GIRARDIN — GIRARDON
prince de Joinville pour les élections a la présidence do la république qui devaient avoir lieu en mal 1852.
M. Emile Girardin fut un des représentants do peuple que le nouveau pouvoir crut devoir momentanément éloigner de France, à la suite du coup d'Étal du 2 décemb rn
1851 ; mais dès le mois de février suivant il revenait à Paris et y reprenait la direction de son journal. LeSiècle, devenu depuis 1849 le concurrent de La Presse, ne continuait-il pas à paraître comme s'il n'y avait eu rien de changé en Franco ? Pourquoi donc M. Émile Girardin se serait-il montré plus scrupuleux , et pour mériter les suffrages de quelques exaltés montagnards, qui en partent fort à leur aise , eût-il de gaieté de cœur renoncé à un commerce valant cent bonnes mille livres de rente? Grâce au monopole et au privilège plus inèbranlablemcnt constitués que jamais, La Presse est toujours un dos journaux les plus répandus de France , et il n'y a pas d'exagération à évaluer le nombre de ses lecteurs à plus de 500,000. C'est toute une armée; armée dévouée, patiente, intelligente, comprenant jusqu'au silence même. Avec un tel levier, que ne peut-on pas encore attendre, à un moment donné, d'un homme doué en affaires de tant d'esprit d'initiative et de résolution ?
L'ancien représentant du Bas-Rhin, grand '-croix de Tordre de Charles III, est décoré de la Légion d'Honneur et chevalier d'un grand nombre d'ordres étrangers.
GIRARDIN (M" Ému) , connue avant son mariage sous le nom de Delphine G*t, est née au commencement de ce siècle, à Aix4a-Cbnpeue, où son père était receveur général. Elle débuta de bonne heure dans la carrière poétique. Son talent précoce et sa beauté, tout contribua à exciter l'enthousiasme pour ses poèmes religieux et nationaux. En 1822 elle remporta un prix à l'Académie Française, et elle alla ensuite voyager avec sa mère, madame Sophie Gay. M*** Émile Girardin a chanté dans de beaux vers toutes les gloire» de la France; aussi n'at-clle pas liésité à prendre ellc-iuéiuc le titre de Muse de la patrie, que lui ont malignement reproché certains critiques, qui précédemment pourtant lui avaient pardonné de se féliciter en vers harmonieux du bonheur d'être belle. En 1825, le roi Charles X, à l'occasion d'un poème qu'elle avait composé sur le sacre, lui accorda une pension sur sa cassette. En 1831 elle épousa H. Émile Girardin, qui déjà avait acquis une certaine notoriété dans la presse, et qui depuis est parvenu à jouer un rôle si considérable en politique. La grande et juste réputation dont M me Émile Girardin jouit depuis longtemps dans notre littérature contemporaine a surtout pour bases ses nombreuses poésies, qui ont été réunies et publiées sous le titre de Poésies complètes. Pendant longtemps elle a rédigé dans le journal de sou mari un feuilleton I hebdomadaire, qu'elle signait du pseudonyme de Vicomte Delaunay, et qui fut pour, beaucoup dans le succès de La Presse. On a d'elle quelques romans ingénieux et des recueils de nouvelles , écrits avec un grand charme , parmi lesquels on remarque Le Lorgnon et La Canne de M. de Balzac. Elle a aus.-i abordé la scène et fait représenter au Théâtre- Français deux tragédies : Judith et Cléopdire, quelques comédies, entre lesquelles on cite V École des Journalistes et La Joie/ait peur; et tout récemment ( 1855), au Gymnase, Le Chapeau de l'Horloger, qui a obtenu un succès de fou rire, après le succès de larmes de la pièce précédente.
GIRARDON ( Fuançois ). Cet habile statuaire naquit à Troyes, en 1630. Son père, fondeur de profession, ne croyait pas la carrière des arts aussi lucrative que celle des affaires ; aussi le destinait-il à devenir procureur ; mais l'antipathie que le jeune Girardon montra pour la chicane engagea le père à céder aux instances de son fils , qui fut alors placé cbex une espèce de menuisier sculpteur, à qui on recommanda d'employer son élève aux travaux les plus pénibles et les plus désagréables , afin de parvenir à le dégoûter ; mais il en (ut tout autrement. Le maître fut si content du talent du jeune homme, qu'il finit par obtenir du père la permission de le laisser suivre la carrière des arts.
GIBARDON
Giranlon s'inspira en voyant dans le* élises de Troyes les travaux qu'y avaient exécuta on Champenois nommé Gentil et Dominique, sculpteur florentin, amené en France par Rasot. Le chancelier Seguier, ayant eu occasion de voir le« travaux de Girardon, l'envoya à Rome à ses frais, et la il gagna l'amitié et la protection do peintre Charles Lebrun. Lors de son arrivée à Paris, il fit pour les Capucins de la rue Saint* Honoré denx statues de grandeur naturelle, et |K>ur le roi un groupe, en marbre, de sept ligures, dont six font partie du même btoc ; il représente Apollon chez Thétis , et se voit à Tenailles dans un rocher factice qui orne l'un de* bosquets du jardin. Le groupe de Pfutoo enlevant Proserpine fut aussi placé à Versailles, ainsi que l'Hiver. Girardon fit plus tard la statue équestre de Louis XIV en bronze sur la place Vendôme, le mausolée du cardinal de Richelieu à la Sorbonnc, et celui de Louvois aux Capucines. A prou avoir exécuté de nombreux travaux, Giranlon mourut à Paris, en 1715. Dvchkshb aîné.
GIRARD ROUSSIN. Voyet Cabaret ( Botanique ).
GIRASOL, un des noms vulgaires de l'opale. On appelle girasol oriental une variété du corindon.
GIRATOIRE (Mouvement). Cette expression, qui désigne un mouvement de rotation (de yOe;, tour, cercle, mouvement circulaire), est surtout employée en physiologie végétale. Certaines plantes offrent en effet un tel mouvement dans le suc nutritif que renferment les utricules de leur tissu cellulaire. Les plantes sur lesquelles on peut le plus facilement faire cette observation sont celles do genre chara, vulgairement lustre d'eau; c'est sur elfe) qu'elle fut faîte potrr la première fois par Ronaventura Corti. On sai t que la tige des chara est formée d'un tube central entouré d'une sorte d'étui composé de tubes phis petits réunis entre eux. Chacun de ces tubes est un cylindre dont la paroi est formée d'une membrane simple, incolore, et dont la cavité ne présente ni cloison ni diaphragme. Leur surface interne est tapissée de granules verù, d'une grosseur trèsuniforme, disposés en séries longitudinales , parfaitement parallèles. Ces séries couvrent toute la surface interne du tobe, à l'exception de deux bandes qui leur sont parallèles, et qui sont complètement dépourvues de granules.
Si l'on isole un des tubes dont nous venons de parler, et qu'on le soumette à l'action d'un bon microscope avec une lumière suffisante, on peut alors parfaRemeut constater qu'il y a un courant continu descendant le long d'une des parois couvertes de séries de granules, et remontant en sens inverse le long de la paroi opposée, après avoir passe: d'une paroi à l'autre le long des bouta du tube qui correspondent aux articulations de la tige. L'immobilité la phis complète règne dans les deux bandes dépourvues de granules. Si un granule flottant y est porté accidentellement, il reste stationnaire, ou, se rapprochant insensiblement de l'un des deux courants, il est bientôt entraîné par lui.
M. Amlci attribuait ces phénomènes à une action électrique ; MM. Becquerel et Dutrocbet ont démontré qu'il n'en pouvait être ainsi. L'examen de la question a été repris por M. Donné, et ses observations personnelles l'on conduit a comparer les granules des chara aux spores doués de mouvementsspontanésdes conferves. Il en a conclu que c'est plutôt l«r une contraction successive des diverses parties de ces granules, par on changement de fornve, analogue à une sorte de mouvement péristalliqoe, que le fluide ambiant ou le granule lui-même, est mis en mouvement. E. Merliccx.
GIRAUD (Jr.*N, comte), célèbre auteur dramatique italien, né à Rome, en 1776, «l'une famille d'origine française, fut élevé ROiis les yeux d'un père d'une sévérité outrée et d'une dévotion monastique. Une semblable éducation eût desséché dans leur germe ses heureuses dépositions, si l'indulgence de son précepteur, en lui permettant de lireGoldoni, n'avait 'veillé son penchant pour le théâtre.
Ne pouvant approcher d'aucun théâtre, Giraud s'en dédommageait en donnant, au logis paternel, des représentations : les acteurs n'étaient quedes marionnettes; mais Gi-
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raud et ses trois frères leur servaient ifuiterpretes. Celui-ci charmait surtout l'auditoire, composé exclusivement d'ecclésiastiques et d'amis de la maison. Les éloges dont il était l'objet l'encouragèrent si bien, qu'il se mit à compose: des tragédies. A seize ans, ayant perdu sod père, il embrasai la profession des armes, et se livra a tous les plaisirs dont il avait été sevré. Il fréquenta surtout assidûment le théâtre, et finit par se consacrer entièrement à la littérature dramatique. Sa première pièce, L'Ont» ta non si vince, fut représentée à Venise; l'auteur avait vingt-six ans. Elle réussit, malgré l'étourderie d'un acteur qui , ayant à dire qu'on venait de l'éveiller en sursaut au milieu de la nuit, et qu'il avait quitté son lit en tonte bâte, se présenta au public dans une toilette des plus recherchées. Malgré cette bévue, l'œuvre arriva a bon port et fut représentée à Bologne et à Ferrare. Nommé en 1»09 par Napoléon inspecteur général des théâtres de l'Italie, il alla, après les événements de 1814, se fixer en Toscane, où il s'enrichit dans le commerce. Il ne s'abandonna pas moins pour cela à sa vocation, et composa un grand nombre de comédies, qui furent presque toutes accueillies avec laveur. Bientôt sa renommée se repandit dans toute l'Italie, el pénétra même en France, où l'une de ses productions les plus amusantes, L'Aio net imoaraw ( le Précepteur dans rembarras ) , arrangée pour notre scène, a popularisé son nom parmi nous. R faut cependant avouer que ses caractères sont souvent forcé», ainsi que ses dénouements. Le premier de ces défauts est surtout remarquable dans L'Inamorato al tormento. Quoi qu'il en soit, son répertoire offre une lecture aussi variée qu'attachante ; il intéresse et fait souvent rire. Le comlo Giraud est mort en 1834, laissant un assez grand nombre d'ouvrages inédits. S&iNT-PnospcH jeune.
GIRAUD ( Jeah-Baptistb), sculpteur distingué, membre de l'ancienne Académie de Peinture et de Sculpture, mort le 1 3 février I MO , dans un domaine qu'il possédait près de Nangis, était né à Aix en Provence, en 1752. Un oncle maternel, riche négociant, se chargea de son avenir, et voulut le mettre à même de lui succéder dans la direction de sa maison de commerce ; mai à bientôt, frappé des rares dispositions qu'il annonçait pour les arts du dessin , il tint à honneur de ne pas contrarier une vocation vraie, l'envoya se perfectionner en Italie par l'étude réfléchie des chefs-d'œuvre de l'antiquité, en lui promettant de lui léguer toute sa fortune a'U parvenait a l'Académie. Giraud n'avait certes pis besoin d'un motif intéressé pour se livrer avec ardeur à la colline de l'art; en 1789 les porte* de l'Académie s'ouvraient devant lui, et il obtenait le titre tant envié pour lui par son généreux protecteur, en récompense de diverses statue* dans lesquelles brille une connaissance approfondie de lanatomie et revit en quelque sorte l'art antique. Nous nous contenterons de citer de lui un Mercure, dont le marbre est aujourd'hui en Angleterre, un Achille mourant, dont il fit présent À sa ville natale, un Baigneur endormi et un Soldat laboureur. Fidèle a sa promesse, son oncle lui légua en totalité sa grande fortune. Giraud, alors encore dans la force de l'âge, repartit pour l'Italie, et il y resta pendant huit années consécutives, résidant tantôt à Florence, tantôt à Rome, ou à Naples, taisant mouler à grands frais, dans ces diverses capitales et sous scs yeux, les monuments les- plus précieux de l'art antique, dont il expédia les plâtres à Paria. Il ne consacra pas moins de 200,000 francs à cette oeuvre si digne d'un | véritable ami de l'art; et cette collection unique orna le ! bel hôtel qu'il possédait place Vendéme , transformé ainsi | en un véritable musée, dont il mettait généreusement le* trésors h la disposition des artistes. Giraud a lourni les notes et les idées techniques I l'auteur de l'excellent ouvrage : intitulé : Recherches sur l'art statuaire chez les Grecs. GIRAUD (PiKnae-l'aANÇois-GHicoiRC )t né le 19 mars 1783, au Luc (Var), sculpteur distingué, avait été d'abord ' destiné au commerce, comme son homonyme et compatriote, puis s'éloil senti entraîné vers la culture des arts par une