GRANDE-BRETAGNE — GRANDEUR
dPInkerruann, et que ne tardera pas à couronner, qu'on nous pardonne l'expression «le ce vo?u, l'anéantissement de la ville de Sébastopul et de sa flotte, sujets perpétuels de craintes jour l'indépendance de la Turquie, menace incessante contre Constantinople et contre r Europe.
Une crise ministérielle, qui rient d'avoir lieu a Londres au moment où nous écrivons ces lignes (février 185S), et qui, provwjuée par la démission de lord John Russell, s'est dénouée par ta retraite de lord Aberdeen et par celle de lord Newcastle , pour qui on avait créé un ministère de la guerre, a eu pour résultat de charger lord Palmcrston de reconstituer un cabinet dont il a gardé la présidence, pendant que lord Panmure prenait le ministère de la guerre. Déjà on annonce que la campagne nouvelle qui s'ouvrira sous quelques Romaines, tant dans la Baltique que dans la mer Noire, sera conduite de la part des deux grandes puissances occidentales avec toute la vigueur et l'énergie nécessaires pour frapper un coup décisif et liéter le rétablissement de la paix générale.
GRAM)E-€HAXCELLERIE.roy«8CH*Nc.ELLn»ie.
GRAND-ÉCI1AXSON. Foyes Écsusso*.
GRANDE-CHARTE. Voyez Macna Chaut*.
G RANDE-CHARTREUSE. Voyes Chaut* Et sr,
(Grande).
GRANDE CULTURE, Foyet Coltcte.
GRAND-KCL'YER. Koyes Éccte».
GRANDE-GRÈCE (Mdi/naGrxcia). Les Romains appelaient ainsi, par opposition aux quelques autres colonies grecques fondées en Italie, la partie de cette contrée qui s'étendait le long des rotes du golfe de Tarente, qui de bonne heure avait été peuplée par des colons grecs , et comprenant l'Apolie, la Calabre,la Lucanieetlc Bruttium. Ils désignaient de même diverses parties de la Sicile, où s'étaient aussi établis des colons grecs. La Grande-Grèce fut le tliéatre de l'activité philosophique des disciples de Pythagore , qui par les sages institutions dont ils dotèrent cette contrée ineruereni la reconnaissance nés populations, mais à qui on put aussi reprocher de ne pas avoir su demeurer étrangers aux intrigues de la politique. Il serait assez difficile de prouver d'une manière bien certaine l'époque où eurent ' lieu les premières immigrations des Grecs dans cette partie de l'Italie; mais on peut, avec assez de vraisemblance, les faire dater de peu après la guerre de Troie. Il y vint successivement des Athéniens , des Achéens , des habitants de l'Ile - tl'Eobée, et jusqu'à des Troyens. C'est à la suite de ces diverses émigrations que furent fondées les républiques de Ta- * renie, de SybarU, deCrotone, de Locris, de Rhégium, etc. I»Ius tard les Romains fondèrent aussi quelques colonies «lans ces contrées; en l'an 27? avant J.-C. ils se trouvèrent . maîtres de toute l'Italie inférieure, ainsi que des diverses colonies grecques, où dès lors les mœurs et les lois particulières à la Grèce furent insensiblement remplacées par celles de Rome.
GB AX DE-POLOGNE. On désignait ainsi autrefois la fiartie nord-est du royaume de P o logne , contrée généralement plate et au total très-fertile. Aussi passait-elle pour le grenier de la Pologne, et fut-ce la contrée où régnèrent d'abord tes ducs polonais, La Grande - Pologne proprement dite se composait des woîwodies dePosen, Cnesen, K al iscli, Sieradz, Lcncnc et du pays de Wielun ; plus tard , ,n y comprit également les woîwodies de Kujnwie, de {>|ock, de Masowie, de Rawa et jusqu'au ductié de Prusse, l'Ermetand, la Pomércllie et le territoire de Culm. opposition à la Grande-Pologne , on donnait le nom de f*,~/ i(e- Pologne aux autres parties «lu royaume situées au ,UJ -ouest, pays généralement montagneux. Dans son sens t. plus restreint, cette dénomination ne s'appliquait qu'aux vot<wodie4 de Cracovie , de Scndomir et de Lublin ; et dans „,«» acception plus large elle comprenait également la Pod- ..crl.iC I» Hom (aujourd'hui Gallieie), ta Podolic et la Vol- ,vrrai«'
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WS LA rxj.NVEJtS. T. X.
GRANDES COMPAGNIES. Psyss Cosn»Acn«s
(Grandes).
GRANDESSE. La grand esse était, en Espagne, te plus haut titre d'honneur que la noblesse put posséder. Le nom de grand est ancien , et l'on ne saurait dire absolument qu'il ait succédé a celui de ricos nombres; car il servait déjà de distinction pendant que l'autre était le plia en usage par toute l'Espagne, non-seulement en Castille, mais aussi dans les royaumes d'Aragon et de Portugal. Presque tous les seigneurs titrés prirent le nom de grands et usèrent du privilège de se couvrir et de s'asseoir devant le roi. Mais au couronnement de Chartes-Quint, a Aix-la- Chapelle, les princes de l'Empire lui ayant déclaré qu'ils ne pourraient pas assister a la cérémonie de son sacre si les grands d'Espagne voulaient user du droit de se couvrir , l'empereur employa le crédit du don d'Ame pour persuader k ceux-ci de s'abstenir de leur privilège dans cette circonstance. Ils y condescendirent, et Clartés en prit occasion de borner le nombre des grands et de faire détendre ce titre de la couronne. C'est ainsi que «les |*rsonne* de qualité aux Pays Bas et en Italie devinrent grands d'Espagne. Ferdinand VII accorda, vers la fin «le sa vie, les honneurs déjà grandes» à un capucin.
Les grands étaient divisés en trois das&es , dont le sombrero ou le chapeau et le moment où l'on avait la permission de le mettre devant le roi faisaient la différence principale. Un grand de la première classe |>arUit au roi et l'é* coûtait toujours couvert; uu de laseco;t«V ne se couvrait qu'après avoir achevé sa harangue ou son compliment; enfin , ceux de la troisième ne se couvraient qu'avec la permission du roi. Les uns et les autres étaient qualifiés par le roi de mi primo (mon cousin), tandis que les nobles ordinaires ue reçoivent de lui d'autre qualification que celle mi pariente (mon parent). Dans les assemblées d'états, ils siégeaient immédiatement après les prélats, et avant les simples lilulados. Ils jouissaient des grandes entrées dans le palais du roi, et aux occasions solennelles ils prenaient place a la chapeile immédiatement à coté de l'autel. Leurs femmes jouissaient à la cour de privilèges analogues, et pour les recevoir, la reine quittait son siège.
On raconte que, lorsque les Français entrèrent a Madrid, les grands d'Espagne se plaignirent qu'on ne leur rendait pins les honneurs militaires- « Mais, dit le prince Murât, à quoi diable peut-on les reconnaître 1 — Monseigneur, ils sont tous un peu bossus. — Dans ce cas , que l'on porte les armes à tous les bossus ! »
Sous le gouvernement de Joseph Bonaparte et après la révolution de 1820 on abolit la grandeste, que les restaurations ultérieures ont rétablie, ma u> sans lui rendre ses antiques prérogatives. VEstatudo reaJde 1634 donnait aux grands d'tspagne le premier rang dans la chambre des procercs. Dr. Kf.ikkenbkhc.
GRANDEUR, GRANDEURS. La grandeur est la qualité de ce qui est grand : l'élévation de l'Ame, la noblesse des sentiments, la droiture du coeur, constituent bien plus la grandeur morale que la dignité , la majesté unies à la puissance, éléments dont nos pères la formaient, sans soupçonner qu'elle n'était qu'un masque respecté. A part le titre de Grandeur que prenneut ehex nous les archevêques et évéques, la grandeur est rare aujourd'hui en France; car la «lissimulation officielle est inoins consommée, et l'homme a la francliise de publier son égoisme. S'il fallait chercher des exemples de grandeur dans notre histoire contemporaine, on en trouverait peu.
Les grandeurs étaient et sont bien différentes de la grandeur : elles ne laissent pas cependunt d'attirer la même considération ; et leur similitude avec elle sous ce point de vue est aussi réelle que celle de leur nom. 1« pouvoir, les dignités, les honneurs, ont constitué les grandeurs; mais elles sont tellement matérialisées aujourd'hui , leur représentation est devenue tellement nulle et peu imposante . que l'idole de uos aïeux est brisée: les grandeurs ne sont
GRANDEUR
plus à présent qu'une chimère dont oa rit; elles ont même perdu leur nom , qui sera bientôt complètement tombé en désuétude.
En mathématiques , oa appelle grandeur tout oe qui est susceptible d'augmentation et de diminution, comme la quantité, ou plutôt, d'après VKneytlopédie, ce qui est composé de parties : on distingue la grandeur abstraite , dont la notion ne renferme aucun signe particulier, comme les nombres, et la grandeur concrète, dont la notion renferme un sujet particulier, comme le temps et l'étendue.
En tenues d'optique, on entend par grandeur apparente d'un objet celle sou* laquelle il parait a nos yeux. Quand les objet» sont fort éloignés de l'œil, leurs grandeurs appareil (es sont proportionnelles aux angles sous lesquels ils sont vus. Aussi , quoique le soleil et la lune soient fort dit* fërenl* l'un de l'aolre pour la grandeur réelle, lenr grandeur apparente est à peu près la même, parce qu'on les voit à peu près sous le même angle.
(iKWDEUR D'ÂME, On appelle ainsi cette supé- I rwrite morale qui consiste à s'élever au-dessus des faiblesses I de l'humanité et à se montrer dans ses sentiments et dans ses actions plus grand que ses semblables, en méprisant les biens auxquels le vulgaire est le plus attaché , et en commandant au» passions qui asservissent la plupart des hommes. Quelle grandeur d ame dans Soc rate, qui méprise assez la vie pour accepter la ciguë plutôt que de fuir comme un coupable , quand ses amis lui ouvrent les portes de sa prison ! il est peu d'hommes qui eussent, comme Alexandre, vidé a l'instant la coupe que lui présentait son médecin , et a qui la crainte delà mort n'eût fait perdre cette confiance sublime dont ne put se défendre le noble cœur du héros macédonien. L'oubli des injures , le pardon accordé à un ennemi coupable et vaincu , révèlent toujours beaucoup de grandeur d'Ame ; car il n'est rien de plus difficile à éteindre dans l'homme que le ressentiment et la soif de la vengeance. Auguste pardonnant a Cinna mérite mieux le surnom d'Auguste par cette action que par sa puissance absolue et par l'empire de l'univers. En un mol , toutes les fois qu'un homme semble supérieur aux sentiments terrestres qui ont le plus de prise snr l'Ame humaine, comme l'ambition, la haine, la crainte de la mort, c'est avec raison qu'on lui attri bue dé la grandeur d'Ame. Le mot grandeur indique assez qu'il s'éiêt e au-dessus de 6es semblables et de la nature commune par la noblesse de son Ame, qui le rapproche ainsi de la Divinité.
La grandeur d'Aine semble se conlondre avec V héroïsme. Cependant, on quai i lie plus volontiers de ce dernier nom les actions de dévouement et d'éclat , ou un déploiement extraordinaire d'activité morale, accompli nu milleu'de luttes et de souffrances. La grandeur d'Ame emporte avec elle l'idée d'une force qui agit avec calme et majesté. Ses traits , si on la représentait sous une forme visible , seraient empreints de cette noble sérénité qui caractérise une puissance supérieure aux mortels, inaccessible aui orages de leurs passions, et accomplissant le bien sans efforts, quoique avec énergie.
C M. Pafye.
GRANDGARDE. Voyct Gajim.
GRAND-GOSIER, logez Pélican.
GRA.XDIER (Urbain). Le ifta<tnl 1634, les habitants de la ville de Loudun étaient réunis en foule autour d'un bûcher dresse dans leur ville pour le supplice d'un condamné Cccondamné était un ministre des autels, atteint et convaincu, disait le jugement, du crime de mogie,matéJices et possessions arrivées par son fait è» personnes d'aucunes religieuses ursulines et autres séculières, et condamné a faire amende honorable, nuetéte, et être son corps brûlé vif, arec les pactes et caractères magiques estant au V*ff* . ensemble le manuscrit par lui composé contre le célibat des prêtres, el les cendres jetées au vent. Lorsque le patient parut, -a vue attendrit le co-tir de reuv qu'un crime aussi énorme n'avait pas rendus toul a fait s.mr.ls à la voix de la pitié. C'était un homme jeune encore,
- GRANDIER
de corps et de visage , mais que la torture avait rendu (raque méconnaissable. Non contente de l'envoyer à U murt, ses juges , on plutôt ses bourreaux, l'avaient preAlaUetnen» fait appliquer à la question pour le contraindre à avouer ta oomplfces de son prétendu crime : comme il ne le* dedans point, malgré les tourment", ils avaient ordonné detai Uojer les os des membres , jusqu'à ce que la moelle en sortit, te qui n'avait pas mieux réussi ! Comme on voulait meuea la vie du condamné, afin qu'il pût subir le supplice di feu, on avait suspendu la torture, et on rapportait, mourut e ensanglanté, à travers la foule. La il demanda , d'une «ni affaiblie, le gardien des cordeliers, pour se confesser; «a k lui relusa , lui offrant à sa place un prêtre , son ennemi impiacable, dont il ne voulut point. Déposé snr te bûcbn, il persista à déclarer qu'il n'était point magicien , qu'il avait connus de grands crimes sans doute , mais seulement de fnplik humaine, dont il se repentait, et qu'il n'avait, du ml*, aucun complice. Le feu fut mis au bûcher : dans c« sorte de supplices, la pitié humaine préparait d'ordinaire m corde pour étrangler le condamné avant que lefeo ratta^m [a corde était bien sur le bûcher, mais , sans qu'on pot a voir pourquoi, le nœud coulant ne glissa potal, dka> tient fut brûlé vif.
Ce malheureux était Urbain Grandier, curé de Saini-Pm de Loudun, et chanoine de l'église Sainte-Croix dans b atst ville, né vers 1590, à Rovère , près de Sablé, dansk <tacèse du Mans. La honte de son supplice pèsera éteny ilrf*sur la mémoire du conseiller d'Etat Laubardemoit. qui pour servir la vengeance du cardinal deRicbene» » cita l'étrange procédure dirigée contre Grandier, et es** lui-même les juges qui le condamnèrent. La cause de rdk condamnation n'est point dans la ridicule ailpidiljk w ~ à Grandier, mais dans les inimitiés nombreuse* qoe bu* ticité, la hauteur, l'orgueil et l'inconséquence ée« p * soulevèrent contre lui. Doué d'un physique avant»?"* d'un esprit distingué, Urbain Grandier ne sut potat «* de ses dons avec prudence et circonspection. Il « »»nl «les intrigues galantes; il attaqua les privilège» des anw de Loudun , prêcha contre les confréries religieuses do*» certaines pratiques de dévotion , témoigna une pub ta* Teillance aux protestants , et ne craignit point d'ownwa droits de l'autorité épiscopale en accordant ou rdirmU' dispenses ecclésiastiques. Une telle conduite, agjrawe»- < «ire par les railleries piquantes de Grandier, «a» a P haut point les passions Iwineuses et jalouses des I.oodun. Ils pouvaient se prévaloir contre lui «ludffVmeut de ses nueurs, qui scandalisait l'Eglise, et de te <f nions philosophiques, qui heurtaient trop vioam»* préjuge du siècle ou les intérêts du clergé. Au» , «■ plainte , Grandier fut-il pris , mis en prison et €•»>-"le 2 juin 1630, par l'oflicialité de Poitiers, • U P**" ses b néfices, à l'interdiction des sacrements P»** ans »'t à faire pénitence. Mais l'archevêque * : devant qui Grandier avait appelé de ce jugement . condamnation, et le curé de Loudun rentra Irioaq*** *■ ses l>énetices.
Cet . chec ne lit qu'accrollre la haine rindicati*" ennemi*. Un libelle inu Iule La Cordonntèrc dr k*1 qui attaquait la naissance et la personne de Rich<te"^ paru vers ce temps, Grandier fut dénoncé ««"J^ cardinal ministre comme étant l'auteur de cet éan- P» ^ sa perte fut jurée; il ne fallait plus qu'un P»*^"* tarda pas à le trouver. Il existait depuis pendete»^ la ville «le Loudun un couvent d'Ursuline*. dont k «R^ ennemi de Grandier, avait été préféré à lui pour ran?» j place . et dont la supérieure était la parente dn **# d'Etal Laubardemont , vendu au cardinal. Tout a m , bruit se répand que des spectres , de* fantômes » *T ; aux religieuses , et que «tes diables se sont logé* «ta* * ^ ^ J de plusieurs d'entre elles. Qui pouvait les avoir m* ce nVtail Grandier? D'ailleurs, cas reli*""»** • * '* I lieu «les bi/ai res contorsions et des fureurs «irnW
GRANDIER
les agitaient , n'avaient-elles pas répondu à leurs exorciseurs que l'auteur du maléfice était Grandier ; que ce prêtre s'introduisait de jour et de nuit dans le couvent, sans toutefois, disaient-elles, qu'on /'y eût jamais vu entrer, et qu'il avait opéré son sortilège en jetant dans le cloître une branche de rosier fleuri, lequel avait ensorcelé toutes celles qui avaient respiré l'odeur des roses? En fallaitil davantage? Une commission royale autorisa bientôt Lauhanlemont à informer contre Grand 1er. Le 17 décembre 1633, ce dernier Tut arrêté et conduit au château d'Angers. La procédure commença aussitôt. Durant sept mois, on entendit des témoins , et l'on exorcisa les nonnes. Les témoins accusèrent Grandier d'adultères, d'incestes, de sacrilèges ; quatoze ursulines, possédées par Astaroth, Asmodée , C<Mun, Crie!, Belxébuth, et d'autres diables non moins puissants, prétendirent que le curé de Loudun était l'auteur de cette possession, et produisirent même les pactes conclus par lui avec le diable. Quoique, dans les idées incine du temps, le témoignage de ce* filles, dicté par les diables qui Us tenaient sous leur empire, dût être rejeté comme suspect et comme tendant évidemment à perdre une innocente créature de Dieu, le 8 juillet 1634 des lettres patentes du roi nommèrent une commission spéciale, composée de 12 juges pris dans différentes juridictions , pour juger souverainement l'auteur du maléûce, ou plutôt l'auteur de la satire publiée contre le cardinal. Cette espèce de cour prévôtale s'assembla, et environ un mois après les habitants de Loudun rentraient tristement dans leurs demeures, en réfléchissant aux arrêts de la justice lui niai ne et au cruel supplice dont ils venaient d'être témoins. Toute la procédure d'Urbain Grandier est à ta bibliothèque impériale. M. Alexandre Dumas a fait pour le Théâtre Historique un drame sur Urbain Grandier, dans lequel le magnétisme joue un grand rôle. Paul Tiby.
GRAND-JUGE, magistral qui dans les colonies était à la tête de Tordre judiciaire. C'était aussi le titre des commissaires attachés aux cour» martiales. Des grandsjuges connaissaient des délits commis par les soldais des corps suisses au service de France. Sous Napoléon 1" on donnait le titre de grand-juge au ministre de la justice.
GRAND-LIVRE ( Comptabilité commerciale). Ce livren'est point au nombre de ceux dont le Code de Com- < merce prescrit la tenue aux négociants , mais son existence, . indifférente aux yeux de la loi , est indispensable au commerçant jaloux d'apporter dans ses affaires l'ordre et la régularité sans lesquels la fortune la plus brillante chancelle toujours. Les négociants italiens, qui liassent pour avoir les premiers tenu leurs écritures en partie double, ont sans doute aussi inventé le grand-livre. Destiné a recevoir et à classer les articles extraits du journal, ce livre, qu'on appelle grand , parce qu'il est le plus grand de ceux dont le commerce fait usage , se nomme encore Itvre d'extraits; quelquefois aussi on l'appelle /ivre de raison, parce qu'à chaque instant il présente au négociant le tableau complet et détaillé de ses affaires , et l'aide ainsi à se rendre raison de sa situation commerciale.
En ouvrant un grand-livre quelconque, on a sous les yeux deux pages situées en regard l'une de l'autre. Au haut de la page a gauche, on écrit en gros caractères le nom du sujet auquel on ouvre le compte, avec le mol Doit, pour désigner le débit; et au haut de la page à droite, on écrit, aussi en gros caractères, le mot Avom, pour désigner le crédit. Tous les lolios du grand-livre doivent être cotés sur les deux pages en suivant l'ordre des nombres. Quand on transporte un article du journal au grand-livre, on ouvre d'abord un compte au débiteur, et puis un compte au créditeur. Ensuite on écrit au débit du compte du débiteur la somme qu'il doit, et réciproquement au crédit du compte du créditeur la somme duc à celui-ci. Toute opération de négoce étant inscrite au journal à mesure qu'elle s accomplit , toute opération commerciale supposant toujours un débiteur et un créditeur, chaque énonnalion du journal est nécessaire-