‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 393 sur 614 · GRASSEYEMENT — GRATIEN · texte numérisé non relu

GRASSEYEMENT — GRATIEN

«Ht, c'est-à-dire celui qui consiste à prononcer IV entièrement de la gorge , en sorte que l'articulation de cette lettre se forme par un son multiple, qui semble être précédé d'un c ou d'un e, et rouler dans le pharynx. Ce grasseyement depeudde ce que la pointe de la langue, au lieu d'être portée vers le palais, se trouve retirée en bas vers la face postérieure des dents incisives de la mâchoire inférieure, d'où il résulte que la face dorsale de cet organe se trouve convexe au lieu d'être concave; ce qui le force , pour articuler IV, de vibrer vers sa base , au lieu de vibrer h son sommet. C'est par un mécanisme diamétralement opposé que nous combattons ce vice de l'articulation.

La deuxième espèce de grasseyement est celle qui consiste à donner à IV le son du v. Ce vice de la parole a pour cause la mauvaise habitude qu'on a contractée d'articuler la première de ces consonnes en faisant seulement agir les lèvres, qui s'allongent et se rapprochent comme pour former ce qu'on appelle vulgairement un cul de poule; il résulte que l'air chassé par la bouche et les joues n'a qu'un étroit passage pour effectuer sa sortie, comme dans la prononciation des labiales sifflante* /et v.

La troisième espèce de grasseyement consiste à donner à la consonne r deux sons à la fou, comme dans la première espèce, ou grasseyement proprement dit; mais il diffère essentiellement de ce dernier 1° en ce que les lettres superflues ne sont jamais le c et le g ; 2° en ce que l'articulation de IV, loin d'être formée au fond de la gorge par la base de la langue, a lieu, au contraire, vers la pointe de cet organe, sorti de la cavité buccale , et porté entre les dents incisives des deux mâchoires, de manière à aller toucher la face postérieure de la lèvre supérieure. Cette troisième variété du grasseyement a plusieurs degrés, qui peuvent la rendre plus on moins désagréable. F.n général , elle est peu sensible et presque nulle dans certains mots.

La quatrième variété de ce vice du langage est celle qui consiste a substituer au son de IV le son de la syllabe gue. Ce grasseyement n'est pas aussi rare qu'on pourrait le croire; nous avons été à même d'en observer plusieurs cas. C'est surtout sur des personnes de la Suisse française qu'il nous n paru le plus fréquent. Porté à l'excès , il est un des plus désagréables.

La cinquième variété a pour caractère de substituer la lettre l à IV; ceux qui en sont affectés font comme les Chinois, qui , n'ayant pas dans leur langue la consonne r, la remplacent par Z, «telles disent laie, Me, lougc, plendle, pour rare, rire, rouge, prendre. Cette articulation, aussi vicieuse que désagréable , l'est encore davantage lorsque , au lieu de remplacer simplement IV par /, on mouille celte dernière lettre.

Enfin, la sixième espèce de grasseyement, que l'on pourrait appeler négatif, parce qu'il se distingue par la soustraction plus ou moins complète de IV, est celle que Pon remarque principalement chez certains incroyables nouvellement débarques , qui veulent singer du geste et de la voix n«>* merveilleux fashionablet de Paris , qui disent mouir, ravait, (ou, etouné, au lieu de dire mourir, travail, trou, retourner. Ce vice de la parole, le moins désagréable à l'oreille , est constamment le résultat d'une mauvaise habitude , ou plutôt de cette fureur absurde de vouloir imiter certaines gens de prétendu bon ton qu'une véritable inspiration de mauvais goAl porte a se donner des défauts dont s'affligent ceux qui en sont réellement affectés.

Toutes les variétés île grasseyement dont nous avons tracé les caractères ont, comme cette dernière, pour cause principale, l'imitation ou une mauvaise habitude que dans l'enfance on a laissé prendre aux personnes chez qui peutêtre déjà une conformation particulière des organes de la parole rendait l'articulation de IV un peu difficile, et réclamait certains efforts, que des parents trop bons ou plutôt n'ont pas eu le courage d'exiger de leurs ces derniers m croient, an contraire, auto-

risés à mal parler, parce qu'on se plaît à répéter comme eux les syllabes qu'ils articulent irrégubèretnenL Ce qui prouve que l'imitation est la cause la plus ordinaire du grasseyement , c'est qu'on observe ce vice de la parole cites tous les membres d'une même famille, chei une classe du peuple de la même ville, ainsi qu'on le voit en particulier dans ta classe du peuple de Paris , et même chez presque tous les habitants de certaines provinces, comme, par exemple , en Provence et dans le Forez.

Le docteur Fournier a fait connaître une méthode curative, modifiée par lui et imaginée par le célèbre Taliiia : cette méthode consiste à substituer d'abord un d à IV et 4 s'exercer à prononcer cette lettre jointe au t. Insensiblement IV s'articule, et la consonne d, que l'on pourrait appeler ici génératrice , disparait pour que la lettre créée tout récemment prenne son essor. Dans cet exercice, IV

s'articule d'une manière naturelle ; car le t et te d, plus faciles à former, sont cependant produits par le même mécanisme que IV, du moins quant aux positions relative» de la langue et des mâchoires. Selon le docteur Fournier, les guérisons opérées d'après les conseils de Tanna sont nom breuses : il cite entre autres M|le Saint-Phal, qui avait un grasseyement si considérable que cette belle et intéressante artiste fut contrainte d'interrompre le cours de ses débuts. Quelques mois suffirent pour effacer le défaut qui déparait ses talents. Nous sommes loin de contester les avantages de cette méthode; mais ayant été à même d'en faire plusieurs fois l'application, nous devons dire que nous n'en avons obtenu que des résultats peu satisfaisants , et que c'est même pour cette raison que nous avons taché de trouver d'autres moyens, qui nous ont réussi. Notre méthode cousis te à faire placer les organes de la parole de façon à corriger les vice» delà prononciation, à les exercer par une sorte de gymnastique, jusqu'à ce que les sons se formeut naturellement. Colomb at (de l'Itère).

GRATIEN, empereur romain. Petit-fils de Gratien, qui du rang de simple soldat s'éleva, par sa force de corps extraordinaire autant que par son courage , au grade de général des années romaines, fils de Val en tin ien 1er, empereur d'Occident, et neveu de Va Ien s, empereur d'Orient, il naquit à Sirmium, le 18 août 359. Il était à Trêves quand il apprit tout à la fois et la mort de son père et l'intronisation de son jeune frère, Vakntinien 11, (ils d'une seconde femme , que les cliers de l'armée avaient proclamé empereur ; il se détermina à partager le trône , et devint le tuteur du nouvel élu. Cependant, abusé par des imputations calomnieuses, il laisse exécuter à Carlhage le père du grand Théodose. En 37» il bal les Alemans près d'Argenlaria (Colmar), et se tourne aussitôt contre les Goths, qui ravagent l'empire d'Orient : Yalens et les deux tiers de l'armée romaine étaient tombes sous le fer des barbares. Le seul homme ca|>able de ramener la victoire sous les aigles impériales, c'était Théodose. Théodose taille en pièces les Goths , et reçoit en récompense le sceptre d'Orient.

Gratien était un chrétien fervent; et saint Ambroise composa pour ce prince une ' instruction sur la Trinité. Mais le zèle imprudent avec lequel il poursuivit les restes du iiaganisine, rétabli par Julien, lui fil perdre l'affection du peuple. Les légionnaires de la Grande-Bretagne proclamèrent empereur Max i me. Gratien se trouvait alors a Lutèce : il marche à la rencontre des rebelles ; mais ses troupes l'abandonnant, il cherche un refuge à Lyon, et n'y trouve que la mort. Andiagathe, un des lieutenants de Maxime, le fait assassiner.

Gratien n'avait que vingt-ciuq ans; son esprit était cultivé ; A u so ne avait été son professeur.

GRATIEN (Fiuisçois), simple moine de Saint- Félix à Bologne, né à Chinsi , petite ville aux environs de Sienne, est célèbre par la compilation qui porte son nom et forme une des sources du d i oi t canon. Le décret de Gratien e>t compris dans le Corpus Juris canonici. Cet ouvrage, qui lui I avait coûtt: vingt-quatre anuees de travail, parut en 1161.

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