GUÊPE
arbres ou enlre leur» branche*. C'est avec ces mêmes feuille* qu'il* construisent les gâteaux. Le premier est fixé au sommet du nid |«r un pédoncule ; le second est attaché au premier de la même manière , et ainsi de suite.
Parmi les guêpes dont le nid est souterrain , une des plus connues est la guêpe commune (vespa vulgaris, Linné) , noire, agréablement variée de jaune vif, et employant pour ses constructions uue substance papyracée d'un gris cendré, obscur, trcs-fortement gommée et assex solide pour que l'on puisse écrire dessus. Ces nids , souvent pratiqués à une assez grande profondeur, renferment ordinairement des milliers d'individus. La guêpe commune habite l'Europe, et n'est pas rare au* environs de Paris. Il en est de même du frelon {vespa crabro, Linné) et de la guêpe rousse (vespa rvfa, Linné). Cette dernière, plus petite que la guêpe commune , s'en distingue par son abdomen roussâtre , avec des bandes circulaires brunâtres. Elle établit sa demeure entre les branches des arbres, ce qui lui a fait donner par quelques auteurs le nom de guêpe des arbustes.
GUÊPE DORÉE. Foyes Curyside.
GUÊPIER, habitation d'un essaim de guêpes. Un guêpier qui a tons ses gâteaux contient ordinairement 15 à 16 mille cellules, dont chacune est remplie par un oeuf ou une nymphe.
On dit proverbialement d'une affaire embrouillée, ou qui ne peut qu'occasionner des désagréments ou des pertes a celui qui s'en mêlera , que c'est un vrai guêpier. Se mettre la tête dans un guêpier, donner dans un guêpier, signifient à peu près la merae chose, c'est-à-dire se trouver au milieu de gens dont on n'a rien de bon à attendre.
GUÊPIER (Ornithologie), genre d'oiseaux de l'ordre des passereaux, famille des syndactyles, ainsi nommés à cause du genre de leur nourriture, qui se compote d'insectes hyménoptères , et plus particulièrement de gué pas et d'abeilles. Ce genre a pour caractères : Bec allongé , arrondi, recourbé, pointu, mince surtout à l'extrémité, un peu comprimé, à arête vive ; narines latérales arrondies ou en fente longitudinale ; tarses courts, grêles ; doigt externe profondément soudé à celui du milieu ; queue longue , égale , étagee ou fourchue.
Le guêpier commun (merops apiaster, Linné) est la seule espèce de ce genre que l'on trouve en Europe, particulièrement en Grèce, en Italie, dans le midi de la France , et en Espagne. Il est long de 0m,3O environ. Son plumage est d'un blanc nuancé de verdâtre.
GUERAZZI (Fraïicmco-Douesico), célèbre comme écrivain et comme homme politique, est né en 1805, à Livrante , d'une famille pauvre , et à force de travail et de privations parvint à se faire recevoir avocat. En peu de temps il eut conquis une place honorable au barreau, ricin d'ambition, il avait de bonne heure essayé de populariser son nom par des succès littéraires, secondé d'ailleurs dans cette direction donnée à ses efforts par une imagination brûlante, souvent déréglée , et par de vastes connaissances historiques. Encouragé par l'accueil fait à son premier roman historique, La Battaglia di Denevento (Florence, 1818), il en fit encore paraître deux autres, L'Assedio di Firenze et Isabella Orsini, puis, après un long intervalle de repos, il publia un drame historique / Blanchi ed i Aciï, et trois nouvelles, Veronica Cybo, La Serpiclna , et / nuovi Tartufi ( Florence, 1 847 ). Ces diverses productions abondent en idées élevées, en sentiments nobles , en descriptions fines et délicates, en situations neuves; le style en est original et pittoresque , et elles témoignent d'un talent peu ordinaire. Par contre, on peut reprocher à l'auteur de trop souvent viser à l'effet, d'être exagéré dans la forme et dans l'expression, et de hasarder des jugements extravagants. Comme orateur, Guerazzi a les mêmes qualités et les mêmes défauts.
Peu satisfait de l'éclat littéraire qui s'attachait à son nom et désireux de jouer à tout prix un rôle, Guerazzi se jeta dans les conspirations et devint l'nn des membres les plus éroinentsctles plus actifsde toutes les sociétés sécrètes, majs sur-
GUERCHIIN
tout décolle que M azzini fonda Mus le nom rie /Mme Italie. Cependant, en raison de ce qu'il y a d'hésitation naturelle dans sou esprit, jamais ses frères en conspiration ne lui accordèrent une confiance sans réserve. L'agitation provoquée dans toute l'Italie par les tendances éman ci poiriers de Pie IX accrut l'influence politique de Guerazzi en Toscane. Le gouvernement, qui le redoutait, lui attribua les troubles qui éclatèrent à Livourne au commencement de janvier 1848. Soupçonné d'avoir rédigé et répandu une proclamation révolutionnaire où le gouvernement était insulté à cause de sa résistance à l'esprit de réforme et où on proclamait ta nécessité de placer le pouvoir entre les mains des démocrates, il fut arrêté le 10 janvier littft et chargé de chaînes par ordre du ministre Kidolfi , qui le fit enfermer dans les prisons de Porto-Ferrajo. Mais la marche rapide des événements politique* ne tarda pas à le rendre i la liberté ; et lu 2C octobre suivant le grand-duc Léopold II le nommait même minisire de l'intérieur et président du conseil. Dans cette i position , ses actes furent loin d'être ceux que le parti révolutionnaire avait espérés de lui. Cependant quand le grandduc se fut décidé, le 7 février 1S49, a quitter Florence pour se réfugier à San-Stephano , Guerazzi fut encore Dominé membre du gouvernement provisoire. En prenant le roi* de dictateur, en s'dforcant de rétablir l'ordre , il irrita vivement le parti des exaltés. Il combattit de tout sou pouvoir la proclamation de la république et l'adjonction de la Toscane à la république romaine. Il consacra tout ce qu'il y avait chez lui d'énergie et d'habileté et sacrifia même ce qui lui restait encore de popularité et d'influence morale poor dissuader les Toscans d'envoyer des représentants à la Constituante italienne. H pensait encore bien moins que la Toscano dût se rattacher au Piémont , comme le voulait la grande majorité du parti libéral. Quand la réaction, victorieuse dans les journées des II et U avril 1849, dispersa la constituante de Florence et rétablit en Toscane l'autorité du grand- duc, Guerazzi essaya de gagner Livourne, où s'étaient réfugiés les débris de l'assemblée ; mais il fut trahi et ramené à Florence. Jeté alors en prison , il ; languit longtemps sous l'accusation d'avoir négligé, pendant son administration, des ressources qu'il avait à sa disposition pour réprimer la révolution en Toscane. Le mémoire qu'il écrivit à cette occasion pour sa défense , Apologia délia vila polit ica di F.-D. Gueraui (Florence, l&M), est aussi remarquable par la puissance de dialectique que par la haute éloquence dont il y fait preuve; ce qui ue l'a pas empêché de subir une condamnation transformée en exil.
GUERCHIN ( Guk-Frajicesco BARBIERI, dit Le), peintre célèbre de l'école bolonaise. Le nom de Guerckm lui fut donné, parce qu'il louchait de l'œil droit ( guercèo , louche). Il naquit le 8 février 1591, à Cento, près de Bologne- Né de parents pauvres, il fut envoyé 4 l'école pour y apprendre seulement à lire et à écrire. Cependant, à l'âge de dix ans il attirait déjà l'attention générale par ses heureuses dispositions pour la peinture. Il peignit sur la porte de la maison paternelle une vierge fort remarquable. Son père l« plaça alors chez un peintre de son village, afin d'y cultiver ses dispositions ; mais celui-ci n'eût fait que les étoufler, «i la vue des chefs-d'œuvre que renfermait Bologne n'avait dessillé les yeux du jeune artiste. Le Guercliin entrevit alors lebutdontles notions vicieuses qu'il recevait l'auraient écarte sans son travail opiniâtre et consciencieux. Il existe dans les tableaux du Guercliin beaucoup de rapport pour le coloris avec ceux deCara vage. Son dessin est noble et hardi, bien qu'on remarque souvent peu de justesse dans 1rs proportions des personnages. On tut a souvent reproché aussi d'être monotone dans la composition de ses sujets. Cette monotonie nous semble toute naturelle lorsque nous examinons sa vie privée, et lorsqu'au lieu d'une vie d'artiste, turbulente et passionnée, nous avons devant nous l'austère existence d'un cénobite. Jamais pour lut un jour ne passa sans prières. Jamais on ne le vit figurer dans de somptueuses orgies, comme quelques-uns de ses confrères.