie au Muséum d'Histoire Naturelle (mammifères et oiseaux). Il a été quelque temps inspecteur général de l'université. 11 a composé plusieurs ouvrages estimés. Mous citerons au premier rang sa Tératologie ( en 3 volumes in-8°, avec 20 planches ), ou traité des monstruosités, expliquées et classées d'après les lois d'organogénésie à la fondation desquelles Etienne Geoffroy, son père, a consacré les dernières années de sa vie. 11 s'est aussi beaucoup occupé de la classification des animaux vertébrés, et plus particulièrement des mammifères, ainsi que de la domestication de quelques animaux sauvages que l'homme pourrait avoir intérêt à rapprocher de lui et à s'assujettir. Il a fait sous ce rapport des efforts qui tiennent du prodige et que le succès a plu* d'une fois couronnés. M. Isidore Geoffroy a tant d'heureuse bonhoroie, tant de douceur et de mansuétude, et son excellent caractère le rend si compatissant à tous les instincts dont la contrariété engendrerait la souffrance, que sans doute il a tiré plus de secours de ces qualités que de sa volonté même pour dompter des natures farouches. Le langage de la bonté, qui attire , est en effet plus simpatbique et généralement mieux obéi que celui de la rigueur, qui inspire l'éloignement et l'effroi. Jusque alors on connaissait quarante espèces d'animaux que l'homme avait réduites en domesticité. M. Isidore Geoffroy, aidé de son prosecteur, M. Florent Prévost, travaille avec xèle à augmenter le nombre de ces animaux domestiques, et non - seulement il 6'applique à rendre domestiques des animaux sauvages, ce qui n'est pas facile; mais il s'attache également à cosmonouscr des animaux qui, comme le chien, la vache et le cheval , ne sont domestiques que dans leur patrie. Ses tentatives dans le premier genre ont surtout réussi à l'égard de l'hémlone ou dziggétai, et pour l'oie d'Egypte ou bernachc armée. Le gouvernement encourage ces essais nouveaux, qu'une société spéciale, récemment, organisée, s'applique à généraliser. M. Isidore Geoffroy a encore publié : 1° des Essais de Zoologie générale (Paris, 1841, in-8° avec 8 planches); 2° Acclimatation et domestication de quelques espèces d'Animaux; V quelques Dissertations et Mémoires ; k" un ouvrage remarquable Sur l'Homme; &s un volume in- 12 intitulé : Vie, travaux et doctrine scientifique d'Etienne Geoffroy Saint- Hilaire , avec cette épigraphe tirée de Gtethe, alors qu'il parle des mêmes doctrines : « Je ne juge pas, je raconte. • On peut voir dans ce dernier ouvrage que la vie d'Etienne Geoffroy, quoique contemplative, fut souvent fort agitée.

K<5 en 1805, et livré dès l'enfance à l'élude de l'histoire naturelle, M. Isidore Geoffroy composa un premier mémoire sur le* mammifères en 1626 , commença à professer a l'âge de vingt-quatre ans, et il n'avait que vingt-sept ans quand il fut nommé membre de l'Académie des Sciences de l'Institut. Ce jour-là son père présidait ; et ce dut être pour lui une des grandes joies de sa vie que de proclamer le résultat du scrutin. W Bourdon.

GÉOi>bNIE(deYi], terre, et yenâta, engendrer), ou génération de la terre, est un mot qui a été employé dans l'école wernérienne pour désigner la science qui a pour objet-de rechercher ce qui a rapport à la formation du globe terrestre. La géogénie n'est, à proprement parler, qu'une sous-division de la cosmogonie, qui veut remonter à la formation de tout Puni vers. Si l'on prétend s'élever à la cause première, qui ne saurait être que Dieu, la géogénie devient une science religieuse, qui appartient au* théologiens avant d'appartenir aux savants. Pour l'ordinaire, la géogénie ne remonte pas si haut, en admettant le premier fait de la création, ou du moins en prenant l'existence de la matière comme un fait dont elle n'a point à s'occuper, pour ne point s'exposer a reculer encore jusqu'à la folie des a I o m c s ; elle examine les phénomènes présents et passés, et cherche h en trouver la cause dans les lois, communes de la nature. En se renfermantdans un système de causalités secondaires, elle s'efforce d'enchaîner les uns aux autres tous les phénomènes qu'elle rencontre, et les considère tantôt comme effet d'uit premier phénomène, tantôt comme cause des phénomènes subséquents. Dans ce dernier cas, c'est-à-dire quand la géogénie part d'un phénomène parfaitement ronnu et dont l'existence est démontrée, elle marche avec l'assurance et la certitude des .sciences exactes. Voici quels sont alors les objets dont s'occupe la géogénie : elle examine la formation des terrains, remonte à l'origine des sources, aux causes qui lont si prodigieusement varier la nature des eaux qui en découlent. Elle cherche à tleviner la cause des volcans, la nature des substances qu'ils vomissent, à reformer pour ainsi dire les roches qui ont été fondues, altérées et décomposées par l'action du feu et la présence des agents atmosphériques. Elle veut savoir comment ont été formées ces montagnes qui dépassent souvent de huit kilomètres le niveau naturel tracé par la surface des eaux, comment se sont formés ces vallées, ces fentes, ces grottes, ces cristaux ; coin ment des rochers étrangers ont été transportés à de si grandes distances du lieu de leur origine ; pourquoi les cavernes de certaines montagnes calcaires sont remplies d'ossements de divers animaux, qui, dans la nature, ne sont pas habitués à se trouver ensemble. Comment se fait-il que l'on rencontre au sommet des montagnes des tourbes, qui n'appartiennent qu'aux terrains marécageux? D'où viennent ces forêts que Ton trouve enfouies dans des terres alluviales ? ces houilles, ces amas de végétaux, que l'on exploite sous le nom de Ugnites? Quelle est la grande révolution qui a laissé sur les continents actuels celte épaisse couebe d'auimaux marins que l'on voit dans le cojur des rochers, au sommet et dans toute la profondeur des montagnes aminonéennes?... Si la terre entière s'est vue quelque temps couverte par les eaux de la mer, quelle cause a pu produire un trouble aussi extraordinaire?... Il suffit de cette courte énumération pour comprendre que la géogénie doit plus souvent se composer de conjectures que de réalités. L'abbé Renmj, evéque d'Annecy.

GÉOGXOSlË(dc ri), terre, et yv<3<ji<, connaissance). Faire connaître le globe terrestre, sa masse solide, les eaux qui le recouvrent, le fluide aérien qui l'enveloppe et les rapports que toutes ces parties ont entre elles ; pénétrer l'écorce du glol>c aussi loin qu'il est possible à l'homme de le faire, examiner sa structure, énumérer les substances qui entrent dans sa composition; rechercher dans quel ordre elles sont groupées et disposées; classer tous les êtres organisés dont ta terri- j;ardc les vestiges, décrire tous les phénomènes qui se passent à sa surface ou dans son intérieur, tel est l'objet

GEOFFROY SAINT-HILA1RE — GEOG.NOSIE

de la géognosic. La géognosie se lie a la zoologie, à la botanique, à l'astronomie, à la géographie physique , et sortent à la minéralogie; mais elle laisse à chacune de ces sciences le soin d'entrer dans tous les détails «les connaissances qui les intéressent, et, les embrassant dans leurs généralités , elle en compose la science de la terre. La minéralogie, par exemple , examine chaque substance, ses propriétés, ses caractères, l'ordre qu'elle occupe dans la nature, sa composition chimique, tandis que la géognosie étudie les masses , leur position dans l'ensemble et les rapports qu'elles semblent avoir avec d'autres masses de même ou de différente nature. La géognosie est une science d'observation; elle explore les faits, les enregistre, les classe, d'après leur liaison ou leur analogie. Quoique rien de ce qui se passe dans la nature ne doive rester étranger au géognosie, cependant il s'applique principalement à l'examen des diverses couches qui s'appuient les unes contre les antres dans toute la partie connue de l'écorce du globe terrestre. Les terrains, les roches, les métaux , sont l'objet de son attention spéciale; il veut connaître leur composition, leurs mélanges et leur gtte ; s'ils sont en place ou s'ils ont été transportés d'un lieu à l'antre; s'ils ont été soulevés on s'ils conservent nne position originelle ; s'ils sont isolés ou s'ils font partie de grandes masses ; s'ils sont en couches , en liions , ou en amas ; s'ils sont en agglomérations ou en cristaux ; s'ils ont été formés sous l'action du feu ou sous l'influence de l'eau. On sent qu'aucune de ces drconslauces ne saurait être indifférente à ses yeux. C'est lui qui fournit à la géogénie tous les cléments dont elle se sert pour construire la théorie du monde, et cette théorie ne peut acquérir de probabilité que par la justesse des observations géognosliques.

Cette partie de la géologie est sans contredit la plus importante et en même temps la pins digne d'occuper l'esprit humain. Il semble que l'un des premiers besoins de l'homme doit être de connaître sa demeure , d'en étudier toutes les parties, afin d'en tirer le meilleur parti possible pour l'accroissement de son bien-être. Elle fournit à l'histoire des éclaircissements utiles ; elle dirige la main de ( ouvrier qui va chercher dans le sein de la terre les métaux qui alimentent l'industrie: l'a l'art militaire, l'architecture, la statistique, lui des documents indispensables.

Depuis de Saussure, la géognosie a fait des progrès qui rendent incomplète la série des questions les plus essentielles. Les travaux de Cuvieret ceux de Brongniarl sur les terrains, et plus encore sur les fossiles, ont lait de ces deux articles des parties importantes de la science. Les inductions que l'on tire des fossiles pour la paléontologie des montagnes leur donnent maintenant une importance telle que leur connaissance devient pour le «eo^noste d'une nécessité première. Les travaux de W e r n e r sur les roches ont considérablement étendu cette partie de la géognosie : leur variété, leur division, leur importance comme élément premier de la composition du globe, en rendent l'étude indispensable. Le géognosie ne peut pas , non plus, rester étranger à l'oryctognosie , soit à la connaissance des minéraux, qui sont si fréquemment mêlés aux roches. Enfin, la géognosie s'est encore étendue de l'examen de la température comparée. Le feu joue un rote trop important dans la nature pour n'être pas l'objet d'une étude spéciale dans la cosmographie et dans la géognosie. Il faut donc connaître toutes les expériences faites sur la chaleur solaire, la chaleur stellaire, la température des mers, des lacs , des fleuves, celle de l'atmosphère, celle de la surface et celle du fond des eaux ; les observations faites sur les progressions de température qui se manifestent presque régulièrement à mesure que l'on se rapproche du centre de la terre, dans les mines et les |wits artésiens, la température dea eaux thermales, minérales, glaciales, et enlin celle des volcans, autant qu'il est possible de l'apprécier en la coin panant à la température de nos foyers aililirivU , «mime l'a

GEOGNOSIE —

tait Spallanzani, l'observateur le plue judicieux et en même temps le plus complet pour tout ce qui tient aux vuUaas. L'abbé Rumv, é»*que d'Aunec*.

<,K<M.HAPIIt; DE NUBIE ( Le). Voues Ëouisi. GÉOGRAPHES (Les peyu). On désigne ainsi hsgéogra plies grecs (geoçrapki grseci minores) qui ne nous ont dooneque des descriptions particulières de certaines couines, des périples, aUdiflerence des grands géographes, Strabon.Ptolémée, Pausanias,Étienne de By tance, dont les travaux embrassent l'ensemble du momie connu au temps ou ils llorissaieut. Hauuon de Cartltage, Scylav de Caryande, Isidore de Charax , Arlémidor , Agatheruère, Dicéarque, Dauys le Périégète, Scymnus de Cbîos, Ar rien, filarciend'Heraclée, sont les principaux d'entre les petits géographes grecs. Il existe diverses éditions de la ootlecuou plus ou moins complète de leurs ouvrages.

GÉOGRAPHIE (detf, terre, et deTpéfstv, décrire; mot à mol description de la terre). Ce terme est généralement employé pour désigner la description de la surface de la terre, et dans ce cas elle est dite géographie descriptive ; science positive, qui considère la terre comme un monde à part, pourvu d'une organisation particulière, qui le rend : à servir d'habitation et de pépinière ce ayant pour point de départ le dé- VfJ«>]>{«.men( rationnel et l'exposition systématique de celte donnée. Quoique la géographie, en tant que science, ait poar objet de toujours se rattacher rigoureusement à l'idée du monde et de ses fins, on est dans l'usage, pour en exposer systématiquement le sujet d'après les trois |minU de vue sou > lesquels la terre |M>ul être considérée, de la diviser en géographie mathématique, physique et politique.

La géographie mathématique considère la terre comme une partie du monde ou cosmos, c'est à dire comme un membre du système solaire, comme une planète. Gomme membre d'un tout plus grand, la terre n'a de véritable e\isteiue que dan-* l'unité idéale de tous le» membres du meute tout , et elle se rapporte au tout ainsi qu'à ses partie*, de même qu'elle en subit les influences. La géographie «'occupant alors du système du monde, et des rapport* coraniques qui en résultent pour la terre, semble, il est vrai, constituer une partie de la cosmographie ou description du monde; mais, à moins de risquer de perdre de vue son but et son caractère indépendant comme science, en se chargeant d'un lourd bagage astronomique, elle maintient toujours l'individu terrestre comme centre d'observation et de description, de telle sorte que ce n'est point U terre qui tourne, mais le soleil, la lune, etc. Kilo nous apprend quelles sont la conli^uiatiou et la grandeur de la terre, quels sont le mode et les lois de ses mouvements; eu quoi consistent les phénomènes du mouvement régulier de la vonte céleste et de ses constellations, de l'horizon , ce qu'on entend par points du ciel, etc.; elle nous exotique les vicissitudes des jours et des saisons, les éclipses de soleil et de lune, (es divisions du temps et de l'espace, etc. ; les moyens employés pour observer la position cosmique de la trrre, sontfnouvement, etc., en même temps que l'utilité de ces diverses notions ; les instruments inventés à cet effet (tphcrearmillaire, planétaire, globe céleste et globe terrestre) , ainsi que les cartes géographiques employées dans le même but. Les beaux travaux des savants français, par exemple ceux des Mauper tuis.des LaCondamine et des Detaïubre, n'ont pas peu contribué aux progrès de la g&Ëraphie mathématique.

La géographie physique, fondée en 1745 par Buacbc, vit àagulièreinent agrandir son domaine par Bergmann , et a d'immenses obligations aux savantes recherches de De Luc , d« Saussure, de Buffon , de Werner, de Léopold de Buch et surtout d'Alexandre de Humboldt. Elle considère la terre comme un tout a part et indépendant, comme, un organsne particulier, comme un corps naturel existant pour lui même avec des formes, des états et des qualités qui lui Mit propres; comme le fond et le (refond de la nature,

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