‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 425 sur 614 · GRÉVY · texte numérisé non relu

GRÉVY

jeté , que le chemin «k fer <k Lyon tel exécuté par l'État Président d'une petite réunion de représentant», il fut plu* Rieur* fois vice-président de l'assemblée. Le coup d'État du 2 décembre l'a rendu au barreau. L. boovrr.

iiREY. 11 eiwte en Angleterre deux familles aristocratique» de ce nom : la famille De Grey, et U famille Grey.

La première rattache son origine à Rolton , chambellan du duc Robert de Normandie , qui reçut à titre de nef le cbaleau de Croy en Picardie, et m qualifia alors de seigneur de Croy. L'un des descendants de ce Rolk>n de Croy aurait suivi Guillaume le Conquérant en Angleterre , ou avec le temps son nom s'est changé en celui de Grey ( qu'un écrit quelquefois Gray). C'est à cette famille qu'appartenait JancGray, qui occupa pendant quelques jours le trône d'An- {déterre a la mort de Henri VIII. Le comte de Grey actuel, né le 8 décembre 1781, remplit de 1**4 à 1834 les fonctions de premier lord de l'amirauté, de 1841 à 1844 cèdes de vice-roi d'Irlande, cl reçut en 184» le cordon de la Jarretière. U est aussi lord lieutenant du Bedfordshire, où il possède le château et la terre de Weasl-Mouse, l'ancien domaine héréditaire des de Grey.

La seconde famille Grey, les Grey de Chillingham et d'Huv ick, est une maison du Northuroberland datant du treizième siècle. Sir John Grey, qui rivait en 1372, fut le père de sir Thomas Guby de Cbillingham , qui épousa une like de John Mowbray , duc de Norfolk , et mourut en 1402. Son (ils atné, John, Ait créé comte de Tankervilte en Normandie-. De son fils cadet, Thomas, descendaient la famille des lords (ïrryrfe Werhe, éteinte en 1706, etairitotfnrdGrey de Howick ( mort en 1632 ), dont l'arrière-petit-lils, Henri, fut crée baronet en 1746. Son quatrième fils fut sir Charles Guey, né en >720, qui entra de bonne heure au service, se distingua dans la guerre tle sept ans un qualité d'aide de camp du prince Ferdinand de Brunswick , servit ensuite en Amérique , et fut promu eu 1782 au grade île lieutenant général. Appelé en I7u4 au commandement en chef de l'armée des Indes occidentales, il opéra de coocirt avec l'amiral Jervis, et s'empara de la plus grande partie des possessions françaises dans les Antilles. Eu 1801 U lut créé lord Grey de Howick, puis en 1800 vicomte de Mowicî ot comte Grey. Il mourut le 14 novembre 1807*

[GREY (Charles, comte), fils aloé du précédent, naquit le 13 mars 1764, au château de Fallowden, appartenant a sa famille, et situé près d'Alnwick , dans le NortluimU rlari'l. A sa sortie de l'université, il entreprit le tour de l'Europe , et revint en Angleterre en 178*. U fut iiwnédiatemeut élu membre de la chambre basse pour le comté de Northumberland. Bien qu'abordant la scène politique à une époque où l'éloquence parlementaire avait atteint son apogée, puisque Burke, Fox, Pitt, Sfaeridan et Wiodham brillaient alors dans notre sénat, Grey parvint à se faire remarquer dès ses débuts. Son premier discours eut pour objet la discussion d'un traité commercial entre 1 Angleterre et le continent. En [teu de temps il acquit dans la chambre im crédit tel, qu'il fut appelé à faire partie du comité chargé do suivre la célèbre accusation dont M ast i n g s fut l'objet. Phistaxdil fonda avec Lauderdale, Erskinc et Wl.itbread ht Société des Amis du peuple, dont le but était la réforme du parlement. Dévoué ainsi cor\» et Âme au parti whig, il ne faut pas s'étonner qu'il ail appuyé la politique de l'opposition, qui consistait a soutenir l'impératrice Catherine contre le sultan. Pilt voulait déclarer la guerre à la Russie, pour affaiblir cette puissance, dont l'accroissement l'inquiétait. Mais, contrarié par une majorité parlementaire de 83 voix , il abandonna son premier projet. Les événements ont prouvé depuis que Pitt était dans le vrai ; et assurément, s'il y a quelque chose à déplorer dans la conduite politique de lord Grey, c'est son vote relatif à l'occupation d'Ockzakow.

En 1791 Grey fit de louables tentatives pour améliorer la condition des prisonniers pour dettes et pour introduira dans la loi des disjwsition* favorable* au débiteur u

— ORKY

roux. Ko 1793, à l'occasion du vote de l'adresse, i les mesures du gouvernement, H proclama de nouveau n sein du parlement la nécessité immédiate de la réfonu parlementaire.

Il condamnait hautement la guerre contre la France. Né» i, les hostilités une fois commencées, ni loi ni ses amis ne liront rien qui pot affaiblir les ressources matérielles <hi gouvernement. En 1796 il proposa une adresse an roi pour l'engager A traiter avec ta Fiance. En 1799 il pronoop un long discours en faveur de l'union législative entre l'Angleterre et l'Irlande, mesure a laquelle U s'opposa en 1800- Durant la même session il proposa, pour la troisième fois, le plan de réforme parlementaire dont il poursuivit ensuite constamment la réalisation , et qui pour h troisième fois lut encore repoussé par une immense majorité. En 1801 lord Grey se prononça contre la guerre aT«c la Suède et le Danemark, et protesta avec chaleur roc 1m l'application à l'Irlande du séditions meetings btll. Les négociants de Stockholm, reconnaissants, lui déterwrent une médaille portant l'inscription suivante : « Au ootmopolite vertueux , défendant avec énergie les droits nantîmes des nattons devant l'assemblée du peuple britannique. »

A la mort de Pitt , Grey, comme un des chefs de l'osposition , fut créé par Fox (qui succéda à son rival Pitt comme premier ministre) premier lord de l'amiraatë. F«» n'occupa que quelques mois sa haute position. La mort l'enleva à la Un de 1806. Grey le remplaça aux affaires étrangères, et dirigea pendant un court espace de temps l'a*»nislration du pays. En 1807 il proposa, comme ministre, m bill pour l'émancipation des catholiques ; mais le roi *> opposa, et Grey donna sa démission. Bientét aprèi, il succédait à son père dans la chambre des pairs.

En 1810, le comte Grey blâma avec une juste aértrile l'expédition de Flessingue. A cet égard il eut raison; nu* les événements se chargèrent de donner tort A son opposition aux expéditions d'Espagne et de Portugal. Pendant ks sessions de lst2 à 1814, lord Grey se montra en to»"> occasion l'éloquent défenseur des catholiques. En 1*1* " demanda des explications concernant les traités qu'on a)M ratihor , spécialement sur les négociations rotatives an» frontières de l'Italie et de la Pologne. En parlant delà malheureuse Pologne, Grey exprimait combien il déplorai le sort de cette nation si chevaleresque. Après le retour * Napoléon de l'Ile d'Elbe, le noble pair voulait que son p»J> se bornât à garder la défensive; on sait que ses génère»ses intentions ne furent point suivies. Lorsque C*am arriva au pouvoir, Grey se sépara de tons ses ami» poHtiq**, du due de Devonshire, des lords Lansdowne, CerlWt Holland, de MM. Brougbam, Mac-Intosh , et même de m beau fils, M. Lambton. Tous Us prêtèrent leur akk » ministère Canniug; tandis que Grey le combattit • plus grande amertume; hostilité qui a lieu de sorpr-wnet qu'il faut expliquer par des motifs personnels. Basesur des froissements d'amour-propre, celte hosUlilé de»*" néra bientét en une opposition passionnée, indigne, il le dire, et des antécédents et du caractère de Grey ainsi qu'il contribua avec le duc de Wellington a fair'1 rçr ter le bill sur les céréales présenté par Canning ; "» qui fut aussi applaudie par les ultra-tories que blinx" ||J les libéraux. Le duc de Wellington, devenu premw », nistre en 1829, offrit une place dans son cabinet a Grey ; mais celui-ci la refusa, ce qui ne Pem pécha pas ^ fendre le projet ministériel pour l'émancipation «s tholiques. . wj

Après la dissolution de l'administration du duc do n lirifiton, lord Grev fut nommé premier lord delà W^JJ: Il prit pour ilerisé : Réforme, économie, non-interte*

et s'il est juste de reconnaître qu'il se conforma

ment aux deux premiers principes qu'il avait ioscrtl* sa bannière, il faut bien avouer aussi qu'il respeclau r moins celui delà non-intervention. Quoiqu'il en «*,

GREY — GR1B0JED0F

tolre dira de lord Grey que c'est à ce ministre que l'Angleterre doit le Mil de réforme, l'émancipation des Noirs , la la liberté du commerce avec les Indes, et bien d'autres réformes opérées dans lè système de la législation de même que dans l'organisation municipale. Comme ministre , il promit beaucoup, et tint jusqu'à un certain point ses promesses. Sans aucnn doute il eût fait beaucoup plus si ses loy-iles intentions n'avaient pas rencontré tant d'obstacles à l'intérieur et au dehors du cabinet.

A partir de ts3«, Grcy, arrivé à l'âge de soixante-drx an*, crut que le moment rte la retraite avait sonné pour lui. Il renonça alors à peu près complètement au* affaires. Deux ans auparavant, il avait donné sa démission comme ministre dirigeant et avait été remplacé aux affaires par lord Melbourne. Depuis lors il ne prit la parole dans la chambre haute qu'en de très-rares occasions, et il mourut le 17 juillet 16*5.

Comme orateur parlementaire , lord Grey fut sans rival, non qu'il fût aussi doux , aussi spécieux, aussi casuisfe, aussi apte à jouer un rolp, que l'était Robert Peel; mais il avait une grandeur de vues , une sincérité , une droilure , une bonne roi, une franchise, que Peel ne posséda jamais. Grey n'avait pi* non plus la dextérité astucieuse et dangereuse de lonl Stanley (lord Derby), sa mauvaise humeur, si mordante et si tranchante; mais en revanche il avait plus de dignité, plus de retenue, plus de mesure et d'usage. Moins diffus que lord Broughara, il n'avait ni l'humeur satirique ni la raillerie poignante de l'illustre jurisconsulte , mais son style était beaucoup plus clair et plus net : il n'était jamais vulgaire, ni familier, ni personnel. Lord Grcy était surlout admirable dans ses répliques. Il semblait alors renverser ses ennemis sans peine comme sans préméditation. J'attribue ce don merveilleux en partie à sa promptitude et h sa pénétration dVsprit, et en partie à l'habitude qu'il av il d'envisager son sujet sous tous ses aspects. Dans sa vie privée , lord Grey fut l'homme le plus aimable et le plus recommandable. Sa taille était distinguée, son maintien noble, et ses traits éminemment aristocratiques. Dans sa jeunesse, il avait été d'une rare beauté. Les anciens sages de la Grèce ne furent point sages tous les jours, et lord Grey, lui aussi, eut son cOté faible. Longtemps renommé pour sa galanterie, il réussit auprès de feu la duchesse de Devonslure, lorsqu'elle était obsédée par le prince de Galles, devenu plus lard Georges IV. 11 avait épousé, en 1794, la fille de lord Ponsonby,de laquelle il eut treize enfants.

A.-V. Kirwaji, avocat près la cour du Qu«m's Beneh, à Londrri. ]

GREY ( Heuu-Gkorceb , III* comte), fils aîné du précédent, connu précédemment sous le nom de lord flowik, est né le 28 décembre 1802. Il entra au parlement dès 1829 comme représentant delà ville de Wincbelsea. Plus tard il fut élu par le comté de Northnroberland. Pendant l'administration de son père il remplit les fonctions de sous-secrétaire d'Etal pour les colonies; et jusqu'au renversement du cabinet Melbourne en 1834, il y occupa celle de sous -secrétaire d'État de l'intérieur. Lorsque les wliigs revinrent aux affaires l'année suivante, lord Howick fut nommé secrétaire pour le département de la guerre avec siège au conseil , emploi qu'il résigna en 1839, par suite de dissidences survenues entre lui et ses collègues. 11 avait hérité du titrect du siège de son père à la chamre haute, quand, en 1846, il fut appelé à prendre le portefeuille des colonies dans le ministère constitué alors sous la présidence de lord John Russcll. Dans ce poste , il fit preuve de talents incontestables, mais par son opiniâtreté et par son orgueil aristocratique il se rendit très-impopulaire ; et la conduite qu'il tint à l'égard des colonies, de même que la direction malheureuse qu'il donna à la guerre contre les Caftes furent l'objet des blâmes universels; aussi le considéra-t-on comme la cause première et principale de la chute du cabinet de de lord John Russell en 1852.

GREY ( sir Georces), cousin du précédent, né en 1799, a

' Gibraltar, où son père remplissait les fonctions de commissaire ordonnateur de la marine. De juillet 1846 à février 1852 i il tint le portefeuile de l'intérieur dans le cabinet de lord I John Russell. Sans posséder des talents transcendants , il 1 n'a pas laissé, comme ministre, de faire preuve d'une rapa- ! cité réelle; et par ses manières conciliantes il s'était acquis I les sympathies et l'estime de tous les partis.

GREY ( Jase ). Voyez Gray ( Jane ).

i GHEYTOWN. Voyez Nicaracua.

GRIBEAUVAL ( Jeas-Baitistr VAQUETTE m-), célèbre ingénieur et officier d'artillerie, né le 1 5 septembre 1715, à Amiens, entra en 1732 dans l'artillerie, et était parvenu en 1735 au grade d'officier pointeur, lorsque le ministre de la guerre tTArgenson l'envoya à Berlin avec mission de ' lui faire un rapport sur l'artillerie légère de régiment introduite par Frédéric II dans son armée. Non-seulement il s'acquitta de cette tâche avec la plus grande exactitude, mais il présenta encore au ministre plusieurs mémoires importants sur l'état des frontières et des places fortes des 1 pays qu'il avait parcourus. Nommé lieutenant-colonel eu 1767, il entra à peu de temps de là, avec l'autorisation du roi, au service de l'Autriche, avec le grade dégénérai et le I commandement supérieur du corps d'artillerie et des mi- ■ neurs. C'est surtout grArc aux dispositions qu'il prit lors du siège de Glati, que cotte place importante put être enlevée aux Prussiens. Dans l'art de miner les places, Griheauvai ! avait des principes à lui, tandis que le système de Bé I i d o r , 1 que Frédéric le Grand lui-même suivait avec une confiance absolue, était généralement adopté. Ce fut eu 1762, à la défense de SchweidniU, l'un des remparts de la Silésie, qu'il fit le premier essai de son système de mines ; il défendait cette place sous les ordres du icldzeugincistcr ! Guasco contre Frédéric II en personne. Le roi fit jouer quatre grandes mines d'après les principes de Bélidor, autrement dites globes de compression; mais les excellentes contre-mines pratiquées par Gribeauval en annulèrent chaque fois l'effet; et partout où le roi de Prusse attaquait souterrainement ses ennemis, il rencontrait des contre* moyens employés par l'assiégé avec une grande supériorité, de telle sorte qu'une place enlevée en deux heures l'aimée précédente par les Autrichiens coûta à reprendre soixantetrois jours de tranchée ouverte au roi de Prusse. Déjà, épuisé par tant d'efforts, il désespérait du succès; déjà même les ordres étaient donnés pour lever le siège, quand une bombe heureusement laucée vint complètement changer la face des choses. Elle amena l'explosion d'un vaste magasin de poudre, et par suite, l'ouverture d'une brèche praticable. Alors les Autrichiens durent capituler. Gribeauval devait être présenté avec les autres prisonniers à son royal adversaire ; mais, dans un premier moment de dépit, le roi refusa de voir l'homme dont le talent l'avait vaincu. Toutefois, Frédéric le Grand ne tarda pas à revenir à des sentiments plus dignes de lui. Il manda Gribeauval à son quartier général, l'invita à dîner à sa table, et le combla d'éloges.

L'impératrice Marie-Thérèse nomma Gribeauval feldmaréchal-lieutenant. Au rétablissement de la paix, il revint en France, où il rendit des services signalés dans tout ce qui a trait au génie et aux fortifications. En outre, la France adopta sou système d'artillerie. Nommé d'abord maréchal de camp, il fut créé lieutenant général en 1765 ; mais il tomba à quelque temps de là en disgrâce. A son avènement au trôue, Louis XVI le nomma gouverneur du grand arsenal de Meti. Il mourut le 9 mai 1789. H avait organisé le corps des mineurs et perfectionné les manufactures d'armes, les forges et fonderies des arsenaux. Les officiers de son arme l'ont surnommé le Vauban de VarMUrie.

GRIKOJi: I>OF (Nicolas), poète et diplomate russe, né vers 1794, i Moscou, entra de bonne heure au service, et occupait un emploi au ministère des affaires étrangères à Saint- Péterbourg , lorsqu'une aventure fâcheuse le contraignit à se rendre en Géorgie. Irrité par diverse.* mortifk

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cations qu'il avait essuyées dans la haute société ras.se, il composa pendant son séjour en Asie ses Inconvénients de l'Instruction, comédie qui n'était pu son coup d'essai dramatique; car, familier arec les littératures anglaise et française , il avait composé déjà dans sa jeunesse plusieurs pièces de ttioàtre. Dans cet ouvrage (dont le véritable titre, assex difficile à traduire , est en russe : Gare at uma ), dans cet ouvrage, disons- nous, demeuré l'un de* meilleurs du thr.Uro national, parce que la vie de la société russe y est peinte au naturel, il a représenté avec une ingénieuse On esse et une mordante ironie les travers des classes à moitié instruites. Après avoir circulé manuscrite pendant près de neuf années , parce que, en raison des vives attaques qui s'y trouvent contre l'état de choses existant en Russie, l'auteur ne Jugeait pas prudent de la remettra à la censure , cette comédie fut imprimée après sa mort et représentée en 1837 avec autorisation spéciale de l'empereur, après qu'on en eût supprimé toutefois les passages les plus scabreux. Bien que les Russes témoignent de la plus vive admiration pour un ouvrage qui à leurs yeux a le grand mérite de peindre avec une ironie pleine de vérité les vices et les travers de leur état social , il faut bien avouer que comme œuvre dramatique les Inconvénients de rinstruction répondent assez mal aux idées qu'on a en matière de théâtre dans les pays dont la littérature est plus riche et plus avancée.

Gribojedof fut un moment soupçonné d'avoir pris part à la conspiration du 14 décembre 1825. Après s'être complètement disculpé* Saint-Pétersbourg, il fut envoyé en 1829 en qualité de ministre plénipotentiaire auprès de la cour de Téhéran , à cause de ses talents et de la connaissance de la langue persane qu'il possédait; mais il périt assassiné en même temps que tous les Russes qui résidaient dans cette capitale, le 12 février 1829, a la suite de l'irritation produite dans les masses par les conditions humiliantes de la paix imposée alors a la Perse par la Russie.

GRIEFS} en latin grava mina, atteintes ou lésions graves contre lesquelles on réclame. Dans le langage ordinaire, les griefs sont les faits allégués par un plaignant pour jusliiier une plainte et les demandes reconventionnelles dont elle peut être l'objet. Dans l'ancien droit français, on donnait aussi ce nom aux différents chefs d'appel qu'on proposait contre une sentence. Aujourd'hui encore le Code de Procédure détermine les délais dans lesquels doivent être signifiés les griefs d'appel. Dans l'ancien droit public allemand, par gravamina ou griefs on entendait les plaintes des états provinciaux au sujet des dénis de justice ou bien des abus administratifs, Cest ce que chez nous on appelait les doléances . On donna aussi plus particulièrement la dénomination collective de gravamina nationis Germant» aux plaintes des peuples allemands à l'égard des abus et des usurpations de pouvoir de la cour de Rome. En 1522, cent de ces gravamina ou griefs furent signifiés au pape, et immédiatement imprimés à Nuremberg.

GRIFFE. On donne ce nom aux ongles crochus de certains mammifères carnassiers et des oiseaux de proie. Une légère analogie de formes a fait nommer griffes les acines de la renoncule des jardins.

GRIFFES DE GIROFLE. Voyez Gmovu.

GRIFFON. C'est le nom d'un animal fabuleux de l'antiquité, qui suivant la tradition ressemblait pour la grandeur et la force au lion, avait quatre pattes garnies de redoutables griffes et était pourvu de deux ailes ainsi que du bec crochu d'un oiseau de proie. Ce qu'il y a de certain en tout cas, c'est que l'idée de l'existence d'un tel animal vint d'Orient en Occident, et que la représentation en devint dès lors commune dans les arts. On trouve des figures de griffon sur les vases de terre les plus anciens avec d'autres figures de fantaisie, et Aristée est le premier qui, vers l'an Mo avant J.-C , en ait fait mention comme d'un animal chargé de veiller à la garde de l'or dans les profondeurs du nord de l'Europe, en Scythie, où il est en lutte continuelle avec les arimmpes, race d'êtres a un seul œil. Suivant

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