AHO
GRANDS AUGUSTINS. Voyez Al«u»ti*s.
GRAND SCHISME. Voyez Scuisub.
GRANDS D'ESPAGNE. Voyez Giundesse.
GRAND-SEIGNEUR. Terme d« relations en usage pour désigner le souverain de l'empire ot loraaa, dont la seule qualification officielle , dans tous les documents et traités diplomatiques, est celle d' empereur et de padischah, ou encore de suit an.
GRANDS-JOURS. On nomma ainsi jusqu'à la fin du dis -huitième -iccle de* assises extraordinaires établies
pour juger en dernier ressort le» affaire* des province* les plus éloignées , et principalement pour informer de» deliu commis par les individus que l'éloignemenl rendait plus hardis et plus entreprenants. Les grands-jours étaient ordinairement tenus de deux ans en deux an». Us se composaient de personnes désignées par l'autorité royale, qui d'ordinaire les choisissait dans les parlements, et investie* a peu près des mêmes pouvoir* que lesm<i.<i</ominict de* nw de la première et de la seconde race. Ces commissions «pénales avaient pour but de suppléer aux renseignements qui . faute de publicité, ne parvenaient que bien ditncileuieril au gouvernement central , à une époque où Ira gouverneurs des provinces étaient en quelque sorte indépejuIatiU; de recueillir les plaintes, d'examiner les griefs , et a'il y aval lieu, d'y faire droit immédiatement.
Les grands-jours les plus ancien* dont il soit fait mention sont ceux que tenaient à Troyes les comtes de Champagne; ils donnèrent leur dénomination aux assises extraordinaires tenues plus tard au nom des rois. On appela mémr aussi grands-jours les séances des divers parlements, tant qu'ils restèrent ambulatoires. Une fois qu'ils devinrent *dentaires les grands-jours , ne furent plus que des commissions composées d'un certain nombre de juges tires de leur sein et chargées de juger en dernier ressort toutes affaires civiles et criminelles sur appel des sentences rendue par les juges locaux.
Plusieurs princes du sang ou seigneurs avaient obteou dt la couronne le droit de tenir dam leurs apanages ou leor> domaines des grands-jours, où se jugeaient les appels interjetés des juges ordinaires, et aussi les crimes ou dèh^ commis par les baillis , sénéchaux et juges ordinaires dépendant des seigneurs. L'ordonnauce de Rousstllon supprieu ce privilège des seigneurs.
Les derniers grands-jours royaux furent tenus en 166* a Clermont-Ferrand pour l'Auvergne, et au Puy-en-Yeiay posr le Languedoc. Ils furent provoqués par la nécessité de mettre un terme aux intolérables actes de tyrannie que rotais* gentilshommes se permettaient à l'égard des vilains et manants de ces provinces. Flechier, alors simple précepteur du fils de M. de Caumartin, maître des requêtes, qoj urt désigné pour faire partie de cette commission , suivit k père de son élève dans cette tournée réparatrice. La retatisa qu'il a laissée de ce voyage nous fournit de curieux, detatn, qui font bien connaître l'état de la France à ceUte epoqw Plusieurs gentilshommes , des comtes , de* marquis , ratent condamnes à mort. Bussy-Rabutin dit dans ses Mémoires que la tenue de ces grands-jours d'Auvergne eut pour rtsultat de détruire bon nombre d'abus qui avaient jusque alors résisté à toutes les injonctions de l'autorité centrale. < L'ua des plus considérables , ajoute-t-il , était la tyrannie «tes grands *eigneurs envers leurs vassaux. La plupart tranchaient du souverain. Les sujets étaient accables, et périma* n'osait se plaindre. La justice était encore plus mat administrée : on se la faisait à soi-même, et on la refusait auv autres. Les cabales, les animosites, l'avarice, décidai ml dans les tribunaux ; et le sanctuaire de la justice était devenu le théâtre de l'injustice même... On punit les cou | vailles : ■ en coûta la vie a plusieurs; quelques autres eiiretii kur^ châteaux rasés ; et ceux d'entre les juges qui , sans être cr> minels, avaient par faiblesse laissé les crimes empan», furent dégradés et destitués de leurs places. » Ce fut, «a W voit, le coup de grâce porté à la féodalité, si rudeavetraitée déjà par Richelieu.