‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 418 sur 614 · GRENADE · texte numérisé non relu

GRENADE

(punica granalum), dont les fleurs sont en général d'une si vive couleur. Aux Antilles et à la Guyane, on (ait des baies «le clôture avec le grenadier nain ( punira nana , Linné ) , qui n'a que 0™,30 à 0m,40 de haut. La fleur du grenadier se compose d'un calice d'une seule jaèce, en cloclie, à cinq segments peu profonds, aigus, colorés, persistants; d'une corolle à cinq pétales arrotiilis, droits, courts , insérés sur le calice ; de nombreuses é lamines a filets capillaires plus courts que le calice, à anthère* allongées ; d'un pistil à ovaire inférieur, à style simple, à stigmate en tête. Le grenadier cultivé est un arbre sans odeur, mais dont les fleurs doubles font un des plus twaux ornements des jardins.

Les fleurs et l'écoree de la grenade sont styptiqoes et peuvent servir à tanner les cuirs ; les fruits sont utiles en médecine comme rafraîchissants. Les fruits appelés grenades, les écorce* et les fleurs séchécssont donc employés par les médecins pour remplir des indications très-différentes; mais l'utilité de ces parties du grenadier a été dépassée de beaucoup dans ces derniers temps par l'écoree de la racine du même arbre, dont l'usage s'est surtout répandu pour détruire et expulser le ver solitaire. La décoction de cette écorec fraîche, prise méthodiquement et à une dose

fois si difficiles à détruire. Par com|>cnsatiou d'une saveur horrible et d'une action assez énergique sur le tube digestif, récorce de racine de grenadier mérite à cet égard sa réputation héroïque. Dr S. Smtoras.

GRENADIER (Art militaire), nom donné autrefois au soldat qui jetait des grenades, et aujourd'hui aux I tommes d'élite des régiments d'infanterie. C'est en France que cette institution a pris naissance. Aux quatorzième, quinzième et seizième siècles, on donnait le nom d' e n/a nts perdus MX soldats d'élite. On les arma de grenades lors de l'invention de ce projectile, et on les employa dans les sièges à lancer 4 la main cette arme meurtrière. Les premiers soldats qui portèrent le nom de grenadiers parurent dans l'armée française en 1667. Ils appartenaient au régiment du Roi. 11 y en avait 4 à 6 par compagnie. On choisissait |K»ur ce service périlleux les hommes les plus braves et en même temps d'une taille élevée, afin qu'ils pussent lancer aisément la grenade par-dessus les retranchements. Ils portaient une liachc, un sabre et une grenaditre, ou sac de cuir, contenant 12 à 15 grenades. Les services qu'ils rendirent dans les campagnes de 1667, 1668 et 1660, les firent réunir en une comjiagnie, qui prit le nom de compagnie de grenadiers. Lorsqii'ea 1671 le mousquet fut remplacé |wr le fusil, on donna cette arme à une grande partie des grenadiers. Eu 1672 les trente premiers régiments d'infanterie eurent chacun une compagnie de grenadiers, puis tous les régiments, et enfin chaque bataillon. En 1745 les compagnies de grenadiers des bataillons de milices formèrent sept régiments, auxquels on donna le nom de grenadiers royaux, et à la réforme de 1749 quarante-huit compagnies des régiments licenciés formèrent le corps des grenadiers de France, si connu dans nos fastes militaires par sa brillante valeur.

Dès qu'il y eut un si grand nombre de grenadiers, on oublia leur origine, et ils ne furent plus exercés au jet de la grenade. Depuis l'organisation de 1791 jusqu'à nos jours il y a toujours eu une compagnie de grenadiers en tète de chaque bataillon d'infanterie de ligne. On les nommait carabiniers dans l'infanterie légère. L'infanterie de la garde du Directoire ne se composait que de deux compagnies de grenadiers ; la garde des consuls en eut deux bataillons; l'ancienne garde impériale comptait des régiments de grenadiers à pied ( vieille garde ), de grenadiersfusiliers, de flanqueursct tirailleurs-grenadiers, cl de conscrits-grenadiers ( jeune garde ). La garde impériale actuelle n'a que deux régiments Se grenadiers à pied. Pendant les guerres de la révolution et de l'empire, on a souvent réuni les grenadiers de la ligne en division et en corps d'armée. La France se wppelle les services rendus dans les

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premières campagnes d'Autriche par le beau corps de grenadiers d'Oudinot, et de ceux des grenadiers réunis eu 1832 au siège d'Anvers. Le corps royal des grenadiers de France, organisé en 1814 avec les detiris des régiments de grenadiers de la vieille garde, Ht retour à ses anciens drapeaux en 1815.

Louis XIV avait créé en 1676 une compagnie de grenadiers à cheval, qui, quoique destinée à marcher et à combattre à pied et à cheval en tète de la maison du roi, n'en faisait cependant point partie. Cette compagnie , supprimée en 1775, fut rétablie en 1789, et licenciée en 1792. Les grenadiers a cheval reparaissent avec éclat dans la garde des Consuls cl dans la garde impériale, où ils ne formaient qu'un régiment. Dans l 'organisation de la maison du roi en 1814, on comptait une compagnie de grenadiers à cheval, qui ne (ut pas rétablie en 1815. Il y avait, en outre, dans la garde royale deux régiments de grenadiers à cheval, qui disparurent avec elle à la révolution de 1830.

Les grenadiers ont toujours été choisis parmi les hommes de haute taille, ayant servi, et réunissant les qualités qui font le bon et brave militaire. Entrer dans les grenadiers a été de tout temps un honneur et une récompense. Le grenadier jouit d'une solde plus forte que celle du fusilier; il porte des marques dUtinctives qui le flattent; il est fier de f-a grenade, de ses épaulettes rouges et de son sabre , qu'il ne quitte jamais. Les grenadiers portaient autrefois le bonnet à poil. Aujourd'hui , à l'exception des deux régiments de grenadiers de la garde, qui l'ont repris, leur coiffure ne diffère pas de celle des fusiliers. Dans la garde nationale de Paris, les grenadiers avaient conservé le bonnet d'oursin jusqu'à la république de 1848, qui abolit dans leurs rangs cette coiffure, en supprimant les compagnies d'élite, ce qui, par parenthèse, occasionna une émeute fort ridicule. Dans l'année , les grenadiers de service occupent les postes d'honneur.

La Prusse est la première nation qui ait imité nos grenadiers. Après elle, toutes les puissances ont voulu avoir les leurs; et cet exempte s'est répandu dans l'Europe entière et même dans les autres parties du monde. E. G. de Mosclavk.

GREXAD1LLE, genre de plantes originaires d'Amérique, dont les espèces sont aussi nombreuses que variées et qui attirent les regards par la Tonne singulière de leurs fleurs. Leur tige est sarmenteuse, ligneuse et grimpante, pourvue de vrilles axillairea; elle peut à l'aide d'appuis s'élever à une grande hauteur. Les feuilles, simples ou lobées, ou même palmées, ont un pétiole garni de glandes ou de longues vrilles roulées en spirales. Les fleurs ont un calice dont la base a la forme d'un godet qui s'évase et se divise en cinq parties colorées. La corolle est composée de cinq pétales lancéolés, et qui égalent en longueur les divisions du calice. Entre elle et l'ovaire, qui s'élève au centre sur un support droit et cylindrique, on remarque une triple couronne de filets longs et inégaux. Le pistil, surmontant l'ovaire, porte à son sommet cinq étamincs divergentes à anthères penchées; il est couronné par trois styles en rayons terminés chacun par un stigmate globuleux. On a cru trouver dans ces diverses parties de la fleur les instruments qui ont servi à crucifier Jésus-Christ : de là l'origine de lYpithùte fleur de la Passion , et le nom latin du genre , passiflora. Les divisions du calice et de la corolle sont les lances; le triple rang de filets , c'est la couronne d'épines , et d'autant mieux que leurs extrémités sont souvent de couleur purpurine, qui rappelle celle du sang; les styles qui terminent le pistil sont les clous, et les anthères sont les marteaux qui ont seru à les enfoncer. Un peu de complaisance est nécessaire pour que cet inventaire soit réputé bon et valable; il faut en apporter Ici, comme de la foi dans d'autres affaires.

L'ovaire se change en une baie charnue, recouverte d'une tunique plus ou moins solide, rappelant par sa forme, par les graines qu'elle contient et par leur mode de logement le fruit appelé grenade.

On complc aujourd'hui plus de soixante esoèces de gre-

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