GOUVERNEMENT PROVISOIRE — GOUVERNEUR
Le gouvernement provisoire constitué créa un nouveau ministère , mit le pape en liberté, changea un certain nombre de fonctionnaires , et adressa au peuple et à l'armée des proclamations , dans lesquelles n'était pas épargné Napoléon , qui n'avait point pourtant encore abdiqué. Le 4, il chargea une commission de la rédaction d'un acte constitutionnel ; la discussion se prolongea jusque dans la nuit du », et, par un décret du A, le Sénat appela au trône Louis XVIII et la famille de Bourbon. 11 promulgua, en outre, une constitution, que le nouveau roi ne devait point accepter. Puis il envoya en Angleterre, \ llartwell, une députation chargée de lui offrir la couronne ; mais déjà deux membres de sa famille avaient pénétré en France, à la suite des étrangers : le duc d'Angouléroe, par les frontières d'Espagne, avec les Anglais, et le comte d'Artois, par la Franche-Comté, avec les Autrichiens. Dès le 12 celui-ci avait fait une entrée solennelle dans Paris, sous le titre de lieutenant général du royaume. Deux jours après le sénat lui déférait, sous le même litre , le gouvernement provisoire de la France , en attendant Louis XVIII
Le second gouvernement provisoire, celui de 1815, suivit de près le désastre de Waterloo et l'abdication de Napoléon en faveur de son fils. Il (ut nommé par les deux chambres des pairs et des représentants. Fouché en avait fait espérer la présidence à La Fayette; mais c'eût été pour lui un témoin incommode : Il ait le talent de l'écarter et de se faire élire à sa place. Il avait aussi promis le commandement de la garde nationale au vétéran de la liberté, et il le fit donner à Masséna, qui ne le demandait point. Les autres membres du gouvernement provisoire turent les représentants C a r n o t et Grenier, et les pairs Caulincourt et Quinettc. Nonobstant la proclamation faite de Napoléon Il par les deux chambres, deux jours après les actes du gouvernement provisoire étaient rendus au nom du peuple français, et nullement au nom du nouvel empereur. Le 24 Juin il envoyait des plénipotentiaires aux souverains alliés traiter des conditions de la paix et réclamer pour la France la liberté de se donner un gouvernement de son choix. Cette démarche échoua, par la trahison de Fouché : on traîna les négociations en longueur, on donna des espérances, mais , en définitive , on n'accorda rien. Une autre ambassade, envoyée le 27 à Wellington et à Illuchcr, n'eut pas plus de succès pour le même motif.
Après le départ de l'empereur, après la retraite forcée de l'armée française derrière la Loire, avec l'appui des baïonnettes étrangères, le rétablissement des Bourbons n'était plus pour Fouché qu'un Jeu d'enfant : il lève le masque, et dépose sur le bureau de la cliarobre des représentants les proclamations de Louis XVII! : A bas les Bourbons! A bas les traitres ! A bas fouché! crie la grande majorité. Le lendemain il a rejoint Wellington, qui le présente, près de Saint-Denis, à Louis XV11I, lequel le choisit pour un de ses ministres. Le 6 juillet les ennemis font leur entrée dans la capitale. Fouché réunit ses collègues du gouvernement provisoire : il leur déclare sans détour que les souverains alliés se sont engagés à replacer Louis XVIII sur le trône, et que ce prince fera le jour suivant son entrée dans Paris. Les membres, s'apercevant qu'ils sont joués par leur président, lui expriment dans les termes les plus durs l'indignation que leur inspire sa perfidie. Le 7 les Prussiens occupent les Tuileries, le Luxembourg et le palais Bourbon. Le gouvernement provisoire , déclarant alors que ses délibérations ne sont plus libres , se sépare , et en instruit la chambre des représentants par un message. Cette assemblée devait prendre le lendemain des mesures de salut public; mais en se rendant au lieu de ses séances, elle le occupé par la landwehr. Ltaivre de trahison était plie.
Le troisième gouvernement provisoire est celui de 1830. Le 20 jilillef , après trois jours de combats dans les rues de Paris, Cliarles X, ouvrant enfin les yeux, révoque les fatales i, et charge le duc de Mortemart de
un nouveau ministère. Il n'était plus temps : U comniétic* municipale , composée de Mauguin , AuJrj de l'tjrsveau , de Schonen et Lobau, rejette les ouvertures de la cour. Un gouvernement provisoire, à la tête duquel est mu le général La Fayette, s'installe à l'hôlel de ville, et ms. premier acte est de rétablir officiellement la garde mtionale. Pendant qu'on délibère sans pouvoir s'entendre, le vieux chef de 1789 et quelques députés vont oÇrir ao du d'Orléans la lieutenance générale du royaume. 11 Leste, puis se décide : Le 30, à dix Iieures dn soir , il retenait <le Neuilly au Palais-Royal. Le 31 il était proclamé à l'bAtd de ville, et le gouvernement provisoire cessait d'exister.
Le quatrième gouvernement provisoire fut relui de rt« Installé à l'hôtel de ville aussitôt après la révolution «le Février, il nomme les ministres , proclame la république, hit les élections, et gouverne jusqu'au moment de la réueioa de l'Assemblée constituante, qui déclare qu'd a N« mérité de la patrie , et le remplace par une coininissioo cit cutive.
GOUVERNE l'R. On a donné ce nom à nn oflkw général qui commande une province ou une place k guerre. On distingue quatre sortes de goumnewri te gouverneurs généraux des provinces et des villes, te gouverneurs des colonies , les gouverneurs partieafe dans les places de guerre, et les gouverneurs de» dunw impériales ou royales.
Les ducs et les comtes qui commandaient dans ks vinces dans les premiers temps de la monarchie (ranpt* sont l'origine de l'emploi de gouverneur. Vers la fin du re?nt de Louis XIV et pendant le règne de Louis XV, la r'nat? se divisait en trente neuf grands gouvernements militaire; sous le règne suivant, ils s'augmentèrent de la Corse et comtat Venaissin. Un décret de l'Assemblée nationale de 1790 en réduisit le nombre à trente-et-un. Les govKnrw avaient été supprimés le 20 février 1791 : on les réUWit dm» les divisions militaires le 21 juin 1814. Déjà sous le cosvsbUI et l'empire on en avait nommé dans les colonies , dans » places et dans les pays conquis. Nos colonies sont eacoK régies par âe* gouverneurs (voyez Coloniale [LégidUMl Le titre de gouverneur des divisions militatres fut detolivement supprimé par ordonnance du 15 novembre itto- Sous le gouvernement monarchique absolu de la Fra*. les pouvoirs des gouverneurs étaient très-élendu* : te" cevaient les mêmes honneurs que les généraux ««»«dant en chef, mais seulement pour leur première entnt in* les villes de leur gouvernement. Skua
Dans une place de guerre, jadis, le gouverneur, en q»^ de réprésentant du roi, commandait non-seulement a lie" nison, mais aussi aux bourgeois. Selon la vieille lactique. I était obligé de soutenir trois assauts avant de se rea*' Dans les provinces, les gouverneurs étaient à la fois p"' verneurs et lieutenants généraux : en qualité de g"*""' ncurs, ils commandaient pour le civil; en qualité detr* tenants généraux ils commandaient le militaire. De M fréquents conflits entre le gouverneur et l'intcndart * province. Avant Louis XIV, les gouverneurs de prou** levaient des troupes et en disposaient arbitraircaesL l* étaient peqtétuels : ce roi les rendit triennaux, ht* ?* verneurs de provinces prêtaient serment de fidélité <*» les mains du roi , qui pouvait les révoquer à Leurs provisions étaient vérifiées au parlement de le province, où ils avaient séance après le premier pré*!** excepté en Dauphiné et en Franche-Comté, où ils le r* cédaient. Les gouverneurs des provinces avaient une o*pagnie de gardes. Ils accompagnaient le roi au pari^ de leur province, toutes les fois qu'il *'y rendait. Lor** monarque voulait faire enregistrer de force un édHp*g* cour souveraine, c'était presque toujours le gouveraenf t* exécutait cet acte d'autorité. t
Outre le» gouverneurs de province , il y avait, avan ■ révolution de 1789, neuf gouverneurs de
Les
l>oint de* gouverneurs des provinces où ces misons étaient situées. Outre les gouverneurs des palais des Tuileries, du Louvre et du Luxembourg, il y avait neuf gouverneurs de maisons royales : Versailles et Marly, Saint-Germain-en- Laje, Compiègne, Fontainebleau, Chamhord, Blois, Meudon, Vincennes et Montceau. L'hotel royal des Invalides avait et a encore un, gouverneur. On connaît le sort funeste du marquis de Launay, capitaine gouverneur de la Bastille. La Bastille n'est plus, mais, dans ce siècle où l'argent est estimé si haut, la Banque de France a son gouverneur, ainsi que la Société du crédit foncier.
N'oublions pas une dernière acception du root gouverneur. Test celle qui s'applique à l'homme qu'on charge de surveiller l'éducation d'un Jeune seigneur, d'un jeune prince. Le maréchal duc de Villeroi était gouverneur de Louis XV enfant, comme son père l'avait été de Louis XIV. Montausier remplit les mêmes fonctions près du grand-dauphin, et Beauvilliers près du duc de Bourgogne. L'Assembla législative voulut donner un gouverneur au fils de Louis XVI. Parmi les candidats proposés, nous citerons Berquin, Coodorcet, Bernardin de Saint-Pierre. Le duc de Bordeaux eut successivement pour gouverneurs Matthieu de Montmorency et le duc de Rivière , qui moururent dans l'espace de deux annéts. Les fils de Louis-Philippe n'eurent point de gouverneurs, mais des précepteurs. Au-dessous du gouverneur des princes était, sous l'ancien régime, un tous-gouverneur.
Les pages des rois de France, comme ceux de Napoléon, ivaient un gouverneur et un sous-gouverneur.
Charles Du Rozoïn.
GOUVION SAINT-CYR (Laurent), pair et maréchal le France, né àToul, le 13 avril ITOï, d'une famille peu aisée, pii le destinait à l'école d'artillerie de cette ville, préféra iller étudier la peinture a Rome, où il arriva en 1782. Il y passa quatre années, pendant lesquelles il visita unegrande partie de l'Italie et fit une excursion en Sicile. De retour à Paris, il y fréquentait l'atelier du peintre Brunei , quand l'envie lui prit de s'enrôler, en septembre 1792, dans le Ie' bataillon de chasseurs volontaires de cette capitale, qui se endait à l'armée du Rhin. Élu capitaine par ses camarades, I fut, lors du licenciement de ce corps, placé dans la ligne ivcc les autres officiers. Custine le rencontra dessinant les Méritions des Prussiens, et le soir il était adjoint à l'étatiiajor, où il se faisait estimer par ses talents et ses servi- «s. En septembre 1793, une division ennemie étant parvenue à séparer l'armée delà Moselle de celle du Rhin et à nenacer \S eissembourg, Gouvion, chargé par lesreprésenantsdu peuple de diriger, avec le Ulre de chef d'état-inajor, e général Férey, reprit le camp de Nothweilcr. Hoche, près luquel il lut ensuite détaché, le nomma, le 9 janvier 1794 , idju lant général, chef de brigade. Le S juin il était général le brigade, et le 14 général de division. En cette qualité, I dirigea les opérations qui refoulèrent l'armée prussienne ur Mayence. En octobre 1795, dans l'affaire des lignes de etlc place , il sauva les divisions du centre et de la gauche lu désastre de la droite, et rallia les troupes.
Pendant la campagne de 1796, il se signala à la téle du x»ntrc de l'armée du Rhin sous les ordres de Moreau, dédoya une rare capacité au passage du Knubis , aux comwt* de Rothenzohl , Stuttgard , Freysing , Neubourg , et agru seul la belle bataille de Biberach, qui couronna celle ampagne. Durant l'hiver, il partagea avec Desaix la gloire le la défense de Kehl, et commanda l'aile gauche, l'année uivante , pendant les courtes opérations que vint arrêter 'armistice de Léoben. Moreau ayant été éloigné du «mmandement par sa conduite douteuse , et Hoche lui yant succédé, Saint-Cyr le remplaça, quand un crime eut ►rivé la France du héros de la Vendée. A la suite delà paix le Campo-Formio, il fut chargé de réunir à la république le canton dePorentruy, qui devint la base du département du Mnnl-Tcrrible. 11 eut ensuite le commandement de l'armée de Rome. Ayant voulu foire restituer par les
GOUVERNEUR — GOUVION SAINT-CYR 4u
commissaires du Directoire un ostensoir de 4oo,ooo Francs qu'ils avaient dérobé a la famille Doria, il fut destitué; mais ce gouvernement corrompu eut lui-même tellement honte de son injustice, qu'au commencement de 1799, Gouvion était renvoyé à l'armée du Rhin, dont il commandait la gauche sous les ordres de Joo rdan ; il , passait ensu ite sous ceux de Moreau à Tannée d'Italie, dont il dirigeait la droite à la bataille de Novi, défendait Gènes et son littoral, remportait de brillants succès à Bosco et à Albaro, cl retenait sous les drapeaux une armée exaspérée par le dénuement et les dilapidations.
Au commencement de 1800, il passa, sur la demande de Moreau, à l'armée du Rhin, gagna la seconde bataille de Biberach, mais, ne pouvant s'entendre avec un chef jaloux de sa gloire, demanda son rappel et entra au conseil d'État. L'année suivante, il fut envoyé en Espagne, pour diriger les opérations du corps de Lederc, et y resta en qualité d'ambassadeur. En 1803, il fut mis à la tête du corp. franco-italien qui devait occuper la Pouille, Tarenie, Otrante, et fit prisonnière, en 1805, une division autrichienne de 8,ooo hommes, commandée par un prince de Rohan, qui menaçait de détruire nos magasins dans l'Italie central j.
Il fit la compagne de Prusse et de Pologne en 1807, et fut nommé gouverneur de Varsovie. En 1808, il reçut le commandement de l'armée de Catalogne, où il se distingua dans plusieurs rencontres. Apprenant, en 1809, qu'il était remplacé parAugereau.il quitta l'armée, sans l'attendre , fut mis aux arrêts dans sa propriété à son arrivée a Paris, et y resta jusqu'au 14 avril 1811, où il reçut le commandement d'un corps bavarois. Ayant été blessé le 16 août, ainsi que le maréchal Oudinot, a la bataille de Polotxk, et ce dernier ayant dû quitter l'armée, Saint-Cyr, réunissant les deux corps, remporta, le 18 août, sur les Russes, une victoire qui lui valut le bâton de maréchal. Vainqueur de nouveau à la seconde bataille de Polotzk, il ne put retirer d'autre avantage de celte bonne fortune que celui d'assurer sa retraite. Mais, grièvement blessé, il dut se retirer sur les derrières de l'armée et résigner son commandement.
A peine rétabli, il prit, au commencement de 1813, celui du onzième corps sous les ordres du prince Eugène. Le typhus, dont il (ut atteint, le mit hors de combat jusqu'au mois de mai. Après la rupture de l'armistice, l'empereur lui confia le commandement du quatorzième corps, qui formait la réserve. Les fortifications dont il entoura Dresde préparèrent les victoires des 26 et 27 aoftt. Na|M>léon en octobre ayant réuni toutes ses forces pour une dernière tentative, qui échoua devant Leipzig, laissa dans Dresde Saint-Cyr, qui battit l'armée russe de Tolstoy par laquelle il était bloqué. Il fut pourtant contraint dé signer une capitulation honorable, dont les clauses furent violées, au mépris du droit des gens, et se vit retenu prisonnier avec ses troupes. D'un autre côté, la factiou des valets de l'empire l'accusait d'avoir capitulé sans nécessité. Heureusement l'ordre de Napoléon qui lui donnait carte blanche, et qui avait été intercepté par l'ennemi, est connu aujourd'hui.
Rentré en France après la paix, le maréchal Gouvion Saint- Cyr setint éloigné de tous les emplois jusqu'à la catastrophe de 1815. Au conseil des officiers généraux à la Villelte, il insista vainement pour qu'on profitât du faux mouvement de Blucher sur la rive gauche de la Seine. Le 8 juillet, Louis XVIII lui confia le portefeuille de la guerre. Son premier soin lut de poser les bases de l'organisation d'une nouvelle armée, en remplacement de celle que les Bourbons avaient licenciée. Ce premier ministère de Saint-Cyr fut court ; le traité du 20 novembre lui paraissant blesser l'honneur de la France, il refusa , avec ses collègues, d'y apposer sa signature, et donna sa démission. Le roi le nomma membre de son conseil privé, gouverneur de la cinquième division militaire et pair de France avec le titre de marquis. Devenu ministre delà marine en 1817, il reprit le portefeuille de la guerre le 12 septembre 1819 . On doit
G0UV10ÏN SA1NT-CYR — GOYA
à son administration la loi du recrutement, les dispositions relatives à l'avancement et aux pensions de retraite, l'institution des vétérans, etc. La marche du gouvernement le força de nouveau à donner sa démission, en novembre, et à rentrer dans la vie civile , pour n'en phis sortir.
11 mourut à Hyères ( Var), le 17 mars 1830; il avait été frappé d'apoplexie le 12. Il a laissé un Journal des Opé rations de Formé* de Catalogne en 1808 et 1809 ( 1 vol. ln-8°, avec atlas, Paris, l»2l ) ; des mémoires sur les Campagnes des armées du Rhin et de Rhin et Moselle (4 vol. tn-8°, avec atlas, Paris, 1829) et des Mémoires pour servir à r histoire militaire sous le Directoire, le Consulat et r Empire, dans lesquels la mort qui vint le surprendre le força de laisser des lacunes ( 4 vol., grand in-8", avec atlas ; Paris, 1831). Eug. G. de Mosclwe.
GOWER, vieux poète anglais, issu d'une fort ancienne famille, remontant, suivant toute apparence, à Allan Gower, seigneur de Sittenhaiu , dans le Yorksliire, à l'époque de la conquête Normande, naquit en 1325, par conséquent avant Chaucer, et comme lui fut l'un des fidèles partisans du duc de Lancastre, Jean de Gand. On a de lui un ouvrage poétique en trois parties, intitulées : Spéculum Meditantis, Vox Clamantis et Confessio Amant is , mais dont la dernière seule a été traduite en anglais. Le sujet qu'il traite , c'est l'amour considéré au point de vue métaphysique et à celui de la rhétorique ; et bien que pour la valeur poétique U n'approche pas des Canlerbury Taies, on ne laisse pas que d'y trouver souvent des traces de sensibilité et d'un grand bon sens. Chaucer l'appelle le Sentencieux Gower. Il mourut en 1408, après avoir perdu la vue depuis quelques années.
A la même famille, qui, au reste, s'est distinguée dans ces derniers temps par ses richesses et par ses brillantes alliances, appartenait encore sir John Gower, porte-bannière du prince Edouard à la bataille de Tcwkesbury {* mai 14? t). Fait prisonnier en même temps que son mallre.il fut mis à mort par le vainqueur. Un de ses descendants, sir Thomas Gowtn de Sittenham , fut crié baronet en 1620 par Jacques 1er. Le petit fils de celui-ci, sir William Gower, liérita des immenses propriétés de son oncle, sir Richard Levesou de Trentham, et prit dès lors fe nom de Leveson- Gower. Il épousa lady Jane Granville, fille du comte de Batli et l'une des héritières de celte riche famille. Après quoi, en 1703, son tils John fut créé baron Gower de Sittenham. Lord Gower mourut en septembre 1709, laissant de son épouse, fille du duc de Rutland, un fils, John, qni épousa une fille du duc de Kingston , fut nommé lord chancelier en 1742, créé en 1746 vicomte Trentham, et comte Gower, et mourut en 1764. Son fils aîné, Granville, né en 1721, entra en 1747 au parlement comme représentant de Westminster, et plus tard devint lord chancelier, grandchambellan, président du conseil privé, et joua un rôle considérable dans les luttes politiques de son temps. En 1786 il fut créé marquis de SlaJJord, et mourut en 1803. Par son mariage avec la sœur de Bridgewater, de laquelle il eut un fils, Georges Granville {voyez Sutherland), la famille Gower se trouva plus tard appelée à hériter d'une partie des immenses richesses de cette maison. C'est de son second mariage avec une fille du comte Galloway que naquit le fils connu plus tard sous le nom de comte G ran« ville.
GOYA Y LUCIEXTES (Prarcïsco), le plus original sinon le plus savant des peintres de l'Espagne moderne, naquit le 31 mars 17)6, à Fuente de Todos, dans le royaume d'Aragon. Ou a peu de détails sur les événements de sa vie : élève de Francisco Dayeu et de José Lusan , il fit, jeune encore, le vo\age de Rome, et remporta en 1771 le second prix de peinture proposé par l'Académie de Panne. A son retour en Espagne , il fut chargé de composer des modèles pour la manufacture royale de tapisseries, et ces dessins furent les premières œuvres qui attirèrent sur lui l'attention pu
avec laquelle il les exécuta, lui méritèrent les éloge fc Kaphaei M eu g s , sous la direction de qni étaient placés ee travaux. La grâce et le naturel qu'il apportait dans U pâture des scènes populaires, genre nouveau, où il k distingua constamment , excitèrent l'admiration des coooibseurs. Cestà cette époque qu'il peignit le taWeM du mitre-autel et le Christ placé a l'entrée du cheeur de tV^at de San Francisco el Grande de Madrid. Cette bette teit valut k Goya , en 1780 , sa nomination de membre de l'A» demie de San-Fcmando et de peintre ordinaire do roi. Apre Ut mort de Charles 111 , Goya fut également protété par Charles IV ; et les grands seigneurs de cette cour wrrwnp*, le comte de Benaventc, et surtout la duchesse d'Allié, it butèrent avec honneur. Il devint même l'ami et le pHtmnaire de la duchesse, et bientôt il la servit dans ses nenac et dans ses jalousies.
Peintre et caricaturiste , Goya a beaucoup produit 11 i peint à fresque la chapelle de San-Antonio de la Duré, situé à une demie-lieue de Madrid , Sainte Ru fine et staU Marine, dans la cathédrale de Séville, Saint lotuèt Borgia et un Possédé, dans celle de Valence. Il j a if b main de Goya, dans les musées d'Espagne, des œuvre* «iportantes. A Madrid , au musée del Rey , on voit le (Retraits équestres de Cliarles IV et de la reine Miria Un el le tableau intitulé le Dos de Mago, curieuse sets? * l'invasion française. Il faut citer aussi la Loge au Cirqude taureaux (musée national); une Maja, un Avto-ic-june Procession, la Course de taureaux et la Moi»»-.' fous (Académie nationale). Indépendamment de «outrait, peint par lui-même, le Musée du Louvre a posséaV q' tableaux de Goya, que les héritiers de Louis-Philippe * repris à la France. Il y a du sentiment et de U terre son ébauche, Dernière prière d'un condamné; Ltt Ferons sont pleins de mouvement, mais l'exéeutiuaeiieJ; peine supportable. En revanche, il y a une coquetterie dur mante dans Us Manolas au balcon. Goya peignait eau» dans le délire de la fièvre. U affecte souvent pour la for*" dédain le plus parfait ; citez lui, c'est à la fuis igiona parti pris. Et cependant ce maître birarre, qui serais * complaire dans la laideur, avait un vif sentiment de h pi* féminine et des piquantes altitudes des belle* tilicsdel'EsK2 Quoi qu'il en soit, Goya, si égaré, si fou , ii iawcf" dan» sa peinture à l'huile , a laissé des caricatures d'us lr* haut prix. Il nous reste de lui la Tauromaquia,*^1* trente-trois planches, vingt dessins sous le titre de Sa*" d'invasion et enfin son chef-d'œuvre, les Capricrioi, <roî* coin |K> sent de quatre-vingts gravures y cotnprb le («t»1 de l'auteur. Ses caricatures sont exécutées à raquât»'*» * repiquées à l'eau-forte. En combinant ces deux procèdes, l'artiste est arrivé à des résultats merveilleux ; u et la transparence du clair-obscur y sont rendue? w une perfection qui fait presque songer I Reuibrn'- De toute l'œuvre de Goya, ht Bibliothèque impérut > possède que les Caprkcios. Son exemplaire est précède ta manuscrit de quelques pages, qui donne la clef de plaides énigmes que renferme ce précieux volume. Goyi <>": épousé les intérêts et les petites passions de sa protêt». JT la duchesse d'Albc. La duchesse et la reine, fart oenf* toutes deux de galanterie, s'entendaient très-bien, rivalités, des jalousies, ne tardèrent pas a éclater; C-AJ poursuivit alors de son crayon moqueur les amants de Mir» Luisa et sa Majesté elle-même. Plusieurs de ses cancat* ont un sens politique qu'il nous est déjà difficile «te mais que la malignité des contemporains conunaïuil : ment. Les autres sont des peintures de mœurs, et surtout que la fantaisie de Goya s'exerce librement II * plait à représenter les manolas de Madrid dans touk b* grâce provoquante; il aime aussi les excursions «I* monde fantastique et c'est la qu'il triomphe. Son <"!" facile a créé tout un peuple de démons, dont l'étrang* pas d'égale, et qui sont souvent d'une grande lordiisH
Nique. Le talent dont il y fit preuve , la rapidité incroyable dessin. Go va a poussé Irès-loin l'expression. Se* «wH*