‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 270 sur 614 · GIRODET · texte numérisé non relu

GIRODET

temjx à Vents*, oh les événements le jetèrent. La tempête grondait de toute» parts; il se réfugia obscurément dans les monts KiTgnneens. Abauo lui fournit des esquisses charmantes. Il y fut découvert et arrêté.

Fendu à la liberté, Glrodct parcourut, on royageur attentif et enthousiaste, les chaînes alpestres qui séparent l'État de Venise de la Carinthie; il revint ensuite à Paris, en traversant Florence et Gènes. H tomba malade dans cette dernière vîrle. Gros, qui s'y trouvait, le soigna comme un frère ; ses «ourses et ses travaux a Rome et a flapies avaient duré cinq ans. A Paris, Girodet reçut un logement au Louvre, et s'y établit. Pendant les trois années qui suivirent son retour, Il ne fit que des recherches, des études, des ébauches et des portraits. Pourtant sa réserve It dire à ses rivaux que le peintre avait donné l'idée de sa force par sa figure d'étude, qui était Bndymion. Ces assertions furent démenties par l'exécution du superbe tableau A'Ossian. Il peignit ensuite un délicieux tableau de Danaé, et quatre autres, où sont représentées Les Saisons : il fit une seconde Danaé, qui ne fut plus un simple tableau, mais une satire amere et puissante. H y a dans le tableau de Fingal beau* coup de verve et des beautés difficiles; quelques parties même y enlèvent les suffrages par des choses finies, délicates, énergiques et bien harmoniées. Cest a Gênes, dans sa convalescence, qu'il avait conçu l'ébauche de cette Scène du déluge, qui mérite l'admiration. Il mit quatre années à préparer et à exécuter ce tableau : c'est un pur et consciencieux chef-d'œuvre. Il exposa au salon de 180«. En 1808 Il fit paraître les Funérailles d'Atala. Le public reçut encore de lui V Empereur au moment d'entrer dans Vienne. La Révolte du Caire vit le jour deux ans après.

Lorsqu'on songea à ces prix décennaux ( 1809 ) qui ne furent point distribués, le tableau du Déluge fut désigné pour le grand prix. Après tous ces travaux, Girodet se sentit épuisé, et se trouva dans l'impossibilité de les poursuivre; ne pouvant définitivement recouvrer la santé, il s'imposa le repos- I>e ISIO à 1822, il n'a plus repris aucune de ces créations qui demandent tant d'études et d'efforts. En 1812, il mit au salon une Tête de Vierge, qui est un des diamants de la peinture. En 1819, Galatée lut achevée cl exposée dans son atelier : ce fut son dernier grand tribut. Il ne fit plus que des dessins, quelques esquisses parfaitement étudiées, et quelque* portraits qu'il travailla longtemps, entre autres ceux de Cathelineau, Bonchamp, Merlin de Douay et M** Reizet. Ces ouvrages consumèrent ses dernières forces; il ne put aller plus loin, et sa longue maladie prit tout a coup un caractère alarmant : il vit venir sa fin, et se résigna. Pourtant il voulut dire adieu au Un Aire des travaux qui avaient rempli d'illusions et de tourments ses Jours et ses nuits; sur son désir, on le porta dans son atelier; il y toucha en tremblant ses dernières toiles, et ramena sous ses yeux presque éteints ses plus récentes ébauches. Après avoir contemplé ces objets avec l'émotion d'une éternelle séparation, il s'écria : « Adieu, je ne vous reverrai plus ». Il mourut le 19 décembre 1824. Les esquisses, ébauches et dessins qu'il laissait étaient fort nombreux.

Après sa mort on publia les vers inédits qu'il avait laissés. ILs occupèrent quelques moments le public, surtout son poème du Peintre, qui a des beautés sages et élégantes, et ses traductions d'Anacréon, de Musée, de Lucain. Ces essais sont excellents, mais un peu laborieux; le feu d'une première originalité leur manque. Pourtant Girodet a traduit avec de la verve et de l'harmonie le poème de Héro et Léandre. Sa correspondance montre la haute culture, la netteté rapide, la politesse de son esprit.

Frédéric Fayot.

GIROFLE ou GÉROFLE ( Clous de ). On désigne sous ce nom les fleurs non encore épanouies Au giroflier. Cest ordinairement aux mois de septembre et d'octobre qu'a lieu la récolte ; elle se fait soit avec la main , soit en abattant a\ec des roseaux les girofles qui tombent sur des toiles que l'on aeo soin d étendre au pied de l'arbre. Apris celte pre-

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mière opération , on ecoefTIe les clous et on les fait sécher en les exposant au soleil. Tels que le commerce nous les livre, les clous de girofle offrent une tête renflée formée par les pétales non encore développés, et bordée par les divisions calicinales. On connaît quatre espèces de girofles, qui toutes proviennent du cargophillus aromaticus , L.,etnc diffèrent que par leur mode de préparation ou les influences climatériqnes sons lesquelles elles se sont développes; deux seulement sont intéressantes : ce sont les girofles anglais et les girofles de Cayenne. Les premiers sont les plus estimés; il* viennent des Moluques, et ont reçu la dénomination de girofles anglais parce que c'est la Compagnie anglaise des Indes qui en fait le commerce; ils sont gros, obtus, pesant* , d'un noir huileux à la surface , d'une saveur âcre et brûlante. Leur couleur noire a fait présumer à quelques personnes qu'on avait l'habitude de les faire sécher en les exposant à la fumée. Cette opinion est peu probable ; car un te) mode opératoire serait plus nuisible qu'utile aux propriétés aromatiques du girofle. La seconde espèce est le girofle de Cayenne; il est plus grêle, plus aigu, plus sec, moins noir et moins aromatique que le girofle des Moluques. Les deux autres espèces sont les girofles de rile Bourbon, puis les girofles hollandais.

Soumis a la distillation avec de l'eau chargée de s<l marin , afin de retarder son point d'ébullition, le girofle donne une huile volatile plus pesante que l'eau : c'est a cette huile volatile qu'il doit sa propriété aromatique et sa saveur Acre et brûlante. L'huile essentielle de girofle donne une couleur rouge par l'acide nitrique; elle partage cette propriété avec la morphine et la hrucine : aussi cette considération est-elle du plus haut intérêt en médecine légale. L'analyse des clous de girofle a fourni à Tromsdorff, sur 1,000 parties, 180 d'huile volatile, 170 de tannin, 170 dégomme, 130 de résine, 60 de fibre végétale, 280 d'eau , perle 10. MM. Laudibert et Bonastre ont trouvé dans le girofle des Molinpies seulement une substance blanche cristalline de nature particulière, à laquelle le dernier de ces chimMes a donne le nom de caryophilline. L'eau dktillée de girofle laisse déposer an bout de quelque temps une matière qui apparaît sous forme de lames minces, blanches et nacrées M. Persoz, qui l'a découverte, lui a donné le nom à'eugénine. On croit aussi avoir rencontré dans celte eau distillée de l'acide benioiquc , mais le fait n'est pas encore positif.

Le girofle est employé on médecine comme excitant : on administre soit sa poudre, soit son huile essentielle; dans quelques cas, celle dernière sert a calmer, par une espèce de cautérisation , les douleurs causées par une dent cariée. L'art culinaire fait une grande consommation du girofle, ordinairement on l'associe à des viandes noire* et lourdes, afin de faciliter par une stimulation vive la digestion , qui serait trop laborieuse. L'essence de girofle, mélangée a d'autres huiles volatiles , est fréquemment employée comme parfum. Les fruits du giroflier, appelés anthofles , sont, à Pétat frais, confits dans du sucre, et servent, après le repas , k faciliter la digestion. De même que les fleurs, les feuilles, Pécoree, les pédoncules, et surtout le calice, renferment une grande quantité d'huile volatile. On désigne sous le nom de griffes de girofles les pédoncules brisés ; leur prix moins élevé que celui des girofles, les fait employer de préférence pour préparer l'huile essentielle.

Bt LFIF.lO-LcrtVBE.

GIROFLÉE, genre de plantes de la famille des crucifères, ayaut pour caractères : Silique cylindrique ou comprimée ; stigmate bilobé ou en tête; calice bigibbéux à la base ; graines unisériées, ovales et comprimées.

La giroflée jaune, {cheiranthus cheir, Linné) ou violicr, commune dans toute l'Eoropc jusqu'au 50e degré de latitude, croit sur les rochers et les vieux murs. C'est la seule espèce indigène que De Candolle ait laissée dans le genre cheiranthus. Il range les autres dans le genre matthiola, qui s'en distingue par des stigmates connivents et par des graines entocréos d'un rebord membraneux. On cultive dans

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