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GÉOGRAPHIE

phénomènes et de tous les rapport*, comme aussi la liaison réciproque qni unit entre eux les éléments divers de la matière géographique. La seconde, au contraire, ae borne à la simple description des circonstances géographiques des diverses contrées, et aboutit à la description détaillée des diverses localités isolées ou topographie.

D'autres par géographie générale entendent la partie mathématique et physique de la géographie, et par géographie particulière la géographie politique, que beaucoup d'auteurs subdivisent encoreen géographie agricole et commerciale, et en géographie statistique. Il en est aussi qui établissent une dilference entre la géographie pure et la géographie politique on statistique, et qui par la première de ces dénominations ou géographie basée sur les limite» naturelles , entendent la description de l'état physique du sol d'après ses circonstances orographiques et hydrographiques , prises alors pour hase de la division qu'on fait de la surface terrestre en pays et en États , de même que de la géographie en général. On a encore poussé la méthode analytique plus loin : ainsi on a composé des traités de géographie ecclésiastique, ou encore militaire, commerciale, forestière, etc., suivant la classe particulière de lecteurs auxquels on s'adressait.

On voit tout de suite que la géographie mathématique et physique traite de ce qu'il y a dans cette science d'immuable et de basé sur les lois éternelles de la nature, tandis que la géographie politique s'occupe de ce qu'elle présente d'essentiellement mobile et d'astreint par la marche même de l'histoire des peuples et des États à de perpétuelles vicissitudes. En ce qui touche la géographie historique, on la subdivise encore en géographie ancienne, géographie du moyen âge, et géographie moderne; dénominations tous lesquelles on comprend en général la description de la surface de la terre suivant les divers états où elle s'est trouvée aux principales époques de l'histoire de l'humanité, attendu qu'on a alors surtout en vue les rapports géographiques des habitants de la terre, les déterminatioos. des peuples et des États, les divisions qui se sont formées entre eux, la diversité de noms des pays et des provinces, des montagnes, des cours d'eau, des lieux d'habitation, etc. Au domaine de la géographie ancienne appartiennent tous les peuples de l'antiquité, dont une partie constitue la géographie biblique, science accessoire de l'interprétation scientifique de la Bible. La géographie du moyen dge comprend l'intervalle qui s'écoula entre la chute de l'Empire d'occident et la découverte de l'Amérique ( 476-1492 ), et làgéographie moderne, la période qui s'étend depuis cette époque jusqu'à nos jours, dont les rapports statistiques et géographiques forment constamment le sujet des publications les plus récentes de la géographie politique, laquelle n'a jamais égard au passé.

L'histoire de la géographie se rattache d'une manière intime aux découvertes géographiques. Dans les temps les plus reculés, les notions géographiques de chaque peuple se bornaient à la localité ou à la contrée qu'il habitait. Ce fut seulement longtemps après que les hasards de l'émigration, les rapports qui s'établirent de peuple à peuple, les guerres, les voyages entrepris dans un but mercantile , et la réunion de plusieurs États sous un seul et même gouvernement, contribuèrent à accroître la somme des connaissances géographiques. 11 est probable que dans la plus haute antiquité c'est aux Phéniciens qu'on fut redevable de la propagation des prciniers rt'iisriguPiijL'nis «icpii» surics conin.'o lurangcTts , renseignements défigurés d'ailleurs, tantôt à dessein , tantôt par des exagérations sans but. Les livres religieux et historiques des plus ancien* peuples contiennent quelquefois des observations géographiques; c'est |>ar exemple le cas dans les livre* saints des Hébreux, notamment dans les livres de Moïse et de Josué. On prétend que les Égyptiens possédaient des ouvrage* géographiques composés par Hermès Trismégistc. En raison de leur gont particulier pour les aventures et les expéditions militaires, les Grecs ne

tardèrent point, comme on peut le voir dans Homère , à acquérir une connaissance assez exacte des contrées avoisinant leurs territoires respectifs, notamment de la Grèce, de l'Asie Mineure, et de quelques parties du littoral de la Méditerranée.

A naximandre, né vers l'an 010 avant J.-C., essaya le premier, dit-on, de dresser une carte géographique, qn'Hécatée corrigea et perfectionna. Les émigrations parues successivement des diverses colonies, de même que les incessants progrès d'un commerce de plus en plus florissant , et les voyages entrepris par divers hommes dévorés du désir do s'instruire, par exemple Hérodote, ajoutèrent aux connaissances qu'on possédait alors sur les terres habitées par des hommes.

Les ouvrages d'Hérodote nous offrent le premier corps complet de géographiequi nous soit parvenu. C'est le résultat de ses recherches et de ses voyages en Asie et en Egypte. 11 lut son livre à la Grèce assemblée pour les jeux qui signalèrent la 84' olympiade, l'an 444 avant J.-C. Ses écrits nous semblent fixer l'état des connaissances géographiques de son siècle , et cependant on n'y découvre rien qui puisse faire deviner comment il entendait l'arrangement des diverses parties du globe. Aristote , si bien servi par les conquêtes de son illustre élève, auquel la géographie des anciens dut ses progrès les plus remarquables , s'explique à cet égard d'une manière très -précise. Les limites qu'il assigne aux trois parties de la terre, l'Europe, l'Asie, la Lybie ou l'Afrique, sont restées à peu près les mêmes ; et cette division du glolie , si largement tracée, demeura celle de tous les écrivains jusqu'à la découverte de l'Amérique.

Après Scylax et Hannon, Pythéas, le plus ancien écrivain qui parie des Gaules, écrivit a la fin du quatrième siècle avant J.-C. sa Description de VOcéan et son Périple, résultat de ses voyages dans le nord de l'Europe, et ne contribua pas peu à accroître ainsi la somme des notions géographiques. Les expéditions militaires d'Alexandre, les voyages entrepris plus tard sur mer par ordre des Ptolémee, y contribuèrent encore bien autrement que tout ce qui avait été fait jusque alors , ainsi qu'en témoignent les différente fragments d'écrivains grecs parvenus jusqu'à nous sous les titres de Periplus, Paraplus, Periegesis, Geographica, Indica et Scythica. Au nombre des plus célèbres géographes de cette époque, on compte Néarque, qui reconnut tout le littoral du golfe Persique, et Dicéarque , l'auteur d'une espèce de description de voyage en Grèce.

Èratosthène, né l'an 276 avant J.-C., fut, à bien dire, le premier qui éleva le géographie 4 l'état de science. Adoptant la méthode de démonstration scientifique indiquée par Aristote, il fut le premier à ex poser et à développer un système de géo graphie mathématique et empirique ; il essaya de mesurer la terre , calcula la situation des lieux par leur latitude et leur longitude, et fonda ainsi , on peut le dire, la géographie astronomique. Les ouvrages d'Eratoslhène, comme ceux de Pythéas, ne nous sont du reste connus que par les fragmente qu'en citent Hipparque, Pline et Strabon. f

Hipparque, le plus grand astronome de l'antiquité, comprit que la géographie ne pourrait faire de progrès qu'autant qu'elle nerait soumise aux observations astronomiques. Cependant H parait qu'il ne tira pas grand parti d'une pensée si juste ; car, dans la discussion qu'il entreprit des ouvrages d'Ératosthène , il ne fit guère qu'y ajouter des erreurs ou bien en substituer à celles qu'il combattait. Au reste, c'est à lui que l'on doit la méthode des projections de cartes, découverte de la plus haute importance dans ses conséquences.

Posidonius, contemporain de Pompée et de Cicéron, entreprit une nouvelle mesure de la terre. Cette tentative prouverait que l'on avait peu de confiance dans celle d'Ératostliène ; mais le mélange qu'il lit du résultat des observations de ce dernier et des siennes l'amena à commettre des fautes encore plus graves.

Mettant a profit les travanx antérieurs de l'École d'A-

GÉOGRAPHIE - GEOLE lexandrie et on ouvrage aujourd'hui perdu de Marinos , Ptolêmée contribua ensuite singulièrement a fonder la oriente géographique, en complétant et rectiliant les notions déjà acquise», surtout en déterminant avec plus de précision I» longitudes et les latitudes. Agathodannon dressa des caries pour son ouvrage, cl Agatbéméros en fit un abrégé.

Après eux , l'asservissement de la Grèce, la cessation des longs voyages, soit de commerce, soit de navigation, qui en fut la suite, amenèrent dans ce pays une longue léthargie de la su en ce géographique.

En s occupant de géographie, les Romains n'eurent d'autre but pratique que l'utilité au point de vue de la politique, et ne prirent aucun souci de la partie mathématique et |»oiitique de celte science. La géographie politique seule pouvait leur offrir quelque intérêt, et ce fut la seule qu'ils cultivèrent avec succès. La partie de l'univers qui leur était soumise fut mieux examinée et connue avec plus de détail. Leur géographie dut ses premiers progrès à leurs expéditions militaires , qui les conduisirent successivement dans les différentes parties du globe. Jules César, au milieu de ses triomphes , n'en occupa avec ièle,' et ses Commentrnres fournissent sur la Gaule et la Bretagne des détails précieux. Denys , surnommé le périégète ou le Voyageur, fut chargé par Auguste de faire, en étendant ses voyages et ses recherches, une description du monde alors connu ; il l'écrivit en vers grecs. Mais Slrabon, mettant à profit les vastes conquêtes des Romains, la fit bientôt oublier , en rédigeant sa Géographie, qui fait de lui le premier géographe de l'antiquité. Cet ouvrage est orné d'une foule de détails historiques sur l'origine des villes et l'antiquité des nations, qui y répandent Je plus vif intérêt. Strabon connaissait la forme sphénque de la terre, et indique la manière de construire les globes. Pline l'ancien, qui écrivait sous Vespasien, a consacré les six premiers livres de son histoire à exposer le système du monde et la géographie telle qu'elle était connue de son temps. Dans le grand nombre d'extraits qu'il a rassemblés , il fait entrevoir quel fut le premier essai de système géographique des Homains, entrepris par Agrippa et terminé, par ordre d'Auguste, sur les mémoires qu'Agrippa avait laissés. Charax , ville de la Susiane , qui vit naître Denys le Périégète , donna aussi naissance a Isidore, autre géographe grec, contemporain, comme l'Espagnol Poroponius Mêla, du grand naturaliste. On a de Mêla une géographie abrégée, intitulée : De Situ Orbis. Maxime de Tyr vivait vers la fin du premier siècle de notre ère. L'étendue de ses travaux géographiques parait lui avoir acquis une grande réputation. Il avait écrit nn traité complet de géographie, dans lequel il discutait les bases des nouvelles fartes qu'il construisait. Cet ouvrage précieux ne nous est connu que par la critique qu'en a iaitc Ptolemée. Celui-ci, en voulant le rectifier, en voulant tout réduire en positions astronomiques, a enfanté l'ouvrage le plus étrange qui existe. Autant il aurait servi la géographie, en conservant intact l'ouvrage du Phénicien, autant il l'a obscurcie. Ce n'est qu'avec le plus grand soin qu'il faut s'engager dans ce dédale d'erreurs , qu'à première vue on prendrait pour un trésor.

Pendant la longue agonie île l'empire romain, lagéographic partagea le sort de toutes les sciences. Cette époque de décadence ne nous offre que deux ouvrages remarquables : le premier Dictionnaire géographique, par Etienne de Byrance, et la Topographie chrétienne, de Cosmas Indicopleintcs, moine voyageur d'Alexandrie, en Egypte. Ils furent écrits l'on et l'autre au sixième siècle ( 50S et I>34 ). Les bons principes des anciens étaient alors totalement tombés dans l'oubli , ainsi qué le prouve la théorie de la terre de ce dernier, qui est au-dessous de toute critique. Il prétend que c'est une vaste plaine, longue de 400 journées de IV t â l'ouest, large de 200 journées du nord au sud , et qui est entourée d'un mur sur lequel repose le firmament- Les ouvrages géographiques postérieurs de Julius Honorins , dtthicu*, de l'Anonyme de Ravenne, ainsi que les limera ria encore aujourd'hui existants, ne sont guère pour la

tuer, nr. i.a couverts. — t. x.

plupart que des catalogues contenant les noms des Heiix les plus importants avec l'indication de leurs distances respectives.

Au huitième siècle, les Arabes tirent refleurir la science géographique, qui leur avait été transmise par les Grecs. A l'exemple de Ptolémée , la g ograpbie empirique demeura dans d'étroites relation» avec la géographie mat Initiatique , et elle s'enrichit notablement de notions et de recherches jusque alors inconnues sur le nord, l'est et l'ouest de l'Afrique, ainsi que sur toute la côle occidentale de l'Asie. Ibn Haoukai, au dixième siècle, laissa une description détaillée des pays mahométaus; El-Edrisi, Aboulféda, etc., donnèrent d'excellents ouvrages d'une portée plus générale. Vers la même époque, les Normands entreprirent de remarquables expéditions maritimes, mais ils négligèrent d'en consigner le récit. Plus tard la géographie profita bien autrement des croisades et des voyages d'un Piano Carpini ( trio), d'un Rubruquis . i >.,., , d'un Marco-Polo, etc., dans l'est et dans l'intérieur de l'Asie. La découverte du Nouveau Monde par Colomb, le» découvertes des Vénitiens, des Génois, des Florentins et des Portugais, jointes à la rénovation de la géographie mathématique opérée par Copernic, imprimèrent à cette science un essor complètement nouveau. Des la fin du quinzième siècle, il existait k Milan une chaire particulière de géographie. En I4&4, Martin Behaim de Nuremberg dressa une bonne carte géographique. Petrus Apianus donna, au commencement du seizième siècle, la première carie sur laquelle l'Amérique se trouva devinée , et Sébastien Muller une i'osmographia avec atlas. Le Hollandais Cl. Mercator introduisit sur les cartes géographiques la division en degrés encore en usage aujourd'hui , et l'Anglais Ed. Wright donna des cartes marines plus exactes. Abraham Ortelius, mort en 159», entreprit le premier grand atlas, Thealrum Mundt (Anvers, 1M>3), auquel sont adjointes des notices tort étendues. Au dix-septième siècle, Philippe Cluvrer commença même à débrouiller la géographie ancienne, et le laborieux graveur Mérian, de Baie, qui publia des descriptions détaillées des principaux pays de l'Europe, ornées de gravures, rendit d importants services à la topographie. Vers la même époque, les Académies de- Paris , de Londres, ainsi que les savants Sneil , Mouton , Piccard et Cassini, qui améliora surtout essentiellement la méthode, déployaient aussi une extrême activité. L'astronomie et l'histoire naturelle furent rattachées toujours plus étroitement a la géographie, en même temps qu'on les y appliquait avec toujours plus de bonheur. L'art de dresser et de graver des cartes de géographie se perfectionna extraordjnairement ; les découvertes, que bientôt l'on cessa de pouvoir compter, agrandirent le cercle d'observation, et dans diflérents Etais te trésor public lit les frais de nombreuses expéditions de découverte».

Dans ces derniers temps, le» Sociétés géographiques qui se sont créées en divers pays, à l'instar de la Société de Géographie londéeà Paris en 1hI9, par Malle-Brun et Barbie du Bocage, n'ont pas peu contribué aux progrès de la science, en devenant autant de centres communs pour d'importantes explorations entreprise» souvent a leurs frais, de même que par la publicité qu'elles ont donnée à leurs nombreuses corres|iondances. De toutes les sociétés de ce genre qui existent aujourd'hui, la Royal geographical Society, fondée a Londres en 1830, est celle qui possède les plus vastes ressources, et dont l'organisation a les bases les plus larges. Les fond* considérables dont elle dispose la mettent à même d'envoyer en missions d'exploration dans les contrées de la terre encore le moins connues de» hommes spéciaux, hardis voyageurs, versés dans la connaissance des sciences i matiques et naturelles, dont les rapport* sont publiés i le Journal et dans les Transactions de la Société. t.KOi.K V Pli lot l s Currcs;. Voyez Caktt.. GEOLE, GEOLIEK. Geéle signifiait autrefois prison, et geôlier désigne encore dans le langage vulgaire celui qui est préposé à la garde intérieure d'une prison. Le lan-

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