‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 392 sur 614 · GRAS — GRASSEYEMENT · texte numérisé non relu

GRAS — GRASSEYEMENT

et brame iue à travers laquelle on distingue les

objets éloignés.

On dit proverbialement d'une personne qui a beaucoup d'embonpoint : Il est gras comme un moine. Dormir la grasse matinée est une expression familière qui signifie se lever tard. Tuer le veau gras est un dicton proverbial , emprunté au touchant apologue de l'Entant prodigue, et qui emporte avec lui l'idée de préparatifs extraordinaires faits dans l'intention de recevoir somptueusement quelqu'un. Faire ses choux gras signifie s'enrichir, prospérer. On dit d'une personne qui prononce mal la lettre r qu'elle a la langue grasse {voyez Grasseyement).

On appelle jours gras ceux pendant lesquels il est permis de manger de la viande; mais cette expression s'applique pins spécialement aux derniers jours de carnaval, si célèbres par l'ovation du bœuf gras.

Peindre gras signifie éviter toute espèce de sécheresse ; peindre à gras est la même chose que retooclier avant que la couche soit sèche , ce qui produit un très-bon elfet.

Le gras-double, en terme de cuisine, désigne une espèce de tripe qui provient du premier ventricule du bcenf.

On appelle encore gras une maladie de* vers à soie , et gras-fondu , dans l'art vétérinaire , une sorte de maladie à laquelle les chevaux, sont sujets. Cest une affection inllauiinatoire du mésentère et des intestins.

GRAS DES CADAVRES ou GRAS DES CIME- TIÈRES, sorte de savon produit par la putréfaction lente des matières animales dans des lieux humides, et composé d'ammoniaque , de potasse , de chaux, d'acide oteique.

GRASSE, ville de France , chef-lieu d'arrondissement dans le département du Va r, a 37 kilomètres de Draguignan , à 1 3 de la Méditerranée , sur le penchant d'une colline, avec 11, 802 haletants, des tribunaux de première instance et de commerce , un collège , une bibliothèque publique de 5,000 volumes, une fabrication importante de liqueurs renommées, notamment d'eau de llcur d'oranger, d'huile d'olive, de savon , de fruits secs du Midi; îles tanneries, des matures de soie, un commerce considérable d'oranges , de citrons , de cire el de miel.

On rapporte la fondation de Grasse à une colonie de Juifs venue <le Sanlaigne an sixième siècle; quoi qu'il en soit, on la voit plus tard servir de lieu de refuge aux habitants de Fréjua et d'Antibcs, lors des incursions des Barbaresques. En 1250 Innocent IV y avait transféré le siège épiscopal d'Antibes.

GRASSE ( Fraroois-Jobeph-Paim. , comte ne), marquis de Grasse-Tilly, lieutenant Réitérai des armées navales, né en 1723, à Valette en Provence, mort à Paris, en 1788, prit, k la tète de nos escadres, une part importante a la guerre maritime avec l'Angleterre qui fut le résultat de l'intervention de la France dans la lutte engagée contre leur métropole par les colonies anglaises de l'Amérique du Nord. Destiné par sa famille à l'ordre de Malte, et ayant fait, à partir de 1734, plusieurs campagnes sur les galères, fait prisonnier en 1749 par l'amiral Anson, sur une frégate qui se rendait k Pondichéry, et ayant resté deux ans sur parole en Angleterre, lieutenant de vaisseau en mai 1754, capitaine en janvier 1 7fiî, il servait en cette qualité au combat d'Ooeasant ( 27 juillet 1778). Promu au grade de chef d'escadre en 1779, ii alla rallier la flotte aux ordres du comte d'Estaing dans les eaux de la Martinique, et eut sa part du combat qu'elle soutint le 6 juillet contre celle de l'amiral anglais Byron. L'année suivante, il participa aux combats des 17 avril, I6et 19 mai, livres par le comte de Guichen à l'amiral Rodney. Rentré a Iircstà la (in de cette campagne, il en sortit le 24 mars 1781, à la tète d'une flotte de vingt vaisseaux de ligne qui portait aux insurgés américains des secours d'hommes et d'argent, et chargée en même temps d'escorter plusieurs (loties marchandes se dirigeant vers les tles de l'Amérique Un engagement avec l'amiral llood dans les eaux de la Martinique n'eut qu'un résultat négatif, et on reprocha au comte de Grasse .le ne pas avoir mi anéantir un ennemi qui lui était

de beaucoup inférieur en forces. Le 2 juin, Il contribua k In prise de l'Ile de Tabago par le marquis de Bouille ; et te & septembre, sur les cotes d'Amérique, il battit la flotte anglaise aux ordres des amiraux Gaves, Hood et Dracte, ayant a bord des renforts destinés à l'armée de lord Cornwalliv Celui-ci les attendit vainement dans son camp retranché do York-Town, et dut capituler le 19 octobre.

Le comte de Grasse, qui venait ainsi de contribuer puissamment au succès final des insurgés américains, alla passer l'hiver avec sa flotte dans la mer des Antilles, on 3 seconda les entreprises du marquis de Bonitté contre TOe de Saint-Christophe. Parti, en avril 1782, de la Martinique, pour transporter des troupes à Sainf-Domingue et y ralbeT une escadre espagnole, avec laquelle il devait prendre part à une expédition contre la Jamaïque , il rencontra sur u route la flotte de l'amiral Rodney, et après diverses escarmouches, dan* lesquel'es l'avantage lui resta, il engagea contre lui un cnmbatdéfinitif le 12 avril. Le comte de Grasse avait trente -trois vaisseaux de guerre sous ses ordres ; il laissa l'ennemi couper sa ligne en plusieurs endroits, et après «se action des plus acharnées, et qui ne dura pas moins de dit heures consécutives , il fut obligé d'amener son pavtflou. 11 montait la Ville de Paris ; la moitié de son équipage était hors de combat, et son vaisseau avait tant eu a soutTrir de l'artillerie ennemie, qu'il eonla bas avant d'arriver en Angleterre. Par une saillie d'héroïsme, toutes ses mnarbon étant épuisées, il avait fait charger ses canons avec de» sac* d'argent. Sa défaite nous coûta cinq vaisseaux ; Bougon ville et Vaudreuil sauvèrent le reste de notre flotte, que Famiral anglais, malgré sa victoire, jugea prudent de ne pu poursuivre. Conduit en Angleterre, le comte de Gra** y fut parfaitement accueilli. On eut l'inhumanité de lai d.mwr des tètes, et il eut la faiblesse de les recevoir. Il entrait dam les calculs de l'amour-propre national anglais d'ajouter encore à l'éclat du triomphe en rehaussant outre mesure le mérite du vaincu ; et dupe de sa vanité, dn moins Fen accusa-t-on en France, le comte de Grasse consentit à être te lion du moment et à se laisser conronner de lauriers par les badauds de Londres, qui ne l'appelaient que le vafntmx Français. En France, au contraire, le déchaînement de l'opinion fut universel contre un homme qu'on aertra de ne pas avoir la dignité dn malheur. Les femmes portaient alors des croit à la Jeannette; c'étaient des croix dVw surmontées d'un cœur, symbole mystique du coite du s.tcti cœur de Jésus, mis à la mode par les jésuites. On en porta ù la de Grasse', elles étaient sans erewr. De retour eo France en août, il provoqua longtemps la nomination <Tna conseil de guerre chargé de prononcer sur sa conduite dans le malheureux combat du 12 avril. Tenu à l/nieut seulement en mars 1*84, ce conseil l'acquitta honorablement. Le comte de Grasse, intrépide marin, n'avait point les qu.dnVs d'un amiral. Admirable comme capitaine de Tais**»*. 1 manquait des études el de l'expérience nécessaires pour «e tenir k la hauteur de sa position comme chef d'e

GRASSEYEMENT, vice de la parole, qui soit à articuler dans l'arrière-bouche , on de toute autre manière défectueuse , la lettre r, soit à lui substituer le son d'une autre lettre, soit enfin k supprimer plus on nv«a> complètement cette consonne , comme le font sonvert tas Anglais et nos incroyables parisiens. Le grasseyement rr> p renient dit, ou rostaasme, du nom grec de ta lettre r, est le résultat de l'articulation défeetueese de cette eonww palato-linguale, dont le son sourd et désagréable est prodnn dans le gosier par les vibrations de la ba-e de la taugor. Cependant , lorsque le grasseyement est peu sensible, m lui trouve généralement quelque chose de doux et iT&crea ble, qui parait surtout plus gracieux dans la bouche sTuna femme : Fxminas verba balba décent.... deeet os toibut», dit Horace.

Nous divisons ce vice de la paro'c en six espèces prtneSpales, qui dilferent entre elles autant par le mécant*n* •?*> les produit que par le son qui en est le résultat lu» h

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