FRONTON
très l'avoir consulté sur une affaire. On peut conclure de ce passage qull était jurisconsulte, ce que prouve d'ailleurs le soin qull apporte, dans son Traité des Aqueducs, a citer les senatus- consulta» relatifs à son snjet. Il résulte d'une épigramme de Martial qu'il Ait deux fois consul, et l'on a Heu de penser que son second consulat se rapporte a l'an A7, car immédiatement il eut la direction des eaux, nomination qui lui arriva, comme il le dit lui-même, sous Nerva ; mais il n'acheva son Traité sur les Aqueducs qu'après la mort de ce prince. Frontin était avide d'instruction ; il ne trouvait rien de plus honteux pour un homme supérieur que de se laisser guider par les conseils des subalternes Pline vante aussi sa probité, son désintéressement. 11 mourut dans les premières années du règne de Trajan. P. nu Goi béut.
FRONTISPICE. Par ce mot, formé du latin front t Jrontis, front, et inspicere, voir, regarder, on désigne en architecture la face principale d'un temple, d'un palais, d'un édifice d'utilité publique. Ainsi , le portail d'une église , la porte d'un hôtel de ville, on d'une prison, quand leur décoration a un caractère déterminé, sont des frontispices. Par analogie, on a donné ce nom à la première page d'un livre, représentant par des symboles la nature, l'objet , le résumé des matières dont il traite.
FRONTON (en latin frons xdiftcH). Les deux côtés du toit s'élevant Insensiblement pour se joindre sous un angle obtus dans le faite, forment au-dessus de la façade principale un triangle qu'on appelle le fronton. Chez les an ciens, le fronton était un des principaux ornements des i temples, et celui par lequel on les distinguait particuliè- ! renient : le fronton était essentiel pour donner à ces édifices 1 de la dignité et un extérieur solennel. Les autres monuments I publics avaient rarement celte décoration. On en ornait [ encore moins les habitations des particuliers , qui avaient t ordinairement des toits plats, de sorte qu'elles ne pou- | valent avoir de fronton ; mais lors même que le toit y était en pente, on ne pouvait point y appliquer un fronton décoré d'une corniche, qui l'isolait. Lorsqu'il fut permis k César d'orner sa maison d'un fronton, on regarda celte permission comme un honneur divin. Il fut sans contredit le premier à qui cette permission fut accordée; par la suite les maisons des empereurs et d'autres personnages distingues en furent également décorées.
Le champ triangulaire du fronton portait le nom de tympanum. Ce mot vient peut-être de ce que la peau du tambour dont on se servait dans les mystères était chargée de divers ornements, et qne le champ du fronton, qui ressemble un peu a une peau tendue sur l'ouverture du toit , eu était également couvert. A la façade antérieure du temple, on plaçait quelquefois sur la corniche des statues , des vases et des ornements de feuillage. Pour donner une assiette sure h ces statues placées sur un plan incliné, tel qu'était la corniche qui entourait le fronton, on plaçait sur le sommet du fronton, et à ses deux extrémités , des piédestaux appelés acro tères. Dans les temps les plus anciens, le champ du fronton était sans ornements, comme on le voit encore au temple de P ses tu m, à celui de la Concorde à Agrigente, à celui de Scgeste, et même au temple de Thésée a Athènes. Par la suite, le fronton des grands temples célèbres, surtout de ceux qui furent construits après la guerre des Perses, fut ordinairement orné de bas-reliefs travaillés par les artistes les plus distingués. Les sujets qu'on choisissait avaient le plus souvent quelque rapport au dieu auquel le temple était consacré. Quelquefois on choisissait aussi un sujet pris dans l'histoire de la nation ou dans celle de la ville qui faisait bâtir le temple. On peut citer (tour exemples les frontons du Par thénon, du temple d'Hercule à Thèbcs, du grand temple de Jupiter à Agrigente, du temple de Minerve Aléa à Tégée, du temple d'A|H>llon à Delphes, du temple de Jupiter à Oiympie, du Panthéon de Rome, etc.
A l'époque oh le bon goftt de l'architecture fut altéré par le goût des ornements, on faisait aussi surmonter de frontons les portes et les fenêtres. Le père Laugier veut ab-
sa FRONTON —
s dûment restreindre les frontons aux seuls toit». Vitra ve jurait aussi être de ce sentiment. On a cependant observé, en faveur de l'opinion contraire, qu'on fronton est asseï naturel au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre, lorsqu'on a orné les parties de corniches très saillantes, parce qu'alors le fronton représente le toit de ces ouvertures. 11 faut néanmoins convenir qu'à une laçade dont les fenêtres sont à peu de distance l'une de l'autre, ce grand nombre de frontons fait un mauvais effet, à cause des nombreux angles pointus qu'on y voit de tous cotes. Cet effet des frontons de fenêtres devient encore plus désagréable quand les étages sont séparés par des corniches ; car alors les sommets des frontons sont trop près de ces corniches : ce qui forme encore de nouveaux angles par le point de contact du sommet du fronton avec la corniche de séparation.
On appelle fronton à jour celui dont le tympan est évidé pour donner de la lumière à quelque logement pratiqué par derrière ; fronton brisé, celui dont les corniches rampantes ne se joignent point, mais sont retournées par redants ou ressauts ; fronton double, celui qui en couvre un autre plus petit dans son tympan, comme au gros pavillon du Louvre, où on en a pratiqué trois l'un dans l'autre ; fronton gothique, une espèce de pignon à jour, et orné de moulures de forme triangulaire, renfermant une rose de vitraux, comme on en voit aux portails latéraux de Notre- Dame de Paris ; fronton par enroulement, celui dont les deux corniclies rampantes ne se joignent point, et sont contournées en enroulement, formant des espèces de consoles couchées ; fronton sans base, celui dont la base ou cornicho de niveau est coupée et retournée d'équerre sur des colonnes ou pilastres ; fronton sans retour, celui dont la base n'est pas profilée au bas des corniches rampantes ; fronton surmonté, celui dont la pointe est plus élevée que les bonnes proportions ne le permettent, et qui tient du fronton gothique ; fronton surbaissé, celui dont la pointe est plus tusse qu'elle ne doit être. A.-L. Millin , de l' institut.
Les frontons qui à Paris se font remarquer par leurs sculptures sont ceux de l'église de la Madeleine, de l'église Sainte-Geneviève, du palais du Corps législatif, de la porte orientale du Louvre, etc.
C'est sans doute l'emploi des voûtes, plus particulièrement adoptées dans l'architecture romaine, qui a donné lieu w\ frontons circulaires : on en voit un de ce genre au portail de Saint-Gervais à Paris.
Les figures de ronde bosse ont été quelquefois employées pour la décoration des frontons. Ce système, rarement suivi de nos jours, est cependant dans certains cas d'un bel effet architectural.
FRONTON (MARCtsCoMSxnjsFnoMTo), célèbre orateur, fut un des précepteurs de Marc-Aurèle,a qui il ouvrit les yeux sur le peu de valeur des protestations de ceux qui entourent les grands. Aulu-Gellc et d'autres auteurs vantent son éloquence, son érudition, sa sagesse : dès le temps de l'empereur Adrien, il s'était acquis la réputation d'un des plus habiles légistes de Rome. Marc-Aurèlc lui fit élever une statue par le sénat et le fit subroger consul pour deux mois. Sans adopter les éloges exagérés d'EuménidS,qui met Fronton sur la même ligne que Cicêron, nous reconnaîtrons avec ses contemporains qu'il avait la parole grave, le style élevé, le goût pur, qualités alors négligées depuis longtemps, et dont les exemples étaient à peu près perdus. Aulu-Gelle fréquentait beaucoup Fronton dans sa jeunesse; il dit que sa conversation était nourrie de toutes les bonnes doctrines. Nous n'avons plus un seul de ses ouvrages entier ; nous n'en possédons que des fragments, entres autres de son traité De Dtffercntïis verborum. Quelques auteurs lui ont mal à propos attribué un discours contre tes chrétiens, qui est d'un autre Fronton, de Cyrtha, en Numidie. En ISIS, l'abbé Angelo Maio découvrit dans la bibliothèque ambroisienne quelques morceaux de Fronton qu'il lit imprimer : quoique trèsrestreinte, celte publication justifie le jugement qu'on a porté du mérite de cet auteur. Le même savant publia, a
Rome, en 1823, une correspondance de Fronton avec Marc- Aurèle, qui a été traduite en français en 1830.
P. de Goûtai.
FHOSCHDORF, dont les Français ont fait FrofisdorJ en vertu de cette grâce d'état qui leur permet d'étorctter impunément tous les noms étrangers , appelé d'abord Crottendorf, seigneurie et village de la basse Autriche, avec un magnifique château et un vaste parc, à cinq myriamètrea au sud de Vienne, non loin des frontières de Hongrie, sur la rive droite de la Lutba, appartint, au treizième et au quatorzième siècle, à la famille Crottendorf. En 1350 cette seigneurie fut réunie au comté de Putteu ; puis en 1541 elle lut vendue au baron Teufel , et en 1630 une vente nouvelle eut lieu au profit des comtes de Hoyos. En 1812 Caroline Bonaparte , veuve de Murât, ex-reine de Naplec , qoi prenait lê titre de comtesse de lÀpona ( anagramme de iïapoh j, en fit l'acquisition.
Dans ces dernières années cette seigneurie est devenue la principale résidence de la branche aînée de la maison de Bourbon, depuis qu'en 1S44 la duchesse d'Angoulème y fut venue fixer sa demeure. A la mort de cette princesse, son neveu le comte de Chambord en prit possession : il y passe aujourd'hui la plus grande partie de l'année, et a beaucoup embelli les vastes appartements du château.
KROMXO \ E , l'ancien Frusino du pays des Volsque», chef-lieu de la délégation du même nom dans les Etals de l'Eglise, qui, avec l'enclave napolitaine de Pontecorvo qu'elle renferme, comprend une superficie de 4.3 inyriaroétres carrés avec 142,000 habitants. Cette ville , au total sale et nul bâtie, t'-st située sur la grande route de Naples, sur une hauteur dominant une petite rivière appelée Cota, et compte 7,000 habitants.
FROTTEMENT. Si les corps n'avaient pas de pores, et si leurs surfaces étaient parfaitement polies, le moindre petit effort suffirait pour déplacer une masse d'un poids quelconque qui reposerait sur une surface plane; il en est bien autrement : tous les corps sont plus ou moins poreux , et quelque bien polis qu'ils soient, leurs surfaces ont toujours des aspérités , de sorte que deux corps qui glissent l'uu sur l'autre s'accrochent réciproquement. Cet obstacle, que la force motrice doit vaincre à son détriment, s'appelle frottement.
Le frottement est produit de plusieurs manières différentes : 1* par les corps qui glissent sur une surface, comme un traîneau sur la neige, une route : le frottement produit de cette manière est, toutes choses égales d'ailleurs, le plu* considérable, parce que le fardeau qui est ainsi traîné doit abattre les aspérités qui l'arrêtent, ou être soulevé pour les surmonter; 2° lorsque le corps en mouvement est supporté par des pivots cylindriques , la résistance produite par le frottement est beaucoup moindre que dans le mouvement recliligne : ainsi, par exemple, un seul homme suffit pour mettre en volée une cloche du poids de plusieurs milliers ; 3U dans le transport de la plupart des fardeaux, on diminue le frottement en les soutenant sur des cylindres ou des sphères : c'est cet office que remplissent les roues des voitures, les rouleaux qu'on place successivement sous les blocs de pierre, les grosses pièces de charpente que l'on conduit à de petites distances ; dans ce système, les roues en tournant se dégagent des aspérités qu'elles rencontrent sur la voie, comme ferait une roue dentée qui tournerait sur une crémaillère; 4° afin de produire le moins de frottement possible, les mécaniciens font souvent tourner les pivots des arbres de certaines roues sur des galets •• ce sont de petits disques qui tournent eux-mêmes sur des pivots.
Quel que soit le système de mouvement qu'on adopte, on atténuera les effets du frottement par le poli, ou bien en bouchant les pores, les creux des surfaces frottantes , avec des graisses, des huiles , de la cire, etc. Le frottement offre moins de résistance lorsque les surfaces en contact sont de nature différente : ainsi, un pivot de fer tournera avec plus de facilité sur un coussinet de cuivre que sur un i»ar«'