GROUVELLE - GRUE
française à Copenhague. Rappeiéen 1794, H y revînt encore en 1796, et ne quitta cet emploi qu'à l'époque de l'établisse* ment du gouvernement consulaire pour venir, en 1800, siéger au corps législatif, où il fut réélu en IBM. Quand vint l'empire, Grouvelle disparut de la scène politique, pour reparaître, en 1805 , dans la littérature , comme éditeur d'une nouvelle réimpression des Lettre* de Jtf"* de Sévlgné (Bossante et Masson, 1805, 8 rolumes in-*0), avec des notes et commentaires, dont le style laisse singulièrement à désirer, nuis dont le fond ne laisse pas que d'avoir du pris. La même année il fit paraître un mémoire sur les Templiers, dans lequel se trouve analysé tout ce qui avait été publié jusque alors en Allemagne de plus curieux sur cet ordre fameux. En 1806, il donna les Œuvres de Louis XIV ' (6 volumes in-8"), et mourut la même année à Varennc.
Il ne laissait qu'une fdte, dont, a trente ans de distance, le nom devait se trouver mêlé à l'une des mille conspirations tramées soit contre le gouvernement, soit contre la vie de Louis- Philippe, dans les premières années du rèfmerie ce prime. De l'Instruction judiciaire et des débats de l'audience sortit la preuve de la participation directe de M"" Grouvelle, alors âgée de plus de quarante-ciuq ans , à l'un de ces complots qui avaieut abouti à un attentat. En conséquence du verdict rendu par le jury, elle fut condamnée à une asse* longue détention. Au moment de son arrestation, elle demeurait avec sa vieille mère, et jouissait d'une honnête aisance. A la suite de la révolution de Juillet , elle s'était livrée à la politique avec cette ardeur exagérée qui chez certaines vieilles filles n'est qu'une erreur des sens. On ne sera donc pas surpris d'apprendre qu'elle mourut folle peu d'années après sa condamnation.
GRUAU. Le nom de gruau sert À désigner des céréales que l'on a privées de leur pellicule. On prépare avec la farine qui en résulte un pain très-estimé , excepté cependant avec le gruau d'avoine, qui ne peut servir à cet usage. Les meilleurs gruaux sont ceux de froment et d'orge. L'Allemagne et ta Suisse consomment une quantité considérable de gruau d'avoine; dans la Normandie, la Basse-Bretagne et la partie méridionale de la France, on en fait des potages d'une digestion facile et excellents pour les malades en con-
Le gruau d'avoine se prépare en quantité immense en Irlande , car les habitants de ce pays en font un fréquent tisane ; leur procédé est tout différent de celui qu'emploient les Normands et les Bas-Bretons. Voici le procédé des Irlandais : ils mettent un peu d'eau au fond d'une chaudière, qu'ils remplissent d'avoine, de la même manière que pour cuire des pommes de terre à la vapeur; ils chauffent ensuite graduellement , en ayant soin d'implanter un bâton en bois blanc au fond de la chaudière, pour leur indiquer quand l'opération est à son terme. Dès que dans tonte la masse la température s'est assez élevée pour qu'en retirant ce bâton il ne présente aucune trace d'humidité sur toute sa surface, ils enlèvent la chaudière et procèdent à une nouvelle opération, jusqu'à ce qu'ils aient la quantité d'avoine nécessaire pour une fournée ; ils la portent alors dans un lour, modérément chauffé, et qu'ils ont soin de tenir clos pendant vingt -quatre heures. L'avoine éprouve dans ce cas une altération semblable à celle produite par le mat t âge : une certaine quantité de l'amidon devient solubte, et le grain, légèrement torréfié, acquiert une couleur légèrement roussatre. En graud, on emploie maintenant la vapeur, que l'on fait arriver dans des chaudières à double fond , dont l'un est percé de trous par lesquels la vapeur peut pénétrer dans la masse d'avoine que l'on a placée au-dessus : lorsqu'on voit la vapeur s'élever abondamment au sommet de la chaudière, l'opération est terminée. Lorsque l'avoine a été retirée du four, on la porte dans un moulin à farine ordinaire , mais dont les meules sont maintenues suffisamment espacées peur briser Penvelopi* , san* écraser la graine : celte dernière, au lieu de tomber dans un bluteau, passe dans un ventilateur semblable aux tarares ordinaires; la balle est alors sé-
parée du grain ; on réduit ensuite cette avoine ainsi monta en gruau dans un moulin ordinaire , après quoi os le d**sèche a une température plus ou moins élevée, suivait que l'on veut avoir du gruau blanc ou légèrement torréfié. Ce gruau est de beaucoup préférable au gruau de Kormaudie, à cause de sa légèreté comme aliment Dam lt Normandie, on se contente de faire sécher l'avoine blami* au four, de la vanner ensuite pour la nettoyer, et de la porta sous des meules fraîchement piquées, an ayant sois de prendre les mêmes précautions que dans le procédé irlandais On obtient par ce procédé la moitié du poids primitif de l'avoine avant de la soumettre aux meules. La cuisson <k gruau d'avoine exige quelques précautions : il faut avoir sou de le délayer dans l'eau d'abord , puis de le soumettre pen à peu à l'action d'une douce chaleur.
Les gruaux de froment et d'orge se préparent de U ménw mauière,si ce n'est que pour le gruau d'orge, il faut (aire préalablement détremper l'orge a froid dans un cuvier, pas le faire sécher, afin que la pellicule puisse s'en détacha h cllement.
On désigne fréquemment sous le nom de gruau forge dépouillée de son enveloppe, et arrondie eu petits (dotale* que l'on nomme orge perlé. Le gruau d'orge est égalerai employé dans les usages culinaires.
On a étendu également le nom de gruau à la porno* it terre réduite en pâte, puis en petits grains dans un mouiii à meules espacées, de manière à lui donner l'aspect du sagaa.