‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 448 sur 614 · GB0T1CS · texte numérisé non relu

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Sauveur du monde : le sujet est Joseph en Éçppte. Appelé par les états pour «Ira l'historiographe des Provinces-Unies , il fut élu a l'unanimité, en 1607, avocat général du fisc de Hollande et de Zélande. La publication du Mare liberum , composé par ce grand publiciste pour défendre le droit des Hollandais à naviguer dans les mers de l'Inde, sa nomination au poste de pensionnaire de Rotterdam, occasion de sa liaison intime avec le vertueux OWen Rarneveldt, un voyage en Angleterre pour soutenir le droit de ses compatriote* à la pèche du Groenland, occupèrent Grotius jusqu'à l'époque fatale des troubles qui s'élevèrent à l'occasion des disputes entre Gomaret Arminius, sur la grâce et la prédestination.

Quand Barneveldt monta sur l'échafaud , Grotius fut condamné à une prison perpétuelle, et enfermé au château de Louvestetn, près de Gorkum. Sa femme le lit évader en l'enfermant dans une caisse destinée à transporter des livres, et demeura dans la prison jusqu'à ce qu'elle le sot hors de danger. Alors commença pour Grotius cette époque d'un exil qui ne finit qu'avec sa vie. Il eut pu revoir sa patrie, qu'il aimait, s'il eût voulu se reconnaître coupable et implorer un pardon; mais il ne voulut pas mentir à la voix de sa conscience et de l'honneur. Accueilli et protégé en France, il y vécut onze ans, soutenu par les bienfaits du roi, s'y livrant à ses travam de publiciste et d'érudit. Il y lit imprimer entre autres , en 1625, son fameux traité De Jure Pacis et ItelU (Du Droit de la Paix et de la Guerre), qui a ouvert la carrière à ses successeurs , Puffendorf, Burlamaqui •t Vattel.

Appelé par le grand-chancelier Oxcnsliern au service de Suède, après un séjour à Hambourg, il se rendit en Allemagne auprès de ce grand homme , à qui Gustave-Adolphe avait laissé la direction de ta guerre et des négociations, avec tin pouvoir presque royal. Oxensliern le nomma amlussadeur de Suède en France, poste qui lui fut confirmé ensuite au nom de la jeune reine Christine. Grotius porta dans l'exercice de ces fonctions , que le cardinal de Hicbelieu , dont il n'était pas aimé , lui rendit souvent difficiles, son habileté, sa fermeté mesurée et son intégrité. Étant ensuite allé en Suède auprès de la reine Christioe , il n'eut pas lieu de s'en louer. Empressé de quitter ce pays, funeste à sa santé, il prit congé de la reine, qui l'avait longtemps retenu malgré lui , et s'embarqua pour Lubeck. Saisi en route par la maladie, il arriva très-souffrant a Rustock , le 26 août 1H4.V, et y mourut le 29 , à l'âge de soixante- trois ans.

Le livre de Grotius sur le d roi t des gens, qui a rendu son nom immortel , n'en a pas moins encouru et mérité la censure sévère de J.-J. Rousseau. Le citoyen de Genève, proscrit, persécuté et banni comme Grotius , pour avoir comme lui prêché la tolérance et la concorde, reproche à ce savant d'établir toujours le droit par le fait, de favoriser par ses maximes le despotisme et l'esclavage. Il cite à cette occasion, en l'appliquant à Grotius, l'excellente réflexion do d'Argcnson, dans ses Comidéralions sur le gouvernement ancien et piéseni de la France : « Les suivantes recherche* sur le droit public ne. sont souvent que l'histoire des anciens abus , et on s'est enlclé mal à propos quand on s'est donné la peioe de les trop étudier. » 11 y a en effet dans le traité du célèbre publiciste baUve puas d'érudition que de philosophie, plus de savoir que de principes. La science y étouffe trop souvent la conscience et fausse le jugement de l'auteur. Grotius fut cependant un homme de bien, et un ami éclairé et courageux de l'humanité : tous ses écrits sur la religion et sur les querelles tliéologiques annoncent un homme profondément imbu des sentiments de piété et de tolérance. Toute sa vie il nourrit avec amour le projet de concilier les diverses communions chrétiennes , projet en vain renouvelé depuis par le sage Leibnitz, dont le rèJc tout évangélique devait échouer contre l'intraitable dogmatisme de Bossuet. Un sentiment non moins cher à Pliommede bien, l'amour de la patrie et de la liberté, anime constamment Grotius dans ses Annales Belgique* : histoire de la révolution

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