‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 357 sur 614 · SG GRAFF · texte numérisé non relu

SG GRAFF

publique, et notamment, a partir de 1924, à l'université de Komigsberg , en qualité de professeur de l'histoire de la langue allemande. On a de lui un précieux Dictionnaire de» mots de l'ancien haut-allemand, publié avec les secours du gouvernement prussien et l'appui tout spécial du prince royal de Prusse. Il est intitulé : AlthoeMeutscher Sprachschatz; et le septième et dernier volume en fut publié par Massmanu, après la mort de l'auteur, et d'après le» notes et les travaux qui! avait laissés, en 1844. Deux années plus tard, en 1R4G, son continuateur y a ajouté un huitième volume contenant une table générale et raisonnée •les matières. Graff a aussi donné des éditions de quelques anciens auteurs allemands du dixième au treizième siècle.

GRAFFKiNY { Fra>çoisf. D'ISSEMBOURG D APPOX- COURT, dame de), naquit a Nancy, en 1694, d'un major de gendarmerie du duc de Lorraine et d'une petite-nièce du fameux Cal lot. Elle fut mariée fort jeune à Hugues de Grafligny, chambellan du doc de Lorraine, homme emporte*, avec lequel elle courut plusieurs fois risque de la vie. Après bien îles années, elle obtint d'être juridiquement séparée de cet homme , qui finit ses jours dans une prison , où sa mauvaise conduite l'avait fait renfermer. Mrof de Graffigny vint à Paris, avec Ml,e de Guise , qui allait épouser le duc de Richelieu. Plusieurs beaux esprits, réunis dans une société où elle avait été admise , l'engagèrent à fournir quelque chose au Recueil de ces messieurs ( 1745) , et elle lui donna «ne nouvelle, intitulée Nouvelle espajni.lt ; le mauvais exemple produit autant de vertus q i- « t vices. Elle n'avait pas alors moins de cinquante-et-un ans. Bientôt après elle publia les lettres d'une Péruvienne : c'est le véritable et presque le seul titre de sa réputation. Elles eurent un succès prodigieux, qui est peut-être difficile à comprendre aujourd'hui. L'idée et le cadre de cet ouvrage sont , il est vrai , ingénieux : Tau- I leur a sn tirer parti de la situation bizarre de la jeune Zilia, transportée tout à coup au milieu d'un monde où tout lui e-.t étranger. Il y a des descriptions charmantes, des sentiments délicats , naïfs , quelquefois passionnés ; mais le dénouement ne satisfait personne : l'infidélité d'Aza , l'abandon de Zilia , indisposent. Les lettres à Déterville sont insipides ; les traits , métaphysiqiieset les idées philosophiques y sont prodigués à l'excès. Eu lin , l'illusion est sans cesse détruite par les anachronisme» de l'auteur, qui nous peint les usages et les mrrurs de son temps , assurément fort ignorés dans celui où elle place le voyage de la jeune Péruvienne. M'n<* «le Graffigny donna ensuite Cénie , comédie en cinq actes et en I rose, qui eut un grand succès. C'est un de ces petits romans qu'on appelle comédies larmoyantes. En revanche, i ne Fille d'Aristide, drame en cinq actes et en prose, ne réussit pas du tout.

M>»c de Grafligny , ayant longtemps vécu à la cour de Lorraine , y fut connue de l'empereur, qui , après avoir lu avec plaisir ses Lettres péruviennes, la fit prier de faire quelques comédies propres à être jouées par les jeunes princesses de la cour et les dames qui approchaient de l'impératrice. M",c de Graffigny tit cinq ou six petits drames, qui furent envoyés et joués à ia cour de Vienne. Elle reçut pour récompense un brevet de pension de 1,500 livres. Elle mourut à Paris, le 12 décembre 1758, à l'âge de soixante-quatre an». L'Académie de Florence se l'était associée. Les dernières années de sa vie ne furent point heureuses. Elle n'avait ni ordre ni économie , et laissa des dettes énormes. Quoiqu'elle fut modeste, son amour-propre était excessif : une critique, une épigramme, lui causaient un véritable chagrin. Sa réputation d'esprit et de talent eut un peu à souffrir de la publication de ses lettres, datées de Cirey, que l'on publia en 1820, dans un ouvrage intitulé : La Vie privée de Voltaire et de M""> Du Chûtelet, avec des notes, l*trA. Dubois. Ces lettres ne contiennent qu'un commérage insipide , qu'aucuue grâce de style ne rachète. Les ouvrages antérieurs de M™« de Grafligny ont eu d« nombreuses éditions. Les Lettres d'une Péruvienne ont été traduites plusieurs lois. C** df. Bium.

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