‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 4 sur 614 · FRESNEL I · texte numérisé non relu

FRESNEL I

fureurs, inscrivit son nom sanglant et déshonoré à coté du nom de Collot d'Herbois, qui était le Fréron de Lyon, comme Fréron était le Collot d'Herbois de Marseille.

Qui sait si tel homme qui avait battu des mains à la représentation de L'Écossaise ne paya pas de sa tète, sous Fréron le proconsul de Marseille et de Toulon , les applaudissements barbares dont il avait accueilli le nom du grand critique Fréron? Au fait, qui pourrait dire ce qui se passait dans l'Ame de Fréron le fils, quand enfin, après les longues années de son enfance, ces années chargées d'humiliations et d'insultes publiques, il se vit dans sa jeunesse un nom redouté à l'égal du nom de Marat T Au fait, cet enfant, qui avait été élevé dans le cabinet de Fréron le critique, qui avait vu son père nuit et jour au travail , dévoué toute sa vie aux principes conservateurs, ne recueillir de son ouvrage que les insultes et les moqueries de ceux même qu'il défendait; au fait, Fréron le fils, qui avait vu mourir son père sous les coups de la disgrâce du garde des sceaux Miromesnil , avait dû prendre en grande pitié et en grand mépris cette société misérable, qui était si peu reconnaissante, et qui se défendait si mal. Tant d'injures accumulées pendant trente ans sur la tète du père, et quelles injures! ont dû nécessairement retomber sur le cœur du lils; et comme c'était là, pour ce jeune homme sans croyance et sans fidélité, des injures sans contre-poids, comme en ceci il n'était pas soutenu comme l'était son père par la conscience de son courage et d'un devoir noblement rempli, on s'explique à peu près comment le fils de Fréron, cet enfant qui était né si doux et si humain , soit devenu féroce par le hesoin de venger son père. Ne vous étonnez donc pas de lui voir porter sur le peuple îles mains violentes ; ne vous étonnez pas .le le voir commander l'artillerie contre le peuple : ce jour-là il avait sons ses ordres un jeune officier d'artillerie qui avait nom Bonaparte, et qui avait pris Toulon à lui seul ; et là, au milieu du Champs-de-Mars , Fréron le fils mitraillait le peuple amoncelé ; et quand la mitraille eut brisé toutes ces tètes, une voix s'écria : Que ceux qui ne sont pas morts se relèvent, la patrie leur pardonne! Infâme guet-apens ! Cette voix, c'était la voix de Fréron; les malheureux qui . n'étaient pas morts se relèvent. « Feu ! » s'écrie Fréron : la mitraille recommence , et personne ne se relève plus ! En conséquence , le club de Valois décerna à Fréron le fils le titre de sauveur du midi I

Depuis ce temps Fréron fils eut des fortunes diverses à subir. De terroriste qu'il était, il se fit l'ennemi de Robespierre; Robespierre brisé, Fréron dénonça Fonquicr- Tinville, et enfin tous ses complices les uns après les autres ; en un mot, l'assassin de Toulon et «le Marseille se trouva bientôt à la téle de la réaction antl-Jacobinc. Il était thermidorien; il avait des partisans, qu'on appelait la jeunesse dorée de Fréron; puis enfin , quand la France arriva au 5 vendémiaire, Fréron redevint ce qu'il rivait toujours été, un mauvais agitateur, impudent et tremblant, un fils indigne de son père, un révolutionnaire vaincu dont on méprise la tête, moins que rien. Il alla mourir en 1802, à Saint-Dgmingue, sous les ordres du général Leclcrc, le mari de cette jeune et belle Pauline Bonaparte, que toute l'Europe adora depuis sous le nom de la princesse Bôrghèso. Chose étrange encore! Pauline Bonaparte était aimée de Fréron, et elle aimait Fréron arec l'autorisation «le son frère. On a encore les correspondances de Fréron et de Pauline. Bien plus , si Fréron n'eût j>as été marié, il épousait Pauline Bonaparte, et alors, au Heu d'aller mourir employé des vivres 3ous les ordres du général Le clerc, qui peut dire ce que serait devenu Fréron?

Jules Jamn.

FRÉROTS. Vogei FiXtUccllm. MU SA IE. Voyez Kktbaif..

l'RESXEL ( Aicisns Jea* 'y, physicien célèbre par ses l>elles recherchés sur la lumière, naquit le 10 mai 178», à Broglie ( Eure ), et après avoir fait ses études h C'aen, fut reçu de l»nnc heure à l'École Polvlechnkpie, d oit il sortit

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