‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 370 sur 614 · GRAND-DUC — GRANDE-BRETAGNE · texte numérisé non relu

GRAND-DUC — GRANDE-BRETAGNE

le commerce et pour la navigation ; en A*>, b plus belle, la plus riche portion de cette partie ilu nw I' ; en Afrique, un important développement de côtes et ëitm Iles ; en Australie, d'immenses territoires, riches en «Ha bestiaux, mais n'oifrant que sur quelques points ôet (ratières bien sûres ; et dans l'Amérique du Nord , de* régw |Hjur ainsi dire sans limites. On évalue l'ensemble de \i <c perneie des diverses possessions britanniques à i7j,W myriamètres carrés ; chiffre dans lequel le royaume om p» prennent dit n'entre guère que pour un peu phu èr iff. 1 myriamètres. Voici quelles sont en Europe les patin « territoirequi dépendent encore de la Grande-Rretipe : IWgoland, dans la mer du Nord ; et dans la Milita™* Gibraltar, Malle e\ Goie, les lies Ioniennes (à savoir : ftr /ou, Céphatonie, Sainte-Maure [Leocade], Tktai [ftV que ], Zante [ Zakjmtboa ] , Cerigo [Cythère] , Km, Cm gotto et quelques petits tlots, formant ensemble ose «rpn licie de 35 myriamètres carrés ). Parmi ses possevMonsrt « colonies situées en dehors de l'Europe, les pk» aarvnfsont celles de l'Amérique du Nord (a partir de UM 1/ courant de l'occupation britannique se r«>rta ensotte, par W.s voies pacifiques «in commerce et de la eokmi'atV: soit par les voies guerrières de la conquête, vers l'Amenq» centrale; et un peu plus tard , vers l'Afrique. En Asie, ap« que la Compagnie des Indes se fat solidement étiUi > Bombay, en 1G8H, la puissance britannique en est v<ru?[-. à peu è s'étendre sur un territoire de près de 50,otonrini mètres carrés. Cent en Australie qu'ont eu lieu ses fin* cents accroissements.

La nature du sol de la Grande-Bretagne n'est pas h nta en Angleterre qu'en Ecosse; et on peut dire, générale»* parlant, que l'Angleterre est on pays de collines, l'Été» un pays de plateaux, et l'Irlande on pays plat. Cepeal* dans certaines parties de l'ouest de l'Angleterre, le sol s* laisse pas que d'atteindre encore des altitudes asseicen* râbles. De l'élévation générale de la Grande- Bretsgseii -f suite que tous les fleuves, km même que le cours en estffl étendu, offrent assez de profondeur et sont nataréitarf navigables, ou bien le deviennent aisément par la non * l'homme, de même que leurs embouchures, ordinttran^ vastes et spacieuses , forment autant de ports natorck. V* aussi pourquoi la Grande- Bretagne et l'Irlande préw**! bien plus de ports et de havres que la France sur «es baumées par l'Atlantique, où il a fallu que l'art ttntait^ cours de la nature Ainsi on n'y compte pas moins de rf'-' ports de premier ordre , pouvant abriter des barineau v guerre et des bâtiments de commerce du plus fort tons.", et environ cinq cents rades. Parmi ses fleuves, naturAt* S très- bornés dans leur cours, la Ta m i se ev4 le pins km 5 myriamèlrea) et en même temps le plus Important. U$to d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande offrent proportwtarf* ment des masses d'eau beaucoup plus considérabief ; * partout où II pouvait importer d'établir des eomnw triât* entre les fleuves, les lacs et la mer, on n'a pas n«o p*

g ne, s'étend sur toute* les parties du globe. Ainsi, indé

l emlammcnt «le son principal groupe Insulaire, il comprend ' sullaU avec ceux qu'avait donnés le encore en Europe quelques-uns des points les plus impor- | ils ne présentent d'augmentation, que pour k

manqué de le faire; tache dans la il a été déployé autant d'habileté que d'énergie. Il est A* exact de dire qu'il n'y a pas au monde de pays quioflit 1* aussi admirable quantité d'éléments de et commerciale que la Grande-Bretagne.

Les Tables 0/ revenue, population and bliées par le Bureau de Statistique, fournissent sur la •*•* la lion de la Grande- Uretagne des renseignements evai- 1 basés sur les recensements généraux qui ont Ken <»«- * dix ans, depuis 1801, par ordre du parlement. Le rtc^ mejit de 1851 donnait à l'Angleterre et au l'ays 17,905,831 habiUnU; à l'Ecosse, 1,870,784; aux H»t»a dépendent, 141,916; par conséquent à la Gcande-&W' proprement dite, 10,919,531 habitants; et 0 portât i* r*' lation de l'Irlande a 6,515,794 ames; total général Royaume- Uni : 27,435,315 habitants. Si on compare te>^

GRANDE-

gno. Cette augmentation est «le 2,268,566 Ames, tandis que pour l'Irlande il y a une diminution de t ,«59,339 habitants. D'après les indications détaillées fournies par le recensement de 1541, on comptait en Angleterre 6,305 habitants par mille géographique carré; 5,436 en Irlande; 2,600 dans le pays de Galles, et 1 ,726 en Ecosse. Jusque alors r*accroisement de la population pour chaque période do dix années avait été de 13,18 pour 100 dans la Grande-Bretagne, et seulement de 6,2* en Irlande.

Sous le rapport des races, la population du Royaume-Uni se partage en deux groopes bien distincts : la race germaine et la race celte. Cette dernière, aujourd'hui complètement asservie et subjuguée, est la plus ancienne. Elle se compose de deux familles fort proches parentes, celle des Kymrs ou Brites , et edle des Erses ou Gaels. Les Gallois et les Ca mont as du Westmoceland et do Cumberland ap- |>artieonent à la plus ancienne race celte, et sont proches parents des habitants de notre Bretagne. La famille gaélique se divise en deux brandies : celle des Erses ou Ires, en Irlande, et celle des Gaels en Ecosse, dans l'Ile de Mao et les Hébrides. De ces deux races distinctes, les 1res lorment les .(/s, les Kymrs 1/35, et les Écossais 1/27 de la population totale. Les Anglais, race d'origine germaine, forment au delà «le la moitié. Provenus, immédiatement aprè» la chute de la domination romaine, du mélange des An^lo-Saxona et des Srandiuaves, ils furent remplacés pins lard avec beaucoup il«.- ttonheur par les Normands-Français, de sorte qu'il en résulta un mélange de peuples parfaitement tempéré. Outre ces nationalités dominantes , il existe encore dans la Grande- Bretagne 16,001) Bohémiens ou GUanos , et 130,000 juifs dans les grandes villes. Le partage de la population en castes a ses racines profondément implantée* dan* la constitution anglaise même (voyez ci-après , page 448, le cliapitre du présent article consacré à la constitution politique de la Grande-Bretagne ); or, cette expression a ici une tout autre signification qu'ailleurs. En effet, ce n'est pas la loi qui a établi ces différences de castes; mais ce sont les moeurs, toujours autrement fortes que les lois, qui les maintiennent nébranlablement. Cette circonstance imprime des caractères bien distincts à l'État essentiellement commercial lu'on appelle la Gronder Bretagne et à celui qu'on désigne «ous le nom d'union Américaine du Nord. Tout y pivote >nr le sentiment impérieux du devoir, sur le noble et orgueilleux respect de soi-même; et ce sont la des idées qui i ont pris de si puissants développements, qu'il en est è,sulté une saisissante unité dans tout ce qui constitue la naloualilé britannique, unité offrant le plu-» saillant contraste tvec la grandeur propte aux Etats-Unis de l'Amérique du N'ord, produits du mélange de toutes les nations du globe. /Anglais quand il fait du commerce est toujours et par- «oit négociant; l'Américain do Nord, lui, n'est jamais qu'un irocauteur, alors même qu'il se trouve mêlé ans plus importantes transactions commerciales.

De même, les* Anglais ont dû donner à leur Église une «»rtn et grainic [»osition. Quand , après la restauration des >tunrts, l'Eglise épiscopale (poyrs AitcucANt (Eglise)) fut

i lablie complètement dans ses droits comme Eglise offiielle pour l'Angleterre et l'Irlande, l'Eglise presbytérienne •btint en Ecosse les mêmes droits et privilèges. Le cattto-

ii isme demeura, jusque dans ces «lernim temps tout a fait ii «dehors du droit commun ; et le gouvernement lit d'aumt plus preuve «le rigueur à son égard, qu'après la chute es Stuarts on soupçonna en lui un dangereux partisan

.ii ce qui est des dissidents protestants, de ceux qui au sein nAinc de l'Église officielle, en repoussaient certains dogmes, . rt aines doctrines, l'esprit de tolérance trouva une bienlaiante expression dans l'édit de Guillaume III de 1689. Dans <,n culte et dans sa discipline, l'Église officielle a conservé rt-aucoup de traces du catholicisme; tandis que le caractère le ses dogmes est essentiellement protestant. Ses 4 arche» êques et ses 27 évèquc* ont siège et voix «lélibérative dans

la chambre hante. L'État leur a constitué uni magnifique dotation ; mais le bas clergé, en général, est demeuré dans une position misérable. Le primat de toute la monarchie est l'archevêque de Cantorbéry; celui d'York est le primat particulier de l'Angleterre. Il existe en outre un archevêque de Dublin et un archevêque d'Armagh; toutefois, celui-ci ne «iège point à la chambre haute. Sur les 27 évoques , il y en a 24 dont les sièges sont situés en Angleterre : Londres , Durham, Winchester, Lincoln, Bangor, Carlisle, Rochester, Bath et Wells, Gloucetter et Bristol, ExcUr, Ripon, Salisbury, Peterborough, Saint-David* , Worcester, Chichesler, Lichfield, Ely, Oxford, Saint-Asaph, Manchester, Hère font , Norwich, Llandaff; et trois en Irlande : Meath, Tuai)!, Caste!. Dans les recensements officiels de la population, on évite de la diviser au point de vue des croyances religieuses. Dès lors on ne peut parler qu'approximativement en disant que l'Eglise officielle compte environ 15,000,000 d'adhérents. Après elle, vient l'Eglise catholique, longtemps opprimée, qui a vu peu a peu briser ses fers, et qui aujourd hui jouit d'une liberté complète. Elle compte environ 9,500,000 adhérents , dont la grande majorité sont Irlandais. Depuis son émancipation, un grand nombre de couvents ont été fondés. Le pape a divisé l'Angleterre en douie diocèses, un archevêque à Westminster (depuis 1852, c'est Mgr Wiseman), et douze évêques suffragants. En Irlande même résident quatre archevêques, ceux d'Armagh, de Cashel, de Dublin et de Tuam , auxquels se rattachent dans les possessions entérieures de la Grande Bretagne les trois archevêques de Malte, de Québec et de Sidney. Il en dépend en outre 18 évèchés. L'Eglise d'Ecosse on presbytérienne (plus spécialement constituée en Ecosse) compte au delà de 2,000,000 d'adhérents. Le reste de la population du Royaume-Uni se partage entre les nombreuses sectes de dissidents, dont la plus importante est celle «le* wetleyens ou méthodistes. D'ailleurs dans toute la nation, dans les hautes comme dans les basses classes , c'est pour chacun une affaire capitale que tout ce qui a trait a la religion, à l'église, et à leurs intérêts respectifs.

L'instruction générale ne répond pas à beaucoup près au brillant développement que V Eglise en général a pris dans la Grande-Bretagne. On doit même reconnaître que l'instruction élémentaire y est extrêmement négligée. Deux circonstances expliquent comment il a pu arriver qu'on fit si peu de chose sous ce rapport. D'une part , les tendances conservatrices propres au génie britannique, qui rattachaient trop servilement aux formes et aux traditions reçues, de telle sorte que le* progrès réalisés dans la science et dans l'éducation lui semblaient non avenus; de l'autre, sa tendance a appliquer immédiatement toutes les forces actives afin d'en tirer tout de suite tout le parti possible. C'est là aussi ce qui explique que dans la partie la plus éclairée , la plus civilisée du royaume , en Angleterre et dans le pays de Galles, les chose* en aient pu arriver à ce point que plus de la moitié des enfants ( 9/1 i ) ne recevaient en 1818 aucune espèce d'instruction. En 1S4G «»n estimait encore qu'un tiers environ des enfants qui eussent «lit fréquenter les écoles restaient privés de tout genre d'enseignement. Ce fut en 1833 que pour la première fois le gouvernement, dans lo but d'améliorer la situation des écoles élémentaires, accorda une subvention annuelle de 2,000 liv. st. à la Xnfional Society et à la British and Joreign Society. En 1849 celte subvention (ut portée jusqu'à la somme de 125,000 liv. st. Ce (ut en 1846 que , pour la première (ois, le gouvernement songea sérieusement à réformer le système de l'instruction primaire; et le Comittee of council on éducation en (ut chargé. On fonda alors des séminaires et desécoles normales, pour lesquels les établissements analogues existants en Allemagne servirent de modèles. Les villes et les particuliers riches rivalisèrent à qui fonderait des écoles élémentaires et des écoles du dimanche. En 1850 il existait 24 écoles normale* appartenant à l'Eglise anglicane, et on ne peut nier que sous ce rapport il n'y ait progrès véritable et constant. En 1850 la somme totale des fonds assignés par l'Etat à len-

GRANDE-BRETAGNE

pour l'éducation du peuple.

collèges ont pour but de

trelien d»s A-nle* élémentaires et des institutions scientifiques, ainsi qu'à l'encouragement des beaux-arts, s'élevait i 378,957 Ht. st., dont 230,000 pour l'éducation populaire seulement dans la Grande-Bretagne et eti Irlande, et 4M l* !>▼• sterl. appliqués au Britïsh Muséum. Le bon sens pratique particulier aux populations anglaises a d'ailleurs été ici un auxiliaire aussi puissant qu'utile. C'est d'Angleterre que proviennent non - seulement les écoles lancastériennes , mais encore le développement des écoles du dimanche ; et il n'est pas de pays au monde où existent un si grand grand nombre d'associati Les grammar schools et les

donner un degré d'instruction supérieur. Parmi ces derniers, où l'on peut acquérir une instruction classique assex élevée, on distingue surtout Eton, Westminster, Harrow et 'Winchester. Ces collèges sont pour les classes élevées de la société ce que les académies sont pour les classes moyennes. La fondation des universités de la Grande-Bretagne* remonte en grande partie aux temps les plus reculés. Les deux plus importantes qu'il y ait en Angleterre , Oxford et Cambridge , datent du treizième siècle. Vinrent après celles de Dublin ( 1 320 ) et d'Édimbourg ( 1 581 ) ; toutefois, la première ne s'ouvrit qu'en 1MI. Les universités de Glasgow , d'Aberdeen et de Saint -Andrews sont d'nne création plus récente. De nos jours ( le 1" octobre I92S) a eu lieu l'ouverture de l'université de Londres, de renseignement de laquelle la théologie est expressément exclu, et dont les principaux fondateurs furent lord Broogham et lord John Russell. Plus tard a également eu lieu dans la capitale la fondation du King's collège, la contrepartie de cette institution à tendances toutes modernes, et placé sous le patronage spécial du haut clergé et des tories. Les antiques universités de la Grande-Bretagne ne ressemblent d'ailleurs en rien a celles de l'Allemagne ou de la France. Celle* d'Écosse présentent à cet égard plus d'analogies ; quant à l'université de Lon 1res, les établissements de l'Allemagne lui ont servi de modèles.

On se tromperait toutefois si de l'état d'infériorité où est restée en Angleterre l'instruction élémentaire on voulait induire que l'instruction générale de la nation est aussi fort arriérée. L'erreur ne serait pas moindre si le caractère grandiose des universités était un motif pour croire à l'existence de connaissances scientifiques étendues dans les cuisses supérieures ou au dévouement de celles-ci aux intérêts de la science. Le génie éminemment pratiqua des Anglais a été un préservatif contre le premier de ces résultats, en même temps qu'un obstacle au second.

Le caractère moral de la nation est d'ailleurs extrêmement respectable. Malgré les progrès toujours croissants du luxe et des richesses, l'insécurité des personnes et des propriétés a toujours été en diminuant. Circonstance bien remarquable , l'augmentation du nombre des crimes ne s'est pas produite là où la population est devenue de plus en plus agglomérée et l'industrie de plus en plus active , mais là où la population est restée le plus clair-semée , là où le travail manuel, et notamment le travail agricole, est demeuré prédominant. Ainsi , tandis que depuis le commencement du siècle la moyenne annuelle des crimes s'est accrue cii Irlande d'un septième, cet accroissement n'a été que d'un sixième en Ecosse , et d'un cinquième seulement en Angleterre et dans le pays de Galles. Les enfants naturels sont plus nombreux dans les endroits de fabriques, là où existe une population compacte; et voici dans quelles proportions ils se trouvent en Angleterre et dans les Pays de Galles par rapport aux naissances légitimes : En 1830, la proportion était de 1 à 18, en 1840 de I à 14, en l»48 de t à 16. Consulte* à cet égard Fletcher, Summanj oft/ie moral Sialistics o/ England and Wales (Londres, 1648).

Si on prend d'autres pays pour points de comparaison, on peut dire qu'il n'est pas de contrée en Europe on le peuple jouisse de plus de bien être réel qu'en Angleterre ; résultat que prouve le chiffre de la mortalité, plus favorable de beaucoup que partout ailleurs la «orvege et la

seules exceptées. On n'a à cet égard de données positives que pour l'Angleterre et le pays de Galles , et ici encore il y a de grandes variations, suivant les différentes régions, ds nord-ouest au sud-ouest. Dans le Cheshire et le I.ancAditrr, le chiffre de ta mortalité est de t à 38,7 ; dans les comte-» <k Wilts, de Dorset, de Cornwall . de Somerset et de Devon, comme l à &3,4} à Londres , comme t à 42,7; de aorte que la moyenne générale est de t S 46,1. Ce rapport fa»<> rahle est la preuve la plus convaincante qu'on puisse fourni dn bien-être dont jouissent les populations britannique . ce bien-être n'est pas le partage des

en Angleterre et en Ecosse qu'en Allemagne, par eiei Mais les développements immenses que prennent le merce et l'industrie ont l'inconvénient de rendre visible le paupérisme là où il se produit, et de loi p-*ter de plus gramles proportions. Oue si dans ces derniers leraj -< l'état de* choses n'a lait S cet égard qu'empirer, ceci ses plique par l'immigration de plus en plus considérable dV* Jr landais, populations restées au pins bas degré «te l'aebefe sociale ; car cette immigration a eu pour ron^équencr <\provoquer la concurrence des forces mécanique». Do re**, les communes, Priât et las associations particulières «ot i-r«

les mesures les plus propres à prévenir l'extension iod»*o du prolétariat. Dés l'époque d'Elisabeth, à l'aurore méro* " la grandeur britannique , la loi des Poor rotes imposait mi communes l'obligation de n'avoir pas de pauvres dans sein ; et cette loi a reçu de nos jours une extension nouvel', d'abord en 1834 par le Poor rates amendement mi; surtout en 1847 par le Poor law extendtng act appui Die a l irianu*!. iamiiith ii st.iau impossiiiic O etoDIir UDr l'uison de pauvres dans ehaqne localité , les indigents M*rt envoyés dans les maisons de pauvres de district f C'a** toorkhousej), dont il existait déjà 607 au commencera de 1851 en Angleterre et dans le pays de Galles. Uev années plus toi, en 1849, on en comptait 131 en Irlande I existe en outre une loule d'associations ayant pour lut *■ venir nu secours des indigents, les unes fondée* an scia h l'Église, les autres dans le monde des fabriques, «si «:•«■ par de simples particuliers. Le gouvernement fait do pis périsme l'objet de ses plus constantes sollicitudes . a«qu'on en a la preuve au budget. C'est ainsi qu'on ? s*% figurer une dotation de 305,r>84 liv. st. attribue*» à de* • a blissements de bienfaisance en général ; $9,000 liv. st., buées sous forme de traitement tua individus chargés ** radministration de l'asftistance publique; 90 ,000 liv . st . jv.dépenses médicales dans les maisons de panTres ; 35,ooo 1 pour les maîtres d'éoole qu'on y entretient , etc L*»

de qu'on y entretient frayantes pelnturesqoe eertainsécrivains se plaisent a Uvu- •

vrcs de la Grande*Brclagnc sont en général fort e\a«eiee*, ■ n'ont guère «le veritéque lorsqu'elles se rapportent a l'IrU»^ pays où la misère n'est pas moins poignante que dan» certaines parties de la Siiésie prussienne et de VtLrz**T<«saxon. Tontes proportions gardées, il y a bien plus d? i» vres en Belgique que dans la Grande-Bretagne- Consulte • cet égard l'ouvrage intitulé : On cases ot dent A and uv votwu ftmong the humbler classes { Londres, t H40 >; Cunc. wick, HffMtrt on the samtary oomdttion of the tubntm* population of Grmt-BrHain ( 1843 ); Gilbert , .SwNJutf" o/ the occupation of the peuple of England (i Thornton , Ooer population and Us remède ( l S46 .

V émigration fournit un excellent dérivatif pour un pan état de choses ; et c'est là un topique dans l'erapie* éaq* les Anglais ar

abandonnant le solde la patrie pour aMer fonder ri: :•>•• nouvel éiAii i i-nt de la puissance nationale: lest

quelles ils comptent s'établir. Chaque année aussi le m*veinent d'émigration s'accroît dans la Grande- Urciagw 1» 184», le diitfre total des émigrations fut do '

GBANDE-

vidvs, dont 41,367 pour les possessions anglaise* de l'Amérique du Nord, 119,450 pour les Étate-Uuis, 32,091 pour l'Australie, 6,590 pour le Cap, l'Afrique méridionale, etc. Eu 1850, il y eut une légère diminution, et le chiffre de l'émigration redescendit à 176,643 individu». Eu 1852 il lut de 366,767; un peu plus de 1,000 par jour : dont 87,881 pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande; 32,876 pour les possessions anglaises de l'Amérique du Nord ; 244,261 pour les Étals-Unis, et 3,749 pour d'autres endroits. Le produit total de l'émigration pendant les années 1H2& à 1»49, c'est-à-dire pendant une période de vingt-cinq ans avait été de 2,285,164 individus; et dans les années 1847 à 1850 de 1 ,062,690, dont les deux tiers d'Irlandais, partis le plus grand nombre par la voie de Liverpool. De grandes associations se sont formées, surtout depuis 1848, à l'effet de fa roriser l'émigration ; et en 1849 il s'en est constitué une à I.oudrcs, dont le but est de faciliter plus particulièrement l'émigration des femmes. Le gouvernement vient en général eu aide a l'émigration pour les colonies britanniques; c'est ce qui fait que nous voyons aujourd'hui l'élément et la puissauce britanniques prendre sur tous les points du globe une extension presque illimitée.

Quand ou s'avise de décomposer la population pour la diviser d'après la nature spéciale des travaux auxquels elle se livre, on arrive à des résultats tout autres que ceux auxquels on se serait attendu d'après la première impression que produit l'ensemble. En 1831 voici comment se décomposait encore le chiffre total de la population : 31,61 sur 100 individus «'occupant de travaux agricoles; 39,65, de commerce et de travaux de fabriques ; 28,84 , professions diverses. Mais dans les années suivantes on voit les forces vives de la nation abandonner toujours de plus en plus les travaux de la terre pour ceux du commerce et de l'industrie, de sorte qu'en 1841 déjà les rapports ci-dessus indiqués se trouvaient modifiés comme suit : La population agricole de l'Angleterre et du pays de Galles était de 25,65 sur 100; la population industrielle et commerçante, 43,08; proies- Rions diverses, 31,27; en Ecosse, 27,»», 40,60, et 25,52; pour la Grande-Bretagne en général, 25,98, 43,53 at 80,54. En 1841 on comptait dans la Grande-Bretagne et les Iles qui en dépendent (l'Irlande exceptée) 1,499,278 individus s'occupant d'agriculture, dont 1,261,448 en Angleterre et dans le pays de Galles, et 237,850 en Ecosse, dans les Iles de Mao, de Jersey, etc. Toutefois, en Irlande, sur 1,472,7*7 familles il y en a encore 974,788 qui s'adonnent à l'agriculture. Le rapport des individus du sexe masculin et du sexe ftmiuin travaillant dans les fabriques et les manufactures de tissus présentait cette môme année les résultats suivants : on comptait en Angleterre, dans le pays de Galles et en Ecosse 1,465,486 individus ( ou 54 pour 1,000 ) employés spécialement à la fabrication du coton ; 167,251, a la fabrication des laines; 83,818, à celle de la soie; 85,213 a celle des toiles; total : 800,246, dont 181,738 pour l'Ecosse. En Irlande, on comptait 665,239 travailleurs, dont 138,609 occupés à la fabrication des toiles; 177,746, à la fabrication de» lainages; et 6,415 a celle des cotonnades. On comptait 16,350 ouvriers employés à la fabrication des machines, dont 14,362 en Angleterre et 2,188 en Ecosse. Le chiffre total de la population ouvrière s'occupant de travaux métallurgiques ( 1er, cuivre, plomb, étain, etc. ) était de 36,209, dont 32,124 pour l' Angleterre et 4,085 pour l'Ecosse. Sur ces chiffre*, l'industrie du 1er absorbait 29,497 travailleurs ( dont 25,878 pour l'Angleterre et 3,619 pour l'Ecosse). On comptait dans les différentes mines 193,831 travailleurs, dont 173,276 en Angleterre et dans le pays de Galles, et 20,556 en Ecosse. L'exploitation des mines de houille absorbait la plus grande partie de ces chiffres, à savoir, > 1 8,233 individus. Venaient ensuite les mines de cuivre occupant 15,407 travailleurs; les mines de plomb, 11,419; et le* mines de fer, 10,949.

Ou voit par les chiffres ci-dessus indiques que Vaoriculture est loin de jouer un rote secondaire et subordonné

à celui de l'industrie; et il est encore exact de dire que l'agriculture anglaise peut servir de modèle 4 l'univers entier. Trois cinquièmes de la superficie du sol de la Grande- Bretagne, de l'Irlande et des Iles, ou lui sont immédiatement consacres, ou sont utilisés comme pâturages et parages. L'esprit inventif et le bon «eus pratique du peuple anglais se sont déployés merveilleusement dans cette voie, et tous les jours on trouve les moyens de restituer à la culture, surtout dans l'est, des portions du sol qu'on n'y avait point encore appropriées. Ou évalue de 45 à 50 millions de quart ers te produit des récoltes delà Grande-Bretagne et de l'Irla;; !e, ensemble d'une valeur de 6 à 7 millions st., dont 18 a 20 millions de quarters de froment, 15 à 20 d'avoine et 8 à 10 d'orge. Toutes proportions gardées, c'est l'Irlande qui fournit la plus grosse part dans ces résultats. En 18 t6 cette Ile a fourni à sa voisine 1,814,802 quart en de froment, d'orge et d'avoine, et en 1848, 1.496,814 quintaux de farine. Le froment est un objet de grande consommation, car l'usage du pain blanc est général dans les populations. Chaque année les produits du sol augmentent de quantité, |ar suite des soins toujours plus grands apporiésà sa mise en valeur, des efforts tentes par tes sociétés écouomiques , etc. Toutefois, en raison de l'agglomération si compacte de la population, dont une grande partie se trouve absorbée par les travaux de l'industrie et du commerce, il y a néomité de recourir pour son alimentation à l'introduction des céréales étrangères; et le gouvernement de même que les particuliers y pourvoient. L'abolition complète, qui a eu heu Je I" février 18i9, de la taxe que depuis 1775 on prélevait à l'entrée sur te» grains étrangers, et qui dès 1816 avait été singulièrement abaissée, a produit au total les plus heureux résultats. Peu de temps avant l'adoption de cette mesure, la valeur des céréales importées dans la Grande-Bretagne s'élevait annuellement a à millions sterling. Tout aussitôt après elle fut poussée à 19 millions. En 1850 la Grande- Bretagne reçut de l'étranger 7,999,435 quartvrs de grains et 3,873,908 quintaux de farine. Sur les importations de céréales faites eu 1849, la plus grande partie du froment venait de la Prusse : 616,914 quarters; et la majeure jtartie de l'orge, du Danemark : 671,665 quarters. Les États-Unis avaient fourni la plus grande partie de la farine de 1 roulant: 1,779,362 quintaux ; venait ensuite la France, pour 1,013,373 quintaui. La mesure qui exonérait désormais de I loua droits l'iut rod ne lion des grains étrangers causait naturellement un tort immense aux fermiers ( qui forment les deux septièmes de la population agricole, et qui pour la moitié environ occupent des travailleurs); elle provoqua dès lors de leur part les plus violentes démonstrations. Mais il est exact de dire qu'au total elle a prolité à la nation tout entière, et plus particulièrement à la grande majorité des classes ouvrières, en rendant bien moins onéreuses les hases mêmes «le leur alimentation. Consultez sur cette question , A Letterjrom lord Western to lord John Husscll, on his proposed altération qf the eorn-law (1841); Grey, Agnculture and the Corn-Loto ( 1842) ; Macqueeo, Staiùtics of Agriculture, Manufacture, and Commerce (1850).

L'élève du bétail n'a pas fait moins de progrès que l'agriculture; peut-être même a-l-elle pris des développements encore plus larges. On calcule qu'il existe daus tout le Royaume-Uni 14 miUions de têtes de gros bétail, 18 millions de porcs, 50 millions de moutons, etc., et le poids moyen de ces animaux dépasse de beaucoup celui auquel on arrive sur le continent. La moyenne du poids du Ucuf est 400 kilogr., celte des veaux 150, celte des moutons 125. En 1849, la valeur «tes bestiaux amenés sur les grands marchés de Londres s'éleva à 6 millions sterling. La consommation de la viande a d'ailleurs considérablement augmenté aussi en Angleterre; elle va aujourd'hui à 67 kilogr. par tète. Aussi depuis la suppression des droits y a-t-on fait entrer une grande quantité de bestiaux étrangers, tirés notamment du Holstein et de la Hollande. Les importations d'Irlande , qui pour l'pnnée 1849 s'étaient élevées à

graiNdk-bretagnk;

201,811 brrofs et Taches, 341,061 moutons, 18,055 porcs et 9,831 veaux , avaient été insuffisantes pour la consommation «le l'Angleterre et de l'Ecosse ; et en 1850 il avait fallu demander à l'importation étrangère 46,708 bœufs et vaches, 137,640 moulons et 19,754 veaux, sans parler d'énormes quantités de viandes salées ou seulement mi-sel. Toutefois dans ces derniers temps la baisse survenue dans le prix de .a viande a quelque peu diminué les importations étrangères.

L' industrie minière dépasse à beaucoup d'égards tout ce qui existe en ce genre dans d'antres pays , notamment comme application à l'industrie manufacturière et au commerce. Ce n'est pas que la Grande-Bretagne soit riche en ce qu'on appelle métaux précieux ; mais en revanche les minéraux utiles au travail y abondent. Les gisement* houillcrs, surtout, y sont aussi nombreux que puissants. Le produit de leur exploitation va croissant d'année en année. En 1850 il s'est élevé à 31 millions de tonnes on 621 millions de quintaux , c'est-à-dire à 272 millions de quintaux de plus que l'ensemble de la production houillère en Belgique, aux États-Unis, en France, en Prusse et en Autriche. L'Angleterre et le pays de Galles fournissent la majeure partie de cette production , à savoir 25 millions de tonnes par an ; et les grands centres en sont Newcastle, Sunderland et Stockton , ainsi que les mines voisines de Manchester. Le charbon du pays de Galles convenant d'une façon toute particulière pour la navigation d la vapeur, l'extraction en prend des développements de plus en plus considérables. L'envoi des charbons à Londres a lieu dans de si vastes proportions, qu'en 1849 une tourte spéciale a été instituée |K>ur les négociants intéressés dans ces sortes d'affaires ; et dans cette même année il n'était pas entré dans le port de Londres moins de 11,798 bâtiments chargés de houille. On compte aujourd'hui en Angleterre plus de 1,100 houillères en exploitation et montées sur un capital de 1 1 millions sterling. La plus ancienne exploitation que l'on sache est celle de Newcastle, et date de l'année 1232. En 1850, l'exportation totale des houilles s'est élevée à 3,347, 7o7 tonnes, dont la plus grande partie a été absorbée par la France ; viennent ensuite, dans l'ordre d'importance de la consommation, le Danemark, la Kussie et la Prusse. La valeur déclarée s'en était élevée à 1,280,341 livres sterling (consulter Taylor, Statistics o/Coal; Londres, 1848).

En ce qui est de Y industrie des /ers , la Grande-Bretagne Pemporte également sur toutes les autres nations. L'extraction du ter y commença de très-bonne heure ; et des hauts fourneaux y étaient déjà en activité avant la venue de Guillaume le Conquérant. Cette exploitation ne devint pourtant réellement productive qu'à partir de l'an 1619, lorsque lord Dudlcy eut appris à traiter le minerai de fer par la houille. Aujourd'hui cette industrie est en grande partie concentrée en Ecosse et dans le pays de Galles. En 1849 on comptait 20 hauts fourneaux en activité en Ecosse. Le plus important de ces établissements était celui de Coalbridge, qui produit 34,000 quintaux de fer brut par semaine ou par an 1,800,000 quintaux. Celui de Dowlais, dans le pays de Galles, qui fournit chaque semaine 30,000 quintaux de fer brut à la consommation, ne lui cède guère en importance. Dans cette usine, comme dans celles du pays de Galles en général, on fabrique surtout des rails pour les chemins de fer. En 1848, la production totale du fer pour l'Angleterre et l'Ecosse avait été de 2,043,736 tonnes, dont 626,138 avaient été livrées à l'exportation, et le reste consommé à l'intérieur. Il faut remarquer toutefois que si le le fer anglais revient à extrêmement bon marché, parce qu'il est traité à la houille, Jes fers d'Allemagne, traités au bois, lui sont préférables sous plus d'un rapport. En 1848 il lut importé en Angleterre 53,547 quintaux de fers et aciers étrangers. N'oublions pas non plus de dire que ces matières, par les nombreuses préparations qu'elles reçoivent dans les manufactures anglaises, acquièrent une grande valeur et deviennent encore l'objet d'importantes exportations.

Il en est de même du cuivre, dont on importe d'i quantités ( 1,002,960 quintaux, en 1848) rien que pour y être affinées; car la Grande-Bretagne ne consomme paa puis de cuivre que ne lui en fournit l'exploitation de ses propres mines. Les magnifiques usines où l'on affine le cuivre soit situées dans le golfe de Bristol, sur la cote méridionale du pays «le Galles, notamment dans la presqu'île de Cornouailles, sur les rives du Swansca. Les importation» de ce métal proviennent de la Norvège, de la Toscane, du Chili, de Cuba, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, et surtout de l'Amérique, mais rien que pour y être affinr; elles en sont venues à présenter une si grande impur tantr-, que depuis 1842 elles ont pu cire frappées d'un léger droit d'entrée. Le grand profit de celte industrie provient de b division du travail qui s'est faite , il y a plue d'un sied- . entre l'extraction du minerai de cuivre et son affinage. Sar la production totale du minerai de cuivre dans le monde entier, qu'on peut, d'après une moyenne de dix ann*\.^. évaluer à 52,400 tonnes, il en arrive 28,600 aux fonder» de la Grande-Bretagne, dont 13,100 tonnée provenant de* mines de Cornouailles et du Dcvonshire, 2,700 des antre parties du Royaume-Uni, et 12,800 de l'étranger. La Gnrafe- Bretagne n'en emploie pas elle-même au dc4à de I0,«w tonnes : sa consommation reste donc à cet égard à sa production. C'est depuis environ vingt-cinq depuis 1835 surtout, qu'a lieu l'importation du rainerai è* cuivre pour y être soumis à l'opération de raf&aajae ; rependant on a pu depuis 1844 remarquer dans cette industrie une tendance à se restreindre dans ses proportions.

L'exploitation des mines d'Clain était autrefois bien ph* importante que celle des mines de cuivre ; l'une et l'autre ont d'ailleurs les plus étroits rapports. La production de IVtaa a beaucoup varié dans ces derniers temps. L'exportation, fui en 1827 s'était élevée à 49,744 tonnes, était tombée en léJi à 7,775. On la voit ensuite monter, en 1842, jusqu'à 61,7s! tonnes pour redescendre, en 1849, à 35,292. La valeur déclarée pour cette dernière année était do 727,825 lit. st

On manque de renseignements positifs sur la productr* dn plomb; mais en tenant compte de la consommation intérieure, elle ne laisse pas que d'être considérable , a « jiiKcr par le chiffre de l'exportation de ce 74,960 quintaux, tandis que l'importation du | ne s'était élevée qu'à 70,140 quintaux.

Enfin , pour ce qui est de la production du sel, les salve* de la Grande-Bretagne sont aussi au nombre des phi* tri portantes qu'il y ait en Europe; et sur les 50 millions 4* quintaux de sel que produit annuellement notre contuv •«!. l'Angleterre à elle seule en fournit le quart. Lcsprinctpanx osements de sel sont situés sur la côte occidentale, dans In comtés de Cbester et de Worcester. L'exportation s'enetoH élevée en 1848 à 18,959,322 boisseaux, dont la plus grande partie était allée aux États-Unis de l'Amérique dn >oirf En 1850 le chiffre de celte exportation n'avait été qoe àt 15,824,780 tonneaux.

Ce sont ces divers éléments de prospérité, mai* plus particulièrement la houille, qui constituent la hase, aussi vasque sure, de Y industrie britannique, dont les gigaotesqat développements datent surtout de l'invention de la naarJus* à vapeur, qni depuis l'année 1769, époque où James Wi* la fixa dans ses parties essentielles, n'a point subi de ebasgements importants; de même que l'extension prouV*1'-' qu'a prise l'industrie du coton date de l'invention de la nuchiné à filer par Hargreaves et Arkwright. Malgré le rid* système dévoies de communication existant en dans le pays de Galles , les diverses industries y ont 1 tendu à se localiser. Par exemple, les manufactures * cotonnades, de lainages, de toiles et de soieries dans k» comtés du nord, où des ports et des canaux oomt»re»ix facilitent la rapidité des échanges et des transactions. Les districts du centre semblent avoir accaparé la fahruat** des machines et des articles en fer et en acier; ta raitos en est qu'ils possèdent de grandes i

GRANDE-BRETAGNE

< Mai» les filatures et les fabriques de tissus occupent incontestablement le premier rang dans l'industrie manufacturière. Les usines de ce genre existant en Angleterre disposent, tant en chutes d'eau qu'en machines, d'une force de 134,517 chevaux et occupent 939,519 ouvriers. En 1850 le nombre des métiers à tisser s'élevait a 300,000, et celui des broches à 25,038,716. En 1851 on importa dans la Grande* liirtasne i'M millions de kilogrammes de coton, dont 66 million» tarent réimportés, après avoir reçu par la main-d'œuvre uoe énorme augmentation de valeur ( un demi-kilogramme de colon brut, représentant une valeur de trois shillings, Tant jusqu'à vingt-cinq livres sterl. quand on l'a converti en Cil ). Le surplus de celte quantité de colon fournie par l'importation ne restait d'ailleurs pas dans le pays ; et il en sortait encore de temps à autre des parties considérables sot» tonne de tissus. A l'aide des machines , on obtient un fil tellement délié, qu'un demi-Lilo de coton produit une longueur do fil de 238 milles, mesure d'Angleterre. D'un autre coté, le prix des étoiles de coton a tellement baissé, tant a cause du bas prix auquel est arrivée la matière première que [At suite de la substitution des machines aux bras de Pboimne comme force motrice, qu'en 184» la pièce de calicot imprimée aunant 28 yards 1/2 valait de trois shillings et six pence k six shillings, tandis qu'en 1810 l'yard se vendait deux shillings six pence. Le capital employé dans les litalures de coton est évalué à 59 millions de livres st., et la valeur totale de la fabrication annuelle des étoffes de colon i 36 ndlhons de livres sterl. Les principaux centres de elle industrie sont : Manchester, où Ton ne compte pas noin* de 260 filatures, et ou au commencement de ce iède il n'y avait encore que 30 petites machines à vapeur mployée* comme force motrice pour le filage du coton ; puis es localités voisines , Bol ton, Bury, Staley bridge, Stoch- <ort, et en général tout te comté de Lancastre.

La fabrication des tissus de laine n'atteint que le tiers de importance de celle des tissus de colon , aussi bien pour la tianllté des matières premières que pour la valeur que leur onne la main-d'œuvre, ou que pour l'exportation. Sa ré- (dation est plus ancienne ; mais, malgré ses déveioppemen ts >u jours croissants, elle est en réalité beaucoup moins imortante. La laine mise en œuvre est en grande partie foure par la production iodigène; et les moulons de la Grandetelagne produisent en moyenne plus de laine que ceux fcsfwigne et d'Allemagne , mais la qualité de cette laine varie aucoup. L'espèce ovine à longue laine domine en Ant terre , surtout dans les comtés de Kent, de Lcicester et • Lincoln ; l'espèce à laine courte se trouve plus particu* , rament en Ecosse et en Irlande. Toutefois, la plus belle ne d'Angleterre n'approche pas encore pour la finesse «les nés d 'Espagne et de Saxe. On estime la valeur annuelle la laine employée à 1 1 millions de livres ster!., son poids 90 millions de kilogrammes, et la valeur qu'elle reçoit r la main-d'œuvre à 25 millions de livres sterl. Les grands itres de cette industrie sont : Lecds, ville peu éloignée vfancliester, la partie occidentale du comté d'York, et villes de Bradlord, de Ilalilax et de lluddersfield. O'a- •s des renseignements sur l'exactitude desquels on peut npter, le nombre des fabriques de lainages s'élevait en 1 3 à 1 ,334. II faut d'ailleurs remarquer qu'il y a dans cette lie quelque chose de beaucoup plus stable et plus Use que 15 la partie des cotons , dont le sort tient à tant de circonsces fortuites et d'événements politiques. Toutes proportions rlécs, les ouvriers en laine soulfrcnt bien moins que ouvriers en coton des vicissitudes et des fluctuations des ires ; et, au total, ils jouissent d'un bien-être modeste, s assuré, comme en offrent la preuve k première vue les ici paux centres de cette fabrication que nous venons d'élércr.

a fabrication des toiles a son grand centre en Irlande, subsklîaîrciiient en Ecosse et au nord de l'Angleterre, dix -huitième siècle, on s'est efforcé d'en favoriser les dans la première de ces Iles au moyen de

primo*. Cependant la grande prospérité de celte industrie, prospérité à laquelle il n'y a rien k comparer dans les autres pays, ne date, à bien dire, que de l'invention de la machine à filer le lin. On évalue aujourd'hui à deux millions le nombre des broclies qu'elle emploie. En Irlande, où au total les tendances industrielles sont très-faibles, on estime que le nombre des ouvriers employés à la fabrication des toiles s'est augmenté dans ces dix dernières années de 52 pour 100; cette augmentation n'a été que de 30 en Angleterre et que de 1 5 en Ecosse. Aujourd'hui l'importance des produits fabriqués s'élève k 100 millions de livres pesant, dont 17 millions sont livrés à l'exportation et le reste consommé dans la Grande- Bretagne même. L'accroissement qu'a pris la fabrication des toiles dans la pauvre Irlande a eu cet heureux résultat que, grâce aux efforts tentés par vue association linière fondée en 1840 et répandue aujourd'hui dans toute l'Ile ( Belfast fiax improvement Society, for the promotion and improvement of the growth of fiax ) , une superficie de co.ooo acres de terre a été appropriée dans ces dix dernières années à la culture du lin.

La fabrication des soieries, jadis singulièrement entravée par des droits de douanes , s'est relevée dans ces dernières années, grâce aux importations de soie grège venant de Chine, à l'introduction du métier k la Jacquard, et aux modifications introduites par Peel dans le tarif des douanes ( 1845 ). On estime k 4 millions et demi de livres pesant la masse de soie grège introduite chaque année dans la Grande-Bretagne. Londres, Manchester, Glasgow, Coventry, Macclesfield sont les principaux centres de cette industrie; et la fabrication s'est tellement améliorée, que les foulards anglais l'emportent aujourd'hui sur ceux qu'on fabrique dans les Indes orientales. En 1841 on évaluait à 12 millions de livres sterling la valeur des étoffes de soie fabriquées en Angleterre ou importées de l'étranger. Consultez sur ces diverses branches de l'industrie des tissus, entre lesquelles celle des cotons occupe naturellement le premier rang, Haines, History of the Cotton Manufacture in Great- Britain ( Londres, 1835); Head, A home tour through the manufacturing districts of Bngland ( 1836 ); Senior, Letters on thefactory act, as Us affects the cotton manufacture ( 1837 ).

La fabrication des articles en métal et la construction des machines n'occupent pas un rang moins distingué que l'industrie des tissus ou que la filature, et trouvent dans rextrème richesse des produits minéraux de la Grande- Bretagne de singulières facilités pour se développer. Sheffield et Birmingham en sont les grands centres. La première consomme annuellement en articles dits d'acier 250, ooo quintaux de fer et 6 millions de quintaux de houille. Les grandes pièces proviennent de Colebrook-Dale et du Staffordshirc, dans le pays de Galles. Depuis 1825 le prix des articles communs a diminué de moitié, sans que pour cela la qualité en ait sensiblement souffert. Les fabriques de plumes d'acier de Birmingham sont justement célèbres ; elles en livrent k la consommation au delà de 300 millions, et en fournissent l'univers entier. On évalue k 17 millions deliv. sterling la valeur annuelle des articles fabriqués en métal,

quelles chaque localité d'une certaine importance possède les usines nécessaires, et dont il s'exporte annuellement à l'étranger pour plus d'un million sterling. En revanche, la mise en œuvre des métaux précieux , auxquels dans l'usage on substitue de plus en plut des articles en plaqué, va toujours en perdant de l'importance qu'elle avait autrefois.

La production des articles en terre de pipe, grès, faïence et porcelaine, dont le centre est. situé dans la partie du StalTordsbire qu'on désigne sous le nom âçdistrict des poteries, est autrement importante. Les cotes méridionales et orientales de l' Angleterre fournissent de l'argile très-line. On estime à 1 million sterling la valeur des exportations annuelles de ces divers produits. Du moins en 1850 elle s'était élevée k swy.354 liv. ster. ; ce qui était 100,000

liv. en sus de la moyenne des années précédentes. Cest du reste dans ces proportions qu'a lieu le développement général des diverses branches <ie l'industrie britannique.

Un vaste et admirable système de voies de communication! a d'ailleurs été organisé pour contribuer à la mise eu valeur de ce riche ensemble de produits naturels et industriels ; et le gouvernement s'applique sans cesse à le développer ainsi qu'à le perfectionner. C'est plus particulièrement l'Angleterre qui se distingue sous ce rapport. Ainsi , au commencement de l'année 1849 on comptait tant en Angleterre que dans le pays de Galles un développement de 100,000 milles (mesure anglaise) de grandes routes, dont l'entretien exigeait une dépense annuelle de 1 ,408,7 50 Uv. st.; plus, 19,942 milles de routes construites aux frais d'associations particulières, et coûtant l,378,3-r>2 h>- *t- d'entretien par an. Ces routes ont sans doute bien moins d'importance que les chemins de fer, dont pas un seul du reste n'appartient à l'État Dès le commencement du du-liuitième siècle, d'informes essais de construction de voies ferrées avaient eu lieu à Newcastle. Le premier acte que rendit le parlement pour réglementer cette matière date de 1801. Depuis cette époque jusqu'en 1 849, il en avait été rendu l ,1 11 , dont 615 pour la création de lignes nouvelles et 496 relatifs à la continuation ou à l'entretien de lignes déjà existantes; et de 1826 à 1849 le parlement avait volé pour cet objet une somme totale de 348,012,188 liv. stcrl. tu 1853 les lignes nouvelles dont la construction avait été autorisée par le parlement présentaient un développement total de 940 milles , dont 689 milles en Angleterre, 80 milles en Ecosse, et 272 milles en Irlande. La longueur totale des chemins de fer autorisés par la législation depuis l'origine était de 12,688 milles, dont 7,686 ont été ouverts à la circulation. Restait donc à exécuter 6,002 milles; mais comme les concessions accordées sur une longueur de 2,838 milles se trouvaient périmées à la lin de 1850, il ne restait en réalité en voie d'exécution que 2,104 milles. Sur les 7,686 milles de chemins de fer à ce mont ut (1853) ouverts à la circulation, on eu comptait 5,848 en Angleterre, 905 en Écosse et 842 en Irlande. En 18.VJ il y en avait eu d'ouverts sur un dévelopiwment de 3j0 milles. On estime que les Irais de construction de cet immense réseau ont été en moyenne de 83,000 liv. st. par mille.

Le capital engagé dans tous les chemins de 1er du Royaume- Uui s'élevait à la fin de 1842 a la somme totale de 6 milliards 00 4 millions 518,875 francs, dont 4 milliards 35 millions en actions de capital ordinaires ; 967 millions 518,876 fr. en capital privilégié ou obligations, et l milliard 601 millions 610,700 fr. d'emprunts.

La quantité de milles de chemins de ter eu cours de construction au 30 juin 1883 était de 682, et le nombre des ouvriers de 37,764. Le nombre des employés de toutes espèces sur les chemins ouverts à la circulation s'élevait à la même époque a plus de 80,000.

Le nombre des voyageurs transportés sur tous les railways du Royaume-Uni dans l'année 1863 s'était élevé à 102 millions 286,660 ; en 1852, il n'avait été que de 89 millions 135,729. En 1849 il n'était encore queue 60 millions 398,159. L'augmentation du chiffre des voyageurs, qui en ls4» avait été de 11,450 par mille, avait été en 1853 de 14,695. Les recettes de tous genres, qui dans cette même année 1849 n'avaient été que de 11,200,901 liv. sL, s'étaimt élevées pour 1853 a 18 millions 35 mille 179 liv. st. Notons encore que sur ce chiffre de 102 militons de voyageurs transportés en 1853, il y avait eu 305 individus tués et 449 blessés. Observons d'ailleurs, en terminant ce que nous avions à dire ici nu sujet des chemins de 1er du Royaume-Uni, que les colonies de la Grande-Bretagne ne sont pas restées étrangères aux bienfaits de ces rapides voies «le communication ; il en a élé construit jusqu'au Bengale et dans l'Ile de Ceylnn.

Le système de canalisât ton a pour point de départ l'acte du parlement de 17 56, en vertu duquel commença »

GRAJNDE-BRËTAGNK

apré* la construction du canal de Bridçeualer. U*m loppement total des canaux existants en Àntîletm? rt ii* le pays de Galles est de 2,300 milles; il ilepaf!* |w mseq tient de 200 millet le développement île La iw^ilut fluviale. Consulte* Petermanu, Hydrogrupkval the Brilish Mes (Londres, 1849); Francis , iïtthryqf the Englith Hatlway (2 voL, 1661). Tontes in tain de quelque importance sont aujounflrai reliée» eatri élu par des chemins de 1er ou par des canaux. Ce» <Jemir,n sent devant des entrepôts et des fabriques; el tout itmment un vaste système de correspondance est venu rendre aussi rapides qu'il est possùVs kst on» nications des diverses localités entre elles.

Toutes les ressources que possédait la Grande-Baba* ont été utilisées sur la plus vaste échelle pour lawwrdéveloppements de son commerce el de sa nnn?<i/ioii m a-t-eue depuis longtemps complètement dépassé m» n rap|»ort les Espagnols et les Hollandais, qui l'srswt \< cedée dans cette voie. C'est la Grande-Bretagne qui mière est parvenue à réaliser le projet d'un cannera» brassant tout l'univers. La base et le point do daawt ■ furent l'oeie de navigation rendu par Cronwell i» date du 9 octobre 1651, qui procura immédiatement «fiagicler re d'énormes avantages , mais qui uatureHnu* *

à y porter remède à partir de 1735 au moyen des «n*»ses ou entrepôts; puis, après avoir subi ea 1814 «"«ftaules modifications en vertu des lois nouvelle* nnht» La matière, cet acte de navigation a fini par être eaasto uienl abrogé en 1849, à la grande terreur des patriote i os» vue. Mais dans l'intervalle l'éducation romnerri**» Grande-Bretagne s'était faite, de sorte qu'on jwt F*** alors en principe la liberté absolue du eomœera, tut a sachant en réalité la limiter d'après les exigence» rteuirae- Le nombre des vaisseaux du commerce t'itn* progression merveilleuse. En 18*4 le ja*r des navires déclarés comme devant être empkiyw «c l* cours s'élevait à 1,348,314 tonneaux. Bn 186» (ved** ans plus tard) il s'élevait à 3,665,163. Dans ce wmto* comptait à la fin de cette même année 1,1» a vapeur, jaugeant ensemble 168,342 tonneaux, d bâtiments à voiles, jaugeant 3,3»6,79l tounewi. l'*** la plus grande régnait en outre dans les dirers cLan**

En 18491e cabotage occupait 309,049 batiment-vi"*- 27,522,070 tonneaux. Dans la même année le rua*** .entrées de bâtiments a vapeur employés an aboHtC* été de 18,343, jaugeant 4,283,605 tonneaux , de*1" sorties à 18,362, jaugeant 4,208,202 tonneaux. Qw* " nombre des bâtiments entrés dans les poit* de Uton*- Bretagne et venant soit des colonie*, soit de l'etrangrf. 1 ** été en 1848 de 27,786, jaugeant 6,678,461 hua**" celui des navires partis a inAme destination, de Nr* geaut 6,051,327 tonneaux. Parmi les marines elr^*^ fréquentent les ports de la Grande-Bretagne, u»^* noise occupe le premier rang pour ce qui est au a»**ff navires. Viennent ensuite les maiines franc»*, *** gienne et américaine. Sous le rapport du toouieM** marine américaine qui passe en première «g*»™** après la Norvège, le Danemark, la PrusMst Lu 1850 le tonnage des navires naUouaui sorti* fc»!-' de la Grande-Bretagne s'est élevé à 3,960,754 tas*** ' bberté que la Grande-Bretagne concède aux nau/r*-' gers d'entrer dans ses ports a eu pour résultai à y p eune diminution de la navigation nationale ; mu* f ^ pensation sis relations avec les ports elranaers * ' crues. Le chiffre des importations et des exm%tt**+ toujours croissant. Du 5 janvier 1849 au 5 janvier i*i* portation dans le Royaume-Uni et en IrlanJe s'eUrf ■■»' 105,874,607 lir. st., et sans l'Irlande, à 99, 843^1*

D'après la taxe officielle, il ên***\

GRAN DK-BHKTAGN K

briqués, i&4,539,504 Ht. st. (et sans l'Irlande, 164,275,464) ; en «Jurées coloniales et produits étrangers, 25,56 1,890 liv. st. (sans l'Irlande, 25,557,719); en tout, par conséquent, 190,101.394 liv. st. (sans l'Irlande, 189,832,783). D'après les valeurs déclarées, l'exportation des produits du royaume, Laot naturels que fabriqués, s'était élevée pendant le même espaça de temps à 63,596,626 liv. st. (et sans l'Irlande, 63,319,937 liv. st.).

Dans les années 1840, 18kl et 1852, la progression n'a été ni moins constante et ni moins notable. Le'cbiflre des ex portations s'était élevé en 1853 4 «8,933,781* Uv. st., tandis que l'année précédente il n'avait été que de 78,076,854 Uv. et. Cd accroissement si brusque s'expliquait par les demandes de plus en plus considérables des Indes, du Canada, de Maurice et des colonies britanniques de l' Afrique méridionale, mais sortait par celles de l'Australie, qui dans ce chiffre de prés de 99 millions st. figuraient à elles seules pour plus de t o millions st. An moment où nous imprimons (janvier 1855), les comptes de Tannée 1854 n'ont point encore été rendus publics; mais on doit s'attendre à ce qu'Us présentent un mouvement de recul, causé par la perturbation générale que la guerre d'Orient, encore à ses débuts , a dû provoquer dans toutes les transactions commerciales. Les ports principaux sont Londres, Liverpool, Hull, Southampton.

L'importation consiste surtout en matières premières : coton, laine, soie, chanvre, Un, bois de construction , sucre, calé, sel, goudron, poix, céréales, etc. ; l'exportation, en fer, étain, enivre, bouille, et surtout en objets fabriqués, cotonnades, articles en fer et en acier, etc. On évalue le bénéfice net produit annuellement par ce mouvement commercial à 22 millions de liv. st. Parmi les articles d'exportation figurent en première ligne tes cotonnades et les cotons filés (22,681,200 liv. st. en 1848; 28,552,878 Uv. st en 1860); les lainages et les laines filées (6,510,803 liv. st. en 1848, et 10,045,952 liv. sL en 1850); les toiles et fils (3,290,238 Jiv. st. en 1848, et 4,846,030, Uv. st. en 1850); les soieries et fils de soie(587 ,917 liv. st. en 1848, et 1,265,461 liv. st. en 1850).

Sur la totalité des exportations faites en 1849, il y en ivait eu 13,957,465 liv. st. pour le nord de l'Europe, dont

I, 386,246 pour les villes anséatiques ; 3,499,937, pour la Hollande; 1,951,269, pour la France; 1,451,584, pour la Belgique; 1,379,179, pour la Russie. Lee exportations pour es contrées méridionales de l'Europe s'étaient élevées a

I I , 168,467 I. st.; celles pour l'Asie, à 10,931,302 1. st.; telles ►our l'Afrique, à 2,464,8 1 1 ; celles pour les colonies anglaises

10 l'Amérique du Nord et des Indes occidentales, à 1,552,308; elles pour l'Amérique Centrale et pour l'Amérique dn Sud,

7,242,538; celles pour les États-Unis, à 11,971,028 Uv. (cri. Parmi les articles d'importation provenant surtout es colonies, il en est beaucoup qu'on réexporte avec de rands profits. Ainsi, par exemple, dans l'année 1850 il

11 importé 60,809, 52 1 livres pesant de calé, dont 12,069,806 irent réexportés; ainsi encore 6,286,031 quintaux de sucre rut; 6*934,793 quintaux de coton; 4,942,407 livres pesant o soie grège; 72,674,483 toisons de mouton; 3,873,908 (i intaux de farine; 217,247 têtes de gros bétail; des soies Livrées et des satins pour une valeur de 309,214 liv. st.; T» 5 8, 464 paires de gants de peau ; des cotonnades pour une (leur d» 682,042 liv. st.; tous articles dont à l>eaucoup 'è* la consommation ne fut pas faite pour moitié par la

Ia- commerce et la navigation sont favorisés par un grand ► mhre «le compagnies, parmi lesquelles figure en première ;ne la Compagnie des Indes orientales; vient enitc, au point de vue de l'importance politique, la Cew/wfie de la baie d'Hudson. Consultez Martin , Thepasscd id présent State ofthe Trade/or England (Londres, .12 ); Craik, History o/the British Commerce (1844). 1/ Irlande , si méconnue, est d'une grande importance tir le commerce intérieur, et Liverpool doit en grande rtie sa prospérité aux relations commerciales qu'elle entieot «vec ce pay*. L'Irlande exporte en Angleterre des

lia protection activité coro-

grains, de la farine, des bestiaux, de la viande et du

beurre en quantités immenses. Dans la seule année 1847, U entra dans les ports d'Irlande 20,251 bâtiments, jaugeant 2,183,608 tonnaux ; et U en sortit 1 1 ,537 , jaugeant 1,488,625 tonneaux. 499 navires jaugeant 120,734 tonneaux y arrivèrent des colonies, et U en partit a cette destination 647, jaugeant 176,956 tonneaux. Dans cette même année il partit des ports d'Irlande pour l'étranger 103» navires anglais, jaugeant 183,318 tonneaux; et il y en entra 857, jaugeant 188,141 tonneaux.

1 1 va sans dire que dans le* encouragements et la |

accordés au développement de cette imm merciale , on veille attentivement, d'une part, a ce que les intérêts généraux soient toujours sauvegardés, et de l'autre à ce qu'U en soit de même pour les intérêts particuliers, qui disparaissent et s'effacent si facilement dans un aussi immense tourbillon d'affaires. La célèbre Banque d'Angleterre, dont le siège est à Londres , la (dus ancienne et en même temps la plus puissante de toutes lesbanques existant dans la Grande-Bretagne, est le .point central auquel vient aboutir l'énorme mou ventent d'espèces auquel donne lieu le commerce national. En 1850 la valeur de ses billets en circulation s'élevait à plus de 30 raillions de Uvres sterling, et un grand nombre de succursales entretiennent avec elle les rapports les plus étroits. Une foule de compagnies et de. banques particulières viennent en aide au crédit des particuliers et le maintiennent , en même temps qu'elles favorisent les relations et les transaction* avec les régions situées au delà des mers.

Pour seconder cet immense dével«p|H>meat des intérêts industriels et commerciaux de la Grande-Bretagne, des postes d'observation ont été jugés nécessaires à l'étranger et au delà des mers ; de même qu'on peut dire que c'est ce développement qui détermine toujours la conduite que le gouvernement de ce pays observe dans ses rapporta avec les puissances étrangères.

Les principaux postes d'obtervation diplomatique de la Grande-Bretagne sont Paris, Vienne, asràt-Pétersbourg, Constantioopie, et aussi depuis ces derniers temps Berlin. Ses possessions extérieures sont toutes, en Europe, plus que des postes d'observation ; ce sont en outre des points militaires et maritimes d'une bsute Un|K>rtance , à savoir : Helgoland, Gibraltar, Malte avec Goio, et les lies I on i enn es.

Le système colonial de la Grande-Bretagne n'a point son pareil ; sous beaucoup do rapports , il offre une grande analogie avec celui des Romains. Certains publiclstes ont, 4 la vérité, cru pouvoir signaler une différence essentielle entre ces deux systèmes; différence fondée, suivant eux, sur ce que toujours Rouie accorda le droit de cité 4 ses colonies, encore bien que celles-ci n'eussent aucun rapport de nationalité avec leurs conquérants et leurs dominateurs; tandis précisément que l'Angleterre le refusa aux siennes, quoique sorties de son propre sein ; tandis qu'elle les traita toujours avec une extrême rigueur et en véritable marâtre, par exemple autrefois l'Amérique du Nord, et comme c'est encore aujourd'hui le cas au Canada. Cette assertion n'a pour elle que l'apparence de U vérité; et, à ne considérer les choses qu'extérieurement , on peut même dire qu'il n'y a pas d'État qui occupe plus d'Itommes que la Grande-Bretagne au développement de la prospérité de ses colonies, qui fasse des dépenses aussi considérables à l'effet de favoriser et d'assurer leur bien-être ; enfin, qui autorise et encourage plus libéralement dans ses colonies un développement intellectuel accommodé aux morars nationales des pays soumis. Or c'est 14, suivant nous, ce qui étaWit une grande analogie entre le système colonial moderne îles Anglais et l'ancien système des Romains. Ainsi , pour favoriser la civilisation indigène, l'étude des langues indigènes , et le maintien des lois et de la religion indigènes, il a été fait dans les Indes des efforts tels, que l'administration anglaise a pu encourir 4 bon droit le reproche de profonde indifférence en matière de

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religion; politique que la France a suivie depuis, et par les mêmes motifs, en Afrique. En outre le gouvernement anglais n'a pas Itésité à doter ses lointaines possessions de tous les éléments de prospérité matérielle dont l'efficacité avait été reconnue dans La mère patrie; c'est ainsi qu'au Bengale et dans l'Ile de Ceylan il a été procédé à la construction de voies ferrées avec tout autant d'ardeur que dans la Grande-Bretagne même. La question de la manière dont s'acquièrent les colonies, et par suite la lamentable histoire des crimes de lèse-humanité qui s'y rattachent, reste d'ailleurs complètement en dehors de nos appréciations. Il ne s'agit ici que d'économie sociale ; nous constatons des faits, sans prétendre en apprécier philosophiquement les causes.

Dès l'an 1502 le roi Henri VII avait accordé des privilèges spéciaux à une compagnie de marchands de Bristol et de navigateurs portugais, qui s'était constituée à l'effet d'entreprendre des voyages de découvertes et de fonder des établissements coloniaux. Sous le règne d'Elisabeth et à sa mort, arrivée en 1G03 , les possessions extérieures de la Grande-Bretagne s'étendirent plus particulièrement à Terre- Neuve et dans la partie de l'Amérique du Nord qui forme aujourd'hui le territoire de l'Union- Américaine, où elles comprenaient déjà une superficie d'environ 1,300 myriamètres carrés. La fondation de la Compagnie des Inde» orientales par Elisabeth, le 31 octobre 1600, eut aussi les résultats les plus importants. Sous le règne de Jacques II , en 1006 et en 1609, les colonies anglaises reçurent un accroissement notable , et dont plus tard on reconnut aus^i l'importance politique , par suite des établissements qu'on fonda alors en Virginie (Amérique du Nord), à la Borna de, aux iles Bermudes, à la Nouvelle- Belgique et en Acadie ( Nouvelle-Ecosse ) ; toutefois, sous le règne de Charles Ie* cette dernière contrée fut restituée à la France. Le règne de ce malheureux prince ne laisse pas que d'occuper une grande place dans l'histoire des colonies anglaises, parce qu'on voit alors un système régulier d'administration s'y établir pour la première fois. La Compagnie des Indes orientales fit vers le même temps ses premières grandes acquisitions au Bengale, à savoir le territoire qui plus tard a été désigné sous le nom de Madras; de telle sorte qu'à ce moment l'ensemble des possessions extérieures de la Grande- Bretagne offrait déjà une surface de 8,000 myriamètres carrés.

L'Acte de navigation de Cromweu eut pour le commerce de même que pour le développement du système colonial de l'Angleterre les plus incalculables conséquences . Le fait dominant de cette époque , c'est d'ailleurs l'extension de plus en plus rapide que la puissance britannique prend dès lors constamment dans les Indes occidentales, oh elle introduit la culture des plantes propres aux climats tropicaux, et notamment la conquête qu'elle y fait de l'Ile de la Jamaïque (1655), précédemment possédée par les Espagnols. Quand les Stuarts remontèrent sur le troue , les possessions extérieures de la Grande-Bretagne s'élevaient à 8,600 myriamètres carrés. C'est sous le règne de Charles II qu'eut lieu sur la cote occidentale d'Afrique la fondation des premiers établissements anglais dans ces parages ; et en 1673 on enleva aux Hollandais l'Ile Sainte-Hélène, poste d'une importance toute particulière pour le commerce de la Grande- Bretagne avec les Grandes-Indes, alors que le Cap de Bonne-Espérance ne faisait point encore partie des possessions britanniques. Les comptoirs fondés précédemment sur les cotes de l'Amérique du Nord en vinrent alors à prendre les proportions les plus grandioses. La fondation de la Compagnie de la baie d'Hudson fut le point de départ d'une extension de territoire presque illimitée; et la puissance britannique s'y trouva encore mieux consolidée quand on fut parvenu a chasser les Hollandais des dictricls, alors encore sans importance, de New-York et de New-Jersey, lesquels dans les dernières années du règne de Charles II reçurent une organisation et une constitution analogues à celles dont jouissaient déjà tes autres établissements fondés dans ces

contrées. Des acquisitions nouvelles furent faites aussi dar* les Grandes-Indes en même temps qu'on prenait po&sessioa des Iles Bahama, si riches en produite tropicaux. Pendant ce temps la Compagnie des Indes orientales s'arrondissait àt plus en plus : en 1668 elle obtint, moyennant le payement d'une rente perpétuelle, la toute propriété de l'Ile de Bombay, dont les Portugais avalent gratuitement fait don a Charles II, et devenue ainsi l'origine première de ta divUioj territoriale à laquelle on a donné plus tard la dcnorainàt* a de présidence de Bombay. En 1681 un gouverneur fut envoyé a Hughly, au Bengale, oh depuis 1632 la compagnie était autorisée à trafiquer. La puissance britannique prit également pied à Sumatra. A la mort de Charles II ( 16 Février 1685) les possessions extérieures de la Grande-Bretagne comprenaient déjà ensemble une surperfieie d'environ 14,100 myriamètres carrés.

Dans la déplorable époque de' troubles qui succéda i celle-ci , il n'y eut guère d'efforts tentés que par la C«spagnie des Indes orientales, dans le sein de laquelle bk compagnie nouvelle, portant la même dénomination et parsuivant le même but, fondée en 1689, mais au total a>~:r peu viable, succomba en 1709. Le chah mongol Aura, Zeib permit à l'ancienne compagnie de fortifier Cakotu (1696), devenu ainsi un centre d'action pour la; fondai ■ d'un empire britannique dans Plnde. Par suite du nomt équilibre politique que la paix d'Dtrecht (Il avril ITU constitua en Europe , tont le territoire baigné par la lut d'Hudson ainsi que celui de la Nouvelle-Ecosse furent, iniipendamment de divers points importants en Europe, adjue* à la Grande-Bretagne, dont les possessions territoriales extérieures reçureot ainsi un accroissement de 16,000 myrusytrès carrés, d'un sol le plus généralement rebelle à la cuits» et se trouvèrent de la sorte portées à un total de 36,000 re.»riamètres carrés. C'est vers le milieu do siècle dernier, sous k règne de Georges- If, que la puissance britannique commeap à prendre dans les Indes orientales l'extension à laqae&e elle est arrivée de nos jours ; et l'accroissement de 4,081 myriamètres carrés de territoire que la Grande-Bretagne reçat sous le règne de ce prince l'emportait de beaucoup cm» importance réelle sur l'accroissement de 10,000 myrianvtres carrés qui avait eu lieu sous le règne de la reine \cw Le nabab du Bengale Mir-Djafer céda en 1757 à la Cobpagnie les vingt-quatre pergunnaks , district voisin detv entta; la même année MasuHpatam fut conquis par la fora des armes. Le nabab de Karnate Mohamed- A H abandon' i en 1761 à la Compagnie, entre autres territoires, celui o> M» dras. Dans la guerre de 1756, la France s'était déjà va «r lever le fort Victoire, près de Bombay. Dans l'Amérique n Nord, ce furent surtout les territoires de Mrchigan, d 18noiset d'Indiana qui vinrent s'ajouter aux possessions aiglaises ; dans cette partie du monde elles s'élevaient a frcession de Georges III au trône (25 octobre 1760 > * 10,680 myriamètres carrés. Le règne de ce [.rince fut d*** importance décisive pour le développement du systèmerelonial de l'Angleterre : d'une part la défection et ta tibn violente de la meilleure partie de ses possessions de l*a mérique du Nord, et de l'autre l'accroissement £ipnt<*qw que la puissance britannique prit dans l'Inde, durent ferment avoir pour conséquence la création d'une adrninisrrt tion plus spécialement chargée de veiller sur les divers intérêts qui se rattachent à l'existence du système coietnaL

A partir de ce moment l'histoire des colonies se eoafcytf dans ce qu'elle a de plus important avec l'histoire gêner»»' de la Grande-Bretagne , comme aussi avec celte de l'A«r> rique du Nord, des Indes orientales et de la Compagnie Indes. La destruction de la pnissance française daas te1 Grandes-Indes eut les conséquences les plus fatales nno: te* souverains indigènes. L'autorisation de trafiquer librenwnt dans toute l'étendue du Bengale, que dès l'année tfw ,J Compagnie des Indes avait obtenue, grâce à PadresM <T*» médecin heureux dans les cures dont il avait été char» * la cour du Graad-Mogol, en vint insensiblement à ac<?**~-

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)n caractère politique. Dès le mois d'août 1766, le chah < Mem concédait à la Compagnie les revenus du Bengale, du iU'har et d'Orissa; ce qui était en fait lui en abandonner la ouveraineté. Déjà précédemment, en 1761, le nabab du Ben- {.île avait cédé à la Compagnie les districts de Burdwan , le Midoapour et de Djittagong; en 1765 U renonça même en a faveur à tous ses droits de souveraineté. La conséquence (nmédiate de ces divers actes de cession lut la prise de possession des Circars du nord ( 1766) ; et la route conluisaot dans l'intérieur de Tlnde se trouva dès lors ouverte i la Compagnie. Assaf-ad-Dauleh, qui par U fut amené à souciai r une guerre contre elle, perdit, en 1776, une grande ■artie du district d'Allahabad et , désastre hien autrement rréparable pour la nationalité indoue, le gouvernement de lénarès ainsi que cette ville sainte elle-même. La guerre enreprise contre les Mahrattes valut ensuite l'acquisition, ssez peu importante par elle-même, de l'Ile de Salsctte 177G). Mais de tout cela résulta pour la puissance britantique dans les Grandes-Indes un accroissement de territoire le 6,300 myriamètres carrés.

fendant ce temps-là les progrès de la Grande-Bretagne vaient continué aussi en Amérique. La paix de Paris de 1763 m valut les deux Canada», le cap Breton et quelques-unes les Antilles, enlevés aux Français, et les deux Floride* en- •vées aux Espagnols. En y comprenant quelques acquisiions faites aimablement et un district enlevé également aux rançals sur tes rives du Sénégal , U en résultait pour la irande-Bretagne un accroissement de territoire de 10,294 lyriamètres carrés. Il est vrai qu'à partir de 1776 la guerre 'Amérique lui fit reperdre une bonne partie de ces acquiitions ; et U fortune voulut cette lois que la jalousie de la ranec, le mercantilisme de la Hollande et la vanité de l'Esagne vinssent en aide à la cause de la liberté, contre la touteuissance anglaise. Cependant, en dépit de toutes les pertes ui résultèrent pour elle de la signature de la paix de Verlilles (1763), la Grande-Bretagne se tronvait encore à ce îoiuent en possession hors d'Europe d'un territoire d'eniron 65,000 myriamètres carrés, indc|>endamment du droit e libre navigation dans les mers méridionales Je l'Inde, ont les Hollandais s'étaient montrés jusque alors si jaloux.

La perte d'une partie notable de l'Amérique du Nord eut )ur conséquence en Angleterre d'appeler maintenant Patntion publique sur l'Afrique et sur l'Australie. Sierra-Loone it fondée dans le premier de ces continents, et la Nouvcllealles-du-Sud dans le second, en 1788. Les extensions de rritoire dans les Indes orientales allaient d'ailleurs penint ce temps-là d'un pas toujours plus rapide; en 1786 les nglaU prenaient possession de Poulo-Pinang, appelée plus rd ite du PriHCB de Galles; en 1788, de Ganlur-Circar; i 1 792 , à la suite de la guerre contre Tippou-Satb, de la us grande partie de ses Etals , du Malabar, de Salem, de il/eut, etc.; et en 1799, a 1a suite d'une lutte opiniâtre et

la mort de Tippou-Saib, du restant du beau royaume de y sure. En 1795, le radjah de Travancore se soumit volon- Veinent à la Grande-Bretagne, et en 1799 celui de Tand- -e ; soumissions qui accrurent les domaines de la Compaic «l'une superficie d'environ 1,700 myriamètres carrés. La ix d'Amiens valut ensuite à F Angleterre quelques districts Ce y lan, possédés jusque alors par les Hollandais. Aux termes

la paix conclue le 12 octobre 1800 à Ilyderabad, le niiam

Dckkan céda à la Compagnie la portion des États de >pou-Saïb qui lui était échue en partage. L'année suinte les Etats du nabab Asem-ad Daulah, c'est-à-dire à j près tout le Karnank, vinrent s'y ajouter, moitié par

e de négociations, moitié par voie de contrainte. La me année (1801), aux termes du traité de Lucknow, en n du 10 novembre, tout le royaume d'Aoude fut acquis la même façon; et par suite de la soumission des radjahs >iu*, obtenue moyennant l'engagement pris de leur four-

des pensions, le territoire britannique dans l'Inde arriva voir l^s dimensions les plus gigantesques. La guerre tenue en t»02 contre les Mahrattes eut pour résultat If

conquête de nundelkimd ; a la fln de l'année lS03,le Graod- MoroI lui-même devenait l'un des pensionnaires de la Compagnie des Indes ; et c'est de la sorte, de même que par la soumission successive de divers autres souverains, que dès 1805 les territoires de Delhi, de Koultaka, le haut Duab, Bala&ore, Gouzerate, etc., étaient venus accroître les possessions de la Compagnie. Tels furent à ce moment les accroissements de territoire que la Grande-Dretagne prit dans les Indes orientâtes, pendant que l'Europe s'épuisait dans des luttes meurtrières «t acharnées : 8,056 myriamètres carrés, rien que dans les premières années du dix-neuvième siècle! Mais elle ne s'en tint pas là. Depuis la grande perle que lui avait fait essayer le divorce de ses anciennes colonies , elle avait su y trouver d'assez notables compensations. Sur la céte nord -on est, là où se trouve aujourd'hui New-Albion, etc., l'Espagne lui avait abandonné un territoire de 7,800 myriamètres carrés; et elle avait en outre pris possession du Labrador. Les grands traités de 1814 et de 1815 lui adjugèrent encore, aux dépens des Hollandais, diverses petites lies, mais surtout l'importante colonie du cap de Bonne-Espérance ( plus de 4,000 myriamètres carrés ) et quelques autres districts situés en Afrique. Quoique la paix conclue à Gand en 1814 l'eût contrainte à restituer aux Etats-Unis une su< perfide d'environ 10,000 myriamètre* d'un territoire d'asseï peu d'importance réelle, la Grande-Bretagne à ce moment possédait en dehors de l'Europe une superficie de 103,300 myriamètres carrés.

Dans les six années qui s'écoulèrent ensuite jusqu'à la mort de Georges III (29 janvier 1820 ) eut lieu ta conquête du royaume de Candy, dans 111e de Ceylan (1815), laquelle dès lors se trouva complètement soumise à l'Angleterre, mais h litre de dépendance immédiate de la couronne , et non plus de la Compagnie des Indes. La même année (1815) la Compagnie des Indes enleva au radjah de Népal un grand territoire (plus de 700 myriamètres carrés) situé entre les fleuves Djonmna et Setledge, d'où résulta encore l'acquisition postérieure de quelques territoires d'importance moindre, mais formant ensemble une superficie de 320 myriamètres carrés. En 1817 se termina la guerre, heureuse an total, soutenue par la Compagnie contre le radjah de Nagpour, et qui valut à la Grande-Bretagne l'adjonction à ses possessions d'une partie notable de Gondwana (environ 1,500 myriamètres carrés) et d'Orissa ( 428 myriamètres carrés). Dans la même année, Houttah, Danvar et Sagoor furent enlevés aux Mahrattes; et ceux de leurs princes qui étaient Jusque alors demeurés indépendants, de même que ceux du Népal et quelques seigneurs radjpootes, devinrent les tributaires de la Compagnie. En 1818 eut encore lieu la soumission de quelques districts du Nerbuddah, de Patna, d'Adjmir, de Pounah, de Konkoun, de Kandisb, etc., etc. ; de sorte que l'accroissement de territoire obtenu par la Compagnie dans ce court espace de temps s élevait à plus de 7,000 myriamètres carrés.

Pendant les dix années du règne de Georges IV, les principal es acquisitions faîtes en dehors de l'Europe par la Grande- Bretagne eurent également lieu au sud de l'Asie. Dès 1820 les districts du Konkoun méridional, et vers la fln de 1812 des parties de Bldjapour et d'Ahmednagar passaient sous la domination de l'Angleterre, qui en 1824 s'emparait encore de Sirq;a|Kire et de ses lies. Les guerres acharnées soutenues contre les Birmans se terminèrent également par des accroissements de territoire avantageux à la Compagnie. En 1805 , par suite d'un traité d*éctiange intervenu entre les deux gouvernements , les Hollandais cédèrent à l'Angleterre Malacca contre l'abandon de la partie de Sumatra qu'elle avait jusque alors possédée. En 1826 eut lieu la conquête, aux dépens du royaume d'Ava, des importants territoires d'Arracan, de Tenasserim, de Javoi , etc. ; et l'empire d'Assam fut contraint de se reconnaître tributaire de l'Angleterre. Quelques districts furent en outre cédés par les radjahs de Béhar et de Bérar. Dans les années 1828 et 1829 d'importants essais tic colonisation furent encore tentés hors de

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l'Asie méridionale, dans l'ouest de l'Australie, sur les borde du Swan-River.

Pendant le règne si court de Guillaume IV ( 1830- 1*37), les seules acquisitions nouvelles de territoire dites par la Compagnie furent Katschar , l'une des principautés qui dépendaient précédemment de l'empire birman; en 1832 et 183*, Kourg, radjahiat du Malabar, et Loudliiana avec son territoire situé dans le district de Debli qu'on appelle Sirbind.

Le règne de Victoria (elle occupe le trône d'Angleterre depuis le 10 juin 1837) a été beaucoup plus fécond sous ce rapport. Ad e n , sur la cdte sud-ouest de l'Arabie, fut conquis en 18.19 et soumis à la Compagnie des Indes; en 1840 il en fût de même du district de Kournal , situé non loin de Loudliiana. En 1841 et 1842 eut lieu une expédition sur le Niger, qui a procuré de précieux renseignements commerciaux sur l'intérieur de l'Afrique; en 1843, à la suite d'une guerre opiniâtre , furent conquis les divers territoires des émirs du Sindb. Le traité conclu le 9 mars IS40 avec le maharadjah de Lahore remit la Compagnie des Indes en possession des territoires sur le Setledgc, le Bias et l'Indus, dont elle avait autrefois été maîtresse ; cependant le 16 mars de celle mime année elle abandonna au Ghoulàb-Singh la partie de ces territoires située dans l'est de l'Inde. Le traité intertcuu le 9 mars 1846 entre la Grande-Bretagne et l'Union* Américaine agrandit encore le territoire de la Grande-Bretagne en lui adjugeant la possession de la partie du territoire de l'Orégon déterminée par le 49° de latitude, ainsi que les lies Vancouver. Une guerre nouvelle qui éclata dans l'Inde contre le prince sikh Dhoulip-Singh a eu pour résultat la soumission (1849) de tout le Pendjab, à l'exception du Ghoulab-Singh, dont nous parlions tout à l'heure. En (850, sur la cOte d'Afrique, les forts danois voisins de Cape- Coast-Castle furent achetés au prix de 10,000 livres sterling.

C'est ainsi que, d'après les dernières évaluations statistiques publiées par Mac-Culloch , toutes les possessions britanniques dans les diverses parties de la terre, l'Europe exceptée, présentaient ensemble une superficie 82,030 myriamètres carrés, avec une population de 144 millions d'habitants. Il faut remarquer toutefois que dans ces suppu talions les terres baignées par la baie d'Hudson figurent pour un chiffre com|«rativeroent peu élevé, et qu'avec d'autres territoires encore moins cultivés de l'Amérique du Nord on pourrait les estimer a 70,000 myriaraètres carrés. Cependant, de ces immenses possessions, il n'y a guère que 32 millions de myriamétres carrés, avec une population de 134 millions 300,000 âmes, qui soient placés directement sous la suzeraineté de la Compagnie des Indes, à savoir : possessions réelles, 1C,102 inyriam. carrés, avec 99,760,000 habitants; el États à Pélat de vasselage et de protection, 16,430 royriam. carrés, avec 34,600,000 habit. Consultez Mountgommery- Martin, H Ut or y ofthe Brilish Colonies (nouvelle édi lion, Londres, 1849); Bannison, British Colonisation and cofoured tribes (1838); Englandand her Colonies considérai in relation to the aborigènes (1841 ) ; mais surtout TheColon'tal Magazine, publié d'abord par Mountgommery-Marlin, et enfin plus lard par Summonds ( 1840 et années suivantes) ; depuis 1849, The Colonial Magazine and East-India Review. Les débats du parlement relatifs aux colonies contiennent aussi de précieuses indications.

Certes il n'y a rien que de fort naturel à ce que l'administration d'un si immense territoire colonial soit chose assez compliquée. Sinon la plus grande partie, du moins la plus peuplée, en est placée sous Ta direction delà Compagnie des Indes orientales, à l'exception de l'ile de Ccylan, laquelle dé|icnd immédiatement de la couronne, comme toutes les autres possessions britanniques (her majestés colonial possession %). La direction suprême de cette Compagnie a son siège à Londres <>" e*«stc en outre un bureau particulier du gouvernement, chargé d'en surveiller les actes (board oj cou nt roi of commissioners of India\ Des gouverne-

ments particuliers ont d'ailleurs été Institués dan* llnde, même pour le Bengale, Bombay et Madras. Jusqu'ea l?U la Compagnie avait eu le monopole du commerce de l'Inde; mais lors du renouvellement de la charte de la Compagnie, iju eut lieu cette année-là, il fut déclaré qu'il deviendrait hbn à partir de 1853 pour tous les négociants sans distinction, tt que la Compagnie ne conserverait que jusqu'en IS33 le monopole du commerce de la Chine. Quant aux autres tofc> nies, on y a institué des gouverneurs généraux résidant (comme au Canada et dans la Nouvelle-Gallea-du-Sod, «i bien des gouverneurs et des commandants supérieur ( comme au Cap, à Terre-Neuve, dans les grandes Antiiks et sur tous les points les plus importants ) , ou bien enwre des lieutenants-gouverneurs (comme à la Nonvelle Êdkv. au Nouveau- Brunswick, etc.). Les terres baignées par la bu d'Hudson sont placées vis-a-vis de la couronne dans des ports de sujétion moins directs, en raison des privilèges k*t particuliers concédés & la Compagnie de la baie d'Hed**- Dans les documents officiels, les diverses colonies et possessions extérieures de la Grande-Bretagne sont «fui** en trois catégories : 1» les stations militaires et marina* (military and maritime stations), dont, indépendanaot des différente points de l'Europe dont il a déjà été fait i tion, font aussi partie la ville du Cap, Maurice , les Iles Falckland , l'Ascension , Sainte-Hélène , et Baaï- Kong; 2° les colonies et les établissements coloniaux pr.prement dits (plantations and seulement s), qui se exposent de toutes les autres possessions britanniques; 3" <s colonies pénales (pénal settlemenls), la Nouvelles-Gai^ du Sud et la Terre de Van-Dieman. Les colonies pénales t donné lieu à de vives discussions entre la mère patrie d ** colonies.

Que si dans les seules années 1847 et 1848 la Gra»* Bretagne a encore dû dépenser une somme de 3,864, ils aide à

liv. sterl. pour venir en aide à ses colonies, le bénéfice s>

résulte de leur existence pour le développement c. m\m :c* et industriel de toute la nation est évident; car en Aa£rterre la base de toutes les prospérités, l'élément essentiel k la puissance maritime, c'est l'heureux rapport existant er* l'importation des matières premières et des produits cet niaux et l'exportation des produits fabriqués.

En 1850 il fut expédié des porte de la Grande-Brent» pour ses colonies 4,741 navires sous paviUoo britamstp*. jaugeant ensemble 1,385,488 t., et 302 soi» pavillon étrn^ ger, de 92,434 t.; soit en tout 5,043 navires, semble 1,477,902 tonneaux. A ces clufTres de sorte encore s'ajouter 369 bâtiments a vapeur de 72,267 tonneaux.

Des diverses colonies il arriva pendant cette mén* 1850 dans les ports de la Grande-Bretagne 5,126 ! sous pavillon anglais, jaugeant 1,531,068 L, et 137 I étrangers, jaugeant 82,052 t.; total égal, 5,363 navires, jugeant ensemble 1,613,153 tonneaux; plus, 369 bétineatJi vapeur anglais, ensemble de 72,267 tonneaux. En i&tt * nombre total des navires qui avaient quitté les ports à* a Grande-Bretagne pour sa rendre aux colonies avait et* * 6,929, jaugeant ensemble 1,691,447 tonneaux, etesoporu* des chargements en produits fabriqués d'une important» * 15,71 2,595 liv. slerl., valeur déclarée.

En 1819 les colonies anglaises possédaient par elks-***- 8,188 navires de commerce, jaugeant ensemble 656,157 fc» neaux, et montés par 45,000 hommes d'équipage. D^pe les états officiels publiés pourl'annee 1845, l'exportatioa f*u les colonies asiatiques s'était élevée cette année-la à «n* valeur de 9,71 1,379 liv. sterl., dans laquelle les Indes taies figuraient a elles seules pour 6,703,778 liv. steri.; l'Afrique (plus spécialement la colonie du Cap ), pour ft&v*~ liv. sterl.; l'Amérique du Nord, pour 3,490,016 liv. sterl les Indes occidentales, pour 2,789,121 liv. sterl.; Yt pour 1,201, 076 liv. steri. Les colonies des Indes < ne laissèrent pas que de souffrir sensiblement de lV*»£>-« ment des droits sur le sucre et de l'abrogation de TActt *

GRANDE-

wvigatiou ; mais ces pertes ne tardèrent point à être eomlensées par les développements de plus en plus grands rue prit dès lors le commerce maritime. Parmi les articles -xpédiés dans ses colonies par la Grande-Bretagne, de ses inq grand» ports : Londres, Liverpool, Bristol, Hull et ilasgow, Bgurent en première ligne pour l'année 1850 : !27, 7 43,490 yards d'étoffes de coton blanc pour les Inies orientales ; 4,867 ,918 id., pour Ceylan ; 2,273,808 id.; Kmr l'Afrique occidentale; 6,771,503 id-, pour l'Australie; ,5,318,122 Ui., pour les possessions anglaises de l'Amérique In Nord; 3,169,720 id., pour le cap de Bonne-Espérance, olonnades imprimées et teintes : 41,615,899 yards pour es Indes orientales; 1,182,832 id. pour Ceylan; 11,333,846 (l. pour la cote occidentale de l'Afrique; 7,273,714 id. unir l'Australie; 17,830,300 id. pour les possessions an- ;lai*w de l'Amérique du Nord ; 3,505,049 id. poor le cap le Bonne-Espérance. Ces chiffres démontrent que ce seul .rticle, d'une importance majeure il est vrai , trouve son •rincipal débouché dans les colonies, et notamment aut il des orienlalcs. Dans cet aperçu général nous n'avons >as lait figurer les ressources, jusqu'à présent assez ma) exploitées d'ailleurs, de l'Australie, où la recherche de l'or est m moment où nous écrivons l'objet des préoccupations géléraies. On consultera avec fruit sur les colonies austraiennes de Sidney, The thrte colonies of Australla : Newionth-Walcs, Victoria, South- Australla: their postures, oppermines and goldfields (Londres , 1852) ; ouvrage où itxmdent les renseignements nouveaux.

Les forces de terre et de mer ayant pour mission de ervir dé sanction aut résolutions prises par le gouvernement le? cet empire aux membres si disséminés, cl en même temps le garantir son existence en formant comme une chaîne lut entoure l'univers presque tout entier, sont très-inégaetnent constituées.

Les forces de terre ne jouent qu'un rôle secondaire dans « système général de défense de la Grande-Bretagne; et •râ«* à sa position insulaire, ce pays se trouve presque cornklétemcnt exonéré des charges immenses qui incombent aux niissanres continentales par suite de la nécessité où elles ont d'entretenir de ruineux cordons de places fortes, etc. -llles comprennent trois éléments distincts : l'armée permairnte, les milices et la population tout entière. L'armée pernanente se compose des gardes et des troupes de ligne. Les iremièm (flousehotd's troops) comprenaient, d'après le budget voté pour l'exercice commençant le l"r avril 1851 jusqu'au l « avril 1852, un effectif de 6,568 hommes, à savoir : 1,303 avaiiers, formant deux régiments de cuirassiers et un régiment le horseguards, dit les Bleus (Ihe Blues). Les 5,260 fantas- .ins étaient répartis en trois régiments : les grenadiers de a garde, le régiment Colstream de la garde, créé jadis par e général Mon», et les fusiliers écossais. Les troupes de ligne orinent deux catégories bien distinctes : les troupes du oyaume et les troupes de la Compagnie des Indes. Le gouvernement a directement à sa solde 7,090 hommes de cavaerie, et 84,452 hommes d'infanterie, dont 6,166 apparie* tant au corps colonial. La Compagnie des Iodes entretient tir pied 3,957 hommes de cavalerie et 27,144 hommes d'inanterie; total, 31,101 hommes. L'effectif complet destrou- »cs de ligne de tous genres est donc de 1 15,553 hommes. A e chiffre il faut encore ajouter l'artillerie, le corps du géiie et celui des pionniers, présentant ensemble un effectif de 4,410 hommes. La force normale de l'armée anglaisées! donc n troupes de ligne de 129,963 hommes; chiffre très-f<iiblt; i on le compare à celui de la population du pays, puisqu'il te fournit guère qu'un soldat pour 390 habitants, tandis qu'en 'russe, par exemple, le rapport est d'un soldat sur 31 babiants, sans compter la landwehr. Le temps de service dan* ■ rmée de ligne est fixé à quatorze ans. La milice se corn- ■ose d'individus âgés de dix sept à quarante-cinq ans, recrues par la voie du tirage au sort, et dont le gouvernement «Hermine le nombre. La durée de son service est lixéo à cinq as seulement, et elle ne peut être employée hors du ter-

RETAGNE 447

ritoire continental du royaume. Enfin, si le pays se trouvait en danger, la population tout entière serait susceptible d'être appelée sous les drapeaux, et tous les individus Agés de dix-sept à soixante aus seraient astreints a prendre les armes. Les hommes compris dans cette levée en masse reçoivent la même solde et les mêmes prestations en nature que les troupes de ligne. Cost le lord-lieutenant de chaque comté qui préside à leur enrôlement, à leur armement et à leur équipement. Du reste, sanf les cas d'urgente nécessité, aucun citoyen anglais ne saurait être astreint a servir contre son gré. Dans l'armée anglaise, les grades d'officiers, jusqu'à celui de colonel exclusivement, s'achètent; ce sont là, encore aujourd'hui (1855), des transactions fort couunuues; mais il y a tout lieu de croire qu'avant peu le corps d'officiers sera complètement réorganisé et qu'il ne se recrutera plus alors que par voie d'avancement accordé au mérite. L'année est, sous tous les rapports, l'objet de la plus grande sollicitude; en campagne, les troupes ne bivouaquent jamais que sous la tente. Des pensions considérables sont assurées aux militaires qui ont accompli leur temps de service, à leurs veuves et 4 leurs orphelins. L'établissement de« Invalides de Cbelsea est célèbre entre tous ; et on y a adjoint une grande école pour les orphelins de militaires. Les écoles militaires sont, toutes proportions gardées, fort peu nombreuses, à savoir : Sandhurst, Chatham et Woolwich. Une école rcgimcntalre à l'usage des enfants de troupe et des sousofficiers est en outre attachée A chaque régiment. Consultez sur ces matières les Estimâtes, dans les actes du parlement; et Hart, The neus Annual Army (1841 ).

Les forces de mer de la Grande-Bretagne se présentent d'une manière autrement imposante aux yeux de l'observateur qui habite le continent. Longtemps avant que le gouvernement eût songé à fonder une marine nationale, la Grande-Bretagne en possédait déjà une dans le grand nombre de navires que possédaient les particuliers , et qu'en cas de besoin le roi avait la faculté de noliser. Le premier roi qui fit construire un navire pour le compte de l'Etat fut Henri VU; mais ce furent surtout les efforts que la reine Elisabeth dut faire pour se défendre contre les projets hostiles de l'Espagne qui fondèrent la marine nationale. L'Acte de Navigation rendu par le protecteur Olivier Cromwell lui imprima en fait et aussi en principe un grand et rapide essor; et les progrès qu'elle fît encore dans le cours du dix -huitième siècle ne furent que la conséquence nécessaire de la direction nne fois donnée. Les prodigieux développements qu'elle prit au dix-neuvième siècle furent en partie nécessités par l'extension de plus en plus vaste des possessions transmarines de la Grande-Bretagne ainsi que de ses intérêts industriels et commerciaux , de même qu'ils ne furent en partie possibles que par suite des immenses progrès réalisés par l'architecture navale. On a fini par soumettre à la puissance de la vapeur un élément toujours mobile et souvent en révolte lurieuse contre les téméraires qui essayent de le dompter. Cest à la suite de travaux incessants, exécutés par la plus opiniâtre constance, qu'au mois de juillet 1850 la Navy List en était venue à pouvoir présenter l'état général de la Hotte britannique comme suit : 99 grands bâtiments de guerre de 70 à 120 canons (vaisseaux de premier, de second et de troisième rang; vaisseaux à deux et à trois ponts, yachts, avec des équipages variant entre 600 et 750 hommes); 115 bâtiments de guerre, de grandeur moyenne, armés de 26 à 70 canons ( bâtiments de quatrième, de cinquième et de sixième rang, avec des équipages variant de 200 à 600 hommes); 187 bâtiments de guerre moindres , c'est-à - dire cutters , bricks , sloops, portant depuis 25 jusqu'à 3 canons seulement, et comprenant aussi les bâtiments employés pour la police des côtes et pour le service des douanes ; enfin, 170 bâtiments «le guerre mus par la vapeur, dont les plus grands ont une force de 800 chevaux et 80 bouches à feu. Le nombre des bouches à feu qui se trouvent à bord de ces différents vaisseaux de guerre est d'environ 18,000; et les immenses

magasins de Woolwich «ont en mesure de remplacer immédiatement toutes les parties de l'armement de ces bâtiments qui peuvent se trouver hors d'usage ou tenir à manquer.

Kn 1849 l'effectif de la flotte ne se composait encore que de 99 vaisseaux de guerre de premier rang, 1 11 de moyenne grandeur et 153 moindres, avec 16,013 canons , y compris 125 bâtiments de guerre à vapeur. D'ailleurs, il ne faut pas perdre de vue qu'en tout temps l'effectif réel de la flotte peut être instantanément augmenté dans les plus vastes proportions au moyen du grand nombre de yachts armés en guerre et appartenant à des particuliers, dont beaucoup servent à naviguer dans les mers de l'Inde.

En 1850 les équipages de la flotte, y compris tous les soldats de marine, se composaient de 1 1,000 soldats de marine proprement dits (marines); de 25,776 matelots (appelé» seamen par excellence )> et d'un peu plus de 2,000 mousses. On aura une idée des efforts faits par l'Angleterre pour la double campagne de 1855 qui se prépare en ce moment même ( février), et dont la Baltique et la mer Noire doivent élre le théâtre, quand on saura que le total des budgets de la marine, de l'armée et de l'artillerie pour le prochain exercice (avril 1855 à avril 1856) s'élève à 935 millions 495,075 fr., tandis que la moyenne des dix précédentes années variait entre 350 et 400 millions de francs.

Indépendamment des quatre grandes stations que nous avons déjà mentionnées, voici celles que la marine britannique jwssède encore en Europe : Deptford , Falmoulh , Pembrocke , Queenstown , Sheerness , enfin Lisbonne et les stations de la Méditerrannée. Les stations précitées et situées dans les Iles Britanniques sont en même temps, comme on peut bien le penser, d'importants ports militaires. On peut encore citer, en fait de ports militaires : en Angleterre , Yarmouth et Mildfordhaven ; en Écosse , Leith et Inverness; en Irlande, Galway, Cork, Limerick, Bantry et Waterford.

A la tête de la marine britannique se trouve Vadmiraltyoffice, commission de six à sept fonctionnaires, qualifiés de tords commissaires, dont le premier est en même temps membre du cabinet. Ses fonctions répondent à beaucoup d'égards à celles de ministre de la marine, titre qui n'existe pas en Angleterre.

Toute la marine forme trois grandes division*, la rouge, la blanche, et la bleue (rerf, vanité, and Mue), lesquelles prennent aussi rang dans cet ordre. Les forces de mer l'emportent à tous égards sur les forces de terre. Les troupes y sont mieux payées, et les grades d'officiers ne peuvent pas y être acquis à prix d'argent. 11 faut observer toutelois qu'on nomme toujours beaucoup plus d'officiers que n'en exigent les besoins du service. H n'existe qu'un très-petit nombre d'écoles spéciales a l'usage des marins. Les plus importantes sont les deux Royal Naval Collège de Plyiuouth et de Portsmouth. A la vérité, c'est la mer tout entière qu'on con-

GRANDE-BRETAGNE

U a été pourvu avec la plus généreuse sollicitude aux besoins des marins congédiés et de leurs familles, notamment an moyen du Royal Hospital de Greenwich , qui existe depois 1694, et qui en 1849 pourvoyait aux besoins de 14,900 oui pensioners (invalides externes, logeant hors de l'établissement) et de 2,710 in-pensloners (invalides logés à l'établissement même) ; en outre, depuis 1801, par le Royal Naval Asylum, situé à peu de distance de là; par le Royal Naval School depuis 1833, et par le Trinity Hospital, situés tous deux à Deptford ; par la Royal Naval Female School de Richmond ; par le West-India Naval School de Black wall. La Compagnie des Indes orientales a aussi à cet effet ses fondations particulières, par exemple Almshouses àPophr, etc. Le parlement fournit sans cesse, en votant des sommes vraiment colossales, les moyens d'entretenir toujours les ports en bon état, d'en créer de nouveaux, de construire des phare», etc. En ce qui est du développement successif de la marine britannique et de son état actuel, consultez, indépen- Royal Calender et de la Navy Ust , Led ianl

Naval History of England (Londres, 1735; traduit en français; Lyon, 1751); Campbell, Lives of the Admirait and other eminent British Seamen (Dublin, 1748); Southey, Lives ofthe British Admirais, with an introductorj view ofthe naval history of England (4 vol., Loodm, 1838-1837); Nicolas, History ofthe Royal Navy (2 vol.; Londres, 1847).

Après ce que nous venons de dire , les proportions grandioses qu'a prises le système financier de la Grande-BreU?in'auront plus rien qui surprenne. Voici l'indication sommaire des chapitres généraux dont se composait le budget arrrt* pour l'année commençant le 5 avril 1854, et finissant le i du même mois de l'année 1855 : La somme totale de» recettes était évaluée à 53,349,000 liv. st. (1,333,725,004 francs), dont 20,175,000 liv. st. fournis par les droit* i* douane; 14,595,000 liv. st., par l'accue; 7,090,000 liv. st, par le timbre ; 6,275,000 liv. st., par la taxe sur les revenus, etc., etc. Les dépenses étaient fixées à la somme totale de 56,189,000 liv. sL (1,404,725,000 francs) : Dans a chiffre, les dépenses nécessitées par l'expédition d'Oivst étaient évaluées à 1,250,000 liv. st. Le budget de l'exercice 1854-1855 se soldait dès lors en déficit de 2,840,e«o liv. st.; tandis que le budget de l'exercice 1853-1854 aviit présenté un excédant de 2,854,000 Ht. sL à l,890,oo» liv. st. C'est ici qu'on s'aperçoit tout de suite de ce qu'il y a de colossal et de vraiment

dans la dette publique de la Grande-Bretagne. Le premier accroissement sensible qu'elle éprouva provint des subsides fournis à ta Prusse pendant la guerre de sept an* ; puis «V* suites de l'insurrection des colonies de l'Amérique du SorJ et des efforts faits pour la comprimer ; enfin, des guerres aai quelles donna lieu la révolution française, et qui entraînerai une dépense de 102,200,000 liv. sL Rien que dans la dwnière année de cette longue guerre ( 1814), Il fut dépens en subsides Tournis aux puissances continentales 8,442,574 liv. st. (211,064,450 francs), et en armes, équipement . matériel de guerre, 1,582,045 liv. st. (39,551,125 fr.). Les excédants annuels de recette sont employés a ramorttssenKtt de la dette publique. Au 5 janvier 1853 elle s'élevait A 1a de 764,541,295 liv. st. ( dix-neuf milliards treize miU*w 532,375 francs). Le service des intérêts de cette dette e\ip chaque année une somme de 26,501,778 Ut. st. (ju m' soixante-deux millions 544,450 francs). Consulte* sur ces matières les Financial Reports et les Tables of Revenue; Sinclair, History of the public Revenue of lit British Empire (1786); Browning, Domestie and /ta»cial Conditions of Great-Britain (1834); Pablo de Pebkr, Histoire financière et statistique générale de F Empire Britannique (Paris, 1834 et 1849); Doubleday, Financial, monelary and statistical History of England ( Losdres, 1847).

Constitution.

Le sol anglais contient en lui-même tous les germes ie la vigueur et de la grandeur qui caractérisent le développement de la puissance britannique. Cestà I* Angleterre qa* tous les pays qui en dépendent aujourd'hui sont redevabiei des institutions qui leur ont permis de participer à ses prospérités. En scrutant les origines de cette nationalité si |*vfondement caractérisée, on ne larde point a reconnaître qar c'est encore le génie de la constitution anglo-saxonne qw vivifie aujourd'hui le peuple anglais et ses institutions politiques. Après avoir absorbé et effacé, sauf on bien ne» nombre de vestiges, tout ce qui restait dans le pays fa*ciens éléments bretons, le génie anglo-saxon a fini par triompher aussi bien des rudes envahisseurs danois que de b chevalerie normande, qui à la longue se l'est complet t-m-.' " assimilé. C'est au caractère de liberté dont sont empre:oîtous les dédails de la vie poliuq»« de la nation, qi* * Grande-Bretagne doit non-seulement sa prospérité et sa puissance, mais encore la facilité avec laquelle ses il lions ont pu successivement prendre racine et se i

GRAINDE-

Ja où die les a transportées et établies à l'instar de la mère patrie. Les institutions politiques les pins essentielles de la Grande-Bretagne ne sont pas les fruits de la guerre et de la conquête, mais bien, au contraire, les filles de la paix. Elles remontent à une lointaine époque, et au lieu de naître au milieu des luttes et des dissension s intérieures de la nation, elles 7 survécurent Pour la plupart, elles ont encore de nos jours le caractère de l'époque rude et grossière où elles prirent naissance ; et toujours on a vu la nation se résigner à supporter les inconvénients le» plus graves, de criants abus même et de révoltantes injustices , plutôt que doser se risquer dans des innovations n'ayant, pas pour elles la sanction de l'expérience. La modération est dès lors le caractère qui domine dans la politique intérieure de la Grande-Bretagne, et qu'on retrouve jusqu'à un certain point dans sa politique extérieure. Après être restée pendant trente ans à la téle de toutes les coalitions contre la France révolu lionnaire, on Ta vue renoncer à recueillir le fruit de ses efforts et de ses victoires. Abandonnant à d'autres grandes puissances la direction des affaires du continent, elle s'est bornée à exercer la plus stricte neutralité , ne sortant de ce rôle tout passif que lorsque les événements prenaient un caractère de gravité alarmaute pour ses intérêts commerciaux, et persistant toujours alors à se poser en médiatrice. I.es événements auxquels nous assistons en ce moment même (février 18&5) semblent d'ailleurs donner raison à l 'opinion des publicistes qui ont prédit que, quelque tournure que prennent désormais les choses en Europe, l'Angleterre y exercera bien autrement d'influence par la force latente de ses institutions, objet d'envie pour toutes les nations intelligentes, et encore par le rayonnement des idées de progrès et de liberté dont elle est le foyer, que par l'emploi des armes et de la force physique.

La constitution de la Grande-Bretagne, comme celles de beaucoup d'autres pays, a pour base l'existence politique de trois ordres ou classes bien nettement distinctes et séparées : la haute noblesse (nobilily),fo clteyalerie ou petite noblesse (gentry), et la bourgeoisie (commonally). Le clergé ne forme point de caste à part , et à ses divers degrés participe également de chacun des trois ordres. Toutefois , les loL* anglaises ne reconnaissent que deux classes : la noblesse ( sous cette dénomination on ne comprend que la liante noblesse), et les communes, dont fait également partie ta petite noblesse. Cette distinction de classes ne provoque pas de divisions ni de luttes non plus que d'antagonisme dans les relations intérieures de la nation, parce que les familles de la noblesse n'en demeurent pas moins tout à fait confondues dans les rangs de la bourgeoisie ; parce que les droits et privilèges de la noblesse passent uniquement au fiU aîné de la famille; parce que la roule qui conduit aux emplois les plus importants, aux dignités les plus élevées, reste légalement ouverte à tous, comme celle des diverses fonctions publiques l'est en fait; enfin, parce que la haute noblesse ne possède aucun privilège qui puisse blesser les autres classes dans le sentiment de leur propre dignité ou «|ui porte atteinte aux lois de l'égalité dans ce qui a trait aux intérêts généraux. La position des divers ordres est telle qu'ils ont tous besoin les uns des autres, et que le grand seigneur ne peut parvenir à remplir la plus telle partie des privilèges qui lui sont réservés, que s'il obtient la faveur et La confiance des classes inférieures. Quant à la petite noblesse, qui en d'autres pays se trouve placée dans une position tout à (ait Iwstileau peuple en raison des intérêts particuliers et des privilèges dont elle est investie, en Angleterre l'Aie n'es* séparée de la bourgeoisie ni en fait ni légalement. U'une et l'autre se trouvent confondues dans la chambre J«*s communes, au parlement ; et quiconque par son talent, ;>Ai* -son travail, par son intelligence ou par l'influence de son icr «ireuse étoile, parvient à s'é!ever au-dessus de la mnlliu<le, est immédiatement admis de droit et en vertu de son ,r«»|>re mérite dans les rangs de cette gentry ou petite no- , sans avoir t>c*oin pour cela do lettres (t'anoblisse dict. de u rxwvtns. — t. x.

ment ou de la faveur des grands. Jamais il ne vint à la tète d'un Anglais que l'accession aux hautes dignités de l'Église pût dépendre de la naissance. Jamais non plus la noblesse anglaise n'essaya de se séparer de la nation, en exigeant, par exemple, qu'il y eût ausd origine noble du coté de la mère, et en faisant dépendre de cette condition la capacité de succéder et d'hériter des biens de famille, ou encore l'accession aux hautes dignités nobiliaires. Au dix-septième siècle, l'Angleterre vit encore les reines Marie et Anne s'asseoir sur le trône, encore bien que leur mère, Anna H y de, fût la fille d'un simple avocat. 11 n'y a pas en Angleterre d'exemptions de charges et d'impôts, d'inégalité devant la loi, pour rendre U noblesse une cause de dommage , un objet de haine et d'envie pour le reste des citoyens. Les lords, c'està-dire un nombre d'individus extrêmement restreint, sont seuls exemptés de quelques-unes des charges communes ; quant au privilège dont ils jouissent, en matière criminelle , de n'être justiciables que de la chambre haute du parlement, personne ne le leur envie; car il entraîne des frais immenses, ruineux. Cependant on n'a pas laissé que d'en attaquer maintes fois l'existence et d'en réclamer la suppression.

Dans l'iiistoire de la formation de la noblesse anglaise, ou retrouve la même loi fondamentale qni sert de base à toute la constitution et à toutes les institutions de la Grande-Bretagne : un respect religieux pour les anciennes lois et tes anciens usages uni à un esprit de progrès, lent sans doute dans le choix des déterminations qu'il est appelé à prendre, mais en somme répondant aux besoins de chaque époque ; assez semblable, sous ce rapport, à l'esprit qui dominait à la belle époque de la république romaine, tout à la fois vraiment conservateur et progressif. La noblesse actuelle présente encore beaucoup de traces de ce qu'elle était sous les rois saxons. Sans doute ceux-ci n'avaient point de noblesse héréditaire, dans le sens qu'on attache aujourd'hui à ce mot. Il n'y avait alors, en fait de noblesse de naissauce proprement dite, que les Athetinges, les fils et les plus procites parents du roi. L'archevêque du pays avait le même rang et le même privilège qu'eux , non point comme propriétaire foncier, mais eu vertu de sa diguité ecclésiastique Le pays fut d'abord divisé en shires et plus tard en counttes ( comtés), à ta tète de chacun desquels était placé un euldorman ou alderman, appelé earl par tes Danois, mais uniquement comme fonctionnaire royal et sans droits héréditaires. Les serviteurs du roi, les seigneurs, les thanes, possédaient, parmi les hommes libres, de notables privilèges. Mais leur ordre était loin d'être isolé et exclusif en raison du droit d'hérédité ; le simple cultivateur (ceorl) pouvait y parvenir, moyennant qu'il satisfit à certaines conditions et qu'il possédât une propriété d'une étendue déterminée. Le mardiand acquérait le titre de thane dès qu'il avait fait à ses frais trois voyages par mer; et quiconque était en état de se procurer les armes dont faisaient usage les chevaliers, afin de pouvoir accompagner et escorter le roi quand il se rendait d'une de ses résidences à une autre, occupait déjà un rang intermédiaire entre celui de simple bourgeois, de vilain , et celui de thane , sans être tenu pour cela de posséder une propriété foncière. Le reste de la masse de la nation se composait de paysans ( appelés ceorls ou eotsets, et encore bures, c'est-à-dire paysans), placés dans des conditions à peu près semblables à celles des colons romains, et de serfs attachés aussi bien à la culture de la terre qu'ait service personnel du seigneur, et appelés theoxenan c. esne chez les Saxons, thraels chez les Danois. Mais ces différences s'effaçaient d'autant plus l'une par l'antre, que chacun pouvait devenir de serf homme libre, et d'homme libre thane et ealdorman. Il se peut que vers la fin de la période anglo-saxonne toutes ces différences de classes et de dignités se soient beaucoup rapprochées de l'isolement, de la séparation héréditaires, qu'acheva la conquête normande. Peu a peu les gouvernements des shires devinrent héréditaires et formèrent autant de fiefs "»«* par cela même, dans

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l'espace d'un siècle, de simples dignités. Sous le roi Jean les taris n'étaient plus déjà que la première classe des barons trausplautés en Angleterre par Guillaume le Conquérant, possédant ordinairement, il est vrai, de grands domaines, mais n'exerçant pas le pouvoir des comtes. On en in- Testità ce moment des fonctionnaires jusque alors secondaires

des s/iirest les chefs, les juges ou les éclievins des shires , dits shire-gerejan (vice-comités ou encore exact or es), de- Tenus plus tard les s h e ri/fs anglais, lesquels en sont demeurés en possession jusque de nos jours. Toute la propriété foncière Tut forcée de rccounaltre la suzeraineté des rois normands; tous les rapports civils et politiques se rattachèrent à l'hérédité. Les évéques et les abbés mitres entrèrent aussi dans les rang» des barons. Les différents propriétaires fonciers, à qui leurs biens rendaient le service militaire obligatoire, composèrent Tordre de chevalerie, du sein duquel sortit une noblesse divisée en deux classes : les comtes et les barons, seule investie du droit de figurer en pcrsouue dans la dicte du royaume (le parlement), tandis que l'ordre de chevalerie n'avait que le droit de s'y faire représenter. Il était tout naturel qu'au milieu de ces changements le nombre des cultivateurs libres diminuât et que des tenanciers libres fussent transformés en serfs asservis à la glèbe. Toutefois, la bourgeoisie, notamment à Londres, était déjà devenue trop puissante, et la classe des vassaux tenanciers (Jreeholders) trop nombreuse, pour que la direction opposée ne Peut pas bientôt emporté. L'insurrection populaire contre la tyrannie des barons, sous Richard II (1381), où il fut question de la suppression complète du servage et de tout ce qui s'y rattachait , était un signe avant coureur ; moins de deux siècles après, toute trace de servage avait à peu près disparu, excepté de la mémoire des érudits. Les propriétaires fonciers de toutes classes participèrent alors, en qualité de frteholders , aux élections de la chevalerie pour les députés au |>arlement ; et plus tard il en fut de même aussi des fermiers. 11 n'y eut plus d'exceptés que les paysans héréditairement censitaires {copyholders) , lesquels demeurèrent encore astreints à toutes sortes de corvées et de prestations en nature, jusqu'à ce que la reforme du parlement opérée en 1*32 leur eut rendu commun l'exercice de ces droits.

Aux deux classes de seigneurs dont il a été fait mention plus haut, les contes et les barons , il vint plus tard s'en adjoindre encore trois autres, à savoir : les ducs , les marquis et les vicomtes. En effet, Edouard 111, en 1355, créa son fils Edouard, le prince Noir, duc (duke) de Cornouailles; et, en 1362, ses deux plus jeunes llls, ducs de Clarence et de Lancastre. Richard II, lui aussi , créa ses jeunes oncles ducs d'York et de Gloucester, et, en 13*6, son favori Robert de Vère duc d'Irlande. Depuis lors la dignité de duc est demeurée Le degré hiérarchique le pins élevé dans la grande noblesse anglaise. Mais il n'y eut que le duc de Lancastre seul qui possédât un véritable duché, le quatrième fils d'Edouard 111, Jean de Gand , ayant obtenu le comté de ce nom à titre d'apanage avec droits complets de souveraineté. Quoique dès l'année 1461 ce duché eût fait de nouveau retour à la couronne, la constitution particulière dont il jouissait alors à titre de comté palatin (county palatine) s'est conservée jusqu'à nos jours, de même qu'un des membres du cabinet anglais continue toujours à exercer la dignité de chancelier du duché de Lancastre. Un grand nombre de familles obtinrent successivement la dignité de rf«c;mais dans les luttes sanglantes qui eurent lieu , pour la jiosRession de la couronne, entre les maisons d'York et de Lancastre, de même qu'à U suite de condamnations capitales prononcées pour crimes politiques, U plupart des litres de duc concédés alors sont depuis longtemps éteints. 11 n'existe plus aujourd'hui en Angleterre que deux titres de ducs antérieurs à l'époque de Charles II , à savoir celui des ducs de Norfolk, datant de 14*3 , et celui des ducs de Sommerai, datant de 1647. Charles II conféra la dignité ducale surtout à ses calants naturels. Depuis Us règne de Georges III,

le gouvernement sembla adopter pour principe de ne ptm désormais conférer le titre de duc à d'autres qa** des pria* de la famille royale. Depuis l'année 1766, Welliogtuti lut le premier qui, en 1*14, vit renouveler ce titre en st taw Après lui on créa encore les ducs de Buckingliam isjji, de Cleveland et de Sutheriand ( tous deux en 1»J3). U fk part des ducs possèdent en même temps des titra <k naquis, de comtes, de vicomtes et de barons; et on peut dite, en général, que les titres supérieurs impliquent la pou^vs de quelques autres titres inférieurs.

Comme degré intermédiaire entre les ducs et l«s conta, Richard U institua encore les marquis, en créant d'aboni . tu 13*5 , marquis de Dublin , Robert de Vère, picora «nui* i la dignité de duc. Le litre de marquis n'a jamais été cmmon, et même il n'en existait qu'un seul avant i7&9. Lu itjfc de chancellerie, les ducs et les marquis sout qualifiés de /races. L'ancien droit auglais qualifiait temeutde reguli ou dynastx.

Après les marquis viennent aujourd'hui, le troisième degré de la noblesse, les comtes (earu);ipm ceux-ci, les vicomtes , dont la création première renwk ; Henri VI, et qui ne furent jamais très-uombreu» ;eafa.«i comme lonnant la dernière classe de la liante noNe» a glaise, les barons. Chaque membre de la haute nettes* nçpit en outre la qualification de lord et est pair du rouan ( baron of parliament ). Le titre de lord attaché mite fions de maire, à Londres et à Dublin, est purement Mirifique et ne se prolonge pas au-dela du temps dVurtie* * ces fonctions. Les archevêques et évéques ont peur iw personne le rang et les privilèges de la haute noMe**> quels consistent plus particulièrement dans le èwl » séance au parlement ; droit que les seuls pairs anguitnffcent tous indistinctement , tandis que les pairs d'Eco* * ceux de l'Irlande n'en jouissent que par représentât»*, fe premiers au moyen de seize pairs qu'ils désignent «In eux , et les seconds par vingt-huit élections faites dente Les fils aînés seuls, dans la haute noblesse, héritent* toutes les dignités appartenant à leurs familles; et do de leur père ils portent ordinairement le second de » titres. Si leur père n'en a pas d'autres, quand il iW,» exemple, que comte, ils reçoivent la qualification de H Les fils aînés des vicomtes et des barons ne jootsseat p»* distinctions honorifiques de ce genre, tandis qw le»* pntnés des ducs ont le droit de faire précéder leur mu* famille du titre de lord. Quant aux autres privilège» haute noblesse, ils sont de peu d'importance. Es ■** criminelle , ils ne sont justiciables que de la chambre ha* mais en matière civile ils sont justiciables destrib*^ civils. Quand ils comparaissent en justice, on nele»** [>as à la formalité du serment; on ne l'exige d'eux q« l"* qu'ils figurent dans un procès comme témoins. Qedf» anciennes lois punissent de peines particulière les dis» lions dont ils peuvent être l'objet et qu'on qualifie *** dalum magnatum ; mais on a peu d'exemples de leirvpUcation.

Le petite noblesse (gentry), à ne considérer le»»4 ce mot qu'an point de vue ordinaire, se compose de*» ceux qui n'exercent pas de professions manuelles ou m 'r vent point d'un commerce de détail. Mais dans le ceux-là seuls appartiennent à la gentry, on ta d** * gentlemen, qui sont de naissance noble, par eon»*«°* tous les fils puînés de pairs et leurs descendants , tis^ 1 ceux qui par leurs fonctions et leurs dignités ont obte* * espèce de noblesse personnelle. Par conséquent, daaslw ordinaire, la noblesse Inférieure n'est point l« réwW < octroi spécial; c'est la suite naturelle d'une certaine p*** obtenue dans la vie civile. Elle n'est désignée par spécial, et ne prend d'autre qualification que celle ^ ( master ), qui ne peut se retuser à personne De * particuliers ont été institués par la royauté dasflta JJ"*^ savoir: les baronets, en première ligne, (chevaliers), et enfin tesesquires.

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la gentry et U bourgeoisie est si minime que, par exemple, Blackstone lui-même, dan» ses ( uniment aru* on t/tetaw u/b'ngland, assimile complètement la secoode à U première. Rigoureusement parlant , on comprend «Uns la classe de U bourgeoisie , autrement dite des commuer*, d'abord tous les propriétaires ronciers, dont U propriété rapporte un revenu net d'au moins 40 shilling* par an (yeomen ), puis tous les ouvriers et journaliers (tradesmen, artificer* and labourers). Comme partout, ils constituent la grande masse de la nation ; mais il n'est pas de pays au monde où l'abondance et U poignante détre»*e jtixu-posées offrent un plus frappant constraste que dans le Koyauine-Uni. Une des conséquences de cette grande disproportion entre la ricliesse et la misère, c'est que la classe intermédiaire des petits propriétaires va eu diminuant de plus en plus tous les jours, et que toute la propriété territoriale arrive de la aorte à se trouver concentrée entre un petit nombre de main»; de môme que ilans le commerce et les manufactures le nombre des mercenaires travaillant pour autrui s'accroît sans cesse et que leur situation va toujours en empirant Quant au» formes que revêt la propriété foncière, et qui exercent uue si profonde influence sur les rapports intérieurs de la nation , il faut d'abord observer que la classe des propriétaires fonciers libres, possédant leurs domaines d'après le droit féodal, bien qu'ils fussent tenus en raison de ces mêmes domaines a certains services de cour ou de guerre (knight service, grand serjeanty), un encore qu'ils dussent acquitter tous autres impôts et redevances (freesocage, vUlain toeage), ne fut jamais complètement anéantie en Angleterre. C'est de cette classe que proviennent les /reeholders actuels ; car dès le règne de Charles II on transforma tous les fiefs de chevalerie en fiefs ibres héréditaires (free and common tocage ), en même :emps qu'on abolit complètement toutes les servitudes et correes féodales, à Perception de celles appartenant à l'Eglise frank-almoigne) et des services de cour, comme, par '\emple, à l'occasion du couronnement des rois. Mais les mllivateurs ( villaint )astremU à des redevances et à des cordes j desquels proviennent les paysans censitaires actuels copgholders), étaient toujours considérés comme des i <>ui mes libres, sauf l'obligation de remplir ces diverses char- ;es et corvées. C'est ce qui résulte de la manière la plus -vidente de la triple juridiction en présence de laquelle on e trouvait dans les seigneuries féodales, et qui de nos jours tibsiste encore légalement, bien qu'on ne la rencontre plus |ue très rarement en lait. En effet, dans les affaires civiles, es possesseurs de francs-alleux composent le tribunal ( court •aron ai common lato, baron'* court, freeholder** court) titre d'échevins, sous la présidence du seigneur du dolâioe ou sous celle du bailli. Mais dans les affaires intervint des paysans corvéables, le seigneur du domaine est ! juge et applique les prescriptions du droit particulier e l'arrondissement dont dépend le domaine ( customary ourt ). En matières pénales, au contraire , tout ceux qui >nt domiciliés dans la circonscription de la seigneurie, les usst'iseurs de francs-alleux comme les paysans corvéables, eonealau nom du roi 1e tribunal d'enquête (court teet, liez les Anglo-Saxon* folhright), sous la présidence du ailli (steward), qui à cet effet doit être un junsconjlte. Les accusations de félonie et de trahison doivent être orlées devant les juges royaux. Dans les causes d'im|)ornice moindre, au contraire, il soumet lui-même la connaisiru e du fait à un autre tribunal d'échevins (jury ) et appliw la |>eine suivant la décision rendue par le tribunal. Montesqueu a beau répéter que ce qui fait la grande force : la constitution britannique, c'est la séparation exacte ji y existe entre les bois pouvoirs, l'exécutif, le judiciaire le législatif, il n'y a rien de moins fondé que cette aseer- >n. Aiasi , le parlement participe d'une manière aussi esnlielle qu'active » toutes les affaires du gouvernement : même qu'aux affaires judiciaires : dans la chambre des

l'administration publique, et au moyen de ce qu'on appelle les private bills ayant rapport k des établissements publics, à des déclarations de majorité, à des divorces, etc. ; et dans la ebambre haute, comme cour suprême de justice de la nation. De même le roi, dans son conseil privé, rend tout à la fois des décisions législatives et des décisions judiciaires. Enlin, les trois hautes cours de justice exercent une autorité assez semblable à celle des prêteurs romains, puisque leurs décisions ont jusqu'à uu certain point force de loi. Mais on peut dire en général que tes trots brandies distinctes dont la puissance publique se compose en Angleterre sont si étroitement liées, qu'il n'en est point qui, à bien dire, ait un organe qui lui soit exclusivement propre. 11 faut donc considérer la position respective du roi et des deux chambres dont se compose le parlement, comme un mélange de monarchie, d'aristocratie et de démocratie. Quoique les projiriétaires ronciers continuent toujours k exercer une puissante influence dans la chambre des communes, force leur est d'avoir constamment égard aux besoins et aux sentiments des masses en raison de la vaste extension donnée à la capacité électorale comme aussi k cause de la facilité qu'ont les niasses de s'organiser pour la défense de leurs intérêts , vrais ou supposés, tant par 1a voie directe de l'association que |»ar la voie indirecte de la presse.

La puissance royale porte aujourd'hui en Angleterre les signes originels qui la rattachent à l'ancienne constitution des populations germaniques. D'abord simples chefs d'une libre association de guerriers, les rois devinrent k la longue les seigneurs suieraius du pays, ses législateurs et ses juges. En effet les décisions prises par le parlement continuent k avoir la forme d'humbles suppliques, que le roi est libre de repousser rien qu'en se servant de cette vieille formule Le roi t'avisera ; et pendant longtemps les juges supérieurs de Westminster ne dépendirent que du roi, qui seul pouvait les destituer. Mais 1 autorité royale est restreinte par une foule de précédents et d'usages. Il est déjà irrivé plusieurs fois que le parlement empiétât violemment sur les prérogatives et les droits de la couronne ; mais quelque grande que soit la puissance du parlement, il ne peut cel'opinion publique, quand elle est i t exprimée. Des lors les Anglais ont j faitement raison de dire qu'il y a dans leur constitution trois points dont il est extrêmement difficile d'exposer au juste la nature, de même que d'en tracer les limites d'une manière bien précise, k savoir : les prérogatives de la couronne, les privilèges du parlement, et les libertés du peuple. Ici encore on retrouve la constitution anglo-saxonne pour base. Sans doute elle hit modifiée par ce qu'on appelle la conquête de Guillaume 1** (1696); mais elle ne subit point de changements essentiels. Les principales modifications introduites alors consistèrent dans l'application général du système féodal, dans une extension plus grande donnée aux droits seigneuriaux, et dans l'inlnnluction de l'organisation judiciaire jusque alors particulière a la seule ."Normandie. On conserva d'ailleurs tout ce que l'ancienne constitution avait de plus essentiel, par exemple U puissance législative exercée par la nation dans une double assemblée : le Witenagemote, c'est-à-dire rassemblée des plus sages , en d'autres termes des évèques et des grands, et l'assemblée générale du peuple, le mteelgemote , ou grande assemblée : et la puissance judiciaire dont le peuple était investi à l'égard des individus appartenant à sa classe dans le court-baron, et dans le court-ieet sur les individus domiciliés dans la circonscription d'une seigneurie, dans le tribunal du comté ou county-court, et dans \ettheriffs turn, ou tribunal criminel du comté, dans les assises et dans le jury, enfin dans la chambre haute sur les pairs. Des lettres royales successivement rendues jusqu'à Henri III diminuèrent peu à peu ce qu'il y avait d'odieux et d'exagéré dans les droits seigneuriaux. En Angleterre il u'y a point, k*bfcn dire, de ces lois fondamentales systématiques devenues si fort en usage sur le continent depuis une soixantaine d'années; et les

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innombrables lois qui formant ce qu'on appelle le droit statutaire y ont toutes une valeur égale aux yeux du jurisconsulte. Toutefois, il est possible d'établir les divisions principales suivantes, comme formant les grandes lois fondamentales : 1° l'ancienne cliarte de liberté (Char ta libertatum) du roi Henri 1"; 2* la Magna char ta ou grande charte, de 1215; 3° la Pétition o/ rights, de 1627 ;4° l'acte A1 H abeas corpus, de 1679: 5° la declaration ofright, ainsi que la capitulation que Guillaume III fut obligé d'accepter en 1689 pour obtenir la couronne ; 6" l'Acte de Succession (i4c< of Seulement) de 1701 et celui 1700 ; 7" l'Acte d'Union entre l'Angleterre et l'Ecosse, de 1707 ; »° l'Acte d'Union entre la Grande Bretagne et l'Irlande, de 1800 ; 9° l'Acte d' Émancipation, du 13 avril 1829; 10" l'Acte de Réforme parlementaire pour l'Angleterre, en date du 7 juin 1832, celui du 17 pour l'Ecosse, et celui du 8 août de la même année, pour l'Irlande.

La couronne du roi de la Grande-Bretagne est héréditaire, d'après des lois spéciales que le parlement a le pouvoir de changer. Elle se transmet dans l'ordre et d'après le droit de pritnogéoiture. A cet égard on suit rigoureusement l'ordre des lignes , de telle sorte que les femmes de la ligne atnée remportent sur les mâles des lignes cadettes; mais entre soeurs et frères, ce sont les frères qui, bien que puînés, obtiennent la préférence et montent sur le troue. La couronne passe immédiatement à l'héritier légal, sans qu'il soit pour cela nécessaire de procéder à une prise de possession particulière. Il n'y a pas d'interrègne; et en Angleterre , comme en France, on reconnaît ces deux principes : « Le roi ne meurt pas », et « Le mort saisit le vif ». Le roi est majeur à dix-huit ans. Far son testament, le roi règle la régence pendant la minorité; et s'il a omis de le faire, c'est au parlement qu'incombe ce soin. L'héritier du trône, quand il est le fils aîné du roi, porte le titre de prince de Galles, que d'ordinaire le roi ne lui confère que quelques années seulement après sa naissance. Ce fib aîné vient-il à mourir avant d'avoir ceint la couronne , son litre de prince de Galles passe au fils aîné qu'il laisse, mais jamais à des frères ou à tics cousins. Le premier qui |>orta ce titre fut le prince devenu plus tard roi sous le titre d'Edouard II. Aux termes d'une décision rendue par Edouard 111, le fils aîné du roi reçoit à sa naissance les titres de duc de Cornouailles , comte de Cliester, duc de Rotheaay et comte de Flint, de grand-écuyer d'Angleterre et de comte de Carrick. Le couronnement du roi a lieu dans l'abbaye de Westminster, par l'entremise de l'archevêque de CantorWry , et celui de la reine par l'entremise de l'archevêque d'York. Les grandes charges de la touronne, dont le roi dispose toujours suivant son bon plaisir, sauf deux, demeurées héréditaires, sont celles de : 1° grand-chancelier (lord Uigh Chancelor), en même temps garde du grand sceau ( keeper of tlie great seal); 2° grandtrésorier ( lord High-Treaturer ) , président de la trésorerie, dont les fonctions depuis Georges I" sont remplies par cinq commissaires, auxquels on donne la qualilicatioa de lords de la trésorerie; le premier exerce en même temps les pouvoirs de président du conseil ou de premier ministre; 3" président du conseil d'Etat ou conseil privé (lord Président of the privy Councii); 4° lord du sceau privé ( lord privy seal ) , chargé d'apposer le sceau privé sur tous les privilèges, donations et autres documents émanant du roi, et qui sont ensuite, si cela est nécessaire, revêtus du grand sceau; 6° grand-chambellan ( lord Uigh Chamberlain ) ; 6" graud-maréchal ( lord earl Martfial), qui connaît en même temps comme juge de toutes les disputes et contestations qui surviennent en matières généalogiques et héraldiques; charge restée héréditaire dans la maison des ducs de Norfolk, lesquels, étant catholiques, la firent toujours exercer par un représentant jusqu'à l'année 1829, époque oo eut lieu l'émancipation des catholiques; V grand amiral ( lord High-Admiral ), ou juge suprême de tcvtes les questions relative* à la navigation sur les mers

et sur les rivières, charge aujourd'hui remplie par daq commissaires, dont le premier porte le titre du premier lord de ramirauté. Il existe en outre en Ecosse, depuis ta nknion de ce royaume avec l'Angleterre, cinq hauts fonclioonaires de la couronne. Dans la Grande-Bretagne k roi « , fait qu'un avec tous ses prédécesseurs , de meut qu'aie tous ses successeurs futurs; it constitue à lui seul ont m poration. Le parlement a fait usage de son droit Je ctwagi l'ordre de succession au trône , à l'époque des luttes «Ik les maisons d'York et de Lancastre et surtout lors de u révolution de 1688, d'abord en excluant du trône Jacquet II et les descendants Issus de son second mariage, et par \'M of Settlement de 1700, qui restreignait le droit desucceiww à la descendance protestante de la princesse Sophie, On cadette de Sélectrice palatine Elisabeth , fdle du roi Jacques Iar d'Angleterre.

L'autorité du roi est limitée par celle des lois, quoique li question de savoir si elle dérive d'un contrat primniveroni intervenu entre le peuple et la couronne, ou bien ri die rtpose sur un droit de souveraineté provenant iimnédiatewii de Dieu lui-même ( b première de ces opinions est ode whigs, et la seconde celle des tories), ait été plutôt e. qnivee que décidée constitutionnellement. Mais comme,* tout depuis la restauration, il est passé en principe <wll s saurait y avoir dans l'Etat de pouvoir supérieur à la rotaotr, que les actes du roi ne sont soumis à aucun contrôle, ri f* lé roi doit être placé au-dessus de toute espèce de nspoaabilHé, d'où la célèbre maxime : « Le roi ne saurait nul Caire >, devenue l'un des premiers principes du droit politiqK, il a fallu trouver les moyens de retenir le gouvenwani dans les limites de la légalité; et de cette nécessité il ed résulté un système des plus habiles. Ainsi, tous les arts* la royauté sont déclarés et supposés conformes à l'esprit it la loi', de même qu'il est admis qu'il ne saurait entrer dus les intentions du roi de rien faire de contraire aux lob. Ci n'est point au monarque, mais seulement à ses conseillai qu'on attribue toute «légalité flagrante ; aussi ses connues de même que tous ceux qui concourent a rexécnb'oo é« acte contraire à la loi, peuvent-ils être pris à partie dp*rsuivis, sans qu'il leur soit permis de se retranclter dm*" les ordres du roi. Ce système de responsabilité est une <k bases essentielles de la constitution britannique; nulle \<i il n'est aussi complètement développé et mis en pratkpt. nulle part le respect pour la personne du monuoef^ s'allie à autant de garanties pour la liberté des citoyen» qu'« Angleterre. Cest en vertu de ces principes qu'il est tost* île regarder comme nou avenus les ordres du roi qui «*" en opposition avec la lettre de la loi, par exemple «« grâce accordée en violation de la constitution ou toute wt* concession analogue , attendu qu'en pareil cas oo pfpunc exception légale, par exemple que la grâce accordée »? saurait entraver le cours de la justice ni préjudicierandn^ d'autrui, ou bien on suppose que le roi a été trompé U parlement et les cours de justice ont également le drort Je discuter librement la légalité d'un tel acte de gouvernement, et le parlement en particulier de même qne toul membre delacltambrehaute individuellement ont le droit d'à*** des représentations au roi à ce sujet. Tout pair est en dW * conseiller né du monarque ; a ce titre, il a le droit ét » demander une audience particulière pour lui dooaer s* avis sur ce qu'il convient de faire pour le bien et la pr*péri té de l'Etat. Les loto anglaises ne contiennent a*0* disposition en prévision de l'intention où serait le roi de*' traire la constitution, attendu que U maxime : • U w " saurait mal faire » , n'admet même pas la possibiBlé fm» telle supposition. Il est admis et reconnu en prindpe «t* toute tentative directe et avérée de mettre la cnastittti* à néant équivaut à un acte d'abdication ; toutefois, I» «F* tion de savoir quels sont les actes qui peuvent cociow une attaque à la constitution est demeurée jusque KrVi' dlini sans solution. Enfin, les simples particuliers ont f«* caces garanties contre les abus de pouvoir dans l'acte M*

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beas corpus, dans le droit de prendre a partie les fonctionnaires, dans celui d'exposer leurs griefs au parlement, et surtout dans l'exercice de la liberté de la presse. Il n'y a pas de tribunal qui puisse connaître de réclamations personnelles élevées contre le monarque ; en pareil cas , les plaignants n'ont pas d'autre ressource que de s'adresser au lord chancelier, pour que celui-ci , après avoir pris connaissance des faits, donne son avis au roi et l'engage à faire droit à une juste réclamation. Toutefois , dans les plaintes réelles dont la couronne peut être l'objet, il existe des moyens de droit d'une nature spéciale.

En ce qui est des limites fixées à l'autorité royale dans les diverses branches de l'administration, par exemple en ce qui est de la distribution de la justice, dont le rûle est de servir de médiatrice entre la puissance publique et U liberté individuelle, U n'est guère possible au roi, non plus qu'à ses ministres, d'en arrêter le cours. Le roi n'a d'autre rôle que relui de protecteur de l'ordre légal , mais il n'a pas le pouvoir d'en exécuter les prescriptions. Il ne saurait imposer a aucun fonctionnaire public des obligations plus étendues que celles qui sont déterminées par la loi ; et tous les ordres retntils à la situation légale des citoyens sont nuls en fait comme en droit quand ils n'émanent pas directement des rours de justice ou des tribunaux. Le droit de faire grâce riont la royauté est investie est d'ailleurs soumis à de nombreuses et importantes restriction*. L'exercice de ce droit de ;race ne saurait préjudicier aux droits particuliers des citoyens, ni arrêter le cours d'une instance une fois cornîiencéc, quand c'est la chambre basse qui se porte accusarice contre de hauts fonctionnaires publics. Le Jugement tne fois rendu, le roi peut bien remettre ou mitiger la >eine; mais il ne saurait relever de l'incapacité de remplir lésonuais aucune fonction publique qu'implique toute conlamnation prononcée à l'occasion de certains crimes et délits >oli tiques dont la liste est assez longue, et notamment en nalière d'abus de pouvoir. Aussi, en cas de plaintes portées <>ur violation de l'acte d llubeus corpus, le roi ne fait il •mais usage de son droit de grâce, non plus que lorsqu'il a plusieurs prévenus en cause, tarit que l'aftaire n'est oint définitivement jugée , de même qu'il est de principe en i.rtière de lettres de grâce que les tribunaux ne sont pas •nus d'y avoir égard quand ils ont lieu de croire qu'elles ut été surprises à l'aide d'un faux exposé des faits. C'est également dans la période anglo-saxonne qu'on ouve la base de la composition du parlement. Aux preiers temps de la période normande, celte institution reçut i système féodal une forme particulière , parce qu'en général n'y avait alors que les vasscaux immédiats de la counne qui se rendissent à la cour trois fois (buis l'année, à >cl, à Pâques et à la Pentecôte. Sons le règne de Henri III, i^urpateur Simon de Montfort, comte de Leicester, eut t nouveau recours à une assemblée générale de la nation ur laquelle il convoqua en 1265 deux députés de la chelerie de chaque comté et deux députés de chaque ville i bourg royal (ci tics and borouglu). Sans examiner si fut là réellement une innovation, et non pas la remise

pratique d'un antique usage, nous nous bornerons à nstater que Henri III, dés qu'il eut récupéré sa liberté fn t arrivé au pouvoir, s'empressa d'imiter celte mesure. < assemblées d'états se réunissaient le plus souvent dans m£me local. C'était seulement dans les cas difficiles que prélats, les barons et la chevalerie formaient une aanl>Iée distincte de celle des représentants des villes et liourgs; mais ils présentaient en commun leurs réponse ; «questions qui leur étaient lésées par la couronne. C «ous le régne d Edouard III (1327 1377 ) qu'eut lieu i r la première fois la division en chambre haute ( House >>rers), composée des prélats et des seigneurs temporels, (-il chambre basse ou des communes (Uouse of com- >i x ), dans laquelle la chevalerie se réunissait avec les dé- .<;-> des communes ; séparation restée depuis lors une instion pertuauente. Les archevêque* et les évéques, eu

vertu de leur dignité ecclésiastique, étaient de droit membres de la chambre haute ; sans compter qu'après la conquête normande , tous les domaines dépendant de leurs siégea respectifs avaient été érigés en fiefs et soumis à toutes les obligations des fiefs. Avant Henri III, vingt-sept aLbés mitrés et deux prieurs faisaient partie de la chambre des lords; la suppression des couvents mit fin à on tel état de choses. Les pairs séculiers n'étaient pas toujours de droit membres du |>arlement ; il fallait encore que le roi les y eût appelés. Toutefois, la pairie, c'est-à dire la dignité de lord, devint à la longue inséparable du droit de siéger au parlement et Pimpliqua même. Mais de son côté le roi conserva le droit d'augmenter le nombre des pairs suivant son bon plaisir, quoiqu'il ne puisse plus aujourd'hui enlever la pairie à relui qui en a une fois été investi. Sous le règne de Georges I*r, la chambre haute adopta un bill qui limitait le nombre des pairs nouveaux que le roi aurait à l'avenir le droit de créer; mais la chambre des communes reconnut la tendance aristocratique d'une loi de cette nature , et la rejeta. Il n'y a pas de roi d'Angleterre qui ait fait un aussi large usage de cette prérogative que Georges III. De 17*0 à 1820 ce prince créa, rien qu'en Angleterre, et sans compter l'Ecosse ni l'Irlande, 2 ducs, 16 marquis, 47 vicomtes et 1 86 barons ; de sorte qu'à sa mort le nombre des pairs d'Angleterre s'élevait à 291 , tandis que sous Henri VII on ne comptait encore que 29 lords temporels, sous Jacques 1" que 106, et en 1673 que 154. Ln réunion de l'Ecosse avec l'Angleterre eut pour résultat d'augmenter la chambre hante de 16 pairs représentants de la pairie écossaise, élus par elle dans son sein, et conservant leur mandat jusqu'à leur mort. La réunion de l'Irlande Par- I crut encore de 16 membres à vie, choisis parmi leurs collègues par les pairs d'Irlande, et de quatre évéques irlandais. En vertu du bill d'émancipation, sept pairs catholiques vinrent le 23 avril 1829 reprendre leur siège au parlement, à savoir le duc de Norfolk, le comte de Shrcwsbury, les lords Clifford, Arundell, Donner, Stafford et Petre. A la fin de 1852 la chambre haute se composait de 3 princes du sang, 20 ducs, 21 marquis, 116 comtes, 22 vicomtes, 201 barons, 26 archevêques et évéques anglais; par conséquent, y compris les représentants de la pairie écossaise et de la pairie irlandaise, elle comptait en tout 457 membres.

Jusqu'à la réforme parlementaire, la chambre des communes se composa de 658 membres, à savoir : 513 pour l'Angleterre et le pays de Galles , 45 pour l'Ecosse, et 100 pour l'Irlande. Mais la répartition en avait lieu de la manière la plus inégale, aussi bien eu égard au chiffre de la population que sous le rapport de la propriété territoriale. En vertu des droits conservés par les bourgs-pourris, 354 individus y nommaient à eux seuls 56 députés à la chambre «les communes, |>ar conséquent la onzième partie de eette assemblée. Dans le comté d'York on comptait une population d'un million d'âmes, tandis que le comté de Rutiand n'avait que 20,000 habitants; et cependant l'un et l'autre envoyaient chacun an parlement deux députés choisis parmi les propriétaires fonciers. Chacun des 21 comtés du pays de Galles et des 33 comtés d'Ecosse nommait un député ; cependant les six plus petits comtes d'Ecosse étaient reunis sous ce rapport, de sorte que Caithness et Bute, Oackmannan et Kinross , Croiuarty et Nairn élisaient toujours en sembla un député. Les 32 comtés d'Irlande envoyaient chacun deux députés. Tous les possesseurs de fiefs {Jreéholders) d'un produit annuel de 40 shillings et au-dessus prenaient part aux élections. Mais comme le nombre des propriétaires fonciers varie beaucoup dans les différents comtés, on comptait, dans le comté d'York par exemple, jusqu'à 16,000 électeurs. Dans quelques autres, au contraire, la propriété fon* cière se trouve tellement concentrée entre un petit nombre de familles, qu'à elles seules elles nommaient le on les députés du comté. C'est ainsi que 11,000 individus environ se trouvaient investis du droit de nommer la moitié de tous les représentants de l'Angleterre et du pays de Galles.

En Ecosse, les 30 députés de comtés n'étaient élnsquc par 2,767 propriétaires fonciers. Il n'y avait en effet d'électeurs dans ce pays qne les vassaux immédiats de la couronne, et il n'y avait pas de comté où l'on en comptât plus de 220 ; dans le plus grand nombre, ce chilfre n'allait même pas a 100. Dans te comté de Clackmannan, il n'était que de 16; dans celui de Nairn, que de 20; dans celui de l'eeble, que de 34 ; dans celui de Sutlierland, que de 35. En Irlande, on s'était tu forcé de déclarer de simples fermiers électeurs a Tic, parce qne sans cela le nombre des propriétaires fonciers aurait été beaucoup trop faible pour figurer une assemblée électorale. En revanche, en 1829 le cens électoral fut abaissé en Irlande de 40 shillings à 10. Quoique sur les 92 députés des 40 comtés d'Angleterre et des 12 comtés du pays de Galles, il y en eût 46 d'élus par un petit nombre de grands propriétaires, appartenant pour la plupart a la haute noblesse, ces membres du parlement désignés sons la dénomination de knigktt of shires (chevaliers de comtés) n'en étaient pas moins considérés comme les membres de l'assemblée les plus indépendants. En effet , en ce qui est de la représentation des villes et bourgs , pour laquelle l'Angleterre fournissait 405 membres, le pays de Galles 12, l'Ecosse 15 et l'Irlande 35, l'état des choses était encore autrement vicieux. La représentation des villes s'était constituée an hasard. A l'origine, toutes les localités pourvues de lettres royales d'affranchissement, les bo ro u ghs aussi bien que les villes chef* lieux de province (sièges d'évêché, ciliex), étaient tenues d'envoyer des députés au parlement, alors même qu'elles se trouvaient placées immédiatement sons l'autorité du roi. Mais elles cherchaient, autant qu'elles le pouvaient , à s'affranchir d'une obligation qui à leurs yeux était une charge des plus onéreuses, un service, et non un droit ou un privilège. Aussi, à l'avènement au trône de Henri VIII, le nombre des députés des villes n'était-il plus que de 209. Par suite de la remise en vigueur d'antiques franchises électorales, et aussi en vertu de concessions nouvelles, ce nombre s'accrut successivement de plus d'une centaine jusqu'en 1678. L'incorporation du pays de Galles à l'Angleterre l'augmenta encore de 12; et celle des anciens comlés palatins de Chcsler et de Durham, de 4. Beaucoup d'entre ces localités investies de franchises électorales avaient perdu tout on la plus grande partie de l'importance qu'elles avaient autrefois ; et comme quelques-unes étaient même devenues complètement désertes (c'est ce qu'on appelait des rotten-boroughs ) le droit de nommer un membre du parlement y était attaché à un petit nombre de maisons seulement (a cet égard on citera toujours Old Sarttm pour exemple), ou bien se trouvait concentré aux mains de quelques familles. Dans certaines grandes villes, le droit électoral n'était attribué qu'aux francstenanciers (Jrecholdeis ), ou même à un certain nombre de mouvances du fief originaire {bourgage tenures), de telle sorte que le nombre des électeurs y était extrêmement restreint. Or, ces quelques électeurs étaient le plus ordinairement places sous la dépendance ou tout au moins sous l'influence de quelque grande famille d'Angleterre : c'est là ce qui explique comment une douzaine de familles aristocratiques disposaient à elles seules de plus de cent sièges dans le parlement. Quant an petit nombre de sièges demeurés en dehors de ces influences, pouvant par conséquent être occupés par des membres Indépendants, ils donnaient ordinairement lieu au plus ignoble des trafic*. Le prix fait pour une place de représentant d'une |ietitc localité était 5,000 liv. sterl. (155,000 fr.) Et pendant ce rempi-ra des cites d'une importance immense, telles que Manchester, Birmingham, Leeds, Sheffield et une fbnle de villes de 10 â 40,000 âmes , ne participaienten aucune façon à la représentation nationale.

Il ne faut donc pas s'étonner qu'une meilleure organisation du système électoral, que la réforme parlementaire, fussent au nombre des voeux le plus généralement partagés dans le pays. En revanche, on n'a pas de peine à comprendre quels pou raient être les molifs qui s'opposaient â une telle réforme ; car ce n'était plus la couronne, mais une oppressive

GRANDE-BRETAGNE

aristocratie dont il s'agissait de diminuer l'inflnenre. Fjvfir en 1832, après avoir occupé les esprits pendant pris de cinquante ans, la réforme parlementaire fat concerto m le ministère de lord Grey par les lois du 7- juin pu» f Aagleterre et le pays de Galles, du 17 du même mwp"l'Ecosse, et du S août pour l'Irlande. Son principal rtsuiw fut de replacer les droits électoraux dans les maint de* diws moyennes; que si les provinces manufacturières cta sort <t de l'ouest y ont gagné en influence, les conrté* strient* * sud et de l'est ont vu celle qu'ils avaient exercée jusqnrshn diminuer dans les mêmes proportions. Le nombre total ta représentants n'a d'ailleurs point changé; seulement, f* l'Angleterre il a été réduit de 513 a 500; tandis qw pt* l'Ecosse on ('élevait de 45 à 53, et pour llriamk it m A 105. Le résultat vraiment important de b réforme («r tementaire, c'est que le droit de représentation a riéok* à de petites localités pour être attribué à de jjramiw *» dont les populations étaient restées jusque alors non rqw» tr'es; c'est que la choquante inégalité qui existait, tek» a sein de certaines villes, pour l'exercice du droit éSfrt.Tili été abolie ; c'est qu'aujourd'hui tous les véritables baNuitd'une ville possédant une maison ou un logement Jim p duit annuel d'an moins 10 liv. sterl., et qui ne «stp* inscrits au bureau de charité , jouissent des droit» ebrî» raux ; c'est que dans les comtés populeux , le nombre A* i»présentants a été porté de I à 2 et .1, et même i «i*r l'important comté d'York ; enfin, que ie droit électoral, cédemment réserré aux seuls possesseurs de frincHfrc (freeholders ),, a été étendu aux possesseurs de bien** véahlea (copyholders ) et aux fermiers ( leostholdm :. rt suite de la réforme, le droit de représentation fntn»"' à 5R localités; mais, en revanche, 22 villes, comme *>.• chester, Leeds, Sheffield, Davenport, etc., obtinreatleW d'envoyer chacune deux députés au parlement, en aVrr temps que 20 villes moins importantes obtenaient tM 0 en envoyer chacune 1. En résumé, 26 comté* est** aujourd'hui au parlement 144 représentants; 133 'if»'1 bourgs, chacun 2 ; 53 bourg», chacun 1 ; la ville de Lw*W* ' et les universités d'Oxford et de Cambridge, rliacme général pour l'Angleterre : 471 représentant*. Dawtp^ de Galles, trois comtés ont chacun 2 députés, etaeilrn* ehacun 1. Quatorze bourgs en ont aussi chacun porte le nombre total des représentants du [vm 4s G* h 29.

Le parlement n'est |*r constamment réuni ; i Ur»j»* seul pouvoir permanent, appartient de te comuqow * le dissoudre. Le terme le plus long assigné a ton ni*r est sept années ; et â l'expiration de ce délai, H y » ^ tion pour la couronne de le dissoudre et d'appeler h à élire une nouvelle chambre des communes. U««'** tion d'un nouveau parlement a lien au moyen de lettre d** adressées à chaque lord individuellement, et «• 0,1 d'ordres donnés aux comtés et aux villes d'avoir i Su b* députés respectifs. Le parlement tient ses séance 5 * nouvel et magnifique édifice construit à Westmi^^ remplacement de celui qu'un incendie détruisit f**"!-* tlèrement en 1834, et dont f inauguration a eu Béa* ^ Sur le premier plan de la salle on se réunit la ctian>!<rr t* se trouve le trône royal, d'où on couloir conduit * * de la salle entre deux rangs de sophas, ayant U sacs de laine et rouges, où prend place le lord du»^ Des deux cotés du trône sont disposés les sièges oes

la droite sont les archevêques, les ducs, les marquK & gauche, lesévêques ; en face, les barons. Sur le pre»xr[* de la salle des séances de la chambre basse se trwr* * * teuil de Votolmr ou président, fauteuil surmonti? * son aux armoiries royales. Le président porte un **** tique et suranné, ainsi qu'une immense perruque- H* lui une table, snr laquelle on dépose les acte* d i prennent place tes secrétaires sténographes de »» ri*- Les sièges des membres de l'assemblée formeot rangs autour de la salle. A la droite s'a

GRANDE BRETAGNE

qui soutiennent l'administration, et à la gauche ceux <|iii font partie lle l'op|»o*itioii. En face de Vnruteur ou président est la lo§e on tribune destinée au public, lequel, en général, ne se compose guère que des sténographe* attaché! à la rédaction des divers journaux. Lee membres de l'assemblée, loin de porter un costume officiel, assistent

parfois aux séances vêtus de

A m.uner I.

a plus négligée, et

ci habitude «ardent leur chapeau sur la tète : chacun parle de m place et aans la moindre Rêne; car c'est chose une fois pour toutes admise et convenue que les parole* , même les plus arrières, qui s'échangent dans cette enceinte ne peuvent jamais aruéf rien d'intentionnellement blessant et doivent s'oublier aussitôt la séance levée. Chaque membre a le droit d'Introduire des auditeurs. Cependant, a bien dire, les séance» d'aucune des deux chambres ne sont publiques; ce n'est même qu'an moyen d'une fiction que des étrangers sont admis à y assister. Cette fiction consiste à supposer qu'il n'y a de présents dans la salle que les membres de l'assemblée, et à considérer tous autres individus comme n'existant pas. L'ouverture du parlement a lieu par le roi (ou la reine) en personne , qui à cette occasion s'y rend en grand apparat, prend place sur le trône et prononce un discours ; queiquefV lis austM cette formalité est accomplie par des c wninissaires. I.a séance royale se tient dans le local de la chambre haute, h la barre de laquelle les membres de la chambre ba>1»' ont été mandés. Chacune des deux chambres, une fois réunie i le local particulier de ses séances, répond au discours du r une adresse qui est votée sans désemparer. Quand les membres (sauf ceux qui professent la religion catholique ) ont prêté le serment de suprématie (Oath of tuprernncf ) introduit par Henri Vlll, et consistant a reconnaître le roi comme chef de l'Église, plus le serment du Test; puis, quand ceux de la chambre basse ont en outre prêté le serment de Adéuté à la couronne ( Oath of allegiance ), la chambre des communes procède à l'élection de son orateur {speaker) ou préaident, et A la formation d'un comité de cinq membres, chargés, l'un du maintien des droits et des privilèges de la chambre, l'autre d'examiner les griefs du peuple, un troisième les élections contestées, un quatrième l'état du commerce dans le pays , et le cinquième enfin les affaires ecclésiastiques. Le lord chancelier préside de droit la ctiambre haute. Chacun des membres du parlementa le droit de présenter des propositions de loi et des motions d'ordre ; mais elles ne sont prises en considération qu'autant que quelque nuire membre de rassemblée les appuie. Les lords seuls, s'ils sont absents, ont droit de voter par l'intermédiaire d'un collègue auquel ils confient leurs pouvoirs; c'est ce qu'on apl«elle des proxies. Le parlement prend d'ailleurs une part «les plus iuqiortantes à l'administration du pays cl a la distribution de la justice.

La chambre haute, en tant qu'ancienne cour des barons du royaume, et de laquelle- les trois cours supérieures siégeant à Westminster n'ont fait que se séparer, forme toujours le degré de Juridiction le plus élevé que possède la nation. En matières civiles , elle juge en dernier ressort, et fonctionne en même temps comme cour de cassation , investie qu'elle est de la prérogative de connaître des instances en annulation élevées contre les décisions rendues par les eours supérieures d'Angleterre , d'Écosse et d'Irlande. I-es appels et instances eu annulation (writs o/error) des arrêts rendus par les cours des Iles de Man, Jersey, Guernesey , etc., et du Canada , res sortissent au conseil privé du roi. tn matières criminelles, les lords siègent comme juges ou jurés , et forment une cour de justice sous la présidence du lord grand-intendant (lord fUgh-Stevart), cm qni arrive toutes les fois que le prévenu est un lord. La dignité de lord grand-intendant était autrefois héréditaire j mois aujourd'hui on n'en revêt jamais quelqu'un que temporairement et pour le jugement «le chaque affaire spéciale, lorsque le parlement est réuni , la cour de justice se constituée ou, comme on dit, le roi est en parle- (tht kme in parhament), sans qu'il soil

ment nécessaire de nommer un lord grand-intendant. D'autres que des lords peuvent être traduits devant la chambre haute , notamment quand c'est la chambre basse qui se porte accusatrice. On observe alors rigoureusement toutes les formes de la procédure criminelle, et l'arrêt ne peut être rendu qu'à la majorité d'au moins douze voix. Ces sortes de causes sont plaidécs avec la plus grande solennité ; mais elles entraînent d'interminables lenteurs, et occasionnent des frais énormes. Les procès les plus remarquables de cette nature dont on ait conservé le souvenir furent celui du Gouverneur général des Grandes-Indes, Warren Hastlugs, accusé de concussions et d'actes de cruauté, et qui ne dure pas moins de sept années; celui du ministre de la guerre Dundas, vicomte Melville, accusé de malversations; celui dn duc d'York, accusé d'avoir, en sa qualité de généralissime de l'armée, vendu des brevets d'officier; enfin , celui de lord Cocbrane. Les arrêts de la cour des lords reçoivent des dénominations différentes , suivant la gravité des condamnations qu'ils prononcent. Ainsi, on les appelle Acts o/af* tainder quand ils contiennent nne condamnation capitale, et Bitls 0/ pains and penaldes quand il s'agit de peines moindres. Le droit de traduire un accusé devant cette juridiction exceptionnelle peut être exercé par chacune des deux chambres. La cour n'est point tenue d'observer les formes ordinaires de la procédure, non plus que d'appliquer les pénalités voulues par les lois existantes; mais pour recevoir son exécution , l'arrêt qu'elle rend doit être approuvé par les deux chambres et sanctionné par le roi. Cest ainsi que furent jugés Anne Howard, femme de Henri VI II; Thomas Wentworth , comte de Strafford, ministre de Charles 1er, etc., etc.

Au treizième siècle, au temps du roi Édouard 1" ( lî7î), les lois étaient encore rédigées en latin. Plus tard , vers l'époque de Richard III ( I48J), elles le furent en français normand; mais depuis cette époque elles l'ont été en langue anglaise. Le nombre des lois publiées depuis la douzième année du règne de Henri III Jusqu'à la fin de celui de Charles I'r, c'est-à-dire pendant une période d'environ quatre siècles, a été de 3,316. Les {pis et ordonnances promulguées sous la république et sous le protectorat, ayant été abolies à l'époque de la restauration , il a été difficile d'en retrouver les traces ; mais d'après un ouvrage de ce temps-la , on estime à quelques centaines la quantité de lois, décrets et ordonnances , publiés dans le cours de ces onze années. Un grand nombre de ces pièces curieuses affectaient le ton des édite impériaux de la vieille Home. Depuis la mort de Crom vieil jusqu'à la fin du règne «le Georges II ( 1660-1760 ), 5,644 lois ont été rendues sur toutes espèces de sujets, fendant le long règne de Georges III ( soixante ans), il en parut 14,600 ; sous celui de Georges IV , 3,223 ; sous Guillaume IV, 1,602; et dons les seize années du règne de Victoria , 5,334. Total depuis Henri 111 (II») jusqu'à nos jours, 34,319.

La liberté est revendiquée par les Anglais comme un droit de naissance ( Birth right). C'est la source du 1er me attachement qu'ils ont tous pour les institutions de leur pays; et cependant les droits dont Us jouissent ne sont que ceux que tout bon gouvernement devrait assurer aux citoyens d'un État. Mais ce qu'il y a surtout de remarquable dans la constitution anglaise, ce sont les moyens quelle fournit à chacun de taire respecter son droite! d'invoquer l'appui des lois. Une maxime de droit public universellement reconnue en Angleterre , c'est que chacun est libre de foire ce qui n'est point formellement interdit par la loi. Il en résulte que les citoyens ne sont pas tenus d'obéir sans réserve au gouvernement, c'est-à-dire à toute la hiérarchie des fonctionnaires publies; ils ne doivent obéissance qu'aux ordres donnes dans les limites de la constitution. I<es inconvénients et les abus de la bureaucratie sont évités par l'esprit même île la constitution , qui s'en remet pour une foule d'affaires administratives à l'intervention directe de la nation. Nous citerons à cet égard les justices de poix , leslurys, le grau il

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jury, l'organisation municipale, et surtout te droit qu'ont les citoyens de se réunir et de s'associer pour tout ce qui se rapporte aux intérêts communs. Cette liberté individuelle est garantie aux citoyens anglais par la responsabilité des fonctionnaires publics , et Pacte & Habeas corpus les protège contre toute arrestation arbitraire. 11 faut le dire cependant, la véritable clef de voûte de l'édifice social en Angletei i c , le palladium de toutes les libertés publiques et parti» culières, c'est lu liberté de la presse. Consultez Hallam, Constitution^ History of England ( 1829).

L'administration anglaise présente encore de nombreuses traces du passé. Ce qui s'est perdu de l'organisation des communes à l'époque anglo-saxonne a bien moins été aboli par les lois ou remplacé par des institutions différentes, que simplifié. Le trait saillant de cette forme de gouvernement, c'est la manière dont se sont formés les deux organes de la puissance publique, de même que leurs rapports mutuels et leur position à l'égard du peuple. Sous ces différents aspects, rien de plus original que l'Angleterre. On voit tout d'abord qu'une partie essentielle de ce qui ailleurs est opéré l>ar If représentant suprême de la puissance publique a été abandonné en Angleterre au peuple lui-même ; on remarque ensuite que la rigueur de l'organisation hiérarchique de l'administration est singulièrement tempérée par une certaine indépendance accordée à chaque fonctionnaire public, sous la garantie de sa responsabilité personnelle.

A la tête de l'administration se trouve le roi, investi, comme chef de l'État, do droit de faire la guerre et la paix, réglant et dirigeant les affaires spirituelles et temporelles avec le concours de ses ministres, de ses secrétaires d'État et de son conseil privé, avec celui du parlement, des grands officiers de la couronne et des cours de justice. Jadis considéré comme le seigneur foncier universel du pays et comme le suzerain suprême ( lord paramount ) , le roi en exerçait si rigoureusement les droits, qu'il ne lui était pas loisible d'y renoncer, et que toute concession qu'il se fut avisé de faire d*un domaine affranchi d'obligations féodales eût été radicalement nulle. Comme il était la source de toute justice (fons juslicix ), les juridictions patrimoniales demeurèrent toujours inconnues en Angleterre; la seule chose qui pût y ressembler, mais de fort loin, c'était le droit de juridiction qu'exerçait le propriétaire de ce lait un bien noble ( lord of the mannor

sur <

]uelques

menus délits, avec l'assistance d'un certain nombre de francs tenanciers (frecholders ). En outre le roi était considéré comme le protecteur nécessaire de tous les mineurs et de tous les incapables; d'où résultait pour lui le droit de percevoir les revenus de ses pupilles pendant tout le temps que durait soit leur minorité, soit leur incapacité. Enfin, il est la source de toutes les dignités, de tous les honneurs, de tous les privilèges. Depuis Henri VIII, l'Église reconnaît en lui son chef suprême ; et c'est en vertu de cette qualité que tous les règlements ( canoncs) qu'elle peut avoir à rendre dans son parlement ecclésiastique (convocation) doivent être soumis a son approbation , de même que c'est lui qui nomme t\ tous les archevêchés et évécliés, encore bien que ces nominations soient déguisées sous la forme de recommandations faites aux chapitres d'avoir a étire les individus qui en sont l'objet. Il est le gardien suprême de la paix ; et tous les crimes et délits sont considérés comme autant d'actes de félonies, de violations de la paix du roi, ou tout au moins d'offenses à la dignité royale et a ses droits. La paix, la guerre, les rapports avec les puissances étrangères dépendent de lui seul, lant que pour exécuter ses volontés il n'a i>as besoin que la nation lui fournisse des subsides. Il est le dispensateur de la plupart des emplois publics, sans pouvoir toutefois en agrandir ou en réduire les attributions. Il est le chef de toute autorité donnant des ordres; mais il ne saurait être donné d'ordres là où existe un représentant de l'autorité administrative, que par l'intermédiaire de ce fonctionnaire. U mot minuter, se prend dans une acception large et

dans une acception étroite. Interprété de cette demi*; façon, on entend par ministère les mmtstm do mIkw., parmi lesquels le secrétaire d'État de l'intérieur, «lui fa affaires étrangères et celui des affaires coloniales sont, m le chancelier de la cour féodale de l'éc h lt\uitt {eickrqvr , ou trésorerie, les quatre qui seuls aient de véritables «Vptements ministériels. Le lord cltancelkr est, par la nat*e même de sa diarge, en rapports intimes avec la puisai» judiciaire. Il préside la chancellerie du royaume {Court of chancery ), considérée comme la juridiction la plu élevée après le parlement. Tous les juges de paix et Un- [•autres fonctionnaires sont à sa nomination. Mas

coup d'antres

véritable ministre de la justice et de la police, cet 1m plutôt le secrétaire d'État de l'intérieur, par l'internMian de qui ont lieu les nominations de juges , les coniirmatMKR atténuations des condamnations prononcées par la Ira* naux, comme aussi les actes de graciement; etqoiapk spécialement dans ses attributions le maintien delitraquillitéet de la sécurité publiques. Dans un sens pta» ur*t on comprend aussi dans l'être collectif appelé mmUiit* directeur général des postes, l'avocat général de lacsarow et divers autres hauts fonctionnaires. Tons Ici min» sont nommés ou destitués, suivant qu'il plaît an roi; a l'usage veut que lorsqu'un ministre est reuveree par If put de l'opposition , celui qui le remplace confère à ta m turcs tous les emplois secondaires dépendant de J parlement.

Le conseil privé (Privy council) se compose des pris» de la famille royale, des ministres en fonctions «t de tiques autres personnages désignés par le roi. Le» unià* des deux archevêchés, les grandes charges de la cwrttf l'orateur de la chambre basse, quand ils n'en toit p> membres nés, font partie, eu vertu des fonctions tpfilicw cent, du conseil privé de la couronne ; et il est d'usage i» qu'on y appelle les hommes d'Etat les plus éavneaB k chacun des deux partis entre lesquels se partage le fu* ment. Le roi destitue d'ailleurs les membres de «a <■* scil privé quand bon lui semble ; et quand il vient a nw leurs fonctions cessent ipso facto; cependant, aw 1er*» d'tiuu loi rendue en 1708, le conseil privé d'an ni encore en fonctions six mois après la mort de ee •»«. quand dans l'intervalle le nouveau souverain a'oi a F* reconstitué un autre. Tons les ans , il est publie os* fc* officielle des membres du conseil privé; ceux deat les* s'y trouve omis se trouvent par cela même preveno* * roi a cessé de les tenir pour agréables. Dan* la plupart** cas, le conseil privé n'est que consultatif; toutes, àu> ~ affaires coloniales il exerce une espèce de joridd», s fonctionne alors comme tribunal de première instant* les affaires ayant trait aux intérêts généraux de la pr* ~ ou bien comme dernier degré de juridiction et cour d'appel dans les causes jugées par les hautes dépendances de l'Angleterre, comme les Iles de M*,* Jersey, de Guernesey, etc.

L'administration infétieure a pour base l'saàesst" ganisation germanique des comtés. Tous les homme* " étaient alors groii|>és en dizaincries (paroi*>es et sfjs*1-" centaineries et comtés; et chacun de ces groupes aras*

administration communale propre, son organàut** a-'dtaire et son organisation judiciaire particulière*. A >"ft 1 * l'Angleterre avait été divisée en quarante et le pays* G* en douze shires ou comtés, dont quelques-uns, tel> «f* «* de Chester, de Dnrham, de Pembroke, de Hcxam («"•'*' aujourd'hui dans le comté de Northumhcrland j, 00 9 comme celui de Lancastre, portaient Je titre de conto ; ' latins (counties palatine), parce que leurs corci* ? >™ exercé des droits analogues à ceux de la roj aule, a des anciens duchés de l'Allemagne [dxtees palatm)1** coredes grands fiefs de Normandie, de Bretagne, * ^ gogne, de Guyenne, etc. , en France, lb avaient leurs **** supérieures particulières, et leurs possesseur» y tous les droits et prérogatives de la scHiveraineW, •** *

GRANDE-BRETAGNE participaient-ils en rien à la représentation nationale par le parlement. Le comté de Durhatn existe encore tel qu'il était constitué alors; et l'évéque y est considéré comme l'unique seigneur du sol. Toutefois , depuis Henri VIII , ses prérogatives de souveraineté ont été singulièrement réduites. Les comtés de Ctiester et c)e Lanrastre ont également conservé beaucoup de leur ancienne constitution de comtés palatins. En outre douze villes (ci/tes), anciens chefs-lieux d'évccbé , et cinq autres ont le privilège de constituer entre elles un comté à part (countg corporate), exerçant ses droits de comté par ses magistrats. Depuis que les pouvoirs attaches autrefois à la dignité de comte ont disparu, ce sont les sher\ff* qui les ont remplacés dans chaque comté comme première fonctionnaires ; mais ils sont subordonnés au lord lieutenant, devenu depuis l'époque de Charles II le commandant de la milice locale. A l'origine, fonctionnaires de la commune avant tout , leur nomination fut plus tard attribuée au roi. Il n'est cependant pas exact de dire que c'est lui qui les nomme; on tient même jusqu'à un certain point pour illégitime le shériff que le roi nomme directement (pocket shérif/), et tous les ans le lord chancelier et quelques autres membres de l'administration supérieure lui présentent une liste de candidats parmi lesquels il doit choisir. Le sheriff est autorisé à se taire suppléer dans l'exercice de ses fonctions par des sous-sheriffs [undersheri/fs ) : c'est lui qui nomme les baillis (bailiffs) des différents arrondissements du comté, mais il demeure personnellement responsable de leurs actes. Le second fonctionnaire public du comté est le coron er; il a pour principale attribution de faire les enquêtes nécessaires pour constater les faits qui peuvent donner naissance à uuc action publique. Le grand-juge de la cour ( lord chic/justice of the King's Bench) est le premier coroner du royaume, et peut en exercer les fonctions partout où il le juge à propos. On compte aujourd'hui rlans chaque comté de quatre à six coroners ; et ils sont Mus à vie par la population des localités où ils exercent leurs fonctions. Mais ces fonctions ont beaucoup perdu de leur an-

ienne importance et surtout de la considération qui s'y rattachait, parce qu'elles sont recherchées \»t des gens de m* étage , en vue des émoluments qui y sont joints. De tous es fonctionnaires publics qu'il y ait en Angleterre, les plus mportants incontestablement sont les juges de paix (anodes ou conservatores pads ) , aux mains de qui se trouvent confiées la police et d'autres branches essentielles de 'administration. Le roi lui-même, on peut le dire, n'est que c premier juge de paix du royaume. De même , la plupart les hauts fonctionnaires de l'État, le lord chancelier, le oivj de la trésorerie, le lord maréchal, le lord high-consable, les douze grands-juges, et d'autres encore, ont, en ertu de leurs charges, le droit de fonctionner comme uges de paix dans toute l'étendue du royaume ; le sheriff et e coroner, dans les limites de leurs comtés respectifs ; les onctkmnaires inférieurs , dans la circonscription territoriale laquelle ils sont atlacités. De tous temps on trouve en An- Jcterre de ces magistratures de paix et de conciliation. A l'oigine, les titulaires en étaient élus dans le tribunal du comté, t il en (ut ainsi jusqu'à l'époque d'Édouard III, qui s'arogea le droit de les nommer. C'est «tissi sous le règne de e prince qu'ils reçurent la dénomination de juges de paix ; t en 1 351 on ajouta à leurs attributions le pouvoir de conaitre des faits de félonie ou simples délits. D'abord on ne >mr>(a qu'un ou deux juges de paix par comté; mais avec

temps leur nombre alla toujours en augmentant , et an- •urd'hui ce sont là des fonctions honorifiques fort rechertées par tous ceux qui peuvent y prétendre. A cet effet, il I ut être domicilié dans le comté et posséder un revenu d'an | oins 100 Iît: st. en fonds de terre. Le lord chancelier ex- I 'die de temps à autre des lettres patentes collectives pour | us les juges de paix d'un même comté , dont le nombre i quelquefois jusqu'à 5 et 800. Mais tous n'exercent pas en alité leurs fonctions; celui qui désire le faire doit préalaement obtenir de la chancellerie un diplôme qualifié de de>

dhnut potestatem, et prêter, wdépeudAmmcnt du serment général, un serment spécial. Certaine* affaires peuvent être exjKWiées par un seul juge de paix ; pour d'autres, il faut la présence de deux de ces magistrats. Enfin, il en est qui ne peuvent être décidées que par la réunion de tous les juges de paix du comté, qui a lieu tous les trimestres et constitue alors une cour de justice, avec droit d'archives particulières (court o/ record). Jadis dans cette foule de juges de paix on en choisissait un certain nombre, devant l'un desquels devaient toujours être portées certaines causes d'une naluro particulière et déterminée. Ces magistrats étaient désignés par le nom de quorum, d'après les mots par lesquels commençait l'acte même de leur investiture : Quorum aJiquem vestrum A. B. C. D. unum esse voiumus, etc. Mais cette distinction est complètement tombée en désuétude de nos jours. Le cercle d'attributions des juges de paix dépend de la teneur de leurs' lettres-patentes collectives, pour la rédaction desquelles s'est conservée une formule générale datant de 1592. Mais une foule de statuts postérieurs sont venus depuis l'élargir considérablement. Le meilleur manuel à consulter pour l'exercice de ces fonctions est l'ouvrage de Burn, intitulé Justice o/ the Ptaee (1755). Les juges de paix sont les conservateurs de la paix publique, en ce sens qu'ils sont appelés les premiers a connaître de tous les délits; que c'est à eux qu'il appartient d'ordonner la mise en état d'arrestation des prévenus, et de les mettre en liberté sous caution ou bien de les envoyer en prison )>cndanl la continuation des poursuites. Us prononcent, avec l'assistance d'un jury, sur tous les troubles apportés avec violences à l'exercice du droit de propriété , et rétablissent le possesseur légitime daus ses droits ; ils punissent ou éloignent du comté tous mendiants et vagabonds; c'est à eux qu'incombe la mission de prendre soin des pauvres dans chaque localité, de leur distribuer des secours, et de recueillir les enfants nés d'un commerce illégitime. Us veillent partout au maintien de l'ordre, à l'exécution des lois. Il dépend deux d'autoriser ou d'interdire l'ouverture de nouvelles auberges, de nouveaux cabarets, débits de bière et de liqueurs spiritueuses. Toute réunion de plus de dix personnes ayant pour but la signature de pétitions, d'adresses, etc., doit, pour être légale, avoir été préalablement autorisée par deux juges de paix. Le slteriff, les coroners, les high-constabtes, les baillis, les directeurs des prisons et tous les juges de

paix

a ces

cependant, il

n'y a que le très-petit nombre de ces derniers qui s'acquittent de ce devoir. L'un des juges de paix , ordinairement un des hommes les plus considérés du comté, est nommé par le roi, dans les lettres patentes collectives, garde des actes (custos rotulorum ). Les juges de paix élisent eux-mêmes leur président ( chair mon ). C'est dans leurs sessions qu'on s'occupe de la fixation des dépenses communes à faire pour le comté ; dos allocations nécessaires pour l'entretien des routes, ponts, prisons et palais de justice; des émoluments à accorder à ceux qu'on emploie à cet effet; de répartir ces dépenses entre les diverses paroisses; de nommer les inspecteurs des pauvres, les administrateurs des paroisses et autres fonctionnaires. Les délits minimes, les vols de peu d'importance, les filouteries, tes rixes, les injures, les menaces, y sont jugés avec l'intervention d'un grand jury, et l'on y porte les appels îles sentences rendues par un seul juge de paix. Legrand-juçe Coxe disait déjà, du temps de Jacques 1er, que « dans toute la chrétienté il n'y a rien de comparable aux fonctions de juge de paix consciencieusement remplies ».

Les constables forment le dernier degré de la puissance executive. A l'exception des agents salariés par la police , on retrouve encore là le caractère essentiel de chacune des institutions de l'Angleterre, où tout est rapporté à la commune ; et bien loin de paralyser l'action de la royauté par celle de la démocratie, c'est au contraire ce caractère qu'on peut considérer comme la base f de la grandeur et de la

GRANDE-BRETAGNE

La système de la responsabilité des fonctionnaires publics se rattache miroitement à ee caractère essentiellement rommnnal qu'a en Angleterre l'administration pu- 'est que les attribut ions et les devoir»

m Drtncii

Mie.

de chaque fonctionnaire public soient tellement bien déterminés par la loi, qu'ils ne puissent être change», étendu» ou restreint» qne par une autre loi. Tout fonctionnaire public , du premier au dernier, ne tient ses pouvoirs que de la loi, et non de la volonté d'un chef; et c'est surtout vis-à-vis de la communauté ou association politique qu'on appelle VÊtat qu'il est responsable de l'usage qu'il en fait. Il en résulte que celui qui se rend coupable d'une illégalité ne saurait invoquer pour excuse les ordres qn'il aurait reçus de son supérieur, et que la responsabilité administrative commence précisémentà partir du fonctionnaire infime ; or, qui ne sait qu'à l'égard d'un subalterne il est toujours plus facile de faire triompher et appliquer les principes, que si l'on avait tout d'abord affaire à des hommes puissants et haut placés. Quiconque croit avoir à se plaindre d'un fonctionnaire public dans l'exercice de ses fonctions a le droit de le poursuivre en dommages-intérêts, sans qu'il soit pour cela besoin de l'autorisation des supérieurs de ce fonctionnaire, La loi a dans beaucoup de cas précisé à l'avance les dommages-intérêts ; quand il n'en est pas ainsi, l'appréciation en est soumise à un jury, qui les détermine d'après les circonstances de la cause. Tout abus de pouvoir entraîne en outre des peines plus ou moins graves, qui dans beaucoup de circonstances ne sauraient être mitigées par la clémence royale. Ainsi, par exemple, le roi ne pourrait point faire remise de peines pécuniaires prononcées contre le coupable à titre de réparation envers le plaignant. Le détenu qui a été transféré dan» une autre prison sans un motif prévu par la loi a une action aussi bien contre l'exécuteur que contre le signataire d'un tel ordre. De même le détenu qui six heures après l'avoir demandé ne reçoit pas une copie exacte du mandat d'amener dont il a été l'objet a droit de réclamer du signataire ou de l'exécuteur de l'ordre d'arrestation une indemnité de 100 livres sterling, et une autre de 300 livres sterling du lord chancelier ou de celui que le représente , s'il y a de sa part refus de délivrer le mandat d'habtas corpus qu'on lui réclame. Pour mieux assurer la répression de tels abus de pouvoir, il est beaucoup de circonstances où la loi autorise non-seulement la victime, mais des tiers, à poursuivre et à réclamer l'application de la loi. Tel» sont notamment les cas oh quelqu'un remplit un emploi sans avoir les qualités requises , sans avoir préalablement satisfait A toutes les condition» posées par la loi, prêté le serment qu'elle exige, etc. Quiconque vient prendre place an parlement sans posséder la fortune exig<e a cet effet pnr la loi s'expose à se voir réclamer M>0 livres sterling d'indemnité par le premier citoyen venu. Tout sheriff qui, lors des élections pour le parlement, agit contrairement à ses de voir» encourt la même pénalité. Les ministres eux-mêmes ne sont point à l'abri de semblables réclamations d'indemnités pour la suspension de l'acte à'habeas corpus, à laquelle ils ont ordinairement recours dans les moments de trouble*. En effet, le terme fixé pour cette suspension une fois écoulé, il leur faut par une loi nouvelle (indemnitp bill ) se mettre à couvert de loute réclamation en dommages-intérêt» pour farts se rattachant à l'exécution de cette mesure exceptionnelle. Or, jamais il» ne l'obtiendraient du parlement s'il y avait véritablement eu abus. La pierre angulaire de ee système de responsabilité, c'est le droit qu'a la chambre des communes de mettre en accusation les plus liants fonctionnaires publies. Quelque fondées que puissent être certaines objections qu'on élève contre l'institution du jury, on ne saurait disconvenir que le jugement par jurés, auquel ne peuvent point |>articiper des fonctionnaires poblics, et au moyen duquel le peuple lui-même est appelé a les juger, ne contribue pas peu à fortifier le système de la responsabilité des agent» dn pouvoir et à maintenir dans le gouvernement de l'État le caractère de la cons-

titution communale. II faut d'ailleurs te garder de mût que ces institutions paralysent en rien la force dn pour». La pensée seule de la responsabilité personnelle qui tarncombe empêche ces agents de donner lieu h de telles plus, tes en outre-passant la lettre de la loi. D'ailleurs, les Jemandes en dommages-intérêts auxquelles peuvent dotas lieu le» dénis de justice commis par les juges de jaii, sont toujours repoussées par le tribunal wperiear quof il n'y a pas contre eux preuve évidente d'anlrooshe perva nelle , de vengeance , de satisfaction donnée à de inVrft personnels. Tout ce qu'on considère, c'est la question dedra ture, de loyauté et de probité.

L'esquisse que nous venons de tracer de l'orpusiliotà gouvernement intérieur de la Grande-Bretagne wnil a complète si nous n'y ajoutions pas un mot sur forçoii.'Jtion municipale, grâce à laquelle tout ce qui intéresse b vie publique est bien plutôt abandonné à la libre wVtë des citoyens que placé sous la haute direction de llbl !! est dan» la nature humaine que chacun témoigne ii su a» et d'un attachement tout particulier» pour ce qu'il temsta comme une création de son intelligence et de sa vola* Le gouvernement anglais a donc raison de laisser lûve «arrière à cette action commune ; mais une condition imfep-; sable pour qu'elle puisse avoir lieu , c'est qu'il Mit kwi» aux citoyens de se réunir pour conférer sur tout ce qm s trait à leurs institutions ; et voilà aussi pourquoi il ntt i cet effet en Angleterre du consentement de deut j** * paix qui fixent l'heure et le lieu de la réunion. U est mi v ce droit de se réunir pour délibérer sor destatérêb psfce» été modifié par un acte du parlement de 1*30; mai* S : i point subi d'altérations essentielles. La loi déclare senki* que ceux-là seuls peuvent assister à une réunion de et pqui sont domiciliés dans le comté ; ils doivent s'] ta» sans armes. Les sheriff» , les juges de paix et les nn» * peuvent jamais en être exclus.

Enfin, en ce qui est de IWmi/iisfra/ion de /« j*»on peut dire que la constitution anglaise n'est pas «oin-* marquablc dans tout ce qui a rapport au droit prive, ^ même qu'on élargirait assez ce terme pour y coofrrti* la législation criminelle, que dans ce qui se rapports !: droit public. Ici encore on se trouve en présence fou * posant édifice, parvenu à une certaine perfectioa b** P tôt que les monuments du même genre dans les sotr* k ties de l'Europe, et qui, par cela même que depuis l*' reste de l'Europe a maintes fois complètement toeky^ ses divers système» judiciaires, a conservé beaaeoap4* ments non-seulement antiques, mais même «rua» » core bien qu'au total le développement do droit } * la même marche que dans d'autres États (puisa* le plus ancien droit populaire succomba de bonne brs"même qu'on ne saurait méconnaître dans le droit **** datant du onzième siècle, une influence considérai* par le droit romain ), une circonstance qui assura p**4 riginalité au droit anglais , c'est que jamais le droit r«* ne fut généralement reconnu en Angleterre, à l'excepte» tribunaux ecclésia>tiques et pour les affaires lierons** testament qui y ressortissaient Dans les cours daui»** ne l'a jamais appliqué non plus qu'avec de grande*»** tion*. Comme en Angleterre la législation exprès* dp»* ne fut jamais abandonnée au gouvernement seul, 1 sulta qu'elle s'y montra beaucoup moins féconde f* d'autres pays. Jamais on n'y rédigea de code civil a»f* de quelque étendue ; jamais il n'y fut question o"» nance, d'un code dé procédure, comme en, déjà au quinzième siècle les moindres États de Tk La formation du droit en Angleterre demen» résultat des décisions juridique» ; et c'est uniqueme*»^ un très-petit nombre de points importants qat •» ^ positives ont été tracées par des lois pénale» ri P*f^, connaissant et consacrant presque toujours le*

dans les rapports juridiques des tito***». avoir été le fait de la législation. Soo»«^

lt- règne d'Édouard I" (1572-1307) fut l'époque la plus féconde pour la formation du droit de la Grande-Bretagne ; aussi les Anglais ont-ils l'habitude de surnommer ce prince leur Justinien.

Le système de droit anglais repose sur une double bise : le droit commun {common law), expression par laquelle on comprend tout ce qui dans la théorie et la pratique des cours de justice s'est développé comme droit naturel et convenu; le droit statutaire (statute {me), consigné dans des lois positives, et notamment dans les lois les plus récentes rendues par le parlement. Ces! une idée complètement erronée de croire que cette diversité oit pour base une différence de nationalité, que le droit commun soit d'origine anglo-saxonne, et une fois la conquête des Normands opérée, n'ait plus été en vigueur qu'à l'égard des anciens habitants «lu pays ; que le droit statutaire, au contraire , n'ait été qu'à l'usage des Danois d'abord, et ensuite des vassaux normands français de Guillaume I'r. Il n'existe pas la moindre ttaco d'une semblable différence. Bien au contraire, le droit féodal franco-normand devint tout aussitôt après la conquête la loi générale du pays, même celle des vassaux anglais; et quand Guillaume II et Henri 1" restituèrent à la nation une partie rie ses antiques libertés anglo-saxonnes, les seigneur» normands participèrent également à ce bienfait. On peut dire que l'élément des institutions anglo-saxonnes continua de subsister, et ne fit que s'accommoder à la langue et aux formes «le la Normandie. Pendant longtemps le français fut la langue en usage à la cour, au parlement, dans les tribunaux. Sous le règne d'Édouard III ( 1.157 — 1377 ), le latin devint la langue judiciaire; et il en fut ain.M jusqu'à l'année 1730, où une loi introduisit pour la première fois l'usage de la langue anglaise dans les cours de justice. C'est là pourquoi aujourd'hui encore toutes les formules judiciaires ( writs ) sont désignées par les premiers mots latins de leur texte primitif. Le* modifications opérées à la suite des temps dans les parties essentielles des institutions nationales proviennent surtout de Vorgnnisation judiciaire, dont les institutions en usage en Normandie devinrent le modèle. Ce qui les différenciait des Institutions judiciaires anglo-saxonnes, c'est que chez les Saxons le pouvoir judiciaire appartenait aux communes même, et surtout aux associations de communes formant ce qu'on appelait un g a n ou comté, sous la présidence commune de Pevêque et du comte; tandis qu'après la conquête normande H fut compris au nombre des prérogatives royales, et le plus souvent confié en première instance aux barons, mais exercé en dernière Instance par les représentants de l'autorité royale. La connaissance des causes civiles et criminelles les plus importantes fut enlevée aux tribunaux de comté; précisément comme en France, à la même époque, les procès appelés cas royaux furent soustraits à la compétence des tribunaux inférieurs, sous prétexte qn'il s'agissait tantôt des droits féodaux de la couronne, tantôt de la dignité royale.

L'ancienne cour du roi (aula re/jis) se composait des grands olficiers de la couronne, ayant à leur tête un grandjuge (justltlarius capitalïs), dont le roi lui-même, pour les procès dans lesquels il figurait comme partie , était justiciable; mais il résulta de là que cette juridiction ne larda point à être supprimée. On la remplaça alors par trois cours de justice permanentes, composées d'hommes versés dans la connaissance du droit, d'abord la haute cour du pays (court of common pleax, cvrla communium placitorum), pour les procès en matières civiles entre sujets, à laquelle le roi Jean, dans sa Grande Charte de 15 1& promit déjà d'assigner une résidence fixe ; puis la haute cour du roi (dite Kitig's ou Queen's Bench, parce qu'autrefois le roi la présidait, assis ftur un banc élevé), chargé de connaître des atteintes portées à la paix publique et de délits plus graves, considérés alors comme autant de violations de la fidélité due au seigneur suzerain (félonie), et qui de nos jours encore accompagne à bien dire la cour du monarque ; enlin, pour les causes relatives aux droits et redevances dûs au roi, la

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cour du fief ou de l'Écliiq u ier (ciu ia ScaccarU). Chacune de ces cours se compose d'un grand-juge (chief -justice) et de trots conseillers : et ces douze juges supérieurs réunis forment un collège ayant pour mission de décider les questions de droit douteuses. A cette cour du fief ou de l'Échiquier , dont les conseillers portent le titre de barons , de même que l'on donne celui de chief-baron au grandjuge, appartient en outre le chancelier du fief, (chancellor of the Exchequer), lequel remplit en même temps les fonctions de ministre des finances. On peut appeler de la liaute cour du pays à la haute cour du roi, et de celle-ci à la cour de la chambre du fief (court of Exchequcr chamber), laquelle se compose du chancelier du royaume, du grand-trésorier ou premier lord de la trésorerie et des membres des deux antres hautes cours ; enfin, dans tous ces cas, et comme dernière et suprême instance, à la chambre dès lords, a c«té et jusqu'à un certain point au-dessus de ces divers degrés de juridiction, existe encore la chancellerie du royaume (court of chancery) sous les ordres du grand -chancelier, composée d'un vice-chancelier et de douce conseillers rapporteurs ( mas (ers of chancery ). A la juridiction du chancelier appartiennent exclusivement les causes qui regardent le roi personnellement ou qui intéressent le domaine royal, les affaires de faillites, les tutèles et les causes qu'il convient de juger, non en droit strict, mais d'après les principes de l'équité. A la suite des temps, les autres cours ont également vu comprendre dans leurs attributions le droit de fonctionner, à l'occasion, comme tribunaux d'équité (courts of equity) ; et peu à peu la chancellerie du royaume ( court of chancery ) a fini aussi par étendre sa compétence sur les questions de droit proprement dites. Comme dans les causes de celte dernière espèce on n'est jamais admis à invoquer la preuve testimoniale, attendu que devant cette cour les décisions du jury sont sans autorité, les causes vont en appel de ses décisions devant la haute cour du roi. Bien qu'à l'origine la compétence de chacune de ces différentes cours de justice eut été très-cxacteuient détetmiuée, toute affaire civile peut aujourd'hui, au choix des parties, être indifféremment portée devant chacune de ces trois hautes cours de justice. Seulement, on se sert à cet effet d'une fiction de droit. Ainsi, par exemple, pour saisir la haute cour du roi ( King's ou Queen's Bench ) d une cause, on suppose que le défendeur est détenu dans la geôle de la conciergerie du château ( Marshalsea ) ou bien est devenu le débiteur du demandeur par suite d'inlractions à la paix publique. Pour invoquer la compétence de la haute cour du fief ou de l'Échiquier ( Exchtquer s court), le demandeur suppose qu'il est lui-même le débiteur du roi, et qu'il ne demanderait pas mieux que de s'acquitter envers lui, si le défendeur ne le mettait pas dans l'impossibilité de le faire par son refus de lui payer ce qu'il lui doit. Les affaires ecclésiastiques, les contestations relatives aux mariages et aux testaments, quand il s'agit d'objets mobiliers, ressortissent aux cours épiseopales. Les causes concernant le commerce de mer, les prises, le» assurances ressortissent à la cour d'amirauté. Il existe en outre une foule de juridictions inférieures pour certaines causes et certains lieux, par exemple les comtés palatins de Chester, de Durtiam et de Lancastre, les tribunaux de mine* ( stannaries ) dans le pavs de Cornouaillcs , et un grand nombre de tribunaux secondaires à Londres. Toutefois, les trois cours supérieures dont il a été fait mention plus haut, et qui siègent à Westminster, sont chargées d'exercer une haute surveillance sur les actes de la plupart de ces tribunaux inférieurs. Comme il était très-difficile aux plaideurs habitant les parties les plus éloignées du royaume de venir à Londres invoquer l'appui de la justice dans leurs contestations judiciaires, on organisa dès le règne de Henri II (1I&4-1I89) des tournées faites dans le pays par les juges ; et cette institution, les assises à tenir annuellement dans les comtés, a toujours été en se perfectionnant avec le temps. Dens h» foires, on établit un tribunal temporaire dont l'origine toute normande se

GUAISDE-BRETAGîNE

retrouve dans ta dénomination de pieds poudreux (les Anglais écrivent aujourd'hui piéprntdre) ; c'est une espèce de magistrature de prud'hommes désignés par l'autorité locale. Ils prononcent sur toutes les contestations entre tes marchands ou colporteurs et leurs pratiques, dont les pieds sont naturellement couverts de poussière. On traduit aussi à leur barre, pour être jugés sommairement, les auteurs de vols, filouteries, rixes et autres délits commis en champ de foire. 11 existe, en outre, des cours locales tenues par des magistrats inférieurs, qui ont le titre de sergeants , c'est-àdire sergents es lois ou sous-juges. Ils tiennent les cours de nisiprius, où Ton prononce sur toutes les causes en état, à moins que le président de la session uhuesirielle ne soit arrivé avant la décision : de là est venue la dénomination latine de ces tribunaux inférieurs.

L'action du ministère public n'est pas la même ici qu'en France, où l'on peut dire que cette institution est admirable et presque unique en Eurojie L'attorney général , le solliciteur général et leurs substituts, qu'on appelle les conseils de la couronne, n'ont rien ou presque rien à voir dans les procès civils ordinaires; car s'il s'agit de divorces, de réclamations d'état , d'interdiction , ou de deniers pupillaires, ou de faillites , ces causes sont portées devant un autre ordre de juridiction. Les conseils de la couronne, aujourd'hui conseils de la reine, n'ont même pas d'altribuet d'émoluments fixes. Ils sont à peu près chez nos ce que sont parmi nous les juges suppléants, les avocats du trésor, des douanes, des hospices, des contributions indirectes; mais ils conservent, même en plaidant pour les particuliers, la marque distinctive de leur grade : ils ont, au lieu d'une robe de laine noire bordée en soie, la robe entièrement de soie noire.

La perruque est de rigueur pour les avocats et tes avoués comme pour les juges : ceux-ci ont toujours la perruque poudrée et bouclée ; les avocats mettent ordinairement une perruque sans poudre, et quelquefois noire sur une chevelure blonde; et les favoris , dépassant les dernières ondulations, donnent a la physionomie d'un avocat ainsi affublé le caractère le plus grotesque. Quelques jeunes barristers ou stagiaires ont voulu innover en ce genre ; mais ils ont succombé contre les préventions des magistrats : chacun d'eux est, comme Nestor, laudator temporis oc/i, et voit une révolution sociale imminente dans la moindre dérogation aux vieilles routines.

Celui qui est poursuivi en payement d'une lettre de change ou de tonte autre obligation clairement libellée est saisi dans ses biens ou même dans sa personne , sur une simple autorisation du juge; s'il a «les moyens à faire valoir, il faut qu'il se constitue demandeur sur son opposition à la sentence de nil didt. Les cours ordonnent presque toujours la comparution des parties en personne ; le demandeur et le défendeur ont toujours droit de produire leurs témoins ; celui qui ne se présenterait pas courrait grand risque d'ék-e emprisonné pour mépris envers la cour, contempt nf the court; il devrait en outre des sommes énormes pour les fiais d'assignation, de déplacement et de présence de témoins; il devrait aussi le remboursement des souverains d'or payés à titre d'indemnité aux doute jurés spéciaux. Cette somme est toujours distribuée à l'audience même, par l'avoué du demandeur.

La juridiction pour les banqueroutes est fort simple : il n'y a point ici de distinction entre la failli le provenant de causes accidentelles, la banqueroute simple provenant de pure négligence, et la banqueroute frauduleuse ; tout négociant qni se trouve hors d'état de payer ses dettes est traduit à la court 0/ bankruptcy. Sur la constatation de la suspension de payements, la cour nomme des assignées ou syndics, qui s'emparent de toute la liquidation et en rendent

L'institution d'une cour de cassation manque à l'Angleterre comme à bien d'autres pays. Le seul recours ouvert contre les violations do forme, l'inobservation ou la fausse

application des lois , ressemble beaucoup à notre rtqtttt civile. Le plaideur qui a succombé assigne son ad?mairt pour voir dire (to show cause) que le jugement a été ioen» péteiument rendu, ou que la décision est contraire an preuves qui ont été produites devant le jury. On obtint ainsi un torit of error, un jugement reconnausuit <y\l peut y avoir eu erreur, et Ton plaide de nourean li ru< devant les mêmes juge*. L'appel est alors porté derant i cour de chancellerie, et en dernier ressort, mais dans dan rares et extrêmes , devant la chambre des lords. La rour* chancellerie, ta cour do vice-chanceuer et la cour *o« daire, dite des secondaries, qui en est une section , jont sans jurés; mais alors la procédure prend un earartto k complication tel qu'il en coûte beaucoup de temps et Jugent avant d'obtenir justice ou d'acquérir par un util h preuve qu'on a eu tort de plaider. Ces inextricables dinTrolW sont passées en proverbe, même dans la classe popalir- Lorsqne deux boxeurs, dans une lutte opiniâtre, sont 1*^ lemenl engagés que la tête de chacun d'eux est prise sous I a des bras de l'adversaire, de telle façon que ni l'un ni IV tre ne peuvent agir , on dit qu'ils sont en vraie cm ii chancellerie.

En ce qui est de la formation, d'un système de droit, rapide esquisse de l'organisation judiciaire delaGnufc Hrctagnc fait comprendre comment, malgré toutes ses to reries surannées et en dépit des nombreuse» larmws v> présente la distribution de la justice , elle a dû tout tu » produire dans les principes du droit une grande u»pto.' unie à une rare fixité. Ce qui ajoute encore a cette in*» hilitéde la jurisprudence, c'est que les cours qui «tdroit d'avoir des archives à elles ( courts 0/ records), s* tellement liées par leurs décisions précédentes, qaVîWi' sauraient s'en écarter sans introduire un motif de ncD-' dans les décisions nouvelles qu'elles sont appelées i mi? C'est ainsi qu'a pu se créer une jurisprudence teîkort vaste et en même temps si précise qu'à elle seule eBe pose la science du droit anglais presque tout entière. Cit jurisprudence forme ce qu'on appelle en Angleterre t<N commun ( common riant ) ; sans doute il n'a jamais 1* V valoir directement contre une loi expresse et positive; » au moyen d'interprétations, de distinctions subtib.4 surtout à l'aide de fictions, on parvient à l'éluder et * s faire considérer comme non avenue. Celte partie Jo <M n'a pas d'ailleurs été seulement à l'origine on dntt ntumier; on y a en outre compris les lois cipresse» époques antérieures. Quand, peu de temps après la < > quête par les Normands, la connaissance du droit mu* fut aussi introduite en Angleterre, surtout par des** appartenant à l'ordre du clergé, tels que Unfranc el ni*, les jurisconsultes nationaux l'empêchèrent de prêt»** parce qu'ils émeut l'habileté de s'emparer de se* for*1' •■ et de ses principes généraux pour perfectioaner le*'indigène. L'Angleterre est de tous les pays de rtmpt* qui eut le plus tôt des codes en propre. Ranulph de Gbn>* composait déjà vers l'an 1 189 son ouvrage intitulé Dt Uf bus et consuetudinibus Angllx; et celui de Braclos,<l» sous un titre identique , est un système très-détoilkde{£ date de l'époque de Henri III. Los lois d'Edouard I"*8* vèrent de faire triompher le droit national, et àruuta qui se faisait en France par les soins de saint Ion*,* prince établit un meilleur ordre dans les tribuMui. 1** vrages de droit qui proviennent de cette époque, Fleta, Hengham, le Miroir des Juges, etc., confie»»1 ; grande partie un droit qui continue à être encore « «f* de nos jours, et forment le point de départ *»* commun. Celui-ci est entièrement contenu dans te«o* des cours de justice , que pour cette raison on ixa^, bonne heure à recueillir avec le plus grand *0jBt,A^ terre, et qui pour la première fois furent publiée» »F du règne d'Edouard II ( 1.107-1327 ) dans les ancie» ref* annuels des tribunaux, puis pins tard par d'autre*. G*1*1"", (appelés records) ont été en prenant toojcuripl«s

repro

GRANDE-BRETAGNE

tendue, de même que le nombre en est devenu de plus en [>Iu$ considérable. A la fin du règne de Georges 111, on n'en ^wdait déjà pas moins de 256. Ils ont eu pour résultat de rendre ta science du droit de plus en plus embrouillée et compliquée , d'autant plus que jusque dans ces derniers erops renseignement en était demeuré exclu du programme ('études des deux universités existant en Angleterre. Comme es universités étaient des institutions essentiellement eo lesiastiques , on n'y enseignait que le droit romain, auquel e clergé demeura toujours Tort attaché et dont les prescripions oot encore force de loi devant les tribunaux eedésiasiquea. Peut-être aurait-il de la sorte fini par prévaloir tout à ait en Angleterre, si une circonstance heureuse n'était >as venue en aide au droit national. Ce fut la création à A estmiuster d'une cour de justice suprême et permanente, réation consignée dans ta grande charte du roi Jean. Les urisconsultes dont on la composa formèrent entre eux une spèce de corporation savante; Us conçurent bientôt la ensée de communiquer leur science par la voie de l'enseinement et de conférer a ceux de leurs élèves qui s'en mil raient dignes le droit d'enseigner à leur tour, avec des 1res répondant a nos titres académiques, tels que barrister nachelier ou licencié en droit) et serjeantat tatc (docteur n droit). De jeunes hommes se réunirent alors à l'effet 'apprendre la théorie dans des habitations communes, dans ? qu'on appelle encore les auberges de la chancellerie Inns of chancery), et la pratique dans les Inns of court. Ces prétendues auberges sont l'origine des fondations t des associations qui existent encore de nos jours, mais peu près pour la Tonne seulement; de telle sorte pournt que personne n'est admis en Angleterre à exercer la rofession d'avocat sans avoir lait son stage pendant le nips voulu comme membre des auberges ou hôtelleries i la cuut (Inns of court), a savoir Inner Temple, Middle emple, Lincoln' $ lun eiGray's Inn. 11 y a longtemps ie l'enseignement savant de ces établissements a cessé; en vanche des legs particuliers ont créé, en 1758 a Oxford, à Cambridge en 1800, des chaires de droit commun ommon right) anglais. Le premier professeur qui ocpa la chaire fondée à Oxford fut le célèbre Blacks tone, »nt les Commentants on the laws 0/ England, deeurés l'ouvrage le plus important qu'on possède sur ces itières, sont remarquables surtout par les idées profondéwt philosophiques et pratiques qui y dominent. D'ailirs la littérature juridique de l'Angleterre est asscs pauvre traites systématiques.

Le droit commun anglais n'embrasse pas seulement le oit civil, mais encore le droit criminel. 11 n'est guère "-•le d'eu indiquer l'esprit sous ces deux rapports. Le stèiiie de la propriété foncière a pour base en Angleterre féodalité ; et bien que sous Charles II on ait aboli toutes prestations en nature, a l'exception de certains services cour, une ioule de détails portent encore la trace visible > idées qui dominaient à l'époque de la féodalité, par xnple ce qui a trait aux successions. Une grande anomalie offre encore ce droit, c'est la faculté qu'il laisse aux An. is de disposer de leurs biens par testament comme ils «tendent. Le principe fondamental du droit criminel iriais, c'est que tous les crimes sont autant de délits omis à l'égard du roi, en sa qualité de seigneur suxen et de gardien suprême de la paix publique. Les crimes ves sont qualifiés de violation de la fidélité due par vassal (felony); ceux d'importance inoindre, d'offense à x>rsonne du roi {misdemannour). Le crime de haute ht son est encore distingué du crime de /étante par une îe plus compliquée. L'application, jadis beaucoup trop Itientc, de la peine de mort est mitigée par le privilège clergic ( benefit of clergy ) , dont le bénéfice a été de . <;n plus étendu ; de telle sorte qu'a la peine de mort on a par substituer la peine, beaucoup plus douce, de la transition ; «le même que par l'exercice de plus en plus fré-

jurés d'atténuer ta nature du délit, par exemple, en matière de vol, la valeur de l'objet volé, on en a beaucoup restreint l'emploi. La législation écrite n'ayant que rarement empiété sur le système du droit commun, et les modifications que celui-ci a pu successivement subir n'ayant été que le fait des influences directes exercées par la nation elle-même, il y a déjà là quelque chose qui semblerait impliquer l'éloge du droit statutaire ( statute law ). Mais il s'en faut qu'il en soit ainsi. Cette même législation écrite fournît la preuve qu'un concours partiel de sa part eût été insuffisant, et n'eût abouti qu'A provoquer une plus grande confusion dans le système tout entier. On n'ose pas remédier a ses vices les plus cho quants, dans la crainte de ne réussir par la qu'à ébranler davantage l'ensemble. On estime que des modifications , des rectifications des additions, ne feraient qu'aggraver encore le mal; car pour harmoniser une législation il faut pouvoir l'embrasser dans son ensemble aussi bien que dans ses détails et savoir tout ramener à des principes nouveaux et plus simples. Ce n'est donc pas sans raison qu'on adresse à la législation écrite de l'Angleterre le double et contradictoire

e d'être tout a ta fois beaucoup trop en arrière et

beaucoup trop en avant de l'esprit du siècle, de pécher par trop de timidité et par trop de précipitation. On hésite à en faire disparaître les imperfections les plus criantes, par exemple a abréger les interminables lenteurs de la procédure en matières civiles, et surtout h simplifier le mode d'acquisition de la propriété foncière; on n'ose pas effacer de la loi pénale des dispositions barbares ayant leur source dans un état social qui n'est plus depuis longtemps; en même temps, chaque session parlementaire voit adopter une foule de dispositions législatives isolées, sans plus de rapport avec (e passé qu'avec l'avenir ; et ces brusques innovations se (ont avec une légèreté qui touche à Pélourderie. Aussi la législation parlementaire prend-elle d'année en année des proportions plus volumineuses, tandis que l'étude scientifique de l'interprétation des lois devient toujours chose plus compliquée et plus difficile. La langue des luis, comme celle des tribunaux, est tellement prolixe, embarrassée et remplie de pléonasmes, qu'à force de vouloir être clair et précis on devient inintelligible, et qu'on omet les choses les plus essentielles. Au lieu de lois générales, il parait des dispositions si focales et si étendues, que ce n'est qu'à la longue et bien rarement que l'ensemble du pays peut en recueillir le bénéfice. On est en présence d'une masse indigeste et confuse de lois, et non point d'une législation. Ce vice a d'ailleurs pour compensation l'un des grands avantages du droit anglais : l'importance extrême qu'il attache à l'interprétation littérale de toutes les lois, qui souvent conduit à de singulières conséquences, mais qui repose sur cet axiome de liberté : « Tout ce que la loi ne défend pas e>l permis. > La collection des fois rendues par le parlement, commencée en 1 765 par Ruffhead, continuée ensuite par année, comprend l'ensemble de la législation depuis la grande charte du roi Jean jusqu'en 1786, et forme 32 forts volumes in-4°. Un autre recueil par ThomUns et Raithby, imprimé en plus petits caractères , contient en 16 volumes in-4° les lois rendues de 121 b à 1817. La collection de Pakering, embrassant la même période de temps, forme 34 volumes in-4°. Le besoin d'une rédaction nouvelle, tant du droit commun contenu dans les ouvrages de jurisprudence que des statuts codifiés, en d'antres termes le besoin de nouveaux codes résumant et fixant les principes de l'ancien droit, s'est donc fait aussi vivement sentir en Angleterre qu'ailleurs. Mais il a fallu bien du temps à l'opinion publique pour triompher des préjugés aristocratiques et des préjugés des corporations en ce qui a trait à l'amélioration de ta jurisprudence. Romilly, Peel et Mackintosh sont les hommes qui ont incontestablement le plus contribué à la réforme de la législation criminelle. De 1823 à 1830, il ne fut pas abrogé complètement moin) de 1,126 anciens actes du parlement (statute laws), et partiellement moins de 443, les uns et les

it .lu droit de grâce, enfin par l'habitude qu'ont prise les autres comme ne répondant plus aux exigences cl à l'esprit

de l'époque actuelle. Cette grande œuvre fui encore plus d'énergie et de rapidité quand lord Brougham eut été appelé, en novembre lu 30, aux fonctions de lord chancelier. Depuis cette époque il a encore été lait beaucoup, ce qui n'a pas seulement été un grand progrès, mais a en outre ouvert la voie à d'autre* réformes, non moins utiles. Un grand nombre de lois surannées ont encore été complètement abrogées, et la sévérité de beaucoup d'autres singulièrement adoucie; c'est ainsi, notamment, que les cas entraînant une condamnation capitale ont été réduits à un petit nombre. Si le progrès s'est fait lentement, il n'en a été que plus sûr; et en dépit des efforts sylématiques tentés par la chambre haute pour écarter de judicieux projets de réforme, on a toujours vu la constance apportée par la chambre basse dans son œuvre l'emporter à la longue.

Histoire.

C'est à l'accession de la maison «les Sluarta au trône d'A ngl et erre que commence l'histoire de ta Grande-Bretagne.

La maison de T udo r s'éteignit en la personne d'Élisabelh, fille de Henri VIII (1603). lin mourant, cette princesse désigna pour lui succéder un petît-fils de Henri VII, Jacques VI d'Écoase, fils de Marie Smart, qui réunit alors sur sa tête les trois couronnas sous le titre de roi de ta Grande-Bretagne et d'Irlande ( 1603-1625), et prit le nom de Jacques 1". Quoique la nation anglaise eût vu de bon œil l'accession des Stuarts au trône d'Angleterre , parce qu'elle comprenait que l'Ecosse, gouvernée désormais par le même prince, ne pouvait qu'ajouter à son influence en Europe, le parlement refusa en IfiOô de consentir à la fusion des deux pays et à ce qu'ils n'eussent plus désormais qu'une seule et mèn e administration ainsi qu'un même parlement. Jacques Ier fut moins un tyran qu'un pédant couronné, infatué de l'étendue de ses prérogatives, dès loi-s en hostilité constante avec une nation décidée maintenant à tracer d'une manière bien précise les limites du pouvoir royal. Les discordes religieuse* avaient donné naissance à des partis et imprimé quelque cliose de sombre et de résolu au caractère des masses, lesquelles avaient en horreur l'arbitraire. Le nombreux et ardent parti des puritains se faisait surtout remarquer par son opposition à tout ce qui lui (tarainsait entaclté d'arbitraire et de despotisme. Ces hommes graves, chez qui la piété tooehait au fanatisme, avaient embrassé avec enthousiasme les doctrines du p re s bytérianisme, et considéraient l'épiscopat et la suprématie royale en matières de foi comme une abomination. Avec leurs mœurs et leurs maximes républicaines, ils ne pouvaient que détester tout ce qui ressemblait à l'esclavage spirituel. A ces éléments de troubles» il faut encore ajouter cette circonstance que les classes moyennes parvinrent à ce moment à exercer une décisive influence sur la composition de la chambre des communes, dans le sein de laquelle il se forma bientôt une redoutable opposition, comptant dans ses rangs des patriotes tels que Coke, Digges, Elliot, Miilipps, Selden, Sandys, Pym, etc., lesquels s'étaient de lionne heure promis de rétablir eu vigueur la grande charte du roi Jean , en lui taisant subir les modilicationa réclamées par l'esprit du temps. En présence de ces embarras, Jacques nliésita point à se jeter dans les bras de l'Église épiscopale, qui à ses yeux avait le grand mérite de sympathiser avec ses idées politiques. Il toléra les catholiques; mais ii |>ersécota ouvertement les puritains. Les j é s u i t c s , qui espéraient beaucoup d'un changement de souverain , organisèrent en 1605 la fameuse conspiration des poudres, dirigée tout autant contre le monarque que contre une chambre des communes infectée de puritanisme. Leurs menées déterminèrent le parlement à rendre une loi qui, indépendamment du serment de suprématie, imposait aux ecclésiastiques l'obligation de prêter un serment do fidélité à la couronne (oalh of allegiance) ; serment devenu à partir de 1610 obligatoire pour tous les fonctionnaires publics. C'est aussi de cette même année 1610 la mésintelligence profonde qui depuis

6RANDE-BK ET AG i\ E

ce*sa de régner entre le roi et le parlement. Aux (

de subsides que lui adressait Jacques, cette ^sfisblw répondait par des refus Jusqu'à ce qu'il eftl été (lit droit m griefs du peuple. Jacques, voyant dans ers volts n italiques une atteinte à ses prérogatives, ne vontul priât 4èr; et les communes ne lui accordèrent (dus que d'imiplasa subsides, dont l'exiguïté était rendue encore plu' *^ïpar l'esprit de profusion qui régnait à la cour. La (nais biliaires de tous genres auxquelles le gouveroeneat ast recours pour fournir à ses prodigalités portereni iianik le mécontentement, en même temps qne l'iftuaoc totb*tée par Jacques 1" avec l'Espagne, et l'iniflcttsw n« laquelle il vit son gendre l'électeur palatin, prince pndetal, succomber en Allemagne dans sa lutte contre IVleneM a- Uiolique, le firent tomber dans le plus complet aiépm

Jacques l" n'avait pas à lutter contre moins dedittalfi en Ecosse, où il s'était profondément aliéné la partie pus bytérienne de lu population en rétablissant de «m **«."• privée la dignité épiscopale, et en contraignant le parla** à introduire dans le culte des changement* eatoavi l'esprit de l'Eglise épiscopale.

La situation de l'Irlande était tout aussi «ta** Jacques s'était proposé d'opérer la réconcilia6oaé>cf^ avec l'Angleterre au moyen de réforme» poliliqn», •* * desquelles tiguraient des garanties pour la liberté mi ■ duelle et une entière sécurité a donner à la pruprH* * effet, il supprima les rapports d«- féodalité exisUnt t«te * seigneurs et leurs tenanciers, dont il fit de ha* « Immines libres et égaux a tous égards aux Anglais H*4* façon arbitraire dont il fut procédé à cette mesure wna* ment émancipa trice n'aboutit qu'à provoquer un pc » mécontentement , suivi d'une insurrection qu'il font * primer par la force. Toute résistance ayant cesse, J»!* sans se soucier des représentations et des pcoUsiitwt't parlement irlandais, procéda alors à ces connscal*»*1 propriété en masse dont l'odieux souvenir pe* eiw* jourd'hui sur l'Irlande comme une maledùtiun. Dr provinces du nord, on n'y confisqua pas moiasdïdaw»' lions dtacres de terre aux seigneurs; et taproTiaad^ tout entière fut abandonnée en proie à de* coton» uv*

Cest à l'époque ou ces troubles intérieurs eiaiea" apogée qu'eut lieu le premier essai de véritable <\dces* tenté par les Anglais dans l'Amérique du Mord. IX**-** Elisabeth, Walter Ralcigh y avait fondé, en Virgu** premier établissement , qui, faute d'hommes et <i *^'*\T compli tement échoué. Mais l'extension toujours pl*P»* des relations commerciales, et surtout les per^"1* ligiôuses, y conduisirent alors de nombreux sve»"^ qui bientôt firent avec U mère pairie un bur*** merce de i-elleteries et de tabac. ...

Charles Ie', AU et successeur de Jacques 1 - 1649 ), partageait de tous points les idées de «* 1*^ ^

Anglais et les Ecossais le soupçonnaient mérex-

secrètes tendances catholiques; aussi le parlement" clara-MI tout d'abord la guerre en lui refusant te *^ dont II avait besoin, et en le sommant d'avoir à aux griefs de ta nation. Comme son père. Charte 1 ■ une attaque directe à sa prérogative; il eut f*0*^ emprunts, à des dons volontaires, à des concu^1* genres, et surtout à la création de taxes fbVgate|C** cet état d'hostilité flagrante entre lui et le P****^ ce prince ne craignit point de se jeter dans les d'une guerre contre ta France et l'Espagne; mai» *** menls qu'elle nécessita et les pertes qoTl essuya * la Rochelle en I6î7, le jetèrent dans de tels eailufl* fi tiers, que force lui fut de finir par céder; « ^j^T^ la sanction qu'il donna en 1626 au célèbre ^ devenu l'une des bases les plus essentielles des '"^V^ Niques de la nation anglaise , le parlement 1* V" portants subsides. Mais le roi donna la menff* « qu'il persistait à faire des droit» du par lemenl , t» çant avec colère la

GRANDE-BRETAGNE

lieu de «s travaux législatifs, parce qu'elle avait refusé de winctianner un impôt arbitraireraent établi sur les poids et mesures et sur le tonnage. Quinze années s'écoulèrent alors sans que Charles 1" songeât à convoquer un autre parlement ; et pendant ce long espace de temps ses ministre* dirigeants lurent Thomas Wentworlb, comte de Strafford, pour les aMaires politique», et l'évèque William Laud pour les alfaires ecclésiastiques. Les Uses arbitiaireroeut établies alors ne purent être perçues citez certains contribuables réfractants qu'avec l'assistance de la force armée; et pour donner a la violence une apparence de légalité, les juges de la cbambre étoilée décidèrent qu'en procédant ainsi le roi avait agi dans les limites de ses droits. Cette blessure si profonde faite au sentiment de la légalité rendait désormais impossible toute réconciliation entre le roi et son peuple. Une leruueutation, telle qu'il s'en déclare toujours a la veille des grandes révolutions, se manifesta dans toutes les classes de la population. Toutefois , la tempête vint du point de l'horizon d'où elle était le moins attendue. Le roi , voulant anéantir en Ecosse le presbytérianisme , qui lui était odieux , imposa dans ce pays , en 1637, l'usage d'une liturgie de la façon de Laud , qui n'était autre qu'une traduction de la liturgie épiscopale anglaise. Les Écossais ayant fait entendre d'inutiles doléances contre cet acte tyrannique, qui les violentait dans leur conscience , établirent en 163» a Edimbourg un gouvernement révolutionnaire, dont la première démarche fut de rédiger et de publier ce qu'on appela le cov en ant , ;acte qui contenait l'ancien symbole de foi des presbytériens de 1560, et qui fut adopté par toute la nation. Après d'inutiles négociations , on prit les anses des deux côtés. Les Écossais envahirent l'Angleterre, battirent en août IGiO les troupes royales sur les bords de la Tync, et conclurent avec les pairs anglais un traité aux termes duquel le parlement d'Angleterre fut constitué arbitre du différend. Ce parlement ouvrit ses séances le 3 octobre 1640. Sauf les individus placés dans la dépendance personnelle des évéques, les membres de l'une et de l'autre chambres, épiscopaut, presbytériens et puritains, étaient tous d'accord pour réclamer qu'il fût mis lui à l'état d'illégalité ou on se trouvait depuis si loug temps, et insistaient pour qu'il fût enfin fait droit aux griefs de la nation. Les communes déhulèrent |>ar demander la mise en accusation des ministres, dont deux, Laud et Strafford, périrent plus tard sur l'échafaïul ;eten même temps elles déclarèrent coupables de trahi» son tous fonctionnaires publics, ofliciers royaux, etc., qui essayeraient de faire exécuter les actes illégaux ordonnes par le roi, et les rendirent personnellement responsables des rél>aration9 civiles qu'entraîneraient les actes illégaux auxquels ils auraient participé, indépendamment des fortes amendes prononcées contre eux au profit du trésor public.

Ce fut là un rude coup porté a l'autorité royale. Charles, en voyant le parlement en agir avec lui avec tant de résolution , perdit courage, et sanctionna non-seulement un bill qui fixait à trois années la durée de chaque |*arlement, mais encore, eu mai 1641, une autre loi qui rayait du nombre Je ses prérogatives celle île dissoudre la législature.

Un gouvernement révolutionnaire se trouva de la sorte -onstitué en fait. Après la suppression de la haute comnission et de la chambre étoilée, et après l'abolition de "odieux impôt de tonnage prélevé sur les navires, le part*rneut conclut avec les Écossais, à la date du 7 août 1641, t ii arrangement qu'on n'avait tant retardé que pour pou- <»ir profiter delà présence de l'armée écossaise et exercer ^ ec son appui une pression de plus sur l'autorité royale. Les :cossais obtinrent 300,000 livres sterling d'indemnité; le cj venant fut maintenu et une amnistie générale publiée. Le tf^rii n'eut pas été plus tôt détourné de ce côté qu'éclata en r lande une effroyable conspiration, qui exerça sur le cours l?s événements une influence décisive.

Charles l*'r avait suivi aussi dans ce malheureux pays la r>litique de son père. A l'aide du serment de suprématie •'on rattachait à l'exercice du droit de succession, les plus

révoltantes

grands propriétaires catholiques; et le gouverneur Strafford avait même été jusqu'à tenter de confisquer la province de Connaugnt tout entière, pour la transformer en domaine de la couronne. Les victimes de ces affreuses violences mirent alors à profit les troubles intérieurs auxquels la Grande- Bretagne étaient en proie pour secouer le joug , et prirent les armes, le 23 octobre 1641, sous les ordres de Roger More et d'O' Neale. Environ 60,000 Anglais protestants périrent égorgés dans l'espace de quelques jours, sur les divers points de l'Ile. A la réception de cette affreuse nouvelle, le roi se vit contraint d abandonner au parlement la direction des mesures à prendre contre l'Irlande révoltée, car il manquait, tout à fait des ressources qui lui eussent été nécessaires pour organiser et mettra sur pied une armée. Alors le parlement leva des troupes et vida les arsenaux ; mais il se garda bien d'envoyer en Irlande les troupes qu'il se trouva avoir ainsi à sa disposition , car en ce moment même la cour et le haut clergé méditaient évidemment une violente réaction. Au mois de décembre 1641 , une scission profonde ayant éclalé entre le roi et le parlement au sujet de l'exclusion des évéques de la chambre haute, la cour se retira à York, où la noblesse vint se grouper autour du trône et se préparer à la guerre civile, qui effectivement éclata dans l'été de 1642, et qui fut d'abord entremêlée de revers et de succès pour chaque parti, les troupes royales manquant de vivres et de munitious, et l'armée du parlement d'habitude de la guerre. En juin 1643, les Écossais, restés jusqu'alors spectateurs passifs du conOit, conclurent avec le parlement une convention aux tannes de laquelle le maintien de la royauté était à la vérité garanti, mais qui stipulait en même temps en faveur des libertés nationales et assurait à l'Église presbytérienne le libre exercice de son culte dans chacun des trois royaumes. La constitution presbytérienne de l'Église fut ensuite introduite même en Angleterre, et au mois de janvier 1614 un corps écossais cunsidciable vint grossir !cs rangs de l'aimée du parlement. De son côté , le roi avait essayé de renlorcer l'armée rangée sous ses drapeaux en convoquant à York, en janvier 1644 , un parlement composé de ceux des membres de la chambre haute et de la chambre basse sur le dévouement desquels il croyait pouvoir compter. Mais eu dépit des sacrifices immenses faits en sa faveur par la noblesse et par le clergé, il lui fut impossible de continuer à lutter contre le parlement, appuyé sur les masses populaires. D'ailleurs, l'esprit qui remuait dans les deux armées différait de point en point. Dans le camp des troupes royales , les excès, le maraudage, l'insouciance chevaleresque; dans celui des parlementaires, la discipline la plus sévère, l'intime conviction qu'on ne combattait que pour la plus grande gloire de Dieu et pour obéir à un devoir de conscience. Le s juillet 1644 les troupes royales, commandées par le prince Ruprecbt, fils de l'électeurpalatiu Frédér ic, essuyèrent une déroute complète dans les plaines de Marstoumoor. La discorde, qui à ce moment se glissa dans les rangs de l'armée parlementaire, et qui gagna même le parlement, sauva seule l'année de Charles I*' et sa cause d'une ruine complète. C'est à ce momeut qu'où vit pour la première fois se produire dans le parlement et dans son armée un parti encore peu nombreux, dont les adhérents, désignés sous le nom d'Indépendants, songeaient déjà à pousser les changenu-nts politiques et ecclésiastiques bien plus loin que la foule ou ce qu'on appelait les presbytériens et ne rejetaient pas seulement tout symbole de foi et tout culte, mais encore la royauté et toute distinction sociale entre les hommes. Olivier Cromwell, Vane, Fiennes et Saint-John étaient les chefs de ce parti. Une fois qu'ils eurent réussi à éloiguer de l'armée les comtes d'Essex, de Manchester, de Warvrick, de Denbigh et autres presbytériens zélés, ce fut Tliomas Y ai r fa x qu'ils appelèrent à en prendre le commandement ; et Cromwell , lieutenant général, se trouva alors

que dont il était lui-même

battit encore complètement le» trompes royales, le 14 juin 1645, à Nasehy ; de sorte que dans le cours de cette même an lut; les différents corps isolés qui tenaient encore pour le roi se trouvèrent complètement dissous, et que toutes les places fortes tombèrent les unes après les autres aux mains des parlementaires. En mai 1646 il ne restait plus à Charles I" d'autre ressource que d'aller se réfugier parmi les Écossais, qui, en janvier 1647, le livrèrent au parlement contre le payement des subsides qui leur étaient dus.

Une fois le roi prisonnier, la guerre civile se trouvait , à bien dire, terminée. Le parlement chercha donc à se débarrasser de l'armée ; mais, à l'instigation de Cromwcll , celle-ci s'organisa pour la résistance; et en août 1647, en violation formelle de toutes les lois, elle occupa Londres. Le fanatisme qui se développa alors dans ses rangs était de la nature la plus effrayante ; une nouvelle secte religieuse, celle des levellert ou niveleurs , compromit tellement la discipline, que Croinwell lui-même dut la uoyer dans le sang. L'année avait su s'emparer de la personne du roi : elle négociait avec lui le rétablissement du trône ; mats Charles 1er refusait toujours de donner aux olficiers des garanties contre toutes recherches ultérieures au sujet de leurs actes. Pendant la crise révolutionnaire, ces négociations se trouvèrent rompues, et elles n'aboutirent en définitive qu'à accroître. encore le* haines qui régnaient dans l'armée contre la personne du monarque. C'est alors que la mort du roi fut résolue. Au mois <le janvier 1648, sous la pression de la soldatesque et des Indépendants, le parlement dut déclarer que toute négociation nouvelle qu'on ouvrirait avec le roi constituerait un acte de haute trahison. A la nouvelle do cette menaçante résolution , diverses provinces et les Écossais en i- mêmes coururent aux armes. Tandis que Cromwcll marchait à la rencontre de ces derniers, le parlement, redevenu libre de ses mouvements, entamait avec le roi de nouveaux pourparlers, qui se prolongèrent beaucoup trop, par suite des scrupules théologiques que manifesta Charles 1er. Cromwcll trouva ainsi le temps d'envoyer le général en chef Fairfax occuper de nouveau Londres, le 0 décembre, a la tète de forces imposantes. Le 6, deux régiments, commandés par le colonel Pride, assaillirent le parlement. Quarante-sept de ses membres, appartenant au parti presbytérien, furent jetés en prison, et quatre-vingt-seize autres mis à la porte ; de sorte que la chambre basse ne se composa plus guère que de soixante membres, tous Indépendants exaltes. C'est devant ce parlement, surnommé le parlement croupion, que les officiers, maintenant maîtres absolus de la position, instruisirent le procès du roi. Les seize pairs de la chambre haute ayant repoussé le bit! d'accusation, on établit une commission de cent-cinquante membres, en- UèremetU composée d'Indépendante, et qui, le î7 janvier 1649, condamna le roi à mort, comme coupable de tyrannie et de haute trahison. Otaries 1er mourut le 30 janvier, non moins victime de ses propres imprudences que d'une soldatesque fanatique et de l'astucieuse politique de Cromwell.

Le gouvernement militaire se trouva alors tout fondé. La chambre haute fut abolie; on institua un conseil d'État, composé de quarante et un membres, et dont taisaient partie les plus influents d'entre les officiers ; enfin, le 7 février 1649 une décision du parlement abolit la royauté. L'attention des hommes qui occii|>aient le pouvoir se porta tout d'abord sur l'Irlande , jusqu'à présent à peu près oubliée , et où le marquis d'Ormond continuait à tenir pour la cause royale. Les Irlandais se disposant à proclamer le prince de Galles roi sons le nom de Charles II, Cromwell partit pour l'Irlande, au mois de septembre 16*9, avec le titre de lord-lieutenant, et comprima ce mouvement en versant des torrents de sang. Los Écossais, à qui les tendances des Indépendants répugnaient souverainement , entrèrent en négociations avec Charles II; puis, ce prince ayant juré le covenant et Tait d'importantes concessions , ils le proclamèrent roi d'Écosse en juin lftbo. Le parlement nomma alors Cromwell

\ ; et celui-ci, après

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avoir envahi TÉcosse a la tète d'un corps d'élite, battit \b Écossais le 3 septembre I6S0, à Dunhar, puis un mfr* tard, à Worcester, Charles II, qui dans lïnteroot ros à son tour envahi l'Angleterre. L'Écosse fut «Ion imite tout à fait en pays conquis. On l'incorpora à la repuM^»; cependant on lui permit d'envoyer ses représentant* i Londres. L'Irlande, où Ireton et après sa mort I

achevèrent l'oeuvre de la répression, éprouva le mène sort Les colonies d'Amérique , Terre-Neuve exceptée, rte» mirent U république ; et beaucoup de puiesiaee* eoqfcnentales recherchèrent l'alliance et l'amitié de ce riebt <t puissant État, que de simples bourgeois gouveraaial uk une si étonnante énergie. Les Provinces-Unies tuant un. de voulour épouser les intérêts de Charles II , alors «ma en Europe, il en résulta avec eux une collision pu a* de laquelle fut publié, en octobre 1651 , à llnstigktioa Oc Cromwell et de Saint-John, le célèbre acte de naryo/tft, qui à l'origine n'était dirigé que contre le commerce <t» Hollandais. En mai de l'année suivante édita este la deux pays une guerre acharnée, dans laquelle Hakefoadi a gloire et la puissance de la marine britannique. Kndrpt-* son lieureuse activité, le parlement n'en restait pat o*n pour le peuple un objet de défiances, parce que ses meaim se montraient en même temps trop préoccupés du mi consolider de plus en plus leur influence personnelle. au commencement de Tannée 16S3, le iiarlemetit rtxi* de se débarrasser de l'armée, devenue plus que jamais lui un embarras. Il ordonna son licenciement, et ton que son personnel serait réparti entre les divers éqoipw* de la Hotte. Ce coup d'audace ne put dissimuler u tiikte* Cromwell convoqua aussitôt tous les officiers ea c*al de guerre, et on y rédigea une adresse par laquelle lej*lement était sommé d'avoir à se dissoudre pour lah» » d'autres le soin de prendre les mesures réclamé» par fi» térêt général.

Les membres du parlement ayant menacé les petil*naires d'un procès de haute trahison, Cromwell, kV'm 1653 , entra en compagnie d'un certain nombre de ^ dans la salle desséances, et, sans autrement de ueoaM expulsa les députés « pour La plus grande gloire de Dm 1 Le peuple ne comprit pas tout ce qu'il y avait d'odieui te cet attentat ; il ne vit dans ce premier acte de ta diriabft militaire que l'aurore de la liberté publique. Mors, ami"' mes d'un décret du conseil de guerre ; une assemblé**0* trente-neuf individus, dont cinq pour PÉcossè et «ù l'Irlande, fut convoquée pour le 4 juillet suhasiar*4 d'exercer pendant une durée de quinze mois la F--i législative. Cette convention , appelée, du nom d'à* * e membres, le parlement Barebone, se composait d'an n™* sis d'enthousiastes imbéciles et ignorants, la li« i«r* fanatisme. Comme elle se disposait à constituer la nft*h que en lui donnant pour base la loi de Moïse, dispersa dès le 12 décembre. Le conseil de guerre 4*™ alors une constitution qui accordait à Cromwell, p*r tant de sa vie, l'autorité d'un roi constitutionnel, w*J * * nomination de lord Protecteur, et le libre eierck* * w religion à tous les partis, sauf les papistes et les >,P*Mf^ Cromwell, ayant conclu la paix avec Ves Proviaee**» le & avril 1654, réunit un nouveau parlement, <lm'MV mes de la constitution nouvelle, se trouva composé de <p*| cents Anglais, de trente Écossais et de trente IrU»***.»* après cinq mois à peine d'existence cette assemble* lement dissoute, parce qu'elle faisait mine de yoai(fzL ter et contrôler les actes du Protecteur. Alors se un eflroyable système d'oppression. Les indiridos

royalistes se virât *

par la notoriété publique *

risquer la dixième partie de leurs propriétés; ' ^"v^ tout entière fut divisée en doute cantons, à U têt* de desquels on plaça un gouverneur militaire, nvesti '^J** pouvoirs pour les affaires civiles comme pour le " ^ militaires. Ces majors généraux (général majoa) ^ on les appelait , tous créatures du Protecteur et à

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tion, levaient les impôts, confisquaient les propriété* des vu<[>ecl3, et ordonnaient dt-s exécutions capitales suivant que bon leur semblait. A l'effet de détourner l'attention de la nation vers ses intérêts extérieurs, Cromwell, d'accord avec la France, commença en 1655 contre l'Espagne une guerre dans laquelle les Anglais s'emparèrent de la Jamaïque, et en 1658 de Dunkerque, l'une et l'autre enlevés aux Espgnols, indépendamment de richesses immenses. Cependant le mécontentement du peuple contre la dictature allait toujours croissant, en raison surtout de ce que du second parlement, qu'il réunit en septembre 1656, Cromwell exclut encore, à l'aide de la force armée, cent soixante presbytériens ou républicains rigides. Au mois de mars 1657 , cette assemblée mutilée offrit la couronne à Cromwell; et celui-ci n'ayant pas osé l'accepter, une constitu lion nouvelle lut rédigée, qui donnait au lord Protecteur le droit de désigner son successeur. Cette nouvelle constitution ordonnait en outre la création d'une chambre haute, dans laquelle vinrent siéger les officiers supérieurs. Mais comme ce parlement , d'après l'interprétation qu'il donnait à la constitution, se disiMjsait à accueillir les cent-soixante membres qui en avaient été précédemment exclus, il fut dissous tout à coup par le Prolecteur irrité. Les républicains méditèrent dès lors une révolution nouvelle, pendant que les royalistes et les catholiques, réduits à dissimuler leur foi, organisaient une insurrection générale des provinces, et que l'armée elle-même ne faisait pas mystère de son profond mécontentement. Les officiers supérieurs qui avaient quelque ambition ou étaient doués de quelque résolution de caractère, ou encore ceux que leur ardent républicanisme rendait peu commodes à manier, Turent ou congédiés ou comtnissionnés, soit en Ecosse, soit en Irlande. En outre, la situation de l'Ecosse était toujours des plus critiques, et il ne fallait pas moins qu'une armée considérable pour l'empêcher de se proclamer indépendante. Quant à l'Irlande, depuis longtemps ce n'était plus ju'un monceau de ruines ; aussi la profonde exécration dont c Protecteur y était l'objet ne pouvait-elle guère être réellelient dangereuse. Après la pacification de cette Ile, ou mieux, iprès sa conquête, environ quarante mille individus dans la or ce de l'âge et en état de porter les armes s'étaient vus condamnés à s'expatrier ; des provinces entières avaient été If peuplées, et abandonnées en proie à des soldais et à des olons anglais. Enfin, Cromwell en était venu jusqu'à former e projet de concentrer toute la population de l'Irlande sur a rive droite du Shannon, projet qui échoua malgré IMmpiayable rigueur avec laquelle on tenta de l'exécuter.

Cromwell n'eut pas le temps d'assister à l'explosion de la irnientation générale. Il mourut le 3 septembre 1658, et le onseil d'État confirma son incapable fils, Richard, dans la ignité de Protecteur. A peine celui-ci eut-il convoqué le arlement, que les cliefs de l'armée se liguèrent contre lui l cette assemblée ; et le 25 mai 1659 ils le contraignirent abdiquer. Le beau-frère du Protecteur, le général Fleetood, républicain ardent et de plus millénaire, qui attendit de la meilleure foi du monde la venue de la cinquièrae lonarchie ou la domination des Saints, joua dans cette ou velle révolution le rôle le plus important avec l'ex-généil Lambert, ltoinme profondément ambitieux. Les officiers, f-ant résolu de donner à la nation une autre forme de Hivernenient, commencèrent par convoquer le 8 mai l'anen parlement croupion, dont le 13 octobre suivant ils -ononcèreut encore une fois la dissolution, parce qu'il parut xiloir en finir avec la dictature militaire. Fleelwood, ntnbertet Desborough s'emparèrent alors des grandes larges, el pour donner quelque durée au despotisme miliire, instituèrent une commission de sûreté (Commit tee of fety)* chargée du gouvernement suprême. L'intervention attendue du général Monk mit enfin un terme à cette tarchie, objet d'étonnement et d'horreur pour le peuple. >rak était gouverneur en Ecosse; décidé en secret à rétablir taries II sur son trône, il marcha, à la téte de six mille de troupes choisies, sur la capitale, accompagné l>E I.A r.osvr.hs. — t. s.

dans sa route par les vœux et les encouragements de toute la population. Le 3 février 1660 il occupa, sans avoir en besoin de brûler une amorce, Londres, où était réuni le parlement croupion. Mouk feignit de vouloir s'entendre avec cette assemblée; mais le 2t février il y fit rentrer les presbytériens expulsés en 1648, mesure qui enleva aux Indépendants la majorité qu'ils y avaient jusque alors conservée, et qui les détermina à s'éloigner. Aussitôt après , le parlement rapporta les lois d'exclusion et d'exil portées contre la famille des Stuarts, élut un conseil composé de trente et un individus dévoués au roi, et prononça le 17 mars sa propre dissolution, après avoir convoqué un nouveau parlement pour le 25 avril suivant. Les partisans que les Indépendants comptaient dans l'armée n'osèrent rien tenter contre cette manifestation imposante de la volonté nationale, surtout parce que les troupes se trouvaient disséminées sur une foule de points. Le nouveau parlement entra donc en négocialions avec Otaries II, alors à Bréda; et quand ce prince eut promis une amnistie générale, de même que de respecter les droits nouveaux acquis par la nation , il fut proclamé solennellement à Londres, le 8 mai, en qualité de roi des trois royaumes. Comme tous les partis étaient las de l'anarchie et du despotisme militaire, la restauration (ut accueillie avec une joie aussi générale que sincère. Le parlement, qui avait abrogé toutes lois rendues au détriment du trône pendant le cours de la révolution, négligea même de bien tracer les limites de celte autorité royale qui avait donné lieu à tant de débats. Dans cette omission se trouvait le germe de nouveaux orages comme aussi d'une nouvelle révolution, qui devait profiter davantage aux intérêts généraux de la nation. Quelque peu de profit que l'Angleterre et l'Ecosse eussent tiré , au point de vue général de la politique, de la douloureuse révolution par toutes les phases de laquelle il leur avait fallu passer, on ne saurait contester que les événements que nous venons de raconter développèrent d'une manière extraordinaire les forces vitales intérieures du pays. La prépondérance prise par l'élément démocratique adoucit les aspérités provenant de la différence des nationalités , des moeurs et des castes ; elle fusionna des intérêts jusqu'alors ennemis, et la lutte passionnée engagée au nom de l'intérêt public eut pour résultat de réveiller et de raffermir l'énergie politique de la nation. C'est à partir de ce moment que le zèle jaloux pour le maintien des libertés publiques devient le trait distinctif du caractère britannique. Ajoutons pourtant que la vie politique n'avait pas pu se développer sans accroître les dépenses de l'État. A la mort de Cromwell les revenus publics s'élevaient à deux millions de liv. st., et suffisaient à peine pour couvrir les dépenses.

La restauration procéda d'abord avec une modération relative. 11 n'y eut guère plus d'une dizaine des plus compromis d'entre ceux qui avaient joué un rôle dans la condamnation de Charles Ier qui expièrent sur l'échafaud leur participation au régicide. L'armée fut licenciée, el la liturgie et l'épiscopat furent rétablis avec quelques modifications. On rendit à l'Ecosse son indépendance politique; il est vrai que cette mesure n'avait d'autre but que de pouvoir mieux tenir le pays en bride. Le commissaire royal Middleton détermina le parlement d'Ecosse à annuler par son acte rescisoire (rescissory act) tous les décrets, lois et arrêtés rendus depuis 1633, qui avaient pu porter atteinte aux prérogatives royales; mesure qui eut pour conséquence d'abolir le cotenant presbytérien et d'introduire l'épiscopat en Ecosse. Mais le nouveau parlement anglais de 1 661, où le gouver nement avait su assurer la majorité aux épiscopaux , se montra impitoyable dans la réaction. Après avoir rappelé les évéques dans la chambre haute, et après avoir rendu l'acte dit de corporation, qui, par l'obligation qu'il imposait aux presbytériens et aux républicains de prêter un serment répugnant à leur conscience, les déposséda même des simples fonctions municipales dont ils pouvaient encore être revêtus, il vota le fameux aclc d'uniformité ( Act of uniformité ). Celte loi odieuse, qui contraignait le clergé anglais à

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déclarer sou* la foi du sonnent qu'il pensait eu matière d'articles de foi comme la haute Église, remit en pleine rigueur les anciennes et affreuses lois de persécution rendues par Eli- >.(!•• ih contre les non-conformistes, et jeta de nouveau le pays dans les dissensions religieuses. En un seul jour '2,000 presbytériens abdiquèrent leurs fonctions ecclésiastiques. Le chancelier Clarendon fut le promoteur principal de cette persécution. En même temps le catholicisme se produisait ouvertement et de la façon la plus menaçante a la cour, commençant déjà à se mêler aux intrigues de la politique, tant intérieure qu'extérieure. Des sympathies catholiques, des besoins d'argent et des plans secrets de re\olutiou jetèrent le roi dans les bras de Louis XIV, qui, en 1062, réussit même à obtenir la cession de Dunkerque moyennant une somme de cinq millions de livres. Des motifs analogues portèrent Charles II à déclarer, en 1664, à la république protestante des Provinces-Unies une guerre impolitiqur, à laquelle mit fin, le 21 juillet 1667, je traité de paix de Brida. La conclusion , en 166S, d'une triple alliance protestante entre l'Angleterre , la Suède et les Pays Bas , contribua à calmer jusqu'à un certain point les inquiétudes que le peuple éprouvait pour le maintien du protestantisme dans la Grande- Bretagne; mais en 1669 on vit arriver tout à coup à la direction des affaires, sous la présidence de Sliaftcsbury, le ministère entièrement vendu à Louis XIV et si odieusement fameux sous le nom de ministère de la cabale, qui, d'accord avec le duc d'York, frère du roi, poursuivit systématiquement l'exécution d'un vaste plan tramé pour la restauration du catholicisme et du pouvoir absolu en Angleterre. Conformément à un traité secret conclu avec la France, le roi, à la surprise de toute la nation, déclara de nouveau en 1672, ctsaus motifs, la guerre aux Pays-Bas ; mu- dès le mois de février t67i les défaites successivement essuyées par les armées anglaises amenaient la conclusion de la paix.

Cependant les discussions les plus violentes avaient au<si éclaté entre le parlement et la cabale. Dans la session de 167.1, le roi se vit forcé de retirer un édit de tolérance rendu

tels une lord Russe», Algernon Sidney, Essex , Sluftabm Malgré ces troubles Intérieurs, le génie de rindoitrV iufo naleet l'esprit de colonisation notamment ne lai«*rent ]wtl que de faire de notables progrès pendant la re«taiir»ti *n

Cest de celte époque, où les haines de parti* tUmt devenue* si ardentes et si profondes , que date l'empk. dénominations de w h i g < et de tories. Les partisan* h protestantisme et de la constitution reçurent de lenrv »f versaires le sobriquet de uhlgs , tandis qoe 1m Unir.* dévoués à la cour recevaient celui de tories. Cepmïu: peu à peu on en est Tenu à réserver ces dénomination* *a deux partis aristocratiques, et plus ou moi™ consefnteurs, qui, suivant la faveur de la cour ou de l'opinion p. blique, se succèdent alternativement à la direction affaires. Les sanglantes persécutions qui signalèrent It* irniercs années du règne de Charles II intimidèrent tellme»: les whigs, qu'ils n'osèrent point, au mois de février l>-v s'opposer à l'avènement de J a c q u e s 1 1 an trône. HA ta les partis s'attendirent alors à voir éclater bientôt la;*' violente réaction dans l'Eglise comme dans r£t*t, sœV.: le parlement qui se rassembla en mai suivant étant rrV rement composé de tories et d'hommes dévoué* à U n :? Après avoir cruellement réprimé l'insurrection lents u le duc de Monmooth , fils naturel de Charles II, li rr.commença à démasquer hardiment ses projets. U (iiw*tion du parlement eut lieu ; des catholique* furent • à occuper la plupart des hauts emplois, et on les lois précédemment rendues contre eux. Le nt>> licisme, avec ses évêque* et ses jésuites, se montra fé <* a visage découvert, et on essaya même de nommer tef suites aux chaires qui vinrent à vaquer dans les don «r<« silés. Entin, en 16ft7, le roi imposa aux Écossais, et uni •s*' plus tard aux Anglais, un acte de tolérance qui a<* 1 J •m catholiques complète égalité de droits avec l* * copaux. Cette loi avait pour but de légitimer feterriK des mesures réactionnaires qu'on méditait et de (rtr* les voies à un retour complet de la nation à la foi eatVii-r

en l ueur des catholiques et d'accorder au peuple le célèbre La fermentation, la haine pour le gouvernement, et li '"1

acte dit du test ( Test act ) , aux tenues duquel tous le fonctionnaires publics et tous les officiers de l'armée durent décl irer &ous la foi du serment qu'ils ne croyaient point au mystère de la transsubstantiation dans la communion. Les catholiques, et jusqu'au duc d'York, qui avait publiquement abandonné le protestantisme, durent donner leur démission, et le ministère de la cabale se trouva dissous. Un certain Titus Oates, homme d'ailleurs méprisable a tous égards, vint alors faire devant le parlement des révélations sur une conspiration catholique, qu'on prétendait avoir pour but l'a»sassinat du roi et en même temps de faire arriver le duc d'York au tronc. En dissolvant le parlement, le roi coupa court a de plus amples révélations sur une intrigue dans laquelle lui-même et toute la cour se trouvaient mêlés; ruais la non- Telle chambre des communes fit preuve d'encore plus de résolution et d'énergie que la précédente, et proposa formellement d'enlever au duc d'York ses droits d'h< ritier présomptif de la couronne; projet qui n'échoua que contre la fermeté dn roi et de la chambre haute. Avant que Charles II eût eu le temps de dissoudre le parlement, celui-ci rendit encore, en 1679 le célèbre actede VHabens corpus, qui metlait désonnais la liberté personnelle des citoyens à l'abri des persécutions et de l'arbitraire de la cour. C'était là une mesure d'autant plus urgente, qu'en 1680 la cour jeta complètement le masque, et qu'en l'absence du parlement commença alors une effrayante reaction catholique et royaliste. Leduc d'York remplaça en fait son faible frère à la direction des affaires, et prit aussitôt une foule de mesures qui portaient atteinte à l indépcndance des tribunaux, trailaieut les presbvtériens à l'égal de criminels politiques, et enlevaient a Londres ainsi qu'a d'autres grandes villes leurs franchises et leur adminis tration muniri|wde. Des conspirations, tant réelles que supposées, furent découvertes; et on condamna à mort , a la suite de scandaleux procès, des coupables et des innocents,

sion que Vacte de tolérance provoqua en Ecosse fl n lande furent sans bornes. L'espoir de voir l'influence ut* tique diminuer à l'avènement d'un nouveau mi (wn.it r*"1à jamais quand il naquit à Jacques II un fils, dont Ut**" survenue fut d'ailleurs considérée alors par tout le a l'exception des catholiques, comme une de « • " fraudes que la raison d'État autorise et justifie qiH)*^' a ce qu'on prétend. Les filles de Jacques II, princes** !•> deux protestantes, dont l'aînée, Marie , avait èy"J-' stathouder de Hollande, le prince Guillaume d'Onet l'antre le prince Georges de Danemark, sevoniml dé|»ouillées de leurs droits successifs éventuels Te? # motif qui détermina enfin le prince Guillaume d'Orac? * quel les protestants s'étaient depuis |i>ngteui|>< * 'r'""" ' débarquer le 5 novembre I6sg a TorUay a la lèteTn* de r.OO voiles et d'une armée de 15,000 hommes, i r* d'intervenir dans les affaires de la Grande- Brrlsp* Ve ' défense des droits de sa femme. Après quelques ne**'" il fut accueilli avec enthousiasme non-seuleaidil F ' peuple, mais encore par l'armée et la flotte. Dé* 'f,t cembre II faisait son entrée solennelle à Londres v eu besoin de brûler une amorce, tandis que Jacime* ordonné maintenant de tous, était réduit à prendre U termes d'une décision rendue par la chambre haute. ^C0' d'Orange prit alors la direction des affaires, puU ^"^^ dernier parlement qui s'était trouvé réuni sonsCI.»*^ auquel on remit la décision a rendre sur la «J**** 0 vacance du trône. Cette assemblée, apnè< avoir <l* Jacques 11 avait perdu tons ses droits a la courr**hua le trône à ia princesse Marie, conjointement époux , mais en stipulant que celui des deux (ini**\ , rait serait le prince Guillaume, et que stN Tt^h mourir sans laisser d'enfants, la couronne ferait princesse Anne. En même ternos Guillaume dot «*«

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sandioo à une loi qui, sou» la dé*ignation de Déclaration

of rigklt (Déclaration des droite), traçait des limites bien

précisas i l'exercice de l'autorité royale, et qu'on a considérée depuis comme le pilier soutenant tout l'édifice dea libertés

du peuple anglais. La Convention nationale écossaise, elle aussi, le 11 avril 1689, lit proclamer Guillaume roi, mais sous la réserve que l'épisropat, la suprématie de l'Église anglkjoeet le droit du roi de nommer aux fonctions «celé* sia*u<|ueà seraient abolis a jamais. C'est alors seulement, après cotte seconde catastrophe de la royauté, que la révoliilioa sa trouva définitivement close, le droit public fondé» et une cuociliation pacifique assurée aux intérêts religieux.

La grande influence que l'avènement dcGuillaumelII donna aux wuiga dans les affaires désalTectionna plus particulièrement les forie*, et accrut le nombre des partisans de la dynastie déchue, qu'on désigna dès lors sous le nom de jacobttet. En 168» le parlement rendit un grand acte de tolérant*, en vertu duquel tous les dissidents (dissenters), les socinieos exceptes, obtinrent le libre exercice de leur culte. Les catholiques, il est vrai, restèrent encore en dehors de la loi commune ; mais on cessa du moins de les persécuter. Dana cette session il fut aossi rendu un bilt relatif aux céréales (eornbill), qui permettait la libre exportation dea grains à certains prix et qui même l'encourageait au moyen de primes. Enfin, on opéra une importante modification dans la loi de finances, en séparant pour touiours la liste civile dea autres dépenses de l'Etat et en accoror.lanl au roi pour sa vie durant un revenu annuel de 700,000 liv. st. (17, MX) ,004 fr. ). La nation et le roi portè- 'ent alors toute leur attention sur les affaires de la poilique extérieure. Sous le règne des Stuarte, la France était le venue la rivale de l'Angleterre sur les mers, et par sa )olitique de conquêtes Louis XIV menaçait les intérêLs an- Jais en même temps qu'il soutenait la cause de Jacques II. )r, avant que Guillaume III, d'accord avec l'empereur et les 'roviiiees-Lniea, pût commencer la guerre, Jacques II détarqua en Irlande à la tête de 5,000 Français, et soumit ■ Mile celle Ile. Ce ne fut qu'avec une extrême difficulté qu'on arvinl à faire rentrer les Irlandais dans le devoir et à les ontraindre à reconnaître pour roi Guillaume III, après que ? maréchal de Schomberg leur eût fait essuyer une déroute ornplèle en juillet I690,sur les rives de la Ho y n e. Ils ne a soumirent que parce qu'on leur garantit le libre exercice e leur culte comme avant Charles II. A ce moment seu- >inent l'Angleterre se trouva en mesure de commencer tout

la fois par terre et par mer la lutte contre la France. La aix de Ryewica, que la France épuisée fut réduite à signer i septembre 1697, ne fut cependant guère qu'une salisfaeon personnelle donnée aux rancunes de Guillaume III, et s avantagea qu'elle valut à l'Angleterre ne furent nullement n rapport avec l'immensité dea efforts que la nation avait ù la ire; ausai fut-elle généralement mal vue. Le parlement jerclta en conséquence a limiter de plus en plus l'action s l'autorité royale. Dès 1694 il avait réussi à établir la trienriité dea parlemente; maintenant 11 réduisit à un effectif ; 10,000 hommes l'armée nationale, considérée comme un i»lruiiient de despotisme. Toutefois, la haine que la nation iglaifrc portait à Louis XIV était trop profonde pour que uillaume III, lorsque la lutte recommença à propos de la icreaaion d'Espagne, ne put pas compter sur l'appui du irlentent. Ce prince mourut au milieu des préparatifs qui

tablaient pour la guerre, et légua le soin d'humilier la ance à sa belle-saur, la reine Anne ( 1702-1714).

Kn effet, peu après tea armées anglaises recommencèrent n: succès la lutte ton! à la fois dans les Pay-Bas, en Aluuagne et en Espagne» Pendant ce temps-la s'effectua >ssi un important changement intérieur : la réunion comète de l'Ecosse à l'Angleterre, opérée le 6 mai 1707, en i tu d'un acte d'union à la rédaction duquel participèrent > parlements respectifs des deux pays, qui sous le nom de mule-lhetagne ne formèrent plus dès lors qu'un seul et ^me royaume, régi par la loi de succession protestante.

Bien que depuis ce traité l'Ecosse ait fait de rapide* progrès dans le développement de ses forces nationales, cet acte demeura longtemps l'objet des regrets et de la haine des jacobites. La France, profitant de cette situation des esprits, mit des secours de tous genres À la disposition du prétendant Jacques fil, qui se faisait appeler maintenant le chevalier de Saint-Georges, et en mars 1708 ce prince tenta un débarquement en Ecosse avec des forces imposantes. Toutefois, l'amiral Byng fit avorter cette entreprise, qui eût pu avoir des suites si fatales. Toutes les tentatives faites jusque alors pour arriver à la conclusion de la paix avaient échoué, quand survint un événement qui pour le moment modifia complètement la politique de l'Angleterre. L'ne cabale de cour amena la disgrâce complète de la famille de M arl borough, et par suite celle de tout le parti whig. A radministralion du comte Godolphin succéda, en 1710, un ministère tory, dont les chefs étaient Harley, le comte d'Oxford et Saint-John, vicomte deBolingbroke. Un parlement nouveau fut également convoqué, dans lequel les tories obtinrent une majorité décidée. Les négociations suiviesavec la Franco pour le rétablissement de la |>ai\ prirent notamment la tournure la plus sérieuse, quand lord Oxford vint remplacer Marihorough dans le commandement de l'armée des Pays- Bas. Le II avril 1713 la paix fut signée à Utrecht avec la France, et le 13 juillet suivant avec l'Espagne. La France céda à l'Angleterre la baie d'il ud son , une partie de l'Ile Saint -Christophe, Terre-Neuve et la Nouvelle-Ecosse tout entières, et reconnut la succession protestante. L'Espagne, de son coté, rut obligée d'abandonner Gibraltar et M inorque et de confirmer le traité d ' A s s i e n / o . La marine française , d'ailleurs, n'était plus que ruines, tandis qu'a la fin de celte guerre la marine de la Grande-Bretagne se composait de 232 bâtiments de haut bord, portant 9,9*4 bouches à feu, et montés par 54,000 matelote. Depuis lors l'Angleterre est demeurée la dominatrice des mers; et soncominerce, son industrie, prirent tout aussitôt le plus gigantesque développement.

A la mort de la reine Anne ( 1714 ) , l'électeur de Hanovre fut appelé à monter sur le trône de la Grande-Bretagne , conformément à l'acte de succession protestante de 1701, qui assurait la couronne d'Angleterre aux descendants protestants de Jacques 1", et prit le nom de Georges 1er ( 1714-1727 ). Les tories fuient alors remplacés à la direction des affaires par les tchigs. Wal pôle prit les rênes de l'administration ; et pour donner satisfaction à l'opinion publique, un compte sévère fut demandé aux derniers ministres à l'occasion de la signature du traité d'Utrecbt. Cette mesure accrut le nombre et la force du parti jacobile ; dea troubles graves éclatèrent au nord de l'Angleterre. En Ecosse le comte de Marr, à la tête de 1,500 jacobites, leva l'étendard de l'insurrection ; au mois de décambre 1716 le prétendant s'y rendit même de sa personne et se fit proclamer roi. Tous ces effort*, dans lesquels l'intérêt catholique jouait un grand rôle, échouèrent cependant contre le dévouement dont le parlement fit preuve pour la dynastie nouvelle ; ils n'a* boutirent qu'a faire écraser le parti qui osait les tenter et à consolider la dynastie en la rattachant de plus en plus i l'intérêt national. En considération du dévouement dont le parlement venait de faire preuve dans cette crise redoutable , la cour fit adopter en 1715, mais non pas sans difficulté , une loi qui prolongeait jusqu'à sept années la durée de cette assemblée et celle de toutes les assemblées nouvelles du parlement qu'on pourrait convoquer par la suite. Cette loi importante imprima à la législation un remarquable caractère de fixité, et contribua essentiellement a consolider la couronne, tout en la rendant plus dépendante de la volonté nationale. A partir de ce moment le rôle joué par la politique anglaise dans les complications extérieures fut tout pacifique , car la dette publique en était arrivée déjà au chiffre de 54 millions de livres st. avancés par les diverses compagnies commerciales. En 1719 la Compagnie de la mer du Sud obtint du parlement l'autorisation d'acquérir à certaines conditions tout le capital de la dette publique, et de créer à

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cet effet îles actions représentant des paris d'intérêts dans les opérations commerciales entreprises par elle dans la mer du Sud. Un agiotage eflréné ne tarda point à s'établir sor ces actions, qui émise* au capital de 130 liv. st. atteignirent le cours de l,ooo liv. st., pour retomber presque aussi vite; d'où une perturbation générale dans les affaires.

L'avènement de G eorges II (1727-17GO) au trône n'amena point de cliangeraent dans la situation respective des partis. Les wliigs ne négligèrent rien pour maintenir l'état de paix; mais en 1739, par suite d'intérêts commerciaux qui se trouvaient vivement froisses, le ministère se vit forcé de commencer contre l'Espagne une guerre, qui ne fut conduite de part et d'autre qu'assez mollement. Enfin, la guerre de la succession d'Autricbe appela la Grande-Bretagne, comme garante de la pragmatique sanction , à prendre les armes dans ce grand débat. Elle commença ]»ar soutenir pendant longtemps .Marie-Tbérèse au moyen de subsides, puis, à la suite d'une révolution ministérielle provoquée par la retraite de Walpole, lord Carteret , du parti tory, fut nommé chancelier de l'écbiquier; et la nouvelle administration qui se constitua alors déclara formellement la guerre à la France. Pendant que le roi en personne commandait avec succès sur le coutiuent une aimée anglo-allemande , la flotte anglaise battit la flotte française, le 22 février 1744, dans les eaux de 'foulon. Dans la même année, la France tenta encore d'opérer un débarquement «n Ecosse avec une flotte nombreuse à bord de laquelle se trouvait le jeune prétendant Charles- Ë d ou a r d , petit-fils de Jacques 1 1 ; et cette fois encore la tentative ne fut point couronnée de succès. Toutefois , en juillet 1745, le jeune aventurier royal réussit à descendre en Ecosse et à y déterminer une insurrection des jacobites , qui prit tout de suite le caractère le plus menaçant , parce que le paysse trouvait entièrement dégarni de troupes. Force fui au duc de Cumberland d'accourir en toute hAte des l'aysllasavec des forces imposantes; et il comprima l'insurrection pur la > ictoire qu'il remporta, le 27 avril 174R,àCu llod en. Aux termes de la paix que la France, complètement épuisée , signa avec la Grande-Bretagne à Aix-la-chapelle, les deux parties belligérantes se restituèrent réciproquement leurs conquêtes. M lis les deux nations n'eurent pas plus tôt dépoté les armes que les hostilités recommencèrent sur les frontières de la Nouvelle-Eco- se, et, pour la première fois dans l'histoire, sans déclaration de guerre préalable.

Georges 111 ( 1700-1820) , avec le règne duquel commence l'époque la pins importante de l'histoire de la Grande- Bretagne, hérita de cette guerre commencée par son grandpère, et la termiua le 10 février 1703, par l'avantageux traité de paix sigué â Paris. La France fut forcée d'abandonner à l'Angleterre le Canada, le cap Breton, les tles de Saint- Vincent, de la Dominique et de Tabago; l'Espagne, de son coté, dut lui céder la Floride; et l'Angleterre se fit en outre concéder par l'une et l'autre puissance d'importants avantages commerciaux. C'est de la guerre de sept ans que datent également les débuts des immenses conquêtes faites par les Anglais dans les Grandes-Iodes, où lord Clive sut mettre à profit les déchirements intérieurs auxquels était en proie le Bengale pour .soumettre à la domination de la Compaguie des Indes les trois royaumes de Bengale, de Bahar et d'Orissa. Cet événement eut pour résultat de faire refluer, vers la mère patrie des torrents de richesses, qui contribuèrent a y développer encore plus puissamment le commerce et l'industrie. Toutefois, ces avantages particuliers ne modifièrent en rien l'état de délabrement profond dans lequel les finances nationales étaient tombées depuis le commencement de la guerre. A ce moment déjà la dette publique se montait à 184 millions de livres sterling, et le peuple murmurait hautement de ce qu'on n'eût pas imposé à la France des conditions de paix autrement onéreuses , comme c'avait été le dessein dcChatain.qui de 1756 à 1781 avait eu la direction des aiTaircs. CVst dans ces circonstances que le ministère Grcnville eut l'idée de se créer des restotiicci nouvelles dans tel colonie* anglaises de l'Amérique

du Nord ; entre autres mesures, il augmenta les droiti à Importation, et résolut d'introduire l'impôt du timbre. Citaient là assurément des charges qui n'avaient rie» An» sif ; mais les colonies de l'Amérique du Nord, si elles étant riches et florissantes, étaient animées aussi d'un vif m tintent d'indépendance. Jttsquïi ce moment eues . légalement exercé par l'intermédiaire de leurs provinciales le droit de s'imposer elles-mêmes; elles i sèrent avec indignation le mode de taxation arbitraire «Ut on essayait à leur égard. Dans la métropole, tous les Unmes animés de sentiments libéraux et patriotiques approuvèrent leur résistance , car ils devaient redouter que dau l'oppression des colonies le gouvernement trouvât ksrev sources nécessaires pour essayer de saper les bases wtmà la constitution anglaise. Les ministères GrenviUe, Rodu* hain et Grafton se brisèrent l'un après l'autre contre k> difficultés de cette grave question. En 1 770 Noria arma t la direction des affaires, et il supprima aussitôt tonte» k> taxes nouvelles, a l'exception de celle du timbre, que lut s'acharna à maintenir. Dès lors l'aigreur et la violetuil lèrent toujours croissant de part et d'autre. Le 4 leptembre 1774 se réunit à Philadelphie un congres de» ci.nies, qui interdit l'importation des marchandises venant k la métropole ou des Indes occidentales. A ce morne»! m prit les armes de chaque côté ; et quand, le 4 juillet ITT6, le congrès eut déclaré l'indépendance des treize États-Lmv la lutte sembla tout d'abord prendre une tournure in*rable à la mère patrie. Cependant, In face des chose* ebam» lorsque les colonies mirent en usage toutes les foras d toutes les ressources dont elles pouvaient disposer, d a

1778 une alliance intime qu'elles contractèrent avec la Fran fournit à cette puissance l'occasion de prendre sa irradie de ses récents désastres. En 1779 l'Espagne wmt*i exemple, et vint faire cause commune avec les inuga. Les puissances maritimes du Nord avaient en outre, p* la défense de leur commerce, conclu un traité de naîtrait armée ; et cette mesure irrita si vivement le gouverna*! anglais, qu'il déclara la guerre à la Hollande quoi il < H cette puissance y adhérer. Quelque immenses que fu»srilb ressources dont disposait l'Angleterre, il lui était impotsk sans exposer son propre territoire et ses colonies a de gra»e» périls, de continuer la lutte contre presque toutes le» r*" sances maritimes réunies. Au mois de mars 17*1, Vdut abandonner la direction des affaires a Rock influa, f> dès le mois de juillet suivant était remplacé par Sbeltwr*. Celui-ci conclut le 30 septembre 1782 avec les colonie ^ traité séparé qui assurait leur complète indépendant " mois de septembre 1783 la paix générale fut signée a Versailles; elle rendit à la France Tabago, Gorée, Saut-IV* et Miquelon, et à l'Espagne la Floride.

Au milieu de ces efforts extérieurs, l'Angleterre ««aï" aussi à traverser de redoutables crises à l'interie» ti

1779 l'Irlande se souleva , k l'instar des colonies de fi» rique du Nord , en revendiquant la liberté du commet la liberté de conscience ; ses populations s'armerait > masse , sous prétexte de défendre le pays contre le <!«•'*'' quemênt d'une expédition française. Enfin, en 1TSÎ, »P° que les ministres eurent inutilement cherché à co*j«* ■ danger par des avantages commerciaux, le gouvernement* vit réduit à consentir à l'abrogation de l'acte de KJ** vertu duquel toutes les décisions du parlement dV^* étaient soumises a la sanction du parlement d'AngWerrt b même temps des restrictions importantes furent apjwi" à l'autorité du vice-roi ou gouverneur général, et rïdav acquit ainsi un peu plus d'indépendance politique.

Des troubles d'un autre genre éclatèrent en Angletein* en Ecosse. En 1778 le gouvernement avait enfin n*9 obtenir du parlement son consentement à f abrogalk* * lois sévères portées dans les deux pays liques. Le |ieuple y vit la menace et le catholique, et lord Gordon fonda en Ecosse une au*** tion protestante, dont les menées provoquèrent en iTft 1

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Londres même , la plus grave des révoltes de la part de la populace. La paix de Versailles ne blessa pas moins profondément les susceptibilités de l'opinion publique que celles dn parlement. Cette guerre malheureuse, conduite d'un bout à l'autre arec le plus rare aveuglement, avait fait monter la dette publique à un total de 235 millions de livres sterling. Encore bien qu'on vit tout de suite qu'en réalité la perte de* colonies ne préjudicicrait nullement au commerce, cette dette ne laissait pas que de peser d'une manière effrayante sur la situation; en outre, à la paix, il avait fallu renoncer à tons les biens appartenant aux sujets britanniques , à ceux qu'on appelait les loyalistes ; et situes dans les colonies. C'est dans ces circonstances qu'au mois do décembre 1783 Shclburne se vit contraint de céder la place à V itt , qui resta longtemps à la tète des allures au milieu de* plus graves complications politiques.

Pendant les quelque* années de paix dout il fut alors donné à la Grande-Bretagne de jouir, une foule d'idées réformatrices, tant dans la politique que dans le domaine do la philanthropie, se produisirent au sein du parlement, où les whigs, arec Fox et Burke à leur léte, formaient la plus remarquable opposition qu'on eût encore vue. Mais ce mouvement progressif s'arrêta brusquement , dès qu'on put n'apercevoir que les idées et les événements de la révolution française excitaient au sein des populations anglaises les plus vives sympathies. Les deux partis aristocratiques, whigs et tories, a qui une modification dans la constitution de l'État eut fait perdre les avantages de leur position politique et sociale, se coalisèrent aussitôt pour combattre l'esprit démocratique à l'intérieur et à l'extérieur. L'exécution capitale de Louis XVI fit éclater la crise. Quand on en reçut la nouvelle, l'ambassadeur français eut ordre de quitter sur le champ le sol anglais ; et le 1er février 1793 la Convention nationale française déclarait la guerre tout a la fois a la Grande-Un togne, à la Hollande et A l'Espagne. La lutte commença dans les Paya-Bas, où les Anglais partagèrent les chances des coalisés, et sur mer, où le pavillon anglais maintint sa suprématie. La flotte française de la Méditerranée fut aux trois quarts anéantie par Hood et Rowe. Pour lui aider à triompher de la fermentation intérieure, le parlement accorda au gouvernement la suspension de YHabeas corpus , le bill des étrangers et d'autres lois d'exception ; ce qui, joint à des taxes de plus en plus écrasantes, porta l'exaspération du peuple à son comble. Mais dès 1795 la Prusse et l'Espagne concluaient la paix avec la république française; la dernière de ces puissances et la république batave signèrent même avec la France une alliance défensive el offensive. Par le traité de Campo-Formio, en 1796, l'Autriche se retira également du nombre des puissances belligérantes, et l'Angleterre se trouva alors réduite à un isolement presque complet. Des accidents intérieurs de la nature la plus menaçante vinrent encore aggraver sa position ; l'esprit d'insubordination et de révolte se manifesta à bord de la flotte da Canal, et gagna bientôt jusqu'aux flottes des Indes. La drselte et la cherté des vivres firent éprouver de cruelles souffrances aux populations, et la banque de Londres se vit tont à coup réduite à suspendre ses payements. Si à un tel moment la victoire remportée par Nelson dans les eaux d'Abcniktr (1-3 août 1798) put diminuer l'effroi causé en Angleterre par l'expédition française en Egypte, et si la Porte, la Rnssle, la Sardaigne et Naples vinrent alors successivement s'allier avec la Grande-Bretagne, d'un autre coté l'état où l'Irlande se trouvait à cet instant même taisait redouter k-fl plus terribles catastrophes. Depuis longtemps une grande Union catholique s'était propagée dans toutes les parties de cette fie et, secondée par la France, menaçait d'y mettre lin à la domination de l'Angleterre. Après l'insuccès de diverses tentatives de débarquement faites par des expéditions françaises, le gouvernement anglais se décida à désarmer F Union et à punir ses meneurs; or, cette politique eut précipitent pour rmdtat d'y provoquer pendant plusieurs

mois la plus affreuse des guerres civiles en même temps que de nouvelles tentatives de débarquement de la part de la France. Ces événements forcèrent le gouvernement et le parlement à prendre enfin un parti décisif, et qui dans des circonstances moins périlleuses eût été im|>o*sible, à cause de la vivacité de l'antagonisme religieux existant entre les deux pays. Dans l'automne de iboo, un acte des deux parlements opéra la réunion complète et délinitive de l'Irlande avec la Grande-Bretagne. Il fut stipulé que vingt-trois lords irlandais , dont quatre évôqoes , siégeraient dorénavant dans la chambre haute d'Angleterre, et que l'Irlande serait représentée à la cluunbre basse par cent députés ; qu'il y aurait en outre désonuais entière liberté de commerce entre les deux pays, qui jouiraient l'un et l'autre de la plus complète égalité de droits politiques. Il est vrai de dire quo ce grand cliangemcnt ue modiliait en rien la position de plus des sept huitièmes de la population de l'Irlande, a qui l'obligation du serment du test continuait d'interdire l'exercice de toute espèce de droits politiques.

Cependant, la Grande-Bretagne avait réussi à maintenir presque toute l'Europe coalisée contre la France. Les conquêtes opérées par les armées françaises appelèrent aux armes la Russie, l'Autriche et les princes allemands; et en l7t>9 la Hollande fut mémo le but d'une expédition maritime anglo-russe, aux ordres du duc d'York, mais dont le résultat fut négatif. A tous ces efforts l'ennemi répondait par des efforts peut-être plus grands encore. Aussi dès IHOI l'empereur et l'Empire se décidaient-ils à conclure à Lunéville leur paix particulière avec la France ; Naples ne tarda point a en faire autant, et la Grande-Bretagne 6e trouva encore une fois dans l'isolement Elle n'en rejeta pas moins les conditions de paix que lu) fit offrir son puissant ennemi, et même elle considéra comme une déclaration do guerre le traité de neutralité que la Russie, la Suède et le Danemark conclurent alors pour protéger leur commerce contre les actes de violence de la marine anglaise. En conséquence, Nelson reçut l'ordre, en 1801, de forcer le passage du Suml et d'aller attaquer la flotte danoise; mais la Prasse pendant ce temps-là occupa militairement le Hanovre. L'avènement de l'empereur Alexandre au trône de Russie mit fin à ces tiraillements entre les coalisés. Dès le mois de juin ISOI le cabinet britannique concluait avec la Russie un traité de navigation , auquel le Danemark et la Snède accédèrent pc i de temps après; et des tendances k traiter de la paix se manifestèrent en même temps du coté de la France. Sans doute jusqu'à présent le commerce britannique n'avait en rien souffert de l'état de guerre où se trouvait l'Europe; mais sous l'administration de Pitt la dette publique, de 232 millions sterling, avait fini par atteindre le chiffre de 490 millions ; et le budget annuel des dépenses publiques, de 12 millions de livres sterling, était arrivé à 28 millions. Pour faciliter la conclusion de la paix, Pitt, au mois de mars 1801 , céda le ministère à Addington (Sidmouth); et le 27 mars 1802 celui-ci réussit enfin à amener la signature du traité d'Amiens. A l'exception de l'Ile de la Trinité et d'une partie de l'Ile de Ccylan, l'Angleterre restitua à la France, à la Hollande et à l'Espagne tout ce qu'elle leur avait enlevé pendant la guerre. La nécessité seule avait pu faire accepter les conditions de cette paix ; les Anglais ne lardèrent point à comprendre quelle pression la France exerçait sur le continent avec son effrayante prépondérance, qui menaçait de leur fermer tons les ports de l'Europe. La nation, le parlement, l'aristocratie et le ministère s'aperçurent alors qu'il ne s'agissait plus seulement d'un principe politique, mais du commerce du monde et de l'existence même de l'empire britannique. Aussi la guerre fut-elle de nouveau déclarée à la France dès le 18 mai 1803, aux applaudissements de tous les partis. Toutefois, les premières hostilités ne furent pis suivies de grands résultais, parce que toute la puissance britannique dut se concentrer dans le Canal, à l'effet dYmpêcl»er la tentative de descente dont l'Angleterre était nlor* menacée par la France. Aucun événement ne pouvait être

plus conforme aux intérêts de l'Angleterre que les armements commencés par la Russie et la Suéde peu de temps après l'avènement de Napoléon au trône. Le ministère Addington, dépopularisé par suite de son manque d'énergie, dut en mai 1804 céder la place à Pitt. Celui-ci déclara tout aussitôt ta guerre à l'Espagne» qu'un traité secret liait à la France ; et au mois d'avril 1805 il contint avec la Russie un traité d'alliance offensive et défensive, tandis que Napoléon voyait repousser ses ouvertures de paix. Au commencement de l'année 1805 l'effectif de la marine britannique se composait de 907 bâtiments de guerre de haut bord, dont les inoindre* étaient armés de plus de dix canons. Le nombre des matelots s'élevait à 185,000 ; l'armée d'Europe, non compris les milices, à 143,000 hommes sous les armes. L'entretien de forces si imposantes accrut démesurément les etiarges de TÉtat; aussi Pitt se trouvait-il dans la situation la plus cri* tique. Le budget de l'exercice 1805 évaluait la recelte à 54 millions sterling, et la dépense à 74 millions. Tandis qu'au d'août de cette même année l'Autriche et la Suède ac-

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cédaient enfin à l'alliance anglo-russe, et que commençait la lutte la plus gigantesque, Nelson anéantissait, la 21 octobre 1805, h Trafalgar les flottes française et espagnole. Mais ce triomphe fut Impuissant à compenser les désastres que les coalisés essuyèrent dans la campagne d'Autriche, et après la paix de Preshotirg (2G déccmhre 1806) Napoléon menaça plus que jamais la Grande-Bretagne. Celle-ci avait tout au moins besoin de repos pour réparer ses force», sinon épuisées, du moins fatiguées. Le nouveau ministère qui se forma sous la présidence d'Addiogtoit , à la mort de Pitt (janvier 1808), ouvrit en conséquence tout aussitôt des négociations pour la paix ; mais elles échouèrent, au très-grand détriment des intérêt* britanniques. La lutte malheureuse engagée contre la France par la Prusse et par la Russie, qui se termina en juillet 1807 par la paix de Tilsitt; la dissolution de l'Empire d'Allemagne et la création de la Confédération du Rlrn, enfin l'alliance de la Russie avec la France, Oterent encore une fois à la G rende- Bretagne tout appui sur le continent. Pour conserver tout au moins l'alliance de la Porte, l'amiral Duckworth reçut en février 180? Tordre d'entreprendre une démonstration formidable dans les Dardanelles ; mais cet acte produisit précisément tout le contraire de l'effet qu'on s'en était promis. Les mémos motifs amenèrent en septembre de la même année dans les eaux du Sund une flotte anglaise aux ordres de l'amiral Gambier, qui, conformément à ses instructions, réduisit en cendres une partie de la ville de Copenhague cl enleva la flotte danoise. Cet attentat, qui souleva contre l'Angleterre l'indignation de toutes les nations, fut suivi de la part de la Russie et du Danemark d'une déclaration de guerre , à laquelle le gouvernement britannique répondit par la destruction d'une escadre russe et par la prise de possession des diverses colonies danoises. A ce moment, la Grande-Bretagne avait à lutter contre toute l'Europe , sauf le Portugal et la Suède ; et au blocus continental elle ne put opposer qu'un vaste système de contrebande, impuissant toutefois à préserver son commerce d'une rapide décadence. Voyant bien où était le péril pour elle, l'Angleterre, quoi qu'il pût lui en coûter, n'hésita point à persévérer dans la lutte. De 1806 à mars 1807 , c'est lord Ilowick ( Grey ) qui avait dirigé les affaires. A cette administration succéda le ministère Portland, dans lequel Canning déploya une rare énergie comme ministre des affaires étrangères.

Le nouveau cabinet essaya de raltaclier les intérêts britanniques à ceux de la péninsule Pyrénéenne, devenue complètement ta proie de la politique et des armes de la France. En même temps qui! repoussait les ouvertures de paix de Napoléon et de la Russie, il envoyait en Portugal un corps de troupes anglaises aux ordres d'Arthur Wellesley, devenu plus tard duc de Wellington, et un autre en Espagne aux ordres de John Moore. Dès 1808 il est vrai celui-ci se voyait expulsé de la péninsule. Toutefois, la guerre qui en 1800 éclata entre la France et l'Autriche eut pour ré-

sultai d'affaiblir C effectif de» forces francises es ttftpx et cette circonstance permit à Wellesley , agiswnt de o cert avec les insurgés espagnols, de prendre ua dant décisif sur les événements de la guerre doit et put était le théâtre. Non content de fournir des laUiàu tôt sidérabtes à l'Autriche, le cabinet de Saiat-J»m** mitt outre tenté pendant ce temps-là, avec ua corps de M,*» hommes, unediverefoo redoutable sur les cotes de la MUk Ces troupes débarquèrent la 30 juillet 1801 dan llle k Walcheren , détruisirent Flessingue , mais te virent b»*< < contraintes à se rembarquer. La paix conclu à Ymm n octobre 1809 porta, malgré tons les efforts de PAngltter», la puissance de Napoléon et la grandeur de n Franc* i leur comble. Le système continental, auquel ta fo*. après son changement de souverain, avait également Wpr accéder, ne pouvait guère être maintenu avecnaegnrft rigueur qu'en apparence. Fn revanche, la fortune d«in>, se déclara alors dans la Péninsule contre les troupes aglaises, qui vers la fin de l'année 1810 en étaient r«ifr<i l'occupation de Cadix et de Lisbonne. Cerf ur me (Arment que la Grande-Bretagne conservait tou}o«rs fl f*»dable supériorité vis-à-vis de la France, à qui sut cakn t ce moment ses dernières colonies. Les channemaiK * personnes qui s'étaient affectués depuis ta fn de Js»»si les hautes sphères du pouvoir n'amenèrent point & aréfi cations dans les opérations militaires. Après la mort è Portland, arrivée en décembre, Pereeval prit avec U<n>* la direction des affaires ; et par suite de lincara* rta * démence dans lequel tomba alors Georges III, bref*» fut déférée en 1811 an prince de Galles, d'abord m* (triâmes restrictions, mais à partir de 1811 avec ton» tap* voirsde la royauté. Au moment où ce changement i'w* plissait , les whigs avaient espéré arriver au pouvoir, W contre toute attente, le prince régent s'appuya alors «fie tories, et après l'assassinat de Pereeval, en mai pela lord Liverpool à la présidence du cabinet, es **< temps que Cas tlcreagh prenait le portefeuille de* afa» étrangères. Peut-être bien à ce moment , en rsiMi » misère de plus en plus grande à laquelle la Graade-I^tagne était en proie, l'étoile de Napoléon l'eut elle a^r' eu dépit de tous les efforts du plus acharné de»*w saires, si le conflit qui survint entre la France et liR** n'avait pas complètement modifié la position. U es*J de Saint-James profita bien vile des disposition* Jrf» où se trouvait l'empereur Alexandre pour conclert,»*9 de juillet 1812, un traité d'alliance olfonsire et Jefe" avec la Russie, avec laquelle elle était en état d» S** depuis 1808; et la Porté ottomane, de «on cdté.w* à ce traité. La lutte colossale que Napoléon engage"* 1,1 contre la Russie amena enfin pour la puissance Iran» * instant fatal de la décadence dont tous les efiurutra* qu'alors par l'Angleterre n'avaient pu bâter la vtant la retraite de Moscou, le ministère anglais rcdr/iiMs,»1'" possible , d'efforts pour décider les puissances coatis»*' lui mi liées à se coaliser une fois de plus contre la Fn*» * lutte générale ne put recommencer que grâce aui **** fournis par le cabinet anglais; mais bientttt le tfo Jjf ^ opérations militaires se trouva transporté sur le ■** notre pays. Enfin, la Grande-Bretagne vit le traité de }» gné à Paris ( 30 mai 1814 ) couronner de résutok brillants que solides ses vingt années d'efforts et * * lices. Napoléon et la révolution avaient été entrai** ^ mêroe ruine ; la France était vaincue et pour longWf* " milice, 'toutes les mers, tous les ports, toute* étaient de nouveau accessibles aux navires de TA»!** Désormais il ne pouvait plus surgir en Europe de politique qui pût être tranchée d'une manière c-*"1 * ses intérêts. Les agrandissements de territoire paix valut à l'Angleterre, indépendamment de « dans l'Inde, furent énormes. La France dut lui rfa»1*^ Malte, Tabago, Sainte- Lucie, Plie de France chelles; la Hollande, Démérary, Esséquébo,

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cap de bonne Espérance et toute l'Ile de Ceylan ; le. Danemark, l'Ile d'Helgoland. Les Iles Ioniennes furent en outre placées sous son protectorat. Le retour de Napoléon de l'Ile d'Elbe et la guerre qui s'en suivit ne valurent ù l'Angleterre d'autre profit que la gloire de Waterloo. Le rétablissement de la paix générale amena aussi la cessation des hostilités avec les Etats-Unis, qui à partir de 181? s'étaient opposes au\ actes de violence que les bâtiments de guerre anglais *e permettaient à l'égard des neutres. De part et d'autre la avait été conduite sans succès bien décisifs, lorsque la paix lut conclue à Gand , à la fin de 1814. Aux termes de ce traité, les États-Unis demeurèrent exclus du commerce des Indes orientales.

Quelque puissante que l'Angleterre fût sortie de cette véritable lutte de géants, quelque inépuisables que parussent les ressources dont elle arait fait usage, tout aussitôt après la conclusion de la paix un état de malaise profond se manifesta au sein des populations britanniques , en proie à la famine et à la misère. La guerre avait eu pour résultat de porter le chiffre de la dette publique à plus de 800 millions st., et le poids écrasant de cette dette se faisait sentir jusque dans les classes inférieures. De mauvaises récoltes firent hausser le prix des grains , que déjà la nouvelle législation sur les céréales avait contribué à surélever. Enfin, In système du blocus continental avait provoqué sur le continent une plus grande activité industrielle ; et les marchandises anglaises, dont il avait été fabriqué des masses énormes, ne trouvaient point de débouchés suffisants. Les tumultueuses assemblées populaires, les émeutes et les actes de violence commis par les prolétaires affamés, se succédaient sans cesse; et l'administration tory ne savait opposer à ces manifestations du malaise social que la suspension de YHabeas cor' pus, des restrictions à la liberté de la presse, l'interdiction des réunions publiques et du port d'armes. Le parlement ne sanctionna d'ailleurs qu'à contrc-cmir ces diverses mesures. Le* ministres ayant fait disperser par la force une assemblée populaire des ouvriers de Manchester tenue le l(i août 18IS, plusieurs centaines d'hommes périrent dans cette tragique collision. Cette répression impitoyable surexcita encore davantage la haine des classes laborieuse* pour les tories, et une formidable agitation se produisit parmi les classes moyennes elles-mêmes. Le 13 février 18?0 un découvrit une conspiration tramée par un certain Tfiist/rwood dans le but d'assassiner les ministres.

C'est au milieu de cette agitation des esprits que G e or ges IV" monta sur le troue, le IC janvier 1820. Tandis que le procès de divorce intenté par ce prince à sa femme, née princesse Caroline de BrunswicJx , augmentait encore l'irritation populaire contre la cour et les ministres, les complication* produite* par les révolutions d'Espagne, de Piémont, de Naples et de Portugal menaçaient de troubler aussi la paix à l'extérieur. Les tories étaient restés fidèles a l i politique continentale. S'ils n'avaient point osé adhérer à la Sainte- Alliance, ils n'en avaient pas moins appuyé les résolutions prises par les congrès de Troppau et de Laybach, parce qu'ils voyaient dans la force prêtée au principe de la légitimité la consolidation de l'aristocratie britannique. A la mort de Castlereagh (12 août 1822), Cauning fut appelé à prendre le portefeuille des affaires étrangères. Au principe /l'intervention des puissances continent jIi* cet homme d'Etat opposa tout de suite le système de la non-intervention, t-l il s'efforça, quoiqu'on vain, de mettre obstacle à l'entrée rn Espagne d'une année française, chargée de détruire dans t e pays le gouvernement constitutionnel. Parla déclaration le neutralité de l'Angleterre, il prépara les voies à la reconiiatesartcc de l'Indépendance de la Grèce; et le l*r août 1825 I reconnut officiellement celle des nouvelles républiques lui avaient surgi dans l'Amérique espagnole. En ce qui ouclie la politique intérieure, l'administration nouvelle nanifesta aussi une tendance visible à donner satisfaction mx besoins et aux vœux de l'opinion publique. Déjà, peula nt fa «uem, la traite des nègres avait été abolie et pro-

hibée ; en 1824 le ministère proposa et fit adopter une loi qui assimilait ce trafic infâme au rrime de piraterie. Celait là un acheminement à l'émancipation des esclaves. Canning et le premier lord de la trésorerie, Huskisson, déployèrent la plus active sollicitude pour favoriser les développements du commerce et pour amener des réductions dans les dépenses publiques ; aussi le calme se rétablit-il peu à peu dans le pays, en même temps que les sessions parlementaires devenaient moins orageuses. Une effroyable crise commerciale provoquée par l'agiotage effréné qui s'était établi sur les actions, de même que par les résultats des premières oj . rations commerciales engagées avec les nouvelles républiques de l'Amérique du Sud, amena vers la fin de 1825 d'énormes faillites, mais passa sans exciter de troubles publics, surtout parce que le gouvernement eut en 1 826 le Iran esprit d'abaisser les droits à l'importation des grains étrangers , quand les grains produits en Angleterre atteignaient un certain prix. Toutefois, la situation de l'Irlande, où le nombre des crimes politiques semblait s'accroître en proportion de la misère des populations, était toujours dea plus alarmantes, en même temps qu'elle excitait les sympathies de tous les hommes modères. Peu de temps après le rétablissement de la paix générale, Daniel O' Co n n e 1 1 avait déjà fondé parmi les Irlandais une Association catholique ayant pour but d'oblenir IVmanci|w»tion politique des catholiques, toujours systématiquement repoussée par les tories. Eu 182 i Canning ne craignit pas non plus de proposer au parlement un hill qui rétablissait les catholiques dan* l'exercice de leurs droits; mais ce projet Tut rejeté par la chambre haute. I<a retraite de Liverpool en avril 1827 et son remplacement comme premier ministre par Canning ne purent donc qu'accroître les espérances que nourrissaient les catholiques de se voir enfin rendre justice. La modification survenue dans le cabinet entraîna la retraite de Wellington, de Peel, de Bathurst, etc.; et Canning se trouva ainsi libre de constituer une administration dont fit partie le libéral duc de Clarence, héritier présomptif de la couronne. Pendant que la chambre haute se prononçait aussitôt avec passion contre ce nouveau ministère et apportait des restrictions à l'importation des grains étrangers, la chambre basse le saluait comme le précurseur de grandes et salutaires réformes. Mais Canning étant venu à mourir en août 182", après avoir signé au mois de juin précédent avec la France et la Russie un traité relatif à l'émancipation de la Grèce, un temps d'arrêt eut lieu alors dans le mouvement réformateur.

Lord Goderich, qui prit les rênes de l'administration, dut se retirer dès le mois de janvier 1828 à la suite des désagréments que lui valurent la direction imprimée aux aff lires du Portugal et la bataille de Navarin; et Wellington lut appelé à constituer un nouveau cabinet , dont Robert Peel fut la pensée directrice. La politique d'hésitation et d'impuissance qu'il suivit dans les affaires gréco-turques de même que dans celles du Portugal, où don» Miguel, tout aussitôt après le départ d'un corps de troupes que Canning y avait envoyé, renversa le trône et la constitution, excita un profond mécontentemenL En outre, à la seule nouvelle du changement ministériel qui avait eu lieu, une vive agitation avait éclaté en Irlande, où chacun comprenait qu'il ne fallait plus espérer des réformes , mais s'attendre à de nouveaux actes de compression. L'Association catholique, qui s'était dissoute, s'y reconstitua immédiatement, tandis que de leur côté les protestants y organisaient des associations orangistes et des clubs de Rrunswick. Dans cette situation critique, Wellington, pour empêcher ses adversaires de donner à l'émancipation des catholiques un caractère plus large et plus vraiment libéral, quand ils seraient au pouvoir, se décida à présenter lui-même cette mesure au parlement. Au mois de février 1828, Peel commença par proposer à la chambre des communes l'abrogation de l'acte du Test; et cette mesure une fois adoptée, il présenta un hill qui accordait aux catholiques, sous l'obligation d'un serment de fidélité, l'égalité des droits poli.

tiques , en ce sens qu'ils pouvaient désormais être admis à si. -c<-r dans le parlement. Ce bill , qui ne passa d'ailleurs qu'avec une difficulté extrême et qui excita le plus vif mécontentement dans le parti tory, fut accueilli par des démonstrations d'enthousiasme dans tontes les classes du peuple.

Depuis l'époque de la révolution française, les idées libérales en matières politiques s'étaient d'autant plus largement développées en Angleterre , que la constitution essentiellement aristocratique de ce pays formait un plus frappant contraste avec la grande liberté personnelle dont les classes moyennes y ont toujours joui. La situation opprimée des classes inférieures, l'état misérable de l'Irlande, et la longue durée d'une administration tory, constamment hostile à toute réforme, ne pouvaient que donner plus de force à ces tendances réformatrices. Dès l'époque de Pitt, l'organisation et la constitution décrépites du parlement avaient été l'objet de nombreux plans de réforme. Pour que les intérêts généraux de la nation s'y trouvassent véritablement représentés, pour qn'une administration plus exempte de préjugés, moins préoccupée d'intérêts privés, pût se produire, il fallait que la chambre basse subit ime complète transformation. Dans la chambre hante, les pair- siégeaient non point a titre de représentants de la nation, mais bien comme représentant chacun individuellement ses intérêts propres, sauf les pairs écossais et irlandais, lesquels n'agissaient que comme délégués de leur onlre. Dans la chambre basse, on» voyait bien les députés des bourgs et des comtés, et Hs exerçaient même exclusivement le droit de consentir l'impôt, mais le mode d'élection et la composition de cette assemblée en étaient arrivés à nn tel état de corruption, que le vrai peuple avait complètement perdu toute participation à l'œuvre législative. Quand le peuple, dans des circonstances importantes, voulait faire connaître ses vœux et ses besoins, il lui fallait recourir à la voie des pétitions, à la presse , à d'imposantes réunions, qui fournissaient facilement au gouvernement des prétextes pour appliquer dans toute leur rigueur les lois existantes, et pour empêcher ainsi qu'il fût autrement question des griefs qui avaient donné lieu à ces démonstrations. Dans les comtés, les élections étaient complètement livrées aux influences aristocratiques. La haute noblesse , propriétaire de la pins grande partie du sol et en même temps pourvue dans les provinces de toutes les fonctions de quelque importance, en profitait pour faire élire ses fils cadets ou ses créatures en qualité de membres de la chambre des communes ; et de la sorte les sièges au parlement étaient devenus pour ainsi dire héréditaires dans certaines familles. La représentation des villes n'était pas moins vicieuse. Un grand nombre de villes , et des plus importantes du pays, ne possédaient pas le droit de nommer un député au parlement, parce qu'elles n'existaient point encore à l'époque où les privilèges électoraux avaient été concédés; ou bien, le nombre de lenrs représentants n'était nullement en rapport avec leur importance actuelle. Beaucoup de villes , réduites par l'effet dn temps à ne plus être que de petits bourgs (rotten boroughs), envoyaient au parlement un et quelquefois plusieurs députés, parce que ce droit leur avait été concédé jadis en raison de la population qu'elles avaient alors. Kn outre, dans les petites villes et dans les bourgs, la population dépendait ordinairement d'un seigneur foncier, à qui sa position permettait ainsi de disposer d'une place an parlement et même de la vendre. Beaucoup de ces bourg* pourris ne comptaient que cent, souvent même que cinquante électeurs, tons placés d'ailleurs sous la dépendance absolue du seigneur foncier. L'influence électorale exercée par l'aristocratie en était venue a ce point que sur les 513 députés envoyés au parlement tant par l'Angleterre que par le pays de Galles, il n'y en avait guère que soixante-dix qui tinssent leurs pouvoirs d'électeurs libres et IndépeiuUnts. Grâce à ces abus d'influence et à d'autres encore, t'adniiaisirnBon torv, malgré la haine dont elle était l'objet dans lea masses,

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parvenait à conserver la majorité dans la chambre des communes.

Les whigs, devenus en général inoins hostiles à la démocratie, parce qu'ils avaient plus longtemps siégé sur les bancs de l'opposition, se coalisèrent alors avec les défenseurs du peuple , à l'effet d'amener la réforme parlementaire et surtout la réforme de la loi électorale. Mais cette coalition semblait ne devoir être que temporaire. Tandis que les whigs, eux mêmes partie intégrante de l'aristocratie, n'avaient en vue que la suppression des plus criants abus , nn parti populaire nombreux projetait déjà une réorganisation radicale de la chambre basse. On demandait «pie les parlements fussent rendus annuels, le suffrage universel, le vole au scrutin secret, etc.; et encore ne voyait-on là que les préliminaires de changements plus considérables. L'agitation produite dans le pays par la question de la réforme disuilee dans de grandes assemblées populaires, acquérait des proportions de plus en plus menaçantes. Le parlement sYtrat ouvert en février 1830, lord J. R us se 11 présenta le 23 dat* la chambre des communes une motion relative à la référa* parlementaire, qui fut rejetée par une majorité de 23 vnii , mais cet échec même prouvait que le moment du triomphe n'était pas éloigné. L'irritation produite dans les classes populaires parle rejet de cette motion fut si grande, qne le ministère essaya vainement de la faire cesser en abaissant sensiblement des taxes oppressives perçues sur certain objets de consommation de première nécessité. O' Connril, qui depuis l'émancipation des catholiques avait pris pi* dans la chambre des communes , présenta alors une motion tendant à améliorer la situation de l'Irlande au m ver du rappel de l'acte d'Cnion de 1800. Telle fut l'origine* de U fameuse association du Rappel ( Rcpcal- Associai ion ) ca Irlande.

Georges IV mourut au milieu de cette surexcitation sénérale des esprits, le 26 juin 1830; et son frère , le duc M Clarence, que, en raison des principes qu'il avait jusque al^-* professés, on devait croire sympathique a la réforme parienv» taire, monta sur le trône, sous le nom de G u i 1 1 a u m e IV. Contre l'attente générale, Wellington conserva la diwlfc» des affaires; mais à quelque temps de là eut lieu la rrrnn naissance du gouvernement de Juillet en France par l'Angleterre, et cette concession faite à l'opinion produisît use heureuse influence sur le pays. Le parlement ayant été c«vert le 2 novembre 1830, la discussion relative à la fixais de la liste civile, par laquelle commença la session, hé «m le cabinet en minorité, et il dnt en conséquence se retint Le roi chargea alors Grey, wlrig modéré, mais honw ferme , de composer une nouvelle administration , dans Uqudle entrèrent Palmerston, Brongham, Melbourne, G«^ rich, Allhorp, etc. Dès le 3 février 1831 Grey proposa ai bill pour la réforme du parlement, adopté plus tard il e-t vrai dans ses principales dispositions, mais qai fut rejeté alors à la suite d'une longue et violente discussion. \r ministres voulaient se retirer ; mais le roi refusa leur dV« lésion , et prononça la dissolution du parlement le Ti avril, i la suite d'une bitte électorale des plus vives qu'on eût encanjamais vues, et dans laquelle lé parti populaire remporta, V bill de réforme revint le 4 juillet devant la nouvelle rruuntrr et, après y avoir été l'objet de quelques amendera*»*, passa à une majorité de 109 voix. Cependant, le 7 ocMnb chambre haute le rejetait , et ce vote provoquait dan* masses une irritation qui dégénérait en redoutable émeute » Bristol. Un novembre 1831, il se forma h Londres, son* h présidence de Bnrdett, une association dite nof»«uwrf*. ■levant servir de centre à toutes les autres association* portiques, et qno son caractère dangereux décida le roi i <*• sou. ire Après une assez longue prorogation, pendant raqwf on négocia avec les tories modérés, le parlement reprit « travaux en novembre, et le 23 mars IH32 la ciiambrc hs** adopta pour la seconde fols, à 1 16 voix de majorité, le bill, »*■ quel on avait fait sxJbir de légères modifications La rh*rT<~

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mise à mutiler le biU par se* amendement», les ministre* donnèrent leur démission. Wellington essaya bien de constituer une nouvelle administration; mais le là mai force lui fut de déclarer que tous ses efforts avaient été inutiles, et les whigs reprirent leurs portefeuilles. Enfin le * juin , en présence de l'attitude de plus en plus menaçante de* masses, la ciiambre haute se décida à adopter le bill, et trois jours après, le 7, la sanction royale en faisait la loi du pays. Par la réforme, le nombre des électeurs se trouva porté à un million ; 56 bourgs pourris perdirent leurs franchises électorales ; dans les comtés, tous les francs-tenanciers (Jreeholders) à vie possédant 10 lir. sterl. de revenu net, tous les propriétaires de haut (eopfholders) et tous les fermiers ayant des baux de vingt ans et de .v> liv. sterl. de rente, furent déclarés électeurs. Dans les villes, le droit électoral était de même conféré h tout habitant payant soit un impôt pour maison, soit un impôt de portos et fenêtres, soit la taxe des pauvres, ou encore propriétaire d'une maison rapportant 10 liv. stcrl.de revenu.

Les whigs auraient bien voulu s'en tenir à cette réforme, déjà si grande à leurs yeux et pourtant si modérée; mais le ■ réformateurs appartenant ati\ classes populaires, le* radicaux, qui, à bien dire, en avaient seuls rendu le triomphe l>ossible, voulaient qu'on procédât sans désemparer aux réformes réclamées dans les autres parties de l'organisme 'orial. Les ministres ne virent donc pas sans une vive inquiétude un assemblée nouvelle sortie pour la première fois du nouveau système électoral, remplacer l'ancien parlement. La session s'ouvrit le S février 1833, et le déplorable état de l'Irlande fut la première question dont s'occupa la chambre nouvelle. 11 s'était formé en elfet dans ce pays des associations de catholiques qui refusaient systématiquement le payement de la «Urne aux ministres de l'Église épiscopale , et qui employaient même la violence pour empêcher ceux qui avaient droit au payement de cette dlmc de porter plainte devant la justice. Ces illégalités et d'autres encore déterminèrent Grey , qui d'ailleurs partageait tous les préjugés des tories à l'égard de l'Irlande, a présenter le bill dit de coercition, qui, autorisait le lord lieutenant de ce pays à appliquer à certains cas d'émeutes les dispositions de la loi martiale. Les ministres eux-mêmes n'étaient point d'accord sur cette mesure ; cependant le bill fut adopté après une vive discussion. Alors, pour donneraux esprits le temps de se calmer, le ministère soumit aux charabres le hill de réforme de l'Eglise protestante d'Irlande, qui supprimait les taxes ecclésiastique*, diminuait les revenus de* bénéfices, affermait les propriétés foncières desévéchés, et supprimait un certain nombre d'évêché* et d'églises déclarés inutiles; et ce bill, qui blessait si profondément l'Église anglicane dans ses intérêts temporels, fut adopté avec quelques modification de détail par les deux chambres. L'abolition du privilège de la Compagnie des Indes ne rencontra I pas plus de difficultés; il fut décidé que le commerce de l'Inde et de la Chine serait désormais libre, et qu'aucune restriction ne serait apportée aux projets d'établissements dans les Indes orientales que des sujets anglais viendraient à former. Les ministres saisirent ensuite le parlement d'un bill relatif aux dîmes en nature, qu'on transformait, tant en Angleterre qu'en Irlande, en une redevance en argent. Ce bill ordonnait aussi qu'en Irlande les excédants du revenu des églises seraient employés à des dépenses d'utilité publique, notamment a l'entretien des écoles et au soulagement des pauvres. Cette dernière clause, dite clause d'appropriation, rencontra une vive résistance, non pas sinleincnl parmi le* tories, mais chez les protestants en général. Elle avait même choqué quelques-uns des ministres. Grey ayant appris alors que certains de se* collègue* étaient entrés en négociation* avec O'Connell au sujet du bill de coercition, désapprouva cette démarche, et donna sa démission. Il fut remplacé par Melbourne. Ce changement de personnes uVnlralna pas la dislocation du cabinet ; seulement, k bill de coircilkon lut retiré. Le 16 «ont le parlement AU prorogé, a la suite du rejet par la ciuunbre liaute

du bill des dîmes que la chambre basse avait adopté. Le* lones mirent k profit cet intervalle pour irriter le peuple contre les ministres, en faisant appel a ses haines religieuses pour te* catholiques et en lui représentant comme suspectes les relations du cabinet avec O'Connell. Ces dénonciations effrayèrent tellement le roi, que le H novembre 1834 il congédia brusquement ses ministres. Dans l'impossibilité de rallicrautour.de lui quelque* whigs, Peeldul constituer alors un cabinet entièrement tory , et le 30 décembre la di<*olulion du parlement fut prononcée. Mais le nouveau parlement, qui se réunit le 19 lévrier 1835, montra dès ses premières discussions que le cabinet ne possédait point sa confiance. Quelque* propositions libérales de l'ecl , telles que la suppression de* cours ecclésiastiques locales, l'autorisation donnée sus dissent ers de se laire marier par d'autres que par les prêtre* de l'Église éiiscopale , furent bien adoptées ; mais dans la discussion d'un autre bill des dîmes, lord J. Russell proposa qu'on y ajoutât te clause d'appropriation, et cet amendement ayant été adopté malgré la vive résistance des tories , les ministres déposèrent leurs porte! eui lies en avril. Le roi recourut alors à Mi 'Il ion me, qui reconstitua le cabinet avec ses anciens collègues. Le nouveau ministère puisa dans le* dispositions que manifestait la chambre basse l'énergie nécessaire pour saisir le parlement d'une mesure de la plus haute importance. L'administration municipale se trouvait en Angleterre dans te plus déplorable état. Le plus souvent, les corporations municipales se nommaient et se recrutaient elles-mêmes, établissant des taxes arbitraires sur les liabitants et mettant obstacle à ce qu'ils exerçassent leurs droite politiques. Russell présenta un bill qui soumettait les corporations municipales à la libre élection des populations et conférait le droit électoral municipal à quiconque payait un impôt municipal. Cette loi ne rencontra pas beaucoup d'opposition dans la chambre basse ; mais les lords , voyant, comme toujours, dans le* vieux abus un appui pour l'aristocratie, recoururent à une foute de voie» détournées pour la mutiler dans ses principales dispositions. Ce|»endant le peuple ayant fait les plus violentes démonstrations et ayant même parlé de supprimer la chambre liante comme un rouage inutile dans la constitution, celle-ci s'exécuta maluré qu'elle en eût, et adopte la loi. D'ailleurs, il fut impossible de la décider à sanctionner un troisième bill des dîmes adopte par la chambre des communes. En dépit de l'habileté déployée par le* tories pour représenter au peuple les ministres comme faisant cause commune avec les catholiques, la session de 1838 prouva que tes whigs n'avaient rien perdu de te confiance publique, quoique peut-être l'opinion eût voulu leur voir adopter des mesures plus énergiques. Quand la chamltre basse eut adopté une motion ayant pour but la suppression de* loges orangistes, don I les intrigues en étaient venues jusqu'à menacer le trône même, Russell la saisit d'un bill de réforme pour les corporations munici- |»ales de l'Irlande, au sein desquelles existaient des abus encore autrement criants que ceux auxquels on avait mis fin en Angleterre. Les lords se montrèrent extrêmement Itustiles à ce bill, qui reproduisait les dispositions les plus essentielles du bill des corporations municipales d'Angleterre et confiait désormais l'administration des villes â des fonctionnaires tenant leurs pouvoirs de la couroone. Après de vives discussions, les ministres se virent obligés de retirer ce projet et quelques autres encore. Mais ce fut la direction donnée à la politique étrangère qui provoqua le plus d'attaques contre te cabinet. Dès te 2a avril 1834, un traite «le quadruple alliance avait été signé entre l'Angleterre, te France, l'Espagne et te Portugal à l'effet de protéger l'ordre de chose? existent dans la péninsule pyrénéenne contre tes projets tout k la fois de don Carlos et de dum Miguel. A ce moment même, le colonel Évans fut autorisé à recruter une légion anglaise et à entrer avec elle au service du gouvernement constitutionnel de rEspagnc; oc, te*

pitimifé. La session parlementaire de 1837 t'ouvrit par de nouvelles dlscnssiom sur les affaires d'Irlande. La loi des pauvres proposée par Ruseell pour ce pays fut, il est vrai, adoptée par l'une et l'autre chambre à une grande majorité ; mai* la lutte recommença avec plus de vivacité que jamais au sujet du bill des corporations municipales et de celui des dîmes d'Irlande. C'est au moment oh les passions étaient le plus excitées par ces débats, que mourut (10 juin 1887 ) le roi Guillaume IV ; et cet événement, qui taisait perdre aux tories leur plus ferme appui, amena une trêve momentané» entre les partis. L'héritière du trône était la princesse Vtc toria, fille du feu doc de Kent, autre frère putné de Georges IV, Agée alors d'à peine dix-huit ans.

Rarement avènement au trône avait encore eu lien dans des circonstances aussi difficiles que celui de la reine Victoria ( 1887-1*65 ); Il fut cependant accueilli par Unîtes les classes de la population avec les démonstrations d'une joie vive et sincère, et il est exact de dire que depuis plusieurs siècles on n'avait pas vn de nouveau règne provoquer en Angleterre d'aussi vives" sympathies. La nouvelle reine apportait au trône le renom d'une excellente éducation, du caractère le plus bienveillant, de l'esprit le plus distingué. Les amis de la liberté plus particulièrement espéraient beaucoup du nouveau règne, perce qu'il était de notoriété que toutes les affections privées de la reine la rattachaient au parti whig. A la suite des modifications profondes opérées depuis quelques années dans les institutions dn pays , les vieux partis avalent subi une translormation complète. 11 n'existait plus de whigs ni de tories dans l'antienne acception de ces dénominations ; et dans le parlement comme dans la nation, la lotte était bien moins entre des partis qu'entre des nuances d'opinions.

Le cabinet whig que la reine trouva aux affaires s'appuyait sur une majorité de coalition, dont les anciens wbigs constituaient la principale force. Il crut pouvoir profiter de la disposition des esprits pour s'assurer une majorité plus homogène, et la dissolution du parlement foi prononcée. Les nouvelles élections, qui devaient assurer son triomphe, donnèrent lieu toutefois à une lutte des plus vives ; et les tories firent de tels efforts pour paralyser dans cette circonstance l'influence ministérielle, que la majorité de 160 voit que le cabinet comptait dans l'andenne chambre se trouva ntfuitc à 30 ou 40 voix dans la nouvelle, dont l'ouverture eut lieu par la reine te 19 novembre 1837.

Le gouvernement avait & lutter contra d'immenses difficultés, provenant des complications d'événements des années précédentes. Un conflit des pins grave», auquel venaient en aide des antipathies nationales et religieuses, avait surgi au Canada entre le parlement local et la métropole. Le ministère sanctionna les mesures extrêmes que crut devoir prendre le comte Durtiam, envoyé sur le» Itau avec des pouvoirs extraordinaires. Celui-ci déploya dans sa mission autant d'habileté que de vigueur; mais la tactique de l'opposition trouva dans ses actes l'occasion de déverser le blâme sur le ministère; et elle ne manqua pas non phia de le faire. En août 1838, une motion présentée à la chambte lord Brongliam pour faire déclarer que lord Duri, en condamnant a la peine de la déportation quelques, uns des chefs de l'insurrection, avait outrepassé ses pouvoirs fut adoptée par la chambre. Durham.en apprenant cette manifestation de la chambre des lords, donna sa d. mission, et revint en Angleterre se plaindre amèrement du défout de concours de la part do cabinet qui l'avait, disahVil, indignement sacrifié. Trois questions étaient restées pendantes : la t de l'Église, In bill des dîmes et celui des corporamunicipales en Irlande. Le ministère les présenta de nouveau, et y ajouta un quatrième projet de bill, intitulé des pauvres pour ï Irlande et ayant pour objet decrôer

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communes, échoua pour la seconde fois à la chambre lueU. Le bill de la réforme de l'Éghse aurait éprouvé te mèa* sort, si le ministère n'en avait pas sacrifié U clame tsstntielle , la clintie d'appropriation , ordonnant l'j|»pliLjtiua intégrale de l'excédant des revenus de l'Eglise i rrèuciboc du peuple. Cest dans cette même année qu'eurent heu »u»i les fêtes pour le couronnement de la reine; et à «fie occasion nous remarquerons, comme le trait le plu» c»ri«n et le plus caractéristique de cette solennnV, la vnUtit ovation décernée par toutes les classes de la aatioa l l'av voyé de la France, au maréchal Soolt; inanifesUlkn qui s'adressait bien moins au ministre de Loui*-huii|>fe, qu'ai lieutenant du grand Napoléon, à l'un des dermen. »ct«ir> survivante de cette héroïque épopée impériale, pour U^atU l'Angleterre témoignait maintenant une enthousia»!* adoration, après en avoir combattu autretois le principal bon s avec une inébranlable et victorieuse constance.

Si le vieux parti tory continuait toujours à emharn>*r la marche de l'administration whig, celle-ci eut sto i triompher de dangers dont l'origine et la nature daia» diamétralement opposés. Il s'était formé en eflet au «iatlu parti radical une fraction extrême, qui, dans la cAartess peuple qu'elle développait (noyés Chututes), rrciiitw: hautement le droit de suffrage universel, le vote au tarin secret , des parlements annuels , et qui prodamait le drwi de l'ouvrier à un travail assuré en tout temps, mec»» salaire élevé ; idées dans lesquelles il n'est pas ditBcsfce de reconnaître lo point de départ des principes du mni*a>: français. A partir de l'automne 1838, cette fraction einénw du parti radical s'agita démesurément, provoquant de* ctanions «Uns lesquelles on signait des petitionà-iuonslrea; au commencement de l'année 1839, elle en vint même Je* voquer à Londres uue soi-disant Convention natmalt, destinée à servir de centre commun d'action aux ddégw des diverses associations ouvrières des villes manuUturières. .Mais ces tentatives ne firent que démontrer coœb» est profond rattachement que la grande masse du f*ufl< » glais prolesse pour ses institutions politiques. Les Irait*» auxquels elles donnèrent lieu dans lo coûtant de Téta de l*# furent comprimés avec une grande facilité. Une bande insurgés, recrutée dans le pays de Galles, fut dispersée p» quelques baïonnettes, et ses chefs, Frost Williams fi J> nés, traduits devant la justice du pays, furent conduis » la transportation.

La politique du ministère obtint aussi à ce moment Jï» portants succès à l'extérieur. La rivalité de l'Anglelent* de la ltussie en Orient, déjà manifestée en mainu* orca» tances , éclata plus patente que jamais , quand le cuii * Perse, soutenu par les souverains de Kaboul et de KanU^i et agissant sans aucun doute à l'instigation de 1a Russie,» vint à menacer Hérut. Cette levée de bouclier» toaral» l'Angleterre, dans les premiers mois de 1839, l'occasioa» déjouer par une heureuse expédition une tentative «vdenment dirigée contre sa domination dans l'Inde.

La situation n'eu demeurait pas moins toujours titri^'" ment tendue. L'Irlande continuait à être un enibarr* d» danger; l'état de» finances n'était rien moins que alésant; le renchérissement des moyens de subsistant p quait un vif mécontentement, et par suite de la dé***1 des radicaux, la majorité soutenant le ministère était ^ nue plus incertaine que jamais. Un bill relatila laJanw* " fit éclater la crise. Dos différends étaient survenus es & entre le pouvoir législatif de la métropole et la pefw-^4 de celte colonie au sujet de la question de l'oscU»*? > ■ le* intérêt* effrayés et compromis menaçaient d'anitw d* cette Ile un conflit aussi grave que celui qu'on avait tu b* de peine à terminer au Canada. Dana ces circousUc^' " mluistère proposa de suspendre la constitution partnot^1 de lu Jamaïuut* uendaiit uueluues anuecs L'unposilw» IlJ' et l'opposition radicale se coalisèrent pour comblé « projet de loi, et le ministère s'étant trouve en muuKitt u*a

dans ce pays cent workhouses ou maisons de travail force, chacun avec une dotation de 7,000 livres sterling. Ce dernier bill fut adopté, malgré l'opposition d'o'Conncll. Celui

des corporations municipales, voté de nouveau par les la séance du 6 mai, donna sa denussion. \VcJluujton **

(îttAiNDE-BJitTAGJNE

chargés de consumer un nouveau cabinet, n'y purent réussir ;

et l'ancien ministère reprit la direction des affaires. Le bill delà Jamaïque fut présenté de nouveau, avec quelques modifications de détails, et cette foi. adopté. De nouveaux désor.lres causts dans le courant de l'été par les charliste* lurent alors, comme nous l'avons déjà dit, réprimes facilement.

La session nouvelle du parlement (janvier 1»40) s'ouvrit par l'annonce officiellement faite aux repré>enUnU de la nation que la reine allait épouser le prince Albert de Saxe- Cobourg; et ce mariage fut en effet célébré le 10 février suivant. La popularité delà jeune reine allait toujours croissant Aussi ne faut-il voir, et c'est ee que fit la justice, que l'acte d'un bomme en démence dans la tentative de meurtre corn mise contre cette princesse au moyen d'une arme à leu, le 10 juin 1S40 , par un nommé Oxford.

L'opposition échoua dans ses efforts pour (aire rendre au parlement un vole de défiance contre le gouvernement, de inéme que pour lui attribuer la responsabilité de la fielleuse situation financière où se trouvait le pays. Mais les questions de politique extérieure ne tardèrent pas alors à accaparer toute l'attention publique. L'Angleterre avait signé, le 15 juillet l&40,avec la Russie, l'Autriche et la fruste un traité ayant pour objet de régler et terminer les difiérends survenus entre la Porte-Ottomane et son redoutable vassal, le vice-roi d'Egypte; la France ne fut point appelée a prendre part à là conclusion do ce traité , car depuis quelques années déjà un visible refroidisseiuenl s'était opéré entre le cabinet des Tuileries et le cabinet de Saint-James, comme en témoignaient les négociations épineuses auxquelles avaient donné lieu les di incultes faites a la France pour l'interprétation du traité qui avait restitué eu 1S 14 le Sénégal à la France ( Affaire de PorUndick) et le refus de donner une juste satisfaction an pavillon français pour une insulte dont il avait été l'objet dans le port de l'Ile Maurice. Le traité du 15 juillet fut tenu secret jusqu'au moment ou le gouvernement anglais apprit que fa Syrie, où ses agents prêchaient fa révolte contre l'autorité de Méhétnet-Ali, était en pleine insurrection. Alors il envoya sur-le-champ une Hotte avec quelques Iroupes de débarquement s'emparer dos principales viUes du littoral. En quelques Jours en effet Beyrouth, Saint-Jean-d'Acre , Sidon et les autres villes ou forts, depuis Tripoli jusqu'à l'extrémité de fa Syrie, tombèrent au pouvoir de l'escadre anglaise. Toutefois, ces succès n'avaient point amené 1a soumission du vice-roi ; et fa mauvaise saison, qui approchait, pouvait faire perdre tout le fruit de l'expédition. Lecommodore Napier, en face de ce .langer, prit sur lui de se rendre à Alexandrie et de signer avec le pacha, au nom de son gouvernement, un traité qui lui assurait l'Egypte à titre héréditaire, mais qui lui enlevait toutes les conquêtes faites depuis 1833 en dehors de son I .u li ilick. La France était en droit de se sentir profondément blessée; les puissances signataires du traité du la juillet l » i0 n'avaient eu évidemment en vue que de restreindre par la sa croissante et naturelle influence dans les aflairesde la Méditerranée. L'opinion, en France, s'indigna de voir qu'on fit iti peu de cas d'un grand pays qui jusque alors avait entouré lu civilisation renaissante de l'Egypte d'une notoire protection. Il y avait fa un cas de guerre flagrant. Louis-Philippe,

ajirèi avoir fait beaucoup de bruit avec ses armements et préparatifs pour venger l'honneur du pays insulté, recula «juaud l'instant décisif arriva; et la Hotte française, dont les ét]ut|iages brûlaient du désir de se mesurer avec leurs rivaux britanniques, reçut l'ordre de rentrer à Toulon.

Pendant que l'Angleterre donnait celte nouvelle et éclatante preuve de ta prépondérance dans les affaires de l'Europe, ses armes recevaient un échec crud dans l'Afghanistan, où une expédition avait été entreprise à l'eflet de détrôner Dost- Mohamed, prince hostile aux intérêts anglais. L'ex inédit ion avait réussi. Dost-Mobamed avait été détrôné, et une < rcaturc anglaise, Shah-Soudjah, mise à sa place, quand une insurrection terrible éclata soudainement dans le pays et eut

■-<-«iillil A» hlswniar

du corps expéditionnaire dans les villes qu'elles occupaient. Force leur fut alors de signer une capitulation, par laquelle elles se réservaient le droit de libre retraite. Mais à peine l'armée eut-elle commence son mouvement, qu'elle fut attaquée, au mépris de la foi jurée, et complètement détruite. Sur 15,000 hommes, il n'en revint pas 300. Un autre orage grondait encore à l'horiioo : les États-Unis élevaient les réclamations les plus pressantes au sujet île l'incendie de l/i Caroline, dans l'un des lac*, par un navire anglais; et les manifestations belliqueuses des populations de l'Etat du Maine au sujet de fa délimitation des frontières du Nouveau- Urunsvfick , étaient de nature à donner au cabinet les plus graves inquiétudes. La question se compliqua encore autrement. Un Anglais, appelé Muc-Leod, Ait arrêté dans l'État de New-York, sous fa prévention d'être l'auteur de l'incendie de La Caroline, jeté en prison, et mis en jugement, au mépris des réclamations du gouvernement anglais. Ko cas de condamnation, un conflit était inévitable; et déjà une flotte anglaise était partie pour l'Atlantique avec les instructions les plus énergiques, quand on reçut fa nouvelle de l'acquittement de Mac-Leod ; et cet incident n'eut |«s de suites pour le moment.

A 1 intérieur, le cabinet wbig touchait h sa dernière heure. Battu à l'occasion du rejet de la clause la plus importante d'un bill sur fa franchise électorale en Irlande, il veut livrer une dernière et éclatante bataille, et saisit le |>arleincnt d'un bill qui diminuait les droits sur les céréales. Cette attaque tardive et désespérée contre l'aristocratie anglaise fut suivie d'un vole négatif rendu à une forte majorité. Cet échec devait renverser le ministère; sir Robert Peel Ini donna le coup de grâce, en faisant adopter un bill de non-confianee. La démission du cabinet suivit de près cette dernière et suprême manifestation de la majorité. Ias 3 septembre la couronne forma un ministère tory, composé de sir R. Peel, lord Lyndhurst , lord Stanley , sir James Graham cl lord Wellington.

A l'extérieur, le premier soin du nouveau cabinet fut de renouer l'alliance française. Après, sir Robert Peel songea à terminer le conllit américain, et il envoya à Washington un plénipotentiaire qui réussit complètement dans cette difficile mission. A l'intérieur, il restait à parer au grave déficit qui se manifestait depuis quelques années dans les finances anglaises. Peel, sûr de la majorité, ntiésita pas à proposer le rétablissement, pour un temps limite, de l'impôt de guerre connu sons le nom d'income tax , ou taxe du revenu. La nouvelle taxe frappait de sept pence par livre sterling tout revenu au-dessus de cent cinquante livres. Convaincu de la nécessité de modifier la loi sur les céréales, il proposa et fit adopter te plan d'une éclielle de droit mobile ( sliding tcale ) à peu près semblable, quant au principe, au tari! français. Par le même bill, les droits sur l'importation de fa plupart des autres denrées alimentaires furent diminués. Remarquons que ces divers bils étaient autant de victoires de sir Robert Peel sur son propre parti. L'avénement du régent Esparteroen Espagne avait été considéré comme le triomphe de la politique anglaise sur fa politique française, et en effet le régent s'était empressé de faire éclater son mauvais vouloir pour fa France par de tracassières mesures de douane. Toutefois, l'Angleterre intervint entre les deux gouvernements, et amena une tentative de rapprochement, qu'une question d'étiquette lit échouer, l'ambassadeur fraaçais avant voulu présenter ses lettres de créance à la reine seulement, et le régent s'y étant opposé. C'est à peu près à eette époque que fa guerre de fa Chine fut terminée par un traité. L'Angleterre, au Heu d'exploiter sou succès à son profit exclusif, comme on devait naturellement s'y attendre, stipula dans l'intérêt de toutes les puissances, et obtint que quatre des principaux ports de l'empire seraient désormais ouverts au commerce du monde entier.

L'insullisance des mesures destinées à opérer la répression de la traite des noirs avait décidé le cabinet a proposer

le traité de 1831 et la con-

GRAISDB-BHETAGNE

vention de 1833, en étendant les aôoes dans lesquelles le

droit de visite pourrait être pratiqué, et le ministre des affaires étrangère* en France avait adhéré à cette proposition, lorsqu'une manifestation des chambres françaises, dont la sollicitude s'était éveillée au bruit de graves abus commis par les Anglais dans l'exercice du droit de visite, l'obligea à retirer sa signature. Celte décision n'amena pour le moment aucun refroidissement sérieux entre les deux pays.

Saisissant l'occasion de resserrer l'alliance de l' Angleterre avec le continent par des relations personnelles entre les souverains, le cabinet obtint du roi de Prusse qu'il donnerait suite à son projet de voyage en Angleterre, et lui fit une magnifique réception. L'année d'après ( l»43), il céda avec empressement au désir manifesté par ta jeune reine de visiter le roi des Français et le roi des Belges , et parut s'associer franchement, au nom du peuple anglais, aux sentiments d'affection mutuelle manifestés dans ces solennelles entrevues. On n'a sans doute pas oublié qu'en 1844 Louis- Philippe alla en Angleterre rendre à la reine Victoria le visite de bonne amitié qu'il avait reçue l'année précédente a son château d'Eu.

Tout réussissait au cabinet tory, qui venait encore d'apaiser une courte insurrection des colons hollandais au cap Bonne-Espérance et les troubles, plus graves, suscités dans le pays de Galles par une troupe d'incendiaires connus sous le nom de filles de Rébecca. Si les conditions de son existence ministérielle lui eussent permis de faire droit à quclq'ics-uns des griefs de l'Irlande, alors exaspérée par le bill des armes, et au milieu de laquelle O'Connell triomphant promenait le drapeau du rappel, rien n'aurait troublé celte carrière de glorieux succès. Malheureusement, enchaîné par le parti de l'Eglise et par les profondes antipathies de la nation anglaise pour cet infortuné pays, il ne pouvait que doter l'Irlande d'une administration tolérante et conciliatrice ; or ce u'clalt posasses. Les meetings provoqués par O'Connell prenant un caractère menaçant , le cabinet s'arrêta à la grave détermination de le taire arrêter et juger ainsi que ses principaux adhérents. La politique suivio a l'extérieur donna lieu aussi a de vifs débats dans le parlement, dont la session finit en août 1813. L'expédition entreprise dans l'Afghanistan par lord Ellenborough, à l'effet de venger les désastres de l'armée anglaise, et les impitoyables cruautés auxquelles elle donna lieu; les étranges proclamations de lord Ellciiborough au sujet des portes du temple de Sonmath , y furent énergiquement blâmées; mais le résultat de cette expédition n'en avait pas moins été d'accroître encore considérablement les possessions, déjà si vastes, de l'Angleterre dans les Indes. Il en fut de même des expéditions du Sindh et des victoires de Napier; aussi, avec sa prudence habituelle, l'esprit essentiellement mercantile de l' Angleterre finit-il par concevoir des doutes sur l'utilité réelle de ces ruineuses guerres de conquêtes. Partout ailleurs la politique anglaise se montra pacifique; et les déclarations publiques de lord Abcrdeen durent même donner à croire au rétablissement complet de Yenlente cordiale entre la France et l'Angleterre, encore bien que la politique suivie par la France en tspagncetla chute d'Espartero, résultat de cette po litique , dussent singulièrement contrarier les vues du cabinet tic Londres.

A l'ouverture de la session, en février 1844, la situation semblait encore plus favorable que l'année précédente. Il y avait accroissement notable dans le produit des diverties branches du revenu public, le commerce était en voie de prospérité, et depuis le procès intenté à O'Connell, ragitaliun avait sensiblement diminué en Irlande, bien qu'il lût facile de prévoirque ce procès» mesure touted'inlimidatioo, n'aurait pas de résultat sérieux pour le célèbre agitateur. En effet, on l'instruisit et on le conduisit avec toute la lenteur et toutes les formalités qui sont le propre de la procédure anglaise. A la suite de nombreux ajournements un verdict de culpabilité fat enfin rendu contre O'Connell ; mais quand le jugement vint en révision devant la cliambra haute, il y fut

cassé ( septembre 1844) pour vice de formes; et le *wv«. nement ne jugea pas à propos de recommencer une oowrlk instance. 11 avait tout au moins réussi par son attitude i contraindre Yagitation pour le rappel a prendre ut oraetère plus modéré, et O'Connell lui-même a agir devorn»* avec une réserve évidente. L'état de l'Irlande n'Hait pu k seul embarras du pouvoir , et il avait encore à lutter rwilrles difficultés de tous genres que lui créait a riotértesr us* agitation des esprits de plus en plus prononcée contre h h* gislatior. existante au sujet du commerce des jurants. Un majorité de 224 voix contre 133 avait repoussé, il est™, en mars, une motion présentée par Cobden, et à Tant pan objet l'abolition complète des droits perças à rentrée set grains étrangers ; une motion analogue, présente* po pm par un autre membre do la chambre des communes, avait eu le même sort, et avait fourni à Robert Peel l'occasion déclarer à maintes reprises que le gouvernement ne naissait ni la nécessité ni l'utilité de modifier la lepslatm en vigueur au sujet des céréales. 11 était fâche de s'apercevoir qu'au dehors dn parlement l'agitation contre le m >■ nopole constitué en faveur de l'aristocratie propriétaire h sol par la loi de douanes qui rendait im possible l'importai .* des céréales étrangères , gagnait de plus en pins du ternu. et même que dans la chambre des communes les mp<* libre» échangistes allaient toujours grossissant datante Peel lui-même commençait a montrer quelque syinpiU»; |«» ces idées de la nouvelle école économiste ; et les plus rWfttis attaques qu'il eut à repousser ne lui venaient pas maintet»»: des disciples de l'écolede Manchester ou «Je la part te »tev mais bien de celle des représentants de l'aristocratie foncier, par l'appui de laquelle il était arrivé à la direction de» affaires, et qui déjà l'accusait de déserter ses intérêts. Us M que lord Asliley (devenu plus tard comte Shatefrin connu par ses tendances philanthropiques , réussit l ùm adopter, et qui réduisait à dix heures de travail ta jwn» des ouvriers travaillant dans les manufactures, prouva «m la majorité se déplaçait, et que l'instant approchai» ai h ministère serait obligé, pour la réussite de ses mes»** " do ses projets, d'obtenir un autre appui que cerm ta hommes qui avaient jusque alors volé pour loi. Apres lf>,,; de diverses lob financières, toutes de plus en plus easpn^ de tendances libre-échangistes, la clôture de la session fat ;,rv noncée en septembre. Au total, elle avait été assexlrai*!11 ' et les seules discussions orageuses qui l'eussent sics»"-'avaient en lieu a propos d'une révélation do laqorlIHl n1*"^-' que le ministre de l'intérieur, sir John Graham.awtf* usage d'une antique loi pour violer le secret d« Wtre * profil d'une puissance étrangère. D'ailleurs, en ce oui tour* les relations extérieures, la situation était toujours a pw ?* In même qu'en 1640, et Vend ente cordiale avec la rraw n'élait rien moins que rétablie. I^s efforts laits p» °* puissance pour étendre son influence à Otasti , s» remis avec l'empire de Maroc et les progrès toujoo» casants de l'influence française au nord de l'Ainque^*'*' évidemment de la part do l'Angleterre l'objet de défiances. Toutefois, le conflit qtie l'affaire Pritrbir1 menaçait d'amener fut évité , parce que le gotnertes**1 français fit des concessions qui lui furent vheweul nichées par l'opposition. Un changement notable cul l*u*N alors dans ta direction des affaires de l'Inde. A«o*>* déceml>rc 1843, le gouverneur général, tord KHenk'W-1' avait entrepris une heureuse expédition contre Garni*** an nord de l'Indostan, et les Maraties avaient essuyé glanles délaites à Maltaradjpour et a Powiwar » * cembre); mais l'administration guerrière de lord l-N**" rough, son népotisme et son mépris pour les Inli"**^ ll* vils, avaient profondément déjdu à la Compagnie, <t"«. de son droit, le rappela en avril 1844; et le finement se vit force de sanctionner cet acte, q»" i"* la .sensation la plus vivo. En conséquence, Hardiu^ k l remplacer Ellenborough.

La session de 1845 s'ouvrit dans des

GRANDE-

favorables, et prépara les voies à l'importante réforme opéré*» l'année suivante par sir Robert Ped dans la plupart des tank de douanes. Profitant de l'amélioration toujours crois santé du revenu public, arrivé à présenter un excédant notable de la recette sur la dépense, Peel proposa bu parlement d'opérer de nouvelles réductions sur les droits perçu» a l'entrée des sucres et la suppression complète des taxes dont étaient grevées à l'entrée diverses matières premières alimentant les manufactures du pays. Sur huit cent trente articles porté* au tarir des douanes, il proposait d'en affranchir désormais quatre cent trente de toute e»|»ècc «le droits, et nu Uniment le coton brut. Ces propositions, vivement combattues par les tories et par la propriété foncière, forent, en revanche, ohaleureuseiiient appuyées par les diverses tractions de la chambre des communes qui avaient jusque alors constitué l'opposition, et furent adoptées grâce a leur concours. C'était là évidemment un acheminement au triomphe des principes proclamés par les partisan» du libre échange; et si la pro|K)sition relative a l'abolition complète des droits d'entrée sur les grains étrangers , reproduite suivant Pusage dans le cours de celte session, y fut encore une fois i epoussée , la majorité se trouva bien moins forte que de coutume : circonstance qui, jointe à {'agitation toujours croissante causée dans le pays par la ligue fondée par Cobden pour obtenir la réforme de la législation sur les céréales, était de nature a faire prévoir que le moment approchait où le fructueux monopole assuré a la propriété foncière aurait vécu. Uue crise matériel ie vint encore a ce moment donner plus de force a l'agitation; la maladie des pommes de terre causa en Irlande une horrible disette. Des troubles accompagnés de scènes de meurtre, de pillages et de dévastations, furent la suite de la famine à laquelle les populations pauvres de ce pays forent en proie ; et naturellement de tout ce mal uue législation qui condamnait le a mourir de faim. h'agttaUvn contre le tarif protecteur de la production nationale en grains arriva alors * son apogée; et les vieux whigs eux-mêmes, lord John Russeli à leur tète, n'hésitèrent plus a faire cause commune avee Cobden.

Sir Robert Peel comprenait qu'il n'y avait plus à reculer, et qne le moment était venu de rompre ouvertement avec son propre parti pour arborer la bannière du libre échange. Aussi dés la tin de l'année 1845 prévoyait-on comme imminente une crise ministérielle, quand, le 10 décembre, le pays apprit avec la plus vive surprise que Peel avait été obligé de se retirer, et que lord John Russeli avait reçu misfeioti de constituer une administration uouvelle. Mois les difficultés n'étaieut pas moindres |<our te chef des anciens whigs, divisés eux-mêmes sur la grande question des droits sur les céréales étrangères; aussi échoua-t-il dans ses efforts pour constituer un cabinet homogène.

Peel dut en conséquence reprendre son poste ; et dans le cabinet qu'il forma alors se retrouvèrent la plupart de ses anciens collègues. Seulement, lord Stanley (devenu plus tard comte de Derby)hit remplacé par Gladstone; le duc de Bucelench fut nommé président du conseil , au lieu de lord Whantcliffe, décédé ; le comte Haddington eut les sceaux, et lord Cilenborough la présidence de l'amirauté. Le ministère ainsi reconstitué, la session B'ouvrit le 21 janvier 1»*6.

Dès la discussion de l'adresse Peel déclara nettement que les idées qu'il avait autrefois émises en matière de protection commerciale s'étaient depuis lors complètement modifiées, et qu'il avait reconnu I Impossibilité de persister dans les errements suivis jusque alors. Dès le 27 janvier il développa son plan de réforme en matière de douanes, lequel consistait à réduire notablement ou même à supprimer complètement un grand nombre de taies existantes et à permettre l'entrée en franchise de toux droits des différents >bjet* nécessaires à l'alimentation,* Pe*fe(itton des céréales, |M>ur* lesquelles ft proposait IVtalilkvinent d'une échelle mobile extrêmement lusse pendant l'espace de trois années, îôîaï à respiration duquel les grains île

BBETAGNE 477

seraient exempts de tous droits d'entrée. Si la propriété foncière jeta les liants cris en se prétendant victime des réformes économiques annoncées par le ministre, en revanche i ehes furent accueillies avec enthousiasme par l'industrie , qui voyait abolir les droits onéreux dont avaient jusque alors été frappées à l'entrée ses matières premières , notamment le coton, la laine et le lin. En compensation du sacrilicc que le ministre réclamait de la propriété foncière , il déclarait d'ailleurs qu'à l'avenir l'État prendrait à sa charge une grande partie de l'entretien des pauvres qui jusque alors avait presque exclusivement pesé sur la propriété. L'annonce de ce nouveau système amena la dissolution du vieux parti tory. Quelques-uns de ses membres passèrent avec armes et bagages dans le camp du libre échange, et tirent cause commune avec Cobden , tandis que les autres essayaient d'organiser à leur tour, dans le pays un système d'agitation et de résistance violente contre les réformes annoncées. Ce fut le 9 lévrier 18(0 que s'ouvrirent les mémorables discussions auxquelles donnèrent lieu les propositions de Robert Peel. La seconde lecture du cornbill eut lieu lo 2* mars à ta majorité de 88 voix, en même temps que tous les amendements proposés par les protectionnistes étaient successivement rcjelés. Les antres modifications proposées au tarif des douanes par le ministère donnèrent lieu a des débats moins animés et furent également adoptées. Dans la chambre haute, dont l'hostilité était à redouter, le cornbill passa aussi le 29 mai, à 211 vois contre 104, de même quo les divers amendements essayés par l'opposition étaient tous repoussés.

Malgré le triomphe des plans de Peel , on s'attendait généralement alors a lui voir donner sa démission, |«ur suite de la position difficile où il se trouvait , irrémissiblement brouillé avec le plus grand nombre des hommes avec qu il avait jusque alors marché en politique, et ne pouvant guère se fier à ses nouveaux alliés et amis. La présentation d'un bill de coercition présenté par le ministre pour l'Irlande, et contenant des mesures de protection ]>our les personnes et les propriétés, en même temps que des restrictions à ta liberté individuelle, amena la coalition des diverses nuances de l'opposition. Le 25 juin ce bill fut rejeté, à une majorité de 292 voix contre 219. Le ministère, resté en minorité, se trouvait dissous de fait; et le tu Peel vint prononcer à la chambre des communes le discours, à bon droit si célèbre dans l'histoire parlementaire de la Grande-Bretagne, où il reportait spontanément a l'énergie et au patriotisme de Cobden presque tout l'honneur et le mérite du coup mortel porté au système de monopole par le nouveau tarif des douanes.

Le nouveau ministère whig qui se constitua alors entra en fonctions le 3 juillet t»4o. Il se composait comme soit : premier ministre, lord* John Russeli ; président du conseil, le marquis de Lansdowne; garde des sceaux, le comte Minto; lord chancelier, lord Cottenham ; secrétaire d'État des affaires étrangères, lord Palmerston; sir Ch. Wood, chancelier de l'échiquier; les autres sièges y étaient occupés par lord Campbell, lord Morpelh, le comte Clarendon , Macaulay, le marquis de Clanricarde, Hohhouse, Laboucliètu et le comte Auckland, tous appartenant au parti whig. Le seul membre qui eût tait partie de l'ancien cabinet était lo duc de Wellington, en sa qualité de général en chef de l'armée. La première mesure soumise au parlement par la nouvelle administration fut un bill relatif à l'abaissement du tarif des sucres, et Peel avec ses amis ne contribua pas peu 5 la faire adopter. La session touchait à son terme, quand le ministère eut à lutter contre des difficultés telles que jamais peutêtre cabinet n'en avait encore en à combattre. Comme toujours, c'est la situation de l'Irlande qui les fit naître. A la suite de la famine et de la misère générale, les crimes contre les |Mjrsonnes et les propriétés s'accroissaient en ce malheureux pays dans la plus effrayante des progressions. O'ConncIl prétait bien son appni a l'administration whig; mais le parti de lu Jeune Mande avait rejeté la vieille souveraineté du grand

GRAIN DE-BRETAGNE

agitateur, et continuait à exalter les passions en prêchant

le rappel de l'union. Dans ces circonstances, le cabinet demanda à la législature de sanctionner le bill de coëreïtton, dont le rejet avait amené quelques mois auparavant la cltHte du miiiutere reel,mai« auquel diverse» modilicaUons avaient éle faites ; pois il le retira en présence des limitations do parlement. Il se trouva donc démuni des armes qui lui auraient eh- indispensables pour conjurer les périls de cette redoutable crise intérieure. Sa seule ressource fut de demander au parlement, qui se réunit en janvier 1847, de consacrer une somme d'environ dix millions de livres sterling tant en secours directs aux localités les plus souffrantes, qu'en travaux publics pour donner de l'occupation a la population pauvre. Ces immenses sacrifices eurent pour résultat de maintenir la tranquillité publique dans ce pays en proie à la famine; et la mort d'O'Connell , arrivée à Gènes , le 1 5 mai de cette même année , pendant un voyage à Rome entrepris par le grand agitateur, délivra le gouvernement d'un de ses plus grands embarras. Parmi les tils et les amis d'O'Conneli , il ne s'en trouva pas un seul capable de recueillir sa succession politique et de le remplacer dans l'œuvre du Rappel , qui ne tarda point alors à tomber en oubli.

La direction donnée à la politique extérieure de l'Angleterre par les ministres wbigs fut moins paciiique et moins brillante que celle qu'avaient su lui imprimer leurs prédécesseur*. L'affaire des markigts espagnols amena la rupture complète de la bonne intelligence entre la France et l'Angleterre; bonne intelligence déjà si fort ébranlée par les événements de 1840 et si péniblement rétablie depuis. Quand Louis-Philippe eut réussi dans ses projets matrimoniaux à l'égard de la reine Isabelle et de sa sœur, l'Angleterre cria à la perfidie et a la trahison ; et dès lors Palmerston s'attacha à combattre partout en Europe, avec une aigreur touchant à l'hostilité déclarée, l'action de la diplomatie française. L'occupation de Cracovie à la fin de novembre 1846 par les forces russes et autrichiennes et I incorporation de ce territoire à l'Autriche s'effectuèrent au moment où éclatait avec toute sa gravité la mésintelligence provoquée entre la France et l'Angleterre par l'affaire des mariages Elles donnèrent lieu de la part de l'Angleterre a une assez inutile protestation, et devinrent l'origine de cet isolement de l'Angleh'xie qui depuis caractérisa jusqu'à la fin de 18 M la politique de lord Palmerston.

Des élections générales eurent lieu après la clôture de la session (13 juillet 1847); elles eurent pour résultat de laisser les protectionnistes en minorité, mais minorité toujours redoutable ; de constituer avec les peelutet un tiers parti taisant alternativement pencher la balance en faveur de l'un ou l'autre des partis extrême»; enfin, d'assurer à la coalition des whigs , des libéraux et des radicaux une majorité de trente et quelques voit. On -put observer aussi , à propos de ces élections générales , que cette fois c'était généralement la richesse , la plutocratle, qui l'avait emporté sur le talent. De tous les partis, celui qui avait le plue gagné «le recrues nouvelles était le parti des radicaux ; il n'y avait pas jusqu'aux chartistes eux-mêmes qui n'eussent réussi à avoir leur représentant à Westminster, en la ]>ersonne d'O'Connor. Le parlement s'ouvrit le Î3 novembre 1847, au moment où la |>olitique extérieure adoptée par lord Falmerston triomphait partout. Tandis que la France et les puissances de l'est semblaient décidées à intervenir dans le conflit survenu entre la diète helvétique et le Sonderbund, lord Palmerston avait eu l'adresse de déterminer la diète fédérale à frapper rapidement un coup décisif et à anéantir le Honderbttnd avant la réalisation de ces menaces d'intervention ( novembre). La destruction du Sonderbund ne parut nullement déterminer les grandes puissances à renoncer a leurs projets d'intervention , et Palmerston feignit d'abord de vouloir se poser en médiateur ; pals fl déclara lotit à coup, tant par voie diplomatique qu'au sein du parlement (6 décembre), que tout était fini en Suisse, et qu'il n'y avait plus lieu a Intervention et par suHe à mé-

diation. En même temps qu'il jouait ainsi la France, qui

cette fois étartd'eceord avec la diplomatie autrichienne, p™*sienne et russe, il envoyait lord Minto en Italie d'y combattre partout l'influence française , en que de seconder le mouvement réformateur et était en train de s'y manifester.

Al'nnnrnnlii An m aiu An lUs.A) U i apprwiio ut-s it^ic» ut) nœi , ie

au mois de février suivant Quand H reprit ses séances, ce fut pour s'occuper de l'alarmante crise industrielle qw !•pays avait à traverser en ce moment, et, comme toujours, de la déplorable situation de l'Irlande. Quand on reçut en Anjjleterre la première nouvelle de la révolution qui s était accomplie à Paris le M février 1848, lord John flussefl, à propos d'une motion d'ordre présentée à la chambre des communes par Hume, déclara officiellement que le pvivernement anglais s'abstiendrait de toute intervention dans les affaires intérieures de la France, et entendait laisser b nation française parfaitement libre de choisir le gouvernement qui lui conviendrait le mieux. Aussi l»en la Gran-fe- Hretagne, elle aussi, ne devait pas tarder à ressentir le conl-> coup de cette tempête politique. I>és les premiers jours et mars il éclatait des troubles populaires à Glasgow, a Manchester et ailleurs ; mais ils furent assoi facilemer t p primés. Kn même temps les chartistes s'agitaient, et Ta*soclation irlandaise pour le rappel de l'Union annonça >V* réunions populaires destinées à forcer le goo-vernenw consentir à cette grande mesure. Les chartistes tinrent a Londres, a SheflleM , à Birmingham et dans d'araires grandes villes des réunions-monstres, à tendances rnaxrifcst ment républicaines; et, circonstance encore plus i les partisans du rappel firent maintenant avec les chartistes. Les chefs des chartistes, après strrr réunis en convention soi-disant nationale, et après y avoir nettement manifesté leurs tendances révol ntion njiri-'. résolurent de former, le 10 avril, une prooessfem-mosjtrv et d'aller présenter au parlement une pétition revêtue it plusieurs millions de signatures et contenant le proprur.de leurs exigences socialistes et démocratiques. On derst craindre que cette manifestation ne servit de signai a mv insurrection ; et le gouvernement prit les précautions nécessitées par une semblable prévision. Toutefois, les chose» se passèrent plus pacifiquement qu'on n'aurait pa ft*pérer; et les masses, dociles aux représentations et an exhortations des ebefs, renoncèrent à leur projet de pénétrer avec la pétition-monstre Jusqu'en seuil de In porte sa parlement. Pas plus le représentant des chartistes au par iement, O'Oonnor, que leurs principaux meneurs, Revaoids, Sttirge, etc , ne répondirent par leurs actes à ce qne discours avaient eu de menaçant. Km même temps le tère voyait une majorité formidable lui accorder une i"i ayant pour but de protéger la couronne et le gouvernement contre toute attaque, en même temps que VAlèe*-Ml Tout aussitôt il déploya la plus grande énergie pour repn->~ en Irlande Vagitation du rappel , et dès le mois d'ans I intentait un procès de haute trahison à la Jeune trlo*4*, qui avait ouvertement appelé les populations irianlji-^ i briser par la forée l'union avec l'Angleterre et à s'allier i te France ( affaire MHchell, Mesgher et O* Brien ). Il < de dire que fort heureusement l'ancien parti du rappel, tua* par O' Connell, désavoua hautement et de la manière U eto aigre les tendances révolutionnaires de cette nouvelle èas> Mitcheil seul fut frappé par le jury et condamné k li^ portât ion (fin mai 1848) pour avoir excité à la w>o'v Mais pendant es temps-là une foule de clubs s'étaient frr mes sur tous les points de Plrlande ; Il avait tnèéne élé tesa à diverses reprises des réunions armées, et des leaillen uMr> révolutlonnnires, comme Tht Nation (rédacteur Unir} . poussaient ouvertement à l'emploi de la fores

1 pour otSa '

la réparation de l'Irlande d'avec l'Angleterre. Le tniaùlê>-«, comprenant tons les périls de la situation , usa , pour le prévenir, de tous les moyens que la loi mettait à sa Il fit traduire devant les

GRANDE-BRETAGNE

S essaient à la révolte , les hommes tels que Meaghers et 'Bricû, qui continuaient a la prêcher ouvertement , et il déclara en état de aiége un grand nombre île comtés, ainsi que les villes de Cork et de Waterford. Enfin, â l'aunonce de la découverte d'un vaste complot dont la ville de Dublin était le centre et étendant se* ramifications dan* toute l iie, les deux chambres votèrent k l'unanimité la suspension de YHabeas corpus dans toute l'Irlande. Le 29 juillet, Smith O'Brieu échouait dana sa tentative d'insurrection à main armée, et après une sanglante collision force restait au gouvernement. L'insurrection irlandaise, annoncée d'avance avec tant de fracas , creva comme une boue île savon; les principaui chefs du mouvement furent condamnes à mort ( octobre it»4a), iwaiv virent leur peine commuée en ceilede la déportation.

Cette crise intérieure n'empêcha point le mouvement réformiste, qui remontait au* années précédentes, de continuer à porter du nouveau* coupa au système protectionniste, notamment par une révision de la parue de la législation relative à la navigation. Mais des motions radicales furent faites à la chambre des communes k l'effet d'obtenir une plus large cktension du droit électoral. La session de I »49 fut signalée par la campagne protectionnitte entreprise par D israeli, par les mesures qu'il fallut prendre pour réprimer une insurrection à Montréal (Canada ), ainsi qu'une insurrection dans le Moultàn ( ludes orientales ), à laquelle mirent lin les \ictoires de lord Gough. La politique extétéricure fut motus brillante, et l'expédition entreprise par la France contre la république romaine put à bon droit [>as>.cr pour uu grave échec à la politique de lord Pallucrttori,

Iji session de is»0 fut ouverte le 31 janvier par un discours du trône qui constatait une amélioration sensible survenue dans l'elat du paya, et exprimait l'espoir de voir les modifications opérées dans la législation de la navigation exercer une heureuse influence sur le revenu public; et effectivement le ministre des finances put présenter aux chambres un budget présentant un excédant de 2 millions île livres sterling de la recette sur la dépense. C'est daua le courant de cette même année qu'eut lieu Ytnadent prec. Une escadre anglaise, commandée par l'amiral Parker, parut subitement dans les eaux d'Athènes. L'amiral était chargé de fixer au gouvernement grec un fort court délai pour avoir à donner entière satisfaction à diverses réclamations élevées pour des tiers par le gouvernement anglais ; réclamations dont la plus importante était celle d'un juif portugais , appelé Pacifaco, et placé sous la protection britannique. Sur le relus du cabinet d'Athènes, les ports et les côtes de In Grèce furent déclarés en état tic blocus , et la médiation de la France seule put en déterminer la levée, en février. Mais il en résulta d'assez vives explications entre la Grande- Bretagne et la France, dont le représentant à Londres quitta même cette capitale ( 10 mai ) pendant quelques jours. Ces échecs devaient faire prévoir un redoublement d'attaques coutre le ministère ; et sur la motion de lord Stanley, la chambre des lords rendit un vote qui frappait d'improbation la conduite tenue par le gouvernement dans l'affaire grecque. Mais le ministère ne se relira pas devant cette manifestation parlementaire, dans laquelle on s'accorda a ne voir qu'une intrigue étrangère, qu'une réaction du continent ; et un vole de conliance proposé par Ruehuck en faveur tlu cabinet comme contre-démonstration en réponse an vote de la chambre hante, passa k une majorité de trois ct-nt dix voi* contre deux cent cinquante-quatre (29 juin), cvpendant.ala suite de cet incident parlementaire, lord Pal- 1 1 terston sentit le besoin de sortir de l'isolement où se trouvait l'Angleterre et de se rapprocher des autres grandes puissances. Ln signaut les protocoles du 4 juillet et du 2 août arrêtes à Londres a l'occasion desalfaircs du Schleswig- II olstein, il se mil à la remorque de la politique russe, et sacrifia IrSchlcswig pour se faire pardonner sa conduite à l'égard delà Grèce.

Malgré le vote de confiance obtenu par le ministère, une série non interrompue de petits échecs prouvèrent qu'il perdait chaque jour de sa force. La mort malheureuse de Robert Peel (a juillet 1949) lui porta un coup fatal; car si quelques jours auparavant Peel avait encore attaqué et combattu la direction imprimée par Palmerston i la politique extérieure, tl n'en avait pas moins assuré à l'administration son appui sans réserve. Le cabinet perdit donc en loi un défenseur, et le parti libéral et conservateur l'un de ses hommes les plo« distingués.

Dans l'intervalle qui s'écoula entre les deux sessions, surgit tout à coup un nouvel embarras pour le gouvernement; et il lui fut suscité par les prétentions de l'Église catholique romaine. Un bref du pape venait de créer en Angleterre un certain nombre d'évêcbés et d'instituer le cardinal Wtscman archevêque de Westminster (octobre). Celte démarche causa dans le pays une immense sensation, et la vieille haine du papisme reparut plus viraceet plus ardente que jamais, aussi bien parmi les tares que parmi les gens d'église. De tons côtés il arriva donc des déluges d'adresses, de pétitions et de protestations contre nn acte considéré comme une tentative ayant pour but de rétablir le catholicisme à l'état de religion dominante en Angleterre. L'orage parut à lord John Russell offrir une gravité telle, que pour le détourner il n'hésita point à rendre publique une lettre adressée A cette occasion à l'évêque de Durbain et dans laquelle il s'exprimait très-vertement au sujet des prétentions » levées par le saint- siège. Les attaques que cet incident avaient values au cabinet faisaient prévoir celles dont à propos de cette même question il serait infailliblement l'objet dans les chambres , on il aurait contre lui une portion notable du parti libéral en même temps que tous les radicaux, s'il ne prenait pas k l'égard de la cour de Rome une attitude nette et tranchée.

Dans la nouvelle session, ouverte le 4 février 1851, tord John Russell proposa donc à la chambre des communes un bill dont les principales dispositions consistaient à interdire à tous autres qu'au* membres de l'Église anglicane le droit de porter le titre à'érêque, et à déclarer nulles et de nul effet toutes les donations qui viendraient à être laites en faveur de contrevenants. Quoique accueilli k la première lecture par une majorité de 395 voi* contre 63, ce bill parut au* lihérau* et même à beaucoup de peelistes aller trop loin, tandis que les vieux anglicans le trouvaient sans aucune espèce de portée. Parmi les autres projets de loi dont le gouvernement saisit la législature, on remarquait surtout celui qui avait pour but de rendre les Israélites aptes à être élus membres du pailement. Ce bill, déjà rejeté précédemment, avait été provoqué par l'élection du baron de Rothschild comme député au parlement, qui avait itéralivement eu lieu dans la cité de Londres; élection demeurée toujours nulle, parce que, lorsque M. de Rothschild avait voulu prendre son siège, il en avait été empêché par les tenues du serment k prêter. Mais cette fois encore le bill en question fut repoussé. Le 17 février, str Charles Wood présenta le budget, qui se soldait par un e*cédant de recettes ; mais le ministre, en insistant sur le maintien de l'impôt des portes et fenêtres, indisposa toutes les opinions. Trois jours après, une proposition ayant pour but d'accorder aux comtés d'Angleterre et du pays de Galles les mêmes droits électoral!* qu'au* villes ayant été adoptée malgré le ministère, lord John Russell donna sa démission. De lk une crise qui se termina par la reconstitution du cabinet tel qu'il était précédemment. Car lord Stanley, le chef du parti protectionniste avait éclioué dans ses efforts pour constituer une administration viable et y rattacher quelques hommes éminent», tels que Gladstone , etc. Le 3 mars Russell reprit son poste, et présenta de nouveau le bill des titres ecclésiastiques, profondément modifié, mais qui n'aboutit qu'à aigrir davantage les passions religieuses. La taxe des portes et fenêtres fut encore maintenue au budget voté le 7 avril, mais sous la réserve qu'elle ne continuerait pas plus d'une année à être

GRANDE-BRETAGNE

Cependant une autre grande affaire vint alors faire momentanément oublier tous les intérêt-» île la politique; nous vouions i*r\er de l'Exposition universel le de Vindustr'u qui eut lieu à Londres le 1er mai 1851 et à laquelle prirent part toutes les nations de la terre. La pensée en remontait à Tannée 1849. Patronée surtout par le prince Albert, poursuivie avec la constance et l'opiniâtreté qui sont le propre

aractère anglais, elle avait été précédée «le préparais sur la plus large échelle et avait donné lieu à la

faits sur la plus

traction par l'architecte Paxton de l'édifice colossal devenu si célèbre sous le nom de Palais de cristal. Plus de sti millions de visiteurs vinrent, de mai à octobre, admirer les merveilles exposées à tous les regards dans cette exhibition des produits de l'industrie des diverses parties du monde; t-t la modique redevance exigée de tous les visiteurs suffit non seulement à largement couvrir tous les frais de cette fêle de l'industrie, niais encore à fournir des dividendes importante à ceux qui en avaient fait les avances, de même qu'à produire encore un reliquat en caisse fort considérable. Les ultratories et les adversaires de la puissance industrielle avaient à l'avance vivement blâmé une entreprise terminée à tous égard de la manière la plus honorable et la plus satisfaisante pour les hommes qui en avaient conçu le projet. Le bail des titres ecclésiastiques se trama à la chambre basse jusqu'à la lin de juin, et ne fut adopté qu'après avoir subi de nombreux amendements combattus par le gouvernement. En somme, le bill définitif décidait que tous les brefs , rescrit* ou lettres apostoliques émanés du saint- siège, ainsi que tous les titres, autorité , prééminence, juridiction, conférés ou prétendus conférés par lesdits brefs , réécrits, etc., sont nuls et illégaux ; et que tout contrevenant a cette défense serait puni d'une amende de cent livres sterling. Cette fois encore le bill relatif aux Israélites, après avoir passé à la chambre basse à une très-faible majorité, fut rejeté à la chambre haute par 144 voix contre 108. La situation de la colonie du Cap, par suite des hostilités des CalTres, donna lieu, vers la fin de cette année I8&1, à d'assez vives appréhensions. Mais les plus vives inquiétudes vinrent cette fois de l'extérieur, en raison de l'attitude de plus en plus hostile prise par l'Angleterre à l'égard des puissances de l'est , de l'accueil svmpatluque fait en ce pays à Kossuth, et enfin par le dénouement ridicule de la laineuse allai re Pacifico. Les médiateurs acceptés pour la terminer adjugèrent à ce juif portugais une indemnité de cent cinquante liv. st. en réparation des griefs qu'il avait à faire valoir contre le gouvernement grec ; or, c'est pour un si misérable intérêt qu'au commencement de cette même année lord Palmerston avait failli allumer une guerre générale en Europe! L'approbation donnée par co ministre aux événements survenus en France à la date du 2 décembre, approbation qu'il exprima au ministre de France à Londres, sans en avoir préalablement conféré avec ses collègues, amena une crise ministérielle, et le 24 décembre lord Palmerston était remplacé au ministère des affaires étrangères par lord Gran ville. Lord John Russell avait profité avec empressement de cet incident pour se débarrasser d'un collègue incommode et compromettant; mais l'événement ne devait pas tarder à démontrer que, par suite de son hostilité flagrante et passionnée contre les puissances absolues, lord Palmerston avait conquis les sympathies du parti libéral , sympathies qui lui donnaient une force immense et le rendaient en realité l'arbitre de la situation.

La session de 18&2 s'ouvrit le 2 février. Les événements dont la France venait d'être le théâtre avaient répandu les plus vives alarmes en Angleterre, où déjà l'on redoutait de voir recommencer entre les deux pays les implacables lutlcs qui avaient signalé, à la fin du siècle dernier et au commencement de celui-ci , toute la durée des régimes républicain et impérial. Les populations, vivement effrayées, ne rêvaient plus que descente en Angleterre ; pour donner satisfaction a ces terreurs, le ministère proposa au parlement un bill ayant pour but l'organisation sur tous les points du pays d'une

milice nationale. Lord Palmerston mesure, qui pourtant ne lut adoptée qu'à une très-faible majorité ; et ce quasi-échec amena la dissolution du cabinet. Lord J. Russcll donna sa démission en se plaignant hautement de ses collègues.

Lord Stanley, devenu comte de Derby par suite de la mort de son père, accepta alors de la reine la mission de Tortuer une administration, et fut plus- heureux cette lois qull ne Pavait été l'année précédente, car il parvint à computer un cabinet d'éléments tories purs ; il y prit te rôle Je premier lord de la trésorerie, lord Salisbury fut nomme garde dn sceau privé ; le comte Malmesbury, ministre des affaires étrangères; sir Fxlouard Sngden, lord chancelier ; le comte de Londsdale, président du conseil privé; Wal pôle, ministre de l'intérieur; le comte de Norlhumberland eut la marine ; ht J. Pakington eut les colonies; lord Motnars, les travaux publics; le major Beresford, la guerre, etd'lsraeli, les finances Le 27 le chef du nouveau cabinet vint donner au parlement connaissance de son programme politique. Il oWlaia que l'administration actuelle n'avait accepté le pouvoir que pour ne pas laisser le pays sans gouvernement ; qu'eie voulait la paix, qu'elle persistait dans les idées que toujours elle avait professées au sujet de la taxe sur les céréale*; mais qu'elle soumettait la solution définitive de cette grave question à un appel à l'opinion bien comprise et clamnxut formulée de la partie intelligente des masses. Cette déclaration eut pour effet de faire revivre VagittUion pour l'aboi» tion des taxes sur les grains. UanU<ornlaw~ira<jae de Cobden recommença à tenir des assemblées , dans la prévision d'une prochaine dissolution du parlement. Elle eut effectivement lieu le 1" juillet Le nouveau parlement, qué pour le 4 août, mais successivement prorogé, ne mença ses travaux que le 11 novembre suivant. Le 17 décembre la chambre des communes repoussait à 30à \<î\ contre 286 le budget présenté par le cabinet l>erby, dont t vote hostile amenait la dissolution. Lord Aberdeea reçut alors de la reine la mission de reconstituer le cabinet , et naturellement le parti vrbig se partagea les portefeuilles vacants. Le comte d'Aberdeen fut déclaré premier lord dr la trésorerie; lord Cranworlh, lord chancelier ; lord Gran vint, président du conseil privé; Gladstone, chancelier de l'échiquier ; le duc d'Argyll, lord du sceau privé ; lord Paimerst<«. ministre de l'intérieur ; le comte de Clarendon, ministre des affaires étrangères; Herbert, secrétaire de la guerre; le marquis de LansJowue et lord John Kussell , ministres sans vmtefeuille. Une des premières mesures soumises au parleax-n! fut le bil d'émancipation des juifs ; et, comme préccderniiieat , cette loi, après avoir réuni une majorité notable dam U chambre basse, fut en définitive rejetee par la chambre haute

Le 28 février 1SW, l'arrivée à Oonstantinople du pnmr Menschikoiï, ambassadeur extraordinaire de Russie près M Sublime-Porte, venait aggraver les amenées par la question des lieux saints eu Orient, finir par provoquer l'année suivante la guerre qui durv encore entre la Russie, d'une part, et, de l'antre, la France et l'Angleterre, coalisées à l'effet de protéger la Turquie rostre les projets de conquête de l'empereur Nicolas.

Les laits qui se rattachent à la nouvelle phase dans laquelle est entrée alors l'histoire de la Grande-Bretagne trouveront plus naturellement leur place aux articles que s«» devons consacrer dans ce livre à la question d'Orient,* laRussieelà l'empire Ottoman. Mous y renvoyons *«r le lecteur, en nous bornant à constater ici f évitante eoràsak qui en est résultée entre la France et l'Angleterre. Le saut Irançais et anglais s'est confondu sur les même* champs de bataille pour la défense de la même cause; deux pies, dont les luttes remph-^ent depuis plus de l'histoire de l'turope, et y effacent tout autre intérêt, « sont franchement réconciliés et soutiennent, pour la defease de l'turope occidentale contre l'envahissante ambition dr la Russie, une guerre qui a déjà valu à leurs années tes tasriers cueillis en commun à la bataille de l'Aima et à crue

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