‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 364 sur 614 · GRAISSE · texte numérisé non relu

GRAISSE

quelques morceaux de poésie, entre autres une fable allégorique : Le Plaisir, l'Espérance et la Pudeur , insérée dans la correspondance deGrimm. On lui fait également honneur de plusieurs autres ouvrages longtemps attribues à Christophe Grainvillb , le traducteur de f Araucana.

GRAISIVAUDAN ou GRÉSIVAUDAN. C'est le nom que portait dans l'ancienne division territoriale de la France une partie duDaupbiné s'étendant entre les montagne», le long du Drac el del'lsère, ayant environ huit my riarottre* [ de longueur sur sept de largeur, et dont Grenoble, eai pitale de tout le Dauphiné, était le chef-lieu. C'est l'un I plus beaux et des plus riches pays qu'on puisse voir. Lr ! Graisivaudan , au dixième siècle, était possédé en fraatalleu par les évèques de Grenoble, auxquels il avait été doua, par les derniers rois de Bourgogne; au onzième siècle, i. passa sous la domination des dauphins de Viennois , pou.former ensuite le Dauphiné, dont il partagea toujours defm^ le sort. Il était borné au nord par la Savoie , à l'est par V Briançonnais , au sud par l'Embrunois , le Gapençoi< * le Lrtois, a l'ouest par le Viennois et une partie du Ditus t fait aujourd'hui partie du département de I' I sè re.

GRAISSE, substance neutre, blanchâtre, plus ou maindure, toujours susceptible de se ramollir et de se fondre (* la chaleur, faisant tache sur le papier, c'est-à-dire le rendut gras ; insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, surtout i chaud ; brûlant avec flamme , et se combinant aux base de manière à former des savons. On a consacré le wc: de graisse aux substances grasses solides ; le nom 6T h « i .' f, au contraire, a été réservé aux substances grasses lîquidt> Il est «limite de remarque que les premières sont presque « clusivement fournies par les animaux ; le eroton sébifarm est le seul végétal qui fournisse de la graisse. La grat<« présente des caractères variables, quant à sa densité, à a» odeur, à sa couleur, etc. Celle du porc (voyez Axosce; n of fre ni la blancheur ni la dureté de celle du mouton (,rvj« Suif); celle du bouc répand une odeur hyreique des plus intenses.

La graisse est renfermée dans un tissu particulier, qu\* nomme tissu adipeux. Si ayant pris un morceau de < tissu adipeux, provenant du veau, du mouton ou du bord, on le soumet i» la malaxation, sous un filet d'eau, et a ta >arface d'un tamis à mailles étroites, on observe bientôt qai se détache du tissu adipeux des myriades de granules , fa> passent à travers les mailles du tamis et se rendent a la surface de l'eau du vase placé sous le tamis : dans les an;, de l'opérateur, il ne reste plus que le tissu inewbrafkm . dans lequel précédemment étalent renfermés les granule* Ces granules sèches donnent une poudre blanche, douce « toucher, moins brillante que celle de la fécule ; ils soid c solublcs dans l'alcool froid. Examinés an microscope, ceai du veau, du mouton, offrent un aspect cristallin, et priaient des facettes taillées Irès-régultèrement , ceux qui proviennent «lu porc ont un aspect rénifortue ; dans la graissa Lamaine, les granules se voient avec plus de difficulté, nu.on parvient à les isoler à l'aide de la potasse ou de l'ar*!' nitrique. Si, poussant l'observation |>lus loin, on cherche j voir la structure de ces granules, on reconnaît qu'il» «« formés d'un sac membraneux et d'une substance incluse » lubie dans l'alcool. L'analogie qui existe entre la l é coi; et les granules adipeux est extrêmement curieuse ; là eut;-* l'organisation végétale présente de nombreux, points * connexion avec l'organisation animale : développées! i granules dans un tissu analogue ; granules dans les <isn cas formés d'un sac membraneux et d'une substance iada* . disparaissant également partout où il y a une grande artivà vitale, pour reparaître quand Je repos est un peu proUa? La graisse dans les animaux affectionne certaines loeatte abondante généralement dans les régions rénales et épàpfah qiK-s, elle ne se montre point dans la peau des paupière*** du scrotum. Elle est ordinairement plus aN>ud.<ute cbex** jeunes animaux que cher, les vieux. Blanche dans le jet» âge, elle devient jaune et acquiert une rancklité uurc a*

GRAISSE — GRAMMAIRE Kl le constitue à peu près la vingtième partie «t u corps de l'homme. Au point de vue physiologique, la graisse [tarait destinée à maintenir constante la tempéra

turedes corps, au milieu des changements qui dans la température ambiante ; a servir à la nutrition, comme on l'observe chex les animaux hibernants, qui, grâce à une abondante quantité de substance graisseuse, peuvent passer plusieurs mois sans avoir besoin de manger; enfin, à protéger contre les agents extérieurs les organes qu'elle enveloppe. On a de cette assertion une preuve irrécusable dans ces trous creusés par des souris sur les flancs de quelques cochons, asset peu sensibles pour ne s'en être point aperçus. ' C'est ordinairement en soumettant a l'action de la chaleur le tissu graisseux, et en l'exprimant à travers un linge, que l'on obtient la graisse. Ainsi préparée et abandonné au contact de fair, elle ue tarde pas à augmenter de dureté; die jaunit à la surface, acquiert une saveur acre, une odeur forte et désagréable, en un mot, elle devient rance. A une température modérée, la graisse est susceptible de dissoudre le soufre et le phosphore : on a profité de cette propriété |M»ur employer ce dernier corps en thérapeutique. Les acides en faible proportion mis en contact avec les corps gras, les saponifient, c'est-à-dire les rendent miscibles à l'eau, et, comme les alcalis, donnent lieu à la formation des acides gras. Si les acides sont concentrés et en proportion convenable, ils détruisent les corps gras , les charbonnent : tels sont les acides sulfurique et chlorhydrique. L'acide nitrique étendu les convertit, à l'aide d'une ébullition prolongée, en acides malique et oxalique; concentré, il donne lieu à de l'acide nitropicrique ; quelquefois la réaction est tellement vive, qu'il y a inflammation.

Les corps gras d'origine végétale sont formés généralement d'oléine etdcmargarine;ceux d'origine animale reniement un principe de plus, la stéarine; cependant il y a quelques exceptions : ainsi, le beurre ne contient point de stéarine, tandis que l'huile épaissie de muscade renlerme ce principe. Parmi les graisses, les unes, plus solides, contiennent plus de stéarine; les autres, au contraire plus liquides, contiennent plus d'oléine. Les différents principes que l'on rencoutre dans les corps gras peuvent être isolés les uns des autres à l'aide de procédés particuliers ; par expression pour l'oléine , par l'alcool pour les deux autres : en traitant la stéariue de M. Chevreul par l'élher, M. Lecanu en a retiré deux substances, l'une soluble dans ce véhicule, l'autre insoluble; à la première il a donné le nom de margarine, à la secoude ctlui tfilltéanne.

Les graisses soumises a l'action des bases sous l'influente de la chaleur et de l'eau ( comme cela se pratique pour la préparation des savons et des emplâtres proprement dits employés en médecine), donnent lieu à des acides oleique , maigarique, sléarique et à de la gly céri ne. Les trois premier» corps se combinent à la base employée, pour former un sel ; quant à la glycérine , dont la présence est une preuve certaine de la saponification , elle reste en dissolution dans l'eau qui (ait bain-marie, et lui communique une saveur sucrée. Dans cette action des bases sur les graisses, qui est le phénomène essentiel delasaponilicat i o n, il y a en outre fixation d'une certaine quantité des éléments de l'eau, ainsi qu'on peut s'en convaincre par l'examen de la composition atomique des principes qui entrent en réaction, etdes produits nouveaux qui se sont formés.

Les graisses soumises à l'analyse élémentaire fournissent de l'oxygène, de l'hydrogène et du carbone; Saussure est le seul qui y ait trouvé de l'azote. Leur composition est telle qu'elles peuvent être représentée* par de l'eau et du gaz oléfiaot (hydrogène bicarboné).

Les usages de la graisse sont très-nombreux en médecine : un s'en sert comme d'excipient et l'on y incorpore certaines substances médicamenteuses destinées à l'usage externe. Quelques graisses étaient autrefois prônées comme des spécifiques merveilleux contre certaines affections : telles étaient les graisses d'ours, de blaireau, et même la graisse humaine;

aujourd'hui toutes ces substances ont été à juste titre bannies des formulaires. Dans les arts, on fait usage de la graisse dans une foule de circonstances , soit comme combustible, soit comme moyen de faciliter le glissement des surfaces. Enfin tout le monde connaît leur emploi pour l'assaisonnement de certains comestibles.

BBi.ruab-LEF»:vne.

GR AL ( Saint ). Voyez GnÉsx.

GRAMEIV, plante graminée, ff umeutacëe , telle que le chiendent: ce mot, d'une signification mal déterminée, sert à désigner les plantes qui appartiennent à la famille des graminées.

GRAMlMtKS. C'est une des familles végétales les plus nombreuses et les plus naturelles : les plantes qu'elle renferme sont annuelles ou vivace* , à tige herbacée ( chacune offrant plusieurs nomds pleins, d'où partent des feuilles alternes engainantes ). La gatuc est fendue dans les graminées; elle et>t pleine dans les cy péracées, autre famille naturelle, qui présente avec ceMe que nous examinons ici une grande analogie. Les fleurs, en épi ou en panicule, se composent de deux écailles ( la glume ) , autre caractère qui sert à distinguer ces plantes des cypéi acées , qui n'ont qu'une écaille pour chaque fleur : elles ont de deux à quatre ou cinq étamines, deux styles terminés par deux stigmates poilus et glanduleux, un ovaire uniloculaire avec un sillon longitudinal sur un de ses cotés. Beaucoup de graminées offrent en dehors de l'ovaire deux petites écailles qui forment la glumelle. Le fruit ( cariopse ou akène ) est nu ou enveloppé dans la glume, formé de l'embryon et d'un sperme farineux.

Les différentes [ et les animaux la base de l'alimentation; les graines des céréales, l'orge, le froment, le seigle, l'avoine, le riz, le mais sont nos plus précieuses ressources ; les pailles de ces plantes et les herbes des prés , qui presque toutes appartiennent à la famille des graminées, sont encore dans la plus grande partie de la France l'unique nourriture du bétail.

Les graminées peu veut se reproduire par boutures; car les racines se forment facilement de leurs nœuds mis en terre. C'est à cette propriété des nœuds dans les graminées que Ton doit les effets excellents du hersage pour les céréales et du roulage pour les prairies naturelles , puisque par ces deux opérations les nœuds sont mis en contact avec la terre, et produisent le tallement des pieds isolés. Il serait à désirer, dans l'intérêt de l'agriculture, que ce double procédé fût plus répandu. Paul Gaibekt.

GRAMMAIRE, science qui apprend à peindre la pensée par des sons ou par des caractères. Le mot grammaire est tiré du grec ywu>«» qui signifie lettre , origine tout a fait rationnelle, puisque les lettres ou caractères sont les principaux éléments du langage, soit parlé, soit écrit. On distingue la grammaire générale des grammaires particu* Itères. La grammaire générale , faisant abstraction de tout ce qui est particulier aux langues, enseigne les moyens dont tous les peuples se sont servis pour exprimer la pensée par la parole, et pour la peindre par l'écriture. On la regarde comme une science, parce qu'elle n'a pour objet que la spéculation raisonnée des principes immuables et généraux de la parole. Une grammaire particulière, au contraire, ne renlerme que les règles propres à une langue ; elle enseigne à décliner les noms, à conjuguer les verbes, à construire toutes les parties du discours et à ortbograpliier; elle apprend aussi à connaître la valeur naturelle et la propriété des mots, la raison de leurs terminaisons et de leur arrangement dans le discours. On a donné le nom d'art à toute grammaire particulière, qui n'est en effet qu'un recueil de règles. De la cette définition qu'on lit au commencement de fontes les grammaires élémentaires : « La grammaire est Vart de parler et d'écrire correctement. *

C'est, dit Voltaire, l'instinct commun à tous les hommes qui a fait les premières grammaires sans qu'on s'en aperçût.

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