‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 236 sur 614 · GERMANIE — GERME · texte numérisé non relu

GERMANIE — GERME

tous les temps et dus tous le» lieux. En effet, U Walhalla n'est qu'une forme particulière et postérieure du domaine général de la mort, qu'on se représentait, soit comme une prairie toujours verte, placée sous les eaux, ou bien comme un espace effrayant situé au plus profond de la terre et où règne H et. Cette immortalité n'avait pas non plus une éternelle durée; car les dieux mêmes, en expiation de leurs actions coupables, finiront par se livrer une bataille générale, à la suite de laquelle l'univers périra dans un immense inceodie d'où sortiront une nouvelle terre et une nouvelle race de dieux, plus brillante , plus parfaite que la précédente et pure de toute faute.

Les dieux étaient honorés au moyen de chants, de prières et de sacrifices. Indépendamment de fruits et de certains animaux, en première ligne desquels venaient les chevaux, oo leur sacrifiait aussi des hommes, dans certaines grandes occasions, telles que les solennités célébrées avant et après une expédition pour invoquer le secours des dieux ou les remercier , et aussi de grandes fêtes célébrées à l'époque du renouvellement des saisons; et a cet eflet on choisissait soit de grands criminels, soit des prisonniers laits sur l'ennemi, soit des esclaves' achetés dans ce but. Il n'est point lait mention de sacrifices dans lesquels les victimes aient clé brûlées vives, mais seulement de libations. Au temps de Tacite, il n'existait pas de temples, non plus que d'images représentant les dieux; peut-être même n'en exista-t-il que tout a l'origine , et ils ne purent jamais acquérir «Titn- |H>rtance en Germanie. Il est bon de remarquer aussi qu'on admettait bien que les dieux prissent de temps à autre la forme de certains animaux , mais qu'en général on leur attribuait une conformation purement humaine et exempte de tous défauts. Les bois sacrés étaient les endroits où se trouvaient les centres les plus importants du culte; et on y conservait des symboles consistant très- vraisemblablement en figures d'animaux , qui servaient aussi d'enseignes et de signes de ralliement dans les expéditions. C'est dans ces mêmes bots sacrés qu'on appendait à des poteaux les animaux donnes à titre d'offrandes ou tout au moins leurs têtes. Il existait sans doute des prêtres ; mais ils ne formaient point une classe à part et privilégiée , ayant dans ses attributions exclusives les actes relatifs au culte , soin réservé à chaque l-ere dans le cercle de la famille. On cherchait à connaître l'avenir et la volonté des dieux en interrogeant le vol des oiseaux, le murmure des ruisseaux, le hennissement des chevaux blancs consacrés, et au début d'une guerre, en faisant combattre un prisonnier avec un des guerriers de la nation, enfin au moyen des ru nés. Les femmes étaient d'une habileté toute particulière pour interpréter les runes et les présages; quelques-unes d'entre elles arrivaient ainsi à jouir d'une telle vénération, qu'il en est dont les noms sont même parvenus jusqu'à nous, par exemple Veleda et Albruna (Aurinia). Consultez Grimnt, Mythologie allemande (2' édition; Gattingue, lsV»); et Muller, Histoire et Système de raneienne Religion germaine (Gœttinguc, l»'«4). GERMANIQUE (Confédération). Voyez (Woéra-

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GERMANIQUE (Empire). Voyez Eupntc n'A llfji acm k .

GERMANIQUES (Langues). C'est ainsi qu'on appelle les langues parlées chez les peuples d'origine germanique et formant l'une des branches de la grande famille des langues indo-germaniques. Ce sont par conséquent l'islandais, le danois , le suédois, l'anglais, le hollandais , le flamand, l'allemand, et leurs nombreux dialectes.

GEHMAMSME, façon de parler propre à la langue allemande ou encore empruntée à la langue allemande et transportée «tons un autre idiome. Les germanismes que commettent le plus ordinairement nos voisins d'outre-Rhin, quand ils se servent de notre langue, proviennent de ce qu'ils traduisent littéralement des Idiotisme* particuliers à l'allemand, au lieu d'employer les formes de phrases propres an français. Ainsi , tandis que nous disons : sortons-nous ? r Allemand, traduisant cette interrogation de sa langue

I en français, ne manquera pas de dire voulons-nous sortir f ( Wollen wir ausgehen ). On n'attend sans doute pas de nous une liste des principaux germanismes. Le génie des deux langues diffère trop pour qu'une pareille nomenclature ne soit pas fastidieuse et inutile; nous renverrons donc nos lecteurs allemands à quelque bonne grammaire spécialement composée à leur usage , a celle de Meidinger par exemple.

GERME. On entend par germe les premiers linéaments, le principe originaire de tout être organisé. Le germe est le premier point et l'Indispensable exorde de la g é n é r a t i o n.

Les animaux comme les plantes ont un germe, et chaque espèce a le sien , différent de celui des autres. Mais d'où viennent ces germes, et comment sont-ils produits? Le premier lieu où notre observation puisse les découvrir est l'ovaire , soit qu'il s'agisse des plantes ou des animaux. Chacun des ovules qui composent l'ovaire renferme l'embryon ou le germe d'un être nouveau; mais on ne peut le voir, même avec l'aide du microscope, qu'après l'acte de la fécondation; jusque là on n'aperçoit dans l'ovule qu'un fluide transparent et homogène , sans aucune trace d'organisation. Les organes n'apparaissent même et l'embryon ne devient appréciable que quelque temps après que l'ovule a été fécondé. Il se présente donc une première question : le germe préexiste-t-il dans l'ovaire des plantes et des animaux, ou est-il le résultat de l'acte de la fécondation ? Et ensuite, s'il est le produit de la fécondation, provient-il du mâle ou de la femelle, ou de tous les deux à la fois ? L'opinion la plus probable et la plus généralement admise, c'est que le germe préexiste dans l'ovaire et que la fécondation n'a pour but que de déterminer son développememt.

De l'adoption de ce système résulte une conséquence assez embarrassante au premier abord : si l'ovaire de la femelle contient les germes de tous les êtres qui doivent nattre d'elle, il faut que ceux-ci renferment le germe d'autres ovaires , qui à leur tour en renferment d'autres , et ainsi de suite à l'infini. Il en résulte encore que la première femelle de chaque espèce contenait les germes de tous les individus qui ont existé et qui existeront, jusqu'à l'extinction de son espèce ; c'est ce qu'on a nommé le système de l'emboîtement des germes. Un tel résultat effraye l'imagination; il n'a ce* pendant rien de plus extraordinaire qu'une foule d'autres phénomènes naturels qu'on ne peut révoquer en doute; il s'accorde même avec cette simplicité et cette unité de moyens qui caractérise les œuvres de la nature. Le Créateur des mondes aurait ainsi produit pour chaque espèce un germe qui ne fait que se développer dans l'espace et dans le temps ; et l'univers animé ne serait que le résultat de cette cause première toujours en activité. D'ailleurs, qu'y a-t-il d'impossible pour celui qui dispose de l'infini et de PéternitéY Les anciens avaient été plus loin; ils pensaient que la terre elle-même et tout ce qu'elle porte n'est qu'un germe qui se développe incessamment sous l'influence du souffle divin.

[ D'autres, reconnaissant la fausseté des théories de l'emboltement et de V é v o I u t i o n des germes, furent conduits à penser que les germes ne préexistant pas depuis le premier moment de la création, ils devaient être produits soit par des organes spéciaux, soit par un tissu fondamental et germinatif dans les corps organisés les plus inférieurs des deux grands règnes des êtres vivants. C'est ce fait vrai et parfailement démontré, c'est-à-dire cette production successive de germes nouveaux sur ou mieux dans le corps de parents, plus ou moins avant l'époque de leur puberté, auquel on a donné le nom dYpfoénèse (detirf.sur.et t<vwk, naissance). Il est bien entendu que la reproduction, toujours épigénétique dans tous les êtres vivants, végétaux et animaux , se fait non-seulement au moyen de germes nouveaux contenus dans les œufs ou dans les graines, mais encore au moyan 1° de quelques portions do tissu vivant plus ou moins hypertrophié qui bourgeonne sur divers points déterminés ou indéterminés ; 2° de fragments détachés d'un individu entier, connus sons le nom de boutures, et 3° de la division naturelle ou artificielle d'un organisme vivant en deux ou

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trois portions à pen près égales ou Inégale*. Le* faits qui prouvent la ri'rité de la théorie de Vépigénèse sont mainte* nant si nombreux , si faciles a recueillir et à constater, et par conséquent si avérés, qu'A ne peut plus y atolr le moindre doute ni aucune objection un peu valable h lui opposer. Il reste à expliquer le mécanisme physiologique suivant lequel «'effectue l'épigénèse des êtres vivants. Des savants qui ont cherché a l'indiquer s'en sont préoccupés seulement à l'égard de la reproduction qui s'opère an moyen de produits fournis par deux sexes différents. Voici les explications qu'ils en ont données : l» pour les uns, le mélange des humeurs proliliques du mflle et de la femelle ( Hippocrate ) on l'nnion de* molécules organiques de ces humeurs dans des moules de formes typiques (BufTon) donne et soutient llmpulsion nécessaire au développement épigénétique et à toutes ses conséquences ; y pour d'antres , toute épigénèse animale ou végétale se fait au moyen d'un primordium végétale auquel Harvey , auteur de l'aphorisme omne vtvum iri ovo , donne le nom d>w/ à défaut d'autre terme plus générai, puisqu'il est forré de renfermer dans sa signification nonseulement les «rnfs véritables, mais enrore les bourgeons, les fragments détachés ou boutantes, même les corps en putréfaction, et les matériaux hétérogène* considérés comme transformables en germes de générations dites spontanées.

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