‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 256 sur 614 · G1L POLO · texte numérisé non relu

G1L POLO

tisme déchu. Une Traduction delà Rhétorique d' Aristote, en 1823, fut le dernier ouvrage de Gillies, qui mourut le l& février 1836, âgé de quatre-vingt-dix ans.

Son neveu, PaulGivues, est l'auteur de divers poèmes et romans estimés, entre autres de Childe A torique (Londres, 1813) cl de The Confessions qf sir Henri Longueville (Londres, 1814). 11 a aussi traduit avec un rare talent des tragédies des théâtres allemand et danois pour le BlackxcootTs Magazine. Edouard Foobnieb.

GILLRAY (Ja««), célèbre artiste anglais, pendant trente ans la terreur de ses contemporains. Aristophanedessinateur, à peu près inconnu en France, il éleva la caricature au rang d'une véritable puissance , et a eu de nombreux successeurs qui parfois l'ont peut-être égalé, mais qui jamais ne l'ont surpassé.

Gillray naquit en Ecosse, vers 1760, et vint de bonne Iteure cherclter fortune a Londres ; il entra dans l'atelier d'un graveur, et ne tarda pas à fixer l'attention par des croquis spirituels et mordants, où paraissaient les personnages les plus célèbres de l'époque, fort irrévérencieusement mis en scène. L'opposition est la ligne tracée d'avance à tout débutant dans la satire; il lui faut, coûte que conte, agacer la malignité publique. Gillray choisit pour le but de ses coups la cour, les ministres et leurs champions. Le gouvernement redouta ce nouvel et terrible ennemi ; un émissaire lui fut expédié : ■ Une large gratification , si vous nous ménagez, nous et les nôtres, si vous dirigez vos traits sur les gens qui vous seront désignés ; sinon, procès sans fin, prison, amendes : clioisissez I - Gillray mit dès lors son crayon au service de ceux qui le payaient. Il lut échappa cependant parfois des caprices d'opposition ; un jour, sons I les traits d'un amateur regardant une miniature, il montra Georges III attachant son œil hagard et effaré sur un petit portrait de Cromwell. N'oublions pas que c'était en 1793 , lorsque les théories républicaines répandaient l'elTroi autour de tous les monarques. Il fallut doubler la |iension de Gillray pour qu'il ne se permit plus de semblables incartades. Il fit d'ailleurs un assez mauvais emploi de cet argent, s'abandonnant à l'intempérance et à de fâcheux écarU de conduite. Six ans avant sa mort, survenue en 1815, il avait perdu la raison. L'aristocratie, les gens à la mode , les gens en place, tout ce qui fit du bruit de 1780 à 1804 se retrouve dans les caricatures de notre artiste, ébauches à peine indiquées, coups de crayon vigoureux toutefois, d'où jaillit une verve a mère et inépuisable. Pilt, Fox, Sberidan, ErsVine, reviennent souvent dans ces croquis énergiques. Gillray, nous l'avons dit , ne respecta pas toujours le roi ; il lui advint , pour se moquer de la parcimonie qui régnait à la cour, de représenter Georges III apprêtant lui-même des légumes de l'espèce la plus infime, tandis que ta reine fait griller des harengs, ou bien recommandant à ses enfanta de servir à déjeuner. Sous l'inspiration des subsides ministériels, il soutint une guerre acharnée contre le chef dn gouvernement français. Il montra un jour Napoléon sous les traits d'un boulanger mettant au four, sur une large pelle, une fournée de rois ; par terre est un panier rempli de petits rois corses en pain d'épice, et Talleyrand , les manches retroussées, pétrit la pâte dont on va confectionner d'autres souverains.

Gillray, ainsi que les caricaturiste* de ta vieille roche, frappait fort, ne reculant pas devant l'indécence , cherchant du neuf et l'exprimant crûment. Son œuvre se compose de plus de huit cents pièces. Elle fut publiée après sa mort sous ce titre : The Carricatures of Gillray, wUh historical and pointent illustrations (Londres, 181&-1826). Il en a été reproduit à Londres, en 1830, un choix assez bien fait en deux volumes in-folio. G. BftIHWf.

GIL POLO (Gaspard), poète espagnol, né à Valence, dans la première moitié du seizième siècle, fut d'abord employé au greffe de sa ville natale. Mais sa rare liabileté ne tarda pas a le faire connaître du roi Philippe II , qui en 1 &72 le nomma vice-président de la cour des comptes du royaume de Valence, et qui en i»80 l'envoya à Barcelone pour y

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