‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 348 sur 614 · GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT

neur ; mais elle montra en accomplissant ce devoir, qui l'exposait à plus d'un danger, tant de courage et de défceatesse, qu'elle peut être donnée pour exemple à toutes les frav mes revêtues d'une semblable charge.

Les femmes qui soignent le ménage des célibataires sont appelées gouvernantes. Celles des curés et ecclésiastique* doivent avoir l'âge canonique, c'est-à-dire quarante an*. Les gouvernantes des vieux garçons ont souvent été mise* en scène : on les peint altières, aigres, avides, particuberemenl inquiètes des dispositions testamentaires de celui dont elles gouvernent la maison. Les parents et les amis de leon maîtres les redoutent, et parfois les envient, sans considérer ce que leur a coûté d'assiduité, d'adresse, de résignation, le legs qui leur est toujours promis et pas toujours donne.

C"* ne Bsam.

GOUVERNEMENT. Ce mot, dérivé dn latin guhernatio, qui désigne l'action du timonnier qui tient la banc dugouvernail, signifie en politique ta manière 'lr-ni U souveraineté s'exerce dans les Etats. C'est un terme générique, qui a la double acception do principe et dn résulta!. On dit dans ces divers sens : un gouvernement montrchique, aristocratique, démocratique, etc., pour exprimer la nature d'un gouvernement. On dît encore un gvnvernement doux ou modéré, dur on tyrannique, pour es e* primer les effets. « J'appelle gouvernement, ou snpréat administration , dit J.-J. Rousseau , l'exercice légitime de b puissance executive, le prince on magistrat-, l'homme ou k corps chargé de cette administration ■ ( Contrat social ). le gouvernement diffère de l' administration en ce que U gouvernement ordonne, et que l'administration exécute ; et et effet ce dernier mot , en latin administrais , dérivé de svnister, ministre, exécuteur, signifie littéralement ejcécutm»

D'après tous les auteurs qui ont écrit sur cette matière, l'origine primordiale des gouvernements remonte a la famiite. Plus tard , plusieurs familles, réunies par le hasard, se Mentirent, soit spontanément, soit en cédant à la forre, à l'homme le plus capable de les diriger et de les défendre C'est ainsi que les éthiopiens choisissaient pour roi luo'i l'homme le plus robuste, tantôt le berger le plus habile, quelquefois l'homme, le pins riche , tandis qu'après avoir secw le joug des Assyriens , les Mèdes , pour arrêter les désordre* que causait chez eux {'anarchie, se soumirent aveuglëtr-- m à l'autorité absolue de Déjocès , parce qu'ils avaient recoans en lui l'homme le plus juste. Ainsi, dans l'ordre de la m turc , la puissance à laquelle ta direction des forces de b société est confiée prend naturellement la place de fautante paternelle. Elle est donc sans restriction , sans conditions : voilà pourquoi dans les sociétés naissantes l'autorité nos* apparaît absolue, c'est-à-dire despotique ( voyez DEsronsac . Mais alors le despotisme se montre d'aliord paternel, ban» d'autres localités, où la souveraineté a commence par la font, le despotisme a du. se présenter des l'origine escorté de as abus. Qui pourrait dire avec certitude , puisque les traduira* historiques nous font partout faute, comment la souveraineté s'est modifiée, comment dans «-naines localités euv«t devenue aristocratique ou démocratique ? Quelle que suit reste la forme du gouvernement, elle ne remplit sa désignation qu'autant qu'elle exerce â l'égard des sujets et cihws; tous les devoirs de protection et de justice distributive. y*le souverain soit le peuple, un monarque , une assembur, ou bien un corps aristocratique , en lui réside le pouv*r légitime dn gouvernement, en d'antres termes, Fautante qu'exige le bien de l'Etat. Montesquieu a établi que U «*ruption des gouvernements commence toujours par ctUtà» principes ; ainsi, dans une démocratie , lorsqu'on perd l'esprit d'égalité; dans l'aristocratie, lorsque le pouvoir des o» Mes devient arbitraire, etc. La seule voie pour prolonger b durée d'un gouvernement florissant est donc do le ramené, a chaque occasion favorable, aux principes sur lesquels C * été londé.

Piiffcudorf a établi entre les gouvernements une sinpub>« 1 distinction : il appelle réguliers les gouvernements mooir

GOUVERNEMENT — GOt]

chique, aristocratique et populaire ; et irréguliers les gouvernements mixtes, c'est-à-dire composés d'un certain mélange de formes simples des gouvernements réguliers. Ainsi , le gouvernement de Sparte , composé des trois éléments de la monarchie, de l'aristocratie et de la démocratie; ainsi, le gouvernement aristo-démocratique de Rome , apparaissent à ce publicistc comme des gouvernements irréguliers , ou plutôt comme des corruptions de gouvernement». Qu'eûtil dit des gouvernements constitutionnels modernes, fondes, comme celui de Sparte, sur la pondération des trois pouvoirs?

Quelle est la meilleure forme de gouvernement ? Question toujours posée , jamais résolue , parce que ceux qui l'ont agitée ont commencé par (prendre quelques faits pour ou contre telle ou telle forme de gouvernement , et de ces faits particuliers ils ont tiré une conclusion générale. La marche contraire ne conduirait pas plus sûrement au but , parce que les théories, si puissantes sur le papier ou dans les discours Ue tribune, échouent devant la pratique des hommes et de» affaires. Aussi , depuis la discussion des chefs qui mirent sur le trône des Perses Darius, fds d'Hy staspe, la question n'a pas fait un pas. Tout gouvernement a ses inconvénients, aussi bien que ses avantages; et comme on ne saurait faire de si bonnes lois fondamentales que le gouvernerai nt le plus capable par lui-même de mettre les citoyens en sûreté ne tombe en de mauvaises mains, il en résulte qoe tout gouvernement a ses phases de bonheur et de calamité. On avait cru quelque lemps que les gouvernements soi -disant repré sen t al ifs, dont l'Europe était si entichée, pourraient, si l'on résolvait dans leur sens, le problème d'un système électoral équitable, prévenir beaucoup d'abus et mettre les divers pouvoirs gouvernementaux dans l'impossibilité de se livrer à de fréquents excès. On commence à revenir de cette erreur : les pire» des tyrans ne sont pas peut-être les rois : quels t\ rans, à Athènes, que ces simples citoyens qui bannissaicntiArUtide le ju*tr ! Quels tyrans que ces éphores de Sparte qui faisaient traquer et détruire les ilotes comme des botes fauves! Quels tjr.nis que certains orateurs, soi-disant démagogues, dans nos dernières réun:ons délibérantes 1 C'est bien un vieil axiome en politique, qoe le gouvernement doit être différent selon le caractère des peuples. Cette vérité n'a pas besoin de démonstration ; il sullit de comparer les gouvernements asiatiques aux gouvernements europ éens.

.Nous lisons dans la Fotyujiuxttc de l'abbé de Saint-Pierre, commentée par J.-J. Rousseau : •> Si, par miracle, quelque grande Ame peut suffire à la pénible charge de la royauté , l'ordre héréditaire, établi dans les différentes successions, et l'extravagante éducation des héritiers du trône, fourniront toujours cent imbéciles pour un vrai roi : il y aura des minorités , des maladies, des temps de délire et de passions qui ne laisseront souvent à la tète de l'État qu'un simulacre de prince. Il faut cependant que les affaires se fassent. Chez tous les peuples qui ont un roi , il est donc absolument nécessaire d'établir une forme de gouvernement qui <c puisse passer du roi ; et dès qu'il est posé qu'un souverain peut rarement gouverner par lui-même, il ne s'agit plus que de savoir comment il peut gouverner par autrui. » C'est à résoudre cette question qu'ont tendu nos législateurs depuis 1789. La route suivie par eux a été souvent orageuse, parfois rétrograde, mais ou ne peut nier qu'ils aient fait du chemin. Certains hommes, qui depuis quarante ans voudraient tout voir renouveler sur la face de l'univers politique, nous parlent sans «esse de la lutte des gouvernements contre les peuples, de la ligue européenne des vieux gouvernements contre les nations qui veulent s'affranchir et se régénérer : il peut y avoir sous certains rapports du vrai dans ce point de vue de la question. Néanmoins, immuables dans leurs théories, les théologiens répètent encore que le gouvernement n'est point fondé sur un contrat libre, révocable ou irrévocable, mais sur la même loi par laquelle Dieu, en créant l'homme, l'a destiné à la société, puisai il est impossible qu'une société subsiste sans subordination. Aussi saint Paul a. l ilposé en prin-

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, cipe que toute puissance vient de Détu , sans distinguer si elle est juste ou injuste, acquise par justice ou par force, etc. On sent combien cet axiome, poussé à ses dernières limites, conduirait à d'absurdes conséquences.

Les gouvernements anciens s'occupaient peu des détails de l'administration. 11 n'en est plus de même citez les modernes , depuis Louis XIV. L'administration naquit sous ce ' roi. Jusque alors le champ des affaires publiques avait été une arène confuse, où combattaient pêle-mêle la violence , la ruse et le hasard. Louis XIV, aidé de Coibcrt , mit l'ordre dans ce chaos. La France ne profita pas seule du mouvement régulier qu'il imprima aux fonctions publiques. L'Europe se régit désormais par ce système, qu'elle emprunta de lui. La France a vu depuis dans Napoléon un homme non moins appliqué, non moins ami des détails; et si comme conquérant te vainqueur d'Arcole et de Marengo a fait couler bien du sang et bien des larmes, partout sur son passage il a su répandre, comme dédommagement , les bienfaits de l'administration française. Les peuples ne sont jamais plus heureux que lorsqu'à l'exemple de Louis XIV, de Pierre le Grand , de Napoléon , un souverain sait à la fois régner, gouverner et administrer. Toutefois, il est encore un degré que la sagesse défend de dépasser ; car ai les anciens gouvernements avaient le défaut de ne pas administrer assez, on peut reprocher aux gouvernements modernes , à celui de France surtout, depuis Napoléon, le travers d'administrer beaucoup trop.

Gouvernement signifie, dans des acceptions particulières, la surveillance , la direction générale d'une chose.

Gouvernement se dit particulièrement de la charge de gouverneur dans une province, dans une place forte, dans une ville , dans une maison royale. Il signifie aussi la ville et le pays sous le pouvoir du gouverneur ; enfin , l'hôtel ou le palais où il réside. On peut lire dans le voyage de Chapelle cl Rachaumont d'excellentes plaisanteries sur le gouvernement «le Notre Darae-de-la-Garde , dont était si lier le sieur de Scudéri. Charles Du Rozoïn.

GOUVERNEMENTAL, mot souvent employé depuis la révolution de 1789, et auquel le Dictionnaire de l'Académie n'a pas encore donné droit de bourgeoisie. Il est trèsexpressif, et se comprend assez de lui-même : Un acte goûterj nementat n'est pas un conp d'Etat : un coup d'Etat est 1 une mesure essentiellement violente; l'acte gouvernemental ! est , au contraire , une mesure sage et ferme dans l'intérêt du pouvoir. On dit aussi un homme gouvernemental , pour ■ désigner un homme naturellement ami du pouvoir, et porte ' par caractère k le soutenir. Ourles Du Rozom. GOUVERNEMENT PROVISOIRE. Celui qui s'institue provisoirement, dans l'attente d'un gouvernement définitif. Quatre figurent dans ces quarante dernières années «le l'histoire de France.

Le premier est celui de tRli. Les souverains alliés ayant fait, le 31 mars, à la tête de leurs années, leur entrée dans Paris, des conférences s'ouvrirent aussitôt chez Tal- Icyrand. L'empereur Alexandre fit, au nom des alliés, une déclaration dans laquelle il proclamait qu'il ne traiterait plus avec Napoléon Bonaparte, et engageait le sénat à nommer un gouvernement provisoire. Le lendemain le conseil municipal de Paris, exprimait dans une proclamation ses vrrux pour le rétablissement des Bourbons. Le même jour soixante-quatre sénateurs se réunissaient sous la présidence de Talieyrand, et sous la protection du czar ils décrétaient l'étaUbsement d'un gouvernement provisoire, composé de Talieyrand, du comte de Beurnonville, du comte de Jaucourt, du duc de Dalberg, de l'abbé de Mootcsquiou, et de Dupont (de Nemours), secrétaire. Ce gouvernement, chargé de l'administration du pays, devait aussi préparer un projet de constitution. Le commandement de la garde nationale fut déféré au général Dessoles, la déchéance de l'empereur et de sa famille prononcée ; et les soixante-dix-sept membres du Corpelégislatil qui étaient restés à leur poste adhéraient aux mesures du Sénat.

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