‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 454 sur 614 · C. l'ECQtlEtB · texte numérisé non relu

C. l'ECQtlEtB

GROUPE DE MOXTAGXES. Voyes Ciumrs »t

MOTT ACNES.

GROUSIEouGROUSIHIE. Voyez Géoiicrc.

GROUVELLE ( PHii.rm:-ANTOisr. ) , littérateur et homme d'État médiocre, naquit à Paris, en 1758. Fils d'un orfèvre de Paris, il se destinait au notariat, et était déjà parvenu an grade de second clerc dans l'étude où son père l'avait placé, quand son patron, fort peu sensible aux charmes de la poésie, le mit un beau jour et sans plus de façons à la porte pour le laisser libre d'enrichir tout à son aise YAlmanach des Muses de ses Bouquets à Chloé et de ses chansons de table. Grouvelle eut la bonne fortune de rencontrer alors un autre protecteur moins hostile aux lettres et à ceux qui les cultivaient Champ/or t se l'attacha comme secrétaire. On sait que Champfort était lui-même secrétaire des commandements de M. le prince de Condé. Fatigué de la sujétion que lui imposait un pareil emploi, il s'avisa de donner sa démission. Cent aspirants se mirent aussitôt sur les rangs pour obtenir la charge devenue vacante. M. le prince de Condé, ne sachant auquel entendre dans cette cohue de solliciteurs, persuadé d'ailleurs qno quel que fut son choix, il ferait quatre-vingt-dix-neuf mécontents, crut qu'il ne lui en coûterait pas davantage d'en faire un de pins, et 11 olfrit la place au jeune Gronvelle, qui n'aurait pas osé la demander, et qui devint bientôt nn véritable personnage à la petite cour de Chantilly. Ses goûts littéraires n y rencontrèrent point de censeurs maussades; bien au contraire, ils y trouvèrent l'appui le plus encourageant, et bientôt ses moindres impromptus dramatiques obtinrent les honneurs de la représentation sur le petit théâtre du prince , devant le public d'élite admis à participer a cet plaisirs délicats d'une époque de calme et de luxe. L'une de ces pièces , petit opéra qui avait pour titre Les Prunes, obtint on succès tel, que la reine Marie-Antoinette, qui en entendait parler sans cesse, voulut Jngcr l'œuvre par ellemême; en conséquence, Les Prunes furent deux fois représentées à Versailles. Les portes de la Comédie-Française devaient nécessairement s'ouvrir à deux battants devant un auteur dont les débuts étaient si heureux. En 1785 Grouj velte y fit donc jouer V Épreuve délicate , dont le fond était emprunté à un conte de Marmontel , et Le Scrvpule. Comme il arrive d'ordinaire aux poètes de cour et de ruelles, le parterre prit la lilierté grande de casser l'arrêt déjà rendu par des juges incompétents. La chute fut complète, écrasante , et d'autant plus humiliante pour l*amour-propre de l'auteur, que les loges étaient garnies de cette même société d'élite qui avait tant applaudi a te» débuts snr le théâtre de Chantilly et sur celui de Versailles.

Grouvelle, quand éclata le mouvement de 1789, en embrassa les principes avec ardeur, et se sépara avec éclat du prince qui l'avait comblé de bontés et de bienfaits. S'il avait du cœur, ce dut être pour lui un instant bien pénible que celui où il crut devoir faire à son civisme le sacrifice de sa reconnaissance. A la mort de Céruttl , il devint l'un des rédacteurs de la Feuille villageoise; et après le 10 août il fut nommé secrétaire du conseil exécutif provisoire. Il accompagna en cette qualité le ministre de la justice à la prisou du Temple, le 20 janvier 1793, pour y donner lecture au malheureux roi de la sentence de mort rendue contre lui par la Convention.

Des le mois de février 1703 Grouvelle recevait la récompense de son ardent civisme : il était nommé envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la république

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