GILLES
â peine élaitil en Asie Mineure qu'il rit ses ressources complètement épuisées. N'osant ou ne pouvant recourir à la générosité du roi , le savant prit un parti héroïque ; il s'engagea dans les troupes de Soliman II qui guerroyait alors contre la Perse. Pendant cette guerre, il eut la douleur de perdre ses collections. Heureusement pour lui, ses amis qu'il avait informés de sa détresse lui tirent tenir des secours ; il acheta son congé et gagna Constanlinople. Après avoir fouillé les ruines de Chalcédoine, non sans profit pour ta science, il revint en France arec le baron d'Aramont, ambassadeur de François I" auprès du sultan. Puis il alla retrouver à Rome son protecteur d'Armagnac qui avait été fait cardinal, et mourut peu de temps après dans cette ville , en liai.
On a de lui, outre l'ouvrage mentionné ci-dessus : 1* deux discours latins, dans lesquels il invite Charles-Quint à relâcher le rot de France, sans rançon, et trois autres, où il invite le roi d'Angleterre à renoncer au titre de roi de France ; V Ex Ailiani historia laiini facti , itemqite ex Porphyrio , Beliodaro, Oppiano, libri XVI; J° De gailiciset latinis nominibus piscium ; 4° De Bosphoro Thrario, libri III; su De Topographia Constantinopoteos et de illius antiquitatibus, libri IV; 6° une description latine de l'éléphant ; 7e des traductions latines du traité de Détnétrius de ConstanUnople De Cura Accipitrum Canumque, et du Commentaire de Théodoret, évéque de ,Cyr, Sur le* douze petits prophètes.
G ILLIES • J-.iin), helléniste célèbre et historien «redit, naquit en 1747, dans l'ancienne ville épiscopale de Urechin, comté d'Angus, en Ecosse. Ses études, commencées au collège de sa ville natale, s'achevèrent avec succès à l'université de Glasgow. Une éducation particulière dont il fut alors chargé lui fournit l'occasion de visiter une grande partie de rEurope, et d'acquérir ainsi une connaissance parfaite des langues française et allemande. De retour en Angleterre, il se décida à reprendre ses travaux littéraires trop longtemps abandonnés. Ses premiers ouvrages se ressentirent de la nouvelle direction donnée à ses études et dn goût ardent qui s'était ranimé en lui pour les littératures anciennes. Ce fut d'abord une éloquente Défense de Fétude et de ta Utérature classique, puis une traduction des Harangues de Lgsias et (Tlsocrate. U fit ensnite paraître son principal ouvrage, c'est-à-dire son Histoire de l'ancienne Grèce, de ses conquêtes, jusqu'à la division de l'empire macédonien (1785, 2 vol. in-4 . qui en moins de quatre ans obtint cinq éditions. Ce beau livre, que la traduction défectueuse du Girondin Carra fit fort imparfaitement connaître en France, est toujours en grand crédit auprès des savants d'Angleterre et d'Allemagne. Vingt ans après, Gillies voulut donner une suite à ce grand ouvrage, mais il échoua; son Histoire du Monde depuis Alexandre le Grand jusqu'à Auguste (1807, 2 vol. in-4°) ne mérita ni n'obtint le même succès. Cependant Gillies avait reçu la récompense de ses travaux ; après la mort de Robertson, le roi l'avait nommé son historiographe pour le royaume d'Ecosse, avec un traitement de deux cents livres sterl. Pour justifier l'octroi de celte gracieuse sinécure, il donna alors un recueil assez inréressanl d'anciennes poésies et chansons gaéliques : Collection ofancient and modem gaelie poems andsongs. Gillies, que l'étude des temps anciens préoccupait toujours, même en présence des grands événements contemporains, fit encore paraître l'ouvrage ayant pour titre : Aperçu du règne de Frédéric II, roi de Prusse, et parallèle de ce prtnee avec Philippe II, roi de Macédoine. Ce livre, fait par Gillies d'après ses souvenirs d'un voyage à Potsdam et à Berlin, est instructif et intéressant. Aristote considéré dans ses ouvrages de politique et de morale fut aussi l'objet de ses études. En 1797 il donna une traduction des œuvres morales de ce 'grand philosophe; et cbercliant, dans les notes savantes et l'analyse générale dont il accompagna ce travail, a montrer la solidité et la profondeur de ce vaste g' nie, i! tenta un dernier effort pour réhabiliter le péripaté-