GUATEMALA
et entoure la l>aie de Honduras de hautes montagnes formant une suite de terrasses Ce plateau est entrecoupé par de profondes et fertiles vallées, que séparent des crêtes de montagnes se prolongeant au loin, arec une altitude d'environ 1,560 mètres, couvertes de la plus riche végétation et des fleurs les plus odoriférantes , et qu'arrosent seulement un petit nombre de cours d'eau de peu d'importance, allant se jeter les uns», comme le Rio-Grande ou le Rio-Motagua et le Rio-Cohaban, dans la mer des Antilles, par le Gol/o dulce, et les autre» dans l'océan Pacifique.
Ia cordillère de Guatemala, qui forme la haute paroi occidentale de ce pays de plateaux, commence le plus souvent, et de la manière la plus abrupte, a quelques myriamètres seulement de la cote dont la sépare une plaine torride ; et rflc est dominée par un grand nombre de pics isolés, parmi lesquels se trouvent quatorze volcans en ignition. Quoique d'immenses savanes couvrent la partie la plus élevée du plateau, on y rencontre aussi de vastes lorêts vierges. Dans les hautes terres, où l'atmosphère est imprégnée de plus de fraîcheur, les plantes de la zone tempérée réussissent à merveille ; dans les profondes vallées, où la chaleur et l'humidité sont extrêmes , la luxuriante végétation des tropiques brille de tout son éclat. Les produits du sol sont les mêmes que ceux du reste des États Centro- Américains, saur qu'il faut signaler ici la cochenille comme constituant en outre une importante source de richesses et un puissant moyen d'ét hange. La culture de la cochenille fut introduite pour la première fois à Guatemala en 1817, par le président B u st amente, qui la fit venir d'Oaxaca au Mexique. Cette culture, quia été ehaque année en se perfectionnant et en prenant plus de développements, a fait dans ces derniers temps des prouvé* tellement rapides, que ses produits, en tant qu'articles d'exportation, constituent déjà la principale richesse du pays. Le exportations de cochenille, qui en 1830 ne s'élevaient « K-ore qu'à 53,750 livres pesant d'Espagne , atteignaient en 1817 le chiffre de 1,220,850 livTcs; de sorte que le Mexique avait déjà pour cet article d'exportation la plus redoutable des concurrences dans la production de l'État de Guatemala.
Les éléments de la population sont ici les mêmes qu'au Mexique ; seulement les mœurs y sont plus douces, le peuple plus industrieux, et les rapports sociaux plus faciles. Au total, on [tout dire que la civilisation y est plus avancée que •lansles autres États Centra- Américains, sans doute parce que lors de la guerre de l'Indépendance on n'en expulsa ni les anciens Espagnols ni les blancs, et que d'ailleurs on y a beaucoup fait pour l'instruction du peuple. Les Espagnols, les créoles et les métis forment le quart de la population ; les trois autres quarts se composent d'Indiens, dont plus de la moitié, appelés Ladinos ( Indiens latins), sont à demeure fixe et ont embrassé le christianisme , tandis que le reste est encore à l'état de nature dans les montagnes. Depuis la déclaration d'indépendance, l'esclavage a été supprimé. Le nomlire «les nègres s'élève au plus à 1 ,000. En ce qui touche les affaires ecclésiastiques , le pays est placé sous l'autorité d'un .irc!u\éque et de trois évêques. Quant à l'instruction publique, ellce«t presque exclusivement entre les mains du clergé.
La capitale des États confédérés et unis de l'Amérique- Cenînle, Guatemala la Nueva, siège du président, de toutes les autorités supérieures et de l'archevêque , est situé* h 3,568 mêlrcs au-dessus du niveau de la mer, dans la ferrie vallée du Rio-Vaccas, où règne un printemps perpétuel, à 15 léguas de l'océan Pacifique, dans la partie méridionale du plateau limitée à l'ouest par les trois volcans de Paruyo, d e Fuego ( 4 , 1 00 mètres ) et de Agua ( 3,934 mètres ) , qui offrent Pas|icct le plus majestueux. La ville, où l'on ne compte pas moins de 50,000 habitants, est magnifiquement bâtie, en forme de carré régulier, avec de larges rues, bien pavées et coupées à angles droits. En raison de la fréquence des tremblements de terre, les maisons n'ont généralement guère plus d'un * étage; mais elles sont commodément distribuées. Les plu; beaux édifices , qui entourent la place du marché, sont le palais archiépiscopal, le palais du Président et autres au-
torités supérieures , le collège dt Infantes, VAudiencio, In chambre des comptes; Pliotel de ville,- la prison, la halle aux grains et la douane. Un bel amphithéâtre en pierre est réservé pour les combats d'animaux. Un aqueduc de vingt kilomètres de longueur pourvoit la ville et ses faubourgs d'eau potable, et la cime du Volcano de Agua ( volcan d'eau ) les fournit abondamment de glace à rafraîchir. Parmi les nombreux établissements d'instruction publique , il faut surtout citer l'université de San-Carlos, fondée en 1676. Un décret de la législature, rendu en février 1855, ordonne in construction d'une nouvelle capitale de Santa Teclv , à 10 kilomètres environ de Salvador.
Il existe à Guatemala Nueva de grandes manufactures de coton, de nombreuses fabriques de cigarres, de faïence et de poteries, des distilleries de pulque, des raffineries de sucre et des indigoteries , et la population compte dans son sein beaucoup d'excellents ouvriers et d'artistes distingués. Quoique cette ville ne possède ni port de mer ni fie u vu navigable, elle n'en est pas moins le grand centre du commerce du pays. Elle a déjà changé successivement quatre fois d'emplacement. Fondée d'abord, en 1527, sous le nom de San-Jago de los Cabelleros de Guatemala, par Pedro de Alvarado, conquérant dn pays, et destinée à être la capitale de la capitainerie générale de Guatemala , eue fut presque complètement détruite dès le 11 septembre 1541, par une éruption du Volcano de Agua. L'endroit où se trouvait cette ancienne ville s'appelle aujourd'hui Ciudad- Veja. I<a ville fondée ensuite, deux lieues plus loin au nord, et nommée aujourd'hui Antigua Guatemala, essuya de 1665 à 1773 dix terribles secousses de tremblement de terre; puis, du S au 7 juin 1773 , elle fut dévastée de la manière la plus effroyable par les deux volcans voisins, qui l'inondèrent de torrents d'eau bouillante et de lave enflammée ; enfin, cette catastrophe se termina par l'ouverture subite d'un obime qui engloutit la plus granle partie de la ville, avec toute» ses richesses et cinq mille familles. Cest cette même année 1773 que fut construite, à 20 kilomètres plus à l'est, la ville nouvelle actuelle , sous le nom de La Nueva Guatemala de la Atuncion de Nuestra Senora. Sept à huit mille habitants persistèrent à ne point abandonner la belle plaine que cette affreuse catastrophe venait de dévaster; Ils obtinrent un privilège de villa, sous le nom de Guatemala Antigua; et en 1776 ils fondèrent encore une quatrième Nueva Guatemala, dans la vallée de Mixco. La nouvelle capitale a d'ailleurs été déjà, elle aussi, victime de divers tremblements de terre, surtout nu mois d'avril 1830. Après elle, les villes les plus im|iortantes de la république sont : Chiquimula (37,000 bah.), Guatemala Antigua (18, 000 hab.), Quesaltenango ( 14,000 hab.), Coban ( 14,000 hab. ) lotoniacapan (12,000 hab. ) et le port d'Omoa, dans la baie de Honduras.
A la suite de troubles qui éclatèrent au mois de janvier 1845 contre le président Carrera, mais que celui-ci parvint bientôt à réprimer, les faibles liens qui depuis 1842 seulement réunissaient les États-Unis de l'Amérique Centrale se trouvèrent de nouveau rompus. Par un décret en date du 21 mars 1 8 '»7, Guatemala déclara se séparer des États Centro-Américains. Les mesures habiles prises par Carrera pour réformer l'administration, ranimer le commerce, etc., eurent pour résultat d'accroître notablement les revenus publics Mais une nouvelle révolution éclata contre lui dès le mois d'octobre. Le Père Lobos proclama la monarchie ; et les révoltés, qui en février 1848 étaient arrivés à présenter un effectif de 1,000 hommes sous les armes, battirent les troupes du gouvernement àSanta-Crur. En 1850 la capitale fut encore le théâtre des plus déplorables excès. La même année éclata une guerre entre Guatemala d'une part, et San-Salvador et Honduras de l'autre ; guerre dans laquelle les troupes de Guatemala battirent leurs adversaires, le 21 janvier 1851, à San-José.
Aux termes de la nouvelle constitution en vigueur depuis le 19 octobre 1851 , le pouvoir exécutif repose entre les mains du président (Carrera), élu pour une période de quatre années, par une assemblée générale composée de la chambre