FRÉRON
«arable sang-froid contre Voltaire, a adressé à Fréron une llretiolentcqui se termine par le mot le plus insultant. « Vous il-*, Monsieur, que vous vous enveloppât dans votre vertu : ne vous le conseille pas, vous auriez là un méchant manmu. t fct cependant, Fréron a tenu bon, et n'a pas ItcM un pas ; jusqu'à la fin il a persévéré dans la route qu'il était tracée. Au nombre de ses travaux il faut placer sa fense de l'ancien théâtre et sa constante admiration pour «trneille et pour Racine, et son opposition constante à cette rmoyante et lade comédie par laquelle on espérait remuer la comédie de Molière. Cest Fréron qui le premier a t>uvé la critique dramatique, comroeil atrouvéle style de la -itique littéraire. Fréron est le plus habile analyste de ce ■onde. Son coup d'<ril est prompt et sûr ; sa parole est rapide t vive ; il est peu facile à éblouir, et jamais homme ne s'est i*u\ tenu en garde contre les étincelles du faux bel esprit t les efforts grandioses du mauvais goût. Fréron sait par » ur tous tes modèles : ajoutez que c'est lui qui a formulé s droits de la critique; on écoutait, même en la maudissant, -tte voix importune de Fréron, parce qu'à tout prendre, ette voix disait la vérité.
Fréron était bien malade quand on vint lui apprendre oe ses ennemis l'emportaient enfin , et que le garde des ceauv. M. de Miromesnil, venait de supprimer le privilège 1 1 Année littéraire. A cetle nouvelle, Fréron, désarmé, s'a- •>ua vaincu pour la première fois ; cependant , il ne ressentit i indignation ni colère. * Ah ! dit-il , en s'eflorcant de sourire, ■-t là un malheur particulier qui ne doit détourner pervaae de la défense de la monarchie; le salut de tous est .tUclié au sien. ■ Disant ces mots, il baissa la téle, et mourut, iccablé de fatigues et d'ennuis, le 10 mars 1776. Au reste, I mourut à temps, quand la révolntion allait venir avec sa mth\e voix imposer silence à toute parole qui n'était pas 1 ur elle. Fréron emporta dans sa tombe le journal littéraire et la critique lilléralré. Après lui le journal devint une puissance politique; il ne t'était attaqué qu'à des écrivains, il s'attaqua à tous les autres grands pouvoirs : H passa <W la lliéorie des révolutions à la pratique des révolutions. Qu'aurait dit Fréron s'il avait pu prévoir les journaux de k Trrrtur, et si Marat, le père Duchesne, appuyant sur ">n épaule sa main chargée de sang et de barbarismes, fût >enu lui dire ; Salut et fraternittà mon confrère Fréron !
FRÉR05 ( Louis-Stanislas ) , né à Paris, en I7M, Gis ■lu précédent, eut pour parrain le roi Stanislas. Aussi, quoiqu'il n'eût guère plus de dix ans à la mort de son père, le Kitilége de r innée littéraire lui lut-il rendu, et II en jouit ju"]u en 1790; mais 11 ne prit que fort pen de part à la ré- •ketfc» , qui appartint surtout à son oncle Royoït et à l'abbé Geoffroy, M futur collaborateur du Journal des Débats, hune homme dé fêtes et de plaisir*, il ne marcha pas. du tste, sur les tracés de son père. Enfant et dans les bras de ■ mère, Fréron lè fit* avait pu apprendre ce qu'il en coûle Jour détendre la société cdhf re ceux qtii l'oppriment, et combien c'est dée triste position de défendre plus grand que m. Il est donc pardonnable de n'avoir pas voulu continuer ton père, et d'avoir pris le parti le plus facile et le plus kw>oré. Malhêureiisenicttt , l'ancien condisciple de Robes-
Ëa Lbdls-le-Gfànd ne fut pas un simple révolutionnaire, t aller li révolution, qu'on ne pouvait plus contenir; -B révolutionnaire fanatique, impitoyahle, sanguinaire, i le croirait? ta gtoiré dè M. ir.it empêchait Fréron do rmlrl Pour contre- balàrice'r T Ami du Peuple, Fréron Mi* L'Orateur âtt Peuple, cl là il s'abandonnait à fous les rnbles excès d'un homme naturellement timide, et qui k «ait pal s'àrrêtèr «fans sa cruauté, parte qu'il ne sail pas Arrêter dans sa fimîesse. Enfin , noiir tont dire, le fils de l'éron. le grand critique, dubliant I la fois son |>ère et le *<>hk exemple qu'il.lui avait donné, vola la mort du roi, bienfaiteur, et il osa s'en vanlcr plus tard! Et c'est ce nie Fréron , fils de Fréron le critique, que la Convention O'oja à Marseille comme un instrument de mort; èt là, Fréron k fils, «'alwndonnant <le nouveau à ses