V. Darhoci
Les tableaux de Greuxe ont maintenant un grand prix dans les ventes. Une Jeune fille en buste tenant une colombe fut acltttée 36,000 Irancs par un Anglais, en 1847. ta même année lord Hertford payait 24,000 francs un autre Greuze provenant de l'ancienne galerie BoursaolL En 1851 , une Sainte Madeleine de Greuze était adjugée à 8,000 francs.
18&3, une tète de jeune fille, intitulée La Prière, se vendait encore 2,500 fr. L. Loovrr.
GREVE 9 pièce d'une armure complète, espèce de gamache de fer, qui enveloppait la jambe des guerriers armés de pied en cap. Le mot grève vient du bas latin, à ce que dit Du Cange : cette langue appelait greva la jambe, ou une partie de la jambe. Les autres étymologistes veulent que le mot grève ait signifié soit le gras , soit le devant de la jambe. Le mot est resté dans le patois bourguignon avec ce dernier sens. On a regardé comme synonyme, en fait d'ar» chéologie militaire, grèves et jambières ; mais il convient plutôt d'appeler jambières les parties défensive* du costume de guerre des anciens, et grèves les jambières des chevaliers et des gendarmes du moyen puisque le latin barbare a appelé celte partie gamberia ou gambiera. Dès les temps héroïques, si l'on en croit Homère, Polybc, Tite-Live, les bottines grecques, qui s'appelaient cnémides , étaient de métal. Un de ces auteurs en attribue l'invention aux Cariens. Les jambières des Latins étaient une arme défensive d'infanterie; il n'y avait qu'une jambe qui en fût garnie : c'était la jambe la plus avancée dans l'attitude de l'escrime; le bouclier défendait l'autre. Mais comme le genre d'escrime et la position des jambes ont varié, si le soldat combattait avec la pique ou avec l'épée, les différentes troupes ne chaussaient pas de fer la même jambe. La grève , abolie dans l'infanterie grecque par l'empereur Maurice, vers la lin du sixième siècle, resta oubliée jusqu'aux époques du moyen Age, où l'art du tréfilier et de l'aubergeonnier concoururent h compléter le système des armes défensives. Suivant plusieurs opinions, c'est depuis 1330 seulement que l'armure à haubert s'accompagne de grèves ou de devants de grève; ce dernier terme est mentionné dan s une ordonnance de Henri II,
- GRÉVY Sft<
rendue en 15S9. Les deux pièces de la grève s'unissaient , et s'attachaient au moyen de charnières , de boutons tournants, de frérnaillets, de crochets : la grève, la pièce dernière ajoutée à l'armure de fer plein , en fut retranchée la première ; elle était abandonnée sous Louis XHl.
, C Biroin.
GREVE. On désigne par ce mot les bords des rivières ou des mers que les basses eaux laissent à découvert et qui sont couverts, soit degravier, soit de galets, soit de gros sable. On a lougtemps désigné a Paris sous le nom de grève la partie du rivage de la Seine qui avoiaine l'hôtel de ville. La place de l'Hôtel-de- Ville s'est longtemps appelée place de Grève, et c'est là que se firent les exécutions capitales jusqu'à te révolution de Juillet. La Grève s'étendait alors jusque sur le port au blé, du coté du pont Louis- Philipi>e, à l'endroit où se trouve aujourd'hui le quai exhaussé de l'Hdlel-de-Ville. Auparavant, la Grève était souvent inondée et la circulation interrompue.
C'était de temps immémorial, comme c'est encore de nos jeurs, à la Grève que se réunissaient le matin les ouvriers en bâtiment , à l'effet de s'y renseigner mutuellement sur les travaux en voie d'exécution , et de s'y faire embaucher par les divers entrepreneurs ayant besoin d'un plus grand nombre de bras. Dans ces derniers temps , les questions relatives à une plus juste répartition, entre les maîtres et les ouvriers, des fruits du travail commun et à l'élévation uns salaires, qui en est le résultat inévitable, se sont surtout agitées dans ces groupes , ordinairement inoffensifs , de travailleurs demandant avant tout à vivre en travaillant , ce qui par le temps qui court n'est pas toujours cliose facile. Trop souvent du choc des intérêts ainsi mis en présence ont surgi de fàcheu -es coalitions, qui ont eu pour résultat de suspendre tout travail. Ces interdits lancés sur tous les ateliers et chantiers ayant pour résultat d'amener encore plus d'ouvriers que de coutume sur la place de Grève, l'usage s'est établi, dans les divers corps d'état, d'appliquer le mot grève, à toute interruption du travail provenant des coalitions; et l'on dit aujourd'hui faire grève , se mettre en grève, pour désigner que telle ou telle catégorie de travailleurs met pour condition à la reprise du travail le redressement préalable des griefs dont elle se plaint, et qui presque toujours se résument en demandes d'augmentation de salaire. 11 est bien rare, du reste, que les grèves amènent le résultat cherché , les maîtres ayant toujours plus de capitaux à perdre que les ouvriers, et les machines venant toujours trop facilement remplacer les bras.
GRÉVY (J cles, ou plutôt l RXîsçoiS-JoDrra-PACi. ), avocat, ancien représentant du peuple, né à Mont-sous-Vaudrez, en 1810, de parents cultivateurs, fut élevé au collège de Poligny, et vint faire son droit à Paris. En 1830, encore étudiant, il prit part à U révolution de juillet et se signala alors à l'attaque de la caserne de là rue de Babylone. Inscrit au tableau des avocats en 1837 , il détendit plusieurs accusés dans l'affaire des 12 et 13 mai 1839. Cependant ses opinions se modérèrent, et il occupait une certaine position au Palais lorsque éclata la révolution de Février. M. Ledru-Rollin le nomma aussitôt commissaire du gouvernement dans le département du Jura. Choisi le premier pour représentant à P Assemblée constituante par ce département, il fit partie du comité de U justice, et attacha son nom à un amendement à la constitution qui repoussait le principe de la création d'un président de la république, et ne voulait qu'un conseil des ministres nommé et révoqué à volonté par l'assemblée. Cet amendement fut rejeté par 643 voix contre 158. Partisan déclaré du général Cavaignac, il vota constamment contre le gouvernement du 10 décembre, et nommé rapporteur des diverses propositions ayant pour objet la dissolution de l'Assemblée c o nstituante,illes combattit de toutes ses forces. Réélu le premier dans le Jura à r Assemblée législative, il vota avec l'extrême gauche, parla en faveur de la liberté de la presse, contre la loi relative à l'état de siège, et demanda par un amendement qu'il fut rc-