‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 216 sur 614 · GÉ · texte numérisé non relu

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substances ont été mêlées, déplacées, roulées, altérées par une inondation qui n couvert toutes les terres connues. Il est encore évident que cette révolution est postérieure a la révolution qui a donné lieu aux montagnes ammonéennes. C'est une chose bien digne de remarque que les terrains de la dernière grande révolution contiennentdes roches de toutes les montagnes actuellement existantes , tandis que les montagnes calcaires qui forment un grand système de formation ordinairement appelée secondaire ne contiennent presqne pas de roches primitives. Ceci semblerait d'accord avec l'opinion qui place l'origine des montagnes primitives à une époque plu.* rapprochée que celle des montagnes secondaires.

Chaque phénomène de la nature a donné lieu à des systèmes particuliers, et le monde, qui est le premier et le plus grand dos phénomènes, a donné lieu à plus de systèmes que n'en ont fourni toutes ses parties. Les faits principaux dont se sont occupés les écologistes sont les montagnes, les vallées, les cavités souterraines, les dépots diluviens, les sources thermales, les volcans, et enfin le globe dans son ensemble. Ces masses de terres, de rochers, de débris organisés, qui s'élèvent si fort au-dessus du niveau des eaux, et que l'on appelle montagnes, offrent pour l'ordinaire des caractères non équivoques d'une origine aqueuse. On a cru longtemps que ces vastes dépôts avaient été laissés dans leur position actuelle par une vaste révolution opérée dans la position des eaux du globe. Mais dans ces derniers temps on a supposé qu'après avoir été formées par dépôt au-dessous des eaux, ces masses ont été soulevées par des forces intérieures. La vue des montagnes volcaniques, de quelques montagnes et d« quelques Iles formées depuis les temps historiques, l'inclinaison des couches, l'ordre de superposition des terrains, l'exemple de quelques rochers qui portent des traces évidentes de soulèvement, ont servi de preuves à ce systèmc.qui n'a peut-être d'autre tort que la généralité qu'ona voulu lui donner Les premiers systèmes sur les vallées les présentaient comme des lits creusés par les eaux descendues des grandes sommités pendant que ces dépots étaient encore récents et peu cohérents. Les directions transversales, les angles rentrants correspondant avec les angles saillants, les eaux qui y coulent encore, favorisaient cette opinion ; mais elle a do tomber avec le système des soulèvements, qui présente les vallées comme une conséquence nécessaire des soulèvements ; car une surface horizontale ne peut être soulevée sans éprouver un déchirement an point du soulèvement, et par conséquent laisser voir des fentes, et ces fentes seraient les vallées. On ne peut nier qu'il n'y en ait de cette espèce; mais les grandes vallées, celles des Alpes, par exemple, portent dans leur structure et leur stratification des preuves mathématiquement évidentes de l'impossibilité de cette origine.

Les cavernes, ces vastes souterrains qtri se présentent dans toutes les montagnes et souvent dans un prolongement de plusieurs lieues, qui montrent aux curieux des cristaux, des stalactites , des eaux donnantes et des eaux courantes, des ossements d'animaux et des substances métalliques, offrent de grandes difficultés. Les grottes volcaniques sont suffisamment expliquées par l'éjaculation des substances auxquelles elles ont donné passage ; mais les autres grottes restent sans explications satisfaisantes. Ni les bouleversements survenus dans les soulèvements , ni l'éruption des «aux intérieures, ni l'éruption des gaz acidulés provenant de l'intérieur de la terre, ne peuvent satisfaire des esprits un peu habitués à oc demander aux causes que les effets qu'elles peuvent produire.

Tout le monde convient que la présence sur tonte la terre d'un grand dépôt de substances mêlées est un témoin irrécusable de la présence des eaux sur tous les continents; mais en admettant un déluge universel, on est peu d'accord sur les causes. On assigne un changement de l'axe terrestre , qui aurait en partie déplacé l'Océan; une contraction subite du globe , qui aurait ouvert les abîmes et vomi sur la terre toutes les eaux intérieures ; un changement en «au de tous les fluides aériformes, qui aurait précipité sur

la terre les cataractes des deux ; enfin, un soulèvement sulHt des montagnes trachytiques du Nouveau Monde, qui aurait refoulé la mer snr l'ancien. Il me semble que parmi toutes ces causes , qui ne sont que des possibilités, il eût été facile d'y ranger une loi ou volonté particulière de celui qui peut tout sur les éléments.

La chaleur des eaux des sources thermales était regardée comme un effet de la chaleur produite par l'oxydation des métaux intérieurs, et en général par l'action d'un calorique provenant des combinaisons chimiques, qui doivent être fréquentes dans l'intérieur de l'écorce terrestre. Maintenant on trouve dans la chaleur centrale un moyen extrêmement simple de rendre raison des eaux thermales , des évaporations gazeuses , des eaux minérales, et même des fontaines ardentes. Sans nous étendre ici sur les volcans, nous nous contenterons de répéter que l'on trouve leur cause dans la chaleur terrestre centrale, qui tient les substances intérieures dans un état de fluidité et dans une contraction lente que doit éprouver le globe par le refroidissement successif.

Venons aux hypothèses faites sur la formation du globe. La géologie a donné lieu à plus de systèmes que toutes les autres sciences à la fois : on dirait que l'homme, jaloux oY la puissance de Dieu , veut essayer ses forces pour deviner au moins la manière dont il s'y est pris pour créer. Chaque géologiste a son monde à lui. Dans un rapport que Ciivîer a fait, en 1806, à l'Institut de France , ce célèbre savant dit que le nombre de ces systèmes s'élève à plus de quatre-vingts. De La Métheric en classe et en analyse plus de soixante «Uns ses Leçons de Géologie. Plusieurs philosophes anciens ont pensé que la terre était un animal recouvert d'autres animaux. Kepler, Lehmann et Gatrin, parmi les modernes, se sont beaucoup rapprochés de cette idée. Tantôt les faiseurs de systèmes supposent que tout a commencé par la terre et le feu ; que le dernier, en agissant sur l'autre, a dégagé l'air et l'eau, qui ont pris position , et en môme temps fait cristalliser la plus grande partie de l'écorce terrestre; tantôt ils supposent que tout était dans un état aériforme, et que la condensation n'est venue que lentement à la suite des siècles ; tantôt que les corps de tout notre système planétaire ne sont que des portions arrachées à l'atmosphère du soleil, et ensuite devenues solides par condensation ; tantôt on suppose que le globe a commence par un état de fusion ignée, tantôt qu'il a commencé par un état de liquidité aqueuse. Les partisans du fluide gazeux sont Herschell , La place, De La Métheric, Vaumons, et même quelques philosophes anciens. Les partisans de la liquidité ignée sont Kircher, Descartes, Lcibnitz, Bullon, Hutton, Playfer, sir James Hall, Fleurieu de Betlevue et Breislak. Enûn, les principaux partisans de la fluidité aqueuse primitive, qui semble plus d'accord avec les paroles de la Genèse, sont Tltalès, Platon, et en général les plus anciens philosophes de toutes les nations, et parmi les modernes Brunet, Woodvard , Wlstnn,- Scheuchzer, Swedenborg, Linné, Maillet, Pallas , Dolomieu, André de Gy, De Luc et Weroer. La plupart des savants ont pris la narration de l'Écriture pour point de départ, et en laissant à Dieu la création de la matière, et même la première configuration du globe , ils ont cherché dans les lois de la nature le moyen d'achever l'œuvre, ou du moins de lui donner les formes que nous lui voyons. Ils supposent donc qu'un grand espace de temps s'est écoulé entre la création de la matière et ces époques divisées en jours, où Dieu la rend habitable et la couvre d'êtres animés. Wale ri us s'attache à suivre l'oeuvre des six jours avec la plus scrupuleuse exactitude , et se contente d'appliquer les lois de la physique et de la chimie aux différentes opérations que l'Écriture se contente d'énoncer.

Il est impossible de raconter tons les subterfuges inventés par l'imagination pour se passer de l'action directe de Dieu dans la formation du monde et la production des divers phénomènes qui se montrent à sa surface. Changement de figure du globe, changement d'état, augmentation et ensuite diminution de son volume, transposition de son centre

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