‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 208 sur 614 · INT-H1LAIRE · texte numérisé non relu

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Il professait à la Sor bonne un cours de philosophie anatomique, au Jardin des Plantes un coure de zoologie philosophique. Du reste, la direction de ses études passées l'entraînait constamment vers les discussions les plus ardues, les questions culminantes de la science des corps organisés, et ce n'était qu'accidentellement, et en quelque sorte par épisode, qu'il s'occupait de dissertations zoologiques proprement dites. Esprit essentiellement synthétique, ses travaux de détail, quelque indépendants qu'ils pussent paraître, tendaient éternellement vers un but unique, et reposaient sur une même pensée : nous n'en voulons pour preuve que ses Etudes sur Torang-outang observé vivant à Paris en

Les travaux scientifiques de Geoffroy sont extrêmement nombreux , et se trouvent disséminé* dans une multitude de recueils périodiques. 11 est dans l'histoire anatomique du règne animal peu de points qu'il ne se soit efforcé d'élucider, et nous citerons en preuve cette riche collection de monographies disséminées dans la Décade philosophique, dans la Décade égyptienne, dans les Annales du Muséum d'Histoire Naturelle, dans les Annales des sciences physiques, etc. La science lui doit encore une histoire naturelle des mammifères , qu'il a publiée avec F. Cuvier ; une anatomie comparée du système dentaire chez les mammifères et chez les oiseaux , une anatomie philosophique du système respiratoire, un cours d'histoire naturelle des mammifères, etc., etc. Mais de tous ses travaux le plus important sans contredit, puisque là se trouve développée la pensée synthétique qui domine son œuvre tout entière, c'est la Philosophie anatomique , œuvre pleine de vues neuves , d'aperçus ingénieux , et dans laquelle l'auteur se révèle tout entier, avec toutes ses sympathies , tout son enthousiasme scientifique ; mais aussi , car il nous faut le dire , ouvre dangereuse à l'extrême à placer entre les mains de l'élève, qui ne saurait mettre à nu le sophisme fondamental qui y est renfermé , et qui s'il était exposé au grand jour, ouvrirait à la science une voix fatale, dans laquelle elle tournerait sans cesse , et sans issue possible. En effet , la Philosophie anatomique repose tout entière sur cette proposition fondamentale que « L'organisme des animaux est soumis à un plan général , modifié dans quelques poiuts seulement pour différencier les espèces; » proposition que Geoffroy érige en principe, qu'il dénomme le principe d'unité typéale.

La vérification de ce principe axiomatique suppose la vérification de quatre principes secondaires, qu'il définit ainsi : 1° la tltéorie des analogues; 3° le principe des connexions; 3° les affinités électives des éléments organiques; 4° le balancement des organes ; et c'est dans le but de vérifier ces quatres principes secoue! aires que Geoffroy s'est livré à l'étude des monstruosités; car, pour l'intégrité de sa démonstration, il lui fallait nécessairement établir que les aberrations organiques les plus monstrueuses, les plus bizarres, les plus desordonnées, pouvaient toutes se déduire comme des conséquences de son principe général. Toute* les études qu'il a faites , soit sur l'anatomie anormale des animaux , soit sur l'anatomie normale des monstres , n'ont jamais eu d'autre but que celui de vérifier, directement ou indirectement, le principe qu'il a énoncé sous le nom de « princi|K5 d'unité typéale «. Or, nous disons que ce principe, tel que Geoffroy le conçoit, est essentiellement faux , et que le sophisme fondamental qui le rend tel dépend de ce que son auteur suppose l'existence d'un rapport matériel là où il n'existe en effet de rapport que vis-à-vis de l'intelligence. En effet, en admettant, comme il le (ait , « que l'organisme de tous les animaux est soumis à un plan uniforme, » Geoffroy admet en même temps que toutes les espèces actuelles descendent d'une espèce antédiluvienne primitive par voie continue de génération , et que les modifications imprimées à cette espèce primitive par les changements survenus dans les milieux ambiants ont seules déterminé la diversité et la multitude des espèces actuelles. Il

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